Posts Tagged ‘Allemagne’

Allemagne: une bombe sans doute ancienne explose dans un champ

juin 24, 2019

 

Une bombe datant probablement de la Seconde guerre mondiale a explosé dimanche au beau milieu d’un champ situé dans l’ouest de l’Allemagne, laissant un énorme cratère sans faire de blessés, a indiqué la police lundi.

Ce trou profond de quatre mètres pour dix mètres de diamètre «a été examiné lundi par les services en charge des explosifs pour trouver d’éventuels fragments» de l’engin, a déclaré à l’AFP un porte-parole de la police de Wiesbaden. Selon la police, la bombe a sans doute été larguée lors de la Seconde guerre mondiale par les Alliés mais n’a pas explosé en touchant le sol, restant silencieuse pendant plus de 70 ans. La détonation, survenue dans la nuit de samedi à dimanche près de Limbourg, a été entendue par plusieurs habitants qui ont également ressenti des secousses.

Depuis 1945, près d’une vingtaine d’explosions surprises de ce type sont survenues sur le territoire allemand, selon l’organisme GUBD qui conseille des entreprises du BTP. Régulièrement, des bombes datant de la Deuxième guerre mondiale et n’ayant pas explosé sont retrouvées et désamorcées en Allemagne, le plus souvent à l’occasion de travaux d’aménagement ou de construction.

Mi-juin, une bombe américaine de 100 kg avait été désamorcée en plein centre de Berlin, à proximité de l’emblématique Alexanderplatz, exigeant l’évacuation de milliers de personnes. Environ 10% des millions de bombes lâchées sur l’Allemagne jusqu’en 1945 n’ont pas explosé, selon des experts cités par le Spiegel. Si certaines d’entre elles sont enfouies jusqu’à six mètres de profondeur, d’autres ne seraient enterrées qu’à 30 centimètres, constituant un réel danger, avertissent ces experts.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Mondial féminin 2019 : les matchs des huitièmes de finale

juin 22, 2019

La Norvège s’impose aux tirs au but et va en quarts

La Norvège obtient son billet pour les quarts de finale de la Coupe du monde grâce à sa victoire aux tirs au but face à l’Australie (1-1, 4-1 tab). Dominatrices, les Norvégiennes ont ouvert la marque, grâce à la réalisation d’Isabell Herlovsen (31e). Mais à l’envie et au courage, les Australiennes n’ont jamais lâché. Leur résilience a payé grâce à l’égalisation d’Elise Kellond-Knight (83e).

Sans pouvoir se départager à l’issue du temps réglementaire puis des prolongations, les Norvégiennes ont été plus solides lors de la séance des tirs au but, en inscrivant leur quatre tentatives. A la différence de Samantha Kerr, qui a manqué le cadre, avant de voir Hjelmseth s’interposer sur la deuxième tentative australienne.

En quarts de finale, la Norvège affrontera le gagnant du 8e de finale entre l’Angleterre et le Cameroun jeudi 27 juin, au Havre. Le duel entre Anglaises et Camerounaises se tiendra demain, à 17h30 à Valenciennes, avant le 8e de finale de l’équipe de France face au Brésil, au Havre (21h).

Tranquille face au Nigéria, l’Allemagne file en quarts

Efficaces, les Allemandes seront au rendez-vous des quarts de finale du Mondial 2019, en France. Elles se sont sereinement imposées face à un trop faible Nigéria ce samedi, à Grenoble (3-0), et se sont rendues le match facile en ouvrant le score par Popp en milieu de première période (20e). Les Allemandes ont ensuite profité des erreurs de la défense nigériane pour aggraver la marque. Däbritz a doublé la mise sur penalty (27e) avant que Schüller ne clôt le score en fin de rencontre (82e). Premières qualifiées pour les quarts de finale, les filles de l’équipe d’Allemagne, deuxième nation mondiale, affronteront la Suède ou le Canada le 29 juin prochain, à Rennes (18h30).

Le Figaro.fr par La Rédaction

Allemagne: Angela Merkel prise de tremblements durant une cérémonie officielle

juin 18, 2019

 

Angela Merkel a été prise de tremblements durant plusieurs minutes pendant une cérémonie officielle avec le nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky, mardi à Berlin.

La chancelière a été victime de ce malaise alors qu’elle attendait, au côté du président ukrainien, une parade militaire à la chancellerie, à Berlin, où la température avoisinait mardi les 30 degrés. Les bras légèrement tendus vers l’avant, elle a visiblement tenté d’atténuer ces tremblements durant les hymnes allemand et ukrainien.

Elle a ensuite, plus d’une heure après cette scène, assuré, avec le sourire, avoir retrouvé ses esprits : «j’ai bu au moins trois verres d’eau, c’est qui m’a manifestement manqué et à présent je me sens très bien». Le président ukrainien a plaisanté en assurant : «elle se tenait à côté de moi, elle était en totale sécurité» lors de la cérémonie. Angela Merkel, qui se retirera de la politique à la fin de son mandat, au plus tard en 2021, aura 65 ans le mois prochain

Par Le Figaro.fr avec AFP

La course à la succession d’Angela Merkel s’ouvre en Allemagne

octobre 29, 2018

La chancelière allemande Angela Merkel à Berlin, le 29 octobre 2018 / © AFP / Tobias SCHWARZ

La compétition pour remplacer Angela Merkel à la tête de son parti conservateur et peut-être ensuite de l’Allemagne s’ouvre mardi après l’annonce choc du retrait progressif du pouvoir de la chancelière.

Tirant les conséquences d’une douloureuse débâcle électorale en Hesse, Angela Merkel, 64 ans, a fait savoir lundi qu’elle mettrait un terme à sa carrière politique dans trois ans, après son quatrième mandat.

« Il est temps d’ouvrir un nouveau chapitre », a-t-elle martelé, soulignant s’être toujours donné pour objectif de quitter la scène politique « dans la dignité ».

La cheffe du gouvernement, aux manettes de la première économie en Europe depuis 13 ans, franchira un premier pas décisif vers la sortie dans un peu plus d’un mois quand elle passera la main à la tête de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) qu’elle préside depuis dix-huit ans.

– Trois candidats –

Trois candidats se sont d’ores et déjà déclarés en interne pour lui succéder comme président(e) de la CDU, un poste considéré comme un marche-pied vers la chancellerie.

Parmi eux figurent la secrétaire générale du parti, Annegret Kramp-Karrenbauer, et le ministre de la Santé, Jens Spahn.

D’autres pourraient leur emboîter le pas, comme le dirigeant de la puissante région de Rhénanie du Nord-Westphalie, Armin Laschet, qui n’exclut pas de se lancer dans la course.

L’AfD en Allemagne / © AFP / Thorsten EBERDING

La chancelière a insisté sur le fait qu’elle n’avait pas de favori pour sa succession. Le nouveau dirigeant sera élu par un millier de délégués réunis en congrès les 7 et 8 décembre à Hambourg.

Annegret Kramp-Karrenbauer, dite « AKK », tient la corde, selon les médias et fait figure de dauphine adoubée par Angela Merkel qui l’avait proposée au poste de secrétaire générale en février. Les deux femmes partagent une ligne politique plutôt centriste.

– ‘Opposition interne’ –

Partisan à l’inverse d’un coup de barre à droite, l’ambitieux Jens Spahn, 38 ans, est considéré comme le « chef de l’opposition interne » ou la « star contestée de la CDU ».

Il n’a cessé de contester la chancelière notamment sur les questions d’immigration depuis sa décision historique d’accueillir un million de migrants en 2015 et 2016.

Mais il pourrait encore manquer d’expérience aux yeux de certains cadres de la CDU.

Une ancienne étoile montante du parti, Friedrich Merz, a également décidé de tenter sa chance bien qu’il ait quitté la scène politique de longue date en raison de sa rivalité ancestrale avec Angela Merkel.

Merkel prépare sa sortie après un cinglant revers électoral / © AFP / Marion Payet

Amis comme rivaux politiques ont salué la décision d’Angela Merkel tant les Allemands semblent lassés de son style de gouvernement basé sur la recherche permanente du compromis, voire la non prise de décision.

Parviendra-t-elle vraiment à tenir encore trois ans compte-tenu de son affaiblissement politique qui risque désormais d’aller croissant? D’autant que son successeur à la CDU va devoir se démarquer de Mme Merkel s’il veut avoir des chances de conquérir la chancellerie.

« Quand Angela Merkel va renoncer à la présidence de la CDU en décembre, son mandat de chancelière ne va plus durer longtemps », prédit un éditorialiste du Spiegel. « C’est la fin d’une ère ».

Le président de la chambre des députés et vétéran de la politique allemande, Wolfgang Schaüble, ne semble plus la soutenir que du bout des lèvres: « nous ferons ce que nous pourrons pour éviter l’impression d’un canard boiteux », a-t-il dit à la chaîne de télévision Deutsche Welle.

Angela Merkel apparaît désormais d’autant plus comme une chancelière en sursis qu’elle doit en plus compter avec les difficultés de son partenaire social-démocrate. Le SPD enchaîne aussi les scrutins calamiteux et pourrait être tenté à tout moment par une cure d’opposition.

« Le SPD demeure dans une crise existentielle qui pourrait facilement déboucher sur la décision de quitter le gouvernement l’an prochain », estime même un analyste de la banque ING-Diba, Carsten Brzeski.

« La pression sera d’autant plus forte que la CDU met le cap à droite avec une nouvelle direction », renchérit Charles Lichfield, analyste d’Eurasiagroup.

Romandie.com avec(©AFP / (30 octobre 2018 04h38)

Côte d’Ivoire: l’Allemagne va financer la première centrale solaire

octobre 3, 2018

Abidjan – L’Allemagne va financer à hauteur de 40 millions d’euros la première centrale solaire en Côte d’Ivoire, pays qui ambitionne de faire participer les énergies renouvelables au mix énergétique à hauteur de 11% d’ici à 2020, a annoncé mercredi son ambassade à Abidjan.

D’une puissance de 37,5 MWc(mégawatt-crête, la puissance électrique maximale), la centrale solaire de Boundiali (Nord) va bénéficier d’un financement de 27 millions d’euros par la KfW (Banque de Développement Allemande) et d’une contribution de 9,7 millions d’euros de l’Union Européenne, souligne un communiqué de l’ambassade d’Allemagne à Abidjan.

L' »accord de partenariat » ivoiro-allemand a été signé entre l’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Michael Grau, la directrice générale du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), Ingrid-Gabriela Hoven, et le ministre ivoirien de l’Economie, Adama Koné.

Cette signature de contrat de financement intervient quelques semaines avant la visite du président ivoirien Alassane Ouattara en Allemagne le 30 octobre, à l’occasion du sommet du G20 pour les investissements (G20 Investment Summit).

En 2017, l’Allemagne a accordé à la Côte d’Ivoire un prêt de 100 millions d’euros pour des projets d’infrastructures et d’appui aux réformes afin « d’attirer les capitaux privés et créer des emplois ».

La Côte d’Ivoire, leader dans le secteur de l’électricité en Afrique de l’Ouest, a consommé à peine un mégawatt d’énergie solaire en 2018, alors que le pays vise une consommation de 11% provenant des énergies renouvelables d’ici à 2020, selon l’Association ivoirienne des énergies renouvelables (AIENR).

La fourniture d’électricité de la Côte d’Ivoire (2.000 MW) est assurée à hauteur de 75% par l’énergie thermique et le reste par les barrages hydro-électriques.

Première puissance économique d’Afrique de l’Ouest francophone, la Côte d’Ivoire dispose actuellement d’un réseau de 5.000 km de lignes à haute tension et d’une puissance installée de 2.200 mégawatts.

Le gouvernement mise sur un programme de développement de son réseau et ambitionne d’atteindre la barre des 4.000 MW en 2020 et 6.600 MW en 2030, et de faire participer les énergies renouvelables au mix énergétique à hauteur de 16% en 2030.

Plusieurs projets sont en préparation, comme la construction de plusieurs centrales à biomasse Biokala, développées par le groupe agro-industriel ivoirien Sifca et le français EDF. Ces centrales doivent être alimentées par les résidus de palmiers à huile du groupe Sifca.

Romandie.com avec(©AFP / 03 octobre 2018 15h18)                                                        

L’Allemagne va faciliter l’immigration face à la pénurie de main d’œuvre

octobre 2, 2018

Berlin – Attirer les travailleurs étrangers qualifiés pour répondre à la pénurie de main d’œuvre dans certains secteurs: les partis de la coalition au pouvoir en Allemagne sont tombés d’accord mardi pour légiférer afin de faciliter l’immigration.

Les trois partis, les conservateurs de la CDU et de la CSU ainsi que les sociaux-démocrates du SPD, sont parvenus à un accord dans la nuit sur cette délicate question migratoire, dans un contexte politique marqué par une forte poussée de l’extrême droite en raison de l’arrivée de plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015-2016.

Ils se sont entendus sur l’adoption courant 2019 d’une loi pour faciliter l’accès au marché du travail allemand d’étrangers extracommunautaires qualifiés.

« Nous ne voulons pas d’une immigration de personnes non qualifiées venant de pays tiers », notent sociaux-démocrates et conservateurs dans le document présenté mardi résumant les grandes lignes du projet.

Les demandeurs d’emploi de l’extérieur de l’UE — en particulier évoluant dans des secteurs sous tension comme la cuisine, les mathématiques ou l’informatique– pourront obtenir un permis de séjour en Allemagne de six mois s’ils peuvent assurer leurs moyens de subsistance durant ce laps de temps. Il sera prolongé s’ils trouvent un emploi. Une condition néanmoins, ils devront démontrer un niveau d’allemand suffisant.

« Nous avons besoin de travailleurs de pays tiers, » a reconnu le ministre de l’Intérieur (CSU), Horst Seehofer, par ailleurs très critique à l’égard de la politique d’accueil des réfugiés décidée par Angela Merkel en 2015.

Quelque 338.200 emplois étaient non pourvus en septembre en Allemagne dans les seuls secteurs de l’informatique, des mathématiques et des technologies de l’information, selon le quotidien économique Handelsblatt, qui cite l’Institut économique allemand, basé à Cologne.

Le document présenté mardi souligne que la « forte croissance économique de ces dernières années » a en partie été atteinte grâce à des une « immigration en provenance des États membres de l’Union européenne ». Mais, relève le document, « ce solde migratoire est actuellement en baisse ».

La CDU-CSU et les sociaux-démocrates du SPD ont dû trancher un désaccord au sujet des étrangers déboutés d’une demande d’asile mais qui occupent un emploi en Allemagne et parlent allemand. Le SPD souhaitait qu’ils puissent rester, ce à quoi la CSU s’opposait.

Finalement, M. Seehofer a donné son accord pour que les plus qualifiés puissent rester.

« Il s’agit de ne pas renvoyer chez elles les mauvaises personnes », a résumé Hubertus Heil, ministre SPD du Travail.

Le leader de l’AfD (extrême droite), Alexander Gauland, a réagi en accusant les partis de la coalition de vouloir « tromper les Allemands », en semant la confusion entre droit d’asile et immigration économique.

Du côté des Verts, Filiz Polat, chargé des questions migratoires, a mis en garde contre un trop-plein de « bureaucratie et des réglementations opaques ». Jan Korte, un des responsables parlementaires de Die Linke, a pour sa part demandé à ce que l’accord soit élargi à tous les demandeurs d’asile disposant d’une activité.

L’organisation patronale BDA a salué cet accord, regrettant cependant qu’il manque d’ambition en matière de reconnaissance des diplômes étrangers.

Après l’arrivée depuis d’un million de demandeurs d’asile dans la première économie européenne en 2015 et 2016, ce nombre devrait être inférieur à 200.000 cette année.

L’intégration des demandeurs d’asile via le travail montre des succès en Allemagne notamment, grâce à une économie florissante. Mais une partie de l’opinion, de même que le parti d’extrême droite AfD et une part de la CDU-CSU, accuse les demandeurs d’asile d’être responsables d’une hausse de l’insécurité.

Romandie.com avec(©AFP / 02 octobre 2018 14h46)                                                        

Les États-Unis vont renforcer leur présence militaire en Allemagne

septembre 7, 2018

Berlin – Les Etats-unis, qui comptent déjà plus de 30.000 soldats stationnés en Allemagne, vont encore renforcer leur présence militaire dans ce pays malgré les critiques répétées de Donald Trump contre Berlin, a annoncé vendredi l’ambassadeur américain dans le pays.

Quelque 1.500 soldats supplémentaires seront envoyés d’ici 2020 en Allemagne, a indiqué Richard Grenell dans un communiqué. Ce futur déploiement doit contribuer à « renforcer la sécurité de l’Otan et de l’Europe », précise-t-il.

Dans un communiqué, l’Armée de terre américaine a précisé que ces 1.500 soldats et leurs familles commenceraient à être déployés avant la fin de l’année sur les bases de Grafenwohr, Hohenfels et Ansbach, en Bavière (sud), et Baumholder, en Rhénanie, non loin de la frontière française.

« L’ajout de ces forces améliorera le niveau de préparation de l’armée de terre américaine en Europe et nous permettra de mieux répondre en cas de crise », précise le communiqué.

Cette annonce intervient malgré les nombreuses critiques adressées depuis son élection par Donald Trump aux pays membres de l’Otan, et à l’Allemagne en particulier, accusés d’être de mauvais payeurs et de s’en remettre aux Etats-Unis pour assurer leur sécurité.

Les 29 pays membres de l’Alliance s’étaient engagés en 2014 à consacrer 2% de leur PIB aux dépenses de défense à l’horizon 2024.

Mais une quinzaine de pays, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie, l’Espagne et la Belgique sont encore très loin de l’objectif, avec moins de 1,4% de leur PIB pour la Défense en 2018, et certains se disent incapables de respecter leur parole en 2024 en invoquant leurs contraintes budgétaires. Ce qui irrite le locataire de la Maison Blanche.

L’Allemagne est une des cibles privilégiées de sa vindicte: elle est accusée de débourser des milliards pour acheter du gaz et du pétrole à la Russie au lieu de contribuer aux dépenses de défense. L’Allemagne a prévu de consacrer 1,5% de son PIB aux dépenses militaires en 2025.

Romandie.com avec(©AFP / 07 septembre 2018 19h03)                                                        

Allemagne: Merkel dans l’embarras, les « chasses » aux étrangers remises en causes en cause

septembre 7, 2018

Le patron du Renseignement intérieur allemand, Hans-Georg Maassen, a mis en doute des « chasses » aux étrangers à Chemnitz, contredisant Angela Merkel. Le 12 avril 2018. / © AFP/Archives / MICHELE TANTUSSI

Le patron du Renseignement intérieur allemand, Hans-Georg Maassen, a mis en doute l’existence de « chasses » aux étrangers à Chemnitz, contredisant et embarrassant Angela Merkel au moment où elle fait face à de nouveaux remous politiques sur les migrants.

Un nouveau rassemblement à l’appel d’un groupuscule local d’extrême droite Pro Chemnitz est par ailleurs prévu en fin de journée dans cette ville de l’ex-RDA. La cité saxonne est depuis près de deux semaines le théâtre de manifestations et violences, suite au meurtre à l’arme blanche d’un Allemand, que plusieurs demandeurs d’asile sont soupçonnés d’avoir commis.

Hans-Georg Maassen a fait part vendredi dans Bild de ses sérieux doutes quant à d’éventuelles « chasses collectives » perpétrées contre des personnes d’apparence étrangère lors d’un rassemblement non autorisé de l’extrême droite le 26 août à Chemnitz. Celui qui avait mis le feu aux poudres.

Or, ces « chasses collectives » avaient été officiellement condamnées dès le lendemain par le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert.

La dirigeante elle-même avait ensuite employé cette expression et évoqué également des images montrant « très clairement la haine » et « une poursuite contre des personnes innocentes ».

– ‘Fausse information’ –

Le chef du renseignement a également mis en doute l’authenticité d’une vidéo diffusée ce soir-là sur le compte Twitter d’un groupe d’extrême gauche « Antifa Zeckenbiss » et montrant au moins un jeune homme, probablement d’origine étrangère, poursuivi en pleine rue par des hommes vociférants.

« Il y a de bonnes raisons de croire qu’il s’agit d’une fausse information intentionnelle pour éventuellement détourner l’attention de l’opinion publique du meurtre à Chemnitz », selon M. Maassen qui n’a fourni aucune précision.

La chaîne publique ARD, qui a effectué des recherches poussées sur ce document, a assuré à l’inverse que rien n’indiquait que cette vidéo était un « fake », s’appuyant sur les témoignages de journalistes sur place ou l’analyse des lieux.

La Fédération des journalistes allemands a critiqué les mises en cause du patron du Renseignement. « Face à ses doutes, il y a les témoignages de journalistes » sur place, qui ont assisté aux scènes et ont été eux-mêmes parfois agressés, a-t-elle dit.

La police de Chemnitz avait elle-même fait état de plaintes déposées par un jeune Afghan, un Bulgare ou encore un Syrien, suite à des agressions en marge du défilé organisé le 26 août par l’extrême droite pour dénoncer l’homicide commis le même jour.

Les violences avaient suscité un immense émoi dans un pays, où l’opinion est très polarisée sur la question des migrants depuis l’arrivée de plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 et 2016.

Les mises en cause du patron du renseignement sont un pavé dans la marre pour Angela Merkel sur le plan politique car plusieurs responsables de son propre camp conservateur, à commencer par son ministre de l’Intérieur Horst Seehofer, et l’extrême droite, mettent en cause depuis plusieurs jours la réalité des violences contre les étrangers à Chemnitz.

– Mise en garde –

La chancelière est en grande difficulté depuis des mois sur la question migratoire.

Chaque fait divers impliquant des migrants est l’occasion pour le parti d’extrême droite (AfD) de l’attaquer et de dénoncer une hausse supposée de l’insécurité et de la délinquance depuis 2015.

Et Horst Seehofer, également président du très conservateur parti bavarois CSU – théoriquement allié de la CDU – conteste de nouveau ouvertement la politique migratoire de la chancelière.

Il a estimé jeudi que l’immigration était « la mère de tous les problèmes » de l’Allemagne, ce qu’a contesté dans la foulée Mme Merkel. Et vendredi il a apporté son soutien au patron du Renseignement, affirmant qu’il avait « toute (sa) confiance ».

Le ministre avait déjà poussé la coalition gouvernementale entre sociaux-démocrates et conservateurs au bord de l’implosion fin juin sur cette épineuse question de l’accueil des migrants.

Dans ce climat, le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, est sorti de sa réserve vendredi pour mettre en garde contre toute offensive visant la démocratie allemande et rappeler « les conséquences » des attaques subies par la République de Weimar, avant l’avènement du nazisme en 1933.

Romandie.com avec(©AFP / (07 septembre 2018 17h04)

Allemagne: 18 blessés à Chemnitz, toujours sous tension

septembre 2, 2018

Encadrés par les forces de l’ordre, des partisans du parti d’extrême droite AfD défilent à Chemnitz dans l’est de l’Allemagne le 1er septembre 2018 / © AFP / John MACDOUGALL

Dix-huit personnes ont été blessées en marge de nouvelles manifestations samedi soir dans la ville allemande de Chemnitz, épicentre de la contestation anti-migrants de l’extrême droite, contre laquelle le ministre des Affaires étrangères a appelé à la mobilisation générale.

Selon un bilan publié dimanche par la police, des heurts avec les forces de l’ordre sont survenus lors de la dispersion de deux cortèges antagonistes ayant rassemblé au total plus de 11.000 personnes.

D’un côté, environ 8.000 sympathisants de la droite ultra anti-migrants ont marché dans les rues de cette cité saxonne de l’ex-RDA, en hommage à un Allemand de 35 ans tué il y a une semaine de coups de couteau.

La justice a arrêté dans cette affaire un demandeur d’asile irakien et un Syrien.

– Afghan frappé –

De l’autre, quelque 3.000 sympathisants de gauche ont organisé une contre manifestation pour dénoncer l’extrême droite.

Parmi les blessés, légers pour la plupart, figurent trois policiers.

Un groupe de militants sociaux-démocrates a été agressé et leurs drapeaux cassés en rejoignant leur bus. Un responsable du parti, Sören Bartol, s’est dit « scandalisé » sur Twitter.

Une équipe de la télévision publique locale MDR a déposé plainte après avoir été agressée lors d’un tournage.

Chemnitz n’est ni grise ni brune », pouvait-on lire sur une immense affiche collée sous l’imposant buste de Karl Marx situé devant l’Hôtel de Ville. Chemnitz fut baptisée Karl-Marx-Stadt durant la période communiste en RDA. / © AFP / John MACDOUGALL

Par ailleurs, en marge de ces rassemblements, dans un quartier périphérique de Chemnitz, un Afghan de 20 ans a été roué de coups dans la soirée par un groupe de quatre hommes au visage camouflé. Il a été légèrement blessé selon la police.

Le rassemblement anti-migrants était organisé à l’initiative principalement de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Certains des participants scandaient « nous sommes le peuple », reprenant le slogan des manifestants lors de la chute du régime communiste de RDA à l’automne 1989, ou encore « Merkel dégage! ».

– Merkel sous pression –

Chemnitz est sous tension permanente depuis une semaine.

Le 26 août, juste après le meurtre ayant mis le feu aux poudres, une manifestation de sympathisants d’extrême droite avait dégénéré en « chasses collective » à l’étranger dans les rues de Chemnitz, certains défilant en faisant le salut hitlérien.

Et le lendemain, des échauffourées entre manifestants d’extrême droite et d’extrême gauche avaient fait plusieurs blessés.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a exhorté dimanche la population à se mobiliser pour défendre les valeurs démocratiques.

Allemagne: face-à-face entre pro et anti-étrangers à Chemnitz / © AFP / Marion Payet, Bart Biesemans

« Malheureusement, notre société s’est installée dans un confort dont il nous faut sortir » face aux défis de Chemnitz, a dit le chef de la diplomatie au quotidien Bild.

« Il nous faut quitter nos divans douillets et prendre la parole », a-t-il dit, en demandant que le « coma éveillé » de la majorité de la population, qui ne soutient pas les idées de la droite ultra, prenne fin.

Lundi à Chemnitz, un concert rock contre la xénophobie est prévu sous le mot d’ordre « Nous sommes plus nombreux ».

Lors d’un concert de son groupe U2 cette semaine à Berlin, le chanteur irlandais a pris position sur ces événements en estimant que les néonazis de Chemnitz n’avaient « pas leur place en Europe ».

Sur le plan politique, les échauffourées de Chemnitz illustrent à nouveau les difficultés persistantes d’Angela Merkel sur la question migratoire dans son pays.

L’opposition, et pas seulement à l’extrême droite, continue à lui reprocher sa décision il y a tout juste trois ans – le 4 septembre 2015 – d’ouvrir les portes du pays à plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 et 2016.

La chancelière de centre-droit a condamné les « chasses » aux étrangers de Chemnitz mais est restée depuis silencieuse sur le sujet.

La question divise il est vrai profondément son propre camp conservateur, et donc son gouvernement.

L’aile droite bavaroise de son parti démocrate-chrétien (CSU) ne cesse de la critiquer et de réclamer une politique migratoire plus dure, avec en ligne de mire deux élections régionales en octobre, en Hesse et justement en Bavière.

Romandie.com avec(©AFP / (02 septembre 2018 15h06)

Génocide en Namibie: Berlin fait un pas vers la réconciliation

août 28, 2018

Esther Utjiua Muinjangue (à gauche), présidente de la Fondation Ova Herero Genocide, pose le 27 août 2018 devant le ministère de la Justice à Berlin, avant la restitution le 29 août d’ossements de victimes du génocide en Namibien / © dpa/AFP / Kay Nietfeld

L’Allemagne remet mercredi à la Namibie des ossements de membres des tribus Herero et Nama exterminés durant la période coloniale, dans un geste de réconciliation jugé toutefois très insuffisant par leurs descendants qui attendent des excuses.

Lors d’une cérémonie religieuse à Berlin, une délégation namibienne conduite par la ministre de la Culture, Katrina Hanse-Himarwa, va recevoir 19 crânes, des ossements divers et un scalp pris par les forces coloniales allemandes il y a plus d’un siècle.

La plupart des dépouilles proviennent de la collection anthropologique de la clinique universitaire berlinoise Charité.

Cette manifestation irrite fortement les représentants des deux ethnies, victimes de ce que les historiens considèrent comme le premier génocide du XXe siècle.

Le comportement de l’Allemagne est « choquant », a dénoncé à Berlin Esther Utjiua Muinjangue, présidente de la fondation Ova Herero Genocide, pour qui cette remise aurait dû être l’occasion pour le pays de présenter enfin officiellement des excuses, à même de « guérir les blessures émotionnelles ».

– « Fort à faire » –

L’Allemagne a « encore fort à faire » pour assumer son passé colonial sur ce territoire africain (1884-1915), a reconnu cette semaine la secrétaire d’Etat pour la politique culturelle internationale au ministère des Affaires étrangères, Michelle Müntefering, maîtresse de la cérémonie.

Le sénateur de Berlin Dirk Behrendt (3e à gauche) pose avec Esther Utjiua Muinjangue (à gauche), présidente de la Fondation Ova Herero Genocide avec d’autres membres de la délégation de Namibie à Berlin le 27 août 2018n / © dpa/AFP / Kay Nietfeld

Mercredi, il s’agit uniquement d’une remise d’ossements – deux avaient déjà eu lieu en 2011 et 2014 – mais pas le cadre adéquat pour des excuses, a-t-elle argumenté.

Le gouvernement allemand a reconnu sa responsabilité dans les massacres et indiqué en 2016 qu’il prévoyait des excuses officielles dans le cadre de négociations avec la Namibie.

Mais les discussions sont toujours en cours, et les excuses en suspens.

« Des réparations, une reconnaissance et des excuses » sont les conditions d’une normalisation des relations diplomatiques entre l’Allemagne et la Namibie, a rappelé à cet égard la ministre Katrina Hanse-Himarwa lors d’une conférence de presse commune avec Mme Müntefering lundi soir.

Berlin a jusqu’ici refusé de payer des réparations financières, préférant des compensations sous forme d’aide au développement. L’Allemagne dit avoir déjà versé dans ce cadre des centaines de millions d’euros à la Namibie depuis son indépendance de l’Afrique du sud en 1990.

– Shark Island –

Des écolières de Namibie passent le 20 juin 2017 devant un monument à la mémoire des victimes du génocide contre les Herero et les Nama en 1904n / © AFP/Archives / GIANLUIGI GUERCIA

Mais c’est tout le pays qui en profite. Or, les seules victimes sont les tribus Herero, qui représentent environ 7% de la population namibienne contre 40% au début du XXe siècle, et les Nama. Leurs représentants ont lancé une procédure judiciaire à New York pour exiger des réparations directement aux descendants des deux ethnies exterminées.

Privés de leurs terres et de leur bétail, les Herero s’étaient révoltés en 1904 contre les colons allemands, faisant une centaine de morts parmi les colons.

Envoyé pour mater la rébellion, le général allemand Lothar von Trotha avait ordonné leur extermination. Les Nama s’étaient soulevés un an plus tard et subirent le même sort.

Au total, au moins 60.000 Herero et environ 10.000 Nama perdirent la vie entre 1904 et 1908. Les forces coloniales allemandes avaient employé des techniques génocidaires: massacres de masse, exil dans le désert où des milliers d’hommes, femmes et enfants sont morts de soif, et camps de concentration comme celui tristement célèbre de Shark Island.

Les ossements, en particulier les crânes de victimes, furent envoyés en Allemagne pour des expériences scientifiques à caractère racial. Le médecin Eugen Fischer, qui a officié à Shark Island et dont les écrits ont influencé Adolf Hitler, cherchait à prouver la « supériorité de la race blanche ».

L’historien Christian Kopp, de l’ONG Pas de prescription pour les génocides, a exigé que la lumière soit enfin faite sur le nombre d’ossements en provenance de Namibie et d’autres anciennes colonies allemandes encore présents sur le sol allemand. Il n’y a « aucune transparence à ce sujet », a-t-il indiqué à l’AFP.

Romandie.com avec(©AFP / (29 août 2018 04h35)