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Militaires disparus au Mali : nouveau corps découvert près de Bamako

mars 2, 2014

Un corps en décomposition, avec des galons de colonel, a été découvert dans un puits à Kati, près de Bamako, dans le cadre de l’enquête sur la disparition de militaires autour du coup d’État de 2012 au Mali, ont indiqué dimanche à l’AFP des sources judiciaires.

Depuis début décembre 2013, plusieurs corps soupçonnés être ceux de militaires disparus ont été retrouvés dans différentes fosses communes dans des zones proches de Kati, ville-garnison à 15 km de Bamako qui fut le quartier général des soldats ayant renversé le 22 mars 2012 le président Amadou Toumani Touré.

Les enquêteurs ont retrouvé dans un puits de Kati, dans la nuit de samedi à dimanche, le corps d’un militaire, ainsi que ses galons de colonel. Le corps était en décomposition, a affirmé à l’AFP une source judiciaire sous couvert d’anonymat.

L’information a été confirmée par un proche du juge Yaya Karembé, chargé de l’instruction sur la disparition de soldats dits Bérets rouges, considérés comme proches du président renversé.

« Le corps a été retrouvé dans un puits profond de 50 mètres. Ce sont des militaires arrêtés dans le cadre des enquêtes qui ont indiqué l’endroit aux enquêteurs », a dit ce proche du juge Karembé, présent lors de la découverte.

« La maison où le corps a été retrouvé appartient à un important membre de l’ex-junte militaire des putschistes de mars 2012 », a-t-il précisé.

Dans le cadre de l’affaire dite des Bérets rouges, le meneur du coup d’Etat, le général Amadou Haya Sanogo, ainsi que plusieurs militaires ont été arrêtés, inculpés de complicité d’assassinat et incarcérés depuis novembre 2013.

Une source proche de l’enquête a indiqué le corps découvert dans la nuit de samedi à dimanche pourrait être celui du colonel Youssouf Traoré, un des putschistes de 2012 s’étant ensuite opposés au général Sanogo.

« C’est un caporal actuellement aux arrêts, ancien homme de main du général Sanogo, qui a indiqué aux enquêteurs le puits, en précisant que c’est là que le colonel Youssouf Traoré a été enterré. Mais il faut des analyses pour confirmer qu’il s’agit bien de son corps », a précisé la même source.

Le putsch du mars 2012, qui avait été précédé d’une offensive de rebelles touareg et islamistes armés, a précipité le Mali dans le chaos.

La crise, qui a duré 18 mois, a été marquée par une occupation des régions du Nord malien pendant près de dix mois par les jihadistes alliés d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ces derniers ont été chassés à partir de janvier 2013 par une intervention internationale lancée par la France, toujours en cours avec des troupes sous mandat de l’ONU.

Vendredi, à l’issue d’une visite de dix jours sur place, Suliman Baldo, expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali nommé par l’ONU, avait estimé que de nombreux commis tant par des groupes armés que par des soldats maliens demeuraient impunis en dépit d’efforts louables des autorités maliennes.

M. Baldo avait appelé à prendre des mesures pour accélérer les enquêtes, pour permettre à la justice de faire son travail et de faciliter l’accès des victimes à la justice.

Jeuneafrique.com

Mali : des islamistes détruisent le monument de l’indépendance à Tombouctou

octobre 28, 2012
Capture d'écran de la détruction d'un mausolée à Tombouctou, le 1er juillet 2012. Capture d’écran de la détruction d’un mausolée à Tombouctou, le 1er juillet 2012. © AFP

Les islamistes armés qui occupent le nord du Mali ont entrepris samedi de détruire le monument de l’indépendance à Tombouctou où ils ont déjà détruit ces derniers mois des trésors du patrimoine mondial, ont indiqué à l’AFP des habitants de la ville.

Les islamistes armés qui occupent le nord du Mali ont entrepris samedi de détruire le monument de l’indépendance à Tombouctou où ils ont déjà détruit ces derniers mois des trésors du patrimoine mondial, ont indiqué à l’AFP des habitants de la ville.

« A l’aide d’un tracteur, les islamistes sont actuellement en train de détruire le monument de l’indépendance de Tombouctou », situé au centre-ville, a affirmé un habitant contacté par téléphone. Un autre témoin a précisé que « huit islamistes avec un bulldozer » étaient « en train de détruire le monument de l’indépendance de Tombouctou ».

Le 18 octobre, les islamistes armés qui ont pris le contrôle du nord du Mali après le coup d’Etat ayant renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars, avaient détruit des mausolées à Tombouctou, selon des témoins. Les islamistes d’Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), groupe armé qui contrôle Tombouctou avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avaient déjà procédé à de telles destructions cet été dans cette ville historique.

Mausolés

En juillet, ils avaient suscité un tollé en détruisant des mausolées en terre dans l’enceinte de la plus grande mosquée de la ville, classée patrimoine mondial en péril. Ils s’attaquent aux mausolées – importants lieux de recueillement – car ils considèrent la vénération des saints comme « de l’idolâtrie », contraire à l’unicité de Dieu.

De nombreux habitants avaient assisté, impuissants, à l’opération de destruction, alors que les islamistes promettaient de détruire tous les mausolées de la région. Ils avaient, quelques jours auparavant, déjà détruit sept des seize mausolées de Tombouctou et brisé la porte sacrée de la mosquée Sidi Yahia. Les islamistes armés prônent la charia (loi islamique), dont ils ont une interprétation rigoriste. Ils commettent en son nom de nombreuses exactions (meurtres, lapidations, amputations, coups de fouet en public) avec de plus en plus de brutalité, selon des témoins.

Le 12 octobre, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution préparant le déploiement d’une force militaire internationale de quelque 3.000 hommes au Mali, donnant 45 jours aux pays ouest-africains, qui en constitueront le noyau, pour préciser leurs plans.

L’Union africaine, que le Mali vient de réintégrer, a appelé mercredi à « une finalisation rapide de la préparation conjointe d’une force internationale, menée par l’Afrique, (…) en vue de reprendre le contrôle des territoires occupés du Nord ». Cette force, composée de milliers de soldats de pays membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), doit être déployée avec l’aval de l’ONU et le soutien logistique de pays comme la France, ex-puissance coloniale au Mali, et les Etats-Unis.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali: « des armes de guerre » bloquées en Guinée depuis fin juillet

septembre 5, 2012
Mali: 'des armes de guerre' bloquées en Guinée depuis fin juillet Mali: « des armes de guerre » bloquées en Guinée depuis fin juillet © AFP

Des « armes de guerre » pour le Mali, achetées par le régime du président malien renversé Amadou Toumani Touré (ATT), sont bloquées depuis fin juillet en Guinée, en accord avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), a affirmé mercredi à l’AFP un ministre guinéen.

« Je ne connais pas encore la nature des armes, mais retenez que ce sont des armes de guerre en provenance de Bulgarie, achetées du temps du régime de ATT. (Elles sont) arrivées à Conakry le 27 juillet 2012 à bord d’un bateau battant pavillon turc », a déclaré le ministre délégué en charge de la Défense, Abdoul Kabélé Camara, dans un entretien avec l’AFP.

« Dès que nous avons été informés de l’arrivé de ce bateau, le président guinéen (Alpha Condé) a pris contact avec ses pairs de la Cédéao, et c’est à partir de ce moment que la décision d’accueillir le navire a été prise. Il y avait vraiment beaucoup de containers dans le bateau et les frais de transport et autres sont supportés par la Cédéao », a-t-il expliqué, sans fournir de montant.

« Nous les avons gardées ici (les armes, NDLR) parce que, entre-temps, le régime avait changé de mains et on ne savait plus » qui allaient les recevoir si elles étaient envoyées au Mali, a ajouté M. Camara.

Amadou Toumani Touré, officier retiré de l’armée qui dirigeait le Mali depuis dix ans, a été renversé par un coup d’Etat militaire le 22 mars, au lendemain d’une mutinerie de soldats et à moins de six semaines d’une élection présidentielle à laquelle il ne se représentait pas.

Les putschistes ont accusé ATT d' »incompétence » dans la lutte contre la rébellion touareg et des groupes islamistes qui menaient depuis mi-janvier des attaques contre l’armée dans le Nord, et protesté notamment contre le manque de moyens pour la guerre contre les assaillants.

Les groupes armés ont profité du putsch pour réaliser une progression-éclair et s’installer dans tout le Nord entre fin mars et début avril. Aujourd’hui, les islamistes ont évincé leurs ex-alliés rebelles touareg et contrôlent totalement le Nord, ainsi que la ville stratégique de Douentza, dans la région de Mopti (centre), qu’ils ont prise le 1er septembre sans combats.

Selon le ministre Abdoul Kabélé Camara, la Guinée a décidé de garder les armes pour le Mali « dans l’intérêt exclusif de la République du Mali et du peuple malien, mais aussi dans l’intérêt des pays voisins du Mali dont la Guinée ».

« Nous n’avons pas saisi ces armes au sens juridique du mot », a-t-il précisé.

Selon lui, la question de ces armes pour le Mali est à l’ordre du jour de rencontres à Conakry avec des délégués de la Cédéao. « Des émissaires de la Cédéao sont (. . . ) dans nos murs à ce sujet, nous allons faire ensemble une expertise en déballant les containers » d’armes, a-t-il dit, sans indiquer de dates.

Le 23 août, un front de partis maliens pro-putsch, le Mouvement populaire du 22 mars (MP22), avait accusé la Cédéao de bloquer des armes pour le Mali dans des ports en Côte d’Ivoire, au Togo et en Guinée.

« La Cédéao maintient l’embargo dans les ports d’Abidjan, Lomé et Conakry et prive notre armée des acquisitions d’armement susceptibles de préparer la contre-attaque au Nord », avait déclaré le MP22 dans un communiqué, sans plus de détails.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali: un soldat « béret rouge » tué près de Bamako dans des conditions « troubles »

août 10, 2012
Mali: un soldat 'béret rouge' tué près de Bamako dans des conditions 'troubles' Mali: un soldat « béret rouge » tué près de Bamako dans des conditions « troubles » © AFP

Un soldat malien appartenant aux « Bérets rouges », un corps d’élite qui assurait la protection de l’ex-président renversé Amadou Toumani Touré (ATT), a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi près de Bamako dans des conditions « troubles », a appris l’AFP de sources concordantes.

« Le sergent-chef Amadou Traoré a été tué par balle dans des conditions troubles dans un camp militaire » situé près de Bamako, a déclaré un de ses collègues, sous couvert de l’anonymat.

Les putschistes du 22 mars contre ATT ont rendu le pouvoir le 6 avril à des civils, mais sont restés très influents à Bamako où ils ont procédé à l’arrestation de nombreuses personnes considérées comme des proches de l’ex-président, dont des militaires. Ils sont accusés par des organisations internationales de défense des droits de l’Homme d’avoir commis de nombreuses exactions et meurtres dans la capitale et ses environs, dont une vingtaine de militaires.

Djénaba Touré, épouse d’un militaire habitant le camp dans lequel le soldat a été tué dans la nuit, a affirmé: « ce n’est pas clair. On veut savoir pourquoi et comment il est mort ».

Le camp des « Bérets rouges » – unité dissoute depuis le coup d’Etat du 22 mars – où a été tué le soldat, est à mi-chemin entre le palais présidentiel de Koulouba et le camp militaire de Kati, quartier général des auteurs du coup d’Etat commandés par le capitaine Amadou Haya Sanogo.

Le 1er août, des dizaines d’épouses de « bérets rouges » s’étaient physiquement opposées à des hommes armés pour les empêcher d’arrêter leurs maris et compagnons dans une caserne située au coeur de Bamako.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali : le président de transition, Dioncounda Traoré, est revenu à Bamako après deux mois d’exil

juillet 27, 2012
Dioncounda Traoré était en France depuis le 23 mai. Dioncounda Traoré était en France depuis le 23 mai. © D.R.

Le président malien de transition, Dioncounda Traoré, a atterri à Bamako, vendredi 27 juillet en fin d’après-midi. Après deux mois d’exil médical en France, il a été accueilli par le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, et le capitaine putschiste, Amadou Haya Sanogo.

Dioncounda Traoré a enfin foulé à nouveau le sol malien après plus de deux mois d’exil. Son avion s’est posé à 17 heures 20 à l’aéroport de Bamako-Senou. Le Premier ministre de transition, Cheick Modibo Diarra, est venu l’accueillir sur le tarmac, tandis que le capitaine putschiste Amadou Haya Sanogo, auteur d’un coup d’État le 22 mars contre l’ex-président Amadou Toumani Touré (ATT), était quant à lui présent dans le salon d’honneur de l’aéroport.

Le comité d’accueil était aussi sécuritaire pour le président de transition, agressé le 21 mai au palais présidentiel de Koulouba à Bamako par une foule enragée. De nombreux hommes armés et encagoulés étaient postés sur les toits alentour pour éviter toute tentative d’assassinat.

Traoré pardonne

« Je pardonne à mes agresseurs », a déclaré M. Traoré dans une courte déclaration à l’aéroport de Bamako. Le peuple malien qui traverse une période très difficile a soif d’unité, je m’y emploiera, a ajouté le chef de l’État qui a indiqué qu’il s’adresserait plus longuement à la nation dimanche.

Jeuneafrique.com

Mali: l’ex-junte propose une concertation pour choisir le président

mai 14, 2012

Le chef des auteurs du coup d’Etat du 22 mars au Mali, le capitaine Amadou Sanogo, a appelé lundi les autorités par intérim du pays à organiser une concertation nationale qui permettra de choisir le président de transition jusqu’à l’élection du prochain chef de l’Etat.

« Nous avons décidé de demander de manière désintéressée à M. le Premier ministre (Cheick Modibo Diarra) dès aujourd’hui d’organiser une convention avec toutes les forces vives de la Nation, sans exclusion aucune », a déclaré à la presse le capitaine Sanogo au camp militaire de Kati (près de Bamako), son quartier général.

« Cette convention sera placée sous la haute présidence » du chef de l’Etat par intérim Dioncounda Traoré, et aura pour principal objectif « le choix du président de la transition, c’est-à-dire l’homme ou la femme (. . . ) qui sera, nous osons l’espérer, une solution » au blocage politique au Mali, a-t-il ajouté.

Le capitaine Sanogo a renversé le 22 mars le régime du président Amadou Toumani Touré (ATT), exilé au Sénégal, puis a officiellement remis le pouvoir aux civils aux termes d’un accord de retour à l’ordre constitutionnel signé le 6 avril avec la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Il reste toutefois très présent sur la scène politique et ne cède pas sur les modalités de la transition, laissant le champ libre aux islamistes, rebelles touareg et groupes criminels armés ayant pris depuis un mois et demi le contrôle du nord du Mali.

Depuis le 12 avril, le pays est théoriquement dirigé par Dioncounda Traoré pour un intérim de 40 jours qui doit s’achever le 22 mai selon la Constitution. L’ex-junte tient au respect de ce délai et s’oppose sur ce point à la Cédéao qui, après avoir fixé une durée de la transition à 12 mois, n’a plus évoqué de calendrier lors d’un sommet à Dakar le 3 avril.

Depuis, des pourparlers laborieux se sont déroulés entre l’ex-junte et les médiateurs de la Cédéao, qui ont quitté Bamako la semaine dernière sans accord sur le nom du prochain chef de la transition.

Jeuneafrique.com

Force d’intervention au Mali : la Cedeao patiente, pour combien de temps ?

mai 11, 2012

Réunie à Dakar le 3 mai, la Cedeao a fait profil bas. Si elle se dit toujours favorable à l’envoi d’une force d’intervention, elle a précisé que l’opération ne se ferait pas sans le consentement des autorités maliennes de transition. À moins que…

« Un pas en avant, deux pas en arrière. » Comme beaucoup à Bamako, le cadre de l’administration malienne qui nous confie sa déception ce matin-là attendait avec impatience les conclusions des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), réunis le 3 mai. « Mais une fois de plus, on vient de conforter les putschistes dans leur position, regrette-t-il. Ils sont incontournables. » Exagération ? Pas sûr. À Dakar, où ils se sont retrouvés pour un sommet extraordinaire, les présidents de la sous-région sont revenus sur les décisions qu’ils avaient annoncées le 26 avril. Le déploiement de la Force d’attente de la Cedeao (FAC), ont-ils finalement décidé, ne se fera qu’à la demande expresse des autorités de transition. Une reculade ? « Non, soutient un diplomate ouest-africain. Un réajustement, plutôt. Il n’a jamais été question d’imposer aux Maliens des décisions de la Cedeao. »

En attendant, au camp militaire Soundiata Keïta de Kati, le QG des putschistes, situé à une quinzaine de kilomètres de la capitale, on se frotte les mains. On y voit même une petite victoire pour le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDRE), qui a renversé Amadou Toumani Touré (ATT) le 21 mars. En particulier pour son chef, le capitaine Amadou Haya Sanogo : le 26 avril au soir, il avait rejeté en bloc les premières décisions de la Cedeao, et répété que non seulement le président par intérim, Dioncounda Traoré, ne resterait pas en poste durant les douze mois de la transition (durée fixée par l’organisation sous-régionale), mais que de surcroît aucune force étrangère ne foulerait le sol malien sans l’accord du gouvernement de transition, dans lequel l’armée tient notamment les ministères de la Défense et de la Sécurité intérieure.

Autant dire que le climat était tendu à Bamako. Surtout après le déclenchement, le 30 avril, de ce que la presse locale a appelé la « guerre des bérets ». Ce jour-là, des commandos parachutistes – les bérets rouges – ont pris d’assaut le siège de la télévision, l’aéroport international Bamako-Sénou et le QG du CNRDRE à Kati. À leur tête, le lieutenant-colonel Abidine Guindo, commandant du 33e régiment parachutiste de Djicoroni et fidèle du président ATT dont il a organisé l’exfiltration du palais de Koulouba le jour du coup d’État.

Entre bérets rouges et bérets verts (l’armée de terre) les combats ont duré deux jours et fait 27 morts selon les chiffres officiels, 70 selon des sources militaires. Quelques bérets rouges faits prisonniers et exhibés à la télévision ont été présentés comme étant originaires du Burkina et de Côte d’Ivoire. Et à Kati, on a vite fait d’imputer le « contre-coup d’État » aux présidents Blaise Compaoré et Alassane Ouattara. Des accusations jugées fantaisistes dans ces deux pays. « La junte a tellement peur d’être écartée qu’elle voit des complots partout, raille-t-on à Abidjan. Quitte à dépenser de l’énergie, autant se concentrer sur la résolution des problèmes du Nord ! »

Crimes de guerre

Dans cette partie du pays, les populations sont prises en otage par les groupes armés qui contrôlent, depuis la toute fin du mois de mars, les villes de Gao, Kidal et Tombouctou. Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), la rébellion touarègue qui a unilatéralement proclamé l’indépendance du Nord, a perdu du terrain dans les trois régions administratives qu’elle espérait conquérir et, selon un rapport de Human Rights Watch publié le 30 avril, s’est rendue coupable de crimes de guerre. L’ONG évoque notamment des viols, des enrôlements d’enfants-soldats et des pillages.

Quant aux alliés islamistes du MNLA, ce sont eux qui occupent aujourd’hui le devant de la scène… et le théâtre des opérations. Le groupe Ansar Eddine, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l’unicité du djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao, une dissidence d’Aqmi) ont pris l’ascendant sur la rébellion touarègue et sont parvenus à rassembler de nombreux jeunes désoeuvrés. Ils seraient aujourd’hui plus de 6 000, lourdement armés, contre 1 500 hommes au début de la guerre, en janvier. « On savait déjà qu’ils avaient profité de la guerre en Libye pour faire leur marché, explique une source sécuritaire ouest-africaine. Mais, maintenant, ils ont en plus réquisitionné le matériel que l’armée a abandonné dans les camps ». À Gao, ce sont des moudjahidine aguerris qui patrouillent dans des BTR (blindés de transport de troupes) équipés d’« orgues de Staline »…

Dans son communiqué final, le 3 mai, la Cedeao annonce des négociations avec les rebelles. Tente-t-elle de jouer la carte du MNLA contre les islamistes ? « Ce serait trop risqué, explique un connaisseur de la sous-région. Mieux vaut se concentrer sur la mise sur pied d’une force d’intervention. » Celle-ci compterait 5 000 hommes, et non plus 2 000 comme initialement annoncé. Mais de nombreuses questions sont encore à régler. De quels moyens financiers serait-elle dotée ? Quelle serait sa feuille de route : sécuriser les institutions à Bamako ? Ouvrir un couloir humanitaire dans le Nord ? Restaurer l’intégrité territoriale et bouter les islamistes, trafiquants et bandes armées hors du pays ? Le chantier est vaste…

Trio de transition

En théorie, le président par intérim, Dioncounda Traoré, et le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, ont les pleins pouvoirs. En théorie seulement. « Ils consultent la junte, explique un habitué du camp de Kati. Ils n’y sont pas obligés, mais c’est vivement conseillé. » Modibo Diarra entretient des relations cordiales avec le chef de la junte. Tous deux sont originaires de Ségou et ont vécu aux États-Unis. Le capitaine Sanogo laisse les coudées franches à ce « grand frère » qu’il dit admirer. Avec Traoré, les relations sont plus tendues : Sanogo le soupçonne d’avoir manoeuvré pour écarter les militaires. Lorsque, le 26 avril, les chefs d’État de la sous-région ont décidé de maintenir Traoré à la tête de la transition pendant douze mois, Sanogo a eu du mal à cacher sa colère : « Il restera quarante jours, pas un de plus ! » Réponse de Traoré, le 1er mai, via un message à la nation : « Si tel est le souhait partagé, je ne resterai pas une seconde de plus que les jours de l’intérim. » Message que les médias d’État n’ont pas diffusé. Sur ordre de Kati ? M.G.-B.

Une organisation à définir

Le Burkina et la Côte d’Ivoire ont déjà promis de participer, à hauteur respectivement de 500 et 1 000 hommes. Mais se passerait-on de la contribution du Niger, du Sénégal ou du géant nigérian ? Première puissance militaire de l’Afrique de l’Ouest, Abuja pourrait assurer le commandement de cette force ; toutefois, sa connaissance du terrain sahélien est mince, pour ne pas dire inexistante. Pas sûr aussi que la Cedeao puisse se passer de l’expertise de Niamey : moins bien équipée que ses voisins, l’armée nigérienne n’en est pas moins l’une des mieux organisées et des plus dynamiques, et elle a fait montre, à plusieurs reprises, de son efficacité dans la traque de groupes armés. Et puis, comment envisager une opération militaire sans la Mauritanie, le Tchad et l’Algérie ? L’ennui, c’est qu’Alger rechigne à intervenir hors de ses frontières, inquiet des conséquences qu’une telle opération pourrait avoir sur sa propre communauté touarègue – peu enclin aussi à aller combattre des groupes armés dont il a mis du temps à se débarrasser. Enfin, les compétences des Tchadiens seraient les bienvenues. Mais le président Déby Itno a été clair le 10 avril. Dans une conférence de presse, il a affirmé que la question d’une intervention de son pays « [n’était] pas à l’ordre du jour » et que la Cedeao, dont N’Djamena ne fait pas partie, avait « tous les moyens humains pour mettre en oeuvre sa décision ».

Il faudra aussi parvenir à mobiliser les ressources nécessaires. Une source sécuritaire estime qu’une force de la Cedeao coûterait environ 500 millions de dollars (environ 380 millions d’euros) par an. L’organisation sous-régionale compte sur ses partenaires traditionnels : la France, l’Union européenne et les États-Unis, qui ont toutefois prévenu qu’ils n’enverraient aucune troupe au sol (« cela doit rester une affaire africaine », insiste la Cedeao). Un conseiller américain viendrait renforcer l’état-major opérationnel ; Paris et Bruxelles apporteront un appui logistique et financier, à condition qu’il y ait une « feuille de route claire et cohérente pour le Mali », insiste une source française bien informée. « Ce sera la première vraie mission militaire de la Cedeao », dit un général ouest-africain, qui s’attend « à une guerre difficile ». « Mais c’est une guerre vitale pour nous tous. »

Reste à convaincre les autorités de transition maliennes de l’opportunité de faire appel à la FAC. Rien n’est joué. Pour l’heure, la Cedeao prétend ne pas s’en inquiéter. « On est dans le formalisme pour ne brusquer personne, confiait un ministre de la Cedeao à l’issue du sommet. Mais si le danger se précise, rien ne dit que nous n’allons pas nous passer d’autorisation. » À bon entendeur…

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Jeuneafrique.com par Malika Groga-Bada et Rémi Carayol, à Ouagadougo

Mali : Amadou Haya Sanogo, président un jour, président toujours ?

mai 8, 2012

Rien ne le prédestinait à prendre la tête des putschistes le 21 mars, mais le capitaine Amadou Haya Sanogo a pris goût au pouvoir, malgré le retour à l’ordre constitutionnel au Mali. Un article publié dans J.A. n° 2677 daté du 29 avril – soit juste avant la tentative manquée de contre-coup d’État mené par des soldats du régiment de commandos-parachutistes « Bérets rouges ».

Ambiance particulière ce 24 avril au poste de commandement de la IIIe région militaire de Kati, où les ­putschistes ont établi leur quartier général. Ce matin-là, le capitaine Amadou Haya Sanogo, président du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État malien (CNRDRE), a une annonce à faire. Visage grave dans sa tenue d’apparat kaki, bâton de commandement en main, il veut rassurer la cinquantaine d’officiers, sous-officiers et hommes de troupe qui ont pris une part active au renversement du président Amadou Toumani Touré (ATT) le 21 mars.

Dans la cour de la caserne, il leur promet de faire en sorte que leurs salaires et leurs primes de risque soient revus à la hausse, d’obtenir de meilleures conditions de logement pour les soldats et d’acquérir du matériel militaire en quantité pour venir à bout de la rébellion armée et des groupes salafistes qui occupent le nord du pays – la grande préoccupation du moment. « Je ferai tout pour vous mettre dans de bonnes conditions, déclare-t-il. En échange, je vous demande de vous tenir prêts pour aller au front. » Pour un soldat présent, « on aurait dit un au revoir. En plus, c’était la première fois qu’il rentrait chez lui en pleine journée depuis le 21 mars ».

Malgré ce court discours aux allures de testament, le capitaine Sanogo ne semble pas décidé à quitter le devant de la scène. Ne devait-il pas déjà rendre le pouvoir aux civils le 6 avril dernier, alors que la junte, la classe politique malienne et les médiateurs régionaux annonçaient la signature d’un accord qui devait tracer les contours de la transition ? Certains, à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), lui trouvent des excuses. « C’est un homme intelligent, insiste un diplomate ouest-africain en poste à Bamako. Il sait qu’il ne peut pas s’éterniser à son poste, mais il ne veut pas passer pour un faible auprès de ses hommes en cédant trop vite. »

Le double discours de Sanogo

Peut-être bien. Mais le durcissement de la junte, courant avril, a fait craindre le pire. Entre le 16 et le 19, vingt-deux hommes politiques et militaires ont été arrêtés et détenus au camp de Kati sur ordre direct du capitaine. Sanogo a eu beau proclamer le retour à l’ordre constitutionnel dès le 1er avril, des militaires ont, à plusieurs reprises, empêché des élus de pénétrer à l’intérieur du Parlement. « Il ne rend compte qu’à ses hommes, et ceux-ci ne lui laissent pas toujours le dernier mot, explique un familier du camp de Kati. Et dans la mesure où il leur doit tout… »

Ils font leur entrée au gouvernement

Les militaires ont obtenu trois portefeuilles dans le gouvernement dont la composition a été annoncée le 25 avril. Proche du capitaine Sanogo, le colonel saint-cyrien Moussa Sinko Coulibaly a été nommé à l’Administration territoriale. Directeur de cabinet du chef de la junte, il était, avant le coup d’État, directeur de l’École de maintien de la paix Alioune Blondin Beye de Bamako. Le colonel major Yamoussa Camara arrive à la Défense et aux Anciens Combattants. Ex-chef d’état-major de la Garde nationale, il avait été nommé secrétaire général du ministère de la Défense au lendemain du putsch. Au ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le général Tiéfing Konaté, ex-directeur de la gendarmerie. « Ce sont des hommes compétents et qui connaissent les dossiers », fait-on valoir à Kati. Les Maliens, eux, préfèrent juger sur pièce. Leur priorité absolue, c’est la gestion de la crise du Nord. M.G.B.

Car, à 39 ans, Amadou Haya Sanogo, simple capitaine d’infanterie originaire de Ségou, est passé de l’ombre à la lumière en moins de temps qu’il n’en faut pour lacer ses brodequins. Professeur d’anglais au prytanée militaire de Kati depuis la fin 2011, Sanogo n’avait pourtant rien demandé. Quand débute la mutinerie du 21 mars, que le ministre de la Défense et le chef d’état-major général des armées doivent fuir et que sont tirés les premiers coups de feu, il préfère rentrer chez lui, comme plusieurs autres officiers. Il n’est pas de ceux qui, immédiatement, mettent le cap sur Bamako.

C’est lorsque les mutins comprennent que le pouvoir est à portée de main qu’ils se rendent compte qu’ils ont besoin d’un chef. Il leur faut un « gradé » pour donner du crédit à leurs revendications. Un général ? Hors de question ! Le putsch est aussi dirigé contre la hiérarchie militaire, qui, ils en sont convaincus, s’est enrichie au détriment des troupes. L’un des putschistes mentionne alors le nom de Sanogo. Il a été son instructeur à l’École militaire interarmes (Emia) de Koulikoro. Sa petite taille est largement compensée par son charisme. Fort en gueule, il est capable de tenir tête à tout le monde, y compris à la hiérarchie, qui, agacée, a profité de la mort tragique de cinq élèves sous-officiers au cours d’un bizutage qui a mal tourné pour le mettre sur la touche, en 2011.

Cerise sur le gâteau, Sanogo a fait de multiples séjours aux États-Unis : une première fois en 1998 à l’école d’infanterie de Fort Benning, en Géorgie ; en 2003, chez les marines, à Quantico, en Virginie ; en 2005 au sein de l’Air Force (l’aviation américaine) à San Antonio, au Texas, où il a obtenu son diplôme d’instructeur interprète, puis à nouveau à Fort Benning en 2010. Il sort cette fois major de sa promotion. Et c’est ainsi que le professeur d’anglais qui espérait passer une soirée tranquille chez lui s’est retrouvé à proclamer la dissolution des institutions le 22 mars au matin.

Cinq semaines après cette prise de pouvoir rocambolesque, Amadou Haya Sanogo n’est plus le même. Son treillis a retrouvé du panache. Il a troqué sa mobylette contre un 4×4 flambant neuf et se fait appeler « président ». Il a pris ses quartiers à Kati, dans un bâtiment d’un étage qui aurait besoin d’un sérieux coup de peinture. Et ni l’investiture du président intérimaire Dioncounda Traoré, le 12 avril, ni la nomination de Cheikh Modibo Diarra à la primature, cinq jours plus tard, n’ont suffi à rendre la réalité du pouvoir aux civils. L’effervescence des premiers jours est retombée, mais c’est encore à Kati qu’hommes d’affaires, politiciens, syndicalistes, membres d’associations ou courtisans viennent soumettre leurs doléances… ou faire leurs dons. « On devrait y transférer la capitale, ironise un homme politique malien. C’est là-bas que tout continue à se décider ! »

Pas intéressé par un poste au gouvernement

Affable, la poignée de main ferme, Sanogo reçoit ses visiteurs dans un petit salon encombré de meubles et… d’autres membres du CNRDRE. Il ne tient pas en place, rechigne à rester assis et consulte sans cesse sa montre et son téléphone portable. À chacun de ses visiteurs, il répète les motifs du putsch et évoque aussi bien la guerre dans le Nord que la nécessité de lutter contre la corruption ou la vie chère.

Quand on a été chef d’État, on ne peut plus accepter d’ordre de n’importe qui.

Amadou Haya Sanogo

Le capitaine n’oublie jamais de mentionner « ses gars », la nébuleuse de militaires gradés ou non qui l’entourent et « l’aident à assurer [sa] mission ». « Je peux comprendre que ses hommes lui trouvent quelque chose, commente un homme politique malien. Il parle avec conviction, en vous regardant droit dans les yeux. » Il se sent aussi investi d’une mission – faire en sorte que la démocratie au Mali ne soit pas « une coquille vide » -, et c’est peut-être pour cela qu’il tarde à s’effacer.

Car le CNRDRE ne s’est pas dissous à la désignation d’un président et d’un Premier ministre. La Cedeao va-t-elle accepter encore longtemps que les militaires ne rentrent pas dans les casernes ? Pas sûr. Elle aimerait oublier au plus vite le putsch, qui a accéléré la partition du pays. Quant au gouvernement, Sanogo l’électron libre ne s’y voyait pas. Consulté, il a laissé entendre qu’il n’était pas intéressé et a préféré mettre en avant ses compagnons, dont le colonel Moussa Sinko Coulibaly, son bras droit et directeur de cabinet, nommé au ministère de l’Administration territoriale le 25 avril. « Ce qu’il aurait voulu, c’est être nommé général et pourquoi pas chef d’état-major, mais c’est hors de question pour les chefs d’État de la sous-région », confie un diplomate ouest-africain. Mais peut-il retourner à la vie de garnison ? « Impossible, a-t-il confié à l’un de ses proches. Quand on a été chef d’État, on ne peut plus accepter d’ordre de n’importe qui. »

Jeuneafrique.com

Une force ouest-africaine déployée dès que le Mali « en fera la demande »

mai 3, 2012

Les chefs d’Etat ouest-africains ont annoncé l’envoi d’une force au Mali, en proie à des troubles depuis le coup d’Etat du 22 mars, dès que le pays « en fera la demande », dans un communiqué publié jeudi à l’issue d’un sommet à Dakar consacré aux crises bissau-guinéenne et malienne.

« La conférence instruit la commission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) de préparer la force en attente de la Cédéao en vue de son déploiement immédiat dès que le Mali en fera la demande », indique le communiqué.

La commission de la Cédéao doit d’abord « consulter les partenaires au développement en vue du financement du déploiement » de cette force, est-il cependant ajouté.

Lors d’un précédent sommet le 26 avril à Abidjan consacré aux deux mêmes crises, il avait été décidé de demander à la commission de la Cédéao de « commencer avec effet immédiat le déploiement de la force d’attente de la Cédéao » au Mali.

Les chefs d’Etat ont par ailleurs « condamné avec fermeté les affrontements entre les différentes forces armées et déploré leur impact négatif sur la sécurité des populations », ajoute le communiqué de Dakar.

Les forces armées sont appelées à « se consacrer aux missions régaliennes de défense du territoire », et « toute personne qui déstabilisera la transition s’exposera aux sanctions », selon le texte.

A Bamako, des militaires fidèles au président Amadou Toumani Touré (ATT) renversé le 22 mars par un coup d’Etat, ont vainement tenté lors de violents combats lundi et mardi de reprendre des positions tenues par les ex-putschistes, qui bien qu’ayant accepté de rendre le pouvoir aux civils, restent omniprésents.

Le coup d’Etat a profité à divers groupes armés (islamistes, rebelles Touareg, criminels) qui ont pris le contrôle du nord du pays.

Jeuneafrique.com avec AFP

Nouveau sommet ouest-africain sur les crises au Mali et en Guinée-Bissau

mai 3, 2012

Une semaine après un premier sommet à Abidjan, les chefs d’Etat ouest-africains se réunissent de nouveau jeudi à Dakar pour tenter de répondre aux troubles et violences au Mali et en Guinée-Bissau nés de coups d’Etat militaires qui ont déstabilisé ces deux pays déjà en crise.

Ce sommet des quinze pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a pour objectif « de synchroniser les réponses régionales aux crises politiques en cours dans deux des Etats membres, la Guinée-Bissau et le Mali », selon un communiqué de la Cédéao publié mercredi soir.

Le président malien par intérim Dioncounda Traoré, investi le 12 avril deux semaines après un coup d’Etat ayant renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré (ATT) participe au sommet, de même que Blaise Compaoré, chef de l’Etat burkinabè et médiateur dans la crise malienne.

Egalement présent, Alassane Ouattara, chef de l’Etat ivoirien et président en exercice de la Cédéao.

ATT avait été renversé par une junte militaire dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo qui, sous la pression de la Cédéao, avait rapidement accepté de rendre le pouvoir à des civils qui ont pris la tête d’organes de transition pour un an, jusqu’à l’organisation d’élections présidentielle et législatives.

Mais le capitaine Sanogo et ses hommes n’ont jamais vraiment renoncé à leur pouvoir et se sont comportés comme les maîtres de Bamako, procédant à de nombreuses arrestations dans les milieux d’affaires, politiques et militaires, visant des personnalités considérées comme proches d’ATT.

Lundi et mardi, des militaires restés fidèles à l’ancien président – réfugié à Dakar – ont vainement tenté de reprendre le contrôle de lieux stratégiques tenus à Bamako par les ex-putschistes, aéroport, radio-télévision nationale (ORTM) et leur quartier-général à Kati, près de la capitale.

Position ambiguë de la junte à Bissau

Les combats ont fait au moins une vingtaine de morts et des dizaines de blessés, en grande partie des militaires des deux camps.

A la veille du sommet de Dakar, une délégation de l’ex-junte s’est entretenue à Ouagadougou avec le président Compaoré: à l’issue de la rencontre, le ministre des Affaires étrangères burkinabè Djibrill Bassolé, a déclaré que ce affrontements « ne remettent pas en cause » la transition.

Le capitaine Sanogo avait rejeté les décisions prises lors du sommet d’Abidjan le 26 avril, dont l’envoi de soldats au Mali pour sécuriser les organes de transition et la fixation à un an de la durée de cette transition.

Concernant la Guinée-Bissau, pays secoué par des convulsions politiques et militaires depuis son indépendance du Portugal en 1974 après une guerre de libération, devenu une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe, un nouveau coup d’Etat militaire a eu lieu le 12 avril.

Leurs auteurs, dont le chef d’état-major de l’armée Antonio Indjaï, ont depuis eu une attitude ambiguë.

Il ont accepté dans un premier temps les décisions de la Cédéao prise à Abidjan d’envoyer à Bissau une force militaire ouest-africaine et de mettre en place une transition d’un an dirigée par les civils. Mais trois jours plus tard, lors d’un réunion à Banjul, la Cédéao a décidé d’imposer des sanctions contre la Guinée-Bissau affirmant que le général Indjaï avait tout refusé.

Et mardi la junte a dit accepter « toutes les exigences » de l’Afrique de l’Ouest sur le retour du pouvoir aux civils, à l’exception du rétablissement dans ses fonctions de président par intérim Raimundo Pereira.

Ce dernier avait été arrêté lors du coup d’Etat avec d’autres dirigeants du pays, dont l’ex-Premier ministre Carlos Gomes Junior, qui ont été libérés il y a six jours et ont trouvé refuge à Abidjan.

Jeuneafrique.com