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Afrique du Sud: Zuma quitte la tête de l’ANC en déplorant son déclin

décembre 16, 2017

Le président sud-africain Jacob Zuma a conclu samedi son règne très controversé de dix ans à la tête du Congrès national africain (ANC) en déplorant le déclin et les divisions du parti au pouvoir depuis 1994, qui s’apprête à choisir son successeur. / © AFP / WIKUS DE WET

Le très controversé président sud-africain Jacob Zuma a ouvert samedi la réunion du Congrès national africain (ANC) qui doit élire son successeur en déplorant les divisions et le déclin de son parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid en 1994.

Devant des milliers de délégués réunis à Johannesburg, M. Zuma a prononcé son dernier discours de chef de l’ANC sur un constat d’échec, concédant que la population n’était pas « satisfaite » de ses résultats sur « la corruption, la criminalité et l’emploi ».

« Notre échec à régler les problèmes a commencé à peser sur notre mouvement », a-t-il ajouté, « notre peuple est frustré quand nous perdons du temps à nous quereller entre nous plutôt que de résoudre les défis quotidiens auxquels il est confronté ».

S’il quitte la direction du parti qu’il occupe depuis 2007, M. Zuma doit rester président de l’Afrique du Sud jusqu’aux élections générales prévues dans deux ans.

Au terme de plusieurs mois d’une campagne très serrée qui a déchiré le parti, la course à sa succession a pris les allures d’un duel au couteau entre l’actuel vice-président Cyril Ramaphosa et l’ex-épouse du chef de l’Etat, Nkosazana Dlamini Zuma.

Le vainqueur – qui devrait être désigné dimanche – se retrouvera en bonne position pour devenir le prochain chef de l’Etat.

L’ANC domine la vie politique sud-africaine depuis la chute de l’apartheid et l’arrivée au pouvoir de Nelson Mandela à l’issue des premières élections libres de l’histoire du pays en 1994.

Mais il est aujourd’hui en sérieuse perte de vitesse, affaibli par une crise économique persistante caractérisée par un taux de chômage record de plus de 27% et les multiples accusations de corruption qui visent Jacob Zuma.

– ‘Désastreux’ –

La frustration de millions de Sud-Africains noirs – laissés pour compte de la nation « arc-en-ciel » – est telle que l’ANC pourrait perdre en 2019 sa majorité absolue.

Le parti a subi l’an dernier un revers électoral retentissant en perdant le contrôle de villes telles que Johannesburg et Pretoria.

A 65 ans, Cyril Ramaphosa, ancien syndicaliste reconverti en richissime homme d’affaires, est soutenu par l’aile modérée du parti et très apprécié des marchés. Pendant sa campagne, il a promis de relancer l’économie et violemment dénoncé la corruption du clan Zuma.

« Son héritage est désastreux », a déclaré à l’AFP Tefu Velaphi, 38 ans, un militant de la province du Gauteng (Johannesburg et Pretoria). « Il ne s’intéresse qu’à lui et à ses amis », a-t-il ajouté. « Lorsque Cyril sera élu, le pays va se remettre au travail ».

Face à lui, l’ancienne ministre et patronne de l’Union africaine (UA) Nkosazana Dlamini Zuma, 68 ans, insiste sur la « transformation radicale de l’économie » au profit de la majorité noire, un thème très cher à Jacob Zuma.

« Elle peut unir notre organisation », a plaidé auprès de l’AFP Nojiyeza Mthokozisi, « elle peut relancer notre mouvement qui s’est fait spolier par le monopole des Blancs ».

Les adversaires de Mme Dlamini Zuma l’accusent d’être une « marionnette » de son ex-époux et la soupçonnent de lui avoir promis l’immunité judiciaire.

– Fraudes –

Lors de son intervention rarement applaudie, M. Zuma s’en est pris à tous ceux qui dénoncent violemment depuis des mois la corruption de son gouvernement, notamment les juges, les médias ou la société civile.

Mais il s’est gardé de prendre ouvertement parti pour l’un ou l’autre des candidats à sa succession et a appelé ses différentes tendances à rester « unies comme un roc ».

« J’ai fait de mon mieux », a-t-il plaidé avant de quitter la tribune, « je suis convaincu que l’ANC va traverser les courants et les tempêtes pour en ressortir encore plus puissant ».

Son intervention a été diversemment apprécié par les militants.

« C’était un très bon discours centré sur l’unité du parti », s’est réhjoui l’un d’eux, Isaac Tshukudu. « Il n’a pas caché les problèmes mais il n’a rien dit de la corruption dans le secteur public, il n’a évoqué que celle du secteur privé », a regretté Griffiths Mzizi.

Les quelque 5.200 délégués réunis à Johannesburg devaient entamer samedi soir les opérations de vote, pour des résultats espérés par les plus optimistes dès dimanche matin.

Depuis des jours, les rumeurs de fraude vont bon train. « C’est un secret de polichinelle que les votes peuvent être achetés », a expliqué à l’AFP Amanda Gows, professeur de sciences politiques à l’université de Stellenbosch.

Selon de nombreux experts, les positions très éloignées des deux camps laissent planer un risque réel d’éclatement du parti.

L’issue du scrutin risque de peser sur la suite de son mandat de chef de l’Etat.

Si Cyril Ramaphosa devient le nouveau dirigeant du parti et ses proches décrochent des postes-clés, « cela lui donnerait les voix nécessaires pour remplacer Zuma » avant la fin de son mandat présidentiel, avance Ben Payton, analyste chez Risk Consultants.

Romandie.com avec(©AFP / 16 décembre 2017 18h35)                

Winnie Mandela: « La corruption est le maillon faible de l’ANC »

septembre 17, 2017
Winnie Mandela, ex-épouse de Nelson Mandela et le président sud-africain Jacob Zuma, le 30 juin 2017 à Johannesburg. © AFP / Mujahid Safodien

L’ex-épouse de Nelson Mandela, figure de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, appelle à un « changement de leadership » à la tête du Congrès national africain (ANC) qu’elle juge affaibli par les accusations de corruption, dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique à paraître dimanche.

« La corruption, c’est le maillon faible de l’ANC », lance Winnie Mandela, dans une pique directe au président du pays et du parti, Jacob Zuma, mis en cause dans une série de scandales et qui doit normalement se retirer en 2019 à l’issue de son second mandat de cinq ans à la tête du pays.

« Il est plus que temps de changer de leadership si nous voulons continuer à gouverner ce pays. L’ANC a besoin de sang nouveau pour mener l’Afrique du Sud sur le chemin de la liberté », estime cette militante de 80 ans, harcelée et emprisonnée à plusieurs reprises entre 1960 et 1990.

Au pouvoir depuis la chute officielle de l’apartheid en 1994, l’ANC est affaibli par le ralentissement de l’économie sud-africaine et les divisions autour de la succession de Jacob Zuma.

Le parti de feu Nelson Mandela a essuyé un cinglant revers lors des élections locales de 2016, où il a dû céder à l’opposition le contrôle de plusieurs municipalités emblématiques, comme Johannesburg et Pretoria.

Mme Mandela ne se prononce pas sur son candidat favori à la direction du parti, qui doit élire son nouveau chef en décembre. Deux font actuellement la course en tête : l’actuel vice-président Cyril Ramaphosa, chef des frondeurs anti-Zuma, et Nkosazana Dlamini-Zuma, l’ancienne dirigeante de l’Union africaine (UA), qui a le soutien du chef de l’Etat, son ex-mari.

Mais elle estime vivre « l’une des périodes les plus sombres de l’histoire de notre parti. L’ANC n’est pas parvenu à réussir sa mue, du mouvement de libération qu’il fut, avec tous ses rêves, en parti de gouvernement ».

« Très peu de gens ont réellement profité de la libération de ce pays : 53% des jeunes sont au chômage, un tiers de la population vit au niveau ou au-dessous du seuil de pauvreté », déplore-t-elle, en appelant à un « changement radical » à la tête du pays.

Pour l’ex-épouse de Nelson Mandela, connue pour ne pas mâcher ses mots, la nation Arc-en-ciel que ce dernier appelait de ses voeux, constitue « un mythe total », « un voeu pieu ».

« La réconciliation n’a été qu’une façade », assène-t-elle. « Je vis à Soweto, un township créé par le régime d’apartheid pour parquer les Noirs. Un quart de siècle après l’abolition de l’apartheid, il n’y a toujours pas un seul Blanc à Soweto. (…) Où est le changement ? »

 Jeuneafrique.com avec AFP

Afrique du Sud: le remaniement vire à la guerre au sein de l’ANC

mars 31, 2017

 

Pravin Godhan, ex-ministre des Finances sud-africain, le 28 mars 2017, à Pretoria / © AFP/Archives / Phil MAGAKOE

La décision du président sud-africain Jacob Zuma de limoger son ministre des Finances et rival Pravin Gordhan a viré vendredi à la guerre ouverte au sein du Congrès national africain (ANC) au pouvoir, qui apparaît plus divisé que jamais.

Quelques heures à peine après l’annonce du vaste remaniement gouvernemental qui a coûté son poste au ministre, deux poids lourds du parti de l’icône Nelson Mandela sont montés au créneau pour critiquer publiquement son départ forcé.

Lui-même candidat à la succession de M. Zuma à la tête de l’ANC, le vice-président Cyril Ramaphosa l’a jugé « inacceptable ».

« J’ai fait connaître mon opinion, un certain nombre d’autres collègues et camarades ne sont pas satisfaits de cette situation, particulièrement du renvoi du ministre des Finances qui servait le pays avec honneur et excellence », a-t-il déclaré à la presse.

M. Ramaphosa a toutefois indiqué qu’il ne démissionnerait pas.

Après plusieurs jours de rumeurs et de tensions, le chef de l’Etat a annoncé dans la nuit un remaniement de grande ampleur, marqué par la nomination de dix ministres et autant de vice-ministres, pour la plupart considérés comme des fidèles.

Avant lui, le secrétaire général de l’ANC Gwede Mantashe a dénoncé ni plus, ni moins qu’un coup de force du président.

Le président sud-africain Jacob Zuma, le 9 février 2017 au Cap / © POOL/AFP/Archives / SUMAYA HISHAM

« Le président est venu avec une liste. Il a dit +vous pouvez commenter si vous voulez mais c’est ma décision+ », a rapporté M. Mantashe, « ce procédé m’a rendu nerveux et mal à l’aise ».

– « N’importe quoi » –

Pravin Gordhan a été, sans surprise, la principale victime du remaniement. Champion de la lutte contre la corruption, il était depuis des mois en conflit ouvert avec Jacob Zuma, englué dans une longue liste de scandales politico-financiers.

Lundi, le chef de l’Etat a brutalement interrompu une tournée de promotion du ministre auprès des investisseurs au Royaume-Uni, au motif qu’il salissait son image à l’étranger.

« N’importe quoi », lui a rétorqué vendredi Pravin Gordhan.

Tout en ironie et sous-entendus, il a profité d’une conférence de presse d’adieu pour adresser plusieurs piques à son ex-patron. « J’espère que de plus en plus de Sud-Africains sont déterminés à dire que notre pays n’est pas à vendre », a-t-il lancé.

Le chef de l?État a attribué le portefeuille du Trésor à un de ses fidèles, le ministre de l’Intérieur Malusi Gigaba pris en photo ici le 15 octobre 2009 à Standerton en Afrique du Sud / © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Le président Zuma est mis en cause dans plusieurs scandales de corruption qui impliquent notamment la sulfureuse famille Gupta.

Le renvoi de Pravin Gordhan a une nouvelle fois illustré les profondes fractures politiques qui déchirent l’ANC, au pouvoir depuis l’élection de Nelson Mandela en 1994.

En nette perte de vitesse depuis son revers aux élections locales de l’an dernier, le parti est écartelé entre les soutiens de Jacob Zuma, partisan d’une « transformation radicale » de l’économie en faveur de la majorité noire, et une aile plus modérée incarnée par MM. Gordhan et Cyril Ramaphosa.

Ces divergences sont exacerbées par la course engagée pour la succession de M. Zuma, qui doit quitter la présidence de l’ANC en décembre dans la perspective des élections générales de 2019.

– « Trahison » –

Le chef de l’Etat soutient son ex-épouse Nkosazana Dlamini-Zuma face à l’autre favori, Cyril Ramaphosa.

Afrique du Sud: le ministre des Finances limogé / © AFP / Jenny Goldhawk Smith, Pierre Donadieu, Julie Jammot

« Ce remaniement marque clairement la volonté de Zuma de promouvoir la candidature de son ex-femme », a commenté à l’AFP l’analyste politique Susan Booysen, de l’université Witwatersrand.

Le renvoi de Pravin Gordhan a provoqué la colère de l’opposition, qui y voit la volonté du président de renforcer son contrôle sur les finances du pays. Le portefeuille des Finances a été attribué à un proche, le ministre de l’Intérieur Malusi Gigaba.

« Les actions du président Jacob Zuma ne peuvent être considérées que comme de la trahison », a dénoncé le chef de l’Alliance démocratique (DA, opposition), Mmusi Maimane.

« Elles ne sont pas dans l’intérêt de tous les Sud-Africains et sûrement pas dans celui du bien-être de la République », a-t-jugé.

Son parti a annoncé le dépôt au Parlement d’une énième motion de défiance contre M. Zuma.

Les marchés financiers ont eux aussi sanctionné le départ de Pravin Gordhan, respecté pour avoir tenu tant bien que mal les cordons d’une économie sud-africaine endettée et qui tourne au ralenti.

Le rand sud-africain a perdu jusqu’à 2,6% par rapport au dollar dans la matinée, en baisse de plus de 7% par rapport au billet vert depuis le début de la semaine.

Fin 2016, les trois grandes agences de notation financière ont accordé un sursis à l’Afrique du Sud en ne la dégradant pas dans la catégorie des investissements spéculatifs. Mais elles ont menacé de le faire en cas de persistance de l’agitation politique.

Romandie.com avec(©AFP / 31 mars 2017 13h33)

Afrique du Sud: les funérailles de Kathrada virent au meeting anti-Zuma

mars 29, 2017

 

Le corps d’Ahmed Kathrada, héros anti-apartheid, est mis en terre dans le cimetière de Westpark, le 29 mars 2017 à Johannesburg / © AFP / MUJAHID SAFODIEN

Les funérailles du héros de la lutte anti-apartheid Ahmed Kathrada ont tourné mercredi en manifestation de défiance envers le président sud-africain Jacob Zuma, nouvel épisode des tensions qui déchirent le Congrès national africain (ANC) au pouvoir.

Chargé de prononcer l’éloge funèbre, l’ancien chef de l’Etat Kgalema Motlanthe, qui a assuré quelques mois en 2009 l’intérim entre Thabo Mbeki et Jacob Zuma, a profité de l’occasion pour livrer une charge aussi sévère qu’inattendue pour l’occasion contre son successeur, interdit de cérémonie par la famille du défunt.

 Compagnon de cellule, ami et confident de Nelson Mandela, figure historique de l’ANC, Ahmed Kathrada, décédé mardi à l’âge de 87 ans, avait publiquement pris la plume l’an dernier pour réclamer la démission de Jacob Zuma, mis en cause dans une litanie de scandales de corruption.

« Il serait déloyal de rendre hommage à la vie du camarade Kathrada et de prétendre qu’il n’était pas profondément perturbé par la faillite politique actuelle », a déclaré M. Motlanthe devant la foule réunie dans le cimetière de Westpark à Johannesburg.

Il a ensuite lu des morceaux choisis d’une lettre ouverte à M. Zuma, publiée par le défunt.

« Face à des critiques, condamnations et exigences aussi larges et persistantes, serait-ce trop que d’exprimer l’espoir que vous preniez la bonne décision en envisageant de démissionner ? », s’est plu à lire l’ancien président.

Le vétéran de la lutte anti-apartheid Ahmed Kathrada pose à côté d’une photo de lui avec Nelson Mandela, le 16 juillet 2012 chez lui à Johannesburg, en Afrique du Sud / © AFP/Archives / STEPHANE DE SAKUTIN

La lecture de ce passage a suscité une longue salve d’applaudissements de l’assistance, debout. « Dégage Zuma », a alors hurlé un homme, aussitôt repris par d’autres.

Dès l’annonce de sa mort tôt mardi matin, toute l’Afrique du Sud a rendu un hommage ému, unanime et dithyrambique à celui que l’on surnommait « Oncle Kathy », emprisonné avec Nelson Mandela à la prison de Robben Island.

Au pouvoir depuis 1994, l’ANC a déploré la disparition d’un « chef dont le service à son pays restera gravé à tout jamais » et souligné qu’il n’avait « jamais abandonné ou tourné le dos à l’ANC ».

M. Zuma s’est contenté plus sobrement de présenter ses condoléances à la famille et de dire sa « profonde tristesse ».

– Privé d’obsèques –

Le cercueil d’Ahmed Kathrada, héros anti-apartheid et compagnon de cellule de Nelson Mandela, lors de ses funérailles, le 29 mars 2017 à Houghton, en Afrique du Sud / © AFP / MUJAHID SAFODIEN

Et mercredi matin, ses services ont confirmé qu’il « ne participera pas aux funérailles et à l’hommage (national), conformément aux souhaits de la famille » Kathrada.

Emmené par le vice-président Cyril Ramaphosa, la quasi-totalité du gouvernement a assisté aux obsèques de « Oncle Kathy ».

Humiliation suprême pour le chef de l’Etat, son ministre des Finances et principal rival au sein du gouvernement, Pravin Gordhan, a été acclamé par les parents et amis de M. Kathrada.

« Que vous soyez encore ou plus ministre dans les jours et semaines qui viennent, vous restez fidèle à des valeurs et des principes dont Ahmed Kathrada serait fier », lui a lancé le patron de la fondation du défunt, Neeshan Balton.

En tournée de promotion au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, M. Gordhan a été sommé lundi par M. Zuma de rentrer toutes affaires cessantes en Afrique du Sud, sans autre explication.

Le président sud-africain Jacob Zumaavant un discours au Parlement sur l’Etat de la Nation, le 9 février 2017 au Cap / © POOL/AFP/Archives / RODGER BOSCH

Ce rappel a été interprété comme le prélude à un remaniement ministériel imminent et à un limogeage du ministre.

Depuis des semaines, les partisans du président au sein de l’ANC exigent le renvoi de Pravin Gordhan, qui s’oppose publiquement à M. Zuma sur la bonne gestion des deniers publics.

La perspective d’un départ de M. Gordhan inquiète les investisseurs. Depuis lundi, le rand sud-africain a perdu près de 6% de sa valeur par rapport au dollar et à l’euro.

Déjà ministre des Finances entre 2009 et 2014, Pravin Gordhan avait été rappelé en urgence à ce poste en décembre 2015 pour calmer la panique qui s’était emparée des marchés financiers à la nomination d’un inconnu à la tête du Trésor.

Au pouvoir depuis la fin officielle de l’apartheid en 1994, l’ANC de feu Nelson Mandela se déchire depuis des mois autour de la succession de M. Zuma, qui doit quitter la présidence à la fin de son second mandat après les élections générales de 2019.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mars 2017 16h57

Afrique du Sud : Jacob Zuma dénonce la corruption et les « erreurs » de l’ANC

janvier 8, 2017

Le président sud-africain Jacob Zuma, le 3 novembre 2016 au Zimbabwe. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

Le président sud-africain Jacob Zuma a dénoncé dimanche la corruption au sein du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), et les « erreurs » qui ont conduit à la débâcle historique du parti aux municipales d’août dernier.

M. Zuma s’exprimait lors d’une cérémonie célébrant les 105 ans de l’ANC, organisée dans un stade à Soweto, célèbre township de la capitale sud-africaine, à la pointe de la lutte contre le régime ségrégationniste de l’apartheid.

« L’ANC a entendu le message envoyé par le peuple en août. Nous reconnaissons que nous avons fait des erreurs », a déclaré M. Zuma, 74 ans, qui doit céder en décembre sa place à la tête de l’ANC, parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid en 1994.

« Quand les responsables et les membres de l’ANC sont corrompus et volent, ils trahissent les valeurs de l’ANC, notre peuple et notre pays. Nous n’autoriserons plus cela », a-t-il affirmé.

« Le message que les gens ont voulu nous faire passer, c’est que nous sommes trop occupés à nous battre entre nous et que nous prenons pas assez en compte leurs besoins », a-t-il ajouté.

« L’ANC doit être uni, afin que nous soyons capable d’unir les gens contre nos ennemis communs: le chômage, la pauvreté et les inégalités », a estimé le président.

Jacob Zuma est affaibli depuis des mois par une série de scandales de corruption et par la débâcle de son parti aux municipales d’août, qui lui valent de vives critiques y compris au sein de l’ANC. La première économie du continent africain souffre d’un ralentissement économique et d’un taux de chômage élevé. Le pays a régulièrement été secoué ces derniers mois par des manifestations violentes.

La bataille fait rage depuis des mois au sein de l’ANC en vue de la succession de son leader, qui sera assuré de devenir président en cas de victoire du parti aux élections générales de 2019. M. Zuma ne peut pas briguer un troisième mandat à la tête du pays.

Nkosazana Dlamini-Zuma, ancienne épouse de M. Zuma avec qui il a conservé de bonnes relations et présidente sortante de la commission de l’Union africaine (UA), fait partie des personnes pressenties comme possible successeur de Jacob Zuma à la tête de l’ANC.

Samedi, la puissante Ligue des femmes de l’ANC a officiellement apporté son soutien à Mme Dlamini-Zuma pour prendre la tête de l’ANC en décembre.

« L’ANC élira une nouvelle direction nationale à la fin de l’année; trop souvent, les collègues s’affrontent pour des postes de responsabilité car ils considèrent le pouvoir comme un moyen de s’enrichir personnellement », a relevé M. Zuma dans son discours dimanche.

Jeuneafrique.com avec AFP

« Honte à notre pays », « mafia », « démission maintenant » : Jacob Zuma progressivement lâché par son camp

novembre 4, 2016

Le président sud-africain Jacob Zuma (à droite) en compagnie de Cyril Ramaphosa (à gauche) au Parlement à Cape Town, le 11 février 2016. © Mike Hutchings/AP/SIPA

La pression ne cesse de s’accroître sur le président sud-africain Jacob Zuma, poussé à la démission par les critiques. Lesquelles se multiplient y compris chez les caciques du Congrès national africain (ANC), son propre parti.

Jacob Zuma subit en effet les suites des différentes accusations de corruption à son encontre. Dernière polémique en date, la publication d’un rapport sur la corruption mettant en lumière l’étroite collusion du président sud-africain avec la richissime famille Gupta.

Cet énième scandale, après l’abus de biens publics pour sa résidence secondaire, a alimenté les titres de la presse sud-africaine. « Un président mort vivant », « Pire semaine pour Zuma depuis sa prise de fonction », « Fin de règne pour Zuma, abandonné à son sort » : les unes peu flatteuses se multipliaient en kiosque et sur internet.

Motion de censure 

Sans compter les déclarations fracassantes de l’opposition : « Notre pays est gouverné par une mafia », a affirmé le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), annonçant le dépôt d’une motion de défiance à l’Assemblée le 10 novembre.

Celle-ci a peu de chance de l’emporter en l’état actuel. Le Parlement est en effet largement dominé par l’ANC, qui n’a pas encore lâché le président sud-africain. Mais le soutien des membres du parti s’effrite clairement, en particulier depuis la déroute historique du parti lors des élections municipales d’août.

« Le président fait honte à notre pays »

Certains caciques du parti ou de l’entourage de Nelson Mandela n’hésitent plus à appeler Zuma à la démission. « Avec cette corruption évidente, le président fait honte à notre pays », a reconnu avec amertume Cheryl Carolus, proche du premier président noir du pays.

L’ANC « doit cesser de placer les intérêts de Jacob Zuma devant ceux de l’Afrique du Sud », a insisté le groupe Save South Africa (Sauvons l’Afrique du Sud), qui rassemble des figures historiques de l’ANC, des responsables religieux et des dizaines de dirigeants d’entreprise. « Le président doit démissionner maintenant », conclut-il, estimant que ce dernier rapport sur la corruption était « le dernier clou apposé au cercueil de Zuma ».

Un « Zumxit » possible 

Avec la publication du rapport, « la probabilité d’un « Zumxit » [départ de Zuma] s’est significativement accrue », estime également l’analyste Peter Attard Montalto, interrogé par l’AFP. Toutefois, « il ne faut pas sous-estimer à quel point l’ANC est basé sur le clientélisme (…) et la situation pourrait tout à fait rester inchangée ».

L’ANC, qui a appelé jeudi « tous ses membres » à faire preuve d’ une « intolérance irréprochable vis-à-vis de la corruption », doit choisir fin 2017 un nouveau leader chargé de briguer la présidence en 2019. Au-delà de son impopularité et des polémiques à répétition, Jacob Zuma, au pouvoir depuis 2009, ne peut pas se présenter à un troisième mandat.

Jeuneafrique.com avec AFP

Municipales sud-africaines: l’ANC battue dans la capitale Pretoria

août 6, 2016

L’ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a subi samedi un revers historique aux élections municipales de mercredi. Il a été devancé dans la capitale Pretoria par le principal parti d’opposition, selon les résultats transmis par la Commission électorale.

A Tshwane, la métropole qui englobe Pretoria, l’Alliance démocratique (DA) obtient 43,1% des suffrages contre 41,2% pour le Congrès national africain (ANC), selon les résultats publiés à l’issue du dépouillement intégral des votes de mercredi. L’ANC détenait jusqu’à présent la majorité absolue dans cette ville.

Romandie.com avec (ats / 06.08.2016 13h14)

Afrique du Sud: Jacob Zuma bientôt devant les tribunaux pour corruption

avril 29, 2016

 

Ce scandale empoisonne Jacob Zuma, depuis décembre 2007, alors qu’il était chef du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC) : il avait été inculpé de corruption, fraude fiscale et racket pour la signature d’un contrat d’armement de 4,8 milliards de dollars conclu en 1999.

En 2009, le parquet général avait, finalement, retiré, pour vice de forme, les charges contre Jacob Zuma, quelques semaines, seulement, avant son élection à la présidence de l’Afrique du Sud. Malheureusement, l’affaire connaît un grand rebondissement.

« La décision d’abandonner les charges contre M. Zuma est irrationnelle et doit être revue », a, en effet, indiqué ce vendredi, 29 avril, le juge de la Haute Cour de Pretoria, Aubrey Ledwaba.
« M. Zuma devrait être poursuivi pour ces charges », a poursuivi le magistrat.

A l’époque, les avocats de Jacob Zuma avaient utilisé des enregistrements d’écoutes téléphoniques entre l’ancien chef du parquet et un policier de haut rang, pour convaincre la justice que leur client était victime d’un complot et obtenir l’abandon des charges.
Mais, au terme d’une longue bataille judiciaire, le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), a obtenu ces enregistrements, en septembre 2014. Estimant que les charges ont, en réalité, été abandonnées pour des raisons politiques, il a saisi la justice qui lui a donné raison ce vendredi.

« C’est une grande victoire pour l’état de droit. Finalement, Jacob Zuma doit être poursuivi, nous sommes vraiment ravis », s’est réjoui Mmusi Maimane, le jeune président de la DA, présent au tribunal.
« Nous pensons que c’est un jugement significatif qui veut dire que les décisions du parquet ne peuvent être en contradiction avec la loi », a-t-il ajouté.

Cette décision de la Haute Cour de Pretoria ouvre, en effet, la possibilité pour le parquet de rétablir les accusations contre le président Zuma. Ce qu’annoncent, non seulement, le parti DA, mais aussi, Julius Malema, qui avait, il y a quelques jours, juré de pousser Zuma à la démission. Ces deux jeunes leaders politiques qui se distinguent, tiennent Zuma, par la barbichette. Ils sont décidés à l’abattre politiquement.

Prenant acte de la décision, la présidence a, simplement, rappelé, dans un communiqué laconique qu’il n’y avait « aucune action en justice en cours » contre M. Zuma. Ce qui est vrai, mais, demain, il y en aura contre lui venant au moins de deux partis politiques.

Ce jugement fragilise un peu plus le chef de l’Etat, affaibli par plusieurs scandales ces dernières semaines.
En mars, la plus haute juridiction du pays l’avait reconnu coupable de violation de la Constitution pour n’avoir pas remboursé une partie des 20 millions d’euros (13 milliards de F CFA) d’argent public utilisés pour rénover sa résidence privée.

Pour le moment, le président sud-africain fait front et bénéficie, officiellement, du soutien de son parti.
Mais, selon des analystes, cette nouvelle procédure judiciaire pourrait ternir un peu plus son image à trois mois d’élections municipales à haut risque pour l’ANC.

Dans cette affaire, son conseiller financier, Schabir Shaik, avait été condamné, en 2005, à quinze ans de prison pour avoir, notamment, sollicité des pots-de-vin du Français, Thomson-CSF (devenu Thales). Il avait, finalement, été libéré pour raisons médicales, en 2009, l’année où Jacob Zuma est devenu président. Simple coïncidence ?

La saga judiciaire est, probablement, loin d’être terminée puisque la décision rendue, ce vendredi, par le tribunal de Pretoria est susceptible d’appel.

On peut, toutefois, se demander à quel moment de la journée Jacob Zuma peut avoir la tête reposée pour s’occuper, réellement, des dossiers du pays ?

Afriqueeducation.com

Afrique du Sud: une dirigeante syndicale tuée par balles à la mine de Marikana

août 12, 2013

MARIKANA (Afrique du Sud / Afrique du Sud) – Une dirigeante locale du grand syndicat minier NUM a été tuée par balles lundi à la mine de Marikana, en Afrique du Sud, un an après la mort de 34 mineurs grévistes tués par la police lors d’une fusillade, a indiqué un porte-parole du syndicat.

Ce matin (lundi), elle a été mortellement touchée non loin de nos locaux, a déclaré à l’AFP le porte-parole du NUM Lesiba Seshoka. Le massacre de 2012 avait fait suite à une flambée de violences inter-syndicale qui avait fait au moins 10 morts à l’époque.

Depuis un an, les meurtres de syndicalistes se sont multipliés autour de la mine de platine, exploitée par Lonmin.

La rivalité oppose le NUM, le grand syndicat minier proche de l’ANC au pouvoir, et un nouveau syndicat en croissance rapide, Amcu, qui reproche au NUM ses compromissions et prône un syndicalisme beaucoup plus radical.

Sur les lieux du crime, le corps de la victime était toujours visible vers 14H00 (12H00 GMT), recouvert d’une couverture, quatre heures après le meurtre. Des policiers en uniforme avaient bouclé le secteur et procédaient aux relevés d’usage.

Romandie.com avec (©AFP / 12 août 2013 14h03)

Afrique du Sud : 30 morts des suites de circoncisions rituelles

juillet 7, 2013

Afrique du Sud : 30 morts des suites de circoncisions rituelles © AFP

30 jeunes hommes sud-africains sont décédés des suites de circoncisions rituelles, rite qui marque le passage à l’âge adulte, dans la province du Cap Oriental, ont déclaré dimanche les autorités locales.

293 autres jeunes Sud-Africains sont actuellement hospitalisés pour déshydratation, gangrène ou des infections consécutives à ces rites, ont ajouté dans un communiqué les services de santé de la province.

En mai, 34 décès avaient déjà été déplorés dans deux autres provinces.

Les rites d’initiation, courants chez les Xhosas, les Sothos et les Ndébélés, ont fait des centaines de morts ces dernières années en , malgré les efforts des autorités pour tenter d’inculquer quelques règles d’hygiène aux guérisseurs traditionnels.

Outre la , l’initiation comprend généralement plusieurs semaines dans le bush, au cours desquelles des anciens enseignent les valeurs courage viril et la discipline.

Le parti au pouvoir, l’ANC, a déploré dimanche « ce désastre » et a demandé de mieux encadrer les tradipatriciens en les accréditant.

Jeuneafrique.com avec AFP