Posts Tagged ‘Alpha Condé’

Urgent : Exil de ALPHA Condé par Mamady Doumbouya en France/Brazzaville..

septembre 16, 2021

Avec Nouvelles du Monde

Guinée: les putschistes sous pression, l’ex-président en bonne santé selon la Cédéao

septembre 10, 2021

Guinee: les putschistes sous pression, l'ex-president en bonne sante selon la Cedeao
Guinée: les putschistes sous pression, l’ex-président en bonne santé selon la Cédéao© AFP/Archives/CELLOU BINANI

Les militaires au pouvoir en Guinée ont reçu vendredi à Conakry une mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui a dit avoir trouvé l’ex-président Alpha Condé en bonne santé, cinq jours après le putsch.

La Cédéao avait condamné le jour même le putsch mené par le chef des forces spéciales, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, contre M. Condé, 83 ans, vétéran de la politique ouest-africaine, exigeant sa libération et le « retour à l’ordre constitutionnel » dans ce pays pauvre mais regorgeant de ressources minières, notamment de bauxite.

« Nous avons vu le président, il va bien », a déclaré aux journalistes le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry.

« Nous avons vu le président ici au quartier général de la junte », a précisé le président de la Commission de la Cédéao, Jean-Claude Kassi Brou, confirmant que « le président Alpha Condé va bien ».

« Nous allons rendre compte à ceux qui nous ont mandatés et pour le reste on verra », a ajouté M. Brou avant le départ de la délégation pour l’aéroport de Conakry.

La délégation comprenait également la ministre des Affaires étrangères ghanéenne Shirley Ayorkor Botchwey, dont le pays assure la présidence tournante de l’organisation régionale, et ses homologues nigérian Geoffrey Onyeama, et togolais Robert Dussey.

Elle a d’abord rencontré pendant près de deux heures dans un grand hôtel de Conakry un représentant de la junte, le colonel Balla Samoura, selon une source diplomatique.

Après une interruption, les discussions à huis clos ont repris peu après 14H00 GMT, cette fois en présence du lieutenant-colonel Doumbouya, arrivé sous une imposante escorte militaire à bord de véhicules blindés.

Suspension de l’UA

Cette mission a coïncidé avec l’annonce par l’Union africaine (UA) de la suspension de la Guinée de ses instances, comme l’avait déjà fait la Cédéao mercredi lors d’un sommet par visioconférence.

Les dirigeants ouest-africains ont « exigé le respect de l’intégrité physique du président Alpha Condé », sa « libération immédiate », et « le retour immédiat à l’ordre constitutionnel ». Aucune sanction économique n’a été évoquée.

L’ambassade américaine a exprimé vendredi son « soutien » à l’initiative de la Cédéao, disant partager sa « profonde inquiétude » en raison notamment des possibles conséquences du putsch « sur la paix et la stabilité régionales ».

La Cédéao se retrouve dans une situation comparable à celle qu’elle a connue lors d’un putsch similaire au Mali voisin en août 2020. Elle avait alors pris des sanctions essentiellement économiques et suspendu le pays de l’organisation.

Ces sanctions avaient été levées à la suite de l’engagement des militaires maliens sur la voie d’une transition de 18 mois maximum pour rendre le pouvoir à des dirigeants civils issus d’élections. Mais la Cédeao a exprimé des inquiétudes croissantes sur le respect de ces échéances.

« Démocratie à terre »

Comme au Mali, les militaires guinéens peuvent se prévaloir d’une certaine popularité, comme en attestent les manifestations de joie observées dans différents quartiers de Conakry, encore alimentée par la libération mardi d’un premier groupe de dizaines d’opposants au régime déchu, et la floraison spontanée d’affiches à la gloire du lieutenant-colonel Doumbouya.

Réunis au sein d’un « Comité national du rassemblement et du développement » (CNRD), ils ont justifié leur coup de force par la nécessité de mettre fin à « la gabegie financière » ainsi qu’au « piétinement des droits des citoyens ».

Ils ont dissous le gouvernement et les institutions et aboli la Constitution qu’avait fait adopter M. Condé en 2020 et qui avait ensuite invoqué ce changement de loi fondamentale pour se représenter après deux mandats, malgré des mois de contestation réprimée dans le sang.

Les putschistes ont promis une « concertation » nationale en vue d’une transition politique confiée à un futur « gouvernement d’union nationale », sans autre précision, notamment en termes de calendrier.

Aucun décès lié au putsch n’a été rapporté officiellement. Mais des médias guinéens ont fait état d’une dizaine à une vingtaine de morts dans les rangs de la garde présidentielle, des informations invérifiables faute d’accès aux hôpitaux.

Parmi ses dernières décisions, le CNRD a annoncé jeudi soir le gel temporaire des comptes bancaires des établissements publics à caractère administratif et commercial, ainsi que des anciens membres du gouvernement, préalablement écartés au profit des secrétaires généraux de chaque ministère.

De leur côté, certains partisans de M. Condé laissaient percer leur amertume.

« La Guinée s’est battue toujours pour la démocratie et la démocratie étant vraiment instaurée, en un seul jour les militaires sont venus vraiment mettre cette belle démocratie à terre », a déclaré à l’AFP Victor Léno, enseignant et membre de la jeunesse de l’ex-parti au pouvoir.

Un responsable du parti, Mahmoudou Traoré, a pour sa part incité à la vigilance envers les putschistes, citant l’exemple d’autres pays. Selon lui, « quand les militaires disent +nous venons pour un petit temps+ ils vont faire plus de 5, 6 ou 7 ans » au pouvoir.

Par Le Point avec AFP

Guinée : des détenus politiques libérés

septembre 8, 2021

GESTES. Militants civils, opposants politiques : emprisonnés pour avoir manifesté contre Alpha Condé, ils ont été libérés à la suite d’une promesse des militaires.

Les putschistes en Guinee ont, dans un geste d'apaisement, libere un groupe d'opposants politiques au president dechu Alpha Conde.
Les putschistes en Guinée ont, dans un geste d’apaisement, libéré un groupe d’opposants politiques au président déchu Alpha Condé.© CELLOU BINANI / AFP

Il y avait foule ce mardi 7 septembre devant la prison civile de Conakry. Un premier groupe composé d’une dizaine de personnes, arrêtées notamment lors des manifestations contre le 3e mandat d’Alpha Condé, a commencé à être libéré. Parmi elles, les opposants Abdoulaye Bah et Étienne Soropogui, ou encore un transfuge du parti au pouvoir, Ismaël Condé, condamné à trois ans et quatre mois de prison pour des propos laissant entendre que seules les armes pourraient chasser Alpha Condé du pouvoir.

Une liste de 79 détenus libérables a été approuvée après des consultations entre les nouvelles autorités, l’administration pénitentiaire et les avocats des détenus, selon ces derniers. Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de mouvements politiques et de la société civile qui a mené la contestation, espérait initialement dès lundi la libération de ses membres emprisonnés.

Depuis sa réélection contestée, Alpha Condé multipliait les interpellations. Au total, 400 personnes auraient été interpellées arbitrairement à l’issue de la présidentielle du 18 octobre 2020. Et leurs conditions de détention étaient plus que préoccupantes. D’une capacité de 300 personnes, la prison civile de Conakry accueillerait environ 1 500 détenus, selon un rapport de l’Union européenne sur les droits humains et la démocratie dans le monde paru en juin dernier.

Les putschistes essayent de rassurer

Les forces spéciales disent avoir agi pour mettre fin à « la gabegie financière » et au « piétinement des droits des citoyens ». Elles ont dissous le gouvernement et les institutions et aboli la Constitution qu’avait fait adopter Alpha Condé en 2020 en invoquant ce changement de loi fondamentale pour se représenter après deux mandats, malgré des mois de contestation réprimée dans le sang.

« On est derrière Doumbouya », a déclaré à l’AFP Abdoul Gadiri Diallo, à Bambéto, banlieue réputée favorable à l’opposition régulièrement secouée par des heurts entre manifestants et forces de sécurité. « Il va très bien redresser ce pays-là, on compte sur lui. »

Pour un autre habitant de Bambéto, Kaba Kemoko Lamine, « le peuple attendait ça depuis fort longtemps et l’occasion était là ». Les militaires ont également commencé mardi à démanteler les postes mixtes armée-gendarmerie-police installés sur les principaux axes de la capitale, notamment en banlieue, qui permettaient au régime Condé, selon ses détracteurs, de juguler les manifestations.

Une junte sous pression

Les militaires emmenés par le chef des forces spéciales, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, insistaient également sur la prochaine ouverture d’une « concertation » nationale pour définir les modalités de la transition politique conduite par un futur gouvernement d’union nationale dans ce pays à l’histoire politique mouvementée.

La coalition de l’opposition dirigée par l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo et opposant à Condé a exprimé son soutien au nouveau pouvoir militaire, l’exhortant à œuvrer en priorité à « la mise en place d’institutions légitimes capables » de « conduire rapidement le pays à la réconciliation nationale et à l’instauration de l’État de droit ».

Ces premiers gestes ont eu lieu la veille d’un sommet virtuel de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sur la Guinée. À la suite d’un putsch similaire au Mali voisin en août 2020, la Cedeao avait pris des sanctions, essentiellement économiques, jusqu’à ce que les militaires s’engagent sur la voie d’une transition de dix-huit mois maximum pour rendre le pouvoir à des dirigeants civils issus d’élections.

Une délégation au Mali, conduite par le médiateur de la Cedeao dans cette crise, l’ex-président nigérian Goodluck Jonathan, a d’ailleurs exprimé mardi son inquiétude quant au respect des échéances, se disant « préoccupée par l’insuffisance d’actions concrètes dans la préparation effective du processus électoral ».

L’épilogue de plus de dix années de régime d’Alpha Condé en Guinée a suscité une large réprobation internationale, notamment de l’Union africaine (UA) qui a appelé à la « libération immédiate » de M. Condé et au « retour à l’ordre constitutionnel ».

Par Le Point avec AFP

Coup d’État en Guinée : le chef putschiste Mamady Doumbouya promet un gouvernement « d’union »

septembre 6, 2021

Avec France24

Guinée: Sous le parapluie, Alpha Condé ignorait les ambitions de l’élève

septembre 6, 2021

Mamady Doumbouya, bon et grand légionnaire, façonné et sorti du moule français, suscitait l’admiration d’Alpha Condé.

Après avoir reçu tant d’échos de la part de la France, des qualités et prouesses de son ressortissant faisant l’honneur et la fierté de la Guinée. Il le fait venir pour organiser et assurer sa sécurité. Or grave erreur. Il en a pris à ses dépens.

Aujourd’hui, l’élève admiré et discipliné est devenu le maître adulé et acclamé par la population.

Celui qui te porte la parapluie, – s’il le retire – tu te mouilles sous la pluie, sans pitié.

Bernard NKOUNKOU-BOUESSO

Guinée: des putschistes affirment avoir capturé le président Condé et contrôler Conakry

septembre 5, 2021
Guinee: des putschistes affirment avoir capture le president Conde et controler Conakry
Guinée: des putschistes affirment avoir capturé le président Condé et contrôler Conakry© AFP/CELLOU BINANI

Des officiers des forces spéciales guinéennes ont affirmé dimanche avoir capturé le président Alpha Condé, pris le contrôle de Conakry et « dissoudre » les institutions, lors d’un coup d’Etat qui pourrait sonner la retraite d’un vétéran de la politique africaine, mais condamné par la communauté internationale.

Aucun mort n’a été rapporté dimanche, malgré les crépitements intenses d’armes automatiques entendus dans la matinée dans la capitale de ce pays coutumier des confrontations politiques brutales. L’apparent épilogue de plus de dix années de régime Condé a donné lieu à des scènes de liesse dans différents quartiers de la capitale.

« Nous avons décidé après avoir pris le président, qui est actuellement avec nous (…) de dissoudre la Constitution en vigueur, de dissoudre les institutions », dont le gouvernement, a dit, dans une vidéo, le chef des forces spéciales, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, au nom d’un « Comité national du rassemblement et du développement », au côté de putschistes en uniforme et en armes.

Il a également annoncé la fermeture des frontières terrestres et aériennes de ce pays d’Afrique de l’Ouest plongé depuis des mois dans une grave crise économique et politique.

Dénonçant la « gabegie », le lieutenant-colonel Doumbouya, enveloppé dans un drapeau guinéen, a promis d' »engager une concertation nationale pour ouvrir une transition inclusive et apaisée », dans une déclaration à la télévision nationale qui a brièvement interrompu ses programmes.

Les putschistes ont également diffusé une vidéo du président Condé entre leurs mains. Ils lui demandent s’il a été maltraité et Alpha Condé, en jeans et chemise froissée dans un canapé, refuse de leur répondre.

« Libération immédiate »

« On tient tout Conakry et on est avec toutes les forces de défense et de sécurité pour enfin mettre fin au mal guinéen », a déclaré à la télévision France 24 le lieutenant-colonel Doumbouya, personnalité très peu connue jusqu’alors.

Le ministère de la Défense a initialement affirmé que la garde présidentielle avaient repoussé les « insurgés » quand ils ont tenté de prendre le palais présidentiel. Mais les autorités en place jusqu’alors ont ensuite sombré dans le silence.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a « fermement » condamné dans un tweet « toute prise de pouvoir » en Guinée « par la force du fusil », appelant « à la libération immédiate du président Alpha Condé », 83 ans.

Le président en exercice de l’Union africaine (UA) Félix Tshisekedi et le président de la Commission de l’UA Moussa Faki Mahamat « condamnent toute prise de pouvoir par la force et demandent la libération immédiate du président Alpha Condé » et appellent à une réunion d’urgence de l’organisation.

Le président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le Ghanéen Nana Akufo-Addo, de son côté, « exige le respect de l’intégrité physique » du chef de l’Etat guinéen, sa libération immédiate et « le retour à l’ordre constitutionnel sous peine de sanctions ».

« Beaucoup de morts pour rien »

De nombreux habitants de Conakry, notamment dans les banlieues réputées favorables à l’opposition, sont descendus dans la rue pour acclamer les militaires des forces spéciales.

« Nous sommes fiers des forces spéciales, honte à la police, honte à la milice de l’ancien président Alpha Condé, mort aux tortionnaires et aux assassins de notre jeunesse », s’exclamait un manifestant voulant rester anonyme.

« Je ne pouvais pas imaginer qu’Alpha Condé allait quitter le pouvoir de mon vivant, tellement il m’a fait du tort », a confié Madiaou Sow, un chauffeur, « il a tué dans les manifestations ma soeur Mariama, mon neveu Bissiriou, mon cousin Alphadio ».

Il faisait référence à la répression sanglante des manifestations de l’opposition et de la mobilisation contre l’adoption par referendum en 2020 d’une nouvelle Constitution, dont M. Condé a tiré argument pour briguer et obtenir un troisième mandat.

« Nous allons réécrire une Constitution ensemble, cette fois-ci, toute la Guinée », a assuré le chef des putschistes, déplorant qu’il y ait eu « beaucoup de morts pour rien, beaucoup de blessés, beaucoup de larmes ».

Les principaux dirigeants de l’opposition, sollicités par l’AFP, n’ont pas souhaité s’exprimer.

Mais le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de mouvements politiques et de la société civile qui a mené la contestation contre un troisième mandat d’Alpha Condé, a pris acte de « l’arrestation du dictateur » et des déclarations des militaires sur la Constitution.

Tôt dans la matinée, des tirs nourris d’armes automatiques avaient retenti sur la presqu’île de Kaloum, centre névralgique de Conakry, où siègent la présidence, les institutions et les bureaux d’affaires.

« J’ai vu une colonne de véhicules militaires à bord desquels des soldats surexcités tiraient en l’air et entonnaient des slogans militaires », a déclaré à l’AFP une habitante du quartier de Tombo, proche du centre de la capitale.

Depuis des mois, le pays, parmi les plus pauvres du monde malgré des ressources minières et hydrologiques considérables, est en proie à une profonde crise politique et économique, aggravée par la pandémie de Covid-19.

M. Condé, ancien opposant historique, est devenu en 2010 le premier président démocratiquement élu en Guinée après des décennies de régimes autoritaires.

Des défenseurs des droits humains fustigent sa dérive autoritaire remettant en cause les acquis du début.

M. Condé se targue d’avoir fait avancer les droits humains et d’avoir redressé un pays qu’il dit avoir trouvé en ruines.

Par Le Point avec AFP

Guinée : Alpha Condé arrêté par les putschistes

septembre 5, 2021
Alpha Condé, entouré des militaires des Forces spéciales qui ont procédé à son « arrestation », le dimanche 5 septembre 2021.

Depuis le début de la matinée, le quartier du palais présidentiel était le théâtre de tirs nourris. Ce putsch est mené par le Groupement des forces spéciales, dirigé par Mamady Doumbouya.

Entouré de militaires en treillis, masqués et les armes à la main, Alpha Condé apparaît sur un canapé du palais présidentiel. Le président guinéen est comme sonné, la chemise entre-ouverte, les pieds nus. « Est-ce qu’on a touché à un seul de vos cheveux ? On vous a brutalisé, Excellence? » lui demande un militaire dans une vidéo tournée à Sékoutoureya. Alpha Condé, 83 ans, semble aller bien mais reste silencieux. Il n’aura fallu que quelques heures aux putschistes pour se saisir de celui qui dirigeait le pays depuis onze ans.

Mamady Doumbouya

Le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, commandant des Forces spéciales guinéennes, lors d’un défilé militaire en 2019.

Tout est allé très vite. Cette journée folle à Conakry a débuté aux alentours de 8h. Des tirs nourris et à l’arme lourde ont été entendus tout au long de la matinée aux abords de Sékoutoureya, le palais présidentiel où se trouvait alors le chef de l’État. Selon des photos, il aurait depuis été emmené hors du palais présidentiel.

À la mi-journée, une déclaration de Mamady Doumbouya, un Malinké originaire de la région de Kankan, a circulé sur les réseaux sociaux. Selon les informations de Jeune Afrique, c’est ce lieutenant-colonel et ses hommes du Groupement des forces spéciales (GPS), une unité d’élite de l’armée aussi bien entrainée qu’équipée, qui sont à l’origine du coup d’État.

Dans cette vidéo, béret rouge sur la tête et lunette de soleil sur le nez, entouré de deux militaires, Mamady Doumbouya annonce que « la situation socio-politique et économique du pays, le dysfonctionnement des institutions républicaines, l’instrumentalisation de la justice, le piétinement des droits des citoyens, la gabegie financière […] ont amené l’armée républicaine à prendre ses responsabilités vis-à-vis du peuple de Guinée. »

Il annonce aussi la dissolution de la Constitution, du gouvernement, des institutions et la fermeture des frontières. Enfin, il annonce qu’un « Comité national du rassemblement et du développement, CNRD » a pris le pouvoir.

Alpha Condé aux mains des putschistes

Ancien légionnaire de l’armée française, Mamady Doumbouya avait été rappelé en Guinée pour prendre la tête du GPS en 2018. Ces derniers mois, sa volonté d’autonomiser le GPS par rapport au ministère de la Défense avait suscité la méfiance du pouvoir de Conakry. En mai, des rumeurs infondées faisant part de sa possible arrestation avaient même circulé dans la capitale guinéenne.

LES FORCES FIDÈLES À ALPHA CONDÉ N’ONT PAS DIT LEUR DERNIER MOT

Celui qui apparaît aujourd’hui comme le chef des putschistes a appelé ses « frères d’armes à l’unité » et à rester dans leurs casernes. C’est bien l’interrogation majeure à cette heure : les hommes du GPS vont-ils être suivis par le reste de l’armée ? « Les forces fidèles à Alpha Condé n’ont pas dit leur dernier mot, mais le président est bel et bien entre les mains des putschistes », a affirmé à Jeune Afrique un proche du chef de l’État.

Arrivé au pouvoir en 2010, Alpha Condé a été réélu en 2020 pour un troisième mandat après une révision de la Constitution controversée.

Par Jeune Afrique

Libération d’opposants en Guinée : « Il n’y a pas plus indulgent qu’Alpha Condé »

juin 25, 2021

Alpha Condé, au palais présidentiel.

Retour d’exilés, grâce et libération d’opposants… Le président multiplie les gestes d’apaisement envers des adversaires. À condition qu’ils présentent des excuses publiques !

L’heure semble désormais à l’apaisement à Conakry. Tour à tour, des opposants condamnés ont recouvré la liberté. Le 22 juin, Souleymane Condé, coordinateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) aux États-Unis, et Youssouf Dioubaté, l’ami avec lequel il avait été arrêté, ont ainsi bénéficié d’une remise de peine. Les deux hommes avaient été condamnés à un an d’emprisonnement pour « production, diffusion, mise à disposition d’autrui des données de nature à troubler l’ordre public ».

Grâce présidentielle

Avant eux, le 18 juin, ce sont deux autres opposants qui avaient bénéficié de la grâce présidentielle : le jeune militant de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) Boubacar Diallo, alias Grenade, condamné en appel début juin à dix ans de prison ferme pour « tentative d’assassinat, port illégal d’armes de guerre et de minutions ». La Cour d’appel de Conakry avait alors confirmé une peine rendue deux ans auparavant par le tribunal de Dixinn contre le jeune opposant, accusé d’avoir tiré à balles réelles sur les forces de l’ordre lors d’une manifestation de l’opposition, en mai 2016.

Autre gracié, Mamady Condé, alias « Madic 100 frontière », 300 000 abonnés sur Facebook. Transfuge du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG arc-en-ciel, au pouvoir), l’opposant qui militait pour l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et contre le troisième mandat d’Alpha Condé avait été interpellé à la veille de la présidentielle. Condamné en février dernier à cinq ans de prison pour « téléchargement, diffusion de messages, photos, dessins de nature raciste ou xénophobe, menaces, violences et injures par le biais d’un système informatique », « Madic 100 frontière » avait fait appel. Le 10 juin, la Cour d’appel venait de réduire sa peine à un an de prison ferme.

Excuses publiques

Tous ont auparavant dû s’acquitter d’excuses publiques auprès du chef de l’État. Les grâces de Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté ont été annoncées quelques heures après la publication dans la presse d’une lettre conjointe, dans laquelle les deux anciens prisonniers disaient « profondément » regretter leurs actes, qu’ils assimilaient à des « erreurs de jeunesse », jurant de ne pas récidiver pour « le restant de leur vie ».

Boubacar Diallo a fait de même. Dans une lettre adressée au ministre de la Justice, il a exprimé ses regrets, expliquant par ailleurs que sa grand-mère, qui l’a élevé depuis le décès de sa mère, « est gravement malade ». « Je sollicite votre aide afin de bénéficier de la clémence de la force publique guinéenne qui aura pour conséquence directe l’établissement d’une remise de peine à mon bénéfice », a-t-il plaidé. Depuis sa libération, l’ancien opposant ne tarit plus d’éloges à l’égard du chef de l’État et fustige son « abandon » par l’UFDG, sa formation politique d’origine.

VOUS VERREZ QUE LE PRÉSIDENT GRACIERA TOUS LES DÉTENUS POLITIQUES

Mamady Condé avait quant à lui plaidé en vain la clémence du tribunal de Dixinn. Il doit sa libération à la mobilisation de sa famille, dont l’histoire se confond avec celle du RPG arc-en-ciel. Son frère cadet s’est en effet employé à rappeler aux autorités les représailles essuyées par leur père sous le régime de Lansana Conté : « Mon père a été l’un des fondateurs du RPG ».

« À son retour au pays en 1992 après ses études au Canada et à Cuba, il a décliné l’offre du président Conté de le nommer ministre. Il a pris part à un meeting de l’opposant Alpha Condé à Kissidougou. Cela lui a coûté son poste de directeur national de l’élevage, il a été emprisonné, muté, explique à Jeune Afrique Kader Yomba Condé. En 1998, le jour de son arrestation et de celle du leader du RPG, ma sœur a été tuée par des militaires. Après des jours de recherches, son corps a été retrouvé dans un puits. Mon frère et moi avons fait la prison, avant que lui ne s’exile au Canada. »

C’est à son retour en Guinée, en 2011, que Mamady Condé s’éloigne du parti au pouvoir et se rapproche de l’opposition pour défendre, assure son frère, les mêmes idéaux de justice et d’équité pour lesquels sa famille s’est toujours battue. « Je partage ses convictions mais déplore ses excès de communication sur les réseaux sociaux, plaide Kader Yomba Condé. Il n’y a pas plus indulgent que Alpha Condé. On a demandé pardon au président de la République, il nous a entendus. Vous verrez qu’il graciera tous les détenus politiques. »

« Chantage »

Autre retour marquant, celui de Souleymane Bah, alias « Soulay Thiâ’nguel », ancien conseiller en communication de Cellou Dalein Diallo. Le 7 juin, il a regagné Conakry après cinq années d’exil au Sénégal et en France. En 2018, la justice l’avait condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par contumace pour son implication dans les affrontements au cours desquels un journaliste, Mohamed Koula Diallo, avait perdu la vie. Son exil en France lui aura permis de « se rapprocher de sa famille » et de se consacrer à l’écriture, sa passion. Sa pièce de théâtre, La Cargaison, a remporté le Prix RFI théâtre 2020.

POUR L’OPPOSITION, CES EXCUSES ET REPENTANCES PUBLIQUES ONT ÉTÉ OBTENUES SOUS LA PRESSION

Son retour en Guinée est le fruit d’un an de négociations conduites par des membres de l’entourage présidentiel souhaitant rester anonymes. « Je ne regrette pas mon engagement politique, mais je suis arrivé à un point où la politique ne peut plus rien m’apporter, assure l’intéressé. Je m’en suis rendu compte durant mon exil, à travers ceux qui m’ont soutenu au-delà des clivages qu’on connaît dans ce pays. C’est pourquoi j’ai décidé de tourner définitivement la page politique et de revenir aux domaines pour lesquels j’ai modestement une expertise reconnue : la communication et la culture. »

Pour l’opposition, ces excuses et repentances publiques ont été obtenues sous la pression. Selon Ibrahima Diallo et Sékou Koundouno, dirigeants du FNDC que les autorités considèrent comme un « mouvement insurrectionnel », elles ne sont que le fruit d’un « chantage politique ».

Ils en veulent pour preuve le fait qu’outre cinq cadres et alliés de l’UFDG en attente de procès, il n’y a désormais plus qu’un seul célèbre condamné politique qui n’a pas été gracié : Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, responsable de la mobilisation du FNDC, farouche opposant au troisième mandat. Lui refuse de s’excuser. Condamné en janvier à onze mois de prison ferme, il avait déclaré à l’énoncé du verdict : « Cette sentence ne changera pas mon engagement : je continuerai la lutte contre le troisième mandat d’Alpha Condé, même en prison. »

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry – à Conakry

Ouattara, Saïed, Condé, Guelleh, Bongo, Bazoum… Les hommages du continent à BBY

mai 5, 2021
Béchir Ben Yahmed lors d’une soirée de « La Revue » le 6 mai 2010, à Paris

Chefs d’État, intellectuels, lecteurs… Depuis le décès, le 3 mai à Paris, de Béchir Ben Yahmed, fondateur de « Jeune Afrique » et de « La Revue », les messages saluant sa mémoire se multiplient.

Béchir Ben Yahmed, fondateur et patron historique de Jeune Afriques’est éteint lundi à l’âge de 93 ans à l’hôpital parisien Lariboisière. Depuis l’annonce du décès de ce témoin privilégié des soubresauts de l’Afrique et du Moyen-Orient, les hommages affluent. Qu’ils soient chefs d’États, Premiers ministres, journalistes ou lecteurs émus, les témoignages de respect et d’estime se multiplient, publics comme privés.

L’un de ses amis les plus chers et les plus fidèles, Alassane Ouattara – le journaliste considérait être pour l’Ivoirien « une sorte de frère aîné » – a été l’un des premiers à réagir. « C’est avec une immense tristesse que j’apprends le décès de mon aîné Béchir Ben Yahmed, un ami depuis une quarantaine d’années, un grand intellectuel, un excellent journaliste et un infatigable entrepreneur », s’est ainsi ému le président.

Son Premier ministre, Patrick Achi, a évoqué un « homme du dialogue des cultures, des continents et des hommes ». « Créatif, généreux, exigeant, il avait le génie de la presse », a-t-il ajouté.

« C’est une certaine Afrique qui s’en est allée »

Peu après l’annonce du décès de BBY, c’est un autre chef d’État, fraîchement élu, qui a été parmi les premiers à saluer la mémoire du fondateur de JA. « C’est une certaine Afrique qui s’en est ainsi allée, à travers ce grand témoin de notre histoire, a écrit le président du Niger, Mohamed Bazoum. Mes condoléances attristées à l’équipe de Jeune Afrique. Je suis convaincu qu’elle saura porter très haut le flambeau de cette belle aventure. » Son prédécesseur, Mahamadou Issoufou, lui a emboîté le pas, rendant hommage à « un géant ». Un terme également employé par Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine.

« Je salue la mémoire d’un pionnier qui a mis sa plume au service du continent », a écrit pour sa part le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré. BBY a été un acteur de la lutte pour la cause du tiers-monde, l’indépendance des pays africains, l’État de droit et la démocratie. » Le président sénégalais, Macky Sall, a quant à lui fait part de sa peine, insistant sur le « parcours exceptionnel » du fondateur de Jeune Afrique. 

Les présidents guinéen Alpha Condégabonais Ali Bongo Ondimbabissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, comorien Azali Assoumani ont fait part de leurs condoléances par le biais de messages personnels adressés à Danielle Ben Yahmed, l’épouse de BBY, et à ses fils, Marwane et Amir Ben Yahmed.

« La disparition de Béchir Ben Yahmed signe indubitablement le départ d’un serviteur passionné qui mit, des décennies entières, des compétences exceptionnelles d’intelligence, de créativité et de plaidoirie en faveur de la dignité et du bien-être de l’Afrique », a quant à lui écrit le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh.

Kaïs Saïed lisant l’un des numéros de sa collection de « Jeune Afrique », en septembre 2019, dans l’entre-deux tours de la présidentielle en Tunisie.

C’est également le cas de Kaïs Saïed, le président tunisien, qui a salué « l’une des figures de proue du mouvement national tunisien qui a contribué, aussi bien par son engagement politique que par sa plume, à l’indépendance de son pays natal ».

« Béchir Ben Yahmed restera à jamais gravé dans la mémoire du monde des médias tunisiens, français et africains », écrit le chef de l’État, grand lecteur de Jeune Afrique, dont il conserve chez lui des dizaines de numéros.

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a également rendu hommage « au nom du Royaume du Maroc », à cet homme « d’une grande lucidité et d’une grande constance de conviction, ainsi que le Maroc et les Marocains peuvent en témoigner ».

De son côté, l’ambassadeur d’Algérie à Paris, Mohamed Antar Daoud, a adressé ses condoléances à la famille Ben Yahmed en saluant une figure « connue et appréciée pour ses qualités humaines et professionnelles », qui laissera « le souvenir d’un homme qui a fait siens la cause et le combat du peuple algérien pour le recouvrement de son indépendance ».

Le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, a lui aussi adressé une lettre de condoléances à Danielle Ben Yahmed. Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État du Plan et du Développement et numéro deux du gouvernement béninois, ainsi qu’Olivier Boko, proche conseiller du président Patrice Talon, ont également présenté leurs hommages.

Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la Cemac, a lui écrit sa « peine » après la disparition de celui qui a « réussi à faire de Jeune Afrique un puissant outil d’analyses pour la lecture et la compréhension de l’histoire contemporaine africaine ». François Fall, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique centrale, a pour sa part salué « un baobab qui aura contribué à l’éveil du continent ».

Le Béninois Serge Ékué, président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), ou encore le Sénégalais Makhtar Diop, à la tête de la Société financière internationale (IFC), ont également fait part de leurs condoléances.

L’Élysée salue « un homme de conviction »

La présidence française a longuement rendu hommage à une « plume alerte, dont la lucidité clinique n’épargnait aucun chef d’État, ni africain, ni français ». Emmanuel Macron a notamment salué « un homme de presse et de conviction qui a accompagné et éclairé les indépendances africaines, qui a insufflé une fraternité d’âme entre les États de ce continent, et qui a incarné la profondeur du lien indéfectible entre la France et l’Afrique ».

Les chefs d’État et ministres n’ont pas été les seuls à réagir. Personnalités politiques et intellectuels, artistes, écrivains, nombreux ont été celles et ceux qui ont adressé leurs condoléances de manière publique ou privée. C’est notamment le cas de Lakhdar Brahimi, ancien ministre algérien des Affaires étrangères, de Tiébilé Dramé, ancien ministre malien des Affaires étrangères, du Sénégalais Karim Wade, ex-ministre et fils de l’ancien président Abdoulaye Wade. « L’Afrique perd son plus grand patron de presse », s’est pour sa part ému le Congolais Moïse Katumbi, rendant hommage aux soixante années que BBY a passées « au service de l’information ».

Écrivains, cinéastes, journalistes…

La Prix Goncourt franco-marocaine Leïla Slimani, ancienne journaliste à Jeune Afrique, le peintre marocain Mehdi Qotbi, le cinéaste tunisien Férid Boughedir et l’ancien ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand, qui a collaboré à La Revue, ont également adressé leurs condoléances à la famille du défunt. « C’est grâce à Béchir Ben Yahmed et à Jeune Afrique qu’une très grande partie de ma génération est née au panafricanisme, a quant à lui écrit le philosophe camerounais Achille Mbembe. Il aura eu un impact considérable sur la formation de notre conscience historique. »

Les hommages des professionnels des médias n’ont pas manqué. De l’Ivoirien Venance Konan, directeur général de Fraternité Matin, et son confrère Noël Yao, au Marocain Mohamed Khabbachi. Ce dernier, patron du site Barlamane et ancien directeur général de la MAP, salue « le parcours du combattant » d’un homme dont « le nom résonne dans toute l’Afrique et le monde arabe ».

Les anciens collaborateurs de JA ont également été nombreux à rendre hommage à Béchir Ben Yahmed : Francis Kpatindé, dans Le MondePascal Airault, dans L’OpinionChristophe Boisbouvier et Jean-Baptiste Placca, sur RFI, le Camerounais Célestin Monga, aujourd’hui enseignant à Harvard, sans oublier l’ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique Hamid Barrada, l’une des références du journalisme au Maroc, les Sénégalais Cheikh Yérim Sow et Cécile Sow, Mohamed Selhami, fondateur de Maroc HebdoGuy Sitbon, Jean-Claude Hazena, Jean-Pierre Séréni…

Beaucoup de quotidiens et de sites d’information du continent également rendu hommage à Béchir Ben Yahmed, de Walf Quotidien (Sénégal) à Wakat Séra (Burkina Faso), en passant par Le Djely (Guinée) ou encore Les Dépêches de Brazzaville.

Par Jeune Afrique

Présidentielle en Guinée : la victoire d’Alpha Condé confirmée par la Cour constitutionnelle

novembre 7, 2020
Alpha Condé, lors d'un meeting de campagne à Conakry, le 16 octobre 2020, a été déclaré vainqueur de la présidentielle.

La victoire d’Alpha Condé à la présidentielle a été confirmée par la Cour constitutionnelle. Le président sortant, qui a remporté 59,50% des suffrages, entame son troisième mandat à la tête de la Guinée.

Après plusieurs jours d’attente, la victoire d’Alpha Condé à l’élection présidentielle du 18 octobre dès le premier tour a été confirmée ce samedi 7 novembre, aux alentours de 12h30 GMT par la Cour constitutionnelle. Selon les chiffre définitifs, il a remporté 59,50% des suffrages, contre 33,49% pour son rival, Cellou Dalein Diallo.

Les recours déposés par ce dernier et trois autres opposants devant la Cour, dimanche 1er novembre, n’auront donc pas inversé la tendance donnée le 24 octobre par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) chargée de publier les résultats provisoires. La commission avait en effet annoncé la victoire d’Alpha Condé avec 59,49 % des suffrages, et 33,5% pour son rival.

La Cour constitutionnelle a évalué à 79,51% le taux de participation dans le pays, un taux légèrement supérieur à celui dévoilé par la Ceni, qui était de 78,88%. C’est la première fois que cette Cour, créée en 2010, statue sur un contentieux électoral en Guinée.

Recours légaux épuisés pour l’UFDG

Cellou Dalein Diallo, candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), a donc épuisé les recours juridiques possibles. Au lendemain du scrutin, l’ancien Premier ministre de Lansana Conté s’était autoproclamé vainqueur de l’élection, affirmant avoir obtenu 53,8 % des voix, avant même la publication des résultats provisoires par la Ceni. Un chiffre issu d’un décompte des procès-verbaux réalisé par ses équipes.

Des scènes de liesse avaient alors été observées dans plusieurs quartiers de Conakry et de plusieurs villes du pays, ses partisans célébrant cette victoire. Très vite, des heurts avaient éclaté entre manifestants et forces de l’ordre. Les violences qui avaient suivi le scrutin, qui a clos une campagne électorale particulièrement tendue, ont fait plusieurs dizaines de morts dans le pays.

Les urnes et la rue

Une partie de l’opposition avait fait le choix de boycotter cette présidentielle, jugeant que la candidature d’Alpha Condé à un troisième mandat était « illégale », et exprimant sa défiance envers la Ceni. Cellou Dalein Diallo, initialement tenant de la ligne du boycott, avait finalement décidé de rompre avec cette stratégie observée par son parti lors des législatives de mars dernier, à l’issue desquelles l’UFDG a perdu la totalité de ses sièges de députés, déclarant vouloir jouer la contestation au troisième mandat d’Alpha Condé à la fois dans les urnes et dans la rue.

Au lendemain de son autoproclamation, son domicile avait été encerclé par les forces de l’ordre, et le siège de son parti investi par les policiers. L’ensemble du dispositif sécuritaire avait toutefois été allégé le 28 octobre.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry et Marièeme Soumaré