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États-Unis : un nouveau médicament contre Alzheimer autorisé

juin 8, 2021

Le régulateur américain du médicament vient d’approuver un nouveau médicament contre la maladie d’Alzheimer, 6e cause de décès aux États-Unis.

Aux Etats-Unis, la maladie d'Alzheimer est la 6e cause de deces (illustration).
Aux États-Unis, la maladie d’Alzheimer est la 6e cause de décès (illustration).© Dylan Meiffret / MAXPPP / PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP

Ce n’était plus arrivé depuis dix-huit ans. Un nouveau médicament contre la maladie d’Alzheimer vient d’être approuvé par le régulateur américain. « Cette autorisation est significative par de nombreux aspects », a déclaré l’agence américaine des médicaments (FDA) dans un communiqué. Nommé Aduhelm et produit par l’entreprise pharmaceutique Biogen, il s’agit du « premier traitement approuvé contre la maladie d’Alzheimer depuis 2003 », a souligné la FDA.

Surtout, c’est le premier dirigé contre le mécanisme de la maladie même, « la présence de plaques bêta-amyloïdes dans le cerveau », a-t-elle ajouté. « Nous nous réjouissons de cette décision historique », a réagi l’organisation américaine Alzheimer Association.« C’est le premier médicament approuvé par la FDA qui ralentit le déclin dû à la maladie », a déclaré dans un communiqué son président, Harry Johns.

« Les bénéfices (…) surpassent les risques »

En novembre, un comité d’expert s’était pourtant prononcé contre une autorisation de ce traitement, jugeant qu’il n’avait pas suffisamment fait preuve de son efficacité. Un avis non contraignant mais dont il est rare que la FDA s’affranchisse. Le comité avait étudié les données de deux études : un grand essai clinique avait conclu que le médicament des laboratoires Biogen était efficace, tandis qu’un autre avait donné des résultats négatifs.

Mais « la FDA a déterminé qu’il existe des preuves substantielles que l’Aduhelm réduise les plaques bêta-amyloïdes dans le cerveau et que la réduction de ces plaques soit raisonnablement susceptible d’entraîner d’importants bénéfices pour les patients », a-t-elle déclaré. L’Agence a ainsi « conclu que les bénéfices (…) surpassent les risques » de la prise de ce médicament, a-t-elle ajouté. La FDA a par ailleurs utilisé une procédure accélérée qui ne confère au produit qu’une autorisation conditionnelle – une possibilité qui n’avait pas été étudiée par le comité.

Sixième cause de décès aux Etat-Unis

« La FDA demande à Biogen de conduire des essais cliniques post-autorisation pour vérifier les bénéfiques cliniques du médicament », a ainsi précisé le régulateur américain. « Si le médicament ne fonctionne pas comme prévu, nous pourrons prendre des mesures pour le retirer du marché. » Près de 6 millions d’Américains vivent avec Alzheimer, qui constitue la sixième cause de décès aux Etats-Unis. La maladie vole peu à peu la mémoire aux patients atteints, qui lors des dernières phases de la maladie ne peuvent plus effectuer les tâches quotidiennes ou tenir de conversations.

« Le besoin de traitement est urgent », a martelé la FDA. « Je pense que nous avons clairement entendu de la part des patients qu’ils sont prêts à accepter une certaine incertitude pour avoir accès à un médicament qui pourrait produire des effets significatifs », a argumenté lors d’un point presse Peter Stein, responsable au sein de l’Agence. Le coût du produit reviendra à environ 56 000 dollars par an pour un Américain de poids moyen, a annoncé l’entreprise lundi, et son remboursement dépendra de la couverture santé à laquelle chaque patient a souscrit.

Des experts tempèrent l’enthousiasme

Le médicament utilise une molécule, baptisée aducanumab. Il s’agit d’anticorps monoclonaux qui visent à dissoudre les agrégats de cette protéine, la bêta-amyloïde, qui s’accumule et crée des plaques dans les tissus cérébraux des patients atteints d’Alzheimer. Cette cible est l’une des principales pistes explorées par la recherche contre cette pathologie dégénérative. Mais les études sur des traitements ont subi ces dernières années revers sur revers, et aucun remède permettant une guérison n’existe à ce jour. C’est pourquoi ce médicament, administré toutes les quatre semaines par intraveineuse, a été vu comme une lueur d’espoir.

Mais conformément au grand débat qui agite la communauté scientifique autour de ce traitement, certains experts ont lundi tempéré l’enthousiasme. « Si je suis heureux que l’aducanumab ait reçu une autorisation, nous devons être clair sur le fait qu’au mieux, ce médicament aura un bénéfice marginal qui aidera uniquement certains patients choisis avec soin », a déclaré John Hardy, professeur en neuroscience au University College de Londres. « Nous aurons besoin de meilleurs médicaments à l’avenir. »

Pour la responsable scientifique de la Alzheimer Association, c’est justement ce vers quoi l’autorisation de la FDA va permettre de tendre : « L’histoire a montré qu’une autorisation d’un premier médicament d’une nouvelle catégorie stimulait le secteur, augmentait les investissements dans de nouveaux traitements et encourageait l’innovation », a déclaré Maria Carrillo, citée dans le communiqué de l’organisation. L’action de Biogen a bondi en Bourse lundi, montant de +38,34 % après la clôture de Wall Street. Elle avait temporairement été suspendue dans la matinée pour éviter une trop grande volatilité.

Par Le Point avec AFP

Canada/Québec: Accusée d’avoir volé et fraudé sa mère de 81 ans atteinte d’Alzheimer, sa crédibilité remise en cause

février 14, 2020

 

Le procès pour vol et fraude de Guylaine Mongrain s’est terminé vendredi, au palais de justice de Trois-Rivières.
© FRANÇOIS GERVAIS Le procès pour vol et fraude de Guylaine Mongrain s’est terminé vendredi, au palais de justice de Trois-Rivières.
TROIS-RIVIÈRES — Les propos qui auraient été tenus par la mère de Guylaine Mongrain, à l’effet qu’elle acceptait de lui verser d’importantes sommes d’argent alors que son état médical la rendait inapte à s’occuper de ses finances doivent-ils être admis en preuve? C’est là l’une des principales questions qu’aura à se poser le juge Pierre Lortie, qui a pris en délibéré cette cause dont le procès s’est achevé vendredi, au palais de justice de Trois-Rivières.

Guylaine Mongrain est cette Trifluvienne de 53 ans accusée d’avoir volé et fraudé sa mère de 81 ans atteinte d’Alzheimer pour un peu plus de 173 000 $. L’accusée allègue pour sa part qu’en plus de plusieurs dépenses effectuées pour les bons soins de sa mère, quatre importants montants ont été transférés vers son compte selon les volontés de sa mère. Parmi ces transferts, un montant de 41 200$ qui aurait été un cadeau pour une mise de fonds sur une maison que l’accusée souhaitait s’acheter, de même qu’un montant de 85 000$ qui aurait été un héritage d’une tante que sa mère souhaitait lui verser même si la succession n’avait pas encore été réglée.

Au dernier jour de ce procès, les avocats ont présenté leurs plaidoiries au juge Lortie. Pour le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, le juge ne peut pas admettre en preuve les propos qui auraient été tenus par la mère de Guylaine Mongrain, et rapportés à la cour par l’accusée, ce qui constituerait du voir-dire et donc une preuve qui ne peut être corroborée étant donné l’incapacité cognitive de l’octogénaire pour venir témoigner aujourd’hui. D’ailleurs, il a invité le juge à se questionner sur la crédibilité de l’accusée, étant donné que cette dernière aurait volontairement caché la condition médicale de sa mère au personnel de la banque lorsque les deux femmes s’y sont rendues afin de faire ces importants transferts de fonds.

D’ailleurs, Me Beauchamp-Laliberté a rappelé que l’une des employées de la banque, appelée à la barre des témoins, a reconnu que si elle avait été au fait de l’état de santé de la dame au moment du transfert, elle n’aurait probablement pas procédé à la transaction.

Par ailleurs, la poursuite est d’avis qu’en supposant que le montant de 85 000 $ allait être remboursé à sa mère dès que la succession de sa tante serait réglée, elle a ignoré volontairement le cadre légal des procédures de succession. Citant de la jurisprudence en la matière, Me Beauchamp-Laliberté a rappelé au tribunal que la croyance subjective de l’accusée que quelque chose va se produire n’est pas une défense en matière de fraude. Il note en outre que les différents témoignages entendus lors du procès ont pu démontrer que les explications fournies par l’accusée pour justifier ses actions ont changé d’une personne à l’autre durant la période des infractions.

De son côté, l’avocat de l’accusée, Me Maurice Biron, est plutôt d’avis que les propos de la mère de sa cliente doivent être admis en preuve, d’autant plus que des employés de la banque pouvaient aussi témoigner de la volonté de la mère lors des rendez-vous pour les transferts. Il soutient par ailleurs qu’à aucun moment au cours du procès, on ait pu faire la preuve hors de tout doute raisonnable de la malhonnêteté de sa cliente, qui aurait plutôt agi de bonne foi selon la défense.

Selon Me Biron, les témoignages recueillis des employés de la banque relatent que les transactions pouvaient être complétées, qu’aucune anomalie n’a été remarquée par les employés de la banque et que de ce fait, on ne pouvait exiger de sa cliente qu’elle soit plus vigilante que ces employés. Guylaine Mongrain a d’ailleurs soutenu, dans son témoignage, que les difficultés de sa mère étaient davantage langagières que cognitives à cette époque selon les conclusions du médecin. Un fait nuancé par la poursuite, qui rappelle que le corps médical avait donné un avis sur l’inaptitude de la mère à gérer ses finances.

Me Biron rappelle par ailleurs que les premières discussions entre Guylaine Mongrain et sa mère au sujet de l’héritage de sa tante remontaient à 2012, moment où aucun diagnostic n’était alors prononcé et où la dame avait toutes ses capacités cognitives. Me Beauchamp-Laliberté estime plutôt que ce que le tribunal devra retenir, c’est la déclaration d’inaptitude de la dame au moment où les transactions ont été réalisées à la banque.

La Couronne a d’ailleurs rappelé au tribunal qu’au moment de la dernière transaction, soit un virement de 85 000 $ avec retrait le jour même de 9500 $ en argent, l’accusée se trouvait dans une situation financière difficile, alors qu’elle vivait de l’assurance-salaire puisqu’elle était en arrêt de travail depuis trois mois. La maison qu’elle a achetée avec la mise de fonds financée par sa mère a d’ailleurs fait l’objet d’une reprise de finances depuis.

Le juge Pierre Lortie a pris la cause en délibéré et rendra sa décision le 19 juin prochain.

Par Paule Vermot-Desroches – Le Nouvelliste

L’appétit de Danone pour la nutrition médicale

octobre 28, 2011

Le groupe met les bouchées doubles pour faire grossir son activité de produits distribués en pharmacie et à l’hôpital. Il se développe notamment sur les allergies et la malnutrition, sans oublier la maladie d’Alzheimer.

Rien ne tempère l’optimisme de Flemming Morgan, patron de la division nutrition médicale de Danone. Quatre ans avoir rejoint le numéro un mondial des produits laitiers frais, il souhaite passer à la vitesse supérieure. «Nous voulons accélérer la croissance de notre activité, explique cet Écossais, qui dirige depuis cinq ans l’ex-activité de Numico, racheté en 2007. Nous souhaitons innover sur de nouveaux segments et introduire la nutrition médicale dans de nouveaux pays.»

La nutrition médicale est le métier le plus méconnu de Danone, qui représente seulement le tiers des ventes d’Activia. En croissance annuelle de 10% depuis quatre ans, c’est l’activité la plus rentable du groupe. Celle dont Franck Riboud, PDG de Danone, assure qu’elle a un «formidable potentiel mécanique imparable», en raison du vieillissement de la population mondiale, de la généralisation de maladies comme le diabète et les allergies, ou encore de la progression de fléaux comme le cancer et la maladie d’Alzheimer.

Il s’agit d’un marché mondial de 8 milliards de dollars encore très centré sur l’Europe et les États-Unis. Un nouveau terrain de chasse pour les groupes agroalimentaires. Danone et Nestlé convoiteraient d’ailleurs la branche nutrition de Pfizer. «Nous sommes à mi-chemin entre l’alimentation et la pharmacie, explique Flemming Morgan, qui revendique la première place en Europe devant Abbott et Nestlé. Nous développons nos produits avec une approche pharmaceutique, mais ils n’en restent pas moins des aliments. Il n’est pas question de remplacer les médicaments mais d’apporter des solutions complémentaires.» Da­none a apporté sa connaissance des consommateurs en améliorant goûts et textures des produits.

Des segments spécifiques

Ces derniers ne sont pas vendus en supermarchés mais pour moitié en pharmacies, en général sur ordonnance et remboursés. Administrés par voie orale ou à l’aide d’un tube ou d’une sonde, ils sont aussi prescrits à l’hôpital et dans les maisons de retraite. Face à des médecins généralistes débordés et peu formés à la nutrition, Danone parie sur ses relations avec les chercheurs ou encore avec les associations pour servir de relais d’opinion.

Danone a choisi de se focaliser sur des segments spécifiques. Avec sa poudre infantile Neocate, il propose un substitut au lait pour les bébés allergiques au lait de vache. Avec son blockbuster Fortimel, il apporte dans une bouteille de 200 ml l’ensemble des besoins journaliers à des personnes ayant perdu l’appétit. Danone fabrique aussi des produits sur mesure, à la demande, dans son usine de Liverpool.

Avec Souvenaid, qui en est à sa deuxième série d’essais cliniques, le groupe parie sur un traitement d’accompagnement de l’Alzheimer. Le quatrième âge représente 60% de l’activité nutrition médicale. «Nous pouvons aider les personnes âgées à vivre plus longtemps de façon autonome, explique Flemming Morgan, le patron de la division nutrition médicale de Danone. Cela signifie aussi pour l’État des économies importantes.»

Avec l’augmentation vertigi­neuse des dépenses de santé, c’est l’un des paris de Danone. Pour accompagner les patients sortis de l’hôpital, le groupe développe la livraison à domicile, en s’appuyant sur des équipes d’infirmières maison. Danone se prépare aussi à un autre défi, «réaliser 50% de son activité dans les pays émergents» où il vend déjà des poudres àmélanger avec de l’eau, moins chères…

Lefigaro.fr par Keren Lentschner

L’état de santé fragile de Jacques Chirac

septembre 5, 2011

Rançon de la gloire, le secret médical pour Jacques Chirac n’est pas franchement respecté. Bien qu’aucun diagnostic précis n’ait été divulgué, l’exégèse pointue de son état de santé par le monde judiciaro-médiatique offre des pistes assez précises pour analyser le mal qui l’affecte. Ceux qui l’ont rencontré récemment savent que l’ex-président de la République souffre depuis plusieurs mois d’une fragilité neurologique.

À 78 ans, l’ancien chef de l’État serait atteint d’une affection neurodégénérative du cerveau débutante. S’agit-il de la maladie d’Alzheimer ? D’une démence vasculaire ? Ces deux pathologies se traduisent par une détérioration des capacités intellectuelles. Elles sont parfois associées. Mais ont en réalité des caractéristiques qui permettent en général de les distinguer.

Ainsi, l’accident vasculaire cérébral (AVC) qui a affecté Jacques Chirac en 2005 ferait penser plutôt à des troubles cognitifs d’origine vasculaire. «Le diagnostic peut être porté sur l’imagerie médicale, notamment par résonance magnétique nucléaire, qui, en cas d’AVC, permet de voir des images lacunaires au niveau du cerveau, explique le Dr Olivier de Ladoucette (gériatre, président de l’Ifrad, à Paris). Par ailleurs, l’évolution est différente de celle de la maladie d’Alzheimer, qui est progressive. Les démences d’origine vasculaire évoluent en marche d’escalier.»

De plus, dans le cadre des dégénérescences cérébrales d’origine vasculaire, des troubles moteurs sont souvent associés, marche à petits pas, tendance à tomber en arrière, troubles de l’élocution… Peuvent s’y ajouter des perturbations de l’humeur, un désinvestissement progressif…

Après un premier AVC important, un patient peut récidiver à bas bruit, avec de petits AVC qui passent inaperçus sur le plan clinique mais qui peuvent à long terme entraîner des difficultés cognitives plus importantes, explique la Pr Françoise Forette, spécialiste de médecine interne et de gériatrie.

Certaines zones du cerveau sont mal irriguées et manquent d’oxygène du fait d’une succession de petits accidents dans les vaisseaux sanguins. C’est ainsi que peut se constituer une démence vascu­laire, qui représente 30 % de toutes les démences, précise le Pr Forette. Selon les zones du cerveau touchées, surviendront pertes de mémoire, troubles du langage, perturbation des capacités de raisonnement.

L’âge est un facteur de risque : les possibilités de régénération du cerveau liées à sa plasticité diminuent en vieillissant. Les structures qui prennent le relais après un AVC peuvent ne plus être capables de le faire, parce que chaque jour on perd un peu plus de neurones, relève le Pr Yves Dauvilliers, neurologue au CHU de Montpellier. Par ailleurs, ajoute le Dr Ladoucette, tout traumatisme psychique ou physique peut constituer un facteur aggravant. L’épreuve judiciaire à laquelle est confronté l’ancien président pourrait lui être préjudiciable.

Les lésions d’origine vasculaire peuvent coexister avec la maladie d’Alzheimer. Si celle-ci est la plus connue du grand public et la plus fréquente, il existe au moins une demi-douzaine de maladies neurodégénératives, selon Mme Forette.

Lefigaro.fr par Martine Perez