Posts Tagged ‘Amnesty International’

Départ de plusieurs dirigeants d’Amnesty après une enquête révélant une ambiance «toxique»

mai 28, 2019

 

Plusieurs dirigeants de l’ONG de défense des droits de l’homme Amnesty International vont quitter l’organisation ces prochains mois après une enquête externe révélant un environnement de travail «toxique», a indiqué l’ONG à l’AFP, confirmant des informations de presse.

Le secrétaire général de l’ONG, Kumi Naidoo, a annoncé début mai au personnel que cinq des sept membres de la direction générale d’Amnesty quitteraient l’organisation d’ici octobre prochain, a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’ONG basée à Londres. Une équipe de transition prendra le relais avant la mise en place d’une nouvelle équipe dirigeante, réduite à quatre membres.

Cette réorganisation fait suite à la publication, fin janvier, d’un rapport indépendant commandé après le suicide de deux employés de l’ONG en trois mois. Roz McGregor, une Britannique de 28 ans qui effectuait un stage rémunéré au bureau d’Amnesty à Genève, s’est suicidée au début de l’été 2018, quelques semaines après Gaëtan Mootoo, 65 ans, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest retrouvé mort le 26 mai 2018 dans les locaux parisiens de l’ONG.

Le rapport du groupe KonTerra, basé sur une enquête menée auprès du personnel, avait révélé que celui-ci était souvent soumis à des niveaux de stress très importants et avait identifié des «failles dans la culture organisationnelle et le management» comme étant les «principales causes» du mal-être du personnel. «L’environnement de travail est souvent décrit comme toxique», soulignait le rapport. «Il est profondément troublant de lire des témoignages évoquant une culture du secret et de la méfiance, où la discrimination, l’intimidation et les abus de pouvoir ont été tolérés», avait réagi fin janvier M. Naidoo, devenu secrétaire général en août 2018, jugeant qu’il était «temps de réagir».

De son côté, la Direction générale avait assumé une «responsabilité collective».

Selon le quotidien The Times, des employés ont exprimé leur colère face aux indemnités de licenciement «généreuses» perçues par les cinq dirigeants partants. Le porte-parole de l’ONG a de son côté affirmé à l’AFP que ces derniers étaient éligibles à des indemnités de licenciement «moins favorables» que celles offertes à d’autres membres du personnel.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Mauritanie: appels à la libération de deux blogueurs détenus depuis deux mois

mai 22, 2019

 

Amnesty International a appelé mercredi les autorités mauritaniennes à libérer deux jeunes blogueurs proches de l’opposition arrêtés il y a deux mois et poursuivis pour «dénonciation calomnieuse» envers le chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz, alors que l’élection présidentielle se tiendra le 22 juin.

De leur côté, les avocats d’Abderrahmane Ould Wedadi et Cheikh Ould Jiddou, arrêtés le 22 mars et inculpés le 27 mars, ont annoncé la saisie du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire «afin de faire reconnaître le caractère illégal de leur détention et pour demander leur libération immédiate».

Les deux jeunes blogueurs reprenaient depuis plusieurs mois sur Facebook des informations de la presse étrangère «relatives au potentiel gel d’un compte bancaire par les autorités de Dubaï qui appartiendrait au chef de l’Etat mauritanien», ont rappelé mardi dans un communiqué les avocats, Brahim Ould Ebetty et Henri Thulliez. Le président mauritanien, interrogé le 5 mars par la presse sur cette affaire, avait affirmé qu’il «s’agissait d’une rumeur qui finira par s’estomper». Selon leurs avocats, «surtout les deux blogueurs enquêtaient depuis plusieurs années sur une escroquerie immobilière basée sur le système de Ponzi, touchant plusieurs milliers de familles et qui aurait bénéficié à des proches du président sans que l’auteur principal présumé ne soit jamais inquiété par la justice». La personne visée est un chef religieux, cheikh Ridha al-Saïdi, qui a acheté à crédit à des milliers de Mauritaniens des centaines de maisons, terrains, véhicules et bétail à des prix très supérieurs à leur valeur réelle, pour les revendre ensuite bien en-dessous du prix du marché, mais sans jamais les rembourser. Des associations de créanciers du religieux se sont constituées pour réclamer leur dû, manifestant devant sa concession située dans la banlieue nord de la capitale, sans jusqu’à présent saisir la justice.

Amnesty International a pour sa part appelé dans un communiqué les autorités à «libérer immédiatement et sans condition deux célèbres blogueurs détenus depuis deux mois uniquement pour avoir dénoncé sur Facebook des faits présumés de corruption dans le pays», les appelant à «s’ouvrir aux débats et à la critique». «Le respect et la protection du droit à la liberté d’expression devraient être une de leurs priorités, l’élection présidentielle étant prévue le mois prochain», a souligné l’organisation.

Ancien général arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2008, élu en 2009 puis réélu en 2014, Mohamed Ould Abdel Aziz ne peut se représenter au terme de son second mandat. Pour lui succéder, le parti au pouvoir a désigné comme candidat un autre ancien général, son compagnon de toujours, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Une rue de Londres rebaptisée Khashoggi, un mois après son meurtre

novembre 2, 2018

Un panneau rebaptisant une rue de Londres « Khashoggi street », dans le quartier de Westminster, le 2 novembre 2018 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

Une rue de Londres longeant l’ambassade d’Arabie saoudite a été brièvement rebaptisée Khashoggi par Amnesty International, vendredi à 13H14, l’heure exacte où le journaliste saoudien est entré dans le consulat de son pays en Turquie avant d’y être tué il y a un mois.

« Cela fait un mois que Jamal a été tué », a expliqué à l’AFP Kristyan Benedict, un militant de l’ONG de défense des droits de l’Homme. « C’est une action rapide pour montrer notre solidarité avec les amis de Jamal et sa famille ».

Des militants d’Amnesty ont temporairement recouvert un panneau de stationnement de Curzon Street, dans le cœur de Londres, d’une plaque de rue similaire à une vraie mais portant l’inscription « Khashoggi Street » et le logo de l’organisation, une bougie entourée de barbelés.

Amnesty International a demandé que les Nations unies enquêtent sur le crime. « On ne peut pas faire confiance au régime saoudien pour enquêter lui-même », a estimé Kristyan Benedict.

« Il est fondamental que nous ne laissions pas ce scandale s’évanouir sans que justice ait été rendue », a commenté Kate Allen, directrice d’Amnesty International UK, dans un communiqué.

L’éditorialiste Jamal Khashoggi, critique du pouvoir saoudien et collaborateur du Washington Post, a été tué le 2 octobre dans le consulat saoudien d’Istanbul où il s’était rendu pour des démarches administratives en vue de son mariage avec une Turque.

Des activistes d’Amnesty International mettent en place un faux panneau « Khashoggi Street », dans le quartier de Westminster à Londres, le 2 novembre 2018 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

Sous la pression internationale, Ryad a fini par reconnaître, après plusieurs jours de dénégations, le meurtre du journaliste dans son consulat lors d’une opération « non autorisée », mais a avancé plusieurs versions contradictoires qui ont suscité le scepticisme et une vague de critiques internationales contre le puissant royaume pétrolier.

Plusieurs responsables et médias turcs ont directement incriminé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, dans ce meurtre.

Le corps du journaliste n’a pas été retrouvé. Un conseiller du président turc cité vendredi par le quotidien Hürriyet a affirmé qu’il avait été démembré pour pouvoir être « dissous » plus facilement.

Romandie.com avec(©AFP / (02 novembre 2018 17h15)

Le président d’Amnesty en Turquie restera finalement en détention

février 1, 2018

Des manifestants brandissent des portraits du président d’Amnesty international en Turquie, Taner Kiliç, pour demander sa libération, devant l’ambassade turque à Berlin, le 15 juin 2017 / © AFP/Archives / John MACDOUGALL

Un tribunal d’Istanbul a décidé jeudi de maintenir en détention le président d’Amnesty International en Turquie, dans un revirement spectaculaire moins de 24 heures après avoir ordonné sa remise en liberté conditionnelle, contestée par le parquet.

Taner Kiliç a été arrêté en juin 2017. Il est incarcéré depuis, accusé d’appartenir au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau du putsch manqué de l’été 2016, ce qu’il nie fermement.

Lors d’une audience de son procès mercredi, un tribunal d’Istanbul avait ordonné sa remise en liberté conditionnelle, au grand soulagement de ses proches et d’Amnesty international.

Mais au terme d’un imbroglio judiciaire difficile à démêler, la même cour a décidé jeudi de le maintenir en prison pendant la durée du procès.

« Le tribunal d’Istanbul a maintenant annulé sa propre décision de libération prise hier. Taner restera en détention préventive », a tweeté Andrew Gardner, chercheur spécialiste de la Turquie à Amnesty basé à Istanbul.

M. Kiliç avait été emmené dans la nuit de sa prison d’Izmir (ouest) à une gendarmerie, pour être à nouveau placé en garde à vue.

Le procureur avait en effet fait appel de la décision rendue plus tôt auprès d’un autre tribunal qui a accédé à sa demande. Le tribunal d’Istanbul qui avait initialement ordonné sa libération, s’est plié à cette décision, a expliqué M. Gardner à l’AFP.

« Le tribunal a changé d’avis… Pourquoi ? Qui sait, aucune raison n’a été donnée », a tweeté Gauri van Gulik, directrice du programme Europe à Amnesty International.

Mme van Gulik a annoncé dans la foulée qu’elle allait être reçue par le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu à Ankara. « Ce qui sera à l’agenda est clair », a-t-elle ajouté.

– ‘Simulacre de justice’ –

Ce coup de théâtre n’est pas sans rappeler le rejet, en janvier, par deux tribunaux d’Istanbul d’une décision de la Cour constitutionnelle turque ordonnant la remise en liberté conditionnelle de deux journalistes et écrivains, Sahin Alpay et Mehmet Altan, arrêtés et écroués dans la foulée du putsch avorté de juillet 2016.

Inédite depuis l’instauration de l’état d’urgence fin juillet 2016, cette décision de la Cour constitutionnelle avait suscité un bref optimisme des organisations de défense des droits de l’Homme, mais les deux hommes sont encore derrière les barreaux.

M. Kiliç est jugé avec dix autres militants des droits de l’Homme, tous en liberté conditionnelle, dont la directrice d’Amnesty en Turquie, Idil Eser, un ressortissant allemand, Peter Steudtner, et un activiste suédois, Ali Gharavi. Ils sont accusés d’avoir aidé trois « organisations terroristes »: le mouvement du prédicateur Gülen, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et un groupuscule d’extrême gauche appelé DHKP-C.

En juillet dernier, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait publiquement accusé les militants arrêtés d’activités s’inscrivant « dans la continuité du (putsch manqué du) 15 juillet ».

Ce procès, dont la prochaine audience doit avoir lieu le 21 juin, a renforcé l’inquiétude quant à l’érosion des libertés en Turquie depuis la tentative de putsch, à la suite de laquelle 55.000 personnes ont été arrêtées, dont des journalistes critiques et des acteurs de la société civile.

« C’est le dernier exemple en date de la crise du système judiciaire turc qui ruine des vies et ébranle le droit à un procès équitable », à déclaré dans un communiqué le Secrétaire général d’Amnesty, Salil Shetty, qui dénonce « un simulacre de justice ».

M. Kiliç est notamment accusé d’avoir utilisé ByLock, une application de messagerie cryptée qu’Ankara considère comme le moyen de communication privilégié des putschistes et qui sert d’élément à charge dans plusieurs procès liés au coup d’Etat manqué.

Il a toujours démenti avoir téléchargé cette application, et Amnesty affirme avoir présenté à la justice plusieurs expertises démontrant qu’il n’y avait aucune trace de ByLock sur son téléphone.

« La France a appris avec une vive préoccupation le maintien en détention de M. Taner Kiliç », a réagi la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll. « Nous continuons à demander sa libération rapide ».

Romandie.com avec (©AFP / 01 février 2018 14h05)                

Amnesty dénonce l’arrestation de sa directrice pour la Turquie

juillet 6, 2017

Des militants d’Amnesty International et de Reporters sans frontière manifestent à Berlin le 3 mai 2017 en exposant des portraits des journalistes turcs incarcérés / © AFP/Archives / Odd ANDERSEN

Amnesty International a dénoncé jeudi l’arrestation par la police turque de sa directrice pour la Turquie, avec d’autres militants des droits de l’homme, sur une île au large d’Istanbul, et a demandé leur libération immédiate.

Idil Eser, directrice d’Amnesty International Turquie, a été arrêtée mercredi avec sept autres militants lors d’un atelier de formation au management et à la sécurité informatique, à Buyukada, a précisé l’ONG de défense des droits de l’homme.

Un Suédois et un Allemand, formateurs lors de cet atelier ont également été interpellés, a déclaré à l’AFP Andrew Gardner, chercheur spécialisé sur la Turquie à Amnesty International.

Ces dix personnes sont interrogées pour « appartenance à une organisation terroriste armée », selon M. Gardner, qui affirme qu’Amnesty a dû attendre jeudi après-midi pour avoir de leurs nouvelles. « Mais quelle organisation terroriste ? Personne ne sait. »

L’expression « organisation terroriste » désigne le plus souvent pour les autorités turques les partisans du prédicateur Fethullah Gülen, accusé d’avoir fomenté le putsch manqué de juillet 2016, ou les séparatistes kurdes du PKK.

« C’est juste une tentative pour harceler et incarcérer les défenseurs des droits de l’Homme », dénonce M. Gardner.

Il a tout de même souligné que tous étaient détenus dans de bonnes conditions, dans cinq endroits différents, à Istanbul.

« Nous sommes profondément gênés et furieux que certains des défenseurs des droits de l’homme les plus connus en Turquie, dont la directrice d’Amnesty International dans le pays, aient ainsi pu être arrêtés, sans la moindre raison », a insisté Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty, dans un communiqué diffusé tôt jeudi.

« Ils doivent être libérés immédiatement et sans condition », a-t-il insisté.

Ces arrestations sont intervenues moins d’un mois après celle du président d’Amnesty en Turquie, Taner Kilic, sur la base « d’accusations absolument sans fondement » le liant au coup d’Etat raté du 15 juillet 2016, selon Amnesty.

Appelant à la libération des dix détenus et à une « explication publique », Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie Centrale à Human Rights Watch, a qualifié cette détention de « nouveau point bas pour l’Etat turc », selon un communiqué de l’ONG diffusé jeudi soir.

« J’ai soulevé la question, mais n’ai pas encore obtenu de réponse adéquate », a déclaré pour sa part, interrogé sur le sujet, le commissaire européen à l’Elargissement, Johannes Hahn, en visite à Ankara jeudi, interrogé sur le sujet. « Soyez assurés que nous suivons cette affaire, ainsi que d’autres, » a-t-il ajouté.

Après le putsch avorté et l’instauration de l’état d’urgence, toujours en vigueur à ce jour, les dirigeants turcs ont lancé des purges d’une ampleur inédite, dans le cadre desquelles environ 50.000 personnes ont été arrêtées et plus de 100.000 limogées ou suspendues.

(©AFP / 06 juillet 2017 19h40)                

Niger : inquiétudes après les arrestations de l’activiste Maikoul Zodi et du journaliste Baba Alpha

avril 6, 2017

Maikoul Zodi, président du Mouvement des Jeunes Républicains du Niger. © Profil Facebook de Maikoul Zodi.

Plusieurs organisations de la société civile, dont l’ONG Amnesty International, se sont inquiétées des récentes arrestations de deux syndicalistes au Niger, Maikoul Zodi, président du Mouvement des Jeunes Républicains, et Baba Alpha, journaliste de la chaîne TV Bonferey.

Maikoul Zodi et Baba Alpha ont été arrêtés pour des motifs n’ayant a priori rien à voir avec leurs activités militantes. Le président du Mouvement des Jeunes Républicains, organisation de défense des droits des jeunes, a ainsi été interpellé mercredi 5 avril à 6 heures du matin, à son domicile, et devait être, selon nos informations, présenté à un juge dans la journée. Il serait soupçonné de « concussion ».

Recruté en 2014 comme professeur d’histoire et de géographie, il est accusé de n’avoir jamais pris son service, tout en ayant perçu son salaire. L’intéressé se défend et estime n’avoir jamais reçu ni affectation, ni sommation à reprendre son activité, après sa démission du poste de rapporteur de la société civile à la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Également membre de l’ONG « Tournons la page » et du Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (Rotab), il avait à l’époque refusé de valider le processus électoral, à la veille du second tour de la présidentielle, en mars 2016. Maikoul Zodi est en outre l’un des cinq dirigeants de la société civile ayant déposé la « plainte contre X » avec constitution de partie civile, le 30 mars dernier, dans l’affaire dite de l’UraniumGate.

Intimidation ?

Baba Alpha, journaliste de la chaîne privée de télévision Bonferey, a quant à lui été arrêté lundi 3 avril. Il est accusé de faux et usage de faux. Son audition est également prévue ce jeudi 6 avril. Président de l’association de la Maison de la presse du Niger, il avait, en juin 2016, appelé au boycott de la cérémonie de rupture du jeûne avec le président de la République.

Il a été inculpé le lundi 3 avril pour faux et usage de faux et est soupçonné d’avoir utilisé de faux documents pour obtenir sa nationalité nigérienne en 2011. Son père, âgé de 70 ans, arrêté le même jour, est aussi poursuivi pour les mêmes raisons. Selon son avocat, Baba Alpha est né au Niger de parents maliens.

« Le message adressé à ces voix dissidentes du Niger est clair : s’exprimer librement sur la situation économique et sociale et exiger la transparence dans la gestion des affaires publiques pourraient vous conduire en prison », a réagi Kiné Fatim Diop, chargée de Campagnes sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

Jeuneafrique.com par

Syrie: 13.000 personnes pendues en cinq ans dans une prison du régime (rapport)

février 6, 2017

Beyrouth – Amnesty International a accusé mardi le régime syrien d’avoir pendu quelque 13.000 personnes en cinq ans, entre 2011 et 2015, dans une prison gouvernementale près de Damas, dénonçant une « politique d’extermination ».

Intitulé « Abattoir humain: pendaisons et extermination de masse à la prison de Saydnaya », le rapport de l’ONG se base sur des entretiens avec 84 témoins, au nombre desquels des gardiens, des détenus et des juges.

Selon le rapport, au moins une fois par semaine entre 2011 et 2015 des groupes de jusqu’à 50 personnes ont été extraits de leurs cellules pour des procès arbitraires, battus puis pendus « en pleine nuit dans le secret le plus total ».

« Tout au long de ce processus, ils restent les yeux bandés. Ils ne savent pas quand et comment ils mourront jusqu’à ce que la corde soit enfilée autour de leur cou », dénonce l’ONG.

La plupart des victimes étaient des civils considérés comme des opposants au gouvernement du président Bachar al-Assad.

« Ils les laissaient (pendus) de 10 à 15 minutes », a témoigné un ancien juge qui a assisté aux exécutions. « Pour les plus jeunes, leur poids n’était pas suffisant pour les faire mourir. Les assistants des bourreaux les tiraient alors vers le bas et brisaient leur cou ».

Pour Amnesty, il s’agit de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité qui perdurent probablement jusqu’à ce jour.

Des milliers de prisonniers sont détenus dans la prison militaire de Saydnaya, l’un des centres de détention les plus importants du pays situé à 30 km au nord de Damas.

L’ONG accuse le gouvernement syrien d’y mener une « politique d’extermination » en torturant régulièrement les détenus et en les privant d’eau, de nourriture et de soins médicaux.

– Passages à tabac –

Des prisonniers ont été violés ou forcés de se violer les uns les autres. Des gardiens ont aussi nourri des détenus en jetant leur repas sur le sol de leur cellule, souvent maculé de saletés et de sang.

Des « règles spéciales » étaient également en vigueur dans la prison: les détenus n’étaient pas autorisés à parler et devaient prendre des positions particulières quand les gardiens entraient dans leur cellule.

« Chaque jour, il y avait deux ou trois morts dans notre aile (…) Je me souviens que le gardien nous demandait combien nous en avions. Il disait: « Pièce numéro un, combien? Pièce numéro deux, combien? et ainsi de suite », a raconté Nader, un ancien détenu dont le nom a été modifié.

Selon Nader, après une journée particulièrement violente ponctuée de passages à tabac, 13 personnes sont mortes dans une seule aile de la prison.

Un ancien militaire a confié qu’il pouvait entendre « des gargouillis » lors des pendaisons dans la salle d’exécution située en dessous.

« Si on collait ses oreilles au sol, on pouvait entendre une sorte de gargouillement », a confirmé Hamid, arrêté en 2011. « On dormait sur fond de bruit de personnes en train de mourir d’étouffement. C’était normal pour moi à cette période ».

Amnesty avait indiqué précédemment que le nombre de personnes mortes dans les geôles du gouvernement en Syrie depuis le début du conflit en mars 2011 était estimé à 17.700.

Le chiffre de 13.000 morts dans une seule prison traduit donc une hausse significative.

« Les horreurs décrites dans ce rapport révèlent une campagne cachée et monstrueuse, autorisée aux plus hauts niveaux du gouvernement, visant à écraser toute forme de contestation au sein de la population syrienne », a commenté Lynn Maalouf, directrice adjointe pour la Recherche au bureau d’Amnesty à Beyrouth.

« Le meurtre de sang-froid de milliers de prisonniers sans défense, qui vient s’ajouter aux programmes systématiques et soigneusement orchestrés de torture physique et psychologique dans la prison de Saydnaya ne peuvent pas continuer à être autorisés », a-t-elle estimé.

L’an dernier, les Nations unies avaient accusé le gouvernement d’Assad de mener une politique d' »extermination » dans ses prisons.

Plus de 310.000 personnes ont été tuées et des millions d’autres ont dû fuir leurs foyers depuis le début du conflit syrien.

Romandie.com avec(©AFP / 07 février 2017 01h04)             

Congo: Liste succincte des prisonniers politiques

janvier 13, 2017

 

De part sa vocation à sensibiliser les organismes des Droits de l’homme et d’inciter à la solidarité envers les prisonniers politiques du Congo Brazzaville, le Comité de soutien aux prisonniers politiques 242 soumet à Amnesty International la présente liste mise à jour.
Cette liste des prisonniers politiques est non exhaustive et fait état de la situation connue au 12 janvier 2017 :

Paulin MAKAYA depuis le 23 novembre 2015 – PRISON

Jean NGOUABI depuis le 07 Mars 2016 – PRISON

Bruno NGOUABI depuis le 7 août 2015 – PRISON

Roland GAMBOU 21 décembre 2016 – MORT SOUS LA TORTURE

Marcel MPIKA depuis le 31 mars 2016 – PRISON

Anatole LIMBONGO-NGOKA depuis le 27 Mars 2016 – PRISON

Christine MOYEN depuis le 27 Mars 2016 – PRISON

OKOMBI SALISSA clandestinité depuis le 03 avril 2016/prison le 9 janvier 2017 PRISON

Raymond EBONGA depuis octobre 2015 – PRISON

Serge Blanchard OBA depuis octobre 2015 – Interdit de sortie du territoire

Martin MADEBANA depuis Mai 2016 – PRISON

Modeste BOUKADIA depuis Janvier 2016 – PRISON

Jean-Marie Michel MOKOKO en résidence surveillée le 03 avril 2016, juin 2016 -PRISON

Jacques BANANGADZALA depuis Mars 2016 – PRISON

Joseph KITSADI depuis le 11 mai 2016 – PRISON

Narcisse MAZOUTA depuis Mars 2016 – PRISON

Patrice LEGALI depuis le 23 Mars 2016 – PORTÉ DISPARU

Jean Claude SITA depuis Mars 2016 – PRISON

Geoffroy DANGHAT depuis le 1er Aout 2015 – PRISON

Cyr MVOUBI depuis décembre 2014 – PRISON

Jean ZEITA BOULALIEM depuis le 12 janvier 2016 – PRISON

Nicolas KOSSOLOBA depuis le 9 janvier 2016 – PORTÉ DISPARU

Jean-Claude NGOBOLO, son épouse et ses deux enfants depuis le 9 janvier 2016 – PORTÉ DISPARU

Evariste NGAKIE depuis le 9 janvier 2016 – PORTÉ DISPARU

Brunel MATONDO depuis le 9 Janvier 2016 – PORTÉ DISPARU

SAMBA MOUNTA LOUKOSSI depuis le 31 mars 2013 – PRISON

Marcel NTOUSROU et 50 co-accusés depuis le 11 septembre 2014 – PRISON

Éric SOUAMI 13 février 2013 – MORT SOUS LA TORTURE

Dieudonné GANGLIA depuis le 12 janvier 2017 – PORTE DISPARU

Ghys Fortuné NDOMBE BEMBA depuis le 11 janvier 2017 – PRISON

MOUSSAVOU YEMA 21 octobre 2016 – MORT SOUS LA TORTURE

Jugal MAYANGUI depuis le 20 novembre 2016 – Torturé et en Prison

Augustin KALLA-KALLA enlevé le 28 septembre, libéré le 6 octobre 2016 après tortures

 

Avec Brazzanews.fr

La Russie ferme le bureau d’Amnesty International à Moscou

novembre 2, 2016

Les ONG internationales sont de plus en plus dans le collimateur du pouvoir.

Les serrures des locaux de l’ONG Amnesty International, à Moscou.

Les serrures des locaux de l’ONG Amnesty International, à Moscou. Amnesty International
Les employés d’Amnesty International à Moscou ont eu une mauvaise surprise en arrivant à leur bureau à 10 heures, mercredi 2 novembre, situé au centre de la capitale russe. Posées à même le sol au milieu d’un petit tas de copeaux et de fils, les serrures ont été arrachées, l’alarme a été débranchée et l’électricité coupée. Un scellé sur la porte, portant le cachet de la ville de Moscou, interdisait à quiconque de pénétrer dans les locaux sans « la présence d’un responsable municipal ». Interloquée, l’équipe de l’ONG international de défense des droits humains a tenté de joindre le numéro affiché. Sans succès.

« Nous avons essayé, mais personne ne nous répond », a expliqué au Monde Sergueï Nikitine, le directeur d’Amnesty Russie, quelques instants après cette découverte qui l’a laissé désemparé. « Personne ne nous a prévenus de quoi que ce soit. Nous avons toujours payé le loyer régulièrement », poursuivait-il, en s’interrogeant : « Est-ce un signal ? Un avertissement ? » Installé dans ce même bâtiment depuis 1999, l’ONG craint de devoir subir le même sort qu’International Crisis Group. Cette autre ONG spécialisée dans l’analyse des conflits avait fini, après une série de tracasseries administratives, par se voir refuser le nouvel enregistrement que leur réclamait le ministère de la justice, en juin 2014.

« Nous ne savons pas ce qui a incité les autorités de Moscou à empêcher notre personnel d’accéder à nos bureaux », a réagi dans un communiqué John Dalhuisen, directeur Europe d’Amnesty International. Mais, ajoute-t-il, « étant donné le climat actuel de la société civile en Russie, il existe manifestement de nombreuses explications plausibles ». En parallèle aux associations et organismes russes, promptement classés « agents de l’étranger » dès qu’ils contreviennent au discours dominant du Kremlin, les ONG internationales sont en effet de plus en plus dans le collimateur du pouvoir.

« La tête dans le trou des WC »

La fermeture du bureau d’Amnesty à Moscou intervient au lendemain d’une critique vigoureuse de son responsable, M. Nikitine, après l’émoi suscité par le sort d’Idlar Dadine. Condamné à deux ans et demi de prison, et expédié en septembre dans le camp pénitentiaire n°7, à Segueja, en Carélie (nord-ouest de la Russie), cet homme de 34 ans a dénoncé la torture qu’il y subit dans une lettre adressée à sa femme par l’intermédiaire de son avocat, et rendue publique sur le site Internet Meduza.

« Nastia [diminutif d’Anastasia], si tu décides de publier ces informations qui me concernent, essaie de les diffuser le plus largement possible. Cela permettra d’accroître mes chances de rester en vie », écrivait-il, avant de détailler les mauvais traitements infligés. Battu à plusieurs reprises, il racontait ainsi son enfer : « Il y avait jusqu’à dix ou douze personnes à me frapper à coups de pied en même temps. Après le troisième passage à tabac, ils m’ont fourré la tête dans le trou des WC du mitard. »

Suspendu par les mains menottées derrière le dos, menacé de viol et de mort pour le dissuader de poursuivre sa grève de la faim, Idlar Dadine est le premier prisonnier à avoir été condamné par l’article 212.1, introduit en 2014 dans le code pénal russe, qui punit jusqu’à cinq ans de prison toute personne participant à une manifestation ou un meeting « violant les règles ». A plusieurs reprises, M. Dadine avait, tout seul à Moscou, brandi des pancartes critiques envers le pouvoir – l’une d’elles proclamant seulement « Je suis Charlie ».

Photo d’archive datée du 6 avril 2014 d’Ildar Dadin lors d’une manifestation antigouvernementale.

Photo d’archive datée du 6 avril 2014 d’Ildar Dadin lors d’une manifestation antigouvernementale. PHILIPP KIREEV / AFP

Au nom d’Amnesty International, M. Nikitine avait l’un des premiers à réagir, en réclamant la libération immédiate du prisonnier. « Les déclarations d’Idlar Dadine concernant les passages à tabac, les humiliations et les menaces de viol sont choquantes, mais malheureusement, elles ne sont que les dernières d’une série de rapports crédibles indiquant que la torture et d’autres mauvais traitements sont largement utilisés, en toute impunité, dans le système pénal russe afin de réduire au silence toute forme de dissidence », s’était-il indigné. Coïncidence ou pas, le lendemain, les portes de l’ONG étaient fermées. Mercredi après-midi, Amnesty tentait toujours d’entrer en contact avec les autorités.

 Lemonde.fr par  Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)

La vie privée pas assez protégée sur les messageries, selon Amnesty

octobre 20, 2016

Aucune application de messagerie n’offre de protection de la vie privée à toute épreuve pour ses utilisateurs, conclut vendredi le dernier rapport d’Amnesty International. Onze entreprises détenant les applications les plus répandues ont été passées au crible.

Facebook, Apple et Telegram arrivent en tête. Dans son classement, l’ONG hiérarchise les entreprises sur une échelle de 1 à 100 en fonction de leurs résultats sur cinq critères relatifs à la protection des données. Le plus important d’entre eux est le chiffrement de bout en bout d’un message, ce qui signifie que seuls l’expéditeur et le destinataire peuvent le lire.

Seules trois entreprises fournissent par défaut le chiffrement de bout en bout sur toutes leurs applications de messagerie. Il s’agit d’Apple, Line et Viber.

Snapchat mal notée
C’est cependant Facebook qui a reçu la meilleure note de 73/100. Ses applications Facebook Messenger et WhatsApp cumulent 2 milliards d’utilisateurs.

Or, même si le chiffrement de bout en bout est une option dans sa nouvelle fonctionnalité « conversation secrète », le mode par défaut de Facebook Messenger utilise un système de cryptage plus faible. Facebook a donc accès à toutes les données. WhatsApp utilise quant à elle le chiffrement de bout en bout par défaut. Apple et Telegram suivent avec une note de 67/100.

A l’autre bout du classement, on trouve Snapchat (26), Blackberry (20) et l’entreprise chinoise Tencent (0). Celle-ci gère notamment l’application populaire WeChat, qui possède 800 millions de membres, selon leurs derniers chiffres.

Protection et transparence
Dans son rapport, Amnesty International demande aux entreprises d’appliquer par défaut le chiffrement de bout en bout dans leurs applications de messagerie. « Cela aidera à mieux protéger les droits des simples citoyens, des militants pacifiques et des minorités opprimées à travers le monde, en leur permettant d’exercer leur liberté d’expression », explique-t-elle.

L’organisation appelle également « les entreprises du secteur des technologies à publier tous les détails des politiques et des pratiques qu’ils ont mis en place pour s’acquitter de leurs responsabilités en termes de respect des droits à la vie privée et à la liberté d’expression. »

Romandie.com avec(ats / 21.10.2016 03h28)