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En Allemagne, une nonagénaire accusée de crimes nazis en cavale

septembre 30, 2021

EN ALLEMAGNE, UNE NONAGÉNAIRE ACCUSÉE DE CRIMES NAZIS EN CAVALE

© Reuters/POOL 

BERLIN (Reuters) – Une Allemande âgée de 96 ans, accusée de « complicité de meurtre » pour avoir travaillé dans un camp de concentration nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, a fui jeudi juste avant l’ouverture de son procès, a annoncé un porte-parole du tribunal où elle devait être jugée.

Irmgard Furchner avait rejoint à l’âge de 18 ans le camp de concentration de Stutthof en tant que dactylographe entre 1943 et 1945 pour retranscrire des ordres d’exécution dictés par le commandant du camp, et aurait ainsi participé à l’assassinat de 11.412 personnes.

« L’accusée est en cavale. Elle a quitté son domicile tôt ce matin et a pris un taxi pour rejoindre une station de métro », a précisé Frederike Milhoffer, porte-parole du tribunal du district d’Itzehoe avant d’annoncer qu’un mandat d’arrêt venait d’être émis contre elle.

Irmgard Furchner reste pour le moment introuvable par les autorités d’Itzehoe, une ville qui se situe dans l’extrême nord de l’Allemagne, à environ 100 km de la frontière danoise.

Selon le magazine Der Spiegel, elle aurait écrit au juge pour demander à ce que son dossier soit examiné par contumace, une impossibilité légale en Allemagne. L’affaire est jugée par un tribunal pour adolescents en raison du jeune âge d’Irmgard Furchner au moment des faits.

Irmgard Furchner est la dernière d’une longue série de nonagénaires à être accusés de crimes dans le cadre de l’Holocauste perpétré par le régime nazi.

Selon son avocat Wolf Molkentin, l’accusée ignorait le massacre de masse orchestré dans le camp de concentration où elle travaillait.

« Ma cliente aurait travaillé au milieu de SS expérimentés dans la violence. Mais devait-elle partager leur niveau de connaissance ? (…) À mon avis, ce n’est pas forcément évident », a t-il déclaré lors d’une interview accordée au Spiegel.

Environ 65.000 personnes, parmi lesquelles des Juifs et des prisonniers de guerre, sont mortes de faim, de maladie ou d’asphyxie dans les chambres à gaz du camp de concentration de Stutthof, près de Gdansk dans l’actuelle Pologne, entre 1939 et 1945.

Avec Reuters (Reportage Thomas Escritt, version française Khadija Adda-Rezig, édité par Blandine Hénault)

Les Allemands votent pour élire le successeur d’Angela Merkel

septembre 26, 2021

LES ALLEMANDS VOTENT POUR ÉLIRE LE SUCCESSEUR D'ANGELA MERKEL

© Reuters/WOLFGANG RATTAY 

BERLIN (Reuters) – Les Allemands se sont rendus aux urnes dimanche pour désigner le successeur de la chancelière Angela Merkel et peut-être mettre fin à seize années de pouvoir conservateur.

L’électorat allemand est divisé et les principaux partis devront sûrement s’engager dans des négociations pour former une coalition, ce qui pourrait prendre plusieurs mois, laissant Angela Merkel, qui a 67 ans, assurer l’intérim à la tête du pays.

« Nous réalisons tous que ce sont des élections fédérales importantes (…) Chaque voix compte », a déclaré Armin Laschet, candidat du bloc conservateur constitué par l’Union chrétienne-démocrate (CDU) avec ses alliés bavarois de la CSU, après avoir voté à Aix-la-Chapelle.

Selon la commission électorale, le taux de participation s’élevait à 36,5% à 14h00 (12h00 GMT), en baisse par rapport à 2017 (41,1%). Mais ce chiffre ne prend pas en compte le vote par correspondance, attendu à un niveau élevé cette année en raison de la pandémie de COVID-19.

Face à Armin Laschet, que trois Allemands sur quatre disent ne pas vouloir voir à la chancellerie, l’actuel ministre des Finances Olaf Scholz, âgé de 63 ans, a remporté les trois débats télévisés entre les principaux candidats.

Le dirigeant du SPD a déjà dit sa préférence pour une alliance avec les Verts plutôt qu’une reconduction de la « grande coalition » avec la CDU/CSU.

Olaf Scholz n’a pas exclu non plus de s’allier avec la gauche radicale de Die Linke mais a déclaré qu’une sortie de l’Otan, brandie comme un épouvantail par les conservateurs en cas de constitution d’une coalition de gauche, était une ligne rouge pour son parti.

Après une campagne électorale axée sur les questions intérieures, les partenaires de Berlin devront peut-être attendre des mois avant de voir si le nouveau gouvernement allemand est prêt à s’engager sur les grandes problématiques de politique étrangère.

Dans un Bundestag qui s’annonce une nouvelle fois très fragmenté, une coalition à trois est probable. Les derniers sondages d’opinion donnaient une avance étroite aux sociaux-démocrates, mais les conservateurs ont réduit l’écart ces derniers jours et de nombreux électeurs, près d’un sur trois, étaient encore indécis.

Selon les scénarios de coalition les plus probables, le SPD ou le bloc conservateur CDU/CSU devrait former une alliance avec les Verts et les libéraux du FDP pour disposer d’une majorité de gouvernement.

Une alliance entre le SPD, les Verts et le FDP serait particulièrement délicate à mettre en place, les libéraux divergeant avec les deux autres partis sur de nombreux points clés, comme le financement d’une accélération de la transition écologique par l’émission de dette, la hausse de l’imposition des riches ou celle du salaire minimum.

Avec Reuters par Joseph Nasr et Paul Carrel (Version française Camille Raynaud et Tangi Salaün)

Réfugié en Allemagne, un ancien ministre afghan devient… livreur à vélo

août 28, 2021

Sayed Sadaat a été ministre en Afghanistan jusqu’en 2018. Désormais réfugié en Allemagne, il livre des repas à vélo, rapporte « Le Parisien ».

Cet employe de la societe Lieferendo suit en parallele quatre heures de cours d'allemand par jour.
Cet employé de la société Lieferendo suit en parallèle quatre heures de cours d’allemand par jour.© Jan Woitas / dpa-Zentralbild / Jan Woitas/dpa-Zentralbild/dpa

« Tout le monde a besoin de travailler ! » Réfugié en Allemagne depuis septembre 2020, Sayed Sadaat enfourche chaque jour son vélo pendant six longues heures, afin de livrer des repas dans la ville de Leipzig, dans l’Est du pays. Cet employé de la société Lieferando suit en parallèle quatre heures de cours d’allemand par jour. Pourtant, en Afghanistan, l’homme âgé de 49 ans a été ministre de la Communication pour le gouvernement pendant deux ans, rapporte Le Parisien, qui relaye des informations de Reuters

« Si vous avez des dépenses, un loyer à payer, que vous avez besoin d’argent pour acheter à manger et pour vous loger, alors vous devez travailler », explique l’ancien ministre. Et d’insister : « Ce n’est pas parce que vous avez été ministre que vous ne devez pas travailler et ne rien faire ». Malgré son diplôme en technologies de l’information et télécommunications, Sayed Sadaat n’a pas réussi à décrocher un emploi dans son domaine. Mais cette situation n’est pas un échec pour le réfugié afghan, qui explique : « J’ai été ministre au service des gens, et maintenant je suis livreur, toujours au service des gens. »

« Je suis fier de le faire, sinon j’aurais pu devenir un ministre corrompu »

Un parcours que l’ancien ministre ne regrette pas. « Je suis fier de le faire, sinon j’aurais pu devenir un ministre corrompu, j’aurais pu gagner des millions de dollars et acheter des immeubles ici, des hôtels ici ou à Dubaï et je n’aurais pas eu besoin de travailler », raconte-t-il, assurant que son âme est « en paix ». L’histoire de Sayed Sadaat fait par ailleurs écho à la crise qui ravage l’Afghanistan depuis quelques semaines. Depuis l’annonce du retrait des troupes américaines dans le pays, puis avec la prise de pouvoir des talibans, les demandes d’asile ne cessent d’augmenter partout dans le monde. 

Par Le Point avec Reuters

Agé de 100 ans, un ancien gardien de camp nazi bientôt jugé en Allemagne, selon Welt am Sonntag

août 1, 2021

AGÉ DE 100 ANS, UN ANCIEN GARDIEN DE CAMP NAZI BIENTÔT JUGÉ EN ALLEMAGNE, SELON WELT AM SONNTAG

© Reuters/HANNIBAL HANSCHKE

FRANCFORT (Reuters) – Un ancien gardien du camp de concentration nazi de Sachsenhausen, près de Berlin, sera jugé à l’automne en Allemagne quelque 76 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, rapporte dimanche Welt am Sonntag.

Selon le journal dominical allemand, le tribunal de district de Neuruppin a retenu contre lui les accusations de complicité de meurtre sur 3.500 personnes, et le procès doit commencer en octobre.

L’accusé, aujourd’hui âgé de 100 ans, devrait être en mesure de supporter deux heures à deux heures et demie d’audience par jour, a précisé au journal un porte-parole du tribunal.

Ce dernier n’était pas disponible dans l’immédiat pour faire un commentaire.

L’accusé, dont le nom n’a pas été rendu public conformément aux règles en vigueur dans les médias allemands sur l’identité des suspects, aurait travaillé entre 1942 et 1945 dans le camp où 200.000 personnes ont été emprisonnées, et 20.000 assassinées.

Bien que le nombre de responsables des crimes nazis ne cesse de diminuer avec le temps, les magistrats tentent toujours de traduire en justice tout individu soupçonné d’avoir participé aux horreurs de la seconde guerre mondiale.

La première condamnation en 2011 d’une personne ayant travaillé dans un camp de concentration a fait jurisprudence, ouvrant la voie à d’autres procédures puisqu’une telle fonction est désormais passible de poursuites, sans que la preuve d’un crime spécifique soit apportée.

Par Reuters avec (Reportage Arno Schuetze, Gilles Guillaume pour la version française)

Allemagne : un mort et plusieurs blessés dans une explosion

juillet 27, 2021

Plusieurs personnes ont été blessées en Allemagne, ce mardi, après une explosion sur un site de traitement de déchets. Une personne a perdu la vie.

Une explosion d'origine inconnue - suivie d'un incendie localise - s'est produite aux alentours de 9 h 40 (heure locale), sur un site de traitement de dechets.
Une explosion d’origine inconnue – suivie d’un incendie localisé – s’est produite aux alentours de 9 h 40 (heure locale), sur un site de traitement de déchets.© ROBERTO PFEIL / afp / AFP

L’événement, survenu mardi 27 juillet, a été classé dans la catégorie « danger extrême » par l’application nationale d’alerte catastrophe Nina. Les faits se sont déroulés à Leverkusen, dans l’ouest de l’Allemagne. Une explosion d’origine inconnue – suivie d’un incendie localisé – s’est produite aux alentours de 9 h 40 (heure locale), sur un site de traitement de déchets. Une personne est morte, seize ont été blessées, et quatre autres personnes demeurent portées disparues.

Les résidents de cette ville allemande ont été invités à rester calfeutrés après cette explosion et cet incendie, qui ont entraîné un important dégagement de fumée. « Plusieurs employés, au moins deux d’entre eux [ont été blessés] grièvement », a indiqué dans un communiqué l’entreprise Currenta, qui gère le site comprenant un centre de stockage des déchets et un incinérateur.

Garder fenêtres et portes fermées

« Les habitants de Leverkusen sont priés de se rendre dans des pièces fermées, d’éteindre la climatisation et, par précaution, de garder les fenêtres et les portes fermées », ajoute l’entreprise, dans le même communiqué, ancienne filiale du géant de la chimie Bayer. « Nous sommes profondément bouleversés par cet accident tragique et la mort d’un collaborateur », indique le communiqué. Les opérations de secours se poursuivent pour tenter de trouver les quatre disparus, a fait savoir la société. Parmi les seize salariés blessés, deux le sont grièvement.

Le site de stockage et l’usine d’incinération se trouvent en bordure d’un parc industriel regroupant des entreprises du secteur de la chimie, l’un des plus grands du genre en Europe, en périphérie de Leverkusen (Rhénanie du Nord-Westphalie). Leverkusen compte un peu plus de 160 000 habitants et se situe à une vingtaine de kilomètres de Cologne.

D’importants dégâts

L’appel à se calfeutrer préventivement face au dégagement de fumée a également été relayé par les services de police et les autorités locales. Les mesures de qualité de l’air montrent qu’il n’y avait « pas de danger » pour la population de Cologne, ont indiqué sur Twitter les pompiers de cette métropole de plus d’un million d’habitants.

L’événement a été classé dans la catégorie « danger extrême » par l’application nationale d’alerte catastrophe Nina. Le site de stockage et l’usine d’incinération se trouvent en bordure du parc industriel Chempark regroupant des entreprises du secteur de la chimie, l’un des plus grands du genre en Europe, en périphérie de Leverkusen et du quartier de Bürrig.

Siège du géant de la chimie Bayer, Leverkusen compte un peu plus de 160 000 habitants et se situe à une vingtaine de kilomètres de Cologne. Les groupes Evonik et Lanxess y ont également des usines. En début d’après-midi, les mesures des niveaux de pollution étaient toutes encore « dans le vert », a précisé la ville de Leverkusen sur sa page Facebook, précisant que les mesures prises l’étaient par précaution. Pour la population de Cologne, les mesures de qualité de l’air montrent qu’il n’y a « pas de danger », ont indiqué sur Twitter les pompiers de cette métropole de plus d’un million d’habitants.

Des gaz toxiques dans le nuage ?

Lors d’une conférence de presse tenue dans l’après-midi à Leverkusen, le directeur de Chempark, Lars Friedrich, a déclaré que l’appel à rester en intérieur était toujours en vigueur tandis que les experts se hâtaient d’identifier la composition du nuage de fumée. Le nuage peut-il contenir des gaz toxiques ? Lars Friedrich a refusé de spéculer, déclarant que rien ne pouvait être exclu. Le maire de la ville, Uwe Richrath, a parlé d’« un jour sombre pour les habitants de Leverkusen ».

Le destin de cette cité des bords du Rhin est lié depuis des décennies au secteur de la chimie, troisième branche industrielle allemande. Il a indiqué que les terrains de jeux des quartiers de Bürrig et d’Opladen seraient fermés. Il a également exhorté les habitants à rincer préventivement les fruits et légumes de leur jardin avant de les consommer. Une ligne d’assistance téléphonique a été mise en place pour répondre aux questions des habitants inquiets. Il a également été demandé aux habitants de signaler toute observation de suie ou de résidus qui pourraient tomber du ciel afin qu’ils puissent être examinés.

L’incendie qui a suivi l’explosion et embrasé des cuves de solvants a pu être éteint après plusieurs heures d’intervention des pompiers. Trois des réservoirs « ont été complètement ou partiellement détruits », a déclaré Lars Friedrich, ce qui rend impossible, pour l’instant, de dire où l’explosion a commencé. De nombreux policiers, pompiers et équipes de secours ont été déployés sur les lieux, ainsi que des experts en détection de la pollution.

Par le Point avec AFP

Inondations en Allemagne : choquée par les dégâts « surréalistes », Angela Merkel promet de reconstruire

juillet 18, 2021

Le bilan, encore provisoire, est de 159 morts dans le pays, 190 en Europe. Le vice-chancelier et ministre des finances de la République fédérale, Olaf Scholz, a annoncé une aide d’urgence pour les sinistrés.

Angela Merkel a constaté les dégâts causés par les inondations à Schuld, dimanche 18 juillet 2021 en Allemagne.
Angela Merkel a constaté les dégâts causés par les inondations à Schuld, dimanche 18 juillet 2021 en Allemagne. POOL / REUTERS

La chancelière allemande, Angela Merkel, est venue constater, dimanche 18 juillet, les paysages dévastés laissés par ce qu’elle a appelé les inondations « du siècle » en Europe de l’Ouest, qui ont fait au moins 190 morts en Allemagne et en Belgique, un bilan qui s’alourdit chaque jour avec de nombreuses personnes portées disparues.

Mme Merkel est arrivée vers 13 heures en Rhénanie-Palatinat, dans le sud-ouest du pays, l’une des régions les plus touchées, où 112 personnes ont trouvé la mort sur un total de 159 dans le pays. En Belgique, un nouveau bilan de trente et un morts a été établi dimanche soir par les autorités. L’air grave, la chancelière a commencé à prendre la mesure de la catastrophe qui a touché le village de Schuld, non loin de Bonn, où la rivière Ahr a détruit une partie de la localité, selon les images diffusées à la télévision.

« C’est une situation surréaliste et fantomatique, je dirais presque que la langue allemande a du mal à trouver les mots pour décrire la dévastation qui a été causée », a confié la chancelière allemande lors d’une conférence de presse, après avoir arpenté le village sinistré d’Adenau. Elle a promis que « le gouvernement fédéral et les régions agiront ensemble pour remettre progressivement de l’ordre » dans les zones dévastées.

« L’addition de tous les événements auxquels nous assistons en Allemagne et la force avec laquelle ils se produisent, tout cela laisse penser (…) que cela a un lien avec le changement climatique, a-t-elle déclaré à des habitants d’Adenau. Nous devons nous dépêcher, Nous devons aller plus vite dans la lutte contre le changement climatique. ».

Si la tendance est à la décrue dans l’ouest du pays, l’Allemagne reste sur le qui-vive en raison de nouvelles crues, au sud et l’est. Elles ont fait un mort en Bavière dans la nuit de samedi à dimanche. Un « plan catastrophe » a été décrété dans le district allemand de Berchtesgaden. En Autriche, la ville de Hallein est inondée et les pompiers sont en état d’alerte dans les régions de Salzbourg et du Tyrol.

Plusieurs milliards d’euros pour la reconstruction

Le vice-chancelier et ministre des finances de la République fédérale, Olaf Scholz, a annoncé l’adoption, dès la semaine prochaine en conseil des ministres, d’une aide d’urgence pour les sinistrés. Elle devrait s’élever à au moins 300 millions d’euros, a fait savoir le ministre social-démocrate au journal Bild am Sonntagpromettant également la mise sur pied d’un vaste programme de reconstruction de plusieurs milliards d’euros. L’Union européenne a également assuré de son soutien face à ces intempéries, qui ont affecté en outre les Pays-Bas, le Luxembourg et la Suisse.

Des dizaines de milliers d’Allemands ont vu leur habitation détruite ou ont subi des coupures d’électricité, de gaz ou de ligne de téléphone… Certaines routes sont éventrées, des ponts sont enfoncés et des villes sont ensevelies sous les décombres. « C’est une véritable catastrophe, je suis bouleversée », a déclaré Angela Merkel, en visite aux Etats-Unis lorsque les pluies diluviennes du milieu de semaine ont subitement provoqué des inondations décrites par les témoins comme des « raz-de-marée », des « tsunamis ».

Dans toutes les localités sinistrées, pompiers, protection civile, responsables communaux, militaires, ont entamé le colossal travail de déblaiement et de nettoyage des amas de débris boueux qui obstruent souvent les rues. Plus de 22 000 secouristes sont à pied d’œuvre en Allemagne. Scène inhabituelle, des chars militaires ont même été déployés en certains endroits pour aider aux efforts.

Caves de maison et carcasses de voitures sont inspectées une à une pour retrouver d’éventuels corps, tant en Allemagne qu’en Belgique. Dans ce pays, à mesure que l’eau se retire, « nous allons probablement encore trouver des situations catastrophiques », a jugé la bourgmestre de Liège, Christine Defraigne.

Indignation après le rire d’Armin Laschet

Les crues en Allemagne ont pris un tour politique à un peu plus de deux mois des élections législatives, à l’issue desquelles Angela Merkel quittera le pouvoir. Chaque candidat rivalise de propositions pour renforcer la lutte contre le réchauffement climatique, cause pour beaucoup d’experts des inondations. Chef du parti conservateur CDU et favori des sondages, Armin Laschet a réclamé, à l’instar de l’ensemble de la classe politique, d’« accélérer le rythme » dans la lutte contre le changement climatique.

Mais Armin Laschet a commis samedi un faux pas préjudiciable à son image : il a été filmé en train de rire lors d’un hommage du chef de l’Etat aux victimes des crues. « Laschet rigole pendant que le pays souffre »écrit Bild. Les images sont devenues virales, l’indignation nationale, contraignant l’intéressé à présenter ses excuses pour son comportement « inapproprié ». La polémique a pris d’autant plus d’ampleur que M. Laschet est aussi dirigeant de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, l’une des deux régions les plus touchées par les inondations.

Le Monde avec AFP

Intempéries dévastatrices en Europe : au moins 126 morts en Allemagne et en Belgique

juillet 16, 2021

L’Allemagne paie le plus lourd tribut de ces pluies diluviennes, avec au moins 103 morts recensés vendredi à la mi-journée. Le bilan devrait s’alourdir en raison du nombre de personnes toujours portées disparues et d’un glissement de terrain près de Cologne.

A Erftstadt en Allemagne, près de Cologne, un gigantesque glissement de terrain du aux inondations a fait de nombreuses victimes et continue de s’étendre le 16 juillet 2021. Les autorités évacuent la population de la zone.
A Erftstadt en Allemagne, près de Cologne, un gigantesque glissement de terrain du aux inondations a fait de nombreuses victimes et continue de s’étendre le 16 juillet 2021. Les autorités évacuent la population de la zone. RHEIN-ERFT-KREIS / AP

Le bilan des intempéries dévastatrices en Europe s’est alourdi vendredi 16 juillet, il est maintenant de 126 morts, la plupart en Allemagne, où les secours continuent de rechercher de nombreuses personnes portées disparues.

De nombreux villages de l’ouest de l’Allemagne présentent une image de désolation. Dans cette vaste zone affectée par les inondations subites causées par des pluies diluviennes, le nombre de victimes a augmenté à au moins 103 morts, selon les autorités locales. « Je crains que nous ne voyions toute l’étendue de la catastrophe que dans les prochains jours », a prévenu jeudi soir la chancelière Angela Merkel, en visite à Washington.

La Belgique, avec au moins 23 morts selon les médias vendredi, le Luxembourg et les Pays-Bas, où plusieurs quartiers de Maastricht ont dû être évacués, ont également durement été touchés par les intempéries. En Allemagne, le bilan est probablement appelé à grimper en raison du nombre de personnes toujours portées disparues. Une des régions les plus touchées, la Rhénanie-Palatinat, a vu le nombre de décès recensés passer vendredi matin de 28 à 60.

Près de Cologne, dans la commune d’Erftstadt, de nombreuses personnes étaient portées disparues, et « plusieurs morts » dénombrés après un glissement de terrain consécutif aux crues, selon une porte-parole du district. « Les maisons ont été largement emportées par les eaux, et certaines se sont effondrées », selon un tweet de la communauté de communes de Cologne. Les images de la zone sinistrée diffusées par les autorités montraient un vaste cratère dans lequel se déversent des masses de terre, d’eau brune et de débris.

Champ de ruines

En Rhénanie-Palatinat, les autorités ont annoncé qu’elles étaient toujours sans nouvelles de plus de 1 000 personnes dans le canton le plus touché, celui d’Ahrweiler, ce qui pourrait toutefois être lié aux perturbations téléphoniques. « Nous tablons encore sur quarante, cinquante ou soixante disparus, et quand vous avez des personnes qui n’ont pas donné signe de vie depuis tant de temps (…), on doit craindre le pire », a déclaré le ministre de l’intérieur du Land, Roger Lewentz, à la chaîne de télévision SWR. De plus, il doit continuer de pleuvoir dans certaines régions de l’ouest du pays. Et le niveau du Rhin et de plusieurs de ses affluents monte dangereusement.

Près d’un millier de soldats ont été mobilisés pour aider aux opérations de secours et de déblaiement dans les villes et villages, qui tous offrent le même spectacle de désolation : rues et maisons sous les eaux, voitures renversées, arbres arrachés. A Ahrweiler, plusieurs maisons se sont littéralement effondrées. Sous les décombres, la ville donne le sentiment de s’être trouvée sur la route d’un tsunami. Euskirchen, un peu plus au nord, est probablement l’une des villes les plus sinistrées. Le centre-ville ressemble à un champ de ruines, les façades des maisons littéralement arrachées par les crues. Qui plus est, un barrage tout proche menace de céder.

Ces intempéries ont placé la question du réchauffement climatique au centre de la campagne électorale, qui bat son plein en Allemagne en vue du scrutin législatif du 26 septembre, au terme duquel Angela Merkel quittera le pouvoir. Le président de la République fédérale, Frank-Walter Steinmeier, a exhorté, dans une déclaration solennelle, à lutter « résolument » contre le réchauffement climatique, seule alternative à ses yeux face aux phénomènes météorologiques extrêmes comme les inondations meurtrières qui ont frappé son pays. « Nous devons accélérer les mesures de protection du climat, au niveau européen, national et mondial », a clamé Armin Laschet, candidat du parti conservateur de Mme Merkel et favori pour lui succéder au vu des sondages.

« Ces inondations confirment ce que dit la science sur le réchauffement climatique », a dit vendredi à Dublin la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « Mes pensées vont aux victimes des intempéries (…). La France est solidaire dans cette épreuve », a, de son côté, assuré le président de la République française, Emmanuel Macron.

Une atmosphère plus chaude retient en effet davantage d’eau et peut provoquer des précipitations d’extrême intensité. Celles-ci peuvent avoir des conséquences particulièrement dévastatrices dans les zones urbaines, en présence de cours d’eau mal drainés et de constructions en zone inondable. Dans les pays les plus touchés, il est tombé en deux jours l’équivalent de deux mois de précipitations, selon l’Organisation météorologique mondiale.

Risques de crues en Suisse

Voisins des régions allemandes les plus touchées, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg sont également affectés. La situation pourrait aussi s’aggraver en Suisse, avec des risques de crues de plusieurs lacs et cours d’eau. En Belgique, les inondations, qui touchent principalement l’est et le sud du pays, ont fait au moins 23 morts, selon les médias locaux. Le président du gouvernement wallon, Elio Di Rupo, a dit craindre une aggravation du bilan : « Hier soir, des centaines de personnes étaient encore bloquées chez elles », a souligné l’ex-premier ministre.

La Wallonie, région francophone du sud de la Belgique, est particulièrement touchée et restait en grande partie en état d’« alerte de crue » selon une carte actualisée vendredi matin par les autorités régionales. Pompiers, forces de l’ordre et armée participaient aux missions de sauvetage et d’évacuation dans les zones inondées.

Plus de 21 000 personnes étaient privées d’électricité dans la région, selon le gestionnaire des réseaux de distribution d’électricité et de gaz en Wallonie, faisant état de l’inondation de trois cents cabines de distribution. L’eau courante était par ailleurs jugée non potable en raison des conditions météorologiques dans plusieurs communes de la province de Liège. D’après la police fédérale, des dizaines de tronçons routiers restaient fermés à la circulation, et une majeure partie du trafic ferroviaire était interrompu en Wallonie. Aucun TGV Thalys ne circulera vendredi entre la Belgique et l’Allemagne.

A Liège, quatrième ville la plus peuplée de Belgique, les autorités locales avaient appelé jeudi après-midi des milliers d’habitants des quartiers bordant la Meuse à quitter leur logement, en prévision d’une forte montée du niveau du fleuve. Le niveau de l’eau au centre-ville n’a finalement pas augmenté durant la nuit et commençait à baisser « tout doucement » dans le quartier le plus touché, a annoncé vendredi matin la police liégeoise, qui rappelait que de nombreux axes routiers alentour restaient fermés.

Avec Le Monde avec AFP

Fortes inondations en Allemagne et en Belgique, au moins quarante-huit morts et de nombreux disparus

juillet 15, 2021

L’ouest de l’Allemagne est frappé par des pluies diluviennes, qui ont fait gonfler les rivières, ont arraché des arbres, inondé les routes et les maisons. Au moins six personnes ont également été retrouvées mortes dans l’est de la Belgique.

A Kordel (Rhénanie-Palatinat), en Allemagne, le 15 juillet.
A Kordel (Rhénanie-Palatinat), en Allemagne, le 15 juillet. SEBASTIAN SCHMITT / AP

Pluies diluviennes et inondations ont frappé jeudi 15 juillet plusieurs pays européens, l’Allemagne en particulier, et un nouveau bilan établi par la police et les services de secours des Etats touchés font état d’au moins 48 morts. L’est de la Belgique, où les intempéries ont fait au moins six morts, selon le dernier bilan, le Luxembourg et les Pays-Bas ont aussi subi d’importants dégâts.

  • Très lourd bilan en Allemagne

Mais c’est dans l’ouest de l’Allemagne que la situation était la plus préoccupante jeudi. Les pluies diluviennes ont fait gonfler les rivières, arraché des arbres, inondé routes et maisons, dont certaines se sont effondrées. Les secours tentent d’évacuer les sinistrés, dont beaucoup se sont réfugiés sur le toit des maisons. Mais de nombreux accès sont bloqués, compliquant les opérations. Les autorités ont appelé les habitants à rester chez eux si possible et à « se réfugier dans les étages supérieurs si nécessaire ». L’armée allemande va déployer 300 soldats dans les deux Länder les plus touchés pour participer aux opérations de sauvetage.about:

Le district d’Euskirchen, dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, est particulièrement touché avec, à lui seul, quinze morts, a précisé la police locale, ajoutant que « tous les corps n’avaient pas encore été retrouvés ». Le district d’Ahrweiler, en Rhénanie-Palatinat, déplore également 18 victimes, a rapporté la police de Coblence sur Twitter.

Le bilan pourrait encore s’alourdir. Ainsi, dans la commune de Schuld, au sud de Bonn, où six maisons en bord de rivière se sont effondrées, la police dénombre entre 50 et 60 disparus. Quatre personnes sont mortes dans cette localité où d’autres maisons menacent de s’écrouler, selon la police de Coblence (Rhénanie-Palatinat).

Angela Merkel s’est dite « bouleversée » par « la catastrophe que doivent endurer tant de personnes dans les zones inondées. Ma sympathie va aux familles des morts et des disparus »a tweeté, au nom de la chancelière allemande, le porte-parole Steffen Seibert« Nous n’avons jamais vu une telle catastrophe, c’est vraiment dévastateur », a déploré de son côté la ministre-présidente de Rhénanie-Palatinat, Malu Dreyer.

Armin Laschet, dirigeant de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et favori pour succéder à l’automne à la chancelière Angela Merkel, a annulé à la hâte une réunion de son parti en Bavière, dans le sud du pays, pour suivre la situation dans son Etat, le plus peuplé d’Allemagne. « La situation est alarmante », a déclaré au quotidien Bild M. Laschet, qui a visité, chaussé de bottes en caoutchouc, des localités inondées. La chef de file des Verts au Bundestag, Katrin Göring-Eckardt, a dit voir dans ce drame « les effets de la catastrophe climatique ». Ces intempéries sont un « appel au réalisme » : « C’est déjà là, c’est déjà là avec nous », a-t-elle regretté, appelant à un « changement urgent ».

  • Au moins six morts en Belgique, Liège en partie évacuée

Dans l’est de la Belgique, quatre corps ont été retrouvés jeudi par les secours venus en aide aux victimes des inondations dans l’arrondissement de Verviers, selon le procureur de cette ville, ce qui porte à au moins six morts le bilan des inondations liées aux pluies diluviennes qui ont frappé ces derniers jours, en particulier la Wallonie, dans le sud et l’est francophone.

Jeudi après-midi, les autorités de Liège (200 000 habitants) ont demandé aux riverains de la Meuse d’évacuer leurs habitations. Les villes de Theux, Pepinster ou encore Spa, situées près de Verviers, ont également été affectées.

Le réseau ferroviaire du pays, Infrabel, a annoncé qu’il suspendait jeudi le trafic dans la moitié sud du pays, compte tenu des risques pour les déplacements. Aucun train Thalys ne circulera entre Bruxelles et l’Allemagne jeudi, a par ailleurs rapporté sur son site la société gestionnaire de ces liaisons internationales.

  • Plan « intempéries » déclenché au Luxembourg

De son côté, le Luxembourg a déclenché le plan « intempéries ». De nombreuses maisons sont inondées partout dans le pays, et leurs habitants ont été évacués, selon les autorités.

Aux Pays-Bas, la province du Limbourg, bordée par l’Allemagne et la Belgique, a également déploré d’importants dégâts. La montée des eaux menace d’isoler la petite ville de Valkenburg, à l’ouest de Maastricht. Plusieurs axes, dont une autoroute très fréquentée, ont été fermés face au risque de crues de fleuves et rivières.

Avec Le Monde avec AFP

Allemagne : une attaque au couteau fait plusieurs morts à Wurtzbourg

juin 25, 2021

L’agresseur, qui a également blessé plusieurs personnes, a été interpellé, a annoncé vendredi la police allemande sur les réseaux sociaux.

Un important deploiement policier est en cours dans le centre-ville.
Un important déploiement policier est en cours dans le centre-ville.© KARL-JOSEF HILDENBRAND / dpa / AFP

Plusieurs personnes ont été tuées et d’autres blessées lors d’une agression à Wurtzbourg, en Allemagne, a annoncé la police locale sur Twitter, et, selon des médias, il s’agissait d’une attaque au couteau. L’agresseur a été interpellé, a précisé la police, assurant qu’il n’y a aucun danger pour la population. Elle n’a donné aucune précision sur les motivations de l’agresseur.

Selon le quotidien Bild, qui ne cite pas ses sources, au moins trois personnes ont été tuées et six blessées lors d’une attaque au couteau par un homme qui s’en est pris à des passants dans cette ville de Bavière. Il a ensuite été maîtrisé par un tir dans les jambes de la police, selon la même source.

La police a tweeté qu’il n’y avait pas d’indice concernant un éventuel autre agresseur. Un important déploiement policier est en cours dans le centre-ville.

Par Le Point avec AFP

Allemagne : un éminent cardinal démissionne en dénonçant « la catastrophe des abus sexuels »

juin 4, 2021

L’un des cardinaux les plus influents d’Allemagne, l’archevêque de Munich Reinhard Marx, a demandé au pape François d’être démis de ses fonctions, tirant les conséquences de l' »échec », selon lui, de l’Église catholique dans « la catastrophe des abus sexuels » qui ébranle tout particulièrement un diocèse allemand.

L'archevêque de Munich et ancien président de la conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, le 1er février 2017 à Stuttgart

© THOMAS KIENZLE L’archevêque de Munich et ancien président de la conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, le 1er février 2017 à Stuttgart

Le cardinal allemand Reinhard Marx lors d'une conférence de presse à Munich (Allemagne), le 4 juin 2021

© LENNART PREISS Le cardinal allemand Reinhard Marx lors d’une conférence de presse à Munich (Allemagne), le 4 juin 2021

« Pour moi, il s’agit essentiellement de partager la responsabilité de la catastrophe des abus sexuels commis par des responsables de l’Église au cours des dernières décennies », a écrit l’ancien président de la Conférence épiscopale allemande dans ce courrier adressé le 21 mai au pape.

Il dénonce également un « échec institutionnel ou systémique » dans ce vaste scandale qui éclabousse toute l’Église.

Le prélat de 67 ans, considéré comme un libéral au sein de l’institution, juge que l’Église catholique est arrivée à « un point mort ».

Les récentes discussions ont montré « que certains au sein de l’Église ne veulent pas accepter cette responsabilité et donc la complicité de l’institution et s’opposent ainsi à tout dialogue de réforme et de renouvellement en lien avec la crise des abus » sexuels, poursuit-il dans cette missive.

A ce stade, la démission du cardinal n’a pas été acceptée par le pape François, dont il est un proche. « Le pape lui-même voulait que cette lettre soit publiée, c’est important », a souligné Mgr Marx lors d’une conférence de presse.

L’actuel président de la Conférence épiscopale, Georg Bätzing, a exprimé son « respect » pour le geste de son prédécesseur. 

« Je comprends la décision du cardinal Marx » qui veut « envoyer un signal », a-t-il dit, assurant que les abus sexuels et leur dissimulation avaient « révélé des faiblesses systémiques dans l’Eglise qui appellent également des réponses systémiques ».

Reinhard Marx fait partie d’un conseil restreint de cardinaux conseillant le pape sur ses réformes de la Curie romaine. Il coordonne aussi au Vatican le Conseil pour l’économie chargé de veiller à la bonne gestion financière du Saint-Siège.

Archevêque de Munich et de Freising (sud) depuis près de 14 ans, il avait refusé il y a un mois la plus haute distinction allemande, la Croix fédérale du Mérite.

– « Visiteurs apostoliques » –

Cette demande de démission intervient alors que le pape a ordonné fin mai une enquête sur le traitement de cas d’agressions sexuelles de mineurs au diocèse de Cologne (ouest), le plus grand d’Allemagne, secoué par une grave crise depuis des mois.

L’archevêque de Cologne, Rainer Maria Woelki, un conservateur dans les rangs de l’Église, est accusé notamment d’avoir longtemps couvert deux prêtres de la communauté religieuse de Düsseldorf soupçonnés de violences sexuelles.

Le Saint-Siège a nommé deux « visiteurs apostoliques », des envoyés pontificaux extraordinaires, chargés d' »appréhender la situation pastorale complexe à l’archevêché et parallèlement d’étudier d’éventuelles fautes » du cardinal Woelki et d’autres prélats.

Reinhard Marx a assuré que sa décision ne visait pas à dicter leur conduite à ses pairs. « Chacun doit prendre ses responsabilités comme il l’entend », a-t-il déclaré.

Un rapport accablant, rendu public en mars, révélait que des centaines de mineurs avaient subi des violences sexuelles dans le diocèse de Cologne entre 1975 et 2018, et que plusieurs responsables religieux s’étaient tus.

– Fuite en masse –

L' »affaire » du diocèse de Cologne s’est notamment traduite par une fuite en masse des fidèles.

En 2019, lors d’un sommet inédit au Vatican de présidents de conférences épiscopales consacré aux scandales d’abus sexuels sur mineurs, Reinhard Marx fut une personnalité en pointe pour réclamer davantage de transparence sur la question.

L’année précédente, il avait présenté les excuses de l’Église allemande après un rapport révélant des abus sexuels sur plus de 3.600 mineurs pendant des décennies.

Le président du puissant comité central des catholiques allemands, qui représente les laïcs au sein de l’institution, a salué son engagement dans ce domaine. « Ce n’est pas lui qui devrait partir », a jugé Thomas Stenberg au quotidien Rheinische Post.

Le chargé des questions d’abus sexuels au sein du gouvernement allemand, Johannes-Wilhelm Rörig, a lui souhaité que toute la lumière soit faite sur ces crimes dans tous les diocèses, selon l’agence dpa.

L’Église allemande, qui reste la plus grande confession du pays avec quelque 22,6 millions de membres, mène par ailleurs depuis des mois un « synode » national houleux où s’opposent progressistes en faveur par exemple de l’ordination de femmes et évêques plus conservateurs.

Avec AFP par bur-yap/ilp/mba