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Ambassade américaine: l’Autorité palestinienne rappelle 4 ambassadeurs en Europe

mai 16, 2018

Ramallah (Territoires palestiniens) – La direction palestinienne basée en Cisjordanie occupée a annoncé mercredi le rappel de ses ambassadeurs dans quatre pays de l’Union européenne, qui avaient envoyé des représentants à une cérémonie israélienne en l’honneur de l’ouverture de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem.

L’Autriche, la Hongrie, la République tchèque et la Roumanie sont concernées, ont indiqué les Affaires étrangères palestiniennes.

Des représentants de ces pays ont pris part à une cérémonie avec la délégation américaine au ministère des Affaires étrangères israélien dimanche, veille de l’inauguration de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, sapant l’unité de l’Union européenne (UE) sur la question de Jérusalem.

L’UE se conforme à un consensus international de plusieurs décennies selon lequel les ambassades doivent être installées ailleurs qu’à Jérusalem tant que le statut de la ville n’aura pas été réglé. Elle soutient la solution dite « à deux Etats », donc la création d’un Etat palestinien coexistant avec Israël, avec Jérusalem pour capitale des deux Etats.

L’UE a décliné l’invitation israélienne à la réception de dimanche, a dit une porte-parole.

Israël s’est emparé de Jérusalem-Est en 1967 et l’a annexée. Une loi fondamentale de 1980 a entériné Jérusalem comme capitale « éternelle et indivisible » d’Israël. Le Conseil de sécurité de l’ONU a déclaré la loi « nulle et non avenue », et appelé tous les Etats qui avaient leur mission diplomatique à Jérusalem à l’en retirer.

L’ONU continue à considérer Jérusalem-Est comme occupée.

Le ministère des Affaires étrangères palestinien juge la participation des envoyés des quatre pays à la réception israélienne de dimanche comme une « grave violation du droit international et des résolutions des Nations unies », a-t-il dit dans un communiqué.

La décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade des États-Unis, jusqu’alors installée à Tel-Aviv, a ulcéré les Palestiniens.

Ces derniers y voient la négation de leurs revendications sur Jérusalem-Est, dont ils veulent faire la capitale de l’État auquel ils aspirent.

La direction palestinienne a suspendu les contacts avec les officiels américains depuis l’annonce par M. Trump, le 6 décembre, de sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Elle a annoncé mardi le rappel de son ambassadeur aux Etats-Unis.

Jusqu’alors, seuls le Guatemala et le Paraguay se sont fermement engagés à suivre l’exemple américain. Cependant, la décision américaine semble avoir mis à l’épreuve l’unité européenne.

La République tchèque a rapporté samedi avoir, avec la Hongrie et la Roumanie, bloqué l’adoption d’une déclaration européenne critique sur le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Romandie.com avec (©AFP / 16 mai 2018 13h33)                                                        

Gaza/ambassade américaine: l’UE exhorte à « la plus grande retenue » (Mogherini)

mai 14, 2018

Bruxelles – L’UE a exhorté lundi toutes les parties à « la plus grande retenue » à la suite des violents affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens lors des manifestations dans la bande de Gaza contre l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

« Des dizaines de Palestiniens, dont des enfants, ont été tués et des centaines blessés par des tirs israéliens durant les manifestations massives en cours près de la barrière de Gaza. Nous demandons à toutes les parties d’agir avec la plus grande retenue afin d’éviter des pertes de vie humaine supplémentaires », a affirmé la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué.

Elle a mis en garde contre « toute nouvelle escalade » dans une situation « complexe et déjà très tendue » qui rendrait « les perspectives de paix encore plus éloignées ».

« Israël doit respecter le droit à manifester pacifiquement et le principe de la proportionnalité dans l’usage de la force », a-t-elle insisté.

« Le Hamas (le mouvement islamiste au pouvoir à Gaza: ndlr) et ceux qui conduisent les manifestations à Gaza doivent faire en sorte qu’elles restent strictement non violentes et ne pas les exploiter à d’autres fins », a-t-elle ajouté.

Au moins 41 Palestiniens ont été tués lundi par l’armée israélienne à Gaza près de la frontière avec l’Etat hébreu où des dizaines de milliers de personnes manifestent contre le transfert à Jérusalem de l’ambassade américaine en Israël, selon le dernier bilan des affrontements.
La haute-représentante pour les Affaires étrangères réitère l’engagement de l’UE à œuvrer en faveur d’une « reprise de négociations constructives » visant à une solution à deux Etats, palestinien et israélien, « dans les lignes de 1967 et avec Jérusalem comme capitale de chacun des deux Etats ».

Enfin, sur la question brûlante du statut de Jérusalem, Federica Mogherini rappelle « la position claire et unie » de l’Union, conforme au consensus international, selon laquelle le transfert des ambassades de Tel Aviv à Jérusalem ne pourra pas advenir avant que le statut de la Ville sainte ne soit réglé dans le cadre d’un règlement final du conflit israélo-palestinien.

Faisant fi de l’unité de l’UE, la République tchèque, la Hongrie et la Roumanie ont récemment bloqué l’adoption d’une déclaration européenne critiquant le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Romandie.com avec(©AFP / 14 mai 2018 15h03)                                                        

Jérusalem/ambassade américaine: réunion de la Ligue arabe mercredi

mai 14, 2018

Le Caire – La Ligue arabe tiendra une réunion d’urgence mercredi pour discuter du transfert par les Etats-Unis de leur ambassade à Jérusalem, qualifié par le secrétaire général de l’organisation panarabe de « violation claire du droit international ».

Cette réunion aura lieu « à la demande de l’Etat de Palestine » pour discuter « des moyens de faire face à la décision illégale des Etats-Unis », a annoncé lundi à la presse Saïd Abou Ali, secrétaire général adjoint pour les Affaires palestinienne de la Ligue arabe.

L’ambassade a ouvert lundi après-midi ses portes dans les murs du consulat américain à Jérusalem, tandis qu’à Gaza au moins 37 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens lors de manifestations à la frontière contre le transfert de l’ambassade.

Peu après l’annonce de cette réunion, le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a qualifié la décision américaine de « violation claire et sérieuse du droit international et des résolutions du conseil de sécurité ».

Il est « honteux de voir des pays participer avec les Etats-Unis et Israël aux célébrations pour le transfert de l’ambassade » américaine, a-t-il jugé.

Le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem avait été annoncé le 6 décembre par le président Donald Trump, au grand dam d’une large partie de la communauté internationale et des Palestiniens.

Romandie.com avec(©AFP / 14 mai 2018 14h02)                                                        

Jérusalem: Pompeo réaffirme l’engagement américain pour la paix, n’évoque pas Gaza

mai 14, 2018

Washington – Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a réaffirmé lundi l’engagement des Etats-Unis pour une « paix globale et durable entre Israël et les Palestiniens » à l’occasion de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Son court communiqué ne fait aucune référence aux dizaines de Palestiniens tués lundi dans la bande de Gaza par des soldats israéliens lors de manifestations contre le transfert de l’ambassade conformément à la décision très controversée de Donald Trump annoncée en décembre.

« Aujourd’hui je suis fier de célébrer l’ouverture de l’ambassade des Etats-Unis en Israël à Jérusalem », a déclaré le chef de la diplomatie américaine. « Je suis ravi d’avoir visité Israël lors de mon premier voyage à l’étranger en tant que secrétaire d’Etat » fin avril et « je suis impatient d’y retourner bientôt pour visiter notre nouvelle ambassade ainsi que l’ambassadeur » David Friedman « à Jérusalem », a-t-il ajouté.

« Nous restons déterminés à promouvoir une paix globale et durable entre Israël et les Palestiniens », a-t-il également dit sans plus de précisions.

Interrogé lundi matin par l’AFP sur les manifestations dans la bande de Gaza et leur répression, le département d’Etat américain n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat.

Romandie.com avec(©AFP / 14 mai 2018 14h37)                                                        

Trump n’ira pas à Jérusalem pour l’inauguration de l’ambassade des États-Unis

mai 7, 2018

Washington – Après avoir laissé planer le doute pendant plusieurs semaines, Donald Trump ne se rendra finalement pas à l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem la semaine prochaine.

Le président américain avait annoncé en décembre sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, marquant une rupture avec ses prédécesseurs, démocrates comme républicains.

La Maison Blanche a publié lundi la liste de la délégation présidentielle qui se rendra à Jérusalem pour ce transfert controversé, prévu le 14 mai pour coïncider avec le 70e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël.

Dirigée par John Sullivan, numéro deux de la diplomatie américaine, elle comptera dans ses rangs Ivanka Trump, fille et conseillère du président, et son époux Jared Kushner, également conseiller de l’exécutif.

L’émissaire du président américain pour le Proche-Orient, Jason Greenblatt, et le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, feront aussi partie de la délégation.

Début mars, lors de la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avec lequel il entretient des relations étroites, M. Trump avait évoqué la possibilité d’être présent lors de l’inauguration, martelant sa « fierté » d’avoir décidé, en dépit de multiples mises en garde internationales, de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu.

« Je pourrais y aller », avait-il lancé il y a dix jours lors d’une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel, alimentant de nouveau les spéculations. M. Trump avait insisté sur le manque de « courage » de tous ses prédécesseurs sur ce dossier.

La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël est un casus belli pour les dirigeants palestiniens qui revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël, comme la capitale de l’Etat auquel ils aspirent

Romandie.com avec (©AFP / 07 mai 2018 22h03)                                                        

Départ samedi des diplomates russes expulsés des États-Unis, selon l’ambassadeur

mars 31, 2018

Un employé du consulat américain de Saint Pétersbourg fixe la bannière étoilée sur le balcon du consulat, le 31 mars 2018 / © AFP / OLGA MALTSEVA

Les 60 diplomates russes expulsés par les États-Unis après l’empoisonnement au Royaume-Uni d’un ex-agent double vont regagner la Russie samedi, a annoncé l’ambassadeur russe à Washington Anatoli Antonov, cité par l’agence étatique TASS.

« Le 31 mars, tous les diplomates qui ont été déclarés +persona non grata+ vont retourner chez eux en avion avec leurs familles », a déclaré l’ambassadeur aux journalistes.

Au total, 171 personnes vont quitter le pays et le gouvernement russe a fourni deux avions pour leur transport dont l’un fera une brève escale à New York pour y récupérer 14 familles, a-t-il ajouté.

Les États-Unis et leurs alliés ont annoncé cette semaine l’expulsion de plus de 150 diplomates russes dans le cadre d’une riposte concertée après l’empoisonnement au gaz innervant le 4 mars au Royaume-Uni de l’ex-espion Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia. En représailles, Moscou a pris des mesures identiques devant toucher plus de 140 diplomates.

Washington a qualifié d' »espions » les diplomates expulsés, dont 48 attachés à l’ambassade de Russie à Washington et 12 autres travaillant à la mission russe à l’ONU, et décrété la fermeture du consulat russe à Seattle (nord-ouest).

Les diplomates russes, dont Moscou a démenti qu’ils soient des espions, avaient jusqu’à lundi pour quitter le territoire des États-Unis.

Toutefois, le personnel expulsé peut être remplacé, ont précisé les autorités américaines. « Le gouvernement russe reste libre de solliciter des accréditations pour les postes désormais vacants à la mission bilatérale », a expliqué vendredi un responsable du département d’État à l’AFP.

La Russie a répliqué jeudi à Washington en annonçant le renvoi de 60 diplomates américains et la fermeture du consulat de Saint-Pétersbourg mais n’a pas non plus exigé de réduction du personnel diplomatique.

Londres impute à la Russie l’empoisonnement de l’ex-espion et sa fille malgré les démentis de Moscou qui clame son innocence et a demandé la convocation d’une « session extraordinaire » du Conseil exécutif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Romandie.com avec(©AFP / 31 mars 2018 14h36)                

L’Équateur punit Assange et le prive d’internet dans son ambassade à Londres

mars 28, 2018

Quito – L’Equateur a annoncé mercredi qu’il avait coupé « les systèmes » de communication « avec l’extérieur » de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks réfugié à l’ambassade équatorienne à Londres depuis 2012, en raison de certaines de ses prises de position qui agacent Quito.

Le gouvernement de Lenin Moreno prévient qu’il pourra adopter « d’autres mesures » si l’Australien venait de nouveau à « manquer à son engagement » de ne pas interférer dans les relations de l’Equateur avec d’autres pays, dont les Etats-Unis.

Quito n’a pas précisé de quelle manière le fondateur de WikiLeaks avait manqué à son « engagement écrit pris avec le gouvernement fin 2017, selon lequel il promettait de ne pas publier des messages constituant une ingérence dans la relation (de l’Equateur) avec d’autre Etats ».

La réaction du pays andin intervient après une série de tweets postés lundi soir par Julian Assange, où il reproche le « timing » de l’expulsion de diplomates russes par des pays occidentaux en réaction à l’empoisonnement d’un ex-agent russe au Royaume-Uni, « 12 heures après l’un des pires incendies d’immeubles de l’histoire post-soviétique », celui d’un centre commercial en Sibérie.

L’Australien s’est attiré mardi les foudres d’un ministre britannique.

« Il est très regrettable que Julian Assange reste dans l’ambassade d’Equateur », a déclaré mardi le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères Alan Duncan devant le Parlement.

« Il est grand temps que ce misérable petit ver de terre sorte de l’ambassade et qu’il se rende à la justice britannique », a-t-il ajouté.

L’Australien de 46 ans avait trouvé asile en juin 2012 dans l’ambassade d’Équateur pour échapper à une extradition vers la Suède où il était recherché depuis fin 2010 pour des accusations de viol et d’agression sexuelle qu’il niait.

Il craint, en cas d’arrestation, d’être extradé et jugé aux États-Unis pour la publication par WikiLeaks en 2010 de nombreux secrets militaires et documents diplomatiques américains.

Malgré l’abandon des poursuites pour viol en mai 2017, un tribunal londonien a refusé en février de lever son mandant d’arrêt au motif qu’il n’avait pas respecté les conditions de sa liberté sous caution.

Le gouvernement équatorien avait annoncé fin février que le projet de médiation proposé au Royaume-Uni pour résoudre le cas de Julian Assange était « au point mort ».

Quito a accordé en décembre la nationalité équatorienne au fondateur de WikiLeaks mais Londres avait refusé de lui reconnaître un statut diplomatique qui lui aurait permis de quitter l’ambassade sans être arrêté par la police britannique.

Romandie.com avec(©AFP / 28 mars 2018 17h04)                                            

Julian Assange est un « misérable petit ver de terre », selon un ministre britannique

mars 27, 2018

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange à Londres, le 3 août 2017 / © AFP/Archives / Justin TALLIS

Le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères Alan Duncan a traité mardi de « misérable petit ver de terre » le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, réfugié depuis près de six ans à l’ambassade d’Equateur à Londres.

« Il est très regrettable que Julian Assange reste dans l’ambassade d’Equateur », a déclaré M. Duncan devant le Parlement britannique.

« Il est grand temps que ce misérable petit ver de terre sorte de l’ambassade et qu’il se rende à la justice britannique », a-t-il ajouté.

Alan Duncan réagissait aux tweets postés lundi soir par le fondateur de WikiLeaks, où il reproche le « timing » de l’expulsion de diplomates russes par des pays occidentaux en réaction à l’empoisonnement d’un ex-agent russe au Royaume-Uni, « 12 heures après l’un des pires incendies d’immeubles de l’histoire post-soviétique », celui d’un centre commercial en Sibérie.

L’Australien de 46 ans avait trouvé asile en juin 2012 dans l’ambassade d’Équateur pour échapper à une extradition vers la Suède où il était recherché depuis fin 2010 pour des accusations de viol et d’agression sexuelle qu’il niait.

Il craint, en cas d’arrestation, d’être extradé et jugé aux États-Unis pour la publication par WikiLeaks en 2010 de nombreux secrets militaires et documents diplomatiques américains.

Malgré l’abandon des poursuites pour viol en mai 2017, un tribunal londonien a refusé en février de lever son mandant d’arrêt au motif qu’il n’avait pas respecté les conditions de sa liberté sous caution.

Le gouvernement équatorien avait annoncé fin février que le projet de médiation proposé au Royaume-Uni pour résoudre le cas de Julian Assange était « au point mort ».

Quito a accordé en décembre la nationalité équatorienne au fondateur de WikiLeaks mais Londres avait refusé de lui reconnaître un statut diplomatique qui lui aurait permis de quitter l’ambassade sans être arrêté par la police britannique.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mars 2018 15h32)                

Burkina-Faso/Ouagadougou: soupçons de complicités dans l’armée

mars 4, 2018

Des soldats burkinabè en faction le 3 mars 2018 devant le siège de l’état-major à Ouagadougou, au lendemain de la double attaque jihadiste / © AFP / Ahmed OUOBA

L’enquête sur la double attaque de Ouagadougou progressait dimanche: un jihadiste présumé soupçonné d’avoir joué un rôle clé était entendu par la justice du Burkina Faso qui soupçonne des complicités dans l’armée.

L’homme dont la nationalité n’a pas été révélée a été arrêté vendredi dans les heures qui ont suivi les attaques coordonnées contre l’état-major des armées burkinabè et l’ambassade de France à Ouagadougou, a déclaré à l’AFP une source gouvernementale.

Cet homme est soupçonné d’avoir participé à l’attaque de l’état-major général de l’armée, en plein centre de Ouagadougou et pourrait même être « un cerveau » de l’opération, a-t-on ajouté.

Les attaques ont fait sept morts parmi les forces de sécurité, selon un dernier bilan, et ont été revendiquées samedi soir par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) lié à Al-Qaïda disant agir en représailles à une opération militaire française antijihadiste au Mali.

D’autres assaillants « jihadistes ont peut-être pu s’enfuir » après l’attaque de l’état-major, situé dans le quartier très fréquenté du grand marché de Ouagadougou, selon la source gouvernementale.

Les autorités ont de « très forts soupçons » qu’il y ait « des infiltrés dans l’armée » qui ont renseigné les jihadistes pour l’attaque de l’état-major, a ajouté la source burkinabè.

En effet l’explosion de la voiture piégée qui a précédé l’assaut a totalement détruit une salle de réunion, située en façade du bâtiment, où devait se tenir une réunion de l’état-major de la force antijihadiste du G5 Sahel. La réunion a été changée de salle au dernier moment, évitant un carnage.

– ‘Connaissance des habitudes’ de l’état major –

« Ils avaient une connaissance des habitudes et pratiques courantes au sein de l’état-major, ce qui explique la facilité avec laquelle ils ont accédé au sein de l’état-major par son accès de service, situé au dos de l’entrée principale », avait expliqué samedi une autre source gouvernementale.

Les enquêteurs se demandent si l’attaque contre l’ambassade de France n’était pas une « diversion » avant l’attaque contre l’état-major.

Située dans la zone des ambassades, l’ambassade de France est très bien protégée. La tentative s’est d’ailleurs soldée par la mort des quatre jihadistes qui n’ont pas pu pénétrer dans l’enceinte diplomatique, a aussi expliqué la source gouvernementale.

Toutefois, dans sa revendication, le GSIM a dit avoir agi « en réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l’armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines »,

Le dernier bilan des attaques de vendredi fait état de sept morts parmi les forces de l’ordre burkinabè et plus de 80 blessés, ainsi que de neuf jihadistes tués, selon la première source gouvernementale.

L’un des hommes tués avait été compté à tort dans un bilan précédent parmi les forces de l’ordre parce qu’il portait un treillis militaire. Il s’agissait en réalité d’un jihadiste, dont plusieurs étaient en uniforme, a précisé cette source.

Un procureur et quatre enquêteurs français étaient attendus dimanche à Ouagadougou pour participer à l’enquête sur la double attaque de vendredi, a par ailleurs indiqué la source.

L’activité reprenait normalement dimanche dans la capitale burkinabè, mais, signe de l’extrême tension qui persiste, deux incidents armés se sont produits, dont l’un a fait un mort.

Vers 02H00 heures du matin (locales et GMT), une voiture avec trois hommes à bord a tenté sans succès de forcer un barrage dans la zone de la présidence du Burkina Faso, en périphérie de Ouagadougou, selon une deuxième source gouvernementale.

Deux hommes ont réussi à s’enfuir, le troisième a été arrêté par des membres de la sécurité présidentielle qui tenaient le barrage, à environ 1,5 kilomètre du palais présidentiel.

L’homme arrêté a été abattu deux heures plus tard après avoir tenté de s’emparer de l’arme d’un de ses gardiens, selon cette même source. Les forces de l’ordre ratissaient la zone dimanche.

Cet incident est apparemment sans lien avec l’attaque jihadiste, selon une source sécuritaire, car les hommes n’avaient pas d’armes.

Autre incident dimanche matin, des soldats ont effectué des tirs de sommation contre des passants qui voulaient franchir une barrière dans la zone de l’état-major, toujours totalement bouclée.

– ‘On a tous peur’ –

Le GSIM est une organisation jihadiste regroupant depuis tout juste un an plusieurs entités du Sahel liées à Al-Qaïda. Le nouveau groupe est dirigé par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, chef Ansar Dine.

Le Burkina Faso est depuis 2015 la cible d’attaques jihadistes, qui ont déjà frappé sa capitale, sans jamais toutefois atteindre un tel niveau d’organisation.

Dans la population, la nervosité restait palpable dimanche.

« La paix soit au Burkina Faso. En tout cas nous les croyants, nous allons prier beaucoup pour que les terroristes ne viennent plus au Burkina Faso », a déclaré une commerçante, Suzane Kouama.

Bouri Sawadogo, étudiant, souhaite « que ça s’arrête, parce que, à l’allure ou ça va, franchement, on a tous peur ».

« Notre Etat Major, c’est le cœur de Ouagadougou, le cœur du Burkina Faso qui fut attaqué », dit-il.

Romandie.com avec(©AFP / 04 mars 2018 14h55)                

Burkina Faso: une trentaine de morts dans des attaques coordonnées à Ouagadougou

mars 2, 2018

Un épais nuage de fumée noire pendant des attaques armées dans le centre de Ouagadougou, le 2 mars 2018 au Burkina / © AFP / Ahmed OUOBA

Une trentaine de personnes ont été tuées vendredi dans des attaques coordonnées associant voiture piégée et tirs nourris qui ont visé simultanément l’état-major des forces armées du Burkina Faso et l’ambassade de France, à Ouagadougou.

L’opération menée dans la matinée par au moins deux groupes d’hommes armés dans le centre-ville n’avait pas encore été revendiquée en début de soirée, mais le Burkina Faso est depuis 2015 la cible d’attaques jihadistes, qui ont déjà frappé sa capitale, sans jamais toutefois atteindre un tel niveau d’organisation.

« Notre pays a été de nouveau la cible ce vendredi de forces obscurantistes », a dénoncé vendredi soir le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré dans un communiqué.

Plus tôt dans la journée, son gouvernement avait évoqué une « attaque terroriste perpétrée (…) par des hommes lourdement armés non identifiés ».

Huit membres des forces de l’ordre ont été tués, et plus de 80 blessés, selon un bilan dans la soirée du ministre burkinabè de la Sécurité Clément Sawadogo, qui a précisé que huit assaillants avaient été abattus.

Mais selon plusieurs sources sécuritaires interrogées par l’AFP, au moins 28 personnes ont été tuées dans l’attaque contre l’état-major. Aucun Français n’a été tué ou blessé dans l’attaque contre l’ambassade de France, a-t-on appris de source diplomatique française.

Le président français Emmanuel Macron a réaffirmé « la détermination et le plein engagement de la France, aux côtés de ses partenaires du G5 Sahel, dans la lutte contre les mouvements terroristes ».

Le président du Niger et président en exercice de la force régionale antijihadiste G5-Sahel, Mahamadou Issoufou, lui a fait écho en assurant que les attaques « ne feront que renforcer la détermination du G5-Sahel et de ses alliés dans la lutte contre le terrorisme ».

« Plus que jamais l’Afrique et la communauté internationale doivent se mobiliser pour faire front commun contre cette barbarie qu’il faut définitivement neutraliser », a renchéri le président guinéen Alpha Condé dans un communiqué.

Le gouvernement Ivoirien a adressé « au peuple frère du Burkina Faso toute sa solidarité et sa compassion », selon un communiqué de son ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Sidiki Diakite.

– Première voiture piégée –

« Aux environs de 10h, des assaillants ont commencé à tirer sur l’ambassade de France et presqu’au même moment un autre groupe, de manière coordonnée s’attaquait à l’état-major général des armées », a détaillé lors d’un point de presse le ministre de la Sécurité.

Une voiture piégée a ensuite explosé près de l’état-major burkinabè, un mode opératoire inédit au Burkina. « Les assaillants ont fait usage d’un véhicule bourré d’explosifs dont la charge était énorme », a souligné Clément Sawadogo.

Des photos postées par des habitants de la capitale sur Twitter montraient d’épaisses colonnes de fumée noire s’élevant de plusieurs bâtiments, dont celui de l’état-major.

La situation n’a été maîtrisée que vers 15h, selon les autorités burkinabè, qui ont laissé entendre que le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd: une réunion entre le chef d’état-major et des officiers à propos de la force antijihadiste G5 Sahel, qui devait se tenir dans une salle, a été déplacée.

« La salle initialement désignée (…), qui était peut-être ciblée, a été littéralement détruite par l’explosion », selon Clément Sawadogo.

A environ un kilomètre de là, cinq hommes armés sont sortis d’une voiture et ont ouvert le feu sur des passants avant de se diriger vers l’ambassade de France où ils échangé des coups de feux avec les gendarmes et policiers français qui gardaient l’ambassade, selon des témoins.

Ils ont été « neutralisés », selon les autorités bukinabè.

« Les forces françaises au Burkina sont intervenues en soutien à l’action de l’armée burkinabé, elles n’ont pas pris part directement à l’action », a affirmé à l’AFP le porte-parole de l’état-major de l’armée française, le colonel Patrick Steiger. La France dispose de forces spéciales sur une base militaire à Ouagadougou.

Le parquet de Paris a de son côté ouvert une enquête pour tentative d’assassinats terroriste.

– ‘Cibles dures, symboles forts’ –

L’un de témoins interrogé par l’AFP a raconté avoir vu les assaillants armés de fusils d’assaut Kalachnikov qui, « ont commencé à ouvrir le feu sur les gendarmes qui étaient dans la guérite » devant l’ambassade. Ils étaient « habillés en civil, même pas cagoulés, à visage découvert ».

A l’inverse, le commando qui a attaqué l’état-major portait l’uniforme de l’armée de terre bukinabè, selon une source sécuritaire.

Les établissements scolaires français et l’Institut français de Ouagadougou seront fermés jusqu’à mercredi inclus.

« Le mode opératoire des attaques évolue crescendo. Après des cibles molles, comme des hôtels et restaurants, cette attaque a visé des cibles dures, des symboles forts », a jugé un consultant burkinabè en sécurité, Paul Koalaga.

La capitale du Burkina a été ces dernières années à plusieurs reprises la cible d’attaques jihadistes visant des cibles fréquentées par les Occidentaux.

Le 13 août 2017, deux assaillants avaient ouvert le feu sur un café-restaurant, le Aziz Istanbul, situé sur la principale avenue de la capitale, faisant 19 morts et 21 blessés. L’attaque n’avait pas été revendiquée.

Le 15 janvier 2016, trente personnes, dont six Canadiens et cinq Européens, avaient été tuées lors d’un raid contre l’hôtel le Splendid et le restaurant Cappuccino dans le centre de Ouagadougou. L’attaque avait été revendiquée par le groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Le nord du Burkina Faso, frontalier du Mali, est aussi le théâtre d’attaques jihadistes depuis 2015, qui ont fait 133 morts, selon un bilan officiel.

Romandie.com avec(©AFP / 02 mars 2018 23h20)