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Afrique du Sud : la commission Zondo aura-t-elle la tête de Jacob Zuma ?

janvier 6, 2022
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa devant la commission d’enquête Zondo sur la capture d’État à Johannesburg, le 12 août 2021. © Sumaya HISHAM / POOL / AFP

Quatre ans après sa création, la commission Zondo a remis son premier rapport au président Ramaphosa. Elle conclut à une capture d’État dont Jacob Zuma et ses proches ont été les artisans. Des révélations qui, pour l’ANC, font figure de cadeau empoisonné.

« Nous y voilà enfin. » Cyril Ramaphosa ne cache pas son soulagement. Voilà quatre ans qu’il attendait les conclusions de la Commission d’enquête sur les soupçons de capture d’État, dite commission Zondo, en référence au juge qui la préside, Raymond Zondo. Une institution judiciaire, sans pouvoir de poursuites, qui a remis son premier rapport le 4 janvier dernier lors d’une cérémonie officielle. « Un moment crucial parmi les efforts de notre pays pour mettre définitivement fin à l’ère de la capture d’État », selon le chef de l’État sud-africain.

La commission Zondo est née le 9 janvier 2018, mais elle trouve en réalité son origine dans des faits survenus en 2016. Cette année-là, le Défenseur public, Thuli Madonsela, publie un premier rapport sur « la capture de l’État ». Son enquête met en lumière les nombreux soupçons de corruption qui entachent la présidence de Jacob Zuma en lien avec la famille Gupta.

Retour de flammes

Face à la gravité des témoignages, Thuli Madonsela demande la création d’une commission d’enquête judiciaire. Jacob Zuma tente de faire écarter le rapport, échoue, puis subit un retour de flammes quand la haute cour de Pretoria le contraint à mettre en place la commission réclamée par Madonsela. Et, comme un châtiment, c’est à lui de nommer celui qui deviendra sa bête noire : Raymond Zondo.

NOMMER UN PROCHE À LA TÊTE D’UNE ENTREPRISE OU D’UNE INSTITUTION PUBLIQUE, MALGRÉ SON INCOMPÉTENCE

Dans ce premier rapport, la commission Zondo n’émet pas de recommandations à l’encontre de Jacob Zuma. En revanche, elle fait porter à l’ancien président, au pouvoir de 2009 à 2018, la responsabilité de nombreuses dérives et esquisse les grandes lignes d’un système bien rodé, qui consistait à faire à chaque fois fi des candidats potentiels et à nommer un proche à la tête d’une entreprise ou d’une institution publique, malgré son incompétence ; à lui permettre ensuite de « purger » l’institution de ses cadres pour y placer des alliés ; à restructurer l’entité quitte à la fragiliser, tout en instaurant un climat de peur. Le tout grâce au soutien d’entreprises privées et de médias « amis ».

Le « système Zuma » est décrit dans la partie consacrée au South African Revenue Service (SARS), l’administration fiscale. « C’est la démonstration limpide d’une collusion entre le secteur privé et l’exécutif, y compris le président Zuma, pour mettre la main sur une institution qui était internationalement respectée et la rendre inefficace, écrivent les auteurs du rapport. Le président Zuma et M. Moyane [ancien patron du SARS] ont joué un rôle fondamental dans la prise de contrôle [de l’administration fiscale]. »

Les mêmes techniques sont décrites dans le volume qui s’intéresse au démantèlement de la compagnie aérienne nationale. La South African Airways (SAA) était alors sous la direction de Duduzile Myeni, une proche de Jacob Zuma. Autrefois seconde plus grosse compagnie aérienne du continent, la SAA n’est plus que l’ombre d’elle-même et s’apprête à être privatisée. « Sous la direction de Mme Myeni, SAA a décliné pour se transformer en une entité en proie à la fraude et à la corruption, résume le rapport. Malgré ça, elle est restée à sa tête. »

Pourquoi l’avoir maintenue en poste ? La commission n’a jamais pu poser la question au principal intéressé. « Le président Zuma a fui la commission car il savait qu’il s’exposait à des questions qui l’auraient mis dans une situation où il n’aurait pas pu répondre, taclent les rapporteurs. Il n’aurait pas pu justifier son insistance à maintenir Mme Myeni à la tête de la SAA. »

La South African Airways victime du « système Zuma »

Ils n’ont pas oublié ce 19 novembre 2020 : ce jour-là, auditionné depuis quelques heures, Jacob Zuma profite de la pause café… pour prendre la tangente ! On ne l’y reverra plus. L’ancien président refuse depuis de témoigner devant une institution qu’il a rebaptisée « commission Zuma » pour signifier sa partialité.

Ses multiples attaques contre le juge Zondo et son refus réitéré de répondre aux questions lui ont valu d’être condamné par la Cour constitutionnelle à quinze mois de prison. Une peine qu’il purge hors les murs, en liberté conditionnelle. Début décembre, il présentait un livre, Jacob Zuma parle, écrit par ses porte-flingues, pour défendre son mandat injustement comparé selon eux à « neuf années gâchées ».

Jacob Zuma a toujours eu à cœur de défendre sa gouvernance. En 2010, quand les frères Gupta lancent le journal The New Age, c’est sur une idée originale… de Jacob Zuma. Le président aurait même trouvé le nom de ce quotidien conçu comme un instrument de propagande pour soutenir son action. Chacun y trouve son compte puisque The New Age va permettre aux Gupta de siphonner les budgets publicitaires des agences gouvernementales et des entreprises publiques.

EN PLUS DE SERVIR LES INTÉRÊTS POLITIQUES DU CHEF DE L’ÉTAT, LA DIFFUSION D’UNE PRESSE PRO-ZUMA ENRICHIT SES AMIS

Via le groupe TNA, les Gupta vendent des abonnements, des espaces publicitaires et des contenus éditoriaux à l’ensemble du secteur public. Eskom, la compagnie d’électricité, achète 2 000 exemplaires par jour de The New Age. En plus de servir les intérêts politiques du chef de l’État, la diffusion d’une presse pro-Zuma enrichit ses amis, dont la cupidité n’a aucune limite. Devant la commission, l’ancien directeur de la communication gouvernementale, Themba Maseko, affirme avoir été licencié après avoir refusé une proposition d’Ajay Gupta. En 2010, l’homme d’affaires lui aurait demandé de verser l’intégralité du budget publicitaire gouvernemental à The New Age.

Monsieur Propre

Aujourd’hui, c’est une presse plus indépendante qui épluche les 854 pages du premier rapport Zondo. Un deuxième document sera remis fin janvier et un troisième, à la toute fin du mois de février. D’ici là, le gouvernement se refuse à tout commentaire. Ramaphosa présentera la totalité des travaux de la commission devant le Parlement d’ici au 30 juin et dira ce qu’il compte faire de ses recommandations. « Peu importe qui est mis en cause, nous ferons appliquer les recommandations, a prévenu le chef de l’État. Nous prenons le travail de la commission Zondo très au sérieux car nous voulons un gouvernement propre. »

UNE AUDITION PUBLIQUE MAÎTRISÉE PAR UN RAMAPHOSA TOUJOURS AIMABLE ET PEU DÉCONTENANCÉ

Élu en 2018 sur la promesse d’une nouvelle aube débarrassée de la corruption, Cyril Ramaphosa profite de la commission Zondo pour peaufiner son image de Monsieur Propre au sein du Congrès national africain (ANC, au pouvoir). Contrairement à Jacob Zuma, le chef de l’État a honoré les invitations de la commission Zondo. Il a passé quatre jours sur le fauteuil de témoin en sa qualité d’ancien vice-président (2014-2018). Une audition publique maîtrisée par un homme d’État toujours aimable et peu décontenancé.

Grand déballage

S’il devait être cité dans le rapport, Ramaphosa assure qu’il prendrait ses responsabilités : « Quand je suis mis en cause, je suis suffisamment intègre pour être capable de me mettre en retrait. » Encore faut-il qu’il parvienne à convaincre sa famille politique que ce grand déballage est un mal pour un bien. Dans son rapport, la Commission relève que l’ANC a elle aussi profité des « produits de la corruption ».

Au sein du parti, certains ont voulu repousser la publication du rapport, a dévoilé Ramaphosa.« Je les exhorte à ne pas le faire et à se ranger parmi ceux qui protègent ce pays et font de l’ANC une entité à laquelle les masses font de nouveau confiance », a-t-il ajouté devant des militants. Ce weekend, le parti fête ses 110 ans, et ce rapport pourrait bien être un cadeau empoisonné.

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson – à Johannesbourg

Afrique du Sud : cinglant désaveu pour l’ANC

novembre 4, 2021
Le président sud-africain Ramaphosa assiste aux élections locales à Soweto, à Johannesburg, le 1e novembre 2021. © Sumaya Hisham/REUTERS

Au pouvoir depuis 1994, l’ANC enregistre le pire score électoral de son histoire. Il paye des années de gestion calamiteuse du pays.

Cyril Ramaphosa était présenté comme « la dernière chance » du Congrès national africain (ANC) pour sauver ces élections. Le chef de l’État, visage souriant imprimé sur toutes les affiches électorales, a passé le mois d’octobre sur les routes sud-africaines à faire campagne au nom de son parti. En vain. Avec seulement 46 % des voix à l’échelle nationale contre 54 % en 2016, l’ANC subit son plus gros revers électoral. Seize points ont même été perdus depuis les municipales de 2011 (62 %).

Surtout, l’ANC échoue à obtenir la majorité dans la plupart des métropoles sud-africaines. Ses résultats sont en chute libre à Johannesburg (-10 %), Pretoria (-7 %), ou encore au Cap (-7 %). Même Durban (-14%), bastion de l’ANC dans la province du KwaZulu-Natal, échappe à son contrôle avec un résultat sous le seuil de la majorité (42 %). « C’est un message sans ambiguïté qu’envoient les électeurs […] Les gens sont déçus par l’ANC », reconnaît le parti dans un communiqué. Et de citer la longue liste des griefs : lenteur à s’attaquer à la corruption, incapacité à assurer l’accès aux services de base et à gouverner correctement les municipalités.

Nouer des alliances

Le parti de Nelson Mandela devra se résoudre à nouer des alliances pour espérer gouverner par coalition. Un système qui avait joué en sa défaveur en 2016. En ralliant plusieurs petits partis, l’Alliance démocratique (DA), première force d’opposition, avait notamment mis la main sur Pretoria et Johannesburg. La razzia pourrait s’avérer encore plus importante si l’opposition fait bloc contre l’ANC.

Avec 30 % des municipalités en ballotage, « la politique des coalitions risque de devenir la clé des scrutins à l’avenir », analyse André Duvenhage, professeur en sciences politiques à l’université du North-West. « Ce n’est pas du tout dans notre culture ou notre histoire politique, on a besoin d’apprendre », poursuit-il.

La multiplication des coalitions résulte d’une baisse générale des voix enregistrées par l’ANC et la DA. Elle s’explique aussi par une fragmentation du paysage politique. Ce scrutin a vu s’affronter 325 partis et 1 500 candidats indépendants sur 95 000. Des déçus des grandes familles politiques qui veulent faire entendre leur voix autrement. « Voter pour les petits partis affaiblit la DA, ne jouons pas avec le feu », tentait de décourager John Steenhuisen, leader du parti dans un spot de campagne.

Discours anti-immigration

La DA est devenue une pépinière à dissidents. Trois de ses anciens porte-drapeaux ont bataillé contre elle lors de ce scrutin. Mmusi Maimane, ancien leader du parti devenu le défenseur des partis indépendants avec son mouvement OneSA. Patricia de Lille, maire du Cap (DA) de 2011 à 2018 et en concurrence avec GOOD, son nouveau parti. Et surtout, Herman Mashaba, maire de Johannesburg DA entre 2016 et 2019 et sensation politique de ce scrutin avec ActionSA, créé en 2020. À Johannesburg, il se place en troisième position avec 16 % des voix.

« Herman Mashaba est devenu un politicien de premier plan, il va influencer la nature des coalitions », prévient André Duvenhage. Cet entrepreneur jouit d’une certaine popularité liée au succès de ses produits pour cheveux « Black Like Me ». « Les gens le voient comme quelqu’un qui n’a pas besoin d’argent, qui ne va pas en voler car il a déjà son propre empire », résume la politologue Asanda Ngoasheng. C’est aussi son discours anti-immigration qui fait mouche auprès d’une population qui se sent en concurrence avec une main-d’œuvre étrangère, alors que le chômage atteint les 34 %. À Soweto, ActionSA récolte 21 % des voix, selon l’analyste Dawie Scholtz.

LES PERSONNES QUI SONT LOYALES À L’ANC ONT PRÉFÉRÉ NE PAS VOTER DU TOUT EN GUISE DE PROTESTATION

Concentré sur quelques villes, ActionSA ne pèse pas lourd à l’échelle nationale et n’est pas en mesure de déloger les Combattants pour la liberté économique (EFF). Le parti de Julius Malema gagne deux points à l’échelle nationale et confirme sa place de troisième parti sud-africain (10 %). Le commandant en chef Malema s’est dit « très heureux » de voir le rival ANC sous la barre des 50 %.

Le très fort taux d’abstention ne réjouit en revanche personne. La participation ne dépasse pas 45 % parmi les 26 millions d’électeurs enregistrés. « On note une apathie électorale depuis 2019, explique Paul Berkowitz de l’ONG The Third Republic. Le citoyen ordinaire souffre. Ce doit être un sentiment de futilité, de rejet, qui alimente cette apathie électorale. » Le dégoût de la politique a contaminé ce scrutin. « Même les personnes qui sont loyales à l’ANC ont préféré ne pas voter du tout en guise de protestation plutôt que de se tourner vers un parti d’opposition, relate Asanda Ngoasheng. Ces élections ne sont qu’un tir de sommation, avant le chaos qui verra l’ANC ne plus obtenir sa majorité habituelle à l’échelle nationale. »

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson – à Johannesburg

Afrique du Sud: élections municipales à hauts risques pour l’ANC

novembre 1, 2021
Afrique du Sud: elections municipales a hauts risques pour l'ANC
Afrique du Sud: élections municipales à hauts risques pour l’ANC© AFP/Phill Magakoe

L’ANC, au pouvoir en Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid il y a près de 30 ans, jouait gros lundi lors des élections municipales qui pourraient voir le parti passer pour la première fois de son histoire, sous la barre des 50 %.

Les bureaux de vote ont ouvert dès 05H00 GMT mais les quelque 26,2 millions de Sud-Africains sur 40 millions en âge de voter, inscrits sur les listes électorales pour choisir les représentants de plus de 250 municipalités, se présentaient au compte-gouttes. A la mi-journée, 13 % d’entre eux avaient voté, selon la commission électorale. Les bureaux de vote doivent fermer à 19H00 GMT.

« Je ne voterai pas parce que le gouvernement ne se préoccupe pas du sort des gens comme moi », a déclaré à l’AFP Xihluke Mitileni, 27 ans, de Soweto. Au chômage, cette mère de deux enfants raconte vivre dans des « squats ».

Depuis des années, le parti historique de Nelson Mandela est face à la désillusion d’une population confrontée à un chômage record (34,4 %) et écoeurée par les multiples scandales de corruption impliquant des hauts responsables du parti, dont l’ex-président Jacob Zuma.

Dans un bureau de vote du township de la banlieue de Johannesburg où il a grandi, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, aussi patron du Congrès national africain, a affirmé croire à une « victoire écrasante » à ce scrutin test avant la présidentielle en 2024.

Mais les sondages suggèrent qu’une majorité d’électeurs pourraient pour la première fois se détourner de l’ANC.

Samuel Mahlaule, 55 ans, dit voter depuis les premières élections démocratiques en 1994. Mais cette fois, il veut « un changement » et peste contre les « promesses vides » du parti.https://3296a83e23581b58f92651ef395b2033.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

Même désir d’autre chose à Danville, banlieue de la capitale Pretoria dominée par une classe ouvrière blanche: « une vie meilleure pour tous », réclame Charmaine Barnard, 57 ans.

A l’abandon

Des années de mauvaise gestion et de corruption généralisée ont aussi laissé des services publics à l’abandon en Afrique du Sud, où le quotidien est miné par les coupures d’électricité et d’eau.

« La plupart du temps, il n’y a pas d’eau dans les robinets », assure à l’AFP Simon Makambeni, 31 ans, père de deux enfants.

En juillet, le pays a connu une vague d’émeutes et de pillages à Johannesburg et dans la province du Kwazulu-Natal (est), qui ont fait plus de 350 morts. Au départ déclenchée par l’incarcération de M. Zuma, condamné pour outrage à la justice, les violences ont également été le signe d’un climat social et économique tendu. L’armée a été appelée en renfort de la police pour les élections.

A part quelques incidents sporadiques, le scrutin se déroulait lundi dans le calme. Huit personnes ont été tuées pendant la campagne, selon la police, des candidats pour la plupart.

Dans le KwaZulu-Natal, des habitants ont bloqué l’accès à un bureau de vote dans la zone rurale d’Umzinto, en signe de protestation contre le candidat local de l’ANC, a constaté un photographe de l’AFP. Le bureau est resté fermé, une douzaine de personnes ont été arrêtées.

Ces dernières semaines, l’ANC et Cyril Ramaphosa en tête ont tenté de grappiller les voix en faisant du porte-à-porte, répétant aux électeurs être en train de « nettoyer le parti ». Le successeur de Jacob Zuma (2009-2018) a fait de la lutte contre la corruption un cheval de bataille.

Ce dernier, en liberté conditionnelle pour raison médicale depuis septembre, est apparu en milieu de journée dans un bureau de vote de son fief de Nkandla, en pays zoulou. Appelant à voter pour l’ANC, il a été salué par la foule.

Lors des municipales de 2016, l’ANC avait enregistré son plus mauvais score (54 %) et perdu des villes clefs dont Pretoria et Johannesburg.

« Notre pays est prêt à rompre avec des décennies de corruption, de mauvaise gestion et d’échec », a déclaré après avoir voté à Durban, John Steenhuisen, de l’Alliance démocratique (DA), plus grand parti d’une opposition qui reste divisée dans le pays.

Avec Le Point avec AFP

Afrique du Sud : Ace Magashule, l’âme damnée de Jacob Zuma

octobre 22, 2021
Ace Magashule au sein de la Cour des magistrats de Bloemfontein, le 13 novembre 2020 © REUTERS/Siphiwe Sibeko

Poursuivi pour corruption, le secrétaire général de l’ANC sera devant la justice à partir du 3 novembre. Comme l’ancien président Jacob Zuma, il dénonce une conspiration ourdie par le chef de l’État.

Ils s’y mettent à plusieurs pour mettre le feu au t-shirt. On craque des allumettes, on tend des briquets. Le maillot aux couleurs du Congrès national africain (ANC) s’embrase difficilement. Sur fond jaune, le portrait de Cyril Ramaphosa sourit encore quelques instants avant de fondre sous l’ajout de combustibles. Il est incendié par des sympathisants de l’ANC devant la Cour des magistrats de Bloemfontein, capitale du Free State (centre). Nous sommes le 13 novembre 2020 et Ace Magashule, secrétaire général de l’ANC et Premier ministre de la province entre 2009 et 2018, vient de se rendre à la justice. Ses soutiens accusent le président Ramaphosa d’être responsable de sa chute.

L’homme fort du Free State est poursuivi par la justice pour des soupçons de corruption autour d’un contrat irrégulier d’audit de désamiantage en 2014. S’il partage le banc des accusés avec quinze autres personnes (dix individus et cinq entreprises) visées par 70 chefs d’accusations, il conteste toutes les charges qui pèsent sur lui. Mais il fêtera bien ses 62 ans au tribunal, le 3 novembre, pour l’avant-procès de cette affaire.

Monsieur Dix pour cent

Elias Sekgobelo Magashule voit le jour en 1959 dans le township de Tumahole, à Parys, dans le Free State. S’il est à l’origine surnommé « l’As » pour ses qualités de joueur de foot, l’appellation collera davantage à ses futurs coups politiques. Sous le régime de l’apartheid, il mène une vie de combattant de la liberté aux contours flous. Son passé de militant serait largement exagéré, selon une enquête de Pieter-Louis Myburgh. Ses petits arrangements avec la réalité lui garantissent une belle carrière après la fin de l’apartheid, en 1994, « compte tenu de la propension de l’ANC à récompenser politiquement ses membres en fonction de leur contribution au mouvement de libération », écrit le journaliste dans son livre Gangster State, paru en 2019.

Ace Magashule devient un apparatchik. À partir des années 1990, il prend la tête de la division provinciale de l’ANC et enchaîne les portefeuilles ministériels au sein du gouvernement du Free State. Affaires économiques, Transports, Agriculture, Culture… Ace Magashule obtient des maroquins grâce à son influence dans une province historiquement divisée. Ses diverses nominations comme membre du conseil exécutif (MEC) visent à pacifier ce territoire qui a vu naître l’ANC en 1912. Magashule saisit l’occasion pour mettre la main sur des ressources qu’il détourne à son profit.

IL NE RESTE PLUS GRAND CHOSE DE FONCTIONNEL DANS LE FREE STATE AUJOURD’HUI. IL L’A MIS À TERRE

Devenu Premier ministre en 2009, il étend son contrôle sur les affaires financières de la province. Pieter-Louis Myburgh lui attribue « un sens tyrannique de la centralisation » et le qualifie même de « State Captor » , comme s’il avait kidnappé la province toute entière. Un autre sobriquet apparaît : « Monsieur Dix pour cent », soit la part qu’aurait l’habitude d’empocher Ace Magashule sur chaque contrat public. « Je n’ai jamais pris un centime du gouvernement », se défend-il aujourd’hui.

Ces fuites dans les finances publiques fragilisent la province. « Il l’a mise à terre, fulmine le politologue André Duvenhage, qui en est originaire. Il est responsable de la corruption endémique et de la destruction des structures gouvernementales locales. Il ne reste plus grand chose de fonctionnel dans le Free State aujourd’hui », déplore ce professeur. Un bilan contesté par Ace Magashule. « Avez-vous déjà entendu les communautés se plaindre durant nos mandats ? » répond-t-il aux journalistes qui le cuisinent.

Un populiste de terrain

L’enfant de Tumahole renvoie toujours au peuple quand il est malmené. « Vous les médias, vous ne me connaissez pas. Allez voir sur le terrain, allez voir les masses, allez dans les églises », intime-t-il aux journalistes, à qui il aime faire la leçon. L’homme est quelque peu impressionnant. Le crâne rasé, l’allure stricte avec des lunettes aux montures rectangulaires et les sourcils qui froncent comme s’il vous grondait. Rien ne brille dans sa garde robe. « Je ne suis qu’un simple et modeste leader », assure-t-il.

Populiste, Ace Magashule sait mieux que personne se servir de la base. Son pouvoir vient des branches de l’ANC, les déclinaisons locales du parti présidentiel. « Si vous contrôlez suffisamment de branches, vous contrôlez une région. Si vous contrôlez assez de régions, vous contrôlez une province. Et si vous contrôlez une province, vous pouvez vous asseoir à la table des grands », relate Pieter-Louis Myburgh. Cette stratégie inspire une comparaison à André Duvenhage. « C’est un homme de terrain comme Zuma et contrairement à Cyril Ramaphosa ou à l’ancien président Thabo Mbeki, qui sont des politiciens de l’élite », analyse-t-il.

ACE MAGASHULE ET JACOB ZUMA SE SONT FAIT LA COURTE-ÉCHELLE POUR ATTEINDRE LE SOMMET DU POUVOIR

Alignés stratégiquement, Ace Magashule et Jacob Zuma et se font la courte-échelle pour atteindre le sommet du pouvoir à la fin des années 2000. Sous l’influence du premier, le Free State soutient la candidature du second pour la présidentielle. Après son élection, Zuma renvoie l’ascenseur à Magashule et lui offre la direction du Free State. Ace intègre alors la « Premier league », une alliance de premiers ministres soutenant le président.

Théorie du complot

La chute de Zuma en 2018, plombé par les affaires de corruption, fait office de paratonnerre. Épargné par la foudre du scandale, Magashule parvient à se hisser au poste de secrétaire général de l’ANC lors du congrès qui voit Cyril Ramaphosa devenir président du parti. D’un côté, Ramaphosa est élu sur la promesse d’une aube nouvelle débarrassée de la corruption. De l’autre, Magashule, un Zuma boy controversé, représente une faction rivale. La cohabitation fera long feu.À LIREAfrique du Sud : entre Zuma et Ramaphosa, le duel qui fragilise l’ANC

La mise en examen de ce dernier, le 10 novembre 2020, pour corruption, offre un angle d’attaque à ses opposants. En fouillant dans les textes du parti, les caciques de l’ANC déterrent une résolution qui sommeillait en bas de page. « Dirigeants et membres de l’ANC soupçonnés de corruption doivent se mettre en retrait du parti jusqu’à ce que leur nom soit lavé », dit le texte. Magashule tente une diversion. « Pourquoi êtes-vous si pressés de faire appliquer cette résolution alors qu’il y en a tant d’autres qui le sont pas ? »,  improvise-t-il lors d’une interview télévisée. Des atermoiements qui se concluent par son exclusion temporaire prononcée par courrier le 3 mai 2021.

En guise de baroud d’honneur, Ace Magashule contre-attaque avec du papier à lettre et suspend à son tour Cyril Ramaphosa en qualité de président de l’ANC. Un coup d’épée dans l’eau qui illustre la détermination du secrétaire général à défendre son siège et à défier le chef de l’État. Ace engage Dali Mpofu, l’avocat de… Jacob Zuma. En vain. L’affaire échoue devant les tribunaux.

JE PEUX VOUS ASSURER QU’IL VA REPARTIR AU COMBAT, IL N’A PAS PERDU TOUT ESPOIR DE CONTRÔLER L’ANC

Les deux vétérans de la politique sud-africaine – 79 ans pour Zuma, bientôt 62 pour Magashule – ont prospéré ensemble avant de tomber en disgrâce sous la présidence de Cyril Ramaphosa. Aujourd’hui ils se serrent les coudes et propagent la même théorie d’une conspiration. « Il est évident que l’objectif est de nous affaiblir, nous, la base de l’ANC. On connaît leur agenda : ils veulent nous éliminer. On a peur de boire un verre d’eau ou un thé de nos jours », affirmait Magashule le soir du 13 novembre 2020.

Malgré sa mise à l’écart du parti, Ace Magashule continue d’appeler à voter ANC pour les élections locales du 1er novembre. Ne surtout pas insulter l’avenir. « Je peux vous assurer qu’il va repartir au combat, il n’a pas perdu tout espoir de contrôler l’ANC », anticipe André Duvenhage. Apparaît déjà sur les affiches de ses sympathisants la date du prochain congrès de l’ANC en décembre 2022. « Je n’ai aucun doute qu’il va mobiliser. Il aura des branches derrière lui, des gens qui vont essayer d’avoir un impact sur la prochaine conférence de l’ANC. Ace applique les mêmes règles que Jacob Zuma : occuper le terrain. »

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson

Afrique du Sud : entre Zuma et Ramaphosa, le duel qui fragilise l’ANC

mai 6, 2021
L’ancien président sud-africain Jacob Zuma, le 15 octobre 2019.

Chargée d’enquêter sur les soupçons de corruption qui visent l’ancien président, la commission Zondo cristallise les divisions au sein de l’ANC. Car si le principal mis en cause refuse de témoigner, l’actuel chef de l’État, Cyril Ramaphosa, a lui été entendu, défendant l’idée d’un parti tournant la page des années Zuma.

L’image est rare : un président en exercice, non contraint, interrogé par une commission anti-corruption. « C’est ainsi que notre démocratie fonctionne », déclare Cyril Ramaphosa à ceux qui s’en étonnent. Ce mercredi 28 avril, le chef de l’État sud-africain témoigne devant la commission Zondo, qui enquête sur des soupçons de « capture d’État », autrement dit d’accaparement du pouvoir et des richesses par une minorité corrompue. Au cœur de ce faisceau d’accusations, l’ancien président, Jacob Zuma, au pouvoir de 2009 à 2018 et soupçonné d’avoir permis à la famille Gupta d’infiltrer tous les étages de l’appareil d’État. Cyril Ramaphosa sourit aux juges, plaisante et répond aimablement à des questions inoffensives. Il reconnaît l’existence d’une « ère de la capture d’État ».

Cinq mois plus tôt, même bâtiment, même fauteuil. Nous sommes le 19 novembre 2020 et c’est Jacob Zuma, chef d’État de 2009 à 2018, qui témoigne. Une courte apparition avant un coup d’éclat. Au moment de la pause café, il quitte la commission sans prévenir. Une gifle au visage de cette institution, un aller sans retour. « Je ne vais pas me soumettre à un système judiciaire injuste et oppressif », réagira Jacob Zuma via un communiqué.

Suivront toutes sortes de médiations, de mains tendues et même une menace – en cours d’examen – de condamnation à deux ans de prison pour outrage. Les efforts de Cyril Ramaphosa et des leaders du Congrès national africain (ANC) pour ramener Jacob Zuma à la raison n’ont pas eu plus d’effets. « Vous n’avez aucune sympathie pour moi […] Ces dernières années l’ANC ne m’a jamais protégé », rétorque l’intéressé lors d’une réunion de la dernière chance. Sa démission forcée, survenue le 14 février 2018 alors qu’il était cerné par les affaires de corruption, lui est restée en travers de la gorge.

Ramaphosa joue la carte anti-Zuma

Si on ne lui connaît plus d’ambitions personnelles, Jacob Zuma reste un animal politique. Avec des crocs, des griffes et des pics sur le dos. « Il a réussi à se vendre comme le politicien contre lequel vous risquez une guerre perpétuelle si vous osez le défier », résume Ongama Mtimka, politologue à l’université Nelson Mandela de Port Elizabeth. Ses attaques contre la commission Zondo sont accueillies avec bienveillance par une frange du parti. « Les débats de cette nature sont toujours bons pour la démocratie », salue Ayanda Dlodlo, actuelle ministre de la Sécurité d’État. Celle qui a servi sous les deux présidents partage les réticences de Zuma vis-à-vis de la commission Zondo : « Je ne suis pas ceux qui la voient comme sacro-sainte », dit-elle avec diplomatie.

« LA COMMISSION ZONDO EST UTILISÉE À DES FINS POLITIQUES ET LE PRÉSIDENT EN PROFITE POUR PRENDRE SA REVANCHE SUR SES OPPOSANTS

Cette imbrication du judiciaire et du politique dérange une partie de l’ANC. « De manière très simplifiée, vous avez une aile qui pense que le pouvoir politique ne doit pas être entravé. C’est le camp du secrétaire général du parti, Ace Magashule, et de l’ancien président, Jacob Zuma. Et vous avez l’autre camp, qui n’est pas sans reproches, mais qui au moins continue à croire que l’état de droit et la Constitution sont importants et que le pouvoir doit avoir des garde-fous », schématise Ongama Mtimka.

Ces divisions ne sont pas seulement exposées par la commission Zondo, elle sont aussi exploitées par Cyril Ramaphosa. Devant le juge Zondo, il joue la carte anti-Zuma. « Nous sommes fiers d’avoir une justice solide et indépendante », insiste-t-il. Protégé par son statut de président en exercice, il n’a pas été mis sous pression lors de son témoignage, en dépit du fait qu’il a été le vice-président de Zuma (de 2014 à 2018). « Ils l’ont laissé livrer sa version des faits et il est resté très vague sur de nombreux sujets », observe André Duvenhage, politologue à la North West University. La commission l’a traité « avec déférence » et « elle a pris des gants », raille Carl Niehaus, membre de l’ANC et proche de Zuma.

Redonner confiance aux militants

Reconnaissant les errements de son parti sans en endosser la responsabilité, Cyril Ramaphosa promet de faire « en sorte que les excès du passé ne se reproduisent pas dans notre pays ». « [La commission Zondo] est utilisée à des fins politiques et Ramaphosa en profite pour prendre sa revanche sur ses opposants », analyse André Duvenhage. Sur Twitter, l’ancien leader démocrate Simon Grindrod exprime un sentiment largement partagé : « La commission n’est rien de moins qu’un exercice de communication pour dépeindre les anciens cadres comme corrompus et l’actuelle direction comme angélique. »

LES MILITANTS ONT PERDU CONFIANCE DANS LEUR PARTI À CAUSE DES SOUPÇONS DE CORRUPTION »

L’opération mains propres vise à redonner confiance aux militants. La base électorale de l’ANC s’érode doucement mais sûrement. Lors des élections locales de 2016, le parti a enregistré ses pires résultats électoraux depuis sa prise de pouvoir en 1994. Pretoria et Johannesburg sont tombées aux mains de l’opposition. « Leurs propres militants sont restés éloignés des bureaux de vote », rappelle Ebrahim Fakir, politologue au Auwal Socio-Economic Research Institute (ASRI) à Johannesburg. Certes, l’ANC reste le parti majoritaire, mais « les militants ont perdu confiance dans leur parti à cause des soupçons de corruption« , ajoute le politologue.

Pour regagner en crédibilité, le Comité national exécutif du parti a activé une « résolution de mise à l’écart ». Tout membre de l’ANC inculpé dans une affaire grave doit se mettre en retrait. Les personnes visées bénéficient d’un délai de 30 jours pour plaider leur cause. Passé cet ultimatum, ils seront exclus. Premier concerné, le secrétaire général de l’ANC. En poste depuis 2017, Ace Magashule est inculpé pour fraude et détournement dans une affaire de contrat public de désamiantage et il s’est bien gardé de démissionner avant l’expiration de l’ultimatum.

Les instances de l’ANC auront mis plusieurs jours avant de décider d’une sanction à l’encontre de l’un de ses membres les plus puissants (il a finalement été suspendu le 5 mai). Auparavant, Jacob Zuma, son mentor, l’avait d’ailleurs récemment reçu dans sa résidence, tout comme l’ancien président Thabo Mbeki. « Le fait que sa mise à l’écart ait été retardée montre qu’il y a des gens qui sont prêts à l’écouter malgré le risque de chaos au sein du parti. La réalité, c’est qu’il a des soutiens », relève le politologue Ebrahim Fakir.

Menaces de scissions et coups bas

« Aujourd’hui, la plus forte opposition au président Ramaphosa vient du clan Magashule », poursuit André Duvenhage. Même suspendu, le secrétaire général représente une faction officieuse qui a pris le nom de RET pour « Réforme radicale de l’économie » (un engagement politique inscrit dans le programme de l’ANC) et qui accuse le chef de l’État d’être trop modéré face aux grands patrons du capitalisme blanc.

« C’est normal d’avoir différents camps au sein d’un parti. Mais le problème de l’ANC, c’est que ces dissensions ont pris tellement d’ampleur que les agendas politiques de chacun prennent le pas sur l’unité du parti », diagnostique Ongama Mtimka.

Cyril Ramaphosa conserve une majorité de soutiens au sein de l’ANC. « Suffisamment en tout cas pour que lui et ses alliés puissent faire évoluer positivement le parti », veut croire Ongama Mtimka. Le chef de l’État reste néanmoins exposé aux coups bas et aux conspirations. Mal élu, avec seulement 51,8% des voix lors du scrutin pour la présidence de l’ANC en 2017, il demeure vulnérable. Sa stratégie de normalisation sera évaluée dès le 27 octobre prochain lors des élections municipales.

Avec Romain Chanson

Afrique du Sud: Décès de la plus jeune fille de Nelson Mandela, militante anti-apartheid

juillet 13, 2020

 

Le président sud-africain a rendu hommage à «une courageuse militante politique», qui a notamment participé à la branche armée du Congrès national africain

Zindzi Mandela, la plus jeune fille du premier président noir sud-africain Nelson Mandela, engagée dans la lutte contre l’apartheid, est décédée ce lundi 13 juillet, à l’âge de 59 ans, dans un hôpital de Johannesburg, a-t-on appris de sources officielles. Les causes de son décès n’ont pas été précisées.

Dans un communiqué, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a présenté ses «condoléances les plus sincères à la famille Mandela», se disant «profondément attristé par la mort de (…) Zindziswa « Zindzi » Nobutho Mandela». Le chef de l’État a rendu hommage à «une courageuse militante politique», qui a notamment participé à la branche armée du Congrès national africain (ANC), fer de lance de la lutte contre le régime de l’apartheid, officiellement tombé en 1994.

«Zindzi Mandela était très connue dans le pays et dans le monde. Pendant nos années de combat, elle a fait prendre conscience de l’inhumanité du système de l’apartheid et de la détermination inébranlable de notre combat pour la liberté», a expliqué Cyril Ramaphosa, membre de l’ANC, le parti au pouvoir depuis 1994.

En 1985, devant des dizaines de milliers de personnes réunies dans un stade du township de Soweto, haut lieu de la résistance au régime raciste, la jeune Zindzi avait lu un discours de son père, alors en prison, dans lequel il rejetait la proposition du président de l’époque PW Botha de le libérer sous condition.

«L’humanité et la ténacité de la bataille contre l’apartheid»

Zindzi Mandela était la plus jeune fille de Nelson Mandela, prix Nobel de la paix et premier président sud-africain noir (1994-1999), et de Winnie Madikizela-Mandela, égérie populaire mais controversée de la lutte contre l’apartheid. Avec la mort de Zindzi Mandela, l’Afrique du Sud perd «ceux que beaucoup considèrent comme une enfant de la nation», a estimé l’ancien archevêque Desmond Tutu, prix Nobel de la paix et ami proche de Nelson Mandela.

«Pendant les 27 ans que Nelson Mandela a passés en prison (1963-1990), sa famille – son épouse Winnie Mandela et leurs filles Zindzi et Zenani – ont joué un rôle essentiel pour incarner l’humanité et la ténacité de la bataille contre l’apartheid», a ajouté Desmond Tutu dans un communiqué publié par sa fondation.

Zindzi Mandela avait été nommée en 2015 ambassadrice de l’Afrique du Sud au Danemark et devait prochainement prendre ses fonctions d’ambassadrice au Liberia. Nelson Mandela, qui a été marié à trois reprises, a eu six enfants, dont quatre sont aujourd’hui décédés, notamment Thembekile, tué dans un accident de la circulation en 1969, cinquante et un ans jour pour jour après Zindzi.

Par Le Figaro avec AFP

Togo : l’ANC met de l’ordre dans ses rangs avant la présidentielle de 2020

septembre 18, 2019

Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) lors de la campagne électorale de 2015. © Erick Kaglan/AP/SIPA

 

L’Alliance nationale pour le changement (ANC) accuse certains de ses conseillers municipaux d’avoir accordé des voix à des candidats du parti UNIR au pouvoir, lors des élections des maires. Une manière de réaffirmer son hégémonie à quelques mois de la présidentielle de 2020.

Des conseillers municipaux « ont manqué à leurs obligations », peut-on lire dans un communiqué de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), publié dimanche. Nouvellement élus, des responsables du parti d’opposition, notamment dans les communes de Golfe 3 et Amou 2, « auraient, en dehors de leurs aires de compétence et sans aucun mandat à cet effet, pris des décisions contraires aux instructions du parti et à ses intérêts ».

La formation politique accuse ses élus d’avoir accordé des voix à des candidats de l’Union pour la République (UNIR), le parti au pouvoir, lors des élections des maires, entre le 13 et le 15 septembre. « Ils ont décidé de voter UNIR sans consulter le parti, explique à Jeune Afrique une source au sein du parti. La discipline doit être de rigueur au sein d’une formation politique et la ligne de conduite qui a été fixée doit être respectée ».

Pour « vérifier les faits », « identifier les personnes concernées » et proposer, le cas échéant, des « sanctions disciplinaires », un comité compétent sera mis en place. Ce dernier devrait se réunir « dans les jours à venir et les textes du parti feront foi », précise notre source.

Justement, l’article 41 du statut du parti prévoit que les élus locaux de l’ANC doivent respecter « en toutes circonstances la ligne politique et les directives du parti ». En cas d’infraction à cette règle, « les dispositions relatives à la discipline et aux sanctions prévues par les statuts et le règlement intérieur du Parti leur sont applicables ». Les sanctions peuvent aller du simple avertissement à l’exclusion.

Stratégie de communication

C’est la première fois que le parti de Jean-Pierre Fabre, créé en 2010, annonce ouvertement des sanctions à l’encontre de certains de ses membres. Pour le politologue Mohamed Madi Djabakaté, l’ANC réaffirme ainsi son « hégémonie » depuis que le Parti national panafricain (PNP) de Tikpi Salifou Atchadam est venu bouleverser la scène politique togolaise.

« C’est une stratégie de communication à quelques mois de la prochaine élection présidentielle, affirme le spécialiste. C’est aussi une réponse aux autres partis qui accusent l’ANC d’être en alliance avec le parti au pouvoir ».

Redistribution des cartes 

« La participation de toutes les formations politiques aux municipales a permis de redistribuer ou de redéfinir les cartes de l’influence au sein de l’opposition », analyse Mohamed Madi Djabakaté.

L’ANC, qui ne dispose d’aucun député à l’Assemblée nationale, est arrivée en deuxième position (138 élus locaux) à l’issue des élections municipales lors desquelles les Togolais étaient appelés à élire leurs conseillers municipaux, fin juin, derrière UNIR, devenant, de facto, la première force politique de l’opposition.

Ex-chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre a d’ailleurs été élu maire de la quatrième commune du Grand Lomé, Golfe 4. Dans la capitale togolaise, son parti a remporté trois autres municipalités, contre sept pour UNIR. Une ascension qui pourrait se confirmer lors de l’élection présidentielle de 2020, à l’issue de laquelle le parti espère réaliser l’alternance.

Jeuneafrique.com par Charles Djade

Afrique du Sud: Zuma continue à résister à l’ANC

février 14, 2018

Jacob Zuma, président sud-africain, le 08 août 2017, devant le parlement du pays, au Cap / © AFP/Archives / PIETER BAUERMEISTER

Le président sud-africain Jacob Zuma a refusé mercredi de dire s’il accepterait ou pas de démissionner, ainsi que le lui a ordonné son parti le Congrès national africain (ANC), et il a renvoyé l’annonce de sa décision à une déclaration solennelle plus tard dans la journée.

Lors d’un entretien à bâtons rompus diffusé en direct par la télévision publique SABC, M. Zuma est sorti du silence qu’il observe depuis son « rappel » par l’ANC pour défendre son refus de quitter sur le champ le pouvoir.

« C’est très injuste que ce sujet soit soulevé en permanence », a estimé le chef de l’Etat, « je n’ai rien fait de mal (…), je suis en désaccord avec la décision » du parti.

Mais il a refusé de préciser ses intentions. « Je vais faire une déclaration aujourd’hui sur le sujet, c’est important que je la fasse », s’est-il contenté d’indiquer.

Après des semaines de vaines tractations qui ont plongé le pays dans une crise politique majeure, la direction de l’ANC a ordonné mardi au chef de l’Etat, éclaboussé par de multiples affaires de corruption, de quitter immédiatement ses fonctions.

Deux heures avant l’entretien de M. Zuma, l’ANC, lassé d’attendre le bon vouloir du président, a pris les devants en annonçant qu’il voterait jeudi au Parlement une motion de défiance contre le chef de l’Etat.

« On procède avec la motion de défiance demain (jeudi) pour que le président Jacob Zuma soit démis de ses fonctions », a annoncé le trésorier du parti, Paul Mashatile, à l’issue d’une réunion à huis clos de son groupe parlementaire au Cap.

« La direction de l’ANC ne peut pas attendre au-delà d’aujourd’hui », a ajouté M. Mashatile.

– Refus –

Si la motion est adoptée – ce qui fait peu de doute -, M. Zuma n’aura alors pas d’autre choix que de se retirer, ce qu’il a concédé mercredi. « Si le parlement dit qu’il ne me veut pas, je partirai », a-t-il déclaré.

L’ANC est déterminé à aller très vite. Le parlement devrait élire « d’ici vendredi » le nouveau chef de l’ANC et actuel vice-président du pays, Cyril Ramaphosa, au poste de président de la République, a précisé Paul Mashatile.

Depuis son arrivée à la tête du parti en décembre, M. Ramaphosa tente en vain d’obtenir au plus vite une sortie en douceur du chef de l’Etat, afin d’éviter une catastrophe électorale en 2019.

Mais M. Zuma, dont le mandat expire normalement l’année prochaine, n’a aucune obligation juridique de se soumettre à l’ordre de son parti de démissionner.

Depuis des semaines, il a systématiquement balayé d’un revers de main l’idée d’une sortie de scène rapide. Lundi soir encore, il a opposé une fin de non-recevoir très sèche à Cyril Ramaphosa, venu personnellement le prier de se démettre.

Lors de son entretien télévisé à la SABC mercredi, Jacob Zuma a longuement justifié sa position.

Avec force détails, il a expliqué être convenu avec M. Ramaphosa de partir en douceur « après le mois de juin », mais que la nouvelle direction du parti lui avait assuré qu’une frange du parti refusait cet accord et qu’il devait partir plus tôt.

– ‘Histoire ancienne’ –

« Je leur ai dit +je ne suis pas d’accord avec votre approche (…). Si vous voulez me rappeler, rappelez-moi+ », a-t-il raconté, « je trouve très étrange que mon parti me dise de partir parce qu’il y a un nouveau président à l’ANC, cette règle n’existe pas ».

Lui aussi sommé en 2008 par l’ANC de rendre son tablier, le président Thabo Mbeki avait obtempéré sans rechigner.

L’opposition, qui exige depuis des années le départ de Jacob Zuma, s’est réjoui qu’une motion de défiance ait été inscrite à l’ordre du jour du Parlement dès jeudi.

« A partir de demain, Jacob Zuma sera de l’histoire ancienne », a déclaré à l’AFP Floyd Shivambu, le chef du groupe parlementaire des Combattants pour la liberté économique (EFF).

« Je suis sûr que nous tous élus seront d’accord pour mettre un terme à la présidence Zuma (…) qui s’est soldée par un désastre pour tout le pays », a-t-il ajouté. « J’espère que ce vote sera la première décision unanime du Parlement depuis 1994 ».

Coïncidence ou non, la police a perquisitionné mercredi le domicile à Johannesburg de la sulfureuse famille Gupta, au coeur de la plupart des scandales qui impliquent le président.

L’opération a été menée dans le cadre des enquêtes sur la « capture de l’Etat », c’est-à-dire les soupçons de trafic d’influence et de détournements de fonds publics reprochés à la fratrie d’hommes d’affaires proches du chef de l’Etat.

Trois personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette opération, a indiqué l’unité d’élite de la police sud-africaine (Hawks).

Romandie.com avec(©AFP / 14 février 2018 15h27)                

Afrique du Sud: l’ANC exige la démission de Zuma, la balle est dans son camp

février 13, 2018

Le président sud-africain Jacob Zuma à Davos le 27 janvier 2011 / © AFP/Archives / Johannes EISELE

Le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a ordonné mardi au président Jacob Zuma de démissionner et attend sa réponse, avec l’espoir qu’elle mette enfin un point final à la crise politique qui paralyse le pays.

Depuis son arrivée à la tête de l’ANC en décembre, Cyril Ramaphosa cherche à pousser vers la sortie Jacob Zuma, mis en cause dans de nombreuses affaires de corruption, afin d’éviter une catastrophe aux élections générales de 2019.

L’ancien homme d’affaires a d’abord choisi la manière douce et négocié directement avec le président. Mais ces tractations ont échoué, et devant la frustration de l’opposition, de l’opinion publique et de membres de son parti, il est passé à l’offensive en convoquant lundi l’organe le plus puissant du parti.

Au terme de discussions-marathon, le Comité national exécutif (NEC) de l’ANC a « rappelé » mardi avant l’aube le président, a annoncé le secrétaire général du parti, Ace Magashule.

« Nous ne lui avons donné aucune date butoir » mais « je sais que le président va répondre demain », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à Johannesburg.

Le chef de l’Etat, muet depuis plusieurs jours, n’a pas encore communiqué officiellement sa position.

En théorie, c’est donc la fin pour Jacob Zuma. Mais le président, réputé retors, n’a aucune obligation constitutionnelle de se soumettre à la décision du NEC.

S’il refuse d’obtempérer, l’ANC n’aura pas d’autre choix – à moins de se renier – que de lui forcer la main et déposer une motion de défiance au Parlement.

– ‘Arrogant’ –

Les discussions du NEC se sont éternisées, laissant planer un temps le doute sur leur issue. En plein milieu de la nuit, la réunion a été interrompue le temps pour Cyril Ramaphosa d’aller à la résidence officielle du président pour lui proposer, une dernière fois, une sortie digne: la démission.

Inflexible, Jacob Zuma a encore joué les prolongations. « Il racontait n’importe quoi, il voulait rester au pouvoir jusqu’en août », a raconté à l’AFP un membre du NEC. « On s’est dit qu’il voulait encore trois mois pour piller » le pays, a-t-il ajouté sous couvert de l’anonymat.

Le président « était très arrogant », a expliqué un autre membre du NEC cité par l’hebdomadaire Mail & Guardian.

Cyril Ramaphosa lui a dit « de démissionner dans les 48 heures, sinon l’ANC déposerait une motion de défiance d’ici jeudi », a ajouté ce responsable du parti.

L’ANC, tout puissant en l’absence de scrutin présidentiel au suffrage universel direct, n’a donc eu d’autre choix que d’exiger de Jacob Zuma qu’il quitte le pouvoir.

– ‘Arrêt de mort’ –

L’opposition, qui réclame depuis des années le départ du président n’a pas crié victoire mardi.

« Zuma peut tout bonnement ignorer » l’ordre de l’ANC, a relevé l’Alliance démocratique (DA), qui a appelé à voter le 22 février en faveur d’une motion de défiance.

Pour la Cosatu, alliée de la coalition gouvernementale, l’ANC, qui a été « humiliée » par Jacob Zuma, devrait aller plus loin et faire tomber le président au Parlement. « Le temps est venu pour l’ANC de mettre fin à ce théâtre politique pathétique », a estimé la centrale syndicale.

En rappelant M. Zuma, l’ANC « a de toute façon signé l’arrêt de mort » du président, a relevé Ben Payton, analyste au cabinet Maplecroft. « Il n’a pas d’échappatoire possible. Au final, peu importe s’il démissionne ou pas » puisque s’il refuse de le faire, « il est certain de perdre une motion de défiance ».

« Il y a unanimité à l’ANC, donc les jeux sont faits », a aussi estimé le membre du NEC interrogé par l’AFP.

Le parti est « décidé à mettre un point final à la crise avant la présentation du budget » le 21 février, a pur sa part affirmé l’analyste politique Dirk Kotze.

Jacob Zuma est éclaboussé par une série de scandales qui ternissent l’image de son parti, au pouvoir depuis la fin de l’apartheid en 1994.

Il a été reconnu coupable de violation de la Constitution, il est menacé d’inculpation dans une vieille affaire de pots-de-vins et son nom est intimement associé à celui de la sulfureuse famille d’hommes d’affaires Gupta, au coeur d’autres dossiers de détournements de fonds ou de trafic d’influence.

« Nous sommes déterminés à restaurer l’intégrité des institutions publiques », a insisté mardi Ace Magashule.

Si Jacob Zuma démissionne, il sera remplacé par le vice-président Cyril Ramaphosa, a confirmé l’ANC. Dans le cas d’un vote de défiance, la présidente du Parlement assurerait l’intérim jusqu’à l’élection par les députés de Cyril Ramaphosa, dans un délai de trente jours.

Romandie.com avec(©AFP / 13 février 2018 23h58)                

Afrique du Sud: l’ANC réunie pour « finaliser » le départ de Zuma

février 12, 2018

Le président sud-africain Jacob Zuma lors d’un sommet panafricain le 28 janvier 2018 à Addis Abeba / © AFP/Archives / SIMON MAINA

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), doit « finaliser » lundi, selon son chef Cyril Ramaphosa, la question du départ anticipé du président Jacob Zuma, sous la pression de l’opposition qui a réclamé la dissolution du Parlement.

MM. Zuma et Ramaphosa ont engagé la semaine dernière des tractations directes pour tenter de sortir de la crise mais, à ce jour, elles semblaient n’avoir accouché d’aucun progrès.

Les 107 membres de la plus haute instance de décision de l’ANC, le Conseil national exécutif (NEC), étaient réunis lundi à huis clos dans un hôtel de Pretoria pour, officiellement, faire le point des discussions.

Cette instance a le pouvoir de « rappeler » M. Zuma, comme elle l’avait fait en 2008 pour le président Thabo Mbeki.

Mais l’actuel chef de l’Etat, empêtré dans des scandales de corruption, peut toutefois refuser d’obtempérer. Dans ce cas, l’ANC pourrait déposer devant le Parlement une motion de défiance qui le contraindrait à partir.

« Nous savons que vous voulez tourner la page », a lui-même concédé dimanche M. Ramaphosa lors d’un discours prononcé à l’occasion des 100 ans de la naissance de Nelson Mandela, le père de la nation « arc-en-ciel ».

« C’est le souhait de notre peuple de finaliser tout ça et c’est précisément ce que le NEC va faire », a promis celui qui succéderait à M. Zuma en cas de démission du président.

Impatiente, l’opposition, qui demande depuis des années le départ de M. Zuma, est allé plus loin: elle a exigé lundi la dissolution du Parlement et la tenue d’élections anticipées.

« Il est important que le Parlement soit dissout et que nous repartions de zéro », a déclaré lundi lors d’une conférence de l’opposition Kenneth Meshoe, chef du Parti démocratique chrétien africain (ACDP).

« Parce que s’il est remplacé par son vice-président Cyril Ramaphosa, le même groupe de personnes qui défendent et protègent la corruption seront au pouvoir », a-t-il justifié.

L’opposition a aussi réclamé que soit avancée une motion de défiance, inscrite à l’ordre du jour du parlement pour le 22 février.

– Dernier carré –

« La pression est telle que la direction de l’ANC se doit de prendre une décision », a estimé l’analyste Somadoda Fikeni sur la chaîne d’information eNCA.

« Si elle ne le fait pas, elle va céder l’initiative à ses alliés, à certaines factions de l’ANC, à l’opposition et à la société civile, qui seront créditées d’avoir poussé le président vers la sortie. »

Mais M. Ramaphosa se heurte à deux obstacles de taille pour obtenir le départ anticipé du président, dont le second mandat expire en 2019: l’obstination du chef de l’Etat, qui s’accroche au pouvoir, et les divisions de l’ANC.

Le 4 février, M. Zuma a exclu de démissionner, malgré l’appel pressant de la direction de son parti.

Dans les négociations en cours, il tenterait d’obtenir l’immunité pour les nombreuses affaires de corruption dans lesquelles il est impliqué, ainsi qu’à obtenir la prise en charge de ses frais de justice, ont rapporté les médias locaux.

Dimanche, M. Ramaphosa a toutefois exclu tout passe-droit pour le président, rappelant que « ceux qui sont corrompus et ont volé l’argent des pauvres seront jugés ».

Le patron de l’ANC a cependant reconnu que son parti émergeait d’une période de « désunion et de discorde ».

Même si la fin de son règne semblait proche, le président Zuma reste soutenu par un carré de fidèles.

« Ils ont atteint le pic de leur carrière politique, certains sont visés par des plaintes (…), ils sont animés par leur seul instinct de survie », a résumé Somadoda Fikeni.

L’autorité du président Zuma a commencé à vaciller depuis l’élection en décembre de M. Ramaphosa qui lui a succédé à la tête de l’ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud depuis l’avènement de la démocratie en 1994.

Mais l’actuel vice-président n’a toujours pas réussi à écarter l’actuel président, condition à ses yeux incontournable pour redorer le blason du parti avant les élections générales de 2019.

Le blocage actuel a commencé à ternir la réputation de M. Ramaphosa, dont l’autorité est déjà mise en cause.

« Zuma détient toujours le pouvoir », a égratigné lundi le chef de l’opposition, Mmusi Maimane. « Le fait qu’il (Ramaphosa) qu’il veuille toujours négocier une amnistie avec Zuma montre qu’il existe un appétit pour la corruption au sein de l’ANC », a déploré M. Maimane dans un entretien à l’AFP.

Romandie.com avec(©AFP / 12 février 2018 16h42)