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Otan: pressés par Trump, les alliés réaffirment leur engagement à payer plus

juillet 12, 2018

Le président américain Donald Trump au côté de son secrétaire d’Etat Mike Pompeo, lors de sa conférence de presse à l’issue du sommet de l’Otan à Bruxelles le 12 juillet 2018. / © AFP / LUDOVIC MARIN

Donald Trump a obtenu jeudi l’engagement des Alliés des Etats-Unis d’accélérer la cadence pour augmenter leurs dépenses militaires, se déclarant « très content » des résultats obtenus à l’issue des deux journées d’un sommet de l’Otan sous tension à Bruxelles.

« Ils ont accepté de payer et de payer plus rapidement », a annoncé M. Trump au cours d’un conférence de presse non programmée avant de quitter Bruxelles.

L’engagement souscrit en 2014 de consacrer 2% de leur PIB aux dépenses de défense pour 2024 demeure. Il est inscrit noir sur blanc dans la déclaration commune agréée mercredi par les dirigeants des 29 pays membres de l’Alliance.

Mais une quinzaine de pays, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie, l’Espagne et la Belgique sont encore très loin de l’objectif, avec moins de 1,4% de leur PIB pour la Défense en 2018, et certains se disaient incapables de respecter leur parole en 2024, ce qui a ulcéré le président américain.

Donald Trump était arrivé à Bruxelles mardi soir décidé à leur forcer la main. Il a mis le sommet sous pression à coup de messages sur son compte Twitter et de déclarations peu amènes à l’adresse des mauvais payeurs.

Les chefs d’Etat et de gouvernement des 29 pays de l’Otan lors d’un dîner de travail au parc du Cinquantenaire à Bruxelles le 11 juillet 2018. / © POOL/AFP / YVES HERMAN

Cible privilégié de sa vindicte: l’Allemagne qui a été accusée de débourser des milliards pour des achats de gaz et de pétrole à la Russie au lieu de contribuer aux dépenses de défense.

– « Je crois en l’Otan » –

M. Trump a renouvelé ses exigences jeudi au début de la seconde journée du sommet et le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a été contraint de convoquer en urgence une réunion extraordinaire pour désamorcer une menace de crise.

« Les Alliés pouvaient être inquiets, car hier j’étais extrêmement insatisfait de ce qui se passait et ils ont considérablement renforcé leurs engagements. Maintenant, nous sommes très heureux d’avoir une Otan très puissante, très forte, beaucoup plus forte qu’il y a deux jours », s’est félicité le président américain.

Dépenses militaires des Etats de l’Otan / © AFP / Gillian HANDYSIDE

« J’aurais pu utiliser la menace (de quitter l’Otan) mais cela n’a pas été nécessaire », a-t-il assuré en réponse à une question en ce sens.

« J’ai obtenu des progrès extraordinaires par rapport à mes prédécesseurs », a-t-il soutenu. « L’Allemagne a accepté d’accélérer le tempo pour augmenter ses dépenses militaires », a expliqué Donald Trump.

La chancelière Merkel a néanmoins rétorqué que les Allemands savaient que « nous devons faire plus et que nous le faisons depuis un certain temps ».

« Je crois en l’Otan. L’Otan est plus fort qu’il y a deux ans », a lancé le président américain.

Angela Merkel et Donald Trump, à Bruxelles le 11 juillet 2018 / © AFP / Brendan Smialowski

Un sentiment partagé par le chef de l’Etat Français: « L’Otan sort plus fort » de son sommet, s’est réjoui Emmanuel Macron.

La France respectera ses engagements pour parvenir à consacrer 2% de son PIB à ses dépenses militaires. « Nous y serons en 2025 », a affirmé la ministre des Armées Florence Parly, présente à Bruxelles avec ses homologues des 28 autres pays membres.

« Nous sommes pleinement en ligne avec ce qui a été acté dans la déclaration finale qui a été adoptée mercredi de manière consensuelle », a-t-elle précisé.

– Poutine à Helsinki –

Les 29 de l’Otan arrivent au deuxième jour du sommet / © OTAN TV/AFP / –

Le président américain est attendu jeudi au Royaume-Uni pour une visite officielle, au cours de laquelle il rencontrera la reine Elizabeth II et la Première ministre Theresa May.

Il se rendra ensuite pour un sommet bilatéral historique avec le président russe Vladimir Poutine lundi à Helsinki.

Il a assuré qu’il évoquerait avec M. Poutine l’interférence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016.

Vladimir Poutine « n’est pas mon ennemi (…) En fin de compte, c’est un concurrent, il représente la Russie, je représente les États-Unis », a-t-il souligné.

Le projet de doublement du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne devrait être discuté au cours de cette réunion, a indiqué le président américain.

Donald Trump a demandé son abandon au cours du sommet de l’Otan. L’attaque lui a permis d’enfoncer un coin dans l’unité des Européens, car ce dossier les divise.

La Pologne estime ainsi que l’Europe n’a pas besoin de Nord Stream 2.

« C’est un exemple de pays européens qui fournissent des fonds à la Russie, lui donnent des moyens qui peuvent être utilisés contre la sécurité de la Pologne », a soutenu le chef de la diplomatie polonaise Jacek Czaputowicz.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juillet 2018 15h00)

Affaiblie après les législatives, Merkel en quête d’alliés

septembre 24, 2017

Angela Merkel, après sa victoire aux législatives, le 24 septembre 2017 à Berlin / © AFP / Odd ANDERSEN

Victorieuse mais affaiblie par un score électoral décevant, Angela Merkel s’attelle lundi à la tâche difficile de former une nouvelle majorité dans un paysage politique éclaté, sous l’effet de la percée historique de la droite nationaliste.

Dès 09H00 du matin, l’état-major de son parti conservateur CDU se réunit pour tirer les premières leçons d’un scrutin législatif où il n’a recueilli que 32,9% des voix, son plus mauvais score depuis 1949.

La quatrième victoire consécutive de la chancelière, au pouvoir depuis 2005, a un goût amer pour elle. Et les premiers signes de contestation sont apparus du côté de ses alliés conservateurs bavarois de la CSU, qui militent depuis deux ans pour que Mme Merkel entame un virage à droite.

Car une partie de l’électorat conservateur –un million de personnes selon les sondages– a rejoint l’AfD. Un mouvement populiste qui a fait du rejet de l’accueil massif des migrants décidé par la chancelière en 2015 son grand cheval de bataille.

« Nous avons délaissé notre flanc droit et il nous appartient à présent de combler le vide avec des positions tranchées », a lâché le chef de la CSU, Horst Seehofer.

L’AfD a pris quelque 13% des suffrages après une campagne particulièrement agressive et aux relents xénophobes, prenant pour modèle le président américain Donald Trump et les partisans de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Thème de prédilection de cette droite dure: accuser la chancelière de « trahison » pour l’accueil de centaines de milliers de demandeurs d’asile majoritairement musulmans. Ces derniers généralement qualifiés de terroristes ou de criminels en puissance.

– ‘Séisme’ –

L’entrée d’un tel parti dans la chambre des députés est un vrai choc pour de nombreux Allemands, l’identité d’après-guerre reposant justement sur la lutte contre les extrêmes, la quête du compromis et la repentance pour les crimes du IIIe Reich.

« Il y a eu une percée de l’extrême droite (…) l’entrée de l’AfD au Bundestag est un scandale », a jugé Dietmar Bartsch, de la gauche radicale Die Linke.

Le quotidien Bild évoque « un séisme » et Die Welt un « triomphe de la campagne de la peur » quand l’un des chefs de l’AfD, Alexander Gauland, jubile et déclare « la chasse » ouverte « à Madame Merkel ».

Le Conseil central des Juifs en Allemagne voit dans le score de ce parti –qui veut revenir sur la repentance allemande pour le nazisme– de « plus grand défi démocratique depuis 1949 » et la naissance de la République fédérale d’Allemagne.

Le Congrès juif mondial a lui qualifié l’AfD de « mouvement réactionnaire honteux qui rappelle le pire du passé ».

« Ca change la manière dont l’Allemagne est perçue, car avec l’AfD c’est le retour d’un langage que l’on croyait relégué à l’extérieur de notre consensus politique », juge Suzanne Schüttemeyer, professeur de sciences politiques de l’université de Halle.

Mais les problèmes de Mme Merkel ne s’arrêtent pas là. La formation d’un gouvernement s’annonce très compliquée. Laminés, les sociaux-démocrates du SPD ont décidé de quitter la coalition avec la chancelière et de rejoindre les bancs opposition.

– ‘Jamaïque ‘ –

Ne reste qu’une solution majoritaire dans le nouveau Bundestag: une alliance inédite au niveau national réunissant les conservateurs, les Libéraux du FDP et les Verts.

Cette coalition, dite « Jamaïque » – référence aux couleurs noir-jaune-vert des trois partis – n’existe actuellement qu’au niveau régional, dans le petit Etat nordique du Schleswig-Holstein. Et seulement depuis le printemps.

Problème, ces deux derniers partis s’opposent sur bien des dossiers clés comme l’immigration, l’avenir du diesel et la sortie du charbon. Ils ont aussi chacun des désaccords de fond avec les conservateurs.

« Nous allons voir dans le calme, après analyses et possibles pourparlers, si on peut arriver à une collaboration », a dit, prudente, Katrin Göring-Eckardt, co-tête de liste écologiste aux législatives.

Le chef des libéraux, Christian Lindner, a lui déjà fixé une condition pour entrer au gouvernement: le rejet des idées de réforme de la zone euro portées par le président français Emmanuel Macron. Un budget commun est ainsi « une ligne rouge », car Berlin ne doit pas se retrouver à payer les dérapages financiers des autres.

Les négociations pourraient donc prendre des mois. Depuis les premières élections d’après-guerre en 1949, le parti vainqueur a toujours réussi à former une majorité. Et la chancelière a exclu un gouvernement minoritaire s’appuyant sur des majorités changeantes.

Ce n’est qu’après l’officialisation d’une nouvelle coalition que Mme Merkel pourra formellement être désignée chancelière une quatrième fois. Autrement, de nouvelles élections pourraient être convoquées.

« Une victoire cauchemardesque », donc, pour la chancelière, résume Bild.

Romandie.com avec(©AFP / 25 septembre 2017 04h38)

L’Otan appelle les alliés à se préparer face à la menace potentielle de la Russie

mai 30, 2016

Tirana – L’assemblée parlementaire de l’Otan a appelé lundi les alliés à se tenir prêts à répondre à la menace potentielle de la Russie contre l’un d’entre eux, à l’issue d’une session de trois jours à Tirana.

Le défi en provenance de la Russie est réel et sérieux, a déclaré l’Américain Michael Turner, président de l’assemblée qui a réuni quelque 250 parlementaires des 28 pays membres de l’Alliance.

La déclaration adoptée à l’unanimité déplore l’usage de la force par la Russie contre ses voisins et les tentatives d’intimidation des alliés de l’Otan.

Dans ces circonstances, l’Otan n’a pas d’autre choix que de considérer l’éventualité d’une action agressive de la Russie contre un membre de l’Alliance comme une menace potentielle, et d’adopter des réponses adaptées et proportionnées, ajoute la déclaration.

La déclaration appelle les alliés à fournir des garanties aux pays membres, situés notamment à l’est de la zone Otan, qui estiment que leur sécurité est menacée.

L’Otan a interrompu tous les aspects pratiques de sa coopération avec la Russie à la suite de l’annexion de la Crimée par la Russie, et en raison du soutien de la Russie aux séparatistes dans l’est de l’Ukraine, mais l’Alliance a annoncé qu’elle aurait des discussions avec la Russie avant le sommet de l’Otan prévu les 8 et 9 juillet à Varsovie.

En avril, le Conseil Otan-Russie avait tenu sa première réunion depuis juin 2014 mais les discussions se sont soldées par de graves désaccords concernant l’Ukraine et d’autres sujets, bien que le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg eut assuré à l’époque que les échanges avaient été fructueux.

L’Otan a procédé à un renforcement militaire sur son flanc est pour augmenter la rapidité du déploiement de ses forces en cas de répétition d’une crise comme celle de l’Ukraine. Lors de leur sommet à Varsovie, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance atlantique doivent parachever ce renforcement militaire.

Mais la Russie affirme que ce renforcement de la présence de troupes avec leurs équipements de combat en Europe de l’est représentait une menace pour sa sécurité.

Lors d’une visite lundi en Pologne, Jens Stoltenberg a déclaré que l’Otan envoyait un signal clair à tout adversaire potentiel (signifiant) qu’une attaque contre la Pologne serait considérée comme une attaque contre l’Alliance toute entière.

La Russie a dénoncé le déploiement en Roumanie et en Pologne d’éléments du bouclier antimissile américain qu’elle considère comme une menace pour sa sécurité. L’Otan assure que ce système aurait un rôle purement défensif, devant servir à intercepter des missiles balistiques pouvant venir du Proche-Orient.

Le bouclier antimissile n’est pas dirigé directement contre la Russie, il est dirigé contre des menaces venant de l’extérieur de la zone euro-atlantique, a réaffirmé le secrétaire général de l’Otan.

L’assemblée parlementaire de l’Otan a assuré néanmoins que l’Alliance étudierait les moyens de réduire les tensions avec la Russie tout en abordant les violations inacceptables par la Russie des normes internationales.

Romandie.com avec(©AFP / 30 mai 2016 21h51)

Obama promet de soutenir ses alliés du Golfe contre toute menace

mai 14, 2015

Barack Obama s’est employé jeudi à rassurer les monarchies du Golfe inquiètes de l’influence croissante de l’Iran et leur a promis un soutien contre toute menace. Le sommet à Camp David s’est conclu sur des déclarations de principes mais peu d’engagements concrets.

« Je réaffirme notre engagement à toute épreuve en faveur de la sécurité de nos partenaires du Golfe », a dit le président américain devant la presse. Les Etats-Unis et les six pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) ont aussi dénoncé dans un communiqué les « activités déstabilisatrices de l’Iran » au Moyen-Orient.

Barack Obama n’a cependant pas offert aux Etats du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Qatar, Bahreïn, Emirats arabes unis et Oman) l’accord de défense formel que certains d’entre eux réclament.

Des mesures plus modestes ont été annoncées. Elles portent sur l’aide des Etats-Unis pour la mise en place d’un système régional intégré de défense antimissile, sur la simplification des procédures de vente d’armements et sur l’augmentation des exercices militaires communs.

Par ce mini-sommet à Camp David, dans le Maryland, Washington a cherché à dissiper les craintes des Etats du Golfe concernant la levée des sanctions actuellement en vigueur contre l’Iran, dans le cadre d’un accord définitif sur les activités nucléaires de la République islamique, dont la date butoir a été fixée au 30 juin.

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Les pétromonarchies redoutent que la levée des sanctions ne renforce le poids de l’Iran et le risque de déstabilisation de la région. Ces divergences sur l’Iran, mais aussi la guerre civile en Syrie ou le printemps arabe sont apparues lors d’une rencontre boudée par le roi Salman d’Arabie saoudite, représenté par le prince héritier Mohammed ben Nayef et le vice-prince héritier Mohamed ben Salman.

Obama équilibriste
Barack Obama a joué les équilibristes pour tenter à la fois de rassurer ses alliés du Golfe sur sa diplomatie envers l’Iran et les inviter à travailler davantage à leur défense collective. « Les Etats-Unis soutiendront leurs partenaires du CCG contre toute attaque extérieure et approfondiront et étendront leurs liens de coopération », a souligné le président américain.

Mais il a aussi insisté sur la nécessité que les Etats du Golfe, qui ont des divergences entre eux, coopèrent ensemble. Dans une déclaration commune publiée en fin de sommet, les pays du CCG s’engagent à développer un bouclier antimissile régional, ce que Washington préconise de longue date.

Le président américain ne semble cependant pas avoir beaucoup obtenu des pays du Golfe concernant les négociations sur le nucléaire iranien. La Maison Blanche espérait a minima que ses alliés arabes adouciraient leurs critiques à propos de ce dossier, afin de convaincre un Congrès sceptique qu’elle bénéficie d’appuis, en dépit de l’hostilité affichée d’Israël à un accord avec Téhéran.

Barack Obama a consacré la première partie de la réunion à informer ses interlocuteurs de l’avancée des négociations avec Téhéran. Il a assuré qu’il cherchait à obtenir une « transaction » sur le nucléaire iranien et non « un rapprochement plus large » avec l’Iran, a indiqué Ben Rhodes, conseiller à la sécurité nationale du président.

Sécurité maritime
Dans la déclaration commune, les participants au sommet admettent qu’un « accord complet et vérifiable, qui répond pleinement aux inquiétudes régionales et internationales concernant le programme nucléaire iranien, va dans le sens des intérêts sécuritaires des Etats membres du CCG ».

Mais les pays du Golfe se sont abstenus d’approuver l’accord intérimaire de Lausanne conclu le 2 avril dernier. Celui-ci envisage une levée des sanctions en échange d’une limitation des activités nucléaires de Téhéran.

Parmi les engagements annoncés, Washington a promis qu’il aiderait les Etats du Golfe à renforcer leur « sécurité maritime », par allusion à de récentes actions iraniennes. La région abrite les principales routes pétrolières de la planète.

La marine de la République islamique a tiré jeudi plusieurs coups de semonce en direction d’un cargo battant pavillon singapourien dans les eaux internationales du Golfe, selon des responsables américains.

Romandie.com

Des alliés de Sassou-Nguesso contre une réforme de la Constitution

avril 5, 2015
Denis Sassou-Nguesso, ici à Bruxelles le 3 mars 2015, s'est prononcé plusieurs fois en faveur d'une réforme constitutionnelle.AFP PHOTO / THIERRY CHARLIER

Denis Sassou-Nguesso, ici à Bruxelles le 3 mars 2015, s’est prononcé plusieurs fois en faveur d’une réforme constitutionnelle.AFP PHOTO / THIERRY CHARLIER

Deuxième force de la majorité après le Parti congolais du travail (PCT) en termes d’élus et de représentation au gouvernement, le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI) a clôturé samedi 4 avril son tout premier congrès extraordinaire à Brazzaville. Le parti de l’ancien Premier ministre Bernard Kolélas pense que changer la Constitution est une « violation » des institutions et appelle son allié le PCT à soutenir le candidat qu’il va présenter à la présidentielle de 2016.

L’hymne du MCDDI a retenti dans la salle des congrès, pleine à craquer, avant que Paris Tsila, membre du bureau exécutif national, ne livre les décisions du congrès aux 1 250 militants présents et aux quelques leaders de partis de la majorité et de l’opposition invités pour la circonstance : « Les congressistes ont conclu que les changements de la Constitution du 20 janvier 2002 correspondraient dans le contexte politique actuel au Congo à une violation collective. Les congressistes ont décidé à l’unanimité que le MCDDI doit avoir et présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2016 », a-t-il expliqué.

Une opposition « responsable » à la réforme constitutionnelle

« Ce sont des décisions réfléchies et responsables », a insisté Guy Brice Parfait Kolelas, secrétaire général du MCDDI, qui ne voit pas, lui non plus, la raison de changer la Constitution et appelle le PCT à soutenir le candidat de son allié à la présidentielle de 2016. « Ce ne sont pas des décisions opportunistes. Les statuts de MCDDI stipulent bien que le MCDDI doit avoir des candidats à chaque élection présidentielle. Le  » non  » au changement de la Constitution, c’est aussi inscrit dans nos statuts, notamment à l’article 19. » Le MCDDI appelle également à l’instauration au Congo d’une commission « Réconciliation, vérité, justice et paix ».

Limite d’âge et référendum

Le débat sur une possible modification de la Constitution, dans un sens qui permettrait à Denis Sassou-Nguesso de se présenter de nouveau à la présidence en 2016, à la fin de son second mandat, a été relancé ces derniers mois suite aux déclarations du président congolais, notamment au micro de RFI en août dernier. Selon le texte actuel, Denis Sassou-Nguesso ne peut se présenter pour un troisième mandat, car il est touché par la limite d’âge. Dans un récent entretien à la BBC, le président a affirmé qu’un référendum sur la question serait bientôt organisé.

Si le PCT, le parti au pouvoir, s’est prononcé clairement en faveur de la réforme consitutionelle, l’opposition s’est prononcée résolument contre cette réforme, et a demandé l’instauration d’un cadre de dialogue avec le pouvoir.

Rfi.fr