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Le Soudan amnistie des milliers de combattants sauf ceux poursuivis par la CPI

novembre 13, 2020

Le Soudan a déclaré jeudi 12 novembre l’amnistie générale pour les dizaines de milliers de combattants ayant participé à la guerre civile déclenchée en 2003, à l’exception de ceux poursuivis par la Cour pénale internationale (CPI), ou accusés de génocide ou de crimes contre l’humanité, selon l’agence Suna.

L’amnistie générale fait suite à la signature d’un accord de paix historique le 3 octobre entre des groupes rebelles et le gouvernement, qui a mis fin à 17 ans d’une guerre meurtrière, notamment au Darfour (ouest). Deux importantes formations armées ont refusé jusqu’à présent de rejoindre l’accord.

Le général Abdel Fattah al-Burhane, président du Conseil souverain, la plus haute autorité du pays, a signé jeudi 12 novembre un décret d’amnistie, qui prend effet immédiatement, «pour tous ceux qui ont porté les armes ou ont participé à des opérations militaires ou de guerre», a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi Suna.

D’après l’agence, la décision «exclut ceux contre lesquels des mandats d’arrêt ont été émis par la Cour pénale internationale ou (…) ceux qui font l’objet de poursuites pour génocide ou crimes contre l’humanité», dont le président déchu Omar el-Béchir recherché par la CPI. Selon un ex-chef d’un groupe armé, les rebelles sont au nombre de 50.000, dont 15.000 appartenant à deux groupes ayant refusé de signer l’accord de paix.

À partir de 2003, la région du Darfour a été secouée par un conflit opposant les forces soudanaises à des rebelles de minorités ethniques. Selon l’ONU, le conflit a fait plus de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés. Le conflit a touché aussi le Nil bleu et le Kordofan-Sud (sud). En 2009, la CPI a lancé un mandat d’arrêt contre Béchir accusé de crimes de guerre et contre l’humanité au Darfour, puis en 2010 un mandat d’arrêt pour génocide.

Béchir a été destitué en avril 2019, après des mois de contestation populaire sans précédent, puis arrêté. Détenu à Khartoum, il est jugé dans un procès distinct pour le coup d’État l’ayant porté au pouvoir en 1989 et dans lequel il risque la peine de mort. Le 9 juin, Ali Kosheib, chef des milices Janjawids recherché depuis 2007, est détenu par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés au Darfour

Par Le Figaro avec AFP

Congo: Denis Sassou Nguesso va amnistier les prisonniers politiques

août 10, 2018

 

Denis Sassou Nguesso décrètera-t-il une amnistie ?
Le président congolais, Denis Sassou Nguesso doit libérer, le 15 août prochain, à l’occasion de la célébration de la fête nationale, les prisonniers politiques  détenus à Brazzaville pour démontrer qu’il est véritablement engagé dans le processus de réforme, a-t-on appris auprès d’une source proche de la Présidence de la République. L’enjeu n’est plus ni moins chercher à apaiser la contestation postélectorale et garantir la liberté et la sécurité à tous les prisonniers politiques.

Pour certains membres du Parti congolais du travail (PCT, parti au pouvoir) interrogés, « c’est un geste fort. Une mesure spectaculaire » dans un Congo embourbé dans une crise financière sans précédent et qui a besoin de tous ses fils et de toutes ses filles pour surmonter cette épreuve dans la paix, la concorde et l’unité nationale.

Selon les mêmes membres du parti au pouvoir, cette amnistie qui marque la grandeur d’esprit du président de la République, va permettre aussi à ces prisonniers politiques, d’exercer leurs droits politiques et donner vie à la démocratie dans le pays.

Parmi ces prisonniers politiques, on cite notamment, Paulin Makaya, André Okombi Salissa… accusés d’atteinte, entre autres, à la sûreté de l’État et détention illégale d’armes de guerre.

Cette décision du président Denis Sassou Nguesso va aussi dans le droit fil de l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités signé le 23 décembre 2017 à Kinkala, dans le Pool, entre les représentants du pasteur Ntoumi et le gouvernement.

Les partis politiques légalisés, acteurs politiques de l’intérieur et de la diaspora, société civile et confessions religieuses avaient fait de l’amnistie une de ces principales conditions pour mieux négocier non seulement avec le FMI et sortir notre pays de la crise économique et financière, mais aussi pour attirer les investisseurs et maintenir la paix durable sur toute l’étendue du territoire national.

Le discours à la nation du président de la République est donc attendu avec impatience par tous les congolais de l’intérieur et de l’extérieur.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo Brazzaville

Côte d’Ivoire: libérée, Simone Gbagbo annonce « une nouvelle page »

août 8, 2018

L’ex-première dame ivoirienne Simone Gbagbo libérée mercredi, Abidjan, 8 août 2018. nnGbagbo, 69, has spent seven years behind bars for her role in political violence that claimed several thousand lives in 2010-11. She had been implicated in the 2011 shelling of a market in an Abidjan district that supported Ouattara and for belonging to a « crisis cell » that allegedly coordinated attacks by the armed forces and militias in support of her husband. She was first detained without trial after her arrest in 2011 and later convicted and sentenced in 2015 on a charge of endangering state security.n / © AFP / ISSOUF SANOGO

L’ex-première Dame ivoirienne Simone Gbagbo, libérée mercredi après sept ans de détention, a évoqué devant ses partisans une « nouvelle page » pour son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), dans son premier discours public.

Celle qui fut surnommée La « Dame de fer », âgée de 69 ans, a bénéficié de l’amnistie de 800 personnes proclamée lundi par le président Alassane Ouattara pour favoriser la réconciliation en Côte d’Ivoire.

Arrêtée en 2011 avec son mari Laurent Gbagbo, elle avait été condamnée en 2015 à 20 ans de prison pour atteinte à la sureté de l’Etat.

Mme Gbagbo a quitté l’école de gendarmerie d’Abidjan où elle était détenue depuis quatre ans vers 12H15 (locales et GMT) pour regagner sa résidence du quartier de Cocody à Abidjan, où l’attendaient un millier de sympathisants en liesse. A son arrivée 15 minutes plus tard, l’ex-première dame, vêtue d’une robe pagne violette et jaune, souriante quoique fatiguée, a été accueillie sous les vivats et au son des tambours, dans une rare cohue. Se penchant à l’extérieur de sa voiture, où se trouvait son fils Michel, elle a salué pendant une minute ses supporters, avant de s’engouffrer dans sa résidence.

« J’éprouve un sentiment de joie, de bonheur, c’est un grand jour pour la Côte d’Ivoire » a confié à l’AFP une militante du Front populaire ivoirien (FPI).

Elle est réapparue deux heures et demi plus tard pour une cérémonie d’accueil dans le jardin de sa résidence, entourée de plusieurs responsables du FPI et d’autres dignitaires libérés comme elle grâce à l’amnistie, dont deux anciens ministres du régime Gbagbo, Moïse Lida Kouassi et Assoa Adou.

– ‘page tournée’ –

« L’ancienne page est tournée (…), militants, levez-vous pour une nouvelle page, on est partis sans arrêt, on est partis, on est partis! », a-t-elle déclaré sous les ovations, s’exprimant seulement quelques minutes, visiblement émue par l’accueil chaleureux de ses sympathisants.

Le chef du FPI pro-Gbagbo (le parti étant divisé en deux factions), Abdoudramane Sangaré, a souhaité que la libération de Mme Gbagbo « prépare l’arrivée de Laurent Gbagbo », dont les avocats ont à nouveau demandé la libération à la Cour pénale internationale (CPI), qui doit statuer en octobre.

L’ex-président ivoirien (2000-2010) est actuellement détenu et jugé à La Haye, accusé de crimes contre l’humanité commis pendant la crise post-électorale (3.000 morts en 2010-11).

« Un pas a été franchi, un autre reste à faire, je sais que nous aurons raison de tous les obstacles », déclaré M. Sangaré.

Des Partisans de la « dame de fer » ivoirienne Simone Gbagbo célèbrent sa libération, Abidjan, 8 août 2018. / © AFP / ISSOUF SANOGO

Auparavant, Assoa Adou a espéré une « première victoire » aux élections locales du 13 octobre, avant une autre victoire à l’élection présidentielle de 2020.

La position actuelle du FPI pro-Gbagbo est cependant de continuer à boycotter les élections tant que la commission électorale n’aura pas été réformée. Dans son allocution à la Nation lundi, Alassane Ouattara s’est aussi engagé à réformer cette commission, jugée partiale et favorable au pouvoir par l’opposition, ainsi que par la cour africaine des droits de l’Homme. Le président n’a toutefois pas donné de date.

L’amnistie annoncée lundi a été unanimement salué par la classe politique en Côte d’Ivoire, évoquant « un geste fort en faveur de la réconciliation nationale » à deux ans de la prochaine élection présidentielle.

– ‘geste de mépris’ –

En revanche, onze organisations de défense des droits de l’homme ivoiriennes et internationales ont dénoncé cette large amnistie, dénonçant « un geste de mépris vis-à-vis des victimes ».

« Aucune amnistie ne devrait s’appliquer aux crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres graves violations des droits humains commis en Côte d’Ivoire pendant la crise », ont déclaré dans un communiqué la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme, le Mouvement ivoirien des droits humains, Human Rights Watch, Amnesty international, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme et six autres ONG ivoiriennes.

Simone Gbagbo est aussi mise en cause au sujet des exactions commises par des escadrons de la mort pendant la crise politico-militaire des années 2000 en Côte d’Ivoire, ainsi que dans la disparition en avril 2004 du journaliste Guy-André Kieffer, qui enquêtait sur des malversations dans la filière cacao.

Libre en Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo reste poursuivie par la CPI qui a délivré contre elle un mandat d’arrêt en février 2012. Mais le président Ouattara a affirmé en 2016 qu’il « n’enverrait plus d’Ivoiriens » à la CPI, estimant que son pays avait désormais une « justice opérationnelle ».

La question de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, après la décennie de crise politico-militaire qui a déchiré le pays, était considérée jusqu’à présent par les observateurs comme un point noir du bilan d’Alassane Ouattara, dont le régime est accusé par l’opposition d’avoir pratiqué une « justice des vainqueurs ».

Romandie.com avec(©AFP / (08 août 2018 21h00)

Côte d’Ivoire: le président Gbagbo annonce l’amnistie de Simone Gbagbo

août 6, 2018

Simone Gbagbo lors de son procès à Abidjan, le 10 octobre 2016 / © AFP/Archives / SIA KAMBOU

A deux ans de la fin de son mandat, le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé lundi une large amnistie pour favoriser la réconciliation nationale, annonçant la libération prochaine de l’ex-Première dame Simone Gbagbo et de deux ministres de l’ancien régime.

« J’ai procédé ce lundi à la signature d’une ordonnance d’amnistie qui bénéficiera à environ 800 concitoyens poursuivis ou condamnés pour des infractions en lien avec la crise post-électorale de 2010 ou des infractions contre la sûreté de l’Etat commises après le 21 mai 2011 » (date de la prise effective de pouvoir de M. Ouattara), a déclaré le président sur la télévision nationale, dans sa traditionnelle allocution à la veille de la fête de l’Indépendance.

« Environ 500 sont déjà en liberté provisoire ou en exil, et verront leurs condamnations pénales effacées. Il sera mis fin aux poursuites » contre eux. « Il en sera de même pour les 300 autres personnes détenues qui seront libérées prochainement », a annoncé M. Ouattara, sans donner de date.

Il a cité Mme Gbagbo, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » prononcée en 2015, l’ancien ministre de la Défense Lida Kouassi, détenu depuis 2014 et condamné début 2018 à 15 ans de prison pour « complot », ainsi que l’ancien ministre de la Construction Assoa Adou, condamné en 2017 à quatre ans de prison.L’ex-Première dame de Côte d’Ivoire Simone Gbagbo devrait être libérée de prison dès mercredi, selon son avocat, après l’annonce de son amnistie par le président Alassane Ouattara, saluée comme un geste fort en faveur de la réconciliation nationale à deux ans de la prochaine élection présidentielle.

Mme Gbagbo, 69 ans, « sera remise en liberté demain, après que les formalités judiciaires aient été faites », a affirmé mardi à l’AFP Me Rodrigue Dadjé.

Elle a été « ravie d’apprendre la nouvelle de sa libération que je suis allée moi-même lui porter », a expliqué l’avocat. « Sa priorité actuelle est de retrouver sa famille et ses proches et de passer avec eux des moments d’intimité et de retrouvailles ».

Epouse influente de Laurent Gbagbo, président de 2000 à 2010, la « Dame de fer » ivoirienne aura passé sept ans derrière les barreaux. Elle avait été arrêtée le 11 avril 2011 au côté de son mari, vaincu par les forces d’Alassane Ouattara et de la communauté internationale, au terme de plusieurs mois de crise après l’élection présidentielle aux résultats contestés d’octobre 2010.

D’abord détenue sans jugement, elle avait été condamnée en 2015 à 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ». En 2017, elle avait été acquittée à la surprise générale à son procès aux assises à Abidjan pour crimes contre l’humanité pendant la crise post-électorale, qui avait fait quelque 3.000 morts. Mais ce jugement venait d’être cassé, le 26 juillet dernier, par la Cour suprême, qui avait demandé son renvoi devant une nouvelle cour d’assises.

Simone Gbagbo, l’ex « Dame de fer » ivoirienne / © AFP / Cecilia SANCHEZ

Mme Gbagbo est également poursuivie par la Cour pénale internationale (CPI) qui a délivré contre elle un mandat d’arrêt en février 2012. Mais le président Ouattara a affirmé en 2016 qu’il « n’enverrait plus d’Ivoiriens » à la CPI, estimant que son pays avait désormais une « justice opérationnelle ».

Comme Laurent Gbagbo – incarcéré depuis 2011 à la CPI et jugé pour crimes contre l’humanité pendant la crise post-électorale – Simone est restée très populaire auprès de ses fidèles du Front populaire ivoirien (FPI), parti qu’ils avaient cofondé dans les années 1980, aujourd’hui divisé en deux factions.

L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo est quant à lui détenu à la Haye depuis sept ans par la Cour pénale internationale, qui le juge depuis 2016 pour crimes contre l’humanité, pour des faits remontant à la crise de 2010-2011, qui a fait 3.000 morts.

– « Faille majeure » –

 

Capture d’écran de l’annonce télévisée faite par le président ivoirien Alassane Ouattara de l’aministie d’environ 800 personnes, dont l’ex-première dame Simone Gbagbo, le 6 août 2018 / © AFP / ISSOUF SANOGO

La question de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, après la décennie de crise politico-militaire des années 2000 qui a déchiré le pays, était considérée jusqu’à présent par les observateurs comme un point noir du bilan d’Alassane Ouattara, dont le régime est accusé par l’opposition d’avoir pratiqué une « justice des vainqueurs ».

Dans un rapport confidentiel dont l’AFP a eu connaissance jeudi dernier, les ambassadeurs de l’Union européenne en Côte d’Ivoire qualifiaient la question de la réconciliation de « faille majeure » des sept ans de pouvoir du président Ouattara.

« La réconciliation nationale, si nécessaire dans ce pays longtemps divisé, et en dépit de la création d’une commission dédiée à ce sujet mais aux résultats vides de sens, semble avoir été sacrifiée sur l’autel de l’impunité et de l’amnésie », écrivaient les chefs de missions diplomatiques de l’UE.

Une inquiétude largement partagée en Côte d’Ivoire, qui fait craindre une possible résurgence de violence lors de l’élection présidentielle de 2020, tant les blessures de la crise sont encore vives.

Consacrant une partie importante de son discours de 18 minutes à ce thème, M. Ouattara a affirmé son « attachement à la paix et à une réconciliation vraie ». L’amnistie est « une mesure de clémence de la Nation toute entière ». « J’invite tous (ses) bénéficiaires à faire en sorte que notre pays ne revive plus jamais de tels événements et ne sombre plus jamais dans la violence », a-t-il insisté.

Le président ivoirien Alassane Ouattara préside une réunion de son nouveau gouvernement le 11 juillet 2018 au palais présidentiel à Abidjan / © AFP/Archives / SIA KAMBOU

« Une soixantaine de militaires ayant commis des crimes de sang ne pas concernés » par cette amnistie, a-t-il précisé.

– Réforme de la commission électorale –

Il a annoncé aussi la libération de Souleymane Kamaraté (dit « Soul to Soul »), chef du protocole du président de l’Assemblée Nationale Guillaume Soro, emprisonné l’an dernier après la découverte d’une cache d’armes dans une de ses maisons, une affaire qui avait fait grand bruit.

Evoquant les prochaines élections, Alassane Ouattara a dit avoir demandé au gouvernement de « réexaminer la composition de la Commission électorale indépendante », une pomme de discorde depuis des années entre le régime et l’opposition, qui juge cette instance partiale. Un avis d’ailleurs partagé par la Cour africaine des droits de l’Homme. Une partie de l’opposition exige la réforme de cette Commission pour participer aux élections. Les prochaines, municipales et régionales couplées, sont prévues le 13 octobre.

Sensible aux critiques sur son régime, le président Ouattara a par ailleurs promis de « renforcer les programmes sociaux dès septembre » et d' »intensifier la lutte contre la corruption ». Les fruits de la forte croissance économique du pays depuis 2011 sont en effet jugés inégalement partagés et largement captés par une « élite » politico-économique.

Evoquant en conclusion de son discours la présidentielle de 2020, qui focalise déjà toutes les attentions, Alassane Ouattara a répété qu’il fallait « travailler à transférer le pouvoir à une nouvelle génération », mais sans dire clairement qu’il ne serait pas candidat pour un troisième mandat, prohibé par la constitution.

Romandie.com avec(©AFP / (07 août 2018 00h44)

Au Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa amnistie 3000 prisonniers

mars 22, 2018

 

Le président veut faciliter la décongestion des établissements pénitentiaires, qui comptent 20 000 détenus pour une capacité de 17 000 places.

Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, le 18 février 2018, à Harare. Crédits : JEKESAI NJIKIZANA / AFP

Le président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, a accordé une amnistie à quelque 3 000 personnes détenues dans les prisons surpeuplées du pays, ont annoncé, jeudi 22 mars, les autorités pénitentiaires. « Le président a, selon la Constitution du Zimbabwe, décidé d’accorder une grâce à certains détenus. […] Cela facilitera la décongestion de nos prisons », a indiqué l’administration pénitentiaire du Zimbabwe dans un communiqué.

Cette mesure vise notamment la totalité des détenues femmes – à l’exception de celles condamnées à la prison à perpétuité –, mais aussi les détenus handicapés et mineurs qui purgent des peines de moins de trois ans et en ont déjà accompli le quart. Tous les prisonniers malades et âgés de plus de 60 ans qui ont déjà accompli un tiers de leur peine seront également libérés.

En outre, les condamnés à mort qui attendent leur exécution depuis plus de dix ans dans les couloirs de la mort verront leurs peines commuées en réclusion criminelle à perpétuité, selon les autorités. Les condamnés pour meurtre, trahison, viol, vols à main armée ou avec violence et ceux punis par une cour martiale sont exclus de cette mesure d’amnistie.

Des émeutes dans les prisons

En proie à une sévère crise financière et incapable de pourvoir aux besoins en vêtements, en nourriture et en soins de tous ses détenus, le Zimbabwe a régulièrement pratiqué, ces dernières années, des amnisties de masse. Durant la seule année 2013, une centaine de prisonniers étaient morts faute d’une prise en charge adéquate. Ces mauvaises conditions de détention avaient provoqué en 2015 une vague d’émeutes dans les établissements pénitentiaires du pays, qui s’était soldée par la mort de quatre détenus.

Le Zimbabwe compte environ 20 000 prisonniers, pour une capacité de 17 000 places. Des élections générales y sont prévues en juillet, les premières depuis la démission en novembre, sous la pression de l’armée et de son parti, de Robert Mugabe, 94 ans, au terme d’un règne sans partage de trente-sept ans.

Lemonde.fr avec AFP

Burkina: la médiation propose de restaurer le président Kafando et d’amnistier les putschistes

septembre 20, 2015

Ouagadougou – Les médiateurs de la Cédéao ont proposé dimanche soir à Ouagadougou un projet d’accord politique de sortie de crise au Burkina Faso, prévoyant de restaurer le président Kafando, renversé jeudi par un coup d’Etat militaire, et d’amnistier les putschistes.

Par ailleurs, cet accord, qui devrait être présenté mardi à l’Union africaine (UA), prévoit de maintenir les élections législatives et présidentielle, au plus tard le 22 novembre, et d’y inclure les candidats pro-Compaoré exclus ces derniers mois suite à une loi votée par l’Assemblée intérimaire.

Le projet d’accord a été lu peu après 18H30 (locales et GMT) par le président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), Kadré Désiré Ouedraogo.

Il prévoit la restauration des institutions de la transition et du prédisent Kafando, la libération sans condition de toutes les personnes détenues suite aux événements, l’acceptation du pardon et une loi d’amnistie sur les événements consécutifs au coup d’Etat. Cette loi devra être votée avant le 30 septembre.

En outre, le texte préconise la poursuite du processus électoral au plus tard le 22 novembre, alors que jusqu’ici, les élections étaient fixées au 11 octobre.

Point important répondant au mécontentement des militaires putschistes, la proposition prévoit que les personnes dont les candidatures ont été invalidées seront autorisées à participer aux prochaines élections.

Le sort du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), à l’origine du coup d’Etat jeudi et dirigé par le général Gilbert Diendéré, un proche de Compaoré, est quant à lui laissé à l’appréciation du président issu des prochaines élections. Depuis plusieurs mois, la société civile réclame la dissolution de cette troupe forte de 1.300 hommes.

Le président sénégalais Macky Sall, président en exercice de la Cédéao, a annoncé que cette solution serait proposée mardi à l’UA lors d’un sommet extraordinaire.

Romandie.com avec(©AFP / 20 septembre 2015 21h11)

Cuba: plus de 3.500 prisonniers amnistiés avant la visite du pape François

septembre 11, 2015

La Havane – Les autorités cubaines ont décidé d’amnistier 3.522 prisonniers à l’occasion de la visite sur l’île du pape François, un geste d’une ampleur sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir du régime castriste, a annoncé vendredi le quotidien d’Etat Granma.

Le Conseil d’Etat, organe suprême de l’exécutif cubain, a décidé de libérer 3.522 prisonniers à l’occasion de la visite de sa sainteté le pape François, prévue du 19 au 22 septembre, a annoncé Granma.

L’organe officiel du Parti communiste cubain rappelle que La Havane avait déjà élargi près de 3.000 prisonniers avant la visite de Benoît XVI en 2012 et environ 300 un mois après celle de Jean-Paul II en 1998.

Cette mesure tient compte de la nature des faits pour lesquels ils ont été condamnés, de leur comportement en prison, du temps de peine déjà purgé et de leur santé, précise Granma.

Parmi les bénéficiaires de cette amnistie figurent des détenus âgés de plus de 60 ans ou de moins de 20 ans sans antécédents pénaux, les malades chroniques, les femmes, ceux dont la liberté conditionnelle prend fin en 2016 et des étrangers dont le pays garantit l’extradition.

Sauf quelques exceptions humanitaires, sont maintenus en détention les auteurs d’assassinats, meurtres, viols, actes pédophiles, trafic de drogue, violences et atteintes la sûreté de l’Etat.

Cette décision sera effective dans 72 heures, a précisé Granma.

Les autorités n’ont pas publié de chiffres sur le nombre de prisonniers sur l’île depuis 2012. A cette époque, la population carcérale était estimée à environ 57.000 dans 200 centres de détention.

Après des années de fortes tensions, les relations entre l’Eglise et les autorités cubaines se sont progressivement détendues dans les années 2000, après la visite de Jean-Paul II.

Et en 2010, le cardinal Jaime Ortega, chef de l’Eglise cubaine, avait mené une médiation décisive pour la libération de dissidents, ouvrant un dialogue jamais interrompu depuis avec les autorités.

Depuis la libération de 53 prisonniers dans le cadre du récent dégel avec les Etats-Unis, il n’existe officiellement plus de prisonniers politiques dans les prisons du pays, alors de la Commission cubaine des droits de l’homme (CCDH, interdite mais tolérée par les autorités) en dénombre une soixantaine.

Lors de sa visite dans l’île, le pape doit successivement se rendre à La Havane, Holguin (nord-est) et Santiago de Cuba (sud-est) et rencontrer le président Raul Castro.

Artisan du rapprochement entre La Havane et Washington, François se rendra ensuite aux Etats-Unis.

Romandie.com avec(©AFP / 11 septembre 2015 13h26)

Gambie: large amnistie pour l’anniversaire de l’arrivée au pouvoir du président Jammmeh en 1994

juillet 22, 2015

Banjul (Gambie) – Le président gambien Yahya Jammeh a gracié mercredi de nombreux condamnés, y compris à la peine capitale ou à perpétuité pour trahison, lors du 21e anniversaire de sa prise de pouvoir, à l’exception notable des participants à une tentative de coup d’Etat en décembre.

Tous ceux qui ont été condamnés pour trahison entre 2013 et 1994 et sont dans le couloir de la mort ou purgent une peine à perpétuité sont à présent graciés, a-t-il déclaré dans un discours sur la place du 22 juillet, date du putsch sans effusion de sang qui l’a porté au pouvoir en 1994.

Parmi les condamnés graciés devraient figurer un ancien chef d’état-major du pays, le général Lang Tombong Tama, reconnu coupable avec sept autres personnes de trahison en 2010, quatre capitaines de l’armée condamnés pour tentative de renverser Yahya Jammeh en 2006, ainsi qu’un garde du corps du président, condamné en 2000 à 16 ans d’emprisonnement pour les mêmes motifs.

Cette mesure de clémence, que le chef de l’Etat, dans ce discours retransmis par la radio et la télévision a ordonné aux services pénitentiaires d’appliquer avant la prière musulmane du vendredi, ne bénéficiera en revanche pas aux suspects dans la tentative de coup d’Etat déjouée en décembre.

Le 30 décembre 2014, la garde présidentielle a repoussé un assaut d’hommes armés contre le palais présidentiel à Banjul, dirigés par des opposants gambiens établis notamment aux Etats-Unis, alors que Yahya Jammeh était en voyage à Dubaï.

Trois soldats ont été condamnés à mort et trois autres à perpétuité le 30 mars par un tribunal militaire lors d’un procès à huis clos pour cette tentative de coup d’Etat, selon Amnesty International et des sources militaires gambiennes.

A compter d’aujourd’hui tous les citoyens convaincus de meurtre qui ont purgé au moins dix ans de prison sont graciés, a poursuivi M. Jammeh, excluant néanmoins les auteurs de certains faits divers particulièrement atroces, d’infanticide et de viol d’enfants.

Tous les condamnés pour trafic de drogue douce ou de cannabis qui ont purgé au moins trois ans de prison sont graciés, à l’exception des récidivistes. Tous les condamnés pour trafic de drogues dures qui ont purgé au moins cinq ans sont pardonnés, a-t-il ajouté.

Dans un communiqué publié à l’occasion de cet anniversaire, Amnesty International affirme que le climat de peur dans lequel vivent les Gambiens depuis plus de 20 ans s’est aggravé au cours des 12 derniers mois.

Des journalistes, des lesbiennes ou gays présumés et des personnes considérées comme des opposants au régime, ainsi que leurs familles, sont de plus en plus pris pour cibles par les autorités, selon l’ONG.

La réaction violente qui a fait suite à la tentative de coup d’État de décembre 2014 s’est traduite par une forte hausse des arrestations arbitraires et des disparitions forcées, souligne-t-elle.

En outre, le 17 juillet, le président Jammeh a annoncé la reprise des exécutions, trois ans après avoir décrété un moratoire conditionnel sur l’application de la peine capitale, s’inquiète Amnesty.

En raison de la situation politique et économique on constate une nette hausse du nombre d’émigrants, selon le texte, rappelant qu’un rapport européen cite le pays en 2014 parmi les six premiers d’émigration illégale vers l’Europe par mer, malgré une des populations les moins nombreuses de la région.

Yahya Jammeh dirige depuis 21 ans d’une main de fer la Gambie, petit Etat anglophone d’Afrique de l’Ouest enclavé dans le territoire du Sénégal, hormis sa façade atlantique.

Romandie.com avec(©AFP / 22 juillet 2015 20h58)

Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo, la prison, l’amnistie ou la CPI

mars 19, 2015

 Simone Gbagbo lors de l'ouverture du procès le 26 décembre 2014, à Abidjan.

Simone Gbagbo lors de l’ouverture du procès le 26 décembre 2014, à Abidjan. © Sia Kambou/AFP

Peu avant d’être condamnée à vingt ans de prison, l’ex-première dame de Côte d’Ivoire s’est dite prête à « pardonner », pour le bien du pays. Ouattara en fera-t-il autant en jouant la carte de l’amnistie ?

Immarcescible Simone Gbagbo. Le 10 mars, quand la cour d’assises d’Abidjan l’a condamnée à vingt ans de prison ferme pour « attentat à l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel et trouble à l’ordre public », l’ex-première dame de Côte d’Ivoire, 65 ans, n’a pas flanché. Écoutant un à un, sans rien laisser paraître, les mots d’une sentence massue comprenant aussi dix ans de privation de droits civiques et 965 milliards de F CFA (1,47 milliard d’euros) de dommages et intérêts, qu’elle devra verser à l’État ivoirien avec ses 78 coaccusés – dont son beau-fils, Michel Gbagbo, condamné à cinq ans de prison. Pour le moment, aucun indice n’a filtré sur son futur lieu de détention. En décembre, après avoir passé quatre ans en résidence surveillée à Odienné (Nord-Ouest), elle avait été transférée à Abidjan, où elle est toujours détenue dans une école militaire.

« Étant donné que le parquet requérait dix ans de prison, elle s’attendait à une peine lourde, explique son avocat Ange Rodrigue Dadjé. Mais aujourd’hui elle est sereine et satisfaite. Car ce procès, même s’il a été purement politique, lui a permis de donner sa part de vérité. Le monde entier a pu voir qu’elle n’a commis aucune infraction, qu’il n’y a rien, ni faits ni preuves, dans ce dossier. » Quelques heures avant que la cour ne délibère, l’épouse de Laurent Gbagbo avait pourtant tenté de jouer l’apaisement, à grand renfort d’extraits bibliques, se disant prête à « pardonner » pour le bien du pays. « Ne regardez pas nos douleurs, ni les plaies qu’il y a dans nos coeurs, dans nos corps. Laissons Dieu les soigner », avait-elle lancé aux jurés, rompant avec le ton incisif dont elle avait usé lors de son audition, le 23 février, pour dénoncer le rôle de la France pendant la crise postélectorale et affirmer que son époux était « le vainqueur de la présidentielle de 2010 ».

Alors que pour certains la verve de l’ancienne militante n’a fait que réveiller de vieilles rengaines nuisibles au processus de réconciliation nationale, pour d’autres, elle a prouvé que Simone est toujours là. « J’étais très fier de la voir se défendre ainsi, témoigne Laurent Akoun, baron du Front populaire ivoirien (FPI). C’était presque celle d’antan, l’enseignante de formation, avec un grand sens de la pédagogie. Même si elle a été en deçà de ce qu’elle avait l’habitude de donner… et de ce qu’elle peut encore donner. » Histoire de rappeler que Simone Gbagbo n’est pas femme à abandonner la bataille, surtout quand il existe encore un recours. Ses avocats comptent se pourvoir en cassation.

La grâce et l’amnistie : un scénario qui pourrait mettre du temps à se concrétiser

Un recours… ou deux portes de sortie dont seul Alassane Ouattara a les clés : l’amnistie ou la Cour pénale internationale (CPI). En début d’année, le président a évoqué la première hypothèse : « Tous les cas seront jugés et une fois que nous aurons les jugements, bien évidemment, le chef de l’État a un certain nombre de prérogatives, en matière de grâce et d’amnistie, à proposer à l’Assemblée nationale. » Un scénario toujours sur la table, selon des proches du président, mais qui pourrait mettre du temps à se concrétiser. Car Simone Gbagbo est visée par une autre instruction en cours, concernant cette fois-ci les crimes de sang – pour lesquels elle est justement réclamée à La Haye (Pays-Bas), où est déjà jugé son mari.

« Ce verdict ne change rien à la situation de Simone Gbagbo vis-à-vis de la CPI, puisque celle-ci la poursuit pour des crimes [notamment contre l’humanité] qui ne sont pas ceux pour lesquels elle vient d’être condamnée, explique Pascal Turlan, conseiller au bureau de la procureure de la CPI. La Côte d’Ivoire doit donc toujours remettre Mme Gbagbo à la CPI, en vertu de la décision de la chambre préliminaire de la Cour. » Réplique de Jean-Paul Benoit, avocat de l’État ivoirien, qui a fait appel de cette décision en arguant que la Côte d’Ivoire était en mesure de juger l’accusée : « Une réunion de travail est prévue dans les prochains jours à La Haye. À cette occasion, nous verserons de nouveaux éléments au dossier, qui concerneront notamment la réforme du code pénal ivoirien, lequel fera apparaître, entre autres, la notion de crime contre l’humanité. » Le feuilleton judiciaire continue.

Jeuneafrique.com  par Haby Niakaté