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« Élève noir » cherche « camarade blanc » à Amsterdam

mai 23, 2015

'Élève noir' cherche 'camarade blanc' à Amsterdam
« Élève noir » cherche « camarade blanc » à Amsterdam © AFP

Arabes, Turcs, Surinamais ou Marocains. . . L’école primaire Catharina d’Amsterdam compte peu de Néerlandais de souche. Dans l’espoir de favoriser l’intégration, parents, professeurs et élèves ont arpenté vendredi les rues de ce quartier mixte de la capitale dans l’espoir d’attirer des « camarades blancs ».

Tout comme une centaine de leurs camarades de classe, Annelies et Aminata, 10 et 11 ans, arborent un t-shirt blanc immaculé. « Est-ce assez blanc pour vous? », provoque un texte en lettres noires. Sur le dos est imprimé : « tous les enfants ont le droit de s’intégrer ».

« Copines depuis la naissance », les deux fillettes « veulent plus d’enfants blancs dans l’école pour apprendre chacun de nos cultures respectives », affirme Aminata, tresses africaines et sourire étincelant.

« C’est important pour plus tard », renchérit la blonde Annelies: « quand nous serons adultes, nous serons confrontés à des cultures différentes, nous devons apprendre à vivre ensemble dès maintenant ».

« Pour le moment, il n’y a qu’un seul enfant dans notre classe qui est Néerlandais à 100%, alors que nous vivons dans un quartier mixte, c’est ridicule », s’exclame-t-elle.

L’école Catharina et sa voisine Avonturijn, qui participe également à l’action, sont des écoles dites « noires » dans des quartiers où cohabitent Néerlandais de souche et d’origine étrangère. Dans ces écoles, plus de 90% des élèves sont d’origine étrangère et le nombre d’inscrits est en baisse continue.

« Lorsque, pour des raisons multiples, une école se +noircit+, il est très difficile d’inverser la tendance », assure Diane Middelkoop, porte-parole du groupe scolaire gérant les deux écoles.

« Les parents d?enfants blancs ne veulent plus faire partie de cette école. Je peux comprendre: nous voulons tous nous sentir chez soi et cela implique que nous cherchons à fréquenter des gens de notre origine et de notre culture », assure-t-elle.

– ‘les couleurs de ton coeur’ –

Pour certains, cela évoque un racisme rampant dans la société néerlandaise. « J’ai honte que nous en soyons arrivés là, que ces enfants doivent descendre dans la rue pour pouvoir être à l’école avec des enfants blancs », s’exclame, les larmes aux yeux, une voisine.

Joan, 81 ans, est dure contre ces parents qui choisissent des écoles dans d’autres quartiers afin d’éviter ces « écoles noires », comme les surnomment les médias néerlandais.

« C’est du racisme, et j’ai honte. Il y a toujours eu des soupçons de discrimination dans ce pays, mais aujourd’hui ça devient grave. Il faut que ça s’arrête », assure-t-elle.

A l’autre bout de la rue, un fleuriste en place depuis 50 ans avance une autre explication au manque d’effectif de l’école, où son fils est scolarisé.

« De plus en plus de familles déménagent, et font place à des étudiants: le problème est simplement qu’il ne reste plus beaucoup d’enfants », assure Wim Barlag : « il n’y a pas de racisme ici ».

Les élèves sont partis distribuer leurs dépliants dans une course effrénée, ce qui n’a pas laissé de marbre les habitants de la capitale d’un pays qui se targue de sa tolérance mais où tensions et discriminations raciales sont de plus en plus régulières.

Des mamans essayent de suivre le rythme imposé. « Je veux que mes enfants puissent s’intégrer dans la culture néerlandaise et apprendre à connaître d’autres cultures que la leur », témoigne Majda Khatibi, 35 ans, femme au foyer.

Pour s’intégrer aux Pays-Bas, les autorités demandent aux étrangers de « participer à la société néerlandaise, en travaillant ou en étudiant ». Une fois la langue maîtrisée, ils doivent passer un test d’intégration.

Le député anti-Islam Geert Wilders, en particulier, reproche aux immigrants de ne pas chercher à s’intégrer.

De porte en porte, les enfants continuent de chanter: « ne pense pas noir, ne pense pas blanc, ne pense pas noir et blanc : pense les couleurs de ton coeur ».

Jeuneafrique.com

Escale du Probo Koala: ouverture du procès en appel de Trafigura aux Pays-Bas

novembre 14, 2011

Le procès en appel contre la multinationale Trafigura, condamnée en juillet 2010 à une amende d’un million d’euros pour exportation illégale à la suite de l’escale aux Pays-Bas du cargo Probo Koala, dont la cargaison de déchets toxiques avaient ensuite été déversée en Côte d’Ivoire, s’est ouvert lundi à Amsterdam.

La première matinée d’audience a été consacrée notamment au programme des auditions de témoins. Les juges devaient dire dans l’après-midi s’ils autorisent le témoignage du capitaine ukrainien du Probo Koala à l’époque des faits, comme le souhaitent les avocats de Trafigura.

Sergiy Chertov, condamné à cinq mois de prison avec sursis, n’avait pas été entendu lors du procès en première instance.

Le 23 juillet 2010, le tribunal d’Amsterdam avait jugé Trafigura coupable d’infraction à la législation européenne sur l’importation et l’exportation de déchets et d’avoir caché la nature des déchets transportés par le cargo à son arrivée à Amsterdam. La multinationale avait toutefois été relaxée de faux en écriture.

Trafigura et le parquet, qui avait requis une amende de deux millions d’euros, avaient tous deux interjeté appel.

Le cargo Probo Koala avait accosté le 2 juillet 2006 à Amsterdam afin que ses slops (résidus de nettoyage des cales) soient traités mais l’opération avait été annulée, ces résidus s’avérant plus toxiques qu’annoncé.

Le navire était reparti trois jours plus tard et les déchets avaient été déversés par la suite dans des décharges autour d’Abidjan, faisant des milliers d’intoxications, selon la justice ivoirienne. Trafigura a toujours nié que le déversement ait provoqué décès et maladies graves.

Le parquet avait également fait appel de la relaxe dans cette affaire de la ville d’Amsterdam, gestionnaire du port, et de la société APS (Amsterdam Port Services), chargée du traitement des déchets.

Jeuneafrique.com avec AFP

Hella Haasse est décédée

octobre 3, 2011

L’écrivaine hollandaise née en 1918 en Indonésie était une spécialiste du roman historique.

Hella Haasse, « la Marguerite Yourcenar d’Amsterdam », vient de mourir à l’âge de 93 ans, en laissant une oeuvre éclectique traduite en vingt langues. Publiée en France au Seuil et chez Actes Sud, cette oeuvre regroupe des essais, des pièces de théâtre, des souvenirs, des romans documentaires et historiques. Née en 1918 dans les Indes néerlandaises (aujourd’hui l’Indonésie), arrivée à Amsterdam en 1938, Hella Haasse avait gardé de son enfance le goût de l’exotisme et de l’inconnu. « Cela m’a donné la possibilité de me sentir européenne et, plus encore, une citoyenne du monde » disait celle qui fut une infatigable exploratrice de l’Histoire. Tout en se nourrissant des cultures européennes, elle évoque souvent la disparation du monde enchanté de l’enfance mais ses romans les plus célèbres sont autant de machines à remonter le temps et à questionner le passé : la Rome antique dans Un goût d’amandes amères, le Moyen-âge dans En la forêt de longue attente, l’époque coloniale dans Le lac noir et Les seigneurs du thé, le siècle des Lumières dans Une liaison dangereuse – inspiré par l’oeuvre de Laclos – et dans La récalcitrante, son dernier roman traduit en français où elle mêle la fiction et les archives pour retracer le destin de Charlotte-Sophie d’Aldenburg.

L’Express par André Clavel