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L’Allemagne vise une légalisation en 2024 du cannabis récréatif

octobre 26, 2022
L'Allemagne vise une legalisation en 2024 du cannabis recreatif
L’Allemagne vise une légalisation en 2024 du cannabis récréatif© AFP/Archives/John MACDOUGALL

Le gouvernement d’Olaf Scholz s’est accordé mercredi sur un cadre de légalisation du cannabis à usage récréatif pour adultes qui ferait de l’Allemagne l’un des pays les plus libéraux d’Europe, sous réserve toutefois de l’aval européen.

La production et le commerce du cannabis seront placés sous « contrôle public » ainsi que l’achat et la possession « d’une quantité maximum de 20 jusqu’à 30 grammes » seront autorisés pour la consommation personnelle, a détaillé le ministre de la Santé Karl Lauterbach lors d’une conférence de presse.

L’usage par les moins de 18 ans continue d’être rigoureusement interdit.

« Si tout va bien, je pense que la légalisation pourrait intervenir en 2024 », a souligné le ministre social-démocrate en présentant la feuille de route approuvée en Conseil des ministres.

Tout dépendra toutefois de la Commission européenne.

« Nous sommes dans une phase où nous examinons si les grandes lignes que nous avons élaborées dans ce document sont compatibles avec le droit international et européen », a-t-il souligné.

Au cas où la Commission européenne n’accorderait pas son aval, le document n’aboutira pas à un texte de loi, a-t-il précisé, tout en se montrant relativement confiant de passer l’obstacle brusselois.

Enrayer le marché noir

Le ministre a justifié cette réforme par la volonté d' »obtenir une meilleure protection des enfants et des jeunes », jugeant la politique actuelle inefficace, dans un contexte d’augmentation de la consommation de cannabis.

Quelque 4 millions de personnes dans le pays ont consommé cette drogue dite douce l’an passé, dont le quart étaient âgées entre 18 et 24 ans, a-t-il souligné.

Dans le même ordre d’idée, le ministre de la Justice Marco Buschmann a estimé qu’une politique purement répressive avait « échoué ».

« C’est pourquoi nous voulons légaliser de façon responsable la consommation du cannabis. Cela veut dire, des produits de meilleure qualité et ainsi une protection sanitaire » et un soulagement pour la justice qui peut « se concentrer sur des choses plus importantes », a-t-il estimé sur son compte twitter.

Dans le détail, le document adopté mercredi prévoit « un contrôle public de la chaîne d’approvisionnement » en cannabis avec l’objectif de « garantir la protection sanitaire et d’enrayer la criminalité organisée ainsi que le marché noir ».

Il organise « la production, la livraison et le commerce de cannabis récréatif dans un cadre de licences contrôlées par l’Etat ». Il autorise aussi la culture de trois pieds de cannabis par adulte pour un usage personnel.

Sa vente sera « strictement contrôlée », les vendeurs n’auront pas le droit de faire de la publicité et l’emballage devra informer des risques et rester « neutre ».

« Nous ne voulons pas faire les même erreurs qu’avec l’alcool ou le tabac, car les jeunes et les enfants sont ceux qui réagissent le plus aux promesses de l’industrie publicitaire », a souligné le commissaire gouvernemental chargé des questions de drogue et d’addiction, Burkhard Blienert.

Le chiffres d’affaires tiré de la vente de cannabis à usage récréatif sera soumis à un impôt, et l’introduction d’une taxe spéciale de consommation (+taxe cannabis+) est également prévue, selon le document.

– Projet phare du gouvernement

Si le projet aboutit, l’Allemagne rejoindrait le club des rares pays à être allés jusqu’à légaliser cette drogue, comme Malte en Europe, ou le Canada et l’Uruguay sur le continent américain.

Aux Pays-Bas, pays pionnier, posséder, consommer et vendre jusqu’à cinq grammes de cannabis, est toléré depuis 1976 dans les « coffee shops ».

De nombreux Etats l’ont jusqu’ici dépénalisé, en renonçant aux peines de prison envers les consommateurs, ou ont admis seulement sa consommation à des fins médicales.

La légalisation de cette plante psychoactive est une réforme phare promise par la coalition entre sociaux-démocrates, Verts et Libéraux du FDP lors de sa formation en décembre, essentiellement à l’initiative de ces deux derniers partis.

Les sociaux-démocrates ont longtemps été contre. M. Lauterbach a lui-même déclaré avoir changé sa position au cours des deux dernières années.

L’opposition conservatrice reste elle globalement opposée.

Le ministre de la Santé bavarois Klaus Holetschek a qualifié l’initiative du gouvernement de « signal dangereux pour toute l’Europe », disant craindre qu’une légalisation n’attire en Allemagne des fans de cannabis en provenance d’autres pays européens ».

Par Le Point avec AFP

Hommage aux légendes africaines : Melane Nkounkolo représente le Congo

septembre 23, 2022

La grande rencontre interculturelle et intergénérationnelle organisée par la diaspora africaine se tiendra le 24 septembre à Cologne, en Allemagne. Elle mettra en avant la richesse des grandes légendes de la musique africaine qui constitue l’un des facteurs du développement du continent.

L’affiche de l’événement/DR

Melane Nkounkolo partagera le podium avec des artistes africaines comme la diva Queen Eteme, marraine de la soirée; Elvis Kemeyo; Charlotte Dipanda; Carole Bakota; Christian Bakotessa et Flore de Lille. Papa Wemba, Manu Dibango, Fela Ramson Kuti, Miriam Makeba, Mory Kante font partie de ces légendes qui seront honorées à l’occasion.  

Par cette initiative, les organisateurs veulent les immortaliser. L’Afrique, comme l’indiquent les organisateurs, possède des incroyables talents qui ont su traverser ses frontières et s’imposer à l’international. Avec leurs voix, leurs immenses talents et leurs messages, leurs chansons ont su toucher les cœurs de millions de gens, tout en valorisant la musique afro sur le continent africain et ailleurs.

Ces légendes ont, par leurs œuvres, dénoncé les injustices sociales, la misère des peuples et la mauvaise gouvernance, tel est le cas de la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba, dite Mama Africa, une militante politique, connue dans tout le continent et dans le monde entier, qui a utilisé sa musique pour dénoncer le régime de l’apartheid et valoriser l’Afrique.

Ces artistes remarquables ont su faire apprécier la musique africaine au public occidental. Aujourd’hui, en Europe, en Asie, en Amérique, il y a presque autant d’artistes qui puisent dans le gisement sonore de ces grandes légendes. Si l’Afrique a eu du mal à s’imposer sur la scène internationale au plan politique, ses mélodies n’ont pas besoin de visa pour traverser les frontières.

Révélée grâce à sa présence sur les plateformes musicales de Youtube, la chanteuse congolaise Melane Nkounkolo trace sa route et fait parler d’elle. De 8 à 14 ans, elle a pratiqué la musique dans une chorale, a fréquenté une école de musique avant d’être chanteuse en studio ou vocaliste de groupes de Cologne, Essem, Düssel Dorf et d’autres grandes villes environnantes. Ses premières écoutes musicales seront celles de la musique du pays d’accueil de ses parents venus en Allemagne pour leurs études dans les années 1980. La découverte de la musique de son pays d’origine se fera grâce à des vidéocassettes ramenées par un ami de la famille du Congo et de l’Angola. L’artiste découvre les exploits musicaux et scéniques de Pépé Kallé, Papa Wemba, Tshala Mwana, Madilu Système, Djuna Djanana, Patience Dabany.

Avec Adiac-Congo par Cissé Dimi

« Des poissons morts partout » : crainte de désastre environnemental en Europe

août 13, 2022
Des poissons morts.

Des poissons morts flottent à la surface de la rivière Oder. Photo : Reuters/Cezary Aszkielowicz/Agencja Wybo

Des milliers de poissons flottent sans vie sur la rivière Oder, qui coule en Allemagne et en Pologne, laissant craindre un « désastre » pour l’environnement tandis que la population locale est appelée à rester éloignée de ces eaux.

Ces bancs de poissons affluant, ventre en l’air, sur les rives proches de la ville de Schwedt, dans l’est de l’Allemagne, ont probablement été portés par le courant à partir de la Pologne où les premiers cas ont été signalés dès le 28 juillet par des habitants de la région et des pêcheurs.

Des poissons morts flottent à la surface d'une rivière.

Des poissons morts flottent à la surface de la rivière Oder à Krajnik Dolny, en Pologne près de la frontière allemande. Photo: Reuters/Annegret Hisle

Des responsables allemands, pris par surprise par leur arrivée en masse, ont accusé les autorités polonaises de ne pas les avoir informés.

La ministre allemande de l’Environnement, Steffi Lemke, a exigé une enquête exhaustive afin de déterminer les causes de ce désastre environnemental.

En Pologne, le gouvernement populiste de droite s’est retrouvé sous le feu des critiques pour ne pas avoir réagi plus tôt.

Le premier ministre Mateusz Morawiecki a assuré samedi avoir été informé le 9 ou 10 août de la pollution. Il est évident que j’ai appris cela trop tard.

Au départ, tout le monde a pensé qu’il ne s’agissait que d’un problème local, avait-t-il déclaré sur son balado hebdomadaire vendredi.

« L’échelle de la pollution est très grande, suffisamment grande pour dire que l’Oder aura besoin d’années entières pour retrouver son état naturel. »

Debout au bord de l’eau, Michel Tautenhahn, chef adjoint du parc national de la vallée de la Basse-Oder, regarde, consterné, en direction de la rivière, qui forme une frontière naturelle entre la Pologne et l’Allemagne.

Nous sommes côté allemand. Nous avons des poissons morts partout, dit-il à l’AFP.

Je suis profondément choqué… J’ai l’impression de voir des décennies de travail ruiné. […] L’eau c’est notre vie, dit-il, ajoutant qu’une foule d’autres animaux aquatiques tels que les moules ont également succombé.

Les poissons, c’est juste la partie émergée de l’iceberg, assure-t-il.

Quatre hommes debout sur la rive d'une rivière observant des poissons morts.

Des gens regardent des poissons morts sur les rives de l’Oder. Photo : Reuters/Cezary Aszkielowicz/Agencja Wybo

L’Oder est une rivière considérée comme relativement propre depuis de nombreuses années, abritant une quarantaine d’espèces de poissons.

De nombreux poissons – certains longs de quelques centimètres, d’autres de près de 40 centimètres – flottent désormais sans vie sur la rivière. Parfois, on en voit quelques-uns battre la queue et se retourner avec peine pour essayer de nager.

En quête de réponses

Les autorités estiment que les poissons ont probablement été empoisonnés.

Leur mort est atypique, explique Axel Vogel, ministre de l’Environnement du Land de Brandebourg, jugeant que des tonnes de poissons ont déjà sans doute péri.

La mort des poissons est souvent causée par la distorsion des niveaux d’oxygène quand le niveau de l’eau est trop bas, explique-t-il.

« Mais nous avons noté une augmentation du niveau d’oxygène depuis plusieurs jours, ce qui indique qu’une substance étrangère a été introduite et a provoqué tout ça. »

Des tests sont en cours en Allemagne afin d’établir la nature de cette substance. Les autorités ont d’ores et déjà fait état de signes indiquant des niveaux extrêmement élevés de mercure.

D’autres tests préliminaires publiés vendredi soir ont révélé un taux de salinité inhabituellement élevé. D’autres résultats sont attendus sur la présence éventuelle de métaux lourds ou de mercure.

En Pologne, le parquet a été saisi de l’affaire, alors que l’indignation grandit dans le pays. Le chef du gouvernement a limogé vendredi deux responsables des eaux et de la protection de l’environnement, à qui il a reproché une action trop lente.

Samedi, la police polonaise a offert une récompense de 210 000 euros pour trouver l’auteur de la pollution.

Sur les bords de l’Oder en Allemagne, M. Tautenhahn s’inquiète pour l’avenir. Si c’est du mercure, il va rester là pendant longtemps, dit-il, rappelant que ce métal ne se désintègre pas et pourrait rester de longues années dans les sédiments.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

En Allemagne, demander une carafe d’eau est un sacrilège

août 6, 2022

Les voix s’élèvent contre cet usage d’une autre époque, soulève « Courrier international ». Malgré les arguments économiques, les restaurants persistent.

En Allemagne, les restaurants offrant de l'eau en carafe sont rares.
En Allemagne, les restaurants offrant de l’eau en carafe sont rares.© ARIS OIKONOMOU / AFP

Ils persistent et signent. Comme le rapporte Courrier international, la colère gronde en Allemagne alors que le secteur de la restauration refuse – encore et toujours – de permettre aux clients de disposer d’une carafe d’eau gratuitement. Ce qui, en France, est le cas. En effet, si vous poussez la porte d’un bar ou d’un restaurant, le prix de l’eau potable est compris dans la note de votre repas, comme le confirme la Direction générale de la répression des fraudes.

En Allemagne, vous risquez d’être mal accueilli si vous faites une telle demande. « La fixation des prix est l’affaire des restaurateurs et c’est très bien ainsi », maintient face à la presse allemande la responsable du principal syndicat de restaurateurs. Et de poursuivre avec une mise en situation, « si dix cyclistes en sueur arrivent et demandent tous un litre d’eau gratuite, on ne peut pas les servir gratuitement, car le service et le nettoyage des verres et des tables coûtent de l’argent ».

Cette position est même parvenue à s’imposer au niveau européen. En 2019, une directive de Bruxelles voulait obliger les restaurateurs à fournir gratuitement ou « contre une faible rémunération » de l’eau du robinet. Face à l’opposition farouche des restaurateurs allemands, la « suggestion » a été préférée à l’« obligation ».

L’eau du robinet pas assez rentable pour les restaurants

Pourquoi une telle position ? La réponse est assez simple finalement. En effet, dans le pays de Goethe, la carte des plats est « relativement bon marché », remarque la presse allemande, comme le Die Zeit Magazin. Or, pour beaucoup d’établissements, le chiffre d’affaires est en grande partie tiré de la vente de boisson. Ce qui est le cas, également, ailleurs en Europe. Par ailleurs, vendre de l’eau du robinet serait, aujourd’hui, une activité qui ne rivaliserait pas avec les profits générés par la vente de l’eau en bouteille.

Il faut dire qu’avec des prix de 8 euros pour un litre, difficile de faire plus rentable. Par exemple, en 2013, le m3 d’eau potable était affiché à 5,31€, selon l’UFC-Que Choisir. Ramené au litre, le prix devient dérisoire (0,00531€/l), d’autant que même en vendant cette eau 1 000 fois son prix, cela resterait toujours moins avantageux pour le secteur de la restauration.

De l’eau en bouteille mauvaise pour l’environnement ?

Aujourd’hui, certains professionnels du secteur commencent à changer d’avis, souvent la jeune génération. « Si mes clients boivent plus d’eau, ils boiront aussi plus de vin. S’ils se privent d’une bouteille d’eau coûteuse, ils auront la gueule de bois le lendemain et ne reviendront pas tant qu’ils ne seront pas remis. C’est mauvais pour les affaires », soulève avec une pointe d’humour Billy Wagner, patron d’un restaurant étoilé de Berlin. D’autant que le coût pour la société n’est pas neutre. En effet, selon le restaurateur, les caisses remplies de bouteilles consignées auraient tendance à provoquer des hernies discales à ses employés et donc des arrêts maladie.

Autre raison pour abandonner cette eau en bouteille, le coût pour l’environnement. Le magazine allemand évoquant l’étude « A tip : tap ». « Les émissions de l’eau minérale sont 586 fois plus élevées que celles de l’eau du robinet. En 2019, l’Allemagne a importé environ 1,1 milliard de litres d’eau minérale et en a exporté 334 millions », indiquent les chercheurs. Par ailleurs, dans un contexte de réchauffement climatique et de canicules à répétition, servir de l’eau à 8 euros le litre ou de minuscules verres d’eau n’est pas véritablement la solution la plus adaptée.

Par Le Point avec AFP

Ukraine : les chefs d’État français, italien et allemand en route vers Kiev

juin 16, 2022
Emmanuel Macron, Olaf Schotlz et Mario Draghi discutent autour d'une table.

L’ambassadeur français en Ukraine, Etienne de Poncins, a partagé sur Twitter cette image d’Emmanuel Macron, Olaf Schotlz et Mario Draghi à bord d’un train vers Kiev d’abord publiée par le journal italien « La Repubblica ». Photo : La Republica via @Edeponcins (TWITTER)

Le président français Emmanuel Macron et ses homologues allemand et italien, Olaf Scholz et Mario Draghi, se dirigent vers Kiev, où ils devraient dire le soutien de l’Europe à l’Ukraine en guerre, après une aide militaire d’un milliard de dollars annoncée par les États-Unis.

Les trois hommes ont pris place ensemble à bord d’un train spécial à destination de Kiev, indiquent des médias italien et allemand.

Je pense que nous sommes à un moment où nous avons besoin d’envoyer des signaux politiques clairs, nous Union européenne, à l’égard de l’Ukraine et du peuple ukrainien dans un contexte où il résiste de manière héroïque depuis plusieurs mois, a déclaré le président français, interrogé sur un éventuel déplacement à Kiev la veille.

Ce déplacement est une première pour les dirigeants des trois principaux pays de l’Union européenne, depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février.

Les trois hommes devraient rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour évoquer, outre le soutien militaire, la demande de l’Ukraine de rejoindre l’Union européenne. La France, l’Allemagne et l’Italie y sont favorables, mais dans une perspective plus ou moins lointaine.

L’Ukraine n’en attend pas moins du sommet européen des 23-24 juin la décision des Vingt-Sept sur sa demande officielle d’adhésion, début d’un processus de négociations qui peut durer plusieurs années.

Demande d’armes supplémentaires

Des soldats ukrainiens ave des pièces d'artillerie.

L’Ukraine presse depuis plusieurs jours l’Occident de lui fournir plus d’artillerie lourde. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

Son président devrait également réitérer sa demande de nouvelles livraisons d’armes lourdes, indispensables, assure-t-il, pour contrer la puissance de feu russe.

Nous sommes avec vous, soyez avec nous, a déclaré M. Zelensky aux députés tchèques à Prague lors d’une téléconférence, citant un appel lancé par un présentateur de la radio tchécoslovaque en 1968 alors que les occupants soviétiques tentaient de couper la radio.

Aujourd’hui, alors que le peuple ukrainien lutte pour sa liberté contre l’invasion cruelle de la Russie, nous utilisons ces mots pour nous adresser à toutes les nations d’Europe et du monde démocratique, a-t-il ajouté. L’Ukraine doit obtenir tout ce qui est nécessaire pour remporter la victoire, a-t-il martelé.

Mercredi soir, M. Zelensky a dit sa gratitude à l’égard des États-Unis pour la nouvelle tranche d’aide militaire que son homologue américain Joe Biden lui a annoncé dans la soirée au téléphone.

Les États-Unis ont annoncé un nouveau renforcement de notre défense, une nouvelle tranche d’aide d’un milliard de dollars, a confirmé mercredi soir M. Zelensky dans son message vidéo quotidien.

Je veux dire ma gratitude pour ce soutien, il est particulièrement important pour notre défense dans le Donbass , la région de l’est de l’Ukraine épicentre des attaques russes actuelles.

Lloyd Austin en conférence de presse.

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin Photo : Getty Images/AFP/Alex Wong

L’aide américaine comprend notamment des pièces d’artillerie et des obus supplémentaires.

Mercredi, le chef du Pentagone Lloyd Austin a appelé ses alliés à intensifier les livraisons d’armes aux Ukrainiens.

L’Ukraine est confrontée à un moment charnière sur le champ de bataille, a déclaré le secrétaire américain à la Défense, lors d’une réunion au siège de l’OTAN à Bruxelles des pays du groupe de contact créé par les États-Unis pour aider l’Ukraine. Nous devons donc intensifier notre engagement commun et redoubler d’efforts pour qu’elle puisse se défendre, a-t-il ajouté.

M. Zelensky a indiqué s’être également entretenu avec le premier ministre britannique Boris Johnson, lequel a assuré sur Twitter soutenir l’Ukraine jusqu’à la victoire finale.

La bataille du Donbass

Et celle-ci passe par le Donbass, dans l’est de l’Ukraine, enjeu depuis des jours d’une bataille acharnée entre forces russes et ukrainiennes.

Depuis leur offensive avortée sur Kiev en mars, les forces russes et séparatistes prorusses, qui contrôlent partiellement cette région industrielle depuis 2014, se sont donné pour objectif d’en prendre le contrôle total.

L’ennemi a concentré ses forces de frappe principales dans le nord de la région [de Lougansk] et tente d’attaquer dans neuf directions simultanément, a déclaré mercredi soir le commandement en chef des forces armées ukrainiennes.

Un soldat prend position près d'une fenêtre.

Un soldat de l’armée ukrainienne pendant des combats sur le front à Sievierodonetsk, le 8 juin 2022 Photo : AP/ Oleksandr Rathushniak

Les combats se concentrent depuis plusieurs jours à Lyssychantsk et Sievierodonetsk, deux villes clés du Donbass. Les autorités ukrainiennes ont reconnu ces derniers jours que leurs troupes avaient été chassées du centre-ville de Sievierodonetsk, et ne plus disposer que de voies de communication compliquées avec elles après la destruction de tous les ponts vers Lyssytchansk.

Sievierodonetsk est un élément stratégique dans notre système de défense de la région de Lougansk. La ville ne peut pas être considérée autrement, a rappelé mercredi soir le commandement en chef ukrainien.

Les forces ukrainiennes sont notamment retranchées dans l’usine chimique Azot, emblématique de cette ville comptant avant la guerre quelque 100 000 habitants, avec plus de 500 civils à l’intérieur, selon le maire de Sievierodonetsk, Oleksandre Striouk.

Moscou a proposé mardi un couloir humanitaire qui permettrait d’évacuer ces civils vers des territoires contrôlés par les Russes, mais Kiev ne l’a pas confirmé.

Sur le front diplomatique, au moment où États-Unis et Europe se rassemblent autour de l’Ukraine, le président chinois Xi Jinping a réaffirmé mercredi sa proximité avec son vieil ami Vladimir Poutine, au risque de crisper les relations entre Pékin et les Occidentaux.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Un média allemand recrute la journaliste russe qui a dénoncé la guerre en Ukraine

avril 11, 2022

Marina Ovsiannikova, journaliste russe ayant ouvertement critiqué l’invasion de l’Ukraine, à sa sortie du palais de justice du district Ostankinsky à Moscou, au lendemain de son irruption sur un plateau de télévision à une heure de grande écoute. Photo: Getty Images/-AFP

La journaliste russe Marina Ovsiannikova, qui a fait irruption dans un studio de la télévision d’État russe avec une pancarte antiguerre il y a un mois, a été recrutée par la chaîne d’information allemande Welt.

La journaliste, qui avait fait les manchettes des médias internationaux en défiant le pouvoir russe en plein journal télévisé, agira comme correspondante pour l’entreprise propriétaire de Die Welt, l’un des grands quotidiens allemands, et comme contributrice à son réseau télévisé d’information.

Elle couvrira notamment l’Ukraine et la Russie, a précisé le média.

Welt défend ce qui est défendu avec tant de véhémence par les personnes courageuses sur le terrain en Ukraine en ce moment : la liberté, a déclaré Mme Ovsiannikova, citée par plusieurs médias.

Je considère qu’il est de mon devoir, en tant que journaliste, de défendre cette liberté. Et je suis ravie de pouvoir le faire maintenant pour Welt, ajoute-t-elle, alors que le Kremlin a radicalement resserré l’étau sur l’information.

« Ma vie est divisée en un avant et un après. Les principes moraux ont fini par prendre le pas sur le bien-être, la tranquillité d’esprit et une vie bien réglée. La guerre en Ukraine a été le point de non-retour et le moment où il n’était plus possible de se taire. »— Une citation de  Traduction du début du premier texte de Marina Ovsiannikova publié sur le site de Welt

Dans un communiqué, le rédacteur en chef du groupe Welt, Ulf Porschardt, s’est dit enthousiaste à l’idée de travailler avec elle, estimant qu’elle avait défendu l’éthique journalistique la plus importante, malgré la menace de répression de l’État russe.

Le chef de la Douma évoque la déchéance de la nationalité russe

Le président de la chambre basse du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, a dénoncé l’embauche de Marina Ovsiannikova par un quotidien occidental.

Maintenant, elle va travailler pour un pays de l’OTAN, justifier les livraisons d’armes aux néonazis ukrainiens, l’envoi de mercenaires étrangers pour combattre nos soldats et défendre les sanctions contre la Russie, a-t-il déclaré sur la plateforme de discussion en ligne cryptée Telegram.

Il l’a citée en exemple en proposant de déchoir de leur nationalité les traîtres opposés à l’offensive en Ukraine.

« La vaste majorité de nos concitoyens soutient l’opération militaire spéciale en Ukraine, ils comprennent sa nécessité pour la sécurité de notre pays et de notre nation. Mais il y a aussi ceux qui se comportent avec lâcheté, avec traîtrise. »— Une citation de  Viatcheslav Volodine, président de la chambre basse du Parlement russe

Hélas, pour de tels [individus], il n’existe pas de procédure de déchéance de la citoyenneté et d’interdiction d’entrer dans notre pays. Mais peut-être que ce serait bien, a poursuivi le chef de la Douma.

Le pouvoir russe a fait taire les médias indépendants et renforcé la répression au cours des dernières semaines. Il a par exemple adopté une loi qui réprime, selon les prétentions du Kremlin, toute fausse information sur l’armée russe.

La loi, qui interdit entre autres de qualifier l’invasion russe de guerre, prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison pour la diffusion d’informations mensongères.

Les autorités russes ont aussi interdit Facebook et Instagram en plus de restreindre l’accès à Twitter et de réprimer les manifestations antiguerre.

Selon l’organisation OVD-Info, qui recense les arrestations politiques et fournit de l’aide juridique aux détenus en Russie, plus de 15 400 manifestants antiguerre, en date du 11 avril, ont été détenus depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, le 24 février dernier.

Même des Russes armés d’une seule feuille blanche ont été arrêtés.

Un coup d’éclat

À la mi-mars, Maria Ovsiannikova, alors productrice de Pervy Kanal, la plus puissante chaîne télévisée de Russie, avait profité du principal programme dit d’informations, diffusé en direct à heure de grande écoute, pour exprimer son opposition à la guerre : elle avait surgi derrière la présentatrice munie d’une pancarte sur laquelle on pouvait lire : Arrêtez la guerre. Ne croyez pas la propagande. Ils vous mentent ici.

Choisissant une heure de grande écoute, Marina Ovsiannikova a exprimé son message le mois dernier devant des millions de Russes. Photo : Twitter/@KIRA_YARMYSH

Avant son coup d’éclat, la femme de 43 ans, née d’un père ukrainien et d’une mère russe, avait enregistré une vidéo dans laquelle elle disait regretter d’avoir véhiculé la propagande du Kremlin et d’avoir ainsi permis que le peuple russe soit  »zombifié ». Dans cette vidéo, publiée par OVD-Info, elle appelait également les Russes à se lever contre la guerre.

Rapidement arrêtée pour son geste et interrogée pendant plusieurs heures, elle avait été reconnue coupable d’avoir commis une infraction administrative et condamnée à payer une amende de 30 000 roubles (un peu moins de 350 $ CA).

Outre cette sentence clémente, elle risque toujours des poursuites pénales passibles de lourdes peines de prison, en vertu de la nouvelle loi interdisant toute fausse information sur l’armée russe.

Dans une entrevue accordée à l’agence Reuters le mois dernier, Mme Ovsiannikova indiquait ne pas avoir l’intention de quitter son pays, même si elle s’avouait inquiète pour sa sécurité. Elle disait espérer que son geste ouvrirait les yeux des Russes sur la propagande du pouvoir.

Il y a trois semaines, une journaliste russe d’une grande chaîne de télévision qui était en poste à l’étranger a également dénoncé la guerre en Ukraine et la propagande du Kremlin. Au cours d’une conférence de presse organisée par l’organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF) à Paris, Zhanna Agalakova, qui a démissionné de son poste, a elle aussi déploré que ses concitoyens soient zombifiés.

Le climat qui règne en Russie semble de plus en plus hostile à toute voix qui s’élève contre l’offensive militaire, et la délation de citoyens envers les opposants à la guerre s’ajoute à la censure des autorités.

Ce week-end, le New York Times faisait état de cas de délation, notamment à l’encontre d’enseignantes, vraisemblablement dénoncées par leurs élèves adolescents.

Radio-Canada par Sophie-Hélène Lebeuf avec les informations de Reuters et AFP

Allemagne: vaste coup de filet contre le « terrorisme d’extrême droite »

avril 6, 2022
Allemagne: vaste coup de filet contre le « terrorisme d’extrême droite »© AFP/Archives/INA FASSBENDER

Ils « endoctrinaient » des jeunes et les entraînaient « au combat »: quatre membres d’une cellule « terroriste » d’extrême droite ont été arrêtés mercredi en Allemagne lors d’une vaste opération visant la mouvance néonazie qui inquiète les autorités.

Il s’agit, selon le magazine Spiegel, du « plus grand coup » porté récemment contre ces réseaux extrémistes.

L’opération a été lancée à l’aube dans 11 régions du pays: plus de mille agents ont perquisitionné une soixantaine de lieux dans le cadre d’une enquête visant 46 personnes.

Les enquêteurs ont notamment ciblé un groupuscule baptisé « Knockout 51 », implanté à Eisenach, dans le centre de l’Allemagne.

Son chef Leon R. ainsi que trois autres membres ont été arrêtés pour appartenance à une « organisation terroriste d’extrême droite ».

Leur cellule organisait des « entraînements au combat de rue de jeunes sympathisants d’idées nationalistes » qu’ils « endoctrinaient » pour former un « groupe de combat extrémiste », affirme le parquet.

Les autorités allemandes ont érigé la violence d’extrême droite au premier rang des menaces pour l’ordre public, avant le risque jihadiste.

Le meurtre en juin 2019 par un militant néonazi de Walter Lübcke, élu du parti conservateur qui défendait la politique d’accueil des migrants de l’ancienne chancelière, avait profondément secoué le pays.

Le gouvernement allemand de centre-gauche dirigé par le chancelier Olaf Scholz a pris ses fonctions en décembre en s’engageant à mener une lutte déterminée contre la violence néonazie, alors que les gouvernements d’Angela Merkel avaient tardé à réagir, selon l’opposition.

« Notre attitude nettement plus ferme à l’égard des extrémistes de droite violents porte ses fruits », a réagi mercredi la ministre de l’Intérieur Nancy Faeser, décrivant l’opération comme « un coup dur » pour cette mouvance.

« Nous devons assécher ce dangereux terreau de violence », a-t-elle ajouté. « Nous voulons les priver de leurs sources de financement. Nous voulons les désarmer et nous voulons mettre un terme à leur propagande, notamment sur la toile ».

Les perquisitions de mercredi interviennent dans le cadre d’une enquête plus large, associant police et services de renseignement militaire depuis 2019.

« Vision du monde raciste »

Ces investigations visent le groupe d’extrême droite « Atomwaffen Division Deutschland » (division de l’arme nucléaire), branche allemande d’un groupe néonazi américain du même nom qui « aspire à une guerre des races », ainsi que des membres du groupuscule « Sonderkommando 1418 » (commando spécial 1418).

Un ancien militaire compte parmi les disciples de ces groupes visés par l’enquête, affirme le Spiegel.

En réseau avec cette nébuleuse neonazie, Leon R. et son groupe « Knowckout 51 » se sont concentrés « à partir de mars 2020 au plus tard sur la commission de crimes graves », selon le parquet.

Il s’agit notamment d’attaques contre des militants de gauche, la police et « d’autres personnes qui, selon la vision du monde raciste et d’extrême droite du groupe, peuvent être combattues ».

Selon le ministère public, Knockout 51 a tenté d’établir un « quartier nazi » sous son contrôle à Eisenach et a commencé l’année dernière à effectuer des « patrouilles » au cours desquelles il tentait de provoquer les victimes pour qu’elles les combattent.

Les suspects arrêtés ont blessé plusieurs personnes, dont certaines gravement, lors de ces affrontements.

Les entraînements avaient lieu dans les locaux du parti d’extrême droite NPD à Eisenach, localité médiévale connue pour avoir accueilli Martin Luther lorsqu’il a traduit la Bible en allemand.

En 1817, la forteresse d’Eisenach avait aussi été le lieu d’un rassemblement fondateur du mouvement étudiant nationaliste et libertaire opposée à la restauration.

Le groupe entretenait aussi des liens avec d’autres organisations néonazies du pays, notamment en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et en Bade-Wurtemberg.

Lors de manifestations contre les mesures sanitaires anti-Covid entre août 2020 et mars 2021, des membres de « Knockout 51 » ont affronté les forces de l’ordre et des contre manifestants, précise encore le parquet.

Au-delà de groupes néonazis, dans le contexte de la pandémie, les propos haineux allant jusqu’aux menaces de mort à l’égard de personnalités politiques sont devenus de plus en plus virulents en Allemagne, où une frange minoritaire d’opposants aux restrictions sanitaires tend à se radicaliser.

Par Le Point avec AFP

Canada: Au revoir les camionneurs, bonjour l’Europe

mars 6, 2022

Justin Trudeau entame dimanche un voyage de six jours au Royaume-Uni, en Lettonie, en Allemagne et en Pologne. Au cœur des discussions, bien sûr, la guerre en Ukraine — un conflit qui, malgré toutes ses horreurs, a permis au premier ministre canadien de tourner la page sur une crise domestique qui lui collait à la peau.

Justin Trudeau.

Le gouvernement Trudeau a multiplié les sanctions depuis l’invasion russe en Ukraine. Photo: La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

À 16 h 40, le mercredi 23 février, Justin Trudeau terminait un dernier point de presse sur la controversée Loi sur les mesures d’urgenceIl venait d’annoncer qu’il mettait fin à cette législation extraordinaire qui avait permis, disait-il, de chasser les camionneurs du centre-ville d’Ottawa.

L’invocation de la loi a encouragé certaines personnes à quitter [les lieux] et a permis aux forces de l’ordre de pouvoir en finir avec ces occupations, expliquait alors le premier ministre.

Cinq heures plus tard, une autre occupation débutait, celle-là beaucoup plus sanglante : Vladimir Poutine lançait ses troupes à l’assaut de l’Ukraine. La guerre était de retour en Europe.

En coulisses, plusieurs libéraux pensent que l’invasion russe et, surtout, la réponse canadienne coordonnée avec celle des alliés ont permis à Justin Trudeau de retrouver sa stature d’homme d’État.

L’enjeu des camionneurs, c’est complètement disparu des écrans radars, confie une source libérale, qui croit que pour beaucoup de gens, la guerre en Ukraine a mis les choses en perspective, entre autres sur ce que ça voulait dire, défendre la liberté.

Un sondage réalisé par la firme Research Co. à la fin de février montre que 52 % des Canadiens interrogés approuvent la réponse du premier ministre dans le dossier ukrainien.Trudeau entouré des ministres Mélanie Joly, Anita Anand  et Chrystia Freeland.

Justin Trudeau, entouré des ministres Mélanie Joly, Anita Anand et Chrystia Freeland, lors d’une annonce sur de nouvelles sanctions imposées à la Russie. Photo: The Canadian Press/Adrian Wyld

Même des personnes généralement critiques quant à la politique étrangère de Justin Trudeau reconnaissent que son gouvernement a bien agi jusqu’à maintenant.

Je pense que le gouvernement canadien a été à la hauteur de ce qui était demandé par les alliés, lance Jocelyn Coulon, au bout du fil. L’ancien conseiller de l’ex-ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion avait publié en 2018 Un selfie avec Justin Trudeau, un ouvrage dans lequel il reprochait au premier ministre son manque d’ambition sur le front diplomatique.

M. Coulon complimente aussi la nouvelle ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, qui a eu le ton juste dans les dernières semaines : On voit qu’elle a pris de l’assurance dans les dossiers de politique étrangère.

Le travail de la vice-première ministre a également été remarqué. Une source gouvernementale confirme d’ailleurs que Chrystia Freeland a joué un rôle clé dans les discussions auprès des alliés occidentaux, qui ont permis d’aboutir à l’imposition de sanctions contre la Banque centrale russe.

Dialoguer avec ses adversaires

Toutefois, si le Canada a commis un sans faute jusqu’à maintenant, sa réponse n’est pas pour autant suffisante, croit Jocelyn Coulon. Comme il le faisait déjà dans son livre, l’ex-conseiller reproche au gouvernement Trudeau de ne pas avoir entamé de dialogue direct avec la Russie.Vladimir Poutine.

Le président russe Vladimir Poutine reste intransigeant dans sa volonté de continuer la guerre en Ukraine. Photo : Getty Images/MikhaiI Klimentyev

Il n’y a eu, par exemple, aucune rencontre bilatérale entre Vladimir Poutine et Justin Trudeau depuis l’élection de celui-ci, en 2015. Or, dans les dernières années, tous les autres leaders du G7 se sont entretenus avec le président russe, souvent à plusieurs reprises, malgré leur désapprobation de l’invasion de la Crimée en 2014.

Il faut toujours parler non seulement à nos amis, mais aussi à nos adversaires, ajoute Jocelyn Coulon. C’est là que la diplomatie prend son sens.

Le professeur Justin Massie, expert en sécurité internationale à l’Université du Québec à Montréal, abonde dans le même sens : C’est important de dialoguer même avec ses ennemis, même quand on est en conflit. Il cite en exemple la démarche de la France dans les derniers jours, qui s’est démarquée par sa diplomatie pour tenter d’organiser un corridor humanitaire afin de sortir les personnes de Kiev.

Bien sûr, reconnaît M. Massie, la diplomatie a ses limites. Vladimir Poutine, malgré toutes les pressions des alliés, n’a montré aucun signe de retrait et poursuit sans vergogne ses bombardements contre les villes ukrainiennes. Il est cependant nécessaire, d’après le politologue, de garder le dialogue ouvert, ne serait-ce que pour tenter d’alléger la situation pour les populations civiles.Le président français Emmanuel Macron s'entretient avec le président russe Vladimir Poutine.

Le président français Emmanuel Macron a eu plusieurs entretiens avec le président russe Vladimir Poutine. Photo : Getty Images/Michel Euler

Or, au Canada, ajoute-t-il, on n’aime pas beaucoup avoir l’air de discuter avec [nos] rivaux parce qu’on se fait accuser de complaisance par nos adversaires politiques, qui utilisent la politique étrangère à des fins partisanes. Et c’est malheureux.

Justin Massie déplore entre autres le fait que les conservateurs aient demandé d’expulser l’ambassadeur russe qui se trouve à Ottawa — une très mauvaise idée, selon lui : Même les États-Unis ont des relations directes et privilégiées avec la Russie pour éviter des interprétations ou des mauvais calculs qui pourraient, peut-être, mener à une escalade militaire.

La présence d’une large communauté ukrainienne au Canada – la troisième au monde – et ce que Jocelyn Coulon appelle l’influence très importante du lobby ukrainien au sein du gouvernement Trudeau ont aussi contribué, d’après l’ex-conseiller, à une absence de communication avec le géant russe.Le contrôle de l’Arctique constitue un enjeu sur lequel la Russie et le Canada devront inévitablement dialoguer dans les années à venir, selon Jocelyn Coulon.

La mainmise sur l’Arctique constitue un enjeu à propos duquel la Russie et le Canada, qui contrôlent environ 75 % du territoire, devront inévitablement dialoguer dans les années à venir. Or, Jocelyn Coulon estime qu’en « ayant une relation très mauvaise avec les Russes », le Canada « se positionne mal pour défendre ses intérêts dans l’Arctique ». Photo: East2West

Peu de succès en affaires étrangères

Même si Justin Trudeau ne va rencontrer que des alliés au cours de ce voyage en Europe, Justin Massie reconnaît que le gouvernement fédéral a bien géré jusqu’à maintenant le dossier ukrainien, surtout par comparaison avec certains ratés commis en matière de politique étrangère.

Le politologue cite en exemple le voyage en Inde, mais aussi les 200 Casques bleus que le Canada n’a jamais déployés comme prévu, le retrait de ses troupes du Mali avant la date demandée par l’Organisation des Nations uniesONU, ou encore l’échec du gouvernement libéral à obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

La politique étrangère de Justin Trudeau n’a pas eu beaucoup de succès, mis à part la négociation de l’Accord de libre-échange nord-américainALENA 2.0, le nouvel accord commercial avec les États-Unis signé sous Donald Trump, affirme M. Massie.

Les attentes dans ce conflit étaient donc assez basses d’après l’expert en sécurité internationale, encore plus après la crise des camionneurs qui a paralysé le centre-ville d’Ottawa, où on a vu un premier ministre plutôt absent dans les premières semaines du conflit.

Là, conclut-il, on sent que Justin Trudeau est plus présent et que son gouvernement multiplie les annonces. L’image d’inaction qui colle parfois à la peau du premier ministre semble donc plus difficile, jusqu’à maintenant, à apposer à sa réponse au conflit ukrainien.

Avec Radio-Canada par Laurence Martin

Le Canada et plusieurs pays européens ferment leur espace aérien à la Russie

février 27, 2022

Le Canada, l’Allemagne, la Belgique, la Finlande et le Danemark ferment leur espace aérien aux avions russes. Photo : Reuters/Maxim Shemetov

Le ciel se rétrécit pour la Russie. Le Canada, l’Allemagne, l’Espagne, la Belgique, la Finlande et le Danemark ont annoncé dimanche la fermeture de leur espace aérien aux compagnies russes en représailles à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

En vigueur immédiatement, l’espace aérien canadien est fermé à tous les exploitants d’aéronefs russes, a indiqué à 9 h (HNE) sur Twitter le ministre canadien des Transports, Omar Alghabra. Nous tiendrons la Russie responsable de ses attaques non provoquées contre l’Ukraine.

Cette interdiction vise les avions et les exploitants d’avions russes pour trois mois, mais ne concerne pas d’éventuels vols humanitaires, a précisé le ministère des Transports, qui emboîte le pas à d’autres pays européens, dont la Finlande, qui a une frontière de plus de 1300 kilomètres avec la Russie.

Avec les nombreux pays ayant déjà fermé ou annoncé la fermeture de leur espace aérien comme la Pologne, la République tchèque et la Bulgarie, la Russie se retrouve avec une importante zone de non-survol en Europe, qui l’obligera à effectuer d’importants détours.

L’interdiction d’accès à l’espace aérien canadien ajoute son lot de complications. La principale compagnie aérienne russe, Aeroflot, franchit plusieurs fois par jour le ciel au-dessus du Canada pour ses vols aux États-Unis.

En revanche, Moscou a commencé à interdire le survol de son territoire à plusieurs pays.

Ces mesures viennent s’ajouter aux sanctions entreprises contre Moscou, dont l’exclusion de nombreuses banques russes de la plateforme interbancaire SWIFT.

Ce réseau interbancaire SWIFT a annoncé tard samedi se préparer à mettre en œuvre dans les prochains jours les nouvelles mesures décidées par les puissances occidentales.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et La Presse canadienne

Les pays occidentaux durcissent leurs sanctions contre des banques russes

février 26, 2022

Ces nouvelles mesures financières contre Moscou ciblent notamment la plateforme SWIFT. Elles ont été adoptées par le Canada, les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et la Commission européenne.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, entourée des premiers ministres danois, grec et portugais. Photo: AP/Olivier Hoslet

La violence de l’intervention russe en Ukraine a mené samedi les Occidentaux à s’entendre sur un nouveau train de sanctions contre Moscou, visant entre autres à exclure de nombreuses banques russes de la plateforme interbancaire SWIFT, rouage essentiel de la finance mondiale, a annoncé le gouvernement allemand, qui préside actuellement le forum du G7.

Le communiqué dévoilant ces nouvelles sanctions a été endossé par les États-Unis, le Canada, la Commission européenne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne. Ces deux derniers pays dépendants du gaz russe étaient jusque-là réticents à de telles représailles financières.

Nous remercions nos amis pour leur engagement à exclure certaines banques russes du réseau interbancaire SWIFT, a salué sur Twitter le premier ministre ukrainien, Denys Shmygal.

Les sanctions seront appliquées dans les prochains jours, ont déclaré les signataires. Elles prévoient également la fin des passeports dorés délivrés aux riches ressortissants russes et à leurs familles.

Les partenaires occidentaux ont décidé de restreindre encore davantage l’accès de la banque centrale russe aux marchés des capitaux, afin rendre plus difficiles ses tentatives pour soutenir le cours du rouble, en recul suite à la guerre en Ukraine.

L’objectif est de geler les transactions financières de l’institution et donc de rendre impossible la liquidation de ses actifs, a expliqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans une allocution vidéo après une réunion avec les dirigeants américains, français, allemands et italiens.

Concrètement, ces mesures visent à empêcher Vladimir Poutine d’utiliser les 630 milliards de dollars (environ 800 milliards de dollars canadiens) de réserves en devises de la banque centrale pour envahir l’Ukraine et défendre le rouble.Ursula von der Leyen parle en conférence de presse.

«Cela entraînera leur déconnexion du système financier international. Leur capacité d’agir globalement s’en trouvera affaiblie», a expliqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Photo : Reuters/Johanna Geron

Selon l’Union européenne, environ 70 % du secteur bancaire russe est actuellement concerné par les sanctions.

Les Occidentaux veulent également lancer la semaine prochaine un groupe de travail transatlantique pour s’assurer de la mise en œuvre effective des sanctions financières décidées par les Occidentaux en identifiant et en gelant les actifs des personnes et entités visées.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se réuniront dimanche soir pour discuter de sanctions supplémentaires.

La Russie est devenue un paria économique et financier mondial, a résumé un haut responsable américain.

Une source américaine a également déclaré que les Etats-Unis et leurs alliés achevaient la liste des banques qui seraient retirées du réseau SWIFT, ajoutant que les banques qui seraient envisagées en premier étaient celles se trouvant déjà sous le coup de sanctions américaines et européennes.

Au Canada, la vice-première ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland, a exprimé sur Twitter l’implication de son gouvernement dans le retrait des banques russes de SWIFT. L’invasion du président Poutine ne doit pas réussir. Nous sommes debout aux côtés du courageux peuple ukrainien, a-t-elle réitéré.

L’Occident s’engage à livrer des armes à l’Ukraine

Missiles, lance-roquettes, mitrailleuses : les pays occidentaux ont également pris de nouveaux engagements en matière de livraison d’armements et de munitions en Ukraine.

Armes et équipements de nos partenaires sont en route pour l’Ukraine, s’est réjoui le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, samedi.

Des soutiens financiers et matériels ont notamment été annoncés de la part des États-Unis, de l’Allemagne, de la République tchèque, des Pays-Bas et de la Belgique.

Les Américains ont annoncé samedi une nouvelle aide militaire à l’Ukraine de 350 millions de dollars américains (445 millions de dollars canadiens). Cette aide comprendra de nouveaux moyens militaires défensifs qui permettront à l’Ukraine de combattre les menaces blindées, aéroportées et autres auxquelles elle fait face aujourd’hui, a déclaré le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, par voie de communiqué.Des membres de l’armée ukrainienne à bord de véhicules blindés à Kiev.

Des membres de l’armée ukrainienne à bord de véhicules blindés à Kiev Photo : Reuters/Valentyn Ogirenko

Selon un spécialiste de l’armée interrogé par l’Agence France-PresseAFP, les États-Unis sont les mieux équipés militairement pour offrir une assistance à l’Ukraine, puisque les armées européennes disposent d’un stock limité.

Quand vous envoyez 2000 mitrailleuses, vous les prenez sur votre propre stock […] Les armées européennes sont des armées pauvres. On n’a pas de matériel, pas d’argent, a déclaré le général Vincent Desportes, ex-directeur de l’École de guerre française.

La République tchèque a tout de même annoncé qu’elle allait faire don à l’Ukraine de mitrailleuses, de fusils automatiques et de précision, de pistolets et de munitions, pour une valeur de 7,6 millions d’euros (10,8 millions de dollars canadiens).

Les Pays-Bas, eux, ont indiqué qu’ils allaient fournir 200 missiles antiaériens Stinger et des équipements militaires destinés à l’autodéfense ukrainienne contre Moscou. Le ministère de la Défense des Pays-Bas a déclaré avoir expédié samedi une partie des marchandises déjà promises.

La Belgique fournira pour sa part 2000 mitrailleuses et 3800 tonnes de carburant à l’armée ukrainienne.Des soldats armés de lance-roquettes antichar.

Des lance-roquettes antichar déployées lors d’un entraînement militaire par l’armée allemande. Photo : Getty Images/Sean Gallup

Enfin, le gouvernement allemand a annoncé la livraison à l’Ukraine de 400 lance-roquettes antichars, rompant ainsi avec sa politique suivie ces dernières années d’interdiction de toute exportation d’armes létales en zone de conflit, a indiqué à l’AFP samedi une source gouvernementale.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a réagi en appelant le chancelier Olaf Scholz à continuer comme çaLa coalition antiguerre fonctionne, s’est réjoui samedi M. Zelensky, longtemps critique de l’attentisme des pays occidentaux, qui avaient jusqu’ici misé sur des sanctions économiques contre la Russie.

Contrairement à ses alliés, le Canada n’a pas annoncé de nouvelle assistance à l’Ukraine, mais il a rappelé, par voie de communiqué, qu’il répondait aux actes irresponsables et dangereux de la Russie au moyen de sanctions sévères, de contributions militaires supplémentaires à l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, d’une aide humanitaire, de matériel létal et non létal et de munitions.

Première application visible des sanctions occidentales

Les sanctions occidentales contre la Russie ont mené à l’interception d’un navire de commerce soupçonné d’appartenir à une entreprise russe, dans la Manche, ont annoncé samedi les autorités françaises. Cet imposant bateau de 127 mètres transportait des véhicules vers Saint-Pétersbourg, en Russie.

Il s’agit de la première application visible des mesures de rétorsion après l’invasion de l’Ukraine.Le navire commercial qui a été intercepté dans la Manche.

Ce bateau battant pavillon russe, le Baltic Leader, un cargo roulier construit spécialement pour le transport de véhicules, menait sa cargaison vers Saint-Pétersbourg (Russie). Photo: Reuters/Pascal Rossignol

Riposte de la Russie

La Russie a répliqué samedi aux sanctions occidentales en annonçant le gel des avoirs et la nationalisation des actifs d’entreprises de pays hostiles. La Russie répondra […] en saisissant les fonds d’étrangers et d’entreprises étrangères en Russie, a déclaré l’agence de presse RIA, citant Dmitri Medvedev, chef adjoint du Conseil de sécurité.

Moscou a aussi suspendu les lancements depuis la base spatiale de Kourou, en Guyane française, et rappelé son personnel technique en réaction aux sanctions de l’Union européenne (UE), a annoncé l’Agence spatiale russe, Roscosmos.

Un total de 87 personnes se trouvant actuellement en Guyane française sont ainsi appelées à rentrer en Russie. Le secteur aéronautique et spatial européen compte plusieurs partenariats avec la Russie.

Roscosmos dispose avec Arianespace d’une coentreprise, Starsem, pour exploiter la fusée Soyouz. Elle doit en principe lancer en 2022 huit fusées Soyouz : trois depuis Kourou (dont le satellite-espion français CSO-3) et cinq depuis le cosmodrome russe de Baïkonour, au Kazakhstan.

En l’absence de fusées Soyouz, l’Europe n’aurait pas de capacité propre de lancement de certains satellites avant la mise en œuvre d’Ariane 6, dont le premier vol est attendu en fin d’année.

Cette riposte de Moscou constitue une réponse au Conseil européen, qui a décidé jeudi soir d’interdire l’exportation vers la Russie des avions, pièces et équipements de l’industrie aéronautique et spatiale. Un homme passe devant un camion militaire détruit par le feu après des combats.

Un militaire ukrainien marche près d’un véhicule endommagé, après des combats avec des soldats russes. Photo : Reuters/Valentyn Ogirenko

La Russie n’a plus besoin de liens diplomatiques avec l’Occident, a déclaré l’ancien président et haut responsable de la sécurité, Dmitri Medvedev.

S’exprimant sur les médias sociaux, il écrit qu’il était temps de cadenasser les ambassades. Il a ajouté que Moscou poursuivrait son opération en Ukraine jusqu’à l’atteinte des objectifs définis par le président Vladimir Poutine.

Blocages ciblés des espaces aériens

Si plusieurs pays européens ont fermé leur espace aérien aux compagnies russes à la suite de l’invasion de l’Ukraine, le Canada n’a toujours pas pris de décision à ce sujet.

La Russie a annoncé samedi la fermeture de son espace aérien aux avions venant de la Bulgarie, de la Pologne et de la République tchèque, en représailles à une décision semblable prise par ces pays.

KLM, branche néerlandaise du groupe Air France-KLM, et la compagnie allemande Lufthansa ont annoncé l’annulation de tous leurs vols vers la Russie pour la semaine à venir en conséquence des sanctions infligées par l’Union européenne à Moscou après l’invasion de l’Ukraine.

La raison immédiate en est qu’en raison du paquet de sanctions qui a été convenu dans un contexte européen, les pièces détachées d’avions ne peuvent plus être envoyées en Russie, a expliqué Air France-KLM.

L’Allemagne aussi indique avoir pris des dispositions pour fermer son espace aérien aux avions russes, en représailles à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

La compagnie nationale polonaise LOT a par ailleurs annoncé la suspension dès vendredi après-midi de ses vols à destination de Moscou et de Saint-Pétersbourg. Ces annonces faisaient suite à une décision similaire du Royaume-Uni frappant la compagnie nationale russe Aeroflot.

La Russie a pour sa part réagi en interdisant le survol de son territoire à tous les avions liés au Royaume-Uni, y compris aux vols en transit. La Moldavie avait fermé dès jeudi son espace aérien.

La principale compagnie aérienne russe, Aeroflot, traverse plusieurs fois par jour l’espace aérien canadien pour ses vols aux États-Unis. Selon Ross Aimer, un expert des questions aériennes, l’espace canadien est crucial pour la compagnie. Il craint des représailles russes si le Canada bannit Aeroflot.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et La Presse canadienne