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Mali/Le Capitaine Sanogo : ‘‘Pas de soldats de la CEDEAO sur notre sol’’

septembre 5, 2012
Bamako
© Getty Images par DR
Bamako (Mali) : Manifestation a l`aéroport par des partisans des auteurs du coup d`Etat
Jeudi 29 mars 2012. Bamako (Mali) . La manifestation pro-junte déroulée dans la matinée sur le tarmac de l`aéroport. Photo : Amadou Sanogo chef de la junte

Le capitaine Sanogo, président du CNDRE refuse l’arrivée d’une armée étrangère sur le sol malien. Il a réagi à la suite de la main tendue du président malien à l’égard d’Alassane Ouattara, président en exercice de la Cedeao. «Nous ne voulons pas de forces d’interposition sur notre sol. Nous voulons simplement du soutien aérien, du renseignement et plus tard, former notre armée par rapport à la lutte contre le terrorisme. Mais nous ne voulons pas de soldats de la CEDEAO sur notre sol. La demande qui a été formulée est celle de Dioncounda, ce n’est pas celle de l’armée malienne. La demande de l’armée malienne est catégorique. Elle veut du soutien logistique et du renseignement par rapport à la libération du Nord. On ne veut pas de troupes sur notre sol». Ces propos ont été tenus par Bakary Mariko, porte parole du capitaine Sanogo sur Radio France internationale, en réponse au courrier adressé par le président Dioncounda Traoré au président ivoirien, Alassane Ouattara.

Dans une lettre parvenue au chef de l’Etat ivoirien, président en exercice de la CEDEAO le mardi 4 septembre 2012, Dioncounda Traoré demande une aide pour renforcer les capacités de l’armée malienne dans sa volonté de conquérir le Nord occupé par des mouvements armés. «Reconquérir le Nord est le défi majeur et pour cela une assistance est nécessaire pour remettre à niveau rapidement les unités de l’armée», a écrit le président par intérim du Mali, qui a fait part d’un besoin de 5 bataillons qui seront «graduellement engagés à partir d’une ligne de front pour contrôler les villes reconquises», ajoute-t-il.

Le président de la Commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouédraogo, qui s’est réjoui de cette demande formulée par les autorités maliennes, l’a qualifiée de «conforme» aux conclusions de la réunion de la CEDEAO des 28 et 29 juin deniers à Yamoussoukro. «C’est un bon développement, il reste maintenant à la CEDEAO d’examiner cette requête et de l’incorporer dans sa stratégie de mobilisation en vue de recueillir le soutien de la communauté internationale pour nos efforts de paix au Mali.

Les chefs d’états-majors ont travaillé sur toutes ces questions et ils ont des réponses précises sur les pays qui doivent fournir l’appui militaire (…) Il y a également le volet politique et le dispositif de la CEDEAO doit intégrer aussi bien le volet militaire que le volet politique pour s’assurer qu’il existe une cohérence parfaite entre toutes les structures.

La CEDEAO a demandé la coopération et la contribution de tous les partenaires africains ou non africains. Il est évident que la situation au Mali ne concerne pas que la CEDEAO, mais la communauté internationale (…) Tous ceux qui peuvent apporter une contribution ont été sollicités pour la mise en place de cette force», a expliqué Kadré Désiré Ouédraogo.

En dépit de ces bonnes intentions, le Capitaine Sanogo et ses amis ne veulent rien entendre.

L’Intelligent d’Abidjan par Olivier Dion

Mali : le Premier ministre Cheick Modibo Diarra affirme qu’il ne démissionnera pas

juillet 29, 2012
Cheick Modibo Diarra, le 22 juin 2012 à Ouagadougou. Cheick Modibo Diarra, le 22 juin 2012 à Ouagadougou. © Ahmed Ouoba/AFP/Archives

Le Premier ministre malien de transition Cheick Modibo Diarra affirme qu’il ne démissionnera pas de son poste comme le réclament les grands partis politiques maliens, dans un entretien diffusé samedi soir par la chaîne de télévision privée Africable.

« Je ne démissionnerai pas. Si je dois démissionner, à qui je dois remettre ma démission ? Parce que l’accord-cadre (de Ouagadougou) dit que le président (intérimaire) ne peut pas accepter ma démission », a déclaré M. Diarra dans cet entretien avec Africable, une chaîne de télévision basée à Bamako.

Cet accord signé le 6 avril entre l’ex-junte qui avait renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré et la médiation ouest-africaine avait prévu la remise du pouvoir aux civils, un président et un Premier ministre de transition.

« La deuxième chose, c’est que je suis un enfant de ce pays, le Mali qui m’a tout donné. Et quand ce pays me confie une tâche, tant que je resterai debout, je ne vais jamais démissionner », a ajouté M. Diarra, en poste depuis le 17 avril.

Cette déclaration de Cheick Modibo Diarra a lieu au lendemain du retour à Bamako du président de transition Dioncounda Traoré, après deux mois passés à Paris suite à une agression le 21 mai dans la capitale malienne par une foule hostile.

Contesté

Dioncounda Traoré doit décider s’il maintient à son poste Cheick Modibo Diarra, astrophysicien de renommée internationale mais qui est de plus en plus contesté.

Dans un virulent communiqué publié mardi, le Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR), qui regroupe 140 partis politiques dont l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema) du président Dioncounda Traoré, syndicats et organisations de la société civile, avait demandé la démission de M. Diarra.

Le FDR, qui s’était opposé au coup d’Etat du 22 mars, lui reproche de n’avoir « aucune stratégie » pour libérer le Nord du Mali occupé depuis quatre mois par des groupes islamistes alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

« C’est moi le chef du gouvernement qui propose une équipe au président. J’ai déjà en tête l’architecture de la future équipe. Evidemment des gens qui ont des moyens et qui n’aiment pas le gouvernement, (ont le) droit d’utiliser leurs moyens pour payer (des) journaux pour faire du lobbying », a-t-il précisé.

Reconquête et élections

« On m’a confié une responsabilité, celle de diriger ce pays pendant la transition, de reconquérir le Nord, d’organiser des élections crédibles, transparentes pour qu’il n’y ait pas de conflits post-électoraux », affirme Cheick Modibo Diarra.

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédéao) a donné jusqu’au mardi 31 juillet aux autorités de transition pour former un gouvernement d’union nationale qui ait, en particulier, la légitimité de demander une intervention militaire pour combattre Aqmi et ses alliés dans le Nord, ce que n’a jamais fait M. Diarra.

 Jeuneafrique.com avce AFP

Le président malien doit regagner son pays, après deux mois à Paris

juillet 26, 2012
Le président malien doit regagner son pays, après deux mois à Paris Le président malien doit regagner son pays, après deux mois à Paris © AFP

Le président intérimaire du Mali, Dioncounda Traoré, prévoit de regagner vendredi Bamako après deux mois passés à Paris pour se faire soigner d’une attaque perpétrée par des manifestants hostiles, a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques.

« Il a laissé entendre qu’il souhaitait regagner Bamako demain » vendredi, a indiqué une de ces sources, en assurant qu’il ne prévoyait pas ce retour sous la pression internationale, mais qu’il entendait « assurer ses responsabilités ».

M. Traoré, attaqué et grièvement blessé le 21 mai dans ses bureaux près de Bamako par une foule de manifestants hostiles, a été soigné depuis à Paris.

Plusieurs pays africains avaient récemment sommé les autorités intérimaires maliennes de constituer un « gouvernement d’union nationale », faute de quoi le Mali serait suspendu des instances régionales.

Ils avaient aussi « exhorté » le président Traoré à demander « sans délai » à la Cédéao et l’ONU l’envoi d’une force africaine au Mali.

Début juillet, l’absence de Dioncounda Traoré, comme celle de son Premier ministre, d’un sommet ouest-africain à Ouagadougou sur la crise au Mali avait été vivement critiquée.

Au Mali, les autorités de transition avaient été mises en place en avril, moins d’un mois après un coup d’Etat qui avait renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré et précipité la chute du nord du pays aux mains de groupes armés islamistes proches d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Les putschistes ont remis le pouvoir après un accord signé le 6 avril avec la Cédéao, qui prévoyait la formation d’un gouvernement de large union. Dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo, les ex-putschistes restent influents à Bamako.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali : Sanogo devrait se méfier

juillet 25, 2012

L'ex-pustschiste, le capitaine Amadou Haya Sanogo en avril. L’ex-pustschiste, le capitaine Amadou Haya Sanogo en avril. © AFP

La Cedeao menace sanctionner tout ceux qui entraveraient la transition démocratique au Mali. Dans le collimateur de l’organisationn ouest-africaine : les leader des militaires putschistes, Amadou Haya Sanogo.

Au Mali, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) paraît décidée à faire preuve de fermeté. « Des sanctions seront décidées contre tous ceux qui entraveront le bon déroulement de la transition », explique un conseiller de l’organisation, qui évoque des gels d’avoirs et des interdictions de voyager. Des personnalités pourraient ainsi se retrouver sur cette liste, qui sera ensuite soumise à l’Union africaine. Cela suffira-t-il à convaincre le capitaine Sanogo de ne plus s’immiscer dans la vie politique malienne ? « Sanogo limite au minimum ses déplacements et craint pour sa sécurité, explique notre conseiller. Il a très bonne mémoire. Il se souvient parfaitement de ce qui est arrivé au capitaine Moussa Dadis Camara en Guinée »…

Jeuneafrique.com

Mali : Sanogo prend ses aises à Kati, Abou Zeid à Tombouctou

juillet 11, 2012

Le capitaine Amadou Haya Sanogo se fait construire une résidence dans le camp de Kati. Le capitaine Amadou Haya Sanogo se fait construire une résidence dans le camp de Kati. © AFP

Ce sont deux éminentes figure de la crise malienne. Le capitaine putschiste Amadou Haya Sanogo et l’émir d’Aqmi Abdelhamid Abou Zeid installent leurs QG dans de confortables bâtisses…

Le capitaine Amadou Haya Sanogo n’a peut-être plus le statut d’ancien chef de l’État, que les présidents de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) lui ont enlevé le 29 juin, mais il est en train de se faire construire une résidence dans l’enceinte du camp de Kati, dont la junte a fait son QG. Le bâtiment, dont la construction a commencé mi-mai, sera plus sécurisé et ressemble déjà à « un petit palais présidentiel », selon ceux qui l’ont vu.

Pendant ce temps, habitué à l’inconfort du désert, Abdelhamid Abou Zeid, l’un des trois émirs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), s’est installé dans une confortable maison de Tombouctou, ville dont il a pris le contrôle le 2 avril. Toutefois, c’est dans l’ancien palais de Mouammar Kaddafi, situé à la périphérie sud de la ville, qu’il reçoit désormais ses hôtes de marque. Une résidence qu’il a trouvée tout équipée, y compris en matériel de surveillance.

Photo non certifiée d'Abdelhamid Abou Zeid.

Photo non certifiée d’Abdelhamid Abou Zeid.

© Capture d’écran France 24/AFP

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali: manifestation à Bamako pour « libérer » le nord de ses groupes armés

juillet 4, 2012

Quelques milliers de Maliens, en majorité originaires du nord du pays, ont organisé à Bamako un sit-in pour réclamer des armes pour « libérer » cette vaste région occupée depuis plus de trois mois par des groupes armés dominés par des islamistes.

« Nous voulons des armes pour libérer le Nord! », lançaient certains parmi environ 2. 000 participants à cette manifestation qui a débuté tôt sous la pluie Place de l’Indépendance (centre-ville) et se poursuivait en fin de matinée, sous des bâches et parapluies, encadrée par de nombreux policiers et gendarmes.

« Si l’armée ne veut pas faire la guerre, qu’on nous donne les moyens de libérer nos terres! (. . . ) Nous demandons la libération de notre pays », a affirmé à l’AFP Oumar Maïga, un responsable des jeunes du Collectif des ressortissants du Nord (Coren), à l’origine du sit-in.

« Au Mali, les Touareg, les Peul, les Songhoï (des communautés du Nord, ndlr) ne partagent pas les bêtises du MNLA (rébellion touareg), du Mujao, et d’Al-Qaïda (groupes islamistes) » qui contrôlent depuis trois mois les régions du Nord », a déclaré à l’AFP le député touareg Nock Ag Attia, une des personnalités présentes à la manifestation.

Le Mali est plongé dans la crise depuis un coup d’Etat qui a renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré et a accéléré la chute du Nord aux mains de divers groupes armés, dont le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Ansar Dine (Défenseur de l’islam), Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Les autorités de transition mises en place après le retrait des putschistes n’ont pu mettre fin à l’occupation et Ansar Dine, Aqmi et le Mujao ont renforcé leur emprise sur le terrain et mis en déroute le MNLA, qui avait lancé avec eux à la mi-janvier une offensive contre l’armée malienne dans le Nord.

D’après plusieurs ONG locales et internationales, de nombreuses exactions sont, depuis, commises dans cette région aride où l’administration centrale a disparu, de même que l’armée, humiliée, démoralisée et sous-équipée.

Jeuneafrique.com

Mali : les présidents de Guinée et du Niger appellent à une intervention militaire

juin 10, 2012

Les chefs d’Etat de Guinée et du Niger, Alpha Condé et Mahamadou Issoufou, se sont déclarés samedi, à Conakry, favorables à une intervention militaire au Mali pour chasser les putschistes de Bamako et les groupes armés touareg et islamistes qui controlent le Nord du pays.

« Il faut intervenir militairement à Bamako. Comment peut-on rentrer dans un palais présidentiel (et) malmener un président ? Si on fait ça à un président, quel est l’homme politique qui est en sécurité ? », s’est interrogé le président Alpha Condé qui s’exprimait lors d’un meeting avec son homologue nigérien.

Le président intérimaire malien Dioncounda Traoré a été agressé le 21 mai par des manifestants à Bamako. Il s’était ensuite rendu en France pour des examens médicaux et y poursuit son séjour. « La deuxième chose à faire, a insisté M. Condé, est d’intervenir militairement au Nord du Mali pour chasser les forces islamistes ».

« A défaut, il faut l’intervention militaire »

De son côté, le président nigérien, évoquant la double crise au Mali, a estimé: « l’idéal serait de trouver des solutions négociées mais à défaut il faut l’intervention militaire ». M. Issoufou est arrivé samedi à Conakry pour une visite de 48 heures.

Les putschistes et leur chef, le capitaine Amadou Haya Sanogo, ont officiellement quitté le pouvoir en vertu d’un accord conclu le 20 mai avec l’Afrique de l’Ouest, après le coup d’Etat du 22 mars. Mais ils restent très présents face au président intérimaire Dioncounda Traoré et au gouvernement, en place pour une transition d’un an.

Poursuite des négociations

Depuis plus de deux mois, l’immense région nord du Mali est contrôlée par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg) et surtout Ansar Dine et son allié jihadiste d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). A l’issue d’une réunion de chefs d’Etat mercredi à Lomé, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) avait appelé à la poursuite des négociations avec les mouvements armés « à l’exclusion des groupes terroristes », mais aussi décidé d’une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU en vue d’une éventuelle intervention.

Toutefois les contours, les composantes et le mandat exact d’une telle opération dans l’immense Nord malien ne sont toujours pas déterminés.

Jeuneafrique.com

Mali: le président Traoré à Paris pour des examens médicaux après son agression

mai 24, 2012
Mali: le président Traoré à Paris pour des examens médicaux après son agression Mali: le président Traoré à Paris pour des examens médicaux après son agression © AFP

Le président malien de transition, Dioncounda Traoré, a quitté mercredi Bamako pour Paris, selon le gouvernement pour un rendez-vous médical fixé de longue date et tombant deux jours après son agression dans son bureau par des manifestants hostiles à son maintien au pouvoir.

Par ce déplacement, M. Traoré, 70 ans, « a honoré un rendez-vous médical fixé de longue date. (. . . ) Il reviendra au pays dès que son médecin avisera à ce sujet », a déclaré mercredi soir à la télévision publique ORTM le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Hamadoun Touré.

Son départ intervient quelques heures après la désignation unilatérale par les partisans du capitaine Amadou Haya Sanogo, chef des auteurs du coup d’Etat du 22 mars, comme « président de la transition » en lieu et place de Dioncounda Traoré.

« Par un malheureux hasard des évènements », son déplacement a lieu « deux jours après l’attaque perpétrée contre lui » dans son bureau même à Koulouba, siège du complexe présidentiel près de Bamako, a affirmé le ministre Touré.

Pour Boubacar Diarra, un conseiller de M. Traoré, son départ n’entraîne pas « de vacance du pouvoir ». Avant l’agression, « il était prévu qu’il y aille pour un contrôle ».

Dioncounda Traoré a été frappé par des manifestants favorables aux putschistes. Blessé, mais sans lésions graves d’après ses examens médicaux, il a été brièvement hospitalisé.

La transition d’un an qu’il préside a débuté mardi: il a été désigné au-delà des 40 jours constitutionnels suivant son investiture du 12 avril à la suite d’un accord entre lui-même, le capitaine Sanogo, et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

En vertu de cet accord qui fixe la transition à un an, le capitaine Sanogo – qui avait accepté le 6 avril de rendre le pouvoir aux civils, mais dont les hommes restaient influents à Bamako – obtient le statut d’ancien chef d’Etat avec tous les privilèges liés à ce rang, indemnités, logement, gardes, voiture.

Le départ pour Paris de Dioncounda Traoré suit la tenue d’une « convention » des membres de la Coordination des organisations patriotiques du Mali, (Copam, pro-putsch) qui, dans la nuit de mardi à mercredi, ont décidé « d’instituer président de la transition le capitaine Amadou Sanogo », en l’absence de l’officier.

Et la Copam entend l’installer dès jeudi, a annoncé un de ses responsables, Mohamed Tabouré, lors d’un meeting mercredi après-midi à Bamako. « Nous allons l’investir. Dès demain (jeudi), nous allons monter à Kati », quartier général des putschistes près de Bamako, « pour dire au capitaine de se préparer à s’installer à Koulouba », a dit M. Tabouré, sans plus de précisions.

« Monument des Martyrs » détruit

C’est en marge d’un rassemblement de la Copam, lundi, que l’agression de M. Traoré avait été commise à Koulouba, où les bureaux d’autorités ont été investis par des centaines de manifestants hostiles, en dépit de la présence de nombreux militaires.

Jusqu’à mercredi soir, le capitaine Sanogo n’avait pas publiquement réagi à la décision des pro-putsch de le nommer chef de la transition.

« Il ne répondra pas. (. . . ) Il y a un président de la transition, il est connu, c’est Dioncounda Traoré, a déclaré mercredi à l’AFP Abdoulaye Kanté, un des dirigeants de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma) de M. Traoré, principale formation politique du front anti-putsch.

La confusion qui règne à Bamako continue de profiter aux groupes armés, dominés par des islamistes dont Ansar Dine (Défenseur de l’islam) et d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui sont en train d’asseoir leur emprise sur le nord du Mali. Ils occupent depuis près de deux mois avec d’autres mouvements, dont la rébellion touareg.

Mercredi, des islamistes ont détruit à Tombouctou le « Monument des Martyrs » de la ville, rendant hommage aux victimes de la lutte contre la dictature du général Moussa Traoré en 1991. Ils avaient déjà détruit le monument El Farouk, un cheval symbole de Tombouctou, et profané un mausolée. L’Unesco a fait part de son inquiétude concernant les célèbres manuscrits de la ville dont beaucoup datent de l’âge d’or de Tombouctou, entre le XIIème et le XVème siècles.

L’alliance Ansar Dine/Aqmi a par ailleurs confisqué et brûlé dans des boutiques de nombreux cartons de cigarettes. De jeunes fumeurs ont été fouettés.

La tension politique affecte également les médias: des hommes non identifiés ont incendié cette semaine dans la région de Ségou (centre), sans faire de blessés, une station du réseau de radios Kayira, appartenant au parti politique Sadi, pro-putsch.

Mercredi, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) a annoncé qu’un journaliste malien de la presse privée, Baba Ahbi, basé à Bamako, était porté disparu depuis le 12 mai. Cette information n’avait pu être confirmée immédiatement par l’AFP à Bamako.

Jeuneafrique.com avec  AFP

Mali: joie mesurée après un accord de principe sur la transition

mai 20, 2012
Mali: joie mesurée après un accord de principe sur la transition Mali: joie mesurée après un accord de principe sur la transition © AFP

L’accord de principe entre l’Afrique de l’Ouest et les putschistes du 22 mars au Mali pour le maintien du président intérimaire Dioncounda Traoré à la tête de la transition suscitait dimanche une joie mesurée dans les camps des opposants et partisans du putsch à Bamako.

« C’est plutôt une bonne nouvelle. Maintenant, il faut avoir une feuille de route très claire pour éviter des couacs », a déclaré à l’AFP Soumaïla Diakité, responsable d’un des partis du Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR, opposé au putsch).

Samedi soir, l’ex-junte militaire ayant renversé le régime du président Amadou Toumani Touré et des médiateurs dépêchés à Bamako par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont annoncé avoir trouvé un accord de principe, selon lequel l’ex-junte accepte le maintien du président intérimaire Dioncounda Traoré à la tête de la transition au Mali, en pleine crise depuis le putsch.

Les deux parties ont indiqué qu’elles poursuivraient les discussions pour définir des « mesures d’accompagnement », sans plus de détails.

« Il y a accord de principe sur le nom du président de transition, mais il y a tout le reste toujours en discussions », a affirmé à l’AFP Mahamane Maïga, responsable d’un des partis du Mouvement populaire du 22 mars (MP22, front favorable au putsch). « Le processus n’est pas terminé », il faut en attendre l’issue pour être fixé », a-t-il ajouté.

Les médiateurs de la Cédéao poursuivaient dimanche leurs discussions sur la question. Samedi soir, l’un d’entre deux, le ministre burkinabè des Affaires étrangères Djibrill Bassolé, a indiqué qu’ils resteraient à Bamako « le temps nécessaire ».

Les auteurs du coup d’Etat du 22 mars sont restés jusque-là incontournables, bien qu’ils aient officiellement rendu le pouvoir aux civils en vertu d’un accord-cadre conclu avec la Cédéao le 6 avril.

Ils entendaient faire partir Dioncounda Traoré dès mardi prochain, au terme du délai constitutionnel de 40 jours pourtant déclaré intenable dans l’accord-cadre. La Cédéao avait au départ prévu une transition d’un an, mais aucune précision sur la durée du processus n’a été donnée samedi à Bamako et à Abidjan, où s’est tenu une réunion de ministres ouest-africains notamment sur la crise au Mali.

Jeuneafrique.com  avec AFP

Mali et Guinée-Bissau: des ministres ouest-africains planchent à Abidjan

mai 19, 2012

Des ministres d’Afrique de l’Ouest se sont retrouvés samedi à Abidjan pour chercher une issue à l’impasse politique au Mali et accélérer la sortie de crise en Guinée-Bissau, deux pays secoués par des coups d’Etat militaires, a constaté un journaliste de l’AFP.

Plusieurs ministres des Affaires étrangères de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont entamé des travaux d’une journée, au lendemain d’une réunion centrée sur la réforme de l’organisation régionale.

A l’ouverture vendredi, le ministre ivoirien des Affaires étrangères, Daniel Kablan Duncan, dont le pays préside actuellement la Cédéao, avait employé un ton très ferme à l’égard de l’ex-junte au Mali, accusée d’être responsable de l' »impasse » politique dans le pays et de faire preuve de « défiance » envers la Cédéao.

Les ex-putschistes qui ont renversé le 22 mars le régime d’Amadou Toumani Touré restent incontournables. Bien qu’ils aient officiellement rendu le pouvoir aux civils en vertu d’un accord conclu avec la Cédéao le 6 avril, ils bloquent la transition en s’opposant au maintien du président par intérim Dioncounda Traoré, investi le 12 avril, au-delà de 40 jours, soit le 22 mai.

En Guinée-Bissau, une force militaire de la Cédéao, composée de soldats du Nigeria, du Burkina Faso et du Sénégal, a commencé cette semaine à se déployer pour sécuriser les organes de transition après le coup d’Etat du 12 avril.

Un processus de transition politique est en cours après l’installation d’un président et d’un Premier ministre intérimaires, Manuel Serifo Mhamadjo et Rui Duarte Barros.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté vendredi à l’unanimité des sanctions ciblées contre cinq responsables du putsch et demandé le retour immédiat à « l’ordre constitutionnel ».

Jeuneafrique.com avec AFP