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Deux nouveaux variants du coronavirus sous la loupe des chercheurs à travers le monde

septembre 6, 2021

Le variant B.1.621, mieux connu sous le nom de Mu, a récemment été désigné comme « variant à suivre » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), puisqu’il pourrait résister aux anticorps, notamment ceux développés par les vaccins.

Le variant Delta reste largement prédominant et représente jusqu'à 90 % des nouvelles infections au pays, selon des données de la santé publique du Canada.

© Ben Nelms/ben nelms/cbc Le variant Delta reste largement prédominant et représente jusqu’à 90 % des nouvelles infections au pays, selon des données de la santé publique du Canada.

Un autre variant, encore connu sous le nom de C.1.2, inquiète des scientifiques en Afrique du Sud, qui étudient ses mutations pour tenter de comprendre comment il se comporte. Ces nouveaux variants représentent-ils une menace dans la lutte contre la COVID-19 au Canada?

Pour l’heure, le variant Delta, jugé extrêmement contagieux, reste largement prédominant et représente jusqu’à 90 % des nouvelles infections au pays, selon des données de la santé publique du Canada.

Ce qui ne veut pas dire que ces nouveaux variants ne méritent pas d’être soigneusement étudiés, disent les experts.

Ce que l’on sait du variant Mu

Le variant Mu a une constellation de mutations qui indiquent des propriétés potentielles d’évasion immunitaire», peut-on lire dans le bulletin épidémiologique du 30 août du l’OMS, qui catégorise le variant Mu comme variant à suivre».

Des tests préliminaires indiquent en effet que le variant Mu pourrait être résistant aux vaccins ou aux anticorps développés par les patients qui ont déjà contracté une souche antérieure du virus. L’OMS prévient toutefois que ces observations doivent être confirmées par d’autres études».

Mu a d’abord été détecté en janvier 2021 en Colombie. Il a depuis poursuivi sa progression, allant jusqu’à représenter 39 % des nouvelles infections, ce qui en fait la souche prédominante dans ce pays d’Amérique latine.

Or ce variant est pour l’instant quasiment absent du reste du globe. Pour le moment, 39 pays ont déclaré des cas liés à Mu.

Au Canada, sa présence est également à la baisse. S’il représentait à un moment un peu plus de 3 % des nouvelles infections, ce chiffre est récemment passé à 0,3 %. Il n’est pas possible de savoir pour l’instant ce qui explique cette perte de vitesse du variant.

C.1.2, le variant aux origines nébuleuses

C.1.2 n’est peut-être pas présentement sous haute surveillance par l’OMS, mais plusieurs chercheurs pressent l’organisation d’y porter une attention particulière.

Ce variant a été observé pour la première fois par des chercheurs en Afrique du Sud, mais son origine exacte reste pour l’instant indéterminée.

Richard Lessels, un spécialiste des maladies infectieuses et auteur d’une recherche préliminaire sur C.1.2 a affirmé à l’agence Reuters que le variant pourrait être encore plus résistant aux anticorps que le variant Delta.

Toutefois, on ne sait pas si C.1.2 est aussi contagieux, ou même s’il résiste autant aux vaccins qu’aux anticorps développés par une personne qui a déjà contracté la COVID-19.

Le Dr Zain Chagla, consultant en maladies infectieuses à St. Joseph's Healthcare Hamilton.

© /CBC/Craig Chivers Le Dr Zain Chagla, consultant en maladies infectieuses à St. Joseph’s Healthcare Hamilton.

Ces choses prennent du temps à étudier», affirme le docteur Zain Chagla, spécialiste en maladies infectieuses de l’Université McMaster de Hamilton. Delta est incroyablement fort et incroyablement contagieux. Il a aussi une bonne capacité à remplacer [les autres souches] de façon agressive. Rien n’indique que ce soit le cas encore [pour C.1.2].»

Doit-on s’inquiéter de ces variants?

Étant donné que le variant Delta représente la majorité des cas de COVID-19 au Canada et qu’il y a encore beaucoup d’inconnues à propos de Mu ou de C.1.2, les inquiétudes concernant ces nouveaux variants doivent être mises en contexte.

Pas besoin de s’inquiéter encore», résume Zain Chagla, qui insiste toutefois sur l’importance d’étudier et de garder à l’œil ces variants. À propos de C.1.2, il affirme qu’on a vu une hausse de transmission dans certains pays d’Afrique, mais qu’il est difficile de dire si son taux de contagion s’approche de celui de Delta.

De nombreux variants sont apparus durant cette pandémie, rappelle-t-il. Il cite par exemple les autres variants à suivre» comme Alpha, Beta, Lambda ou encore le nouveau venu Mu, et soutient qu’ils peuvent tous être supplantés par Delta ou alors s’épuiser d’eux-mêmes avec le temps».

Pour déterminer la fréquence à laquelle ces variants apparaissent au pays, l’Agence de la santé publique du Canada travaille avec les provinces, les territoires et le Réseau génomique du Canada (RCanGéCo) pour séquencer un certain pourcentage de tous les résultats de test positifs à la COVID-19.

Le séquençage dévoile le code génétique du virus et permet de savoir quel variant était à l’origine de l’infection.

Prévenir l’apparition de nouveaux variants

Depuis le début de la pandémie, de nouveaux variants apparaissent dans des populations durement touchées par une transmission non contrôlée de la COVID-19, notamment en Inde, en Amérique du Sud et en Afrique. Selon les experts, cette tendance devrait se poursuivre tant qu’une plus grande partie de la planète ne sera pas vaccinée.

[Ces nouveaux variants sont] un rappel crucial – même s’il peut s’agir de fausses alertes – de l’importance de l’équité et du partage des vaccins dans le monde», croit Zain Chagla.

Selon le chercheur, cette région du monde inquiète puisque les taux de vaccinations y sont bas, que les systèmes de santé en place sont souvent défaillants et qu’une partie importance de la population est immunosupprimée en raison du VIH, qui touche de 15 à 20 % des adultes dans certains pays.

Il s’agit en quelque sorte d’un cocktail de mauvais scénarios propice à l’émergence d’un variant… alors je ne crois pas que nous devrions être surpris de voir que quelque chose semble apparaître», avance Zain Chagla.

C’est ce que nous avons vu, et c’est ce que nous allons continuer de voir», croit-il.

Avec CBC/Radio-Canada à partir d’un texte de Lauren Pelley et Adam Miller, CBC

Le Canada accorde 27 M$ de plus aux pays accueillant des réfugiés vénézuéliens

mai 26, 2020
© Fournis par La Presse canadienne
OTTAWA — Le Canada a surenchéri sur ses deux rivaux pour un siège au Conseil de sécurité des Nations Unies, mardi, lors d’une conférence internationale portant sur la crise des réfugiés vénézuéliens.Le Canada a accordé 27 millions $ supplémentaires en soutien aux pays d’Amérique du Sud confrontés à cette crise, comparativement aux 6,7 millions $ accordés par la Norvège et 1,5 million $ par l’Irlande.

Ces contributions ont été annoncés lors d’une vidéoconférence de trois heures et demie protégée par mot de passe, au cours de laquelle les représentants de chaque pays se sont tour à tour exprimés sur l’importance de cette cause. Des millions de Vénézuéliens ont trouvé refuge dans les pays voisins, fuyant le gouvernement répressif de Nicolas Maduro.

Il est rare que le Canada se démarque pour ses dépenses sur la scène internationale: sa candidature pour un siège temporaire au puissant Conseil de sécurité de l’ONU est régulièrement critiquée par des experts qui soulignent que la Norvège et l’Irlande dépensent toutes deux beaucoup plus par habitant pour le développement international.

Les deux pays européens déploient également plus de Casques bleus que le Canada dans le cadre des missions de l’ONU, un autre domaine qui est considéré comme crucial pour démontrer son engagement envers les Nations unies.

Les trois pays se disputent deux sièges non permanents pour un mandat de deux ans à partir de l’année prochaine. L’Assemblée générale des Nations Unies doit se prononcer sur la question le mois prochain.

Dans le cadre de sa campagne, le gouvernement de Justin Trudeau a fait moussé son leadership en présentant le Canada comme un acteur clé dans la reconstruction du monde post-pandémie.

La ministre du Développement international, Karina Gould, rapporte que cette nouvelle contribution fait passer le soutien financier du Canada à 80 millions $ au cours des deux dernières années pour les causes humanitaires de l’hémisphère ouest.

L’Union européenne et l’Espagne étaient les hôtes de la conférence de mardi, visant à alléger la pression sur des pays comme la Colombie, le Pérou et l’Équateur, qui subissent les plus grands contrecoups de la deuxième crise de réfugiés en importance sur la planète.

Les systèmes de santé et d’éducation des pays voisins du Venezuela sont mis à rude épreuve, alors qu’ils doivent absorber cinq millions de réfugiés tout en faisant face à la COVID-19.

La ministre colombienne des Affaires étrangères, Claudia Blum, a précisé que son pays avait accueilli 1,8 million de réfugiés vénézuéliens, leur donnant accès aux soins de santé et permettant aux enfants de fréquenter les écoles publiques.

Mme Blum a toutefois ajouté que son pays a besoin de plus d’argent pour faire face au nombre croissant de réfugiés vénézuéliens, qui devrait atteindre 6,5 millions d’ici la fin de l’année, dont 2,4 millions en Colombie.

Le Canada a accepté de tenir la prochaine conférence à cet effet, prévue pour le début de l’année prochaine.

Avec La Presse canadienne par Mike Blanchfield