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Afrique du Sud : entre Zuma et Ramaphosa, le duel qui fragilise l’ANC

mai 6, 2021
L’ancien président sud-africain Jacob Zuma, le 15 octobre 2019.

Chargée d’enquêter sur les soupçons de corruption qui visent l’ancien président, la commission Zondo cristallise les divisions au sein de l’ANC. Car si le principal mis en cause refuse de témoigner, l’actuel chef de l’État, Cyril Ramaphosa, a lui été entendu, défendant l’idée d’un parti tournant la page des années Zuma.

L’image est rare : un président en exercice, non contraint, interrogé par une commission anti-corruption. « C’est ainsi que notre démocratie fonctionne », déclare Cyril Ramaphosa à ceux qui s’en étonnent. Ce mercredi 28 avril, le chef de l’État sud-africain témoigne devant la commission Zondo, qui enquête sur des soupçons de « capture d’État », autrement dit d’accaparement du pouvoir et des richesses par une minorité corrompue. Au cœur de ce faisceau d’accusations, l’ancien président, Jacob Zuma, au pouvoir de 2009 à 2018 et soupçonné d’avoir permis à la famille Gupta d’infiltrer tous les étages de l’appareil d’État. Cyril Ramaphosa sourit aux juges, plaisante et répond aimablement à des questions inoffensives. Il reconnaît l’existence d’une « ère de la capture d’État ».

Cinq mois plus tôt, même bâtiment, même fauteuil. Nous sommes le 19 novembre 2020 et c’est Jacob Zuma, chef d’État de 2009 à 2018, qui témoigne. Une courte apparition avant un coup d’éclat. Au moment de la pause café, il quitte la commission sans prévenir. Une gifle au visage de cette institution, un aller sans retour. « Je ne vais pas me soumettre à un système judiciaire injuste et oppressif », réagira Jacob Zuma via un communiqué.

Suivront toutes sortes de médiations, de mains tendues et même une menace – en cours d’examen – de condamnation à deux ans de prison pour outrage. Les efforts de Cyril Ramaphosa et des leaders du Congrès national africain (ANC) pour ramener Jacob Zuma à la raison n’ont pas eu plus d’effets. « Vous n’avez aucune sympathie pour moi […] Ces dernières années l’ANC ne m’a jamais protégé », rétorque l’intéressé lors d’une réunion de la dernière chance. Sa démission forcée, survenue le 14 février 2018 alors qu’il était cerné par les affaires de corruption, lui est restée en travers de la gorge.

Ramaphosa joue la carte anti-Zuma

Si on ne lui connaît plus d’ambitions personnelles, Jacob Zuma reste un animal politique. Avec des crocs, des griffes et des pics sur le dos. « Il a réussi à se vendre comme le politicien contre lequel vous risquez une guerre perpétuelle si vous osez le défier », résume Ongama Mtimka, politologue à l’université Nelson Mandela de Port Elizabeth. Ses attaques contre la commission Zondo sont accueillies avec bienveillance par une frange du parti. « Les débats de cette nature sont toujours bons pour la démocratie », salue Ayanda Dlodlo, actuelle ministre de la Sécurité d’État. Celle qui a servi sous les deux présidents partage les réticences de Zuma vis-à-vis de la commission Zondo : « Je ne suis pas ceux qui la voient comme sacro-sainte », dit-elle avec diplomatie.

« LA COMMISSION ZONDO EST UTILISÉE À DES FINS POLITIQUES ET LE PRÉSIDENT EN PROFITE POUR PRENDRE SA REVANCHE SUR SES OPPOSANTS

Cette imbrication du judiciaire et du politique dérange une partie de l’ANC. « De manière très simplifiée, vous avez une aile qui pense que le pouvoir politique ne doit pas être entravé. C’est le camp du secrétaire général du parti, Ace Magashule, et de l’ancien président, Jacob Zuma. Et vous avez l’autre camp, qui n’est pas sans reproches, mais qui au moins continue à croire que l’état de droit et la Constitution sont importants et que le pouvoir doit avoir des garde-fous », schématise Ongama Mtimka.

Ces divisions ne sont pas seulement exposées par la commission Zondo, elle sont aussi exploitées par Cyril Ramaphosa. Devant le juge Zondo, il joue la carte anti-Zuma. « Nous sommes fiers d’avoir une justice solide et indépendante », insiste-t-il. Protégé par son statut de président en exercice, il n’a pas été mis sous pression lors de son témoignage, en dépit du fait qu’il a été le vice-président de Zuma (de 2014 à 2018). « Ils l’ont laissé livrer sa version des faits et il est resté très vague sur de nombreux sujets », observe André Duvenhage, politologue à la North West University. La commission l’a traité « avec déférence » et « elle a pris des gants », raille Carl Niehaus, membre de l’ANC et proche de Zuma.

Redonner confiance aux militants

Reconnaissant les errements de son parti sans en endosser la responsabilité, Cyril Ramaphosa promet de faire « en sorte que les excès du passé ne se reproduisent pas dans notre pays ». « [La commission Zondo] est utilisée à des fins politiques et Ramaphosa en profite pour prendre sa revanche sur ses opposants », analyse André Duvenhage. Sur Twitter, l’ancien leader démocrate Simon Grindrod exprime un sentiment largement partagé : « La commission n’est rien de moins qu’un exercice de communication pour dépeindre les anciens cadres comme corrompus et l’actuelle direction comme angélique. »

LES MILITANTS ONT PERDU CONFIANCE DANS LEUR PARTI À CAUSE DES SOUPÇONS DE CORRUPTION »

L’opération mains propres vise à redonner confiance aux militants. La base électorale de l’ANC s’érode doucement mais sûrement. Lors des élections locales de 2016, le parti a enregistré ses pires résultats électoraux depuis sa prise de pouvoir en 1994. Pretoria et Johannesburg sont tombées aux mains de l’opposition. « Leurs propres militants sont restés éloignés des bureaux de vote », rappelle Ebrahim Fakir, politologue au Auwal Socio-Economic Research Institute (ASRI) à Johannesburg. Certes, l’ANC reste le parti majoritaire, mais « les militants ont perdu confiance dans leur parti à cause des soupçons de corruption« , ajoute le politologue.

Pour regagner en crédibilité, le Comité national exécutif du parti a activé une « résolution de mise à l’écart ». Tout membre de l’ANC inculpé dans une affaire grave doit se mettre en retrait. Les personnes visées bénéficient d’un délai de 30 jours pour plaider leur cause. Passé cet ultimatum, ils seront exclus. Premier concerné, le secrétaire général de l’ANC. En poste depuis 2017, Ace Magashule est inculpé pour fraude et détournement dans une affaire de contrat public de désamiantage et il s’est bien gardé de démissionner avant l’expiration de l’ultimatum.

Les instances de l’ANC auront mis plusieurs jours avant de décider d’une sanction à l’encontre de l’un de ses membres les plus puissants (il a finalement été suspendu le 5 mai). Auparavant, Jacob Zuma, son mentor, l’avait d’ailleurs récemment reçu dans sa résidence, tout comme l’ancien président Thabo Mbeki. « Le fait que sa mise à l’écart ait été retardée montre qu’il y a des gens qui sont prêts à l’écouter malgré le risque de chaos au sein du parti. La réalité, c’est qu’il a des soutiens », relève le politologue Ebrahim Fakir.

Menaces de scissions et coups bas

« Aujourd’hui, la plus forte opposition au président Ramaphosa vient du clan Magashule », poursuit André Duvenhage. Même suspendu, le secrétaire général représente une faction officieuse qui a pris le nom de RET pour « Réforme radicale de l’économie » (un engagement politique inscrit dans le programme de l’ANC) et qui accuse le chef de l’État d’être trop modéré face aux grands patrons du capitalisme blanc.

« C’est normal d’avoir différents camps au sein d’un parti. Mais le problème de l’ANC, c’est que ces dissensions ont pris tellement d’ampleur que les agendas politiques de chacun prennent le pas sur l’unité du parti », diagnostique Ongama Mtimka.

Cyril Ramaphosa conserve une majorité de soutiens au sein de l’ANC. « Suffisamment en tout cas pour que lui et ses alliés puissent faire évoluer positivement le parti », veut croire Ongama Mtimka. Le chef de l’État reste néanmoins exposé aux coups bas et aux conspirations. Mal élu, avec seulement 51,8% des voix lors du scrutin pour la présidence de l’ANC en 2017, il demeure vulnérable. Sa stratégie de normalisation sera évaluée dès le 27 octobre prochain lors des élections municipales.

Avec Romain Chanson

Afrique du Sud: Décès de la plus jeune fille de Nelson Mandela, militante anti-apartheid

juillet 13, 2020

 

Le président sud-africain a rendu hommage à «une courageuse militante politique», qui a notamment participé à la branche armée du Congrès national africain

Zindzi Mandela, la plus jeune fille du premier président noir sud-africain Nelson Mandela, engagée dans la lutte contre l’apartheid, est décédée ce lundi 13 juillet, à l’âge de 59 ans, dans un hôpital de Johannesburg, a-t-on appris de sources officielles. Les causes de son décès n’ont pas été précisées.

Dans un communiqué, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a présenté ses «condoléances les plus sincères à la famille Mandela», se disant «profondément attristé par la mort de (…) Zindziswa « Zindzi » Nobutho Mandela». Le chef de l’État a rendu hommage à «une courageuse militante politique», qui a notamment participé à la branche armée du Congrès national africain (ANC), fer de lance de la lutte contre le régime de l’apartheid, officiellement tombé en 1994.

«Zindzi Mandela était très connue dans le pays et dans le monde. Pendant nos années de combat, elle a fait prendre conscience de l’inhumanité du système de l’apartheid et de la détermination inébranlable de notre combat pour la liberté», a expliqué Cyril Ramaphosa, membre de l’ANC, le parti au pouvoir depuis 1994.

En 1985, devant des dizaines de milliers de personnes réunies dans un stade du township de Soweto, haut lieu de la résistance au régime raciste, la jeune Zindzi avait lu un discours de son père, alors en prison, dans lequel il rejetait la proposition du président de l’époque PW Botha de le libérer sous condition.

«L’humanité et la ténacité de la bataille contre l’apartheid»

Zindzi Mandela était la plus jeune fille de Nelson Mandela, prix Nobel de la paix et premier président sud-africain noir (1994-1999), et de Winnie Madikizela-Mandela, égérie populaire mais controversée de la lutte contre l’apartheid. Avec la mort de Zindzi Mandela, l’Afrique du Sud perd «ceux que beaucoup considèrent comme une enfant de la nation», a estimé l’ancien archevêque Desmond Tutu, prix Nobel de la paix et ami proche de Nelson Mandela.

«Pendant les 27 ans que Nelson Mandela a passés en prison (1963-1990), sa famille – son épouse Winnie Mandela et leurs filles Zindzi et Zenani – ont joué un rôle essentiel pour incarner l’humanité et la ténacité de la bataille contre l’apartheid», a ajouté Desmond Tutu dans un communiqué publié par sa fondation.

Zindzi Mandela avait été nommée en 2015 ambassadrice de l’Afrique du Sud au Danemark et devait prochainement prendre ses fonctions d’ambassadrice au Liberia. Nelson Mandela, qui a été marié à trois reprises, a eu six enfants, dont quatre sont aujourd’hui décédés, notamment Thembekile, tué dans un accident de la circulation en 1969, cinquante et un ans jour pour jour après Zindzi.

Par Le Figaro avec AFP

Togo : l’ANC met de l’ordre dans ses rangs avant la présidentielle de 2020

septembre 18, 2019

Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) lors de la campagne électorale de 2015. © Erick Kaglan/AP/SIPA

 

L’Alliance nationale pour le changement (ANC) accuse certains de ses conseillers municipaux d’avoir accordé des voix à des candidats du parti UNIR au pouvoir, lors des élections des maires. Une manière de réaffirmer son hégémonie à quelques mois de la présidentielle de 2020.

Des conseillers municipaux « ont manqué à leurs obligations », peut-on lire dans un communiqué de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), publié dimanche. Nouvellement élus, des responsables du parti d’opposition, notamment dans les communes de Golfe 3 et Amou 2, « auraient, en dehors de leurs aires de compétence et sans aucun mandat à cet effet, pris des décisions contraires aux instructions du parti et à ses intérêts ».

La formation politique accuse ses élus d’avoir accordé des voix à des candidats de l’Union pour la République (UNIR), le parti au pouvoir, lors des élections des maires, entre le 13 et le 15 septembre. « Ils ont décidé de voter UNIR sans consulter le parti, explique à Jeune Afrique une source au sein du parti. La discipline doit être de rigueur au sein d’une formation politique et la ligne de conduite qui a été fixée doit être respectée ».

Pour « vérifier les faits », « identifier les personnes concernées » et proposer, le cas échéant, des « sanctions disciplinaires », un comité compétent sera mis en place. Ce dernier devrait se réunir « dans les jours à venir et les textes du parti feront foi », précise notre source.

Justement, l’article 41 du statut du parti prévoit que les élus locaux de l’ANC doivent respecter « en toutes circonstances la ligne politique et les directives du parti ». En cas d’infraction à cette règle, « les dispositions relatives à la discipline et aux sanctions prévues par les statuts et le règlement intérieur du Parti leur sont applicables ». Les sanctions peuvent aller du simple avertissement à l’exclusion.

Stratégie de communication

C’est la première fois que le parti de Jean-Pierre Fabre, créé en 2010, annonce ouvertement des sanctions à l’encontre de certains de ses membres. Pour le politologue Mohamed Madi Djabakaté, l’ANC réaffirme ainsi son « hégémonie » depuis que le Parti national panafricain (PNP) de Tikpi Salifou Atchadam est venu bouleverser la scène politique togolaise.

« C’est une stratégie de communication à quelques mois de la prochaine élection présidentielle, affirme le spécialiste. C’est aussi une réponse aux autres partis qui accusent l’ANC d’être en alliance avec le parti au pouvoir ».

Redistribution des cartes 

« La participation de toutes les formations politiques aux municipales a permis de redistribuer ou de redéfinir les cartes de l’influence au sein de l’opposition », analyse Mohamed Madi Djabakaté.

L’ANC, qui ne dispose d’aucun député à l’Assemblée nationale, est arrivée en deuxième position (138 élus locaux) à l’issue des élections municipales lors desquelles les Togolais étaient appelés à élire leurs conseillers municipaux, fin juin, derrière UNIR, devenant, de facto, la première force politique de l’opposition.

Ex-chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre a d’ailleurs été élu maire de la quatrième commune du Grand Lomé, Golfe 4. Dans la capitale togolaise, son parti a remporté trois autres municipalités, contre sept pour UNIR. Une ascension qui pourrait se confirmer lors de l’élection présidentielle de 2020, à l’issue de laquelle le parti espère réaliser l’alternance.

Jeuneafrique.com par Charles Djade

Afrique du Sud: Zuma continue à résister à l’ANC

février 14, 2018

Jacob Zuma, président sud-africain, le 08 août 2017, devant le parlement du pays, au Cap / © AFP/Archives / PIETER BAUERMEISTER

Le président sud-africain Jacob Zuma a refusé mercredi de dire s’il accepterait ou pas de démissionner, ainsi que le lui a ordonné son parti le Congrès national africain (ANC), et il a renvoyé l’annonce de sa décision à une déclaration solennelle plus tard dans la journée.

Lors d’un entretien à bâtons rompus diffusé en direct par la télévision publique SABC, M. Zuma est sorti du silence qu’il observe depuis son « rappel » par l’ANC pour défendre son refus de quitter sur le champ le pouvoir.

« C’est très injuste que ce sujet soit soulevé en permanence », a estimé le chef de l’Etat, « je n’ai rien fait de mal (…), je suis en désaccord avec la décision » du parti.

Mais il a refusé de préciser ses intentions. « Je vais faire une déclaration aujourd’hui sur le sujet, c’est important que je la fasse », s’est-il contenté d’indiquer.

Après des semaines de vaines tractations qui ont plongé le pays dans une crise politique majeure, la direction de l’ANC a ordonné mardi au chef de l’Etat, éclaboussé par de multiples affaires de corruption, de quitter immédiatement ses fonctions.

Deux heures avant l’entretien de M. Zuma, l’ANC, lassé d’attendre le bon vouloir du président, a pris les devants en annonçant qu’il voterait jeudi au Parlement une motion de défiance contre le chef de l’Etat.

« On procède avec la motion de défiance demain (jeudi) pour que le président Jacob Zuma soit démis de ses fonctions », a annoncé le trésorier du parti, Paul Mashatile, à l’issue d’une réunion à huis clos de son groupe parlementaire au Cap.

« La direction de l’ANC ne peut pas attendre au-delà d’aujourd’hui », a ajouté M. Mashatile.

– Refus –

Si la motion est adoptée – ce qui fait peu de doute -, M. Zuma n’aura alors pas d’autre choix que de se retirer, ce qu’il a concédé mercredi. « Si le parlement dit qu’il ne me veut pas, je partirai », a-t-il déclaré.

L’ANC est déterminé à aller très vite. Le parlement devrait élire « d’ici vendredi » le nouveau chef de l’ANC et actuel vice-président du pays, Cyril Ramaphosa, au poste de président de la République, a précisé Paul Mashatile.

Depuis son arrivée à la tête du parti en décembre, M. Ramaphosa tente en vain d’obtenir au plus vite une sortie en douceur du chef de l’Etat, afin d’éviter une catastrophe électorale en 2019.

Mais M. Zuma, dont le mandat expire normalement l’année prochaine, n’a aucune obligation juridique de se soumettre à l’ordre de son parti de démissionner.

Depuis des semaines, il a systématiquement balayé d’un revers de main l’idée d’une sortie de scène rapide. Lundi soir encore, il a opposé une fin de non-recevoir très sèche à Cyril Ramaphosa, venu personnellement le prier de se démettre.

Lors de son entretien télévisé à la SABC mercredi, Jacob Zuma a longuement justifié sa position.

Avec force détails, il a expliqué être convenu avec M. Ramaphosa de partir en douceur « après le mois de juin », mais que la nouvelle direction du parti lui avait assuré qu’une frange du parti refusait cet accord et qu’il devait partir plus tôt.

– ‘Histoire ancienne’ –

« Je leur ai dit +je ne suis pas d’accord avec votre approche (…). Si vous voulez me rappeler, rappelez-moi+ », a-t-il raconté, « je trouve très étrange que mon parti me dise de partir parce qu’il y a un nouveau président à l’ANC, cette règle n’existe pas ».

Lui aussi sommé en 2008 par l’ANC de rendre son tablier, le président Thabo Mbeki avait obtempéré sans rechigner.

L’opposition, qui exige depuis des années le départ de Jacob Zuma, s’est réjoui qu’une motion de défiance ait été inscrite à l’ordre du jour du Parlement dès jeudi.

« A partir de demain, Jacob Zuma sera de l’histoire ancienne », a déclaré à l’AFP Floyd Shivambu, le chef du groupe parlementaire des Combattants pour la liberté économique (EFF).

« Je suis sûr que nous tous élus seront d’accord pour mettre un terme à la présidence Zuma (…) qui s’est soldée par un désastre pour tout le pays », a-t-il ajouté. « J’espère que ce vote sera la première décision unanime du Parlement depuis 1994 ».

Coïncidence ou non, la police a perquisitionné mercredi le domicile à Johannesburg de la sulfureuse famille Gupta, au coeur de la plupart des scandales qui impliquent le président.

L’opération a été menée dans le cadre des enquêtes sur la « capture de l’Etat », c’est-à-dire les soupçons de trafic d’influence et de détournements de fonds publics reprochés à la fratrie d’hommes d’affaires proches du chef de l’Etat.

Trois personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette opération, a indiqué l’unité d’élite de la police sud-africaine (Hawks).

Romandie.com avec(©AFP / 14 février 2018 15h27)                

Afrique du Sud: l’ANC exige la démission de Zuma, la balle est dans son camp

février 13, 2018

Le président sud-africain Jacob Zuma à Davos le 27 janvier 2011 / © AFP/Archives / Johannes EISELE

Le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a ordonné mardi au président Jacob Zuma de démissionner et attend sa réponse, avec l’espoir qu’elle mette enfin un point final à la crise politique qui paralyse le pays.

Depuis son arrivée à la tête de l’ANC en décembre, Cyril Ramaphosa cherche à pousser vers la sortie Jacob Zuma, mis en cause dans de nombreuses affaires de corruption, afin d’éviter une catastrophe aux élections générales de 2019.

L’ancien homme d’affaires a d’abord choisi la manière douce et négocié directement avec le président. Mais ces tractations ont échoué, et devant la frustration de l’opposition, de l’opinion publique et de membres de son parti, il est passé à l’offensive en convoquant lundi l’organe le plus puissant du parti.

Au terme de discussions-marathon, le Comité national exécutif (NEC) de l’ANC a « rappelé » mardi avant l’aube le président, a annoncé le secrétaire général du parti, Ace Magashule.

« Nous ne lui avons donné aucune date butoir » mais « je sais que le président va répondre demain », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à Johannesburg.

Le chef de l’Etat, muet depuis plusieurs jours, n’a pas encore communiqué officiellement sa position.

En théorie, c’est donc la fin pour Jacob Zuma. Mais le président, réputé retors, n’a aucune obligation constitutionnelle de se soumettre à la décision du NEC.

S’il refuse d’obtempérer, l’ANC n’aura pas d’autre choix – à moins de se renier – que de lui forcer la main et déposer une motion de défiance au Parlement.

– ‘Arrogant’ –

Les discussions du NEC se sont éternisées, laissant planer un temps le doute sur leur issue. En plein milieu de la nuit, la réunion a été interrompue le temps pour Cyril Ramaphosa d’aller à la résidence officielle du président pour lui proposer, une dernière fois, une sortie digne: la démission.

Inflexible, Jacob Zuma a encore joué les prolongations. « Il racontait n’importe quoi, il voulait rester au pouvoir jusqu’en août », a raconté à l’AFP un membre du NEC. « On s’est dit qu’il voulait encore trois mois pour piller » le pays, a-t-il ajouté sous couvert de l’anonymat.

Le président « était très arrogant », a expliqué un autre membre du NEC cité par l’hebdomadaire Mail & Guardian.

Cyril Ramaphosa lui a dit « de démissionner dans les 48 heures, sinon l’ANC déposerait une motion de défiance d’ici jeudi », a ajouté ce responsable du parti.

L’ANC, tout puissant en l’absence de scrutin présidentiel au suffrage universel direct, n’a donc eu d’autre choix que d’exiger de Jacob Zuma qu’il quitte le pouvoir.

– ‘Arrêt de mort’ –

L’opposition, qui réclame depuis des années le départ du président n’a pas crié victoire mardi.

« Zuma peut tout bonnement ignorer » l’ordre de l’ANC, a relevé l’Alliance démocratique (DA), qui a appelé à voter le 22 février en faveur d’une motion de défiance.

Pour la Cosatu, alliée de la coalition gouvernementale, l’ANC, qui a été « humiliée » par Jacob Zuma, devrait aller plus loin et faire tomber le président au Parlement. « Le temps est venu pour l’ANC de mettre fin à ce théâtre politique pathétique », a estimé la centrale syndicale.

En rappelant M. Zuma, l’ANC « a de toute façon signé l’arrêt de mort » du président, a relevé Ben Payton, analyste au cabinet Maplecroft. « Il n’a pas d’échappatoire possible. Au final, peu importe s’il démissionne ou pas » puisque s’il refuse de le faire, « il est certain de perdre une motion de défiance ».

« Il y a unanimité à l’ANC, donc les jeux sont faits », a aussi estimé le membre du NEC interrogé par l’AFP.

Le parti est « décidé à mettre un point final à la crise avant la présentation du budget » le 21 février, a pur sa part affirmé l’analyste politique Dirk Kotze.

Jacob Zuma est éclaboussé par une série de scandales qui ternissent l’image de son parti, au pouvoir depuis la fin de l’apartheid en 1994.

Il a été reconnu coupable de violation de la Constitution, il est menacé d’inculpation dans une vieille affaire de pots-de-vins et son nom est intimement associé à celui de la sulfureuse famille d’hommes d’affaires Gupta, au coeur d’autres dossiers de détournements de fonds ou de trafic d’influence.

« Nous sommes déterminés à restaurer l’intégrité des institutions publiques », a insisté mardi Ace Magashule.

Si Jacob Zuma démissionne, il sera remplacé par le vice-président Cyril Ramaphosa, a confirmé l’ANC. Dans le cas d’un vote de défiance, la présidente du Parlement assurerait l’intérim jusqu’à l’élection par les députés de Cyril Ramaphosa, dans un délai de trente jours.

Romandie.com avec(©AFP / 13 février 2018 23h58)                

Afrique du Sud: l’ANC réunie pour « finaliser » le départ de Zuma

février 12, 2018

Le président sud-africain Jacob Zuma lors d’un sommet panafricain le 28 janvier 2018 à Addis Abeba / © AFP/Archives / SIMON MAINA

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), doit « finaliser » lundi, selon son chef Cyril Ramaphosa, la question du départ anticipé du président Jacob Zuma, sous la pression de l’opposition qui a réclamé la dissolution du Parlement.

MM. Zuma et Ramaphosa ont engagé la semaine dernière des tractations directes pour tenter de sortir de la crise mais, à ce jour, elles semblaient n’avoir accouché d’aucun progrès.

Les 107 membres de la plus haute instance de décision de l’ANC, le Conseil national exécutif (NEC), étaient réunis lundi à huis clos dans un hôtel de Pretoria pour, officiellement, faire le point des discussions.

Cette instance a le pouvoir de « rappeler » M. Zuma, comme elle l’avait fait en 2008 pour le président Thabo Mbeki.

Mais l’actuel chef de l’Etat, empêtré dans des scandales de corruption, peut toutefois refuser d’obtempérer. Dans ce cas, l’ANC pourrait déposer devant le Parlement une motion de défiance qui le contraindrait à partir.

« Nous savons que vous voulez tourner la page », a lui-même concédé dimanche M. Ramaphosa lors d’un discours prononcé à l’occasion des 100 ans de la naissance de Nelson Mandela, le père de la nation « arc-en-ciel ».

« C’est le souhait de notre peuple de finaliser tout ça et c’est précisément ce que le NEC va faire », a promis celui qui succéderait à M. Zuma en cas de démission du président.

Impatiente, l’opposition, qui demande depuis des années le départ de M. Zuma, est allé plus loin: elle a exigé lundi la dissolution du Parlement et la tenue d’élections anticipées.

« Il est important que le Parlement soit dissout et que nous repartions de zéro », a déclaré lundi lors d’une conférence de l’opposition Kenneth Meshoe, chef du Parti démocratique chrétien africain (ACDP).

« Parce que s’il est remplacé par son vice-président Cyril Ramaphosa, le même groupe de personnes qui défendent et protègent la corruption seront au pouvoir », a-t-il justifié.

L’opposition a aussi réclamé que soit avancée une motion de défiance, inscrite à l’ordre du jour du parlement pour le 22 février.

– Dernier carré –

« La pression est telle que la direction de l’ANC se doit de prendre une décision », a estimé l’analyste Somadoda Fikeni sur la chaîne d’information eNCA.

« Si elle ne le fait pas, elle va céder l’initiative à ses alliés, à certaines factions de l’ANC, à l’opposition et à la société civile, qui seront créditées d’avoir poussé le président vers la sortie. »

Mais M. Ramaphosa se heurte à deux obstacles de taille pour obtenir le départ anticipé du président, dont le second mandat expire en 2019: l’obstination du chef de l’Etat, qui s’accroche au pouvoir, et les divisions de l’ANC.

Le 4 février, M. Zuma a exclu de démissionner, malgré l’appel pressant de la direction de son parti.

Dans les négociations en cours, il tenterait d’obtenir l’immunité pour les nombreuses affaires de corruption dans lesquelles il est impliqué, ainsi qu’à obtenir la prise en charge de ses frais de justice, ont rapporté les médias locaux.

Dimanche, M. Ramaphosa a toutefois exclu tout passe-droit pour le président, rappelant que « ceux qui sont corrompus et ont volé l’argent des pauvres seront jugés ».

Le patron de l’ANC a cependant reconnu que son parti émergeait d’une période de « désunion et de discorde ».

Même si la fin de son règne semblait proche, le président Zuma reste soutenu par un carré de fidèles.

« Ils ont atteint le pic de leur carrière politique, certains sont visés par des plaintes (…), ils sont animés par leur seul instinct de survie », a résumé Somadoda Fikeni.

L’autorité du président Zuma a commencé à vaciller depuis l’élection en décembre de M. Ramaphosa qui lui a succédé à la tête de l’ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud depuis l’avènement de la démocratie en 1994.

Mais l’actuel vice-président n’a toujours pas réussi à écarter l’actuel président, condition à ses yeux incontournable pour redorer le blason du parti avant les élections générales de 2019.

Le blocage actuel a commencé à ternir la réputation de M. Ramaphosa, dont l’autorité est déjà mise en cause.

« Zuma détient toujours le pouvoir », a égratigné lundi le chef de l’opposition, Mmusi Maimane. « Le fait qu’il (Ramaphosa) qu’il veuille toujours négocier une amnistie avec Zuma montre qu’il existe un appétit pour la corruption au sein de l’ANC », a déploré M. Maimane dans un entretien à l’AFP.

Romandie.com avec(©AFP / 12 février 2018 16h42)                

Politique en Afrique du Sud: réunion spéciale de l’ANC

février 11, 2018

 

La pression sur Jacob Zuma pour obtenir son départ n’a jamais été aussi grande. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Le principal organe de décision du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, se réunira d’urgence lundi, a indiqué dimanche la formation, alors que les négociations pour obtenir un départ anticipé du président Jacob Zuma s’éternisent.

« Une réunion du NEC (conseil national exécutif) est prévue demain (lundi) à Pretoria », a déclaré à l’AFP une porte-parole de l’ANC, Khusela Diko.

Elle a refusé de préciser l’ordre du jour de la réunion.

Le nouveau patron de l’ANC, Cyril Ramaphosa, a engagé depuis plusieurs jours des négociations directes avec le très controversé président Zuma, pour discuter de la « transition » politique.

L’ANC avait promis jeudi une conclusion « imminente » de ces tractations, avant d’appeler deux jours plus tard à la « patience ».

Interrogée dimanche sur le statut de ces discussions, Khusela Diko a affirmé qu’elles étaient « productives et fructueuses ».

Des appels à la démission ignorés

Cyril Ramaphosa tente d’obtenir au plus vite le départ du très encombrant président Zuma, empêtré dans une litanie de scandales qui pourraient coûter cher à l’ANC aux élections générales de 2019.

Le 4 février, la direction de l’ANC avait enjoint au chef de l’État de démissionner. Un appel qu’il avait rejeté d’un revers de la main.

Le NEC est en mesure de rappeler Jacob Zuma, ce qu’il avait déjà fait en 2008 avec le président Thabo Mbeki.

Jeuneafrique.com avec AFP

Afrique du Sud: Zuma s’accroche, la crise politique s’éternise

février 9, 2018

Des membres du parti au pouvoir en Afrique du Sud réclament le départ du président Jacob Zuma, à Johannesburg, le 5 février 2018. / © AFP/Archives / MARCO LONGARI

L’Afrique du Sud était suspendue vendredi à l’issue de tractations au sommet pour obtenir le départ anticipé du président Jacob Zuma, exigé par la direction de son parti qui a annulé ses engagements publics pour accélérer la fin de la crise.

La liste des scandales autour de M. Zuma, au pouvoir depuis 2009, ne cesse de s’allonger, discréditant son parti, le Congrès national africain (ANC) à l’approche des élections générales de 2019.

Pour enrayer la chute de popularité du parti, son tout nouveau chef Cyril Ramaphosa, élu en décembre, tente d’obtenir au plus vite le départ de l’encombrant chef de l’Etat.

Une tâche difficile, compte tenu des divisions au sein de l’ANC et de la ténacité de Jacob Zuma. Réputé insubmersible, le président a jusqu’à présent toujours su habilement manoeuvrer pour se maintenir au pouvoir malgré ses déboires judiciaires, ses piètres résultats économiques et un taux de chômage record (27,7%).

Dimanche, les six plus hauts responsables de l’ANC – le Top Six – l’ont prié de démissionner. Il a refusé, déclenchant une crise qui a bouleversé le calendrier politique.

Pour tenter d’en sortir, MM. Zuma et Ramaphosa ont entamé mardi des discussions directes et constructives sur la « transition ». Leur issue est « imminente », a assuré jeudi l’ANC.

Vendredi, le Top Six a annulé tous ses engagements publics prévus dans la journée dans le cadre du centenaire de la naissance de la figure historique de l’ANC, Nelson Mandela.

Cette décision de dernière minute a été prise « en raison d’autres engagements nécessitant leur présence », a expliqué le parti sans donner plus de détails, laissant penser que le Top Six se concentrait sur la crise qui paralyse le pays.

Plus tôt cette semaine, le discours annuel du président devant le Parlement, temps fort de la vie politique sud-africaine, avait été reporté pour la première fois de l’histoire à une date ultérieure.

– ‘Derniers détails’ –

M. Zuma était attendu vendredi à Pretoria, la capitale politique, après une série de réunions au Cap, siège du Parlement.

Il se battra jusqu’au bout, a prévenu l’une de ses quatre épouses, la discrète Thobeka Madiba-Zuma, en lui apportant un soutien très remarqué sur son compte Instagram.

« Umsholozi (nom de clan de Zuma) n’a pas rejoint l’ANC en 1991, (…) il n’a pas zappé de la lutte (contre l’apartheid) à l’accumulation de richesses », a-t-elle lancé en visant le chef de l’ANC, ex-syndicaliste reconverti en richissime homme d’affaires.

M. Zuma « a quitté jeune sa maison pour combattre l’apartheid. (…) il terminera ce qu’il a commencé », a assuré Thobeka Madiba-Zuma, dans une note en forme de déclaration d’amour. « J’ai le béguin pour toi tous les jours », a-t-elle déclaré.

Selon le journal The New Age, appartenant à la sulfureuse famille Gupta, très proche du président, M. Zuma « doit rencontrer ce week-end sa famille à Pretoria pour discuter de son départ ».

« On s’attend à ce qu’il donne sa démission au plus tôt lundi », a ajouté une source anonyme cité par le quotidien. « Entretemps, il continuera à discuter avec le président (de l’ANC) Ramaphosa pour régler les derniers détails ».

Les négociations achoppent sur les termes du départ de M. Zuma, selon des sources concordantes. Le président tente coûte que coûte de garantir son immunité, mais aussi celle de membres de sa famille impliqués dans plusieurs dossiers judiciaires.

Il aurait également demandé que ses frais judiciaires soient pris en compte par l’Etat, selon les médias locaux. Une exigence « ridicule », s’est immédiatement indigné le parti d’opposition UDP (Mouvement démocratique uni).

Si M. Zuma démissionne, il sera remplacé par M. Ramaphosa, vice-président de l’Afrique du Sud en exercice, pour un intérim de trente jour maximum, le temps pour le Parlement d’élire un nouveau chef de l’Etat. Sauf nouveau coup de théâtre, M. Ramaphosa est assuré d’être élu.

L’ANC, au pouvoir depuis la fin officielle du régime d’apartheid en 1994, doit agir au plus vite. Le parti « se retrouve au pied du mur, il doit donc prendre une décision claire », a estimé M. Mathekga.

La présentation du budget est prévue le 21 février. Et le 22, le Parlement doit débattre d’une motion de défiance, la neuvième déposée contre M. Zuma depuis son arrivée au pouvoir. La dernière, en août, avait échoué à 24 voix près.

Romandie.com avec(©AFP / 09 février 2018 16h44)                

Afrique du Sud: l’ANC confirme « discuter » du départ anticipé du président Zuma

janvier 22, 2018

Le président sud-africain Jacob Zuma, le 12 avril 2017 à Soweto / © AFP/Archives / John WESSELS

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), a confirmé lundi avoir « discuté » lors d’une réunion de sa direction du départ anticipé du controversé président Jacob Zuma, sans lui fixer cependant de « date butoir ».

« Nous avons convenu que le sujet était entre les mains des responsables. Il y aura des discussions entre les responsables (du parti), le président Zuma et le président (du parti Cyril) Ramaphosa », a déclaré le secrétaire général du parti, Ace Magashule, lors d’une conférence de presse.

« Il n’y a pas de décision prise pour renvoyer Jacob Zuma », a-t-il assuré. « Il n’y a pas de date butoir. On ne fonctionne pas comme ça (…) donnez-nous du temps à l’ANC pour discuter de nos problèmes ».

« Nous n’avons pas pris de décision pour dire que le président Zuma doit partir ou que le président Zuma doit rester », a-t-il précisé.

L’ANC est « décidé à regagner la légitimité morale » et est « entré dans une nouvelle période de renouvellement », a assuré Ace Magashule, lui-même impliqué dans des affaires de corruption.

« Nous disons que là où il y a corruption, la justice doit suivre son cours », a-t-il dit.

Au pouvoir depuis la fin officielle du régime d’apartheid en 1994, l’ANC a vu sa popularité chuter depuis plusieurs années, minée par les accusations de corruption qui pèsent sur M. Zuma et les difficultés persistantes de son économie.

Fin décembre, Jacob Zuma a été remplacé à la tête de son parti par l’actuel vice-président du pays, Cyril Ramaphosa, qui avait fait de la lutte contre la corruption son leitmotiv de campagne.

Selon les analystes, ce dernier veut à tout prix se débarrasser du président au plus vite pour permettre à l’ANC de reconquérir ses électeurs avant les législatives de 2019.

Cyril Ramaphosa joue gros: en cas de victoire de l’ANC en 2019, il deviendra chef de l’Etat.

Romandie.com avec(©AFP / 22 janvier 2018 17h27)                

Afrique du Sud: Cyril Ramaphosa succède à Jacob Zuma à la tête de l’ANC

décembre 18, 2017

Cyril Ramaphosa, lors du congrès de l’ANC, vient d’être élu à la tête du parti, où il succède à Jacob Zuma. © Themba Hadebe/AP/SIPA

 

 

Sur les 4 776 délégués appelés à désigner le nouveau président de l’ANC, 4 708 ont déposé un bulletin dans l’urne. Très exactement 2 440 ont donné leur voix à Cyril Ramaphosa, contre 2 261 pour sa rivale Nkosazana Dlamini-Zuma. Dans l’immense enceinte du centre d’exposition de Nasrec, où près de 3 000 journalistes avaient été accrédités (un record !), des chants et des danses ont accueilli l’annonce de la victoire à 51,8 % des suffrages de l’actuel vice-président de l’Afrique du Sud.

Candidat de l’ANC pour 2019

Sept candidats étaient en lice pour succéder à Jacob Zuma à la tête de l’ANC. Mais une seule faisait figure de challengeuse sérieuse : Nkosazana Dlamini-Zuma, ancienne présidente de l’Union africaine (UA) et ex-épouse de Jacob Zuma, qui s’appuyait sur l’appareil du parti.

Avec cette victoire, Cyril Ramaphosa devient automatiquement le candidat du parti aux élections générales prévues en 2019. Une manière de clore définitivement l’ère très controversée de Jacob Zuma, avec son lot d’accusations de corruption et une crise économique sans fin, le pouvoir d’achat des Sud-Africains étant en baisse depuis 2014.

Ancien protégé de Mandela

Ancien protégé de Nelson Mandela, qui en avait même fait son favori pour lui succéder, Cyril Ramaphosa s’était reconverti dans les affaires après la chute du régime de l’apartheid.

Après plus de vingt ans d’absence de la vie politique, il est finalement sorti de sa retraite en 2012, avec sa nomination à la vice-présidence. Profitant de l’affaiblissement de Jacob Zuma, alors encerclé par les affaires, il s’est peu à peu affirmé sur la scène nationale avec pour credo de mettre un terme à la corruption. Une volonté qui lui a attiré les faveurs des milieux d’affaires, écœurés par la gabegie au sommet de l’État.

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