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Mali: l’ex-président Amadou Toumani Touré de retour dimanche

décembre 22, 2017

Bamako – Le chef de l’Etat malien Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé vendredi le retour dimanche à Bamako de l’ex-président Amadou Toumani Touré (2002-2012), en exil au Sénégal depuis cinq ans, qui a exclu de s’engager de nouveau en politique.

Il s’agit de la première confirmation officielle des affirmations ces derniers jours de proches d’Amadou Toumani Touré, dit « ATT », annonçant son retour imminent.

« Le moment est venu de dire à notre jeune frère Amadou Toumani Touré de revenir au Mali. Il a quitté le pouvoir de manière légale », a déclaré le président Keïta à Bamako pendant la cérémonie de lancement de la Journée nationale des communes.

« C’est pourquoi, au nom du Mali, je l’ai décidé. Je dis: +Mon cher cadet, il est temps de revenir, le climat me semble favorable+ », a-t-il ajouté, précisant qu’il déjeunerait dimanche avec lui à sa résidence.

« Il est temps que nous dépassions les petites passions. Le Mali d’aujourd’hui a besoin de cela », a estimé le chef de l’Etat.

Joint au téléphone par l’AFP de Bamako, Amadou Toumani Touré s’est dit « heureux ».

« Je remercie les autorités sénégalaises. Je vais voir dès dimanche, s’il plaît à Dieu, mon aîné, le président IBK (Ibrahim Boubacar Keïta). Je ne vais pas faire de politique », a-t-il ajouté.

Une élection présidentielle est prévue au Mali en 2018, mais M. Keïta n’a pas encore dit s’il serait candidat.

Général à la retraite élu président en 2002, réélu en 2007, « ATT » avait été renversé le 22 mars 2012 par des militaires qui l’accusaient d’incurie face à la rébellion dans le nord du pays. En avril 2012, il avait ensuite formellement démissionné, puis quitté le Mali pour Dakar avec sa famille.

Il était menacé d’un procès pour « haute trahison » au Mali, à la suite notamment d’accusations du gouvernement en décembre 2013. Mais l’Assemblée nationale a rejeté en décembre 2016 à une écrasante majorité l’ouverture de poursuites contre lui.

« Je vais lui envoyer l’aéronef de la République pour le chercher et le ramener au Mali », a indiqué M. Keïta, soulignant avoir remercié son homologue sénégalais Macky Sall « pour son hospitalité ».

M. Touré a ces dernières années mené une existence discrète à Dakar, n’apparaissant presque jamais ni ne s’exprimant en public.

Le putsch de 2012 a précipité la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg et aux groupes jihadistes liés à Al-Qaïda dans le nord du Mali. Cette vaste région était alors tombée sous la coupe des jihadistes d’abord alliés aux rebelles, qu’ils avaient ensuite évincés.

Ces groupes jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés par une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013, à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes.

Romandie.com avec(©AFP / 22 décembre 2017 16h26)                                            

Financement présumé de Sarkozy par Kadhafi : ATT entendu comme témoin à Dakar

mars 31, 2015

Seif el-Islam Kadhafi et le président Amadou Toumani Touré, à Bamako en septembre 2009.
Seif el-Islam Kadhafi et le président Amadou Toumani Touré, à Bamako en septembre 2009. © Mahmud Turkia/AFP

L’ancien président du Mali, Amadou Toumani Touré, a été entendu en qualité de témoin le 24 mars à Dakar par la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre de l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

L’information est restée secrète pendant près d’une semaine. L’ancien président du Mali, Amadou Toumani Touré (ATT), a été entendu en qualité de témoin le 24 mars à Dakar par la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre de l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. L’audition a eu lieu en présence de deux juges d’instruction français du tribunal de grande instance de Paris et a duré plusieurs heures. La DIC exécutait ainsi une commission rogatoire de la justice française.

Le Mali fut l’un des terrains de jeu préférés de Kadhafi et le premier bénéficiaire de ses investissements en Afrique – environ 250 milliards de F CFA (380 millions d’euros) entre 2002 et 2011. Les juges français veulent vérifier le rôle de Bamako dans d’éventuels versements occultes et soupçonnent certains hommes d’affaires maliens d’être impliqués dans l’affaire.

Dans le cadre de l’enquête, ils avaient déposé en août 2014 une demande d’entraide judiciaire internationale au ministère de la Justice à Bamako, par le biais de l’ambassade de France. Outre des politiciens et des hommes d’affaires de l’entourage d’ATT, son ancien conseiller Cheick Amadou « Bany » Kanté est cité dans la demande d’entraide.

« Bany » Kanté gérait certains investissements libyens au Mali. Ex-DG d’Air Mali, représentant de la Libyan Africa Investment Portfolio (LAP), secrétaire national adjoint du parti pour le développement économique et social (PDES) – le parti d’ATT – et proche de Béchir Salah, l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi, il est soupçonné d’avoir joué un rôle de « porteur de valises » dans l’affaire du financement présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi.
Jeuneafrique.com par Vincent Duhem

Mali : accusé de complicité d’assassinat, Sanogo encourt la peine de mort

avril 24, 2014
Amadou Haya Sanogo a été nommé général 4 étoiles en août 2013. © DR

Amadou Haya Sanogo a été nommé général 4 étoiles en août 2013. © DR

Le général putschiste Amadou Haya Sanogo a vu les accusations le visant s’alourdir. En plus de complicité d’enlèvement, il doit répondre depuis le 22 avril du chef de complicité d’assassinat dans l’affaire des Bérets rouges d’avril-mai 2012.

Lors de sa première comparution devant le juge, le 27 novembre 2013, le général Amadou Haya Sanogo avait été accusé de complicité d’enlèvement dans l’affaire dite des bérets rouges. Mais depuis le 22 avril, avec 27 de ses hommes, le leader des putschistes est accusé de complicité d’assassinat. En conséquence, l’ancien homme fort de Bamako encourt, selon le code de procédure pénale, jusqu’à la peine capitale.

L’enquête en cours a avancé notamment grâce aux aveux d’hommes de rang et de sous-officiers ayant participé aux pelotons d’exécution ayant agi lors du « contre coup d’État » du 30 avril 2012, qui avait opposé les bérets verts pro-putschistes aux bérets rouges dévoués à l’ancien président Amadou Toumani Touré, renversé le 22 mars précédent. Le conflit entre les deux corps d’armée s’était soldé par la disparition de 21 bérets rouges – et la dissolution de ce corps, jusqu’à sa réhabilitation, fin mars 2013.

« L’heure est au repentir »

Dans ce dossier, Sanogo est loin d’être en position de force. « Désormais, c’est chacun pour soi, et Dieu pour tous », sourit une source proche du dossier ayant assisté à l’audition, mardi 22 avril, du général quatre étoiles. Ce dernier se serait montré « assagi », « plus mûr », et « déçu de beaucoup de gens » qu’il pensait compter parmi ses soutiens. Les anciens putschistes détenus auraient changé d’attitude : « l’heure est au repentir », poursuit le juriste.

Sanogo a été transféré à la prison de Sélingué pour raisons de sécurité et privé de téléphone. Ses avocats ont encore obtenu une fin de non-recevoir à leur dernière demande de mise en liberté provisoire de leur client. Enfin, la demande de récusation du juge d’instruction en charge du dossier a été refusée par le premier président de la Cour d’appel, le 15 avril.

Premier volet d’une saga judiciaire accablant le général Sanogo, l’affaire des bérets rouges devrait bientôt quitter les bureaux du juge d’instruction, Yaya Karembé, pour être jugée. Mais un autre dossier est déjà sur le feu : celui de la « mutinerie » du 30 septembre dernier, à la suite de laquelle plusieurs corps de militaires disparus avaient été retrouvés. Pour cette dernière affaire, Sanogo et certains membres de son entourage – tous ne sont pas impliqués dans l’affaire des bérets rouges-, sont accusés de faits de torture, séquestration et assassinat.

Jeuneafrique.com par Dorothée Thiénot, à Bamako