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Gouvernement tunisien : Ennahdha renonce à quatre ministères régaliens

février 28, 2013
Le leader du parti Ennahda, Rached Ghannouchi, le 21 février 2013 à Tunis. Le leader du parti Ennahda, Rached Ghannouchi, le 21 février 2013 à Tunis. © Fethi Belaid/AFP

Après plus de huit mois de tractations, Ennahdha a finalement fait une concession importante aux autres partis de la troïka et de l’opposition. En renonçant à vouloir contrôler quatre ministères régaliens, qui devraient être confiés à des indépendants, Rached Ghannouchi ouvre ainsi la voie à un règlement de la crise gouvernementale.

Un petit pas pour Ennahdha, un grand pas pour la Tunisie. C’est Rached Ghannouchi qui l’a annoncé, mercredi 27 février, sur les ondes de la radio privée Kalima. « Nous confirmons la « neutralisation » des quatre ministères de souveraineté, le ministère de l’Intérieur y compris sera sous une personnalité hors des partis politiques », a-t-il affirmé, en ajoutant que le gouvernement pourrait être formé « à la fin de la semaine ».

Outre l’Intérieur, sont concernés les ministères de la Justice et des Affaires étrangères, ainsi que celui de la Défense, contrôlé quant à lui par un indépendant, Abdelkarim Zbidi, en poste depuis la révolution de janvier 2011.

« Nous voyons que c’est dans l’intérêt de la Tunisie que le gouvernement, dans la période transitoire et pour la période à venir, réunisse les islamistes et les laïcs (…) même si nous sommes majoritaires », a dit Ghannouchi, qui indique que le mouvement Wafa – dissidence du CPR – ainsi que le bloc parlementaire Liberté et Dignité – de tendance islamiste – et l’Alliance démocratique pourraient rejoindre le futur cabinet.

Compromis

Mohamed Bennour, le porte-parole d’Ettakatol, a cependant nuancé la concession d’Ennahdha. Pour lui, elle ne signifie pas qu’un compromis a été trouvé « sur les noms des ministres ». D’autant que « la question des autres ministères » reste en suspens. Il estime ainsi qu’un éventuel accord sur le gouvernement ne devrait pas intervenir avant « le milieu de la semaine prochaine ».

Autre difficulté : surmonter les susceptibilités des uns et des autres. « Ennahdha a annoncé la neutralité des ministères clés et nous sommes étonnés d’apprendre ça par les médias alors que nous sommes en négociations avec eux ! », s’est emporté un responsable du Wafa, Rabiî Al Abdi, à la radio Shems-FM. Il faut dire que sa formation est l’une des rares à s’opposer à l’indépendance des portefeuilles régaliens…

Jeuneafrique.com avec AFP

Afrique du Sud: tensions autour d’une résidence controversée du président Zuma

novembre 4, 2012
Afrique du Sud: tensions autour d'une résidence controversée du président Zuma Afrique du Sud: tensions autour d’une résidence controversée du président Zuma © AFP

Des policiers anti-émeute patrouillaient dimanche autour de la résidence privée du président sud-africain Jacob Zuma dans l’est du pays, avant une visite de la principale responsable de l’opposition qui dénonce un gaspillage « scandaleux » de l’argent public utilisé pour la rénovation de cette demeure, selon un journaliste l’AFP sur place.

La dirigeante du principal parti d’opposition sud-africain, l’Alliance démocratique (DA), Hellen Zille, va inspecter les travaux effectués sur cette résidence située dans la province du Kwazulu-Natal et dont la rénovation, aux frais de l’Etat, a coûté 23,3 millions d’euros (29 millions de dollars).

Des militants de l’ANC ont promis de défendre la maison de Jacob Zuma et ont commencé à arriver à Nkandla, village natal du président sud-africain, pour manifester. Près d’un millier d’entre eux se tenaient à environ cinq cents mètres de sa propriété, selon un journaliste de l’AFP.

Des policiers en tenue anti-émeute patrouillaient dans ce gros village du nord de la province du Kwazulu-Natal, majoritairement zoulou, ethnie à laquelle appartient lui-même M. Zuma, et un hélicoptère survolait le secteur.

Les militants de l’ANC, portant des tee-shirts jaunes aux couleurs du mouvement frappés de portraits de Jacob Zuma, scandaient des slogans en sa faveur et portaient des pancartes sur lesquelles était écrit: « Zuma président du peuple », « Zuma a droit à son intimité, « Où était la DA durant l’apartheid » ?.

L’Alliance démocratique réclame plus de transparence concernant les travaux réalisés dans cette propriété située dans la zone rurale de Nkandla et souligne que « s’agissant d’une résidence privée », elle est « opposée à un financement par des fonds publics pour cette maison ».

Selon le médiateur de la République, qui a ouvert une enquête, un héliport, des bunkers souterrains et une clinique y ont été construits.

Les révélations sur cette rénovation coûteuse ont déclenché une tempête politique dans la presse, qui parle de « Nkandlagate », et suscité des interrogations de la part de partis d’opposition qui mettent en question sa légalité.

Le Congrès National Africain (ANC, au pouvoir) a dénoncé la visite de Mme Zille, une Blanche, et de ses amis comme étant une violation des droits personnels de M. Zuma, et déclaré que la DA aurait du soumettre ses critiques directement à l’ANC.

M. Zuma, qui a quatre épouses, avait récemment justifié les travaux par la taille de sa famille et assuré qu’il avait tout payé, et que le gouvernement n’avait pris en charge que des frais liés à sa sécurité.

Selon des informations de presse, le coût des travaux a atteint près de 250 millions de rands (22,3 million euros) et le président Zuma ne réglera que 5% de la facture.

La révélation de cette coûteuse rénovation survient alors que l’Afrique du Sud, confrontée à un ralentissement de sa croissance et à une hausse de sa dette, s’efforce de maîtriser ses dépenses et que des millions de personnes vivent toujours dans des bidonvilles.

La résidence de Jacob Zuma à Nkandla est située au milieu de maisons de terre dans ce village pauvre, alors que le président sud-africain passe le plus clair de son temps dans ses résidences officielles à Pretoria et au Cap. Il dispose également d’une autre résidence officielle à Durban, sur la côte de l’Océan Indien.

Jeuneafrique.com avec AFP