Posts Tagged ‘Ambition’

Zidane a « cette ambition » d’être un jour sélectionneur des Bleus

mars 29, 2015

L'ex-international français Zinédine Zidane avant le match amical France-Brésil, le 26 mars 2015 au Stade de France
L’ex-international français Zinédine Zidane avant le match amical France-Brésil, le 26 mars 2015 au Stade de France © AFP/Archives – Franck Fife

Zinedine Zidane a indiqué qu’il avait « cet objectif, cette ambition » d’être un jour sélectionneur de l’équipe de France, dimanche sur Canal+ lors d’un questions-réponses avec des abonnés de la chaîne.

« J’étais joueur de cette équipe (de France), oui ça serait bien, un jour (de l’entraîner), mais pour le moment il y a un entraîneur en place (Didier Deschamps) qui fait un boulot formidable, mais oui j’ai cet objectif, cette ambition », a expliqué Zizou.

« J’ai le temps, je n’ai pas d’objectif à court terme, je suis bien à Madrid, j’ai un président (Florentino Perez) qui me fait confiance », a ajouté l’ancien meneur de jeu qui entraîne actuellement l’équipe réserve du Real Madrid.

Interrogé pour connaître sa réponse si on lui proposait l’équipe première du Real Madrid, l’ancien joueur de la Juve a répondu: « Oui, je suis partant, mais encore fois, il y a un entraîneur en place (Carlo Ancelotti), il fait un formidable travail ».

« Je suis dans un club ou j’apprends, quand j’étais joueur c’était pareil, je ne me suis pas fait en deux ans, j’ai pris mon temps, des clubs, je n’en ai pas fait beaucoup, Cannes, Bordeaux, la Juventus, le Real Madrid, oui, je comprends qu’on a envie de me voir numéro un à Madrid, mais j’ai le temps et j’apprends beaucoup avec Carlo, il est sur le terrain d’à côté, et contrairement à ce qu’on dit, il est l’entraîneur idéal à Madrid », a-t-il poursuivi.

« Est-ce que je me sens prêt si on me propose l’équipe première ? On n’est jamais prêt, mais si ça se passe comme ça, il faut dire oui », a-t-il enchaîné.

Et à la question « entraîner le PSG serait-il possible ? », le champion du monde 1998 a répondu: « Je suis Marseillais, je suis bien à Madrid, mais je ne m’interdis rien ».

Lepoint.fr avec (AFP) – © 2015

Attaques contre Bédié : Des jeunes du PDCI lâchent leur Chef KKB

juin 25, 2013

Des jeunes du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, l’ex-parti unique), ont exprimé mardi leur désolidarisation avec les récentes activités de leur Président, Bertin Konan Kouadio dit ‘’KKB’’.

Dans une déclaration transmise mardi au bureau de APA, le Secrétaire général de la Jeunesse du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (JPDCI), Brahima Kamagaté s’est dit indigné par des ‘’propos irrévérencieux » de KKB à l’endroit du Président du parti, Henri Konan Bédié.

‘’Nous, membres du Bureau national et Coordonnateurs de la JPDCI voulons affirmer haut et fort que nous ne nous reconnaissons pas dans les propos du frère KKB », a déclaré M. Kamagaté, pour lever toute équivoque sur la ‘’position réelle » des jeunes du parti fondé par feu Félix Houphouët-Boigny (Premier Président de la Côte d’Ivoire indépendante) par rapport aux déclarations de KKB, dans ses dernières tournées politiques.

Bertin Konan Kouadio, depuis peu soutient qu’au regard des textes qui régissent le plus vieux parti politique de la Côte d’Ivoire, le Président actuel de ce parti, Henri Konan Bédié, n’est plus apte à se présenter aux élections pour sa propre succession.

Ceci étant, pour KKB, M. Bédié (79 ans), est forclos et donc son ambition de vouloir être porté encore à la tête du PDCI, est sans fondement juridique.

Henri Konan Bédié, a dirigé le pays (1993-1999) à la mort du Président Félix Houphouët Boigny, le 7 décembre 1993 a été évincé du pouvoir le 24 décembre 1999 par un putsch mené par feu le Général de brigade, Robert Guéï.

Dans ses récentes interviews, Henri Konan Bédié, ou le Sphinx de Daoukro ( son village natal au Centre-Est), comme l’appellent ses sympathisants, annonce qu’il sera candidat à la présidence du PDCI lors du XIIème congrès prévu du 03 au 05 octobre prochain.

KKB, dans sa logique, soutient que le thème du congrès, ‘’PDCI-RDA face aux nouveaux défis : renouveau, rajeunissement et renaissance » doit pouvoir, au terme des travaux, apporter du sang neuf dans l’organigramme de cette formation politique qui retrouve difficilement ses marques depuis la chute du régime Bédié en 1999.

Ce qui intrigue le plus, le patron des jeunes du PDCI, c’est le fait que le Président Bédié ait mis en place un Comité ad’hoc pour organiser le congrès, en plaçant à sa tête, l’Inspecteur général d’Etat, Gnamien N’goran, son ‘’neveux », laissant sur le ‘’carreau » le Secrétaire général du parti, Alphonse Djédjé Mady.

Cette pratique donne à penser que la vie de ce parti est ramenée à une ‘’cellule familiale », avait dénoncé KKB lors d’une de ses sorties aux Etats-Unis.

En réponse, M. Bédié n’a pas du tout apprécié les propos de son « fils », en évitant même de le citer nommément lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision française France 24.

Le parti du ‘’vieux sage d’Afrique », traverse un moment de turbulence, à tel point que l’ex-Premier ministre, Jeannot Koudio-Ahoussou, avait affirmé que le parti était ‘’amaigri et rabougri ».

En tout état de cause, le parti qui se retrouve à la croisée des chemins, doit pouvoir faire sa mue pour s’adapter aux nouvelles réalités géopolitiques de la Côte d’Ivoire, vu que les mentalités des nouvelles générations ont indubitablement changé, soulignent les analystes.

APA-Abidjan (Côte d’Ivoire)

Le temps du pouvoir

octobre 2, 2011

Ne fais pas du fauteuil présidentiel ton champ de pets car d’autres viendront s’installer et cultiver le destin du pays. Quand tu as goûté au pouvoir, ne cherche pas d’être rassasié, lève-toi et dégage! Abandonne tes intérêts de gloutonnerie, tes ambitions démesurées, égoïstes et égocentriques de la tribu et des amis. Le pouvoir de la nation a besoin de toutes les filles et de tous les fils car dans l’usure tu ne peux plus opérer des miracles. Ni ta jeunesse, ni ta vieillesse ne peuvent plus apporter des solutions remèdes au développement de la République.

Un mandat peut suffire et deux est le maximum pour réaliser son projet de société. Ce n’est pas en cherchant à obtenir une rallonge du pouvoir que l’on peut encore satisfaire aux besoins d’une population, d’un peuple qui aspire au bien-être et au mieux-être.

La leçon du pouvoir d’un État consiste à mieux se préparer pour bien assumer ses charges difficiles; quand on est pas prêt, il faut éviter l’aventure politique car la République est un concentré d’institutions nobles qui nécessitent un brin de connaissance et de sagesse.

Bernard NKOUNKOU

2012: Morin réaffirme son ambition

septembre 3, 2011

Le président du Nouveau centre Hervé Morin a réaffirmé aujourd’hui son ambition de représenter les couleurs de son camp à la présidentielle, lors de son discours de rentrée, dans l’Eure.

« Mon calendrier est clair, continuer à aller à la rencontre des Français, décliner mon projet (…) me préparer pour la présidentielle dans un cadre politique clair », a lancé Morin, devant un peu plus de 300 sympathisants. « Je considère qu’aujourd’hui il y a deux candidats potentiels à l’élection centriste. Cette question-là sera réglée dans plusieurs semaines », a-t-il ajouté en marge de son discours, en estimant que Jean-Louis Borloo était lui aussi « déterminé ».

Lors de son discours, il a mis l’accent sur la nécessité que le candidat des centristes « soit indépendant de l’UMP », une allusion claire au Parti radical de Borloo, avec lequel il est allié dans l’Alliance républicaine, écologiste et sociale (ARES). « Indépendant financièrement. Indépendant intellectuellement. Mais aussi indépendant politiquement. « Celui qui sera désigné, en clair Jean-Louis Borloo ou moi, devra prendre l’engagement d’aller jusqu’au bout. Quels que soient les sondages », « les pressions » ou les « difficultés » de la campagne, a ajouté l’ex-ministre de la Défense, dont la rentrée devance d’une semaine l’université d’été de l’ARES, à la Grande-Motte.

Besoin d’augmenter les impôts

Dans son discours, qui a pris la forme d’une feuille de route présidentielle, le patron du NC a pris la défense de l’euro mais appelé à « porter un regard sans concession » sur « l’état calamiteux de nos finances publiques ». « Nous aurons besoin d’augmenter les impôts », a-t-il prévenu, tout en appelant à rééquilibrer la fiscalité au profit des PME.

Jugeant trop faible le plan de redressement des finances du gouvernement, il s’est prononcé pour une taxation des hauts revenus à partir de 200.000 euros et non 500.000, comme prévu dans le plan d’austérité du gouvernement.

Quant à l’inscription dans la Constitution de la règle d’or sur l’équilibre des finances publiques, il a appelé à un référendum populaire si le PS maintenait son opposition à l’adopter en Congrès.

Lefigaro.fr avec AFP

Michelle Obama, femme d’ambition

août 16, 2011

Volet de la série d’été. Janvier 2009, investiture de Barack Obama : Michelle ne quitte pas des yeux l’élu de son coeur. Quel chemin parcouru depuis la rencontre entre la brillante avocate et le stagiaire idéaliste… Quel amour il a fallu pour résister ensemble au tourbillon d’une ascension politique ! Anne Plantagenet rembobine cette love story sur fond de rêve américain.

Elle s’ennuie dans ce cabinet d’avocats, c’est insensé comme elle s’ennuie. Et pas seulement. Elle s’en veut aussi. Toutes ces années d’études, ces nuits à bûcher sur la table de la cuisine, ces innombrables journées entamées bien avant l’aube… Avoir franchi de si nombreux obstacles, intégré les prestigieuses universités de Princeton et de Harvard, elle, la petite Noire des quartiers sud de Chicago élevée dans un deux-pièces, fille d’un employé d’une station d’épuration d’eau, atteint d’une maladie incurable, et d’une femme au foyer, avoir défié tant de préjugés et déjoué tous les pronostics qui lui prédisaient une existence bien loin des sphères du pouvoir et des élites, cantonnée à la place que la société réserve aux minorités : à la marge. Avoir réussi ce pied de nez magistral aux pythies de tous bords pour se retrouver à défendre les dossiers insipides des riches clients de la ville. Riches et blancs. Elle s’appelle Michelle, a 24 ans, mesure 1,82 m, corps athlétique, menton volontaire. Elle est imposante, joue la carte de la féminité à outrance pour compenser un physique un peu massif – aux antipodes des beautés filiformes des magazines féminins – et la dureté de son regard. Le sourire éclatant qu’elle arbore, comme d’autres une arme au ceinturon, abrite sans grande dissimulation un caractère des plus intransigeants. Ceux qui la connaissent savent que l’exigeante miss Robinson ne tolère pas beaucoup le dilettantisme, pas plus qu’elle ne souffre l’échec, la critique et l’opposition.

Elle affiche une assurance qu’on pourrait sans peine, de prime abord, prendre pour de l’arrogance. Et ne pleure jamais. Peut-être a-t-elle une haute opinion d’elle-même. Peut-être est-elle présomptueuse, revancharde, à un point tel que le désir en devient indicible. Ce qui est sûr, c’est qu’elle ne devrait pas être là. Elle est une anomalie statistique, une bizarrerie, presque un contresens. Mais aussi le petit miracle qui permet de garder la foi, l’illustration du parcours exemplaire, de la force de la volonté. Ou simplement l’exception qui confirme la règle. Car les enfants de la communauté à laquelle elle appartient ne deviennent pas avocats. Précisément, elle a consacré le sujet de sa thèse universitaire aux divisions raciales. Le monde reste dominé par les hommes et, fait indiscutable, par les Blancs. Chez Sidley Austin, où elle est entrée à la fin de ses études, spécialisée dans le marketing et la propriété intellectuelle, Michelle Robinson est une des rares femmes. Et elle est la seule Noire. Ce jour-là, elle porte une jupe droite cintrée, un chemisier à jabot, un collier de perles et des escarpins qui élèvent davantage encore sa longue silhouette sans rien cacher de ses formes plantureuses. Michelle a le goût des vêtements, des bijoux et des chaussures. Qui a dit que sa stature lui proscrivait les talons hauts ? Il est hors de question qu’elle s’autocensure. Si elle a des complexes, des fragilités ou des peurs, elle leur fonce droit dessus et appuie précisément là où ça fait mal. Son humour caustique et son franc-parler décontenancent. Son élégance racée effarouche.

Une femme intimidante

Ses collègues du cabinet la jugent sans doute un peu radicale, intimidante, assurément trop grande. Elle ne leur témoigne pas davantage d’intérêt. Ils ne lui arrivent pas à la cheville. Elle n’a jamais rencontré d’homme à sa taille. Un homme ? Le candidat idéal serait noir, forcément, au mieux métis; ses origines, différentes de celles de Michelle, qui a grandi dans une famille défavorisée mais soudée, aimante. Elle l’imagine d’un milieu plus aisé, mixte. En revanche il n’a pas connu de stabilité affective, a été ballotté son enfance durant, s’est construit sur du déchirement, mélange d’influences tragiques et éclatées. Orphelin. A voyagé, vécu à l’étranger, parle plusieurs langues. Cultivé, intelligent, sportif (il pratique le basket), drôle (il la fait rire), terriblement ambitieux et sensible à la cause des Noirs. Il apporte à Michelle l’élément fantaisiste qui lui fait tant défaut, la touche d’étrangeté nécessaire à sa réussite trop parfaite (un prénom peu commun, presque imprononçable, atteindrait au sublime, mais peut-être est-ce trop demander). Il a un charme irrésistible en dépit de ses oreilles décollées, mais n’adore qu’elle (dont il est le seul à avoir décelé les secrètes fragilités, les failles magnifiques), ne daigne pas même lever les yeux sur les multiples femmes qui papillonnent autour de lui, tremblant à l’idée de la perdre, elle, Michelle, son amarre, son rocher, car Me Robinson n’est pas partageuse, elle est si fière qu’elle le tuerait d’abord et le quitterait ensuite. S’il en venait à la trahir.

Glamour et rigueur

Mais cela ne peut se produire car il est puritain, et le couple qu’ils forment est exemplaire, fusionnel. Leur complémentarité accomplie les rend plus forts. Non seulement ils sont amoureux, mais solidaires. Alliés. Associés. Partenaires. Une véritable entreprise qui, au fil du temps, apprend à contrôler son image, huile son discours. Un malin dosage de glamour et de rigueur, un ton familier mais terriblement redoutable. L’incarnation idéale du rêve américain.

Le mari de Michelle est forcément engagé dans la collectivité et, de fait, flirte rapidement avec la politique. Il connaît la réalité du terrain, parle bien, se montre proche des gens, met la main à la pâte, pratique l’humour aussi bien que la fermeté. Une véritable entreprise qui, au fil du temps, apprend à contrôler son image, huile son discours. Un malin dosage de glamour et de rigueur, un ton familier mais terriblement redoutable. L’incarnation idéale du rêve américain. Le mari de Michelle est forcément engagé dans la collectivité et, de fait, flirte rapidement avec la politique. Il connaît la réalité du terrain, parle bien, se montre proche des gens, met la main à la pâte, pratique l’humour aussi bien que la fermeté. Il croit possible de changer le monde (du moins les États-Unis d’Amérique), de réduire les inégalités, d’unifier la nation, de poursuivre le rêve de Martin Luther King, et place la justice sociale au centre de son programme. À ses côtés, Michelle, inébranlable et fière, qui, avec le temps, retouche sa coiffure, bonifie son maquillage, affine ses tenues. Bardée de tous ses diplômes, capable de prendre la parole plus d’une heure en public sans notes, elle est loin d’être l’épouse potiche habituelle, n’est pas là juste pour la caution morale.

Des bâtisseurs

Et même si elle est appelée, un temps, à mettre sa propre carrière entre parenthèses pour soutenir celle de son mari, c’est sujet à un accord entre eux. Elle pose des conditions, impose des concessions domestiques. Pas question pour elle d’être dans l’ombre, de passer ses soirées à attendre. Elle veut en être. Exige de participer, choisit ses combats personnels (les enfants défavorisés, l’obésité infantile). Il faut avant tout se rendre accessible à tous, se poser en modèle, en héroïne modeste, préférer les petits créateurs aux grands couturiers, danser joue contre joue devant les caméras, savoir shooter dans un ballon de soccer, jouer dans une série télévisée, participer à des émissions populaires, ne pas hésiter à dévoiler, par de savantes gaffes distillées avec art (sa franchise brute est désormais notoire), les touchantes petites imperfections du mari redevenu à la maison un homme comme les autres (qui ronfle, laisse traîner ses chaussettes, a mauvaise haleine au réveil). Ensemble ils peuvent aller très loin, Michelle le sait depuis le premier jour. Elle y croit même bien davantage que lui. Depuis leur résidence de Chicago, avec parquet en bois, peintures balinaises, statues africaines, où elle décide d’enraciner son homme, elle le pousse en avant. Sans relâche. L’empêche de baisser les bras, le contraint à garder la foi. Elle est son socle, son rempart. Il est son prodige, son plus bel accessoire. Ils sont des bâtisseurs, n’existent pas l’un sans l’autre. En toute logique, il se fera d’abord élire localement avant de devenir sénateur. Et après, se pourrait-il que… ?

Un homme métis et une femme noire, descendants d’esclaves, aux commandes d’une société où la ségrégation raciale, si elle n’est plus légale depuis seulement une cinquantaine d’années, est largement encore en vigueur dans la vie de tous les jours… ? À Princeton, la camarade de chambre de Michelle a déménagé le premier soir. Ses parents ne voulaient pas qu’elle dorme dans la même pièce qu’une Noire. Soudain Michelle doute. C’est le seul moment. Elle n’est pas du genre vacillant. Ce n’est pas dans son tempérament. Elle s’est mariée sans hésiter, a mis au monde deux filles à trois ans d’intervalle, a investi son poste de mère aussi naturellement qu’elle a su s’imposer comme icône de la mode et comme symbole, paradoxalement, de la lutte des femmes.

La femme la plus célèbre du XXIe siècle

Non sans surprise, elle a découvert que ses enfants constituaient sa priorité absolue et passaient avant les meetings, distributions de tracts, manifestations de tout ordre, l’ivresse d’une estrade devant une foule qui acclame, l’émotion qu’engendre la gratitude, reçue ici et là, les mains tendues, les larmes de reconnaissance…

Rien de tout cela ne vaut le regard bouleversant de Malia et de Sasha, leur rire, leur chair potelée de fillettes tant aimées, noires comme elle. Dans leur villa de South Side, Michelle recrée à l’identique la chaleur du foyer qu’elle a partagée petite avec ses parents et son frère dans le pavillon de brique, quelques rues plus loin. Parfois elle se demande si tel n’est pas simplement l’objectif qu’elle poursuit en réalité, un bonheur familial sans ombre ni éclat, un cocon stable et rassurant, avec un mari rentrant tous les soirs à la maison après une journée de travail bien remplie, des amies proches avec qui faire du shopping et avaler une part de pizza le samedi midi. Elle serait bénévole dans des associations locales à but social et non lucratif, travaillerait à l’université, cultiverait un petit potager bio, fréquenterait l’église du pasteur Wright, qui a célébré son mariage, baptisé ses filles et déclaré que les Noirs des États-Unis devraient dire : « Que Dieu maudisse l’Amérique ! » Et parfois elle a silencieusement l’audace d’espérer, se voit avec son époux propulsé à une place qu’aucun homme de couleur n’a occupée jusqu’à ce jour. Elle n’ose pas le formuler, tant c’est inconcevable, mais elle, au pied du Capitole, tenant la Bible sur laquelle lui prêterait serment. Pour un monde plus juste.

Elle, la plus célèbre femme du XXIe siècle.Mais il faut aller en campagne comme on part sur le front, perdre toute intimité, lui absent, sur les routes sept jours sur sept, dans les tranchées électorales où l’on mobilise de nouveaux soldats, avec la solitude, l’épuisement, la tentation du guerrier; et elle, aux activités professionnelles sacrifiées, à ronger son frein à la maison, « desperate housewife » bonne à faire le ménage, les lessives, les courses, la vaisselle, à élever ses enfants seule, avec des images insoutenables virevoltant dans sa tête comme les robes à volants et les décolletés pigeonnants des attachées de presse, secrétaires, assistantes, conseillères, présidentes de comités de soutien de son mari.

L’homme idéal

Elle interrogera. Voudra savoir si cela en vaut la peine. Si son homme a une chance d’être élu candidat démocrate à la présidentielle. Si la moindre infime probabilité justifie toutes les abnégations, les privations auxquelles ils seront tenus pendant des années. Et les humiliations aussi. Car Michelle pressent déjà. Le portrait de son mari que des internautes se seront amusés sur la Toile à dépigmenter et à coiffer de cheveux lisses, bruns. Et le sien, son visage de femme respectable, de citoyenne américaine, en guenon. Il pleut sur Chicago ce jour. Michelle chasse ces visions d’un geste agacé de la main. Elle s’ennuie tellement dans ce cabinet qu’au lieu de s’atteler aux affaires en cours elle rêvasse, se laisse aller aux divagations les plus saugrenues. L’homme idéal ! Courageux et digne comme son père, qui, sans une plainte, tous les jours de sa vie, est allé travailler en dépit de la sclérose en plaques qui lui causait mille souffrances. L’homme idéal n’existe pas. Et Michelle a toutes les chances de rester vieille fille, avocate et malheureuse. On frappe à sa porte. Son supérieur passe une tête : – Maître Robinson, le nouveau stagiaire est arrivé. Vous êtes chargée de vous occuper de lui, de le former. Il s’appelle… Ba… Ba… Barack… Vous parlez d’un prénom ! Barack Obama.

lefigaro.fr/Madame