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RDC-Alimentation : cinq communes kinoises en situation de crise

septembre 15, 2021

Masina, Matete, Ndjili, Ngaba et Ngaliema sont arrivés à la phase trois du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM). Entre 20 à 25 % de leurs habitants respectifs sont en phase trois ou plus. Comme l’explique l’institution onusienne, ce niveau vient juste avant la famine.

Le rapport IPC du PAM, paru dans la presse le 14 septembre, révèle une situation alimentaire très difficile dans certaines communes peuplées de Kinshasa et même quelques provinces congolaises. Cinq des vingt-quatre communes kinoises sont touchées par la crise alimentaire. Pour atteindre ces résultats, les enquêteurs ont recouru à un ensemble d’outils et de processus qui leur ont permis d’analyser et de classifier la sévérité de l’insécurité alimentaire suivant des normes scientifiques internationales.

Situation difficile à Kinshasa

Selon le rapport, plus de 1,5 million de personnes affichent un besoin d’assistance humanitaire pour sauver leur vie et protéger leurs moyens d’existence sur la période courant de février à juillet 2021. Dans les cinq communes les plus touchées, 20 à 25 % de la population est en phase 3 de l’IPC ou plus. Par ailleurs, d’autres zones urbaines comme les communes de Bumbu et Kimbanseke se trouvent dans la même situation.

Quelques grandes villes touchées

Pour la situation des provinces, le rapport IPC s’étend sur des zones urbaines jadis présentées comme le grenier du pays en raison de leur vocation hautement agricole. Il s’agit des villes de Kindu (Maniema), Beni (Nord-Kivu), Kananga (Kasaï central), Kalemie (Tanganyika), Mbuji-Mayi (Kasaï oriental), Uvira (Sud-Kivu) et Gemena (Sud-Ubangui). Selon le PAM, elles se trouvent également dans la phase 3 dite « situation de crise ». Là aussi, entre 20 à 40 % de leurs habitants respectifs approchent de la famine.

Causes

Après la publication de ces chiffres alarmants, le rapport va plus loin en présentant les principaux facteurs responsables de l’insécurité alimentaire en milieu urbain. Il y a bien entendu les effets directs de la pandémie de la covid-19, mais également d’autres facteurs comme le faible accès à l’emploi, les revenus des ménages et la hausse des prix des denrées alimentaires. Le but ultime de cette étude est de permettre aux décideurs de disposer d’une analyse rigoureuse de l’insécurité alimentaire dans les contextes d’urgence, de transition et de développement, ainsi que des objectifs clés pour mieux coordonner les interventions, conclût le rapport.

Avec Adiac-Congo par Laurent Essolomwa

Face au réchauffement climatique, l’Afrique doit changer de régime

octobre 30, 2020
Projet "Un million d'arbres" men" par Sos Sahel avec les paysans de la province de la Gnagna, au Burkina Faso, en juin 2012

Quelles conséquences le changement climatique aura-t-il sur l’agriculture et l’alimentation en Afrique ? Une étude préconise d’opter pour des productions plus durables, et notamment de limiter la culture du maïs et du riz.

Sécheresse, inondations, tempêtes, invasion de ravageurs tels que les criquets… L’actualité récente le montre, le changement climatique en cours a des conséquences directes et concrètes sur les récoltes, en particulier en Afrique subsaharienne. Dans une étude conduite au Mali, au Bénin, au Ghana, en Éthiopie et au Rwanda, publiée le 14 octobre dans Global Change Biology, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) a voulu faire le point sur les conséquences de ces phénomènes sur le rendement céréalier.

Les conclusions sont hélas sans appel : une augmentation des températures de 4°C au cours des soixante prochaines années conduirait à une chute du rendement du maïs de l’ordre de 14 % sans engrais et de 26 % avec une fertilisation azotée abondante (hypothèse haute d’un scénario de + 1 à + 4 °C). Un mécanisme qui ressemble fort à un cercle vicieux puisque, soulignent les experts, les engrais chimiques azotés, utilisés pour augmenter des rendements déjà faibles, libèrent à travers les plantes et les sols du protoxyde d’azote (N20), qui accentue encore plus le réchauffement climatique.

Prendre soin des sols

L’étude du Cirad tombe à pic pour rappeler l’urgence à mettre en place des systèmes agricoles durables, fondés sur la diversification des cultures et la transition agroécologique. Une transition défendue notamment par l’Alliance pour l’agroécologie en Afrique de l’Ouest (3AO), plateforme constituée d’organisations paysannes, de syndicats agricoles, d’instituts de recherche et d’ONG, soutenue par la Cedeao. Il s’agit aussi de sortir de la dépendance aux importations de denrées alimentaires, dont la hausse des prix, selon les experts, est inévitable sous l’effet du réchauffement.

Que fera-t-on pousser demain en Afrique, dans la région du Sahel tout particulièrement ? Quelles sont les solutions locales et durables pour adapter l’agriculture au changement climatique ? Comment augmenter la sécurité alimentaire des populations ? Quelles sont les alternatives pour un régime plus riche en nutriments, protéines et fer notamment ?

Pour Émile Frison, docteur en sciences agronomiques et membre du panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables Ipes-Food, la question des sols est cruciale pour l’avenir : « Dans le passé, on a accordé peu d’attention à la santé et à la biologie des sols. On a traité les sols comme un substrat pour les plantes, alors qu’ils sont des organismes vivants, capables de puiser en profondeur et de rendre les nutriments disponibles pour les plantes à travers les microbes, les champignons, les bactéries et autres vers de terre ».

TRÈS CULTIVÉ SUR LE CONTINENT, LE MAÏS EST TRÈS SENSIBLE AUX STRESS THERMIQUE ET HYDRIQUE

« Ce rôle de sol vivant a été complètement négligé par l’agriculture industrielle des soixante dernières années. Et en Afrique subsaharienne, même si l’emploi des engrais est moindre qu’ailleurs dans le monde, ce manque d’attention se paie aujourd’hui, poursuit-il. Les sols africains sont des sols très anciens, très fragiles et très détériorés par les monocultures de quelques céréales et la perte de diversité variétale. D’où l’importance aujourd’hui, au vu des changements climatiques, d’apporter de la matière organique dans les sols grâce à la diversification des cultures et le choix de plantes moins gourmandes en eau que ne le sont le maïs et le riz. »

Périmètre maraîcher des femmes, à Boulsa, au Burkina, mis en place avec l'ONG SOS Sahel en juin 2012

Privilégier les variétés moins gourmandes en eau

Le maïs, l’une des céréales les plus cultivées sur le continent, est aussi l’une des cultures les plus sensibles aux stress thermique et hydrique. En revanche, les cultures vivrières traditionnelles de sorgho et de mil sont mieux adaptées au changement climatique. Elles résistent mieux à de hautes températures et ont besoin de peu d’eau. Combinées avec des cultures intercalaires, des légumineuses comme le niébé (haricot), des légumes racines comme la patate douce, riche en bêtacarotène, ou des légumes verts, elles permettent d’obtenir une alimentation beaucoup plus équilibrée et riche en micronutriments produits localement.

Mais, bien que très résistantes, les variétés de sorgho et de mil plantées dans l’ouest du Sahel risquent aussi de pâtir d’un climat plus sec et de voir leurs capacités d’adaptation dépassées par des émissions de CO2 élevées. D’où l’intérêt de travailler sur la sélection des variétés les plus résistantes, d’alterner cycles longs et cycles courts, céréales et maraîchage. A contrario, continuer de miser sur la culture et la consommation des grandes céréales, maïs, blé, riz, qui demandent beaucoup d’eau, semble inadapté et risqué.

C’EST DANS L’OUEST DU SAHEL QUE LES PERTES DE RENDEMENT CÉRÉALIER SERONT LES PLUS IMPORTANTES

« On estime c’est dans les pays de l’ouest du Sahel que les pertes de rendement céréalier seront les plus importantes. Dans le nord du Sénégal, on pourrait ainsi avoir des pertes de l’ordre de 15-20 % dans l’hypothèse tout à fait plausible d’un réchauffement compris entre 1,1 °C et 2 °C en 2050 », indique Benjamin Sultan, climatologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Les modèles tablent sur une hausse des pluies et des inondations au Niger, mais sur un climat plus chaud et plus sec dans l’ouest du Sahel.

Réduire la dépendance aux importations alimentaires

Avec le réchauffement climatique, les experts craignent par ailleurs une envolée des prix mondiaux. Aujourd’hui, la part des importations dans les disponibilités alimentaires énergétiques atteint 25 % en Afrique de l’Ouest, au Cameroun et au Tchad, souligne une étude de 2017 menée par le Cirad et Afristat intitulée « Les villes d’Afrique subsaharienne sont-elles si dépendantes des importations alimentaires ? ». Le défi est bien réel, dans les villes d’Afrique subsaharienne notamment, où la dépendance céréalière est forte : blé et riz y représentent au moins la moitié de la consommation de produits amylacés (qui contiennent de l’amidon) de base.

« À Dakar, le riz et le blé représente 90 % de la valeur monétaire de la consommation de produits amylacés, contre 40 % à Lomé et Cotonou », précise Olivier Lepiller, sociologue de l’alimentation au Cirad. Excepté à N’Djamena et à Bamako, mils et sorghos sont encore marginaux dans la consommation des citadins.

Reste que les tendances évoluent. Les cultures « vivrières » deviennent des cultures alimentaires commerciales. Les citadins inventent leur propre « modernité alimentaire », métissée, où les produits locaux ont largement leur place (sorgho, mil, fonio, mais aussi manioc, igname, banane plantain, patate douce).

L’AFRIQUE DOIT AMÉLIORER SA BIODIVERSITÉ ET DIVERSIFIER SES APPORTS NUTRITIONNELS

Au Burkina Faso, le bâbenda, plat de soudure traditionnel de l’ethnie mossi, sorte de bouillie peu dense qui associe mil pilé et premiers légumes feuilles de la nouvelle saison des pluies, est aujourd’hui revalorisé et consommé en ville, comme le souligne l’ouvrage Manger en ville. Regards socio-anthropologiques d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, paru en 2020 aux éditions Quæ.

Consommer plus d’insectes

Confrontée aux changements climatiques, à une insécurité alimentaire et nutritionnelle forte, l’Afrique subsaharienne a tout intérêt à adapter ses productions agricoles, à améliorer sa biodiversité et à diversifier ses apports nutritionnels « plutôt que d’augmenter le volume de quelques cultures seulement (…) », pointe Maria Antonia Tuazon, responsable de la division insectes comestibles à la FAO.

Dans ce contexte, la consommation d’insectes et de larves, qui a déjà largement cours en Afrique centrale et australe, fait partie des solutions les plus réalistes et efficaces à mettre en œuvre. Riche en protéines et en lipides, la consommation d’insectes offre des bénéfices certains pour la santé, et de nombreux avantages environnementaux.

Avec Jeune Afrique par Christelle Marot

France-Jambon: des éleveurs pointent du doigt un étiquetage trompeur pour le consommateur

août 17, 2018

Des éleveurs pointent du doigt un étiquetage sur le jambon trompeur pour le consommateur / © AFP/Archives / SYLVAIN THOMAS

Des éleveurs pointent du doigt certains jambons commercialisés par des industriels agroalimentaires installés en France, qu’ils accusent de « contourner » la législation en matière d’étiquetage, une manière de faire pression pour une meilleure information des consommateurs avant le vote de la loi Alimentation.

La FDSEA de la Mayenne et la FRSEA des Pays-de-Loire ont ainsi reproché ces dernières semaines, dans plusieurs publications sur Twitter, au groupe Fleury Michon d’avoir apposé un autocollant avec une photo d’éleveurs français sur des emballages de jambon d’origine espagnole, ou au groupe Herta de ne pas préciser l’origine de sa viande de porc sur du jambon fabriqué en France.

Concernant la campagne de Fleury Michon, les éleveurs français qui ont participé au lancement d’une gamme de jambon d’origine France sans OGM et sans antibiotiques ont eu la désagréable surprise de trouver leur photo de groupe sur l’étiquette d’un sachet qui renfermait du jambon venant d’Espagne, précise Philippe Jehan, éleveur et président de la FDSEA de Mayenne et administrateur de la FNSEA.

Une rencontre a eu lieu juste avant l’été avec le groupe Fleury Michon, auquel le syndicat a fait part de ses griefs.

« On a eu une concertation avec la répression des fraudes qui diligente une enquête, dont on n’a pas les conclusions encore », a aussi affirmé M. Jehan. Contactée par l’AFP, la DGCCRF n’était pas en mesure dans l’immédiat de confirmer cette enquête.

Des éleveurs pointent du doigt un étiquetage sur le jambon trompeur pour le consommateur / © AFP/Archives / SYLVAIN THOMAS

« On peut comprendre que ça ait été mal compris ou mal interprété par les éleveurs qui sont à fleur de peau par rapport aux cours des matières premières », a répondu à l’AFP David Garbous, directeur stratégie innovation du groupe Fleury Michon, qui évoque une « action pour faire la promotion de la filière ».

« Ce n’est pas un sticker d’origine, mais qui indique +venez découvrir une nouvelle gamme+ », ajoute-t-il: « On s’est accordé avec eux pour dire que l’année prochaine, on ne le mettrait que sur les emballages des produits +J’aime+ », soit les produits directement concernés.

Selon le groupe, les sachets de jambon incriminés ne représentaient que 1% de la production hebdomadaire de l’usine concernée, soit 6.900 sachets.

Pour la FDSEA, la publication de ces griefs vise aussi à « peser sur l’importance de l’étiquetage », dans une « période de décision » avant le vote de la loi Alimentation prévu à la rentrée.

Des éleveurs pointent du doigt un étiquetage sur le jambon trompeur pour le consommateur / © AFP/Archives / SYLVAIN THOMAS

« Le texte, tel qu’il se présente, n’est pas suffisant », a souligné M. Jehan, pour qui « fabriqué en France, ne veut pas dire produit en France »: il cite d’autres produits que le jambon, comme l’aubergine ou le melon charentais.

Il souhaite permettre aux consommateurs « d’identifier le produit français, pas de dire qu’il est meilleur mais permettre aux consommateurs de choisir ».

Même chose pour l’enquête réclamée à la DGCCRF, qui doit « faire réfléchir les parlementaires sur l’opportunité de renforcer l’étiquetage », selon M. Jehan.

Le projet de loi Agriculture et Alimentation doit être à nouveau examiné à l’Assemblée nationale à compter du 12 septembre prochain.

Romandi.com avec(©AFP / (17 août 2018 12h57)

Dès mercredi, l’humanité aura épuisé les ressources de la planète pour 2018

juillet 30, 2018

L’humanité aura consommé au 1er août l’ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an et vivra « à crédit » pendant cinq mois, selon l’ONG Global Footprint Network / © AFP/Archives / GERARD JULIEN

L’humanité aura consommé au 1er août l’ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an et vivra « à crédit » pendant cinq mois, selon l’ONG Global Footprint Network, qui souligne que cette date survient de plus en plus tôt.

Le 1er août est « la date à laquelle nous aurons utilisé plus d’arbres, d’eau, de sols fertiles et de poissons que ce que la Terre peut nous fournir en un an pour nous alimenter, nous loger et nous déplacer et émis plus de carbone que les océans et les forêts peuvent absorber », explique Valérie Gramond de WWF, partenaire du Global Footprint Network.

« Il nous faudrait aujourd’hui l’équivalent de 1,7 Terre pour subvenir à nos besoins », souligne WWF dans un communiqué.

Cette date est la plus précoce jamais enregistrée depuis le lancement du « jour du dépassement » au début des années 1970, où la date retenue était celle du 29 décembre. En 2017, il était intervenu le 3 août.

L’humanité vit à crédit à partir du 1er août / © AFP / Simon MALFATTO

Le mouvement « s’est accéléré à cause de la surconsommation et du gaspillage », explique Valérie Gramond, qui rappelle que dans le monde, environ un tiers des aliments finissent à la poubelle. « On met à mal la capacité de la planète à se régénérer », en puisant par exemple dans les stocks de poissons, ajoute-t-elle.

La situation diffère fortement selon les pays. « Nous avons des responsabilités différentes: des petits pays avec peu de population, comme le Qatar et le Luxembourg, ont une empreinte écologique extrêmement forte », souligne Pierre Cannet de WWF. Si l’ensemble de l’humanité vivait comme eux, le « jour du dépassement » interviendrait dès les 9 et 19 février. A l’inverse, dans un pays comme le Vietnam, la date retenue est celle du 21 décembre.

« On doit passer du cri d’alarme à l’action », estime Pierre Cannet, qui s’inquiète de la reprise des émissions de CO2 au niveau mondial en 2017 après trois années de stabilisation.

Le « jour du dépassement » si tout le monde vivait comme… / © AFP /

Sur le site internet du « jour du dépassement » sont présentées différentes solutions pour inverser la tendance: revoir la façon dont sont pensées les villes, développer et privilégier les énergies vertes, lutter contre le gaspillage alimentaire et la surconsommation de viande, limiter l’expansion démographique.

Chacun peut calculer son empreinte écologique sur http://www.footprintcalculator.org/.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juillet 2018 14h44)

Alimentation: vers une consommation réduite de céréales, viandes et huiles

juillet 10, 2017

Des cultures de céréales à Bossée, dans le centre de la France, le 5 mai 2017 / © AFP/Archives / GUILLAUME SOUVANT

La planète devrait consommer toujours plus de produits laitiers au cours des dix ans à venir, mais la croissance de la consommation mondiale de céréales, de viandes et d’huiles végétales devrait marquer le pas, ont indiqué l’OCDE et la FAO lundi.

Les raisons de ce ralentissement, qui devrait aussi porter sur « les prix réels de la plupart des produits agricoles », viennent à la fois de la décélération de la croissance économique en Chine et de celle de la demande pour les biocarburants, soulignent les auteurs des « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2017-2026 ».

« D’après les projections, la demande de produits agricoles destinés à la production de biocarburants est appelée à stagner compte tenu de la baisse des prix de l’énergie et de l’adoption d’une politique plus modérée concernant les biocarburants dans plusieurs pays », précise le rapport.

Cette correction permettra de réorienter les denrées de base vers leur destination normale: l’alimentation, et non plus l’énergie.

Pour mémoire, la crise alimentaire mondiale en 2007-2008, parallèle à la crise financière, avait eu pour origine une flambée du prix des denrées alimentaires de base, notamment de certains oléagineux utilisés pour les biocarburants, devenus trop chers et générant des émeutes de la faim dans plusieurs pays parmi les plus pauvres du monde.

– Outils anti-crise –

Dix ans après, le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, a estimé lundi qu’une crise similaire était désormais « beaucoup moins probable ».

De nouveaux outils, développés sous l’égide du G20, permettent d’étudier en temps réel la production de denrées alimentaires de base (céréales, oléagineux, viande de porc, de poulet, etc.), les cours mondiaux, la consommation pays par pays et les stocks.

« En 2007-2008, lorsque les cours ont commencé à grimper, nous ne savions pas ce qui se passait et la spéculation a pu faire ce qu’elle voulait », a rappelé José Graziano da Silva, directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’agriculture (FAO).

« Maintenant, nous avons les informations, et il reste peu de place pour la spéculation », a-t-il poursuivi.

Dans les dix ans à venir, la demande alimentaire pour la plupart des produits de base devrait progresser « moins vite » qu’au cours des dix années passées, ajoute le rapport.

La consommation de céréales par habitant devrait être à peu près inchangée, sauf dans les pays les moins développés, où elle progressera.

Côté production, celle de céréales devrait augmenter de 12% d’ici 2026, essentiellement en raison de l’amélioration des rendements. Le Brésil devrait dépasser les Etats-Unis durant la décennie pour devenir le premier producteur mondial de soja.

Pour la viande, la demande croîtra régulièrement mais la croissance sera freinée dans de nombreux pays, notamment pour des raisons sociétales comme en Inde, et globalement la consommation de viande par habitant devrait stagner à 34,6 kilos par an d’ici 2026.

Etant donnée l’augmentation de la population mondiale, la consommation globale de viande devrait néanmoins progresser de 1,5% par an.

– Petits agriculteurs en difficulté –

« Les prix des productions agricoles vont baisser, ce qui devrait être une grande difficulté pour les agriculteurs, surtout les petits exploitants familiaux », a dit M. Graziano da Silva, inquiet de voir que, sur quelque 800 millions de personnes sous-alimentées, « beaucoup » sont des agriculteurs.

« Il y aura de plus en plus de protestations de petits agriculteurs en difficulté (dans le monde, NDLR), et il faudra plus de politiques publiques dans ces domaines », a-t-il averti.

Les deux dirigeants ont aussi averti d’un risque accru d’obésité dans les pays en voie de développement, en raison notamment de la hausse prévisible de la consommation de sucre.

D’ici 2026, la croissance de la consommation des produits laitiers devrait s’accélérer, surtout en Inde et au Pakistan, pays essentiellement végétariens, où ils remplacent la viande pour les apports de protéines.

Ainsi l’OCDE prévoit que la production mondiale de lait augmente à 178 millions de tonnes (+22%) d’ici 2026 comparé à la période de référence 2014-2016.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juillet 2017 20h46)                

L’agneau à la première place du podium des aliments les plus polluants

juillet 20, 2011

Le boeuf émet deux fois plus de dioxyde de carbone (CO2) que le porc, quatre fois plus que le poulet et treize fois plus que les protéines végétales comme les haricots. Il est toutefois devancé par l’agneau, qui prend la première place du classement de l’EWG des aliments les plus « polluants ».

On l’a évoqué à plusieurs reprises, la viande est néfaste pour l’environnement, contribuant entre autres activement à la déforestation. Les ruminants rejettent par ailleurs d’importantes quantités de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère durant la digestion. Des faits éprouvés qui n’ont cependant pas empêché la consommation mondiale de viande d’exploser au cours des quatre dernières décennies…

La production a ainsi triplé entre 1971 et 2010 et les experts estiment qu’elle devrait encore doubler d’ici 2050 pour atteindre plus de 544 milliards de kilos par an (!)

L’Environmental Working Group (EWG) a quant à lui calculé l’impact de la consommation de viande et d’autres aliments faisant partie intégrante de notre quotidien sur les émissions mondiales de CO2. Il a pour ce faire jaugé la quantité de CO2 émise lors de chaque étape de leur “vie”, de la production jusqu’à la fin de parcours dans la poubelle.

D’après ses calculs, l’agneau devancerait le bœuf. Alors que ces deux animaux présentent les mêmes caractéristiques – il s’agit de deux ruminants qui se nourrissent de quantités de nourriture sensiblement identiques –, l’agneau émet 50% de plus d’équivalent CO2 pour chaque kilogramme mangé uniquement parce qu’il produit moins de viande comestible que le bœuf.

Produire, manger et jeter moins de viande permettrait une baisse notable des rejets carbone

Le fromage produit à partir de lait de vache, qui génère autant de rejets carbone durant sa production que la viande de bœuf, complète le podium. Les auteurs soulignent toutefois que la consommation de fromages moins denses est déjà un peu plus eco-friendly dans la mesure où ils requièrent moins de lait.

Viennent ensuite le porc et le saumon d’élevage, lequel « pollue » plus que son homologue sauvage puisqu’il nécessite une alimentation apportée par l’homme (pêchée, cultivée ou encore pire transformée, par exemple en farine animale). L’EWG a en effet pris en compte les besoins alimentaires de tous ces animaux, ceux-ci faisant partie des « agents de pollution » lors de leur production et supposant le plus souvent des substances nocives comme les pesticides et les fertilisants. Sans parler de l’eau, généralement utilisée en quantités astronomiques.

Contrairement aux viandes précitées, les végétaux émettent quant à eux plus de CO2 après leur production (malgré la possible utilisation de produits chimiques), que ce soit durant leur transformation, le transport, la cuisson ou en fin de vie. Il apparaît en outre qu’une partie considérable de cette pollution pourrait facilement être évitée dans la mesure où un cinquième des émissions proviennent des déchets dits « inutiles », c’est-à-dire de la nourriture comestible et non des rebuts « inévitables » comme les os et la graisse de cuisson. En ce qui concerne le saumon d’élevage, les éleveurs et les consommateurs seraient conjointement responsables d’une perte de 44% de la production.

Aussi y’a-t-il urgence à œuvrer à une meilleure gestion de notre alimentation. Manger, jeter et produire moins de viande pourrait ainsi permettre une réduction substantielle des rejets carbone. Si l’ensemble de la population américaine se convertissait au végétarisme, il en résulterait une diminution de 4,5% des émissions de CO2 nationales, soit l’équivalent de 46 millions de voitures en moins sur les routes (!) Quels que soient les goûts de chacun, le fait est que l’abus de viande n’est pas que néfaste pour notre planète. Il l’est aussi pour notre santé.

Jessica rat