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Guinée : l’ancien ministre Louncény Camara meurt en détention

août 21, 2022

Écroué depuis le 28 avril 2022, l’ancien ministre d’Alpha Condé est décédé le samedi 20 août après une détérioration de son état de santé en prison.

L’ancien ministre Louceny Camara. © DR

Ancien ministre de l’Urbanisme puis du Tourisme, ancien député, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Louncény Camara a subi un accident vasculaire cérébral le vendredi 19 août, alors qu’il était en détention à la prison de Conakry, et est décédé samedi soir à l’hôpital, a annoncé son frère Ibrahima Camara.

Louncény Camara, 62 ans, faisait partie des nombreux anciens ministres et hautes personnalités en poste sous Alpha Condé à avoir été mis en cause pour malversations financières présumées et à avoir été écroués sous le régime des militaires qui ont renversé l’ancien président en septembre 2021.

Demandes d’évacuation restées sans suite

Les appels pressants de sa famille auprès de la cour spéciale pour les infractions financières, instituée par la junte, pour qu’il soit évacué vers l’étranger étaient restés sans suite. « La famille a tout fait pour qu’on nous autorise à l’évacuer vers des centres spécialisés à l’étranger, malheureusement on n’a pas trouvé une oreille attentive », a dit Ibrahima Camara.

Louncény Camara avait déjà été admis aux urgences début mai, quelques jours après son incarcération. Il avait été inculpé et écroué le 28 avril pour des faits présumés de « détournement de deniers publics », « enrichissement illicite », « blanchiment de capitaux », et « corruption ». Il était un membre éminent du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), le parti d’Alpha Condé, qui a présidé le pays de fin 2010 jusqu’à sa chute en 2021.

Critiques d’Amnesty International

Amnesty International, très critique de la situation des droits humains en Guinée, parlait en février 2021 des prisons guinéennes comme étant « de notoriété publique des mouroirs où les règles du droit international pour le traitement des détenus ne sont pas appliquées ». Amnesty dénonçait à l’époque la mort de quatre détenus en deux mois après une vague d’arrestations sous la présidence d’Alpha Condé.

Le colonel Mamadi Doumbouya, qui a pris le pouvoir par la force le 5 septembre 2021 et s’est depuis fait investir président, a proclamé la lutte contre la corruption, réputée endémique, comme l’une de ses priorités. Nombre de personnalités de l’ancien régime, mais aussi de l’ancienne opposition, sont inquiétées. Différentes voix s’élèvent pour dénoncer une instrumentalisation de la justice et un exercice autoritaire du pouvoir.

Par Jeune Afrique avec AFP

Guinée : Doumbouya met la pression sur les anciens ministres d’Alpha Condé

avril 7, 2022

Tout juste porté à la tête de l’ancien parti au pouvoir, Ibrahima Kassory Fofana et trois ex-ministres du président déchu ont été placés sous mandat de dépôt. Leurs avocats dénoncent un procès politique et pointent un doigt accusateur vers les nouvelles autorités.

Ibrahima Kassory Fofana et Alpha Condé © Guinée28 Info

Ibrahima Kassory Fofana n’aura pas savouré sa victoire bien longtemps. Porté le 31 mars à la tête du comité exécutif provisoire du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG Arc-en-ciel, ancien parti au pouvoir), l’ancien Premier ministre a été placé sous mandat de dépôt, mercredi 6 avril. Il a passé sa première nuit en cellule, à la Maison centrale de Conakry.

Également arrêtés, Mohamed Diané, ex-ministre d’État à la présidence chargé de la Défense nationale ; Diakaria Koulibaly, qui avait le portefeuille des Hydrocarbures sous la présidence d’Alpha Condé ; et Oyé Guilavogui qui fut, lui, ministre de l’Environnement, et des Eaux et Forêts.

Depuis lundi, les membres de ce quatuor défilaient à la Direction centrale des investigations judiciaires de la gendarmerie chargée, depuis le 17 février, par le parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), d’entendre les ministres du dernier gouvernement d’Alpha Condé, renversé le 5 septembre dernier par un coup d’État militaire, dirigé par Mamadi Doumbouya.

Contre eux, « il existe des indices sérieux de détournements de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment d’argent, corruption et complicité », précise un courrier du procureur spécial de la CRIEF, Aly Touré.

Compagnons d’infortune

Entendus les 4 et 5 avril, Kassory et ses compagnons d’infortune avaient jusque là pu regagner leur domicile. Mais ce mercredi 6 avril, après un bref passage devant la Direction centrale des investigations judiciaires, ils ont été redirigés vers le parquet spécial de la CRIEF. Deux heures suffiront pour les inculper des chefs d’accusation cités plus haut et les expédier à la Maison centrale de Conakry, située à cinq minutes de là. Depuis, le lieu est sous haute surveillance des services de sécurité.

Les avocats des prisonniers dénoncent une procédure « politique » et « expéditive ». Mais la CRIEF a clairement manifesté son souhait d’aller vite, en engageant des poursuites suivant les règles du flagrant délit.

À Conakry, des voix se sont élevées pour faire valoir qu’en matière de crime économique, on ne saurait se passer d’une instruction judiciaire. « Cette manière de procéder nous paraît saugrenue et ridicule pour un dossier aussi important, dénonce Me Salifou Béavogui, membre du collectif des avocats de la défense. On a voulu prendre un raccourci et emprunter le plus court chemin pour les mettre en prison. Nous sommes face à une cabale judiciaire, une justice expéditive. Ils se retrouvent en cellule après avoir passé quelques minutes chez le procureur spécial près la CRIEF, qui les poursuit pour détournement de deniers publics et un chapelet d’infractions. Nous pensons que c’est une manière de neutraliser des adversaires politiques, de se servir de la justice pour intimider des personnalités qui ont géré ce pays. »

« Rien à se reprocher »

Leur procès devrait s’ouvrir dès le 11 avril prochain. « Nous démontrerons l’innocence de nos clients et nous pensons qu’ils seront libérés, poursuit Salifou Béavogui. En attendant, ils ont le moral. Ils savent qu’ils sont entre les mains du destin et de la justice, mais ils n’ont rien à se reprocher ».

« Nous avons été pendant quelques jours à la gendarmerie. Aucune charge particulière n’a été relevée contre mon client, aucun fait précis. Il a répondu aux questions de façon satisfaisante », assure pour sa part Me Djibril Kouyaté, l’avocat de Kassory Fofana. Il se dit convaincu que son client « ne mérite pas d’aller en prison » et que « la procédure est entachée d’une panoplie d’irrégularités ».

Contacté par Jeune Afrique, l’agent judiciaire de l’État, Mohamed Sampil, n’a pas souhaité réagir « à ce stade de la procédure » et Aly Touré, le procureur, était lui injoignable.

Dans une déclaration publiée dans la soirée du 6 avril, le RPG Arc-en-ciel s’est dit « gravement préoccupé par une série de convocations à la gendarmerie nationale visant des hauts responsables de notre parti et anciens ministres, ayant conduit à l’arrestation de nos camarades ». Le parti d’Alpha Condé « réaffirme sa pleine confiance en la justice, malgré des agissements qui s’apparentent à un acharnement ciblé », tout en invitant ses militants et sympathisants « à rester sereins et mobilisés ».

D’autres anciens ministres défileront les 7 et 8 avril devant la Direction centrale des investigations judiciaires de la gendarmerie. Nul doute que les déboires de Kassory Fofana, Mohamed Diané, Diakaria Koulibaly et Oyé Guilavogui ne vont pas les inciter à la sérénité.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry – à Conakry

Guinée : Alpha Condé a quitté Conakry pour Abou Dhabi

janvier 17, 2022
Alpha Condé à Addis Abeba, en février 2020. © Minasse Wondimu Hailu/Anadolu Agency/AFP

Selon nos informations, l’avion transportant l’ancien président guinéen, un Gulfstream G-IV, a décollé de l’aéroport international Ahmed Sekou Touré ce 17 janvier, en début d’après-midi.

Alpha Condé a obtenu l’autorisation de Mamadi Doumbouya de quitter le pays, afin de recevoir des soins à Abou Dhabi. Il est accompagné de son médecin, le docteur Kaba, et de deux gardes du corps.

Avec Jeune Afrique

Guinée : Alpha Condé autorisé à quitter temporairement le pays

janvier 1, 2022
Une affiche représentant l’ancien président guinéen Alpha Condé lacérée à Conakry, le 16 septembre 2021. © AFP/JOHN WESSELS

Renversé par un coup d’État militaire, le 5 septembre, le président déchu a été autorisé à passer des examens médicaux à l’étranger.

« En concertation avec la Cedeao, l’ancien président Alpha Condé est autorisé à aller se faire consulter à l’extérieur pour une période d’un mois », indique un communiqué du gouvernement lu vendredi soir à la télévision publique. La date de son départ n’a pas été précisée.

La libération d’Alpha Condé fait partie des exigences de la Communauté des États ouest-africains (Cedeao), avec la tenue d’élections dans les six mois. La Cedeao a suspendu la Guinée de ses instances et sanctionné individuellement les membres de la junte dirigée par le colonel Mamadi Doumbouya, qui s’est fait investir président de transition.

Résidence surveillée

Alpha Condé, à la tête du pays pendant près de 11 ans, a été détenu au secret pendant douze semaines, jusqu’à ce que la junte l’autorise à résider chez son épouse dans la banlieue de Conakry. Il est en résidence surveillée selon la presse.

La junte avait affirmé dans un communiqué le 17 septembre qu’Alpha Condé « est et demeurera en Guinée ».

LE CNRD « CONTINUERA À ASSURER À L’ANCIEN CHEF DE L’ÉTAT UN TRAITEMENT DIGNE DE SON RANG »

Mais elle n’avait pas précisé pas si le séjour de l’ancien président chez sa femme était assorti de restrictions. Le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), qui a pris la direction du pays après le putsch, « continuera à assurer à l’ancien chef de l’État un traitement digne de son rang, et ceci sans aucune pression nationale et internationale », disait le communiqué.

Les Guinéens, exaspérés par la pauvreté, la corruption et la répression, ont globalement accueilli favorablement le coup d’État. Le colonel Doumbouya a promis de rendre le pouvoir aux civils après des élections dont la date reste inconnue.

Par Jeune Afrique avec AFP

Guinée : Mamadi Doumbouya assure qu’Alpha Condé est bien traité et répond à la Cedeao

novembre 15, 2021
Mamadi Doumbouya, à Conakry, le 14 septembre 2021. © CELLOU BINANI/AFP

Mamadi Doumbouya a assuré qu’il n’y avait pas de crise dans son pays et que la Guinée était capable de « régler (ses) problèmes » sans que l’organisation régionale ouest-africaine n’applique les mêmes mesures qu’au Mali.

Dans un entretien diffusé par la télévision nationale dimanche soir, le nouvel homme fort de la Guinée a déclaré que l’ancien président Alpha Condé, que lui et ses hommes ont renversé le 5 septembre, était bien traité, mais que son avenir serait réglé entre Guinéens, sans exclure qu’il ait à rendre des comptes à la justice.

Dans cet entretien, Mamadi Doumbouya s’est gardé de se prononcer sur la durée de la période précédant un retour des civils au pouvoir, tout en se défendant de mener une « purge » dans les services de l’État.

« Ce n’est pas un pays qui est en crise »

La Communauté des États ouest-africains (Cedeao), confrontée à un troisième putsch dans la région en un an après le double coup d’État au Mali, a suspendu mi-septembre la Guinée de ses instances et infligé des sanctions individuelles aux putschistes. Elle a nommé le 7 novembre un envoyé spécial, Mohamed Ibn Chambas, et continue de réclamer la tenue d’élections dans un délai de six mois, ainsi que la libération de l’ex-président Condé, détenu en un lieu gardé secret.

Dans son premier entretien prolongé avec un média, le colonel Doumbouya, investi président de transition, a exprimé son opposition à la nomination d’un envoyé spécial, ainsi qu’à un délai imparti par la Cedeao. « Je pense qu’on est assez intelligent pour régler nos problèmes ensemble entre nous. Ce n’est pas un pays qui est en crise, c’est un pays qui est en phase de prendre son destin en main (…) S’il y avait une crise ici, on pourrait envoyer un envoyé spécial », a-t-il déclaré. Nous voulons tout simplement régler nos problèmes (en) interne. »

NOUS RÉSERVONS À ALPHA CONDÉ UN TRAITEMENT DIGNE

Le colonel Doumbouya a aussi demandé « d’éviter la comparaison » entre Mali et Guinée. « Il n’y a pas de crise en Guinée, a-t-il martelé. Vouloir toujours donner les mêmes remèdes à deux maladies ou trois maladies différentes, je pense que ce n’est pas adapté ». Quant au sort de l’ancien président, « nous lui réservons un traitement digne. Son intégrité physique et morale sont protégées (…) Nous tenons beaucoup à la dignité, la dignité de l’Afrique, à la dignité aussi de nos pères fondateurs ».

Par Jeune Afrique avec AFP 

Urgent : Exil de ALPHA Condé par Mamady Doumbouya en France/Brazzaville..

septembre 16, 2021

Avec Nouvelles du Monde

Guinée: les putschistes sous pression, l’ex-président en bonne santé selon la Cédéao

septembre 10, 2021

Guinee: les putschistes sous pression, l'ex-president en bonne sante selon la Cedeao
Guinée: les putschistes sous pression, l’ex-président en bonne santé selon la Cédéao© AFP/Archives/CELLOU BINANI

Les militaires au pouvoir en Guinée ont reçu vendredi à Conakry une mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui a dit avoir trouvé l’ex-président Alpha Condé en bonne santé, cinq jours après le putsch.

La Cédéao avait condamné le jour même le putsch mené par le chef des forces spéciales, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, contre M. Condé, 83 ans, vétéran de la politique ouest-africaine, exigeant sa libération et le « retour à l’ordre constitutionnel » dans ce pays pauvre mais regorgeant de ressources minières, notamment de bauxite.

« Nous avons vu le président, il va bien », a déclaré aux journalistes le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry.

« Nous avons vu le président ici au quartier général de la junte », a précisé le président de la Commission de la Cédéao, Jean-Claude Kassi Brou, confirmant que « le président Alpha Condé va bien ».

« Nous allons rendre compte à ceux qui nous ont mandatés et pour le reste on verra », a ajouté M. Brou avant le départ de la délégation pour l’aéroport de Conakry.

La délégation comprenait également la ministre des Affaires étrangères ghanéenne Shirley Ayorkor Botchwey, dont le pays assure la présidence tournante de l’organisation régionale, et ses homologues nigérian Geoffrey Onyeama, et togolais Robert Dussey.

Elle a d’abord rencontré pendant près de deux heures dans un grand hôtel de Conakry un représentant de la junte, le colonel Balla Samoura, selon une source diplomatique.

Après une interruption, les discussions à huis clos ont repris peu après 14H00 GMT, cette fois en présence du lieutenant-colonel Doumbouya, arrivé sous une imposante escorte militaire à bord de véhicules blindés.

Suspension de l’UA

Cette mission a coïncidé avec l’annonce par l’Union africaine (UA) de la suspension de la Guinée de ses instances, comme l’avait déjà fait la Cédéao mercredi lors d’un sommet par visioconférence.

Les dirigeants ouest-africains ont « exigé le respect de l’intégrité physique du président Alpha Condé », sa « libération immédiate », et « le retour immédiat à l’ordre constitutionnel ». Aucune sanction économique n’a été évoquée.

L’ambassade américaine a exprimé vendredi son « soutien » à l’initiative de la Cédéao, disant partager sa « profonde inquiétude » en raison notamment des possibles conséquences du putsch « sur la paix et la stabilité régionales ».

La Cédéao se retrouve dans une situation comparable à celle qu’elle a connue lors d’un putsch similaire au Mali voisin en août 2020. Elle avait alors pris des sanctions essentiellement économiques et suspendu le pays de l’organisation.

Ces sanctions avaient été levées à la suite de l’engagement des militaires maliens sur la voie d’une transition de 18 mois maximum pour rendre le pouvoir à des dirigeants civils issus d’élections. Mais la Cédeao a exprimé des inquiétudes croissantes sur le respect de ces échéances.

« Démocratie à terre »

Comme au Mali, les militaires guinéens peuvent se prévaloir d’une certaine popularité, comme en attestent les manifestations de joie observées dans différents quartiers de Conakry, encore alimentée par la libération mardi d’un premier groupe de dizaines d’opposants au régime déchu, et la floraison spontanée d’affiches à la gloire du lieutenant-colonel Doumbouya.

Réunis au sein d’un « Comité national du rassemblement et du développement » (CNRD), ils ont justifié leur coup de force par la nécessité de mettre fin à « la gabegie financière » ainsi qu’au « piétinement des droits des citoyens ».

Ils ont dissous le gouvernement et les institutions et aboli la Constitution qu’avait fait adopter M. Condé en 2020 et qui avait ensuite invoqué ce changement de loi fondamentale pour se représenter après deux mandats, malgré des mois de contestation réprimée dans le sang.

Les putschistes ont promis une « concertation » nationale en vue d’une transition politique confiée à un futur « gouvernement d’union nationale », sans autre précision, notamment en termes de calendrier.

Aucun décès lié au putsch n’a été rapporté officiellement. Mais des médias guinéens ont fait état d’une dizaine à une vingtaine de morts dans les rangs de la garde présidentielle, des informations invérifiables faute d’accès aux hôpitaux.

Parmi ses dernières décisions, le CNRD a annoncé jeudi soir le gel temporaire des comptes bancaires des établissements publics à caractère administratif et commercial, ainsi que des anciens membres du gouvernement, préalablement écartés au profit des secrétaires généraux de chaque ministère.

De leur côté, certains partisans de M. Condé laissaient percer leur amertume.

« La Guinée s’est battue toujours pour la démocratie et la démocratie étant vraiment instaurée, en un seul jour les militaires sont venus vraiment mettre cette belle démocratie à terre », a déclaré à l’AFP Victor Léno, enseignant et membre de la jeunesse de l’ex-parti au pouvoir.

Un responsable du parti, Mahmoudou Traoré, a pour sa part incité à la vigilance envers les putschistes, citant l’exemple d’autres pays. Selon lui, « quand les militaires disent +nous venons pour un petit temps+ ils vont faire plus de 5, 6 ou 7 ans » au pouvoir.

Par Le Point avec AFP

Guinée : des détenus politiques libérés

septembre 8, 2021

GESTES. Militants civils, opposants politiques : emprisonnés pour avoir manifesté contre Alpha Condé, ils ont été libérés à la suite d’une promesse des militaires.

Les putschistes en Guinee ont, dans un geste d'apaisement, libere un groupe d'opposants politiques au president dechu Alpha Conde.
Les putschistes en Guinée ont, dans un geste d’apaisement, libéré un groupe d’opposants politiques au président déchu Alpha Condé.© CELLOU BINANI / AFP

Il y avait foule ce mardi 7 septembre devant la prison civile de Conakry. Un premier groupe composé d’une dizaine de personnes, arrêtées notamment lors des manifestations contre le 3e mandat d’Alpha Condé, a commencé à être libéré. Parmi elles, les opposants Abdoulaye Bah et Étienne Soropogui, ou encore un transfuge du parti au pouvoir, Ismaël Condé, condamné à trois ans et quatre mois de prison pour des propos laissant entendre que seules les armes pourraient chasser Alpha Condé du pouvoir.

Une liste de 79 détenus libérables a été approuvée après des consultations entre les nouvelles autorités, l’administration pénitentiaire et les avocats des détenus, selon ces derniers. Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de mouvements politiques et de la société civile qui a mené la contestation, espérait initialement dès lundi la libération de ses membres emprisonnés.

Depuis sa réélection contestée, Alpha Condé multipliait les interpellations. Au total, 400 personnes auraient été interpellées arbitrairement à l’issue de la présidentielle du 18 octobre 2020. Et leurs conditions de détention étaient plus que préoccupantes. D’une capacité de 300 personnes, la prison civile de Conakry accueillerait environ 1 500 détenus, selon un rapport de l’Union européenne sur les droits humains et la démocratie dans le monde paru en juin dernier.

Les putschistes essayent de rassurer

Les forces spéciales disent avoir agi pour mettre fin à « la gabegie financière » et au « piétinement des droits des citoyens ». Elles ont dissous le gouvernement et les institutions et aboli la Constitution qu’avait fait adopter Alpha Condé en 2020 en invoquant ce changement de loi fondamentale pour se représenter après deux mandats, malgré des mois de contestation réprimée dans le sang.

« On est derrière Doumbouya », a déclaré à l’AFP Abdoul Gadiri Diallo, à Bambéto, banlieue réputée favorable à l’opposition régulièrement secouée par des heurts entre manifestants et forces de sécurité. « Il va très bien redresser ce pays-là, on compte sur lui. »

Pour un autre habitant de Bambéto, Kaba Kemoko Lamine, « le peuple attendait ça depuis fort longtemps et l’occasion était là ». Les militaires ont également commencé mardi à démanteler les postes mixtes armée-gendarmerie-police installés sur les principaux axes de la capitale, notamment en banlieue, qui permettaient au régime Condé, selon ses détracteurs, de juguler les manifestations.

Une junte sous pression

Les militaires emmenés par le chef des forces spéciales, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, insistaient également sur la prochaine ouverture d’une « concertation » nationale pour définir les modalités de la transition politique conduite par un futur gouvernement d’union nationale dans ce pays à l’histoire politique mouvementée.

La coalition de l’opposition dirigée par l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo et opposant à Condé a exprimé son soutien au nouveau pouvoir militaire, l’exhortant à œuvrer en priorité à « la mise en place d’institutions légitimes capables » de « conduire rapidement le pays à la réconciliation nationale et à l’instauration de l’État de droit ».

Ces premiers gestes ont eu lieu la veille d’un sommet virtuel de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sur la Guinée. À la suite d’un putsch similaire au Mali voisin en août 2020, la Cedeao avait pris des sanctions, essentiellement économiques, jusqu’à ce que les militaires s’engagent sur la voie d’une transition de dix-huit mois maximum pour rendre le pouvoir à des dirigeants civils issus d’élections.

Une délégation au Mali, conduite par le médiateur de la Cedeao dans cette crise, l’ex-président nigérian Goodluck Jonathan, a d’ailleurs exprimé mardi son inquiétude quant au respect des échéances, se disant « préoccupée par l’insuffisance d’actions concrètes dans la préparation effective du processus électoral ».

L’épilogue de plus de dix années de régime d’Alpha Condé en Guinée a suscité une large réprobation internationale, notamment de l’Union africaine (UA) qui a appelé à la « libération immédiate » de M. Condé et au « retour à l’ordre constitutionnel ».

Par Le Point avec AFP

Coup d’État en Guinée : le chef putschiste Mamady Doumbouya promet un gouvernement « d’union »

septembre 6, 2021

Avec France24

Guinée: Sous le parapluie, Alpha Condé ignorait les ambitions de l’élève

septembre 6, 2021

Mamady Doumbouya, bon et grand légionnaire, façonné et sorti du moule français, suscitait l’admiration d’Alpha Condé.

Après avoir reçu tant d’échos de la part de la France, des qualités et prouesses de son ressortissant faisant l’honneur et la fierté de la Guinée. Il le fait venir pour organiser et assurer sa sécurité. Or grave erreur. Il en a pris à ses dépens.

Aujourd’hui, l’élève admiré et discipliné est devenu le maître adulé et acclamé par la population.

Celui qui te porte la parapluie, – s’il le retire – tu te mouilles sous la pluie, sans pitié.

Bernard NKOUNKOU-BOUESSO