Posts Tagged ‘Amnesty International’

La Russie ferme le bureau d’Amnesty International à Moscou

novembre 2, 2016

Les ONG internationales sont de plus en plus dans le collimateur du pouvoir.

Les serrures des locaux de l’ONG Amnesty International, à Moscou.

Les serrures des locaux de l’ONG Amnesty International, à Moscou. Amnesty International
Les employés d’Amnesty International à Moscou ont eu une mauvaise surprise en arrivant à leur bureau à 10 heures, mercredi 2 novembre, situé au centre de la capitale russe. Posées à même le sol au milieu d’un petit tas de copeaux et de fils, les serrures ont été arrachées, l’alarme a été débranchée et l’électricité coupée. Un scellé sur la porte, portant le cachet de la ville de Moscou, interdisait à quiconque de pénétrer dans les locaux sans « la présence d’un responsable municipal ». Interloquée, l’équipe de l’ONG international de défense des droits humains a tenté de joindre le numéro affiché. Sans succès.

« Nous avons essayé, mais personne ne nous répond », a expliqué au Monde Sergueï Nikitine, le directeur d’Amnesty Russie, quelques instants après cette découverte qui l’a laissé désemparé. « Personne ne nous a prévenus de quoi que ce soit. Nous avons toujours payé le loyer régulièrement », poursuivait-il, en s’interrogeant : « Est-ce un signal ? Un avertissement ? » Installé dans ce même bâtiment depuis 1999, l’ONG craint de devoir subir le même sort qu’International Crisis Group. Cette autre ONG spécialisée dans l’analyse des conflits avait fini, après une série de tracasseries administratives, par se voir refuser le nouvel enregistrement que leur réclamait le ministère de la justice, en juin 2014.

« Nous ne savons pas ce qui a incité les autorités de Moscou à empêcher notre personnel d’accéder à nos bureaux », a réagi dans un communiqué John Dalhuisen, directeur Europe d’Amnesty International. Mais, ajoute-t-il, « étant donné le climat actuel de la société civile en Russie, il existe manifestement de nombreuses explications plausibles ». En parallèle aux associations et organismes russes, promptement classés « agents de l’étranger » dès qu’ils contreviennent au discours dominant du Kremlin, les ONG internationales sont en effet de plus en plus dans le collimateur du pouvoir.

« La tête dans le trou des WC »

La fermeture du bureau d’Amnesty à Moscou intervient au lendemain d’une critique vigoureuse de son responsable, M. Nikitine, après l’émoi suscité par le sort d’Idlar Dadine. Condamné à deux ans et demi de prison, et expédié en septembre dans le camp pénitentiaire n°7, à Segueja, en Carélie (nord-ouest de la Russie), cet homme de 34 ans a dénoncé la torture qu’il y subit dans une lettre adressée à sa femme par l’intermédiaire de son avocat, et rendue publique sur le site Internet Meduza.

« Nastia [diminutif d’Anastasia], si tu décides de publier ces informations qui me concernent, essaie de les diffuser le plus largement possible. Cela permettra d’accroître mes chances de rester en vie », écrivait-il, avant de détailler les mauvais traitements infligés. Battu à plusieurs reprises, il racontait ainsi son enfer : « Il y avait jusqu’à dix ou douze personnes à me frapper à coups de pied en même temps. Après le troisième passage à tabac, ils m’ont fourré la tête dans le trou des WC du mitard. »

Suspendu par les mains menottées derrière le dos, menacé de viol et de mort pour le dissuader de poursuivre sa grève de la faim, Idlar Dadine est le premier prisonnier à avoir été condamné par l’article 212.1, introduit en 2014 dans le code pénal russe, qui punit jusqu’à cinq ans de prison toute personne participant à une manifestation ou un meeting « violant les règles ». A plusieurs reprises, M. Dadine avait, tout seul à Moscou, brandi des pancartes critiques envers le pouvoir – l’une d’elles proclamant seulement « Je suis Charlie ».

Photo d’archive datée du 6 avril 2014 d’Ildar Dadin lors d’une manifestation antigouvernementale.

Photo d’archive datée du 6 avril 2014 d’Ildar Dadin lors d’une manifestation antigouvernementale. PHILIPP KIREEV / AFP

Au nom d’Amnesty International, M. Nikitine avait l’un des premiers à réagir, en réclamant la libération immédiate du prisonnier. « Les déclarations d’Idlar Dadine concernant les passages à tabac, les humiliations et les menaces de viol sont choquantes, mais malheureusement, elles ne sont que les dernières d’une série de rapports crédibles indiquant que la torture et d’autres mauvais traitements sont largement utilisés, en toute impunité, dans le système pénal russe afin de réduire au silence toute forme de dissidence », s’était-il indigné. Coïncidence ou pas, le lendemain, les portes de l’ONG étaient fermées. Mercredi après-midi, Amnesty tentait toujours d’entrer en contact avec les autorités.

 Lemonde.fr par  Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)

La vie privée pas assez protégée sur les messageries, selon Amnesty

octobre 20, 2016

Aucune application de messagerie n’offre de protection de la vie privée à toute épreuve pour ses utilisateurs, conclut vendredi le dernier rapport d’Amnesty International. Onze entreprises détenant les applications les plus répandues ont été passées au crible.

Facebook, Apple et Telegram arrivent en tête. Dans son classement, l’ONG hiérarchise les entreprises sur une échelle de 1 à 100 en fonction de leurs résultats sur cinq critères relatifs à la protection des données. Le plus important d’entre eux est le chiffrement de bout en bout d’un message, ce qui signifie que seuls l’expéditeur et le destinataire peuvent le lire.

Seules trois entreprises fournissent par défaut le chiffrement de bout en bout sur toutes leurs applications de messagerie. Il s’agit d’Apple, Line et Viber.

Snapchat mal notée
C’est cependant Facebook qui a reçu la meilleure note de 73/100. Ses applications Facebook Messenger et WhatsApp cumulent 2 milliards d’utilisateurs.

Or, même si le chiffrement de bout en bout est une option dans sa nouvelle fonctionnalité « conversation secrète », le mode par défaut de Facebook Messenger utilise un système de cryptage plus faible. Facebook a donc accès à toutes les données. WhatsApp utilise quant à elle le chiffrement de bout en bout par défaut. Apple et Telegram suivent avec une note de 67/100.

A l’autre bout du classement, on trouve Snapchat (26), Blackberry (20) et l’entreprise chinoise Tencent (0). Celle-ci gère notamment l’application populaire WeChat, qui possède 800 millions de membres, selon leurs derniers chiffres.

Protection et transparence
Dans son rapport, Amnesty International demande aux entreprises d’appliquer par défaut le chiffrement de bout en bout dans leurs applications de messagerie. « Cela aidera à mieux protéger les droits des simples citoyens, des militants pacifiques et des minorités opprimées à travers le monde, en leur permettant d’exercer leur liberté d’expression », explique-t-elle.

L’organisation appelle également « les entreprises du secteur des technologies à publier tous les détails des politiques et des pratiques qu’ils ont mis en place pour s’acquitter de leurs responsabilités en termes de respect des droits à la vie privée et à la liberté d’expression. »

Romandie.com avec(ats / 21.10.2016 03h28)

Tchad: disparition de militaires et policiers après la présidentielle

avril 28, 2016

Libreville – Amnesty International s’est alarmée jeudi de la disparition d’une vingtaine de militaires et policiers au Tchad à la suite de la présidentielle du 10 avril et demande aux autorités l’ouverture d’une enquête indépendante.

Selon certains médias, plus de 40 membres des forces de défense et de sécurité seraient portés disparus depuis le 9 avril, les militaires ayant voté un jour avant les autres électeurs pour ce scrutin qui a vu la réélection sans surprise pour un 5e mandat d’Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 26 ans.

Amnesty International et la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH) sont en mesure de confirmer plus de vingt cas de disparitions présumées, selon un communiqué commun des deux ONG.

Les autorités tchadiennes doivent faire la lumière et ouvrir une enquête indépendante sur les mauvais traitements subis par d’autres qui n’auraient pas voté pour le parti au pouvoir, poursuit le texte.

Les autorités ont affirmé que les personnes concernées avaient été déployées en mission commandée et, le 21 avril, quatre des présumés disparus ont été présentées à la télévision nationale. Mais, notent Amnesty et la LTDH, aucune information sur leur localisation n’a été communiquée à leurs familles qui n’ont plus leurs contacts et qui ignorent leur date de retour.

Dans au moins deux bureaux de vote, des responsables militaires ont contraint des éléments des forces de défense et de sécurité à publiquement voter pour le parti au pouvoir.

Ceux qui ne se sont pas soumis à ces injonctions ont été soit bastonnés publiquement, soit placés en détention dans une cellule durant plusieurs heures, poursuit le communiqué.

Un policier a raconté à Amnesty International que deux personnes étaient à l’entrée de l’isoloir. Dès que j’ai pris le bulletin de vote, elles m’ont demandé de cocher en faveur du président. J’ai résisté et on m’a pris. Je n’ai pas eu le temps de voter. Ils ont pris mon bulletin de vote et ma carte d’électeur.

Le commandant a donné une gifle à une policière devant tout le monde parce qu’elle a voté pour un opposant devant eux, a-t-il ajouté.

Plus de 20 familles sont toujours sans nouvelles de leurs parents, maris, pères, frères et fils, militaires et policiers. Elles ne cessent de faire le pied de grue dans nos locaux à la recherche d’informations, affirme Me Midaye Guerimdaye, président de la LTDH.

D’autres disparitions, de civils cette fois, ont été signalées depuis Lla réélection du président Deby. Notamment celle d’un opposant, Mahamat Ahmat Lazina, président national du Mouvement national pour le changement au Tchad (MNCT), porté disparu depuis le 19 avril 2016.

Un candidat à la présidentielle, Laokein Kourayo Medard, arrivé 3e, a dénoncé mercredi auprès de l’AFP plusieurs arrestations et des actes de torture visant son entourage.

La présidentielle tchadienne s’est déroulée dans un climat tendu en raison de la répression de marches pacifiques que voulait organiser la société civile. L’opposition a ensuite accusé le pouvoir, en place depuis 26 ans, de hold-up électoral.

Romandie.com avec(©AFP / 28 avril 2016 12h59)

Congo: Réactions d’Amnesty International sur les bombardements au Pool

avril 18, 2016

 

 

 

Congo : les autorités justifient le refoulement d’un chercheur d’Amnesty International

mars 1, 2016

 

Pour les autorités congolaises, le refoulement du chercheur d’Amnesty International le week-end dernier de Brazzaville, s’explique car l’organisation de défense des droits de l’homme fait « des rapports à charge » contre le Congo.


Denis Sassou Nguesso, président du Congo

Denis Sassou Nguesso, président du Congo

Les autorités de Brazzaville ont justifié lundi le refoulement d’un chercheur d’Amnesty International, reprochant à l’organisation de défense des droits de l’homme de faire « des rapports à charge » contre le Congo.

« Ils (les responsables d’Amnesty international) font des rapports à charge sur le Congo. C’est le cas avec l’opération Mbata ya Bakolo », une opération qui a permis le rapatriement de milliers de ressortissants de la République démocratique du Congo en 2014, selon une source gouvernementale jointe par l’AFP.

« On a l’impression qu’ils écrivent à distance sans connaitre le Congo et viennent chercher les éléments a posteriori », a ajouté la source, poursuivant que « défendre les droits de l’homme est une chose, observer les élections en est une autre ».

Amnesty international a jugé « inacceptable », samedi le refus des autorités de Brazzaville de laisser entrer un enquêteur dépêché pour assurer « un suivi indépendant » de la situation des droits de l’homme avant la présidentielle du 20 mars.

« Dans la soirée du 26 février, le directeur adjoint pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International, Stephen Cockburn, (…) a été détenu » et son passeport « confisqué », ajoutant que, le lendemain, les autorités l’ont « fait monter à bord d’un vol retour pour Dakar », lit-on dans un communiqué parvenu lundi à l’AFP.

Selon Amnesty international, en février, le chef de la police avait écrit « pour décliner l’invitation à rencontrer la délégation », indiquant que « l’organisation ne devrait pas se rendre dans le pays durant une période préélectorale de troubles ».

Au Congo, la nouvelle Constitution promulguée en novembre a fait sauter les deux verrous qui interdisaient au président Denis Sassou Nguesso, qui cumule plus de 32 ans à la tête du Congo, de briguer un troisième mandat.

La Cour constitutionnelle a annoncé mercredi avoir approuvé neuf candidatures, dont celle du dirigeant sortant, pour l’élection du 20 mars.

Voaafrique.com avec AFP

Congo: Circulez, y a rien à voir !

février 29, 2016

 

Le responsable régional d’Amnesty International a été empêché d’entrer au Congo vendredi 26 février dans le cadre de sa mission d’observation. À l’approche des élections présidentielles, le chef de l’État congolais dénonce les ingérences étrangères dans les affaires de son pays.

Steve Cockburn, le directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, s’est vu refuser l’entrée sur le territoire congolais malgré la validité de son visa. Il avait rendez-vous notamment avec le ministre de la Défense du pays. C’est accompagné de deux collègues qu’il est arrivé à l’aéroport Maya Maya de Brazzaville dans la soirée de vendredi. Son passeport lui a été confisqué au moment du contrôle par la police des frontières. Il a ensuite été retenu jusqu’au lendemain matin puis renvoyé à Dakar (Sénégal).

Le directeur régional devait se rendre à Brazzaville dans le cadre de rencontres avec des personnels diplomatiques, et d’autres agences des Nations unies, afin d’évoquer les récentes violations des droits humains perpétrées par les forces de sécurité congolaises ainsi que les conditions de l’élection présidentielle à venir.

Amnesty International a réagi par la voix de Netsanet Belay, directeur Afrique, en condamnant le gouvernement congolais qui, au lieu d’empêcher le travail de protection des droits de l’homme, d’emprisonner les opposants politiques et de tuer les manifestants, devrait « prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer que les élections se déroulent dans un climat qui respecte la liberté de tous d’exprimer ses opinions et de manifester pacifiquement ».

Pour justifier cette interdiction d’entrée sur le territoire, les autorités congolaises évoquent la présence « importune » d’Amnesty International et disent que les visas n’auraient pas dû être accordés.

Le conflit avec cette organisation non gouvernementale est ancien. En juillet 2015, Amnesty International avait dénoncé l’expulsion par le Congo de plus de 180 000 ressortissants de la République démocratique du Congo au cours de l’opération « mbata ya bakolo » (« baffe des aînés » en lingala), menée par le ministre de l’Intérieur Raymond Zéphirin Mboulou.

En octobre dernier, le mouvement avait également invité les forces de sécurité à s’abstenir de l’usage excessif de la force après qu’elles avaient tiré sur la foule à Brazzaville et à Pointe-Noire pendant les manifestations contre le référendum constitutionnel.

Enfin, Amnesty international avait révélé à la communauté internationale les assignations à résidence de certains leaders de l’opposition politique congolaise, ainsi que la détention de l’opposant Paulin Makaya, toujours emprisonné depuis le 1er décembre 2015.

Une comparaison fallacieuse du chef de l’État

Denis Sassou Nguesso semble de plus en plus exaspéré par les critiques émanant des instances internationales, notamment celles de l’Union européenne en date du 19 février sur l’organisation non transparente des élections a venir.

En visite à Kinkala, à 74 kilomètres à l’ouest de Brazzaville, pour suivre le chantier d’un hôpital en travaux, le président Denis Sassou Nguesso, répondant à la question d’un journaliste, a expliqué que la longévité au pouvoir dépendait de « la volonté des peuples ». Il a justifié sa candidature à un troisième mandat en se comparant à Angela Merkel : « Elle en est à son troisième mandat. Peut-être prendra-t-elle un quatrième mandat. Cela ne dépend que de la volonté des peuples et non des diktats qui viennent d’autres pays ».

Rappelons que la chancelière allemande est mandatée par le Bundestag, l’assemblée parlementaire allemande, élue tous les quatre ans. Alors que le président congolais malgré les appels de la communauté internationale refuse de reporter le prochain scrutin présidentiel afin de l’organiser dans les meilleures conditions démocratiques.

Source: Opinion-internationale

 

Le Rapport 2014/15 d’Amnesty International

novembre 23, 2015

République du Congo
Chef de l’État et du gouvernement : Denis Sassou-Nguesso

De graves violations des droits humains, y compris des viols et autres violences sexuelles, des arrestations et des placements en détention arbitaires, des recours excessifs à la force, des tortures et d’autres mauvais traitments ont eu lieu, notamment pendant une vague d’expulsions forcées qui a visé des ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC). La liberté d’expression, d’association et de réunion était soumise à des restrictions.

DROITS DES RÉFUGIÉS ET DES MIGRANTS

Plus de 179 000 étrangers de RDC, dont des réfugiés et des demandeurs d’asile, ont été renvoyés de force dans le cadre de l’opération policière Mbata ya Mokolo. Certains ressortissants de RDC restés sur le territoire sont entrés dans la clandestinité par peur d’être expulsés. L’opération policière, conduite dans toutes les villes du pays et selon toute apparence pour lutter contre l’immigration irrégulière et la criminalité, visait en particulier les Congolais de RDC.

LIBERTÉ D’EXPRESSION

La liberté d’expression, y compris la liberté de la presse, faisait l’objet de restrictions sévères, notamment au sujet des projets de modification de la Constitution visant à permettre au président Nguesso de briguer un troisième mandat. Des journalistes ont été victimes de manœuvres de harcèlement et d’intimidation de la part de la police et des autorités locales. Craignant pour leur sécurité, les défenseurs des droits humains hésitaient à dénoncer les atteintes aux droits humains impliquant des fonctionnaires haut placés.

Le 26 septembre, le journaliste camerounais Elie Smith a été expulsé du Congo après avoir été accusé par le ministre de l’Intérieur d’« actes et propos séditieux et subversifs » et d’« intelligence avec des puissances étrangères œuvrant contre les intérêts de la République du Congo ». Des organisations locales de défense des droits humains ont soutenu que cette expulsion avait un caractère politique.

Le 23 septembre, la journaliste indépendante Sadio Kanté a dû quitter le Congo après avoir été accusée, entre autres, de séjour illégal dans le pays. Elle a réfuté l’ensemble des allégations prononcées à son encontre.

LIBERTÉ DE RÉUNION

La liberté de réunion pacifique, en particulier pour les syndicats et les opposants politiques supposés ou déclarés du gouvernement, a fait l’objet de sévères restrictions pendant l’année.

Le 4 novembre, une réunion politique organisée à Brazzaville, au domicile de Clément Mierassa, l’un des chefs de l’opposition et président du Parti social-démocrate congolais, a été dispersée lors d’une descente de police. Des témoins ont déclaré que certains participants avaient été frappés. La police a procédé à une trentaine d’arrestations.

ARRESTATIONS ET DÉTENTIONS ARBITRAIRES

Plusieurs cas d’arrestations et de placements en détention arbitraires ont été signalés en marge de l’opération Mbata ya Mokolo qui ciblait les Congolais de RDC, y compris des réfugiés et des demandeurs d’asile résidant légalement au Congo. Des membres des partis d’opposition, des syndicalistes et leurs proches ont souvent fait l’objet d’arrestations et de placements en détention arbitraires.

Le 4 janvier, la police a interpellé Tamba Kenge Sandrine et ses quatre enfants. Ils ont tous été libérés le jour même sans inculpation. Le policier était venu arrêter Kouka Fidele en raison de ses activités syndicales, mais a interpellé à sa place son épouse et ses enfants. Craignant d’être placé en détention, Kouka Fidele a passé plusieurs mois dans la clandestinité.

Jean-Bernard Bossomba « Saio », un réfugié de RDC, a été arrêté le 22 mai et détenu dans les locaux de la police nationale de Brazzaville jusqu’au 22 juillet. Aucune charge officielle n’a été retenue contre lui. Cet ex-membre de l’armée de RDC a déclaré qu’il craignait pour sa sécurité s’il était renvoyé dans son pays.

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES

En septembre, Amnesty International a reçu des informations indiquant que des policiers congolais violaient des femmes, y compris des réfugiées et des demandeuses d’asile. À la fin de l’année, les autorités ne semblaient avoir pris aucune mesure pour enquêter sur ces allégations.

Une petite fille de cinq ans a été violée, apparemment par des policiers ; ses proches ont rapporté que des fonctionnaires l’avaient enlevée de chez elle, à Brazzaville, au milieu de la nuit, emmenant avec eux d’autres membres de la famille. La fillette a d’abord été séparée du groupe, puis toutes les personnes enlevées ont été contraintes de monter à bord d’un ferry en partance pour Kinshasa, en RDC. À son arrivée à Kinshasa, l’enfant a été conduite à l’hôpital, où le viol a été confirmé. En septembre, des chercheurs d’Amnesty International ont adressé la petite fille à un centre médical spécialisé pour qu’elle bénéficie de soins et d’un accompagnement psychologique supplémentaires.

IMPUNITÉ

Des policiers soupçonnés d’avoir commis de graves violations des droits humains ont continué de jouir de l’impunité. Des soldats congolais accusés d’avoir gravement attenté aux droits humains, y compris d’être responsables de disparitions forcées alors qu’ils faisaient partie des forces régionales de maintien de la paix en République centrafricaine, n’ont été visés par aucune enquête.

En mai, les autorités ont annoncé que 18 policiers impliqués dans des violations des droits humains perpétrées pendant l’opération Mbata ya Mokolo avaient été suspendus de leurs fonctions. Il n’a pas été possible de déterminer clairement si la mesure de suspension était toujours en vigueur à la fin de l’année ni si une enquête avait été diligentée pour établir la responsabilité de ces policiers.

En juin, l’Union africaine a déclaré qu’elle allait ouvrir une enquête sur les accusations portées contre des membres congolais de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), soupçonnés d’être impliqués dans la disparition forcée, le 24 mars, d’au moins 11 personnes en République centrafricaine. À la fin de l’année, aucune enquête ne semblait toutefois avoir démarré.

Massacre au Nigeria : Boko Haram aurait tué près de 2’000 personnes

janvier 10, 2015

LAGOS – Selon Amnesty International, Boko Haram aurait tué plus de 2’000 personnes ces derniers jours dans une récente attaque près de la ville de Baga, qui serait de loin la plus meurtrière de ce groupe islamiste sunnite.

Des centaines de corps jonchent le sol et les combats continuent près de la frontière avec le Tchad. Selon un porte-parole du gouvernement, l’armée aurait réagit rapidement en déployant des moyens militaires significatifs dans la région.

La plupart des victimes seraient des enfants, femmes et personnes âgées qui n’auraient pas eu la capacité de courir assez vite quand les miliciens de Boko Haram ont pénétré dans Baga en tirant au fusil d’assaut et avec des roquettes sur les résidents de la ville.

Selon Muhammad Abba Gave, porte-parole d’un groupe de défense civile « le carnage humain perpétré par les terroristes de Boko Haram est énorme, du jamais vu dans la région ». Selon les derniers décomptes d’Amnesty International plus de 2’000 personnes auraient été tuées.

(Romandie.com, le 10 janvier 2015)

Manifestations à Hong Kong le jour de la fête nationale chinoise

octobre 1, 2014

Les autorités chinoises ont arrêté plus d’une dizaine de dissidents qui avaient exprimé leur soutien aux manifestants pro-démocratie de Hong Kong, ont annoncé des associations de défense des droits de l’Homme. Une soixantaine de militants ont été interrogés.

Après les heurts de dimanche entre manifestants et policiers, « un certain nombre de citoyens chinois sont victimes de représailles » pour avoir exalté la lutte des étudiants hongkongais, selon China Human Rights Defenders (CHRD).

Selon l’ONG, qui a rassemblé des témoignages de militants à travers la Chine, au moins une dizaine de personnes ont été arrêtées et plusieurs dizaines menacées. Amnesty International a fait état de 20 arrestations et de 60 convocations pour interrogatoire.

L’organisation a appelé les autorités chinoises à « libérer immédiatement toutes les personnes arrêtées pour avoir pacifiquement exprimé leur soutien aux manifestants de Hong Kong ».

Hélicoptères chinois conspués
Les manifestants hongkongais ont conspué mercredi les célébrations marquant la création de la Chine communiste et se massaient à nouveau au centre de la ville pour ce qui s’annonce comme la plus forte mobilisation depuis le début du mouvement.

La foule a poussé des cris de désapprobation au passage de deux hélicoptères traînant une grande bannière chinoise et un drapeau hongkongais plus petit.

Le chef de l’exécutif local, Leung Chun-ying, n’a pas fait explicitement allusion au mouvement pro-démocratie dans le discours qu’il a prononcé à l’issue de la cérémonie. Il a appelé au contraire à la coopération avec la Chine.

Dizaines de milliers de manifestants
Des dizaines de milliers de manifestants pro-démocratie restent fortement mobilisés. Ils ont juré d’occuper le coeur de la ville tant qu’ils n’auront pas obtenu les réformes politiques promises après la rétrocession de l’ancienne colonie britannique à la Chine en 1997.

Ils s’insurgent notamment contre la décision de Pékin d’accorder le suffrage universel pour l’élection du chef de l’exécutif, en 2017, tout en gardant le contrôle des candidatures.

Romandie.com

La Chine pourvoyeuse d’instruments de torture à l’Afrique et l’Asie

septembre 23, 2014

Pékin – La Chine favorise les violations des droits de l’Homme dans divers pays d’Afrique et d’Asie en y exportant toute une gamme d’instruments de torture, dénonce mardi dans un rapport Amnesty International.

Des matraques électriques aux fers aux pieds, en passant par les bâtons cloutés ou les sièges immobilisant les détenus, plus de 130 entreprises chinoises profitent de ce commerce en plein essor, détaille l’organisation de défense des droits de l’Homme.

Ces entreprises, pour la plupart des sociétés d’Etat, n’étaient qu’au nombre de 28 il y a dix ans.

Certains des articles commercialisés sont intrinsèquement cruels et inhumains et devraient donc être bannis sur-le-champ, souligne Amnesty.

Ainsi, sept sociétés chinoises proposent dans leur catalogue des bâtons hérissés de pointes métalliques. De tels instruments ont été utilisés par la police au Cambodge et exportés aux forces de sécurité du Népal et de la Thaïlande, selon Amnesty.

Une entreprise nommée China Xinxing Import/Export a indiqué en 2012 avoir des relations commerciales avec plus de 40 pays africains.

Cette société vend notamment des poucettes (menottes à pouces) et des matraques électriques, ce dernier outil pouvant être utilisé pour appliquer des décharges extrêmement douloureuses sur des zones corporelles telles que les parties génitales, l’aine, la gorge ou les oreilles.

De telles matraques ont, selon Amnesty, été vues aux mains de policiers au Ghana, en Egypte, au Sénégal ou à Madagascar.

D’autres équipements, qui peuvent avoir une utilisation légitime dans un cadre de maintien de l’ordre –comme des véhicules anti-émeute, du gaz lacrymogène ou des projectiles en plastique– sont vendus à des polices connues pour commettre de graves abus.

Le système d’exportation vicié de la Chine a permis au commerce de la torture et de la répression de prospérer, déplore Amnesty International. Il est urgent pour les autorités chinoises de réformer de fond en comble leur législation commerciale afin de mettre un terme à ces transferts irresponsables de matériels.

Invité à réagir sur ce rapport, le ministère chinois des Affaires étrangères l’a rejeté en bloc, en accusant Amnesty International d’avoir effectué une enquête à charge.

J’ai le plaisir de vous rappeler que cette organisation internationale fait toujours preuve de partialité envers la Chine, et je doute profondément de l’honnêteté de ce rapport, a commenté Mme Hua Chunying, porte-parole du ministère.

Romandie.com avec(©AFP / 23 septembre 2014 12h21)