Posts Tagged ‘ancien premier ministre’

Fillon prend acte de la victoire de Copé et parle de fracture

novembre 19, 2012

PARIS (Reuters) – François Fillon a « pris acte » lundi soir de la victoire de Jean-François Copé à la présidence de l’UMP, malgré une procédure qui « ne recueille pas son approbation » et souffre selon lui de « nombreuses irrégularités ». 

« J’ai pris acte de ce résultat. La vérité m’oblige à dire que j’aurais préféré m’en satisfaire. Tel n’est pas le cas », a déclaré l’ancien Premier ministre, battu de 98 voix, lors d’une brève déclaration à son QG parisien.

François Fillon s’est dit « frappé » par la « fracture qui traverse » l’UMP, « une fracture politique et morale ».

Il a marqué sa volonté de « réduire » et « dépasser » cette fracture et a annoncé qu’il ferait « connaître dans les jours qui viennent la forme que prendra pour l’avenir on engagement politique ».

Le Point.fr par Sophie Louet

Pendant ce temps-là, Papandréou enseigne la crise à Harvard

octobre 24, 2012

Georges Papandréou.

Georges Papandréou. © Georges Gobet / AFP

L’ancien Premier ministre grec recevra 46 000 euros par mois pour ces cours. Les internautes grecs n’ont pas l’air d’apprécier. Florilège.

Cette semaine, c’était la rentrée des classes pour Georges Papandréou. L’ancien Premier ministre grec est toujours député du Pasok – le parti socialiste – à Athènes, et il est toujours aussi controversé et accusé de tous les maux du pays. Mais, à ses heures perdues, il enseigne aussi ses expériences de la crise économique et politique à la prestigieuse université de Harvard, dans le Massachusetts.

Lundi, il était l’invité d’une table ronde organisée par un think tank américain pour présenter ses cours qui seront dispensés sous forme de séminaires. Selon la presse grecque, le salaire du nouveau professeur serait de 46 000 euros par mois. À en croire le site d’information iNews, Georges Papandréou est déjà très populaire auprès des étudiants. D’autres sites ont filmé clandestinement ses interventions sans couper les applaudissements.

« Plus difficile d’être étudiant que prof à Harvard »

Mais le ton est bien différent sur la Toile. Certains se demandent si l’ex-Premier ministre grec, qui a contribué à la mise sous tutelle du pays par le Fonds monétaire international et l’Union européenne, possède une légitimité quelconque pour donner de tels cours. « Il devrait plutôt enseigner comment avoir une moustache impeccable », lance un internaute. « Est-ce que Harvard est encore une faculté réputée ou est-ce devenu un simple BTS pour politiciens qui ont échoué ? Il est plus difficile d’être étudiant que professeur à Harvard », répond un autre. « Si les étudiants de Papandréou deviennent les futurs dirigeants du monde, nous allons vite mourir de rigueur », conclut une troisième.

Des photos satiriques sont aussi diffusées, comme celle d’un étudiant faisant la manche, affublé d’une pancarte portant l’inscription : « S’il vous plaît, aidez-moi, mon professeur à Harvard était Papandréou, je n’ai aucun avenir. » Nombre de blogueurs demandent que son salaire soit versé à l’État grec pour rembourser la dette abyssale du pays. Enfin, une poignée de commentateurs estiment, plus amèrement, que Georges Papandréou a réussi à transformer la Grèce, un pays paisible et onirique, en un cas d’école économique et politique à ne pas suivre.

Liberation.fr par Christophe Donner

Côte d’Ivoire : un post du blog de Guillaume Soro appelle à « éradiquer » le FPI, qualifié d' »organisation terroriste »

août 21, 2012

Capture d'écran du blog de Guillaume Soro. Capture d’écran du blog de Guillaume Soro. ©

On aurait pu attendre moins « clivant » de la part du président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, pays à la recherche d’une réconciliation qui semble toujours hors de portée. Sur son blog personnel relayé par les réseaux sociaux, l’ancien Premier ministre Guillaume Soro a publié, mardi 21 août, un article intitulé « Le FPI : une organisation terroriste ivoirienne à éradiquer », signé par un de ses conseillers spéciaux. L’ancien parti de Laurent Gbagbo y est comparé à Al-Qaïda ou encore au Mujao.

Le 4 juillet 2012, Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale, déclarait : « La réconciliation nationale fait son chemin en Côte d’Ivoire ». Il semble cependant que, dans son esprit, les efforts d’apaisement soient désormais bien loin. Alors que le pays est secoué par des violences, dont les auteurs ne sont pas encore clairement identifiés, les propos belliqueux reviennent au pas de charge. Jusqu’au plus haut sommet de l’État.

De fait, Guillaume Soro a relayé sur son blog personnel, mardi 21 août, les écrits d’un de ses conseillers les plus proches, Félicien Sékongo, ancien porte-parole des Forces Nouvelles (ex-rebéllion). L’article, intitulé « Le FPI : une organisation terroriste à éradiquer », n’est rien de moins qu’un tract incendiaire à l’encontre du Front populaire ivoirien (FPI), l’ancien parti de Laurent Gbagbo, accusé – sans preuves – d’être derrière les récentes attaques contre les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

« Au nom de l’humanité »

« Aqmi, Al Qaïda, Mujao… Ces organisations ont des ramifications qui prennent des appellations diverses en fonction du continent, du pays où elles sont implantées. En Côte d’Ivoire, le pendant de ces organisations est sans nul doute le FPI », explique le texte, qui trônait fièrement, mardi après-midi, en Une du blog de Guillaume Soro.

Et d’expliquer « par a + b » que « l’essence politique du FPI, c’est la banalisation de la mort, la désacralisation de la vie humaine. Ses adeptes ont appris et accepté qu’un être humain mort est comme un chien enragé qu’on tue, et pis et que cela devait même être source de réjouissance. » Avant de conclure : « C’est le lieu donc d’appeler à l’union sacrée pour éradiquer, une fois pour toutes, le fléau FPI. Cela, au nom de l’humanité. » Rien que cela.

La Côte d’Ivoire avait-elle besoin d’un nouvel appel à la violence ? Surtout émanant du second personnage de l’État ? Les Ivoiriens jugeront.

Jeuneafrique.com par Mathieu Olivier

François Fillon blessé dans un accident de scooter en Italie

juillet 30, 2012

Capri, c’est le pied 

 
 L’ancien Premier ministre François Fillon s’est fracturé le pied hier après-midi à Capri après avoir perdu le contrôle de son scooter.

Ce devait être une belle journée pour François Fillon sur l’île de Capri, en Italie. Arrivé jeudi, il a passé le week-end en compagnie de Luca di Montezemolo, nous apprend l’agence de presse italienne Ansa. Ce monsieur n’est autre que le président de la luxueuse marque de voitures Ferrari. Profitant du soleil méditerranéen, François Fillon s’est aventuré seul sur les routes de l’île en scooter. Mais hier après-midi, un accident s’est produit alors qu’il se trouvait sur son deux-roues. D’après l’AFP, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a subitement perdu le contrôle de son véhicule. Tombé de son scooter, François Fillon a entraîné l’engin dans sa chute et celui-ci a écrasé le pied du candidat à la présidence de l’UMP. Les secours ont transporté l’homme politique jusqu’à la Villa Stuart, une clinique spécialisée dans les affections qui touchent les athlètes.

Les médecins ont opéré le pied fracturé de François Fillon, qui sera bientôt rapatrié en France, d’après ses proches. Lui qui est aujourd’hui en lice contre de nombreux rivaux pour la tête de l’UMP devra prendre quelques jours de repos. Mais son entourage est déjà prêt à repartir à la conquête des voix au sein du parti : « De toutes les façons, il reprendra sa campagne, on verra à quel moment et dans quelles conditions », glissent ses collaborateurs. Après un tel accident, pas sûr que François Fillon garde un souvenir ému de l’île. Pour lui, Capri, c’est fini (HAHAHA).

Voici.fr par J.M.

Côte d’Ivoire : deux nouvelles personnalités pro-Gbagbo accusées de génocide

juillet 11, 2012

Geneviève Bro-Grébé, ancienne ministre des Sports et ex-présidente des Femmes patriotes. Geneviève Bro-Grébé, ancienne ministre des Sports et ex-présidente des Femmes patriotes. © D.R.

Deux nouvelles personnalités pro-Gbagbo rejoignent les six responsables déjà inculpés de génocide par la justice ivoirienne. Il s’agit de Geneviève Bro-Grébé, ex-présidente des Femmes patriotes, et de Drahamane Sangaré, ancien vice-président du FPI.

Ils étaient déjà six. Les voilà huit : l’homologue féminine de Charles Blé-Goudé, Geneviève Bro-Grébé, leader des « Femmes patriotes », et Abou Drahamane Sangaré, ancien vice-président du Front populaire ivoirien (FPI, ex-parti au pouvoir) ont été, selon une source proche de l’enquête, « auditionnés et inculpés de génocide et de crime contre la population civile ».

Ces deux ex-responsables pro-Gbagbo rejoignent donc l’ex-Première dame, Simone Gbagbo, l’ancien Premier ministre, Gilbert Aké N’Gbo, l’ex-président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, le général Brunot Dogbo Blé et les anciens ministres Alcide Djédjé et Désiré Dallo. Mais ces huit personnes sont également poursuivies en Côte d’Ivoire pour crimes de sang, atteinte à la sûreté de l’État et/ou infractions économiques, notamment détournement de fonds publics.

Interrogatoires achevés

En tout, une vingtaine de personnalités du camp Gbagbo sont encore détenues dans plusieurs villes du Nord ivoirien. Leurs premiers interrogatoires sur le fond avaient commencé fin mai et se sont achevés mardi à Katiola. Aucun responsable pro-Ouattara n’a pour l’instant été inquiété par la justice ivoirienne, ce qui donne l’occasion au camp Gbagbo de dénoncer sans relâche une « justice des vainqueurs » (Lire ici l’interview de Charles Blé Goudé).

Incarcéré à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI) de puis fin novembre, Laurent Gbagbo est quant à lui soupçonné de crimes contre l’humanité. Il attend son audience de confirmation des charges, prévue le 13 août.

Jeuneafrique.com avec AFP

Togo : l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo interpellé à Lomé

juin 19, 2012

Selon le collectif Sauvons le Togo, l’ancien Premier ministre Agbeyome Kodjo a été interpellé à son domicile mardi matin. Il serait entendu dans le cadre d’une enquête sur des violences intervenues dans les manifestations à Lomé, la semaine dernière.

Les autorités togolaises seraient-elles sur la défensive ? Oui, à en croire la cinquantaine de personnes interpellées depuis la semaine dernière et le début d’une vague de manifestations de grande ampleur contre le pouvoir. Dernière personnalité arrêtée : l’ancien Premier ministre et dirigeant de l’opposition Agbeyome Kodjo. « Les éléments de forces de l’ordre ont défoncé sa porte avant de l’emmener. Il est actuellement à la gendarmerie pour être entendu », a déclaré Raphael Kpandé-Adzaré, membre du collectif Sauvons le Togo qui organise les manifestations.

Les autorités togolaises n’ont cependant pas immédiatement confirmé l’information. Au total, 56 personnes ont déjà été interpellées par les forces de l’ordre dans le cadre d’une enquête pour violences volontaires, destructions et dégradations contre des personnes et des biens publics et privés lors des manifestations des 12, 13 et 14 juin. Parmi elles, trois responsables du collectif Sauvons le Togo arrêtés samedi et libérés dimanche soir.

Réforme électorale en cause

Des milliers de personnes avaient manifesté mardi et mercredi pour dénoncer notamment l’adoption par l’Assemblée nationale d’une loi modifiant certaines dispositions du code électoral alors qu’un scrutin législatif doit avoir lieu en octobre. Ces manifestations avaient été dispersées par les forces de l’ordre à l’aide de grenades lacrymogènes.
Au moins 34 policiers et gendarmes, ainsi que plusieurs civils avaient été blessés, selon le gouvernement. Sauvons le Togo avait pour sa part enregistré 119 blessés, tous des civils.

Jeuneafrique.com avec AFP

Egypte: les manifestants de Tahrir « prêts à reprendre le flambeau » de la révolte

juin 17, 2012
Egypte: les manifestants de Tahrir 'prêts à reprendre le flambeau' de la révolte Egypte: les manifestants de Tahrir « prêts à reprendre le flambeau » de la révolte © AFP

Plus de seize mois après la révolte contre Hosni Moubarak, des militants irréductibles présents sur la célèbre place Tahrir au Caire préviennent l’armée qui dirige aujourd’hui le pays: « Nous sommes toujours là pour reprendre le flambeau ».

« L’armée aura toujours Tahrir face à elle », affirme Marwan Adel, un instituteur de 30 ans sur cette place emblématique de la contestation qui a poussé en février 2011 le président Moubarak à la démission après 30 au pouvoir.

Aujourd’hui, alors que le Conseil militaire est accusé de chercher à s’accrocher au pouvoir, « nous sommes prêts à reprendre le flambeau », prévient-il.

Comme d’autres Egyptiens qui ont participé aux manifestations géantes de janvier et février 2011, Marwan Adel revient régulièrement sur cette place mythique, où quelques tentes abritent des militants soucieux de maintenir une présence, même symbolique.

Marwan confesse avoir « boycotté » la présidentielle mettant aux prises deux candidats très éloignés des idéaux des jeunes « révolutionnaires » pro-démocratie de 2011: un ancien Premier ministre de Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq, et un Frère musulman, Mohammed Morsi.

Mais la dissolution de l’Assemblée dominée par les islamistes, qui permet à l’armée de s’adjuger les prérogatives législatives, a réveillé la crainte de voir les généraux s’accrocher au pouvoir à tout prix.

Magdy, 35 ans, lui aussi présent sur Tahrir, veut perpétuer le souvenir de Khaled Saïd, un jeune d’Alexandrie battu à mort le 6 juin 2010 par des policiers et devenu un symbole de la répression policière et une icône de la révolte.

« Tant que la flamme de Khaled Saïd est vivante, ni l’armée ni Chafiq ne peuvent enterrer la révolution », promet Magdy, qui campe comme beaucoup d’autres irréductibles sous une tente maculée de l’inscription « Khaled Saïd est toujours vivant ».

« L’armée a protégé le pays et sa révolution, c’est dommage qu’elle s’entête aujourd’hui à la confisquer. Nous ne la laisserons pas faire », assure-t-il.

Depuis plusieurs mois, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) du maréchal Hussein Tantaoui, est la cible de prédilection des militants pro-démocratie, qui l’accusent de chercher à maintenir l’ancien régime honni malgré la chute du régime Moubarak.

« Mon message à Tantaoui est le suivant: vous pouvez user de tous les subterfuges pour maintenir le pouvoir, mais méfiez-vous, les jeunes de la révolution sont toujours là et ils sont prêts dès ce soir à reprendre le flambeau », ajoute Marwan.

Pour lui, le fait que les services de renseignement et la police militaires aient été à nouveau autorisés à arrêter des civils est un signe que l’armée s’attend à de nouveaux troubles et se donne les moyens d’y faire face.

Mais au-delà des turbulences politiques qui agitent ce pays de 82 millions d’habitants, les marchands ambulants, les vendeurs de cigarettes, de drapeaux et de souvenirs de Tahrir pensent plutôt aux affaires.

« J’espère que cette ambiance se poursuivra sans heurts, ni violences, nous avons besoin de travailler pour nourrir nos familles », confie Abdelal, un vendeur de drapeaux.

Jeuneafrique.com avec AFP

A Tunis, retour en fanfare sur la scène politique de l’ex-Premier ministre

juin 16, 2012
A Tunis, retour en fanfare sur la scène politique de l'ex-Premier ministre A Tunis, retour en fanfare sur la scène politique de l’ex-Premier ministre © AFP

A 80 ans révolus, Béji Caïd Essebsi sait s’y prendre pour faire vibrer une salle. L’ex-Premier ministre tunisien a endossé samedi le costume de sauveur face à une foule d’entrepreneurs, libéraux ou intellectuels effrayés par l’instabilité économique et sécuritaire du pays.

Plusieurs milliers de personnes –4 à 5000 selon des organisateurs– ont répondu à « L’appel de Tunisie », nom du futur parti (une demande d’autorisation officielle a été déposée le 14 juin) lancé par celui qui a dirigé le pays après la révolution jusqu’aux élections d’octobre 2011.

Sur fond d’immense drapeau national, Caïd Essebsi, fringant et très en verve, fait rire ou frissonner le public qui se tasse dans la salle du Palais des Congrès de Tunis. Il ironise sur son âge avancé, déclenchant l’hilarité. Il convoque la grandeur de la Tunisie et son héritage moderniste, entraînant une standing ovation. La salle entonne l’hymne national, certains pleurent.

« Il est urgent d’éteindre l’incendie. Ce pays a connu des événements terrifiants, il faut le remettre sur les rails. On ne peut pas se permettre le luxe de continuer comme ça », lance l’ancien Premier ministre.

L’appel résonne dans une foule marquée par la flambée de violences qui a secoué le pays en début de semaine, déclenchée entre autres par des salafistes qui protestaient contre une exposition d’art jugée offensante pour l’islam.

« Je le dis une bonne fois pour toutes: le peuple tunisien est un peuple musulman et nul n’a le droit de s’arroger en son nom le droit de dire ce qui constitue une atteinte au sacré », martèle Caïd Essebsi.

Devant l’écran qui retransmet le discours dans le hall du Palais, Nourredine Fersi, un ingénieur en génie civil, hoche la tête: « je vous le dis, ce qu’on vit aujourd’hui, c’est le fascisme, la dictature religieuse. Notre dernier espoir, c’est ce monsieur ». « Nous sommes une société centriste », répète l’ingénieur.

Le retour de Caïd Essebsi sur la scène politique, annoncé depuis des semaines, intervient dans un contexte politique délétère, le gouvernement étant critiqué pour son incapacité à faire face aux défis économique et sécuritaire, tandis que l’opposition de gauche demeure très divisée par des querelles de chapelles.

« C’est un grand monsieur, un leader charismatique, qui peut rassembler un pays à bout », opine Ines Boubjel, une chef d’entreprise. « C’est notre dernier espoir, last exit before death (dernière issue avant la mort) », renchérit son amie Bochra Ben Mahmoud, une élégante femme au foyer.

« Ici, c’est la classe moyenne, des patrons, des hommes d’affaires, des gens issus du milieu associatif et militant », décrypte une fonctionnaire proche de l’ex-Premier ministre. « Si on voulait alimenter les caisses de ce nouveau parti en gestation, on n’aurait pas de difficultés », sourit-elle.

Réputé pour être un libéral, M. Caïd Essebsi, avocat de formation, a été un compagnon de route de Habib Bourguiba, le premier président de la Tunisie indépendante. Sans s’être compromis avec le régime de Ben Ali, il est néanmoins accusé par ses détracteurs d’être soutenu par de nombreux ex-RCDistes (le parti dissous du président déchu).

« On ne peut exclure les citoyens capables de servir leur pays », répète l’ancien Premier ministre, en référence aux héritiers honnis du parti-Etat sous Bourguiba et Ben Ali.

A l’extérieur du Palais des Congrès, quelques dizaines de manifestants crient: « RCD dégage! » avant d’être brutalement dispersés par la police. Selon une source associative, quatre d’entre eux ont reçu des soins à l’hôpital.

Jeuneafrique.com avec AFP

Guinée-Bissau : un président de transition désigné, la Cedeao parle « d’usurpation » |

avril 20, 2012

Après un accord entre la junte bissau-guinéenne et les partis d’opposition, la nomination de Manuel Serifo Nhamadjo, candidat au premier tour de la présidentielle avortée, au poste de président de transition a été annoncé jeudi 19 avril. Une décision condamnée par la Cedeao, qui refuse de reconnaître les nouvelles autorités.

Il n’aura fallu qu’une semaine à la Guinée-Bissau pour se doter d’un président intérimaire et d’un Conseil national de transition (CNT), après le coup d’État de la junte militaire du 12 avril. En concertation avec l’ex-opposition, les militaires ont créé la surprise en annonçant jeudi 19 avril la nomination de Manuel Serifo Nhamadjo comme président de transition.

Dissident de l’ancien parti au pouvoir, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), le nouveau chef de l’État était arrivé troisième lors de la présidentielle du 18 mars, recueillant 15,75% des voix, loin derrière l’ancien Premier ministre Carlos Gomes Junior (48,9%), grand favori du deuxième tour initialement prévu le 29 avril.

Comme le veut l’accord conclu le 18 avril entre la junte et les partis politiques, le CNT a pour mission de « gérer le processus de transition jusqu’à la tenue d’élections présidentielle et législatives dans un délai maximal de deux ans ». Il sera présidé par Braima Sori Djalo, numéro deux du principal parti de l’ex-opposition, le Parti de la Rénovation sociale de Kumba Yala (PRS).

Mais la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ne l’entend, elle, pas du tout de cette oreille. L’organisation régionale a « fermement condamné » jeudi « la mise en place d’un soit-disant « Conseil national de transition » en Guinée-Bissau, et  exprimé « son rejet de cette usurpation du pouvoir par le Commandement militaire », faisant également savoir « qu’elle ne reconnaîtra aucune transition émanant de la junte », selon un communiqué du président de la Commission de l’institution, Désiré Ouédraogo.

Force de « maintien de la paix » ?

La Cedeao « condamne fermement cette initiative illégale qui intervient surtout après l’engagement écrit pris par la Junte, à l’issue de sa rencontre avec la délégation de haut niveau de la Cedeao le 16 avril à Bissau, de se retirer pour permettre un retour immédiat à la normalité constitutionnelle », ajoute le communiqué. Une importante délégation ouest-africaine, dans laquelle figuraient plusieurs ministres et chefs d’état-major de la région, avait fait le déplacement lundi à Bissau afin de rencontrer les auteurs du putsch du 12 avril, qui s’étaient alors engagés rétablir l’ordre constitutionnel dans les plus brefs délais.

La Cedeao avait en outre exigé la libération immédiate du président intérimaire Raimundo Pereira et du Premier ministre Carlos Gomes Junior, tous deux arrêtés par l’armée le 12 avril et toujours détenus une semaine plus tard. Les deux dirigeants renversés seraient « en bonne santé », selon les observations du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui a pu les rencontrer mercredi.

Quant à l’ONU, les membres du Conseil de sécurité était en réunion jeudi à New York afin d’étudier la possibilité d’envoyer une « force de maintien de la paix ». Parlant au nom de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), le ministre angolais des Affaires étrangères Georges Rebelo Chikoti a de son côté invité le Conseil de sécurité à « envisager l’adoption de mesures avec pour objectif de rétablir l’ordre constitutionnel et d’obtenir la libération sans conditions des dirigeants arrêtés. (…) Le temps presse et nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre et de laisser la population souffrir à la merci du pouvoir militaire », a-t-il fait valloir.

Jeuneafrique.com avec AFP

Guinée-Bissau : accord entre la junte et l’ex-opposition pour une transition démocratique

avril 19, 2012

La junte et l’opposition bissau-guinéennes ont signé dans la nuit de mercredi à jeudi un accord de transition démocratique. Mais celui-ci ne répond pas aux attentes de la Cedeao, et encore moins à celles de l’ancien parti au pouvoir, le PAIGC, qui boycotte les négociations.

S’achemine-t-on vers une issue négociée de la crise ouverte en Guinée-Bissau par le coup d’État du 12 avril ? Les anciens opposants et l’armée à l’origine du putsch ont en tout cas signé mercredi 18 avril dans la soirée un accord prévoyant une « transition démocratique » qui devra s’achever dans un délai « maximal » de deux ans et être sanctionnée par « l’organisation simultanée d’élections présidentielle et législatives ». Un revirement, alors que mardi, des informations faisaient état d’un rejet de tout accord par l’opposition, composée des principaux adversaires de l’ancien Premier ministre Carlos Gomes Junior, toujours aux arrêts.

Le texte de l’accord précise que l’armée « retournera dans les casernes volontairement, dans un esprit de soumission au pouvoir politique, après l’investiture du président de transition, du gouvernement de transition et du Conseil national de transition ». Toujours selon le document, ledit Conseil national de transition sera un « organe de contrôle législatif » chargé de « gérer le processus de transition », sans préciser quelle en devra être la composition.

Mais la junte garde toujours la main. Les délégués aux négociations ont précisé que les termes de l’accord octroyaient aux militaires le droit de choisir les noms des futurs présidents et Premier ministre de transition dans une liste établie par les partis politiques.

La fermeté des institutions internationales

Le lieutenant-colonel Daba Na Walna, porte-parole de la junte, s’est montré satisfait de la tournure prise par les événements, qualifiant la signature de l’accord de « moment symbolique ». Même son de cloche chez Cirilo Rodrigues, le chef du Parti socialiste. « Nous avons réussi à arracher le pouvoir aux militaires et c’est ça le plus important », a-t-il déclaré, ajoutant que « la Cedeao ne demandait rien d’autre que ça ». Mais en réalité, rien n’est moins sûr.

D’abord l’ancien parti au pouvoir le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau (PAIGC), n’a pas pris part aux négociations, dénonçant par avance un accord jugé « anticonstitutionnel et antidémocratique ». Ensuite, l’organisation ouest-africaine a dépêché début de semaine une délégation spéciale chargée de négocier avec la junte et de demander, tout comme l’Union africaine, l’Onu et le Portugal, un retour à l’ordre constitutionnel ainsi que la libération du chef de l’État par intérim Raimundo Pereira et l’ancien Premier ministre Carlos Gomes Junior, retenus prisonnier par l’armée.

Un diplomate à Bissau relativise ainsi la portée de l’accord conclu avec la junte. « La Cedeao s’est prononcée pour un retour à l’ordre constitutionnel, ce qui signifie le retour au pouvoir de ceux qui ont été élus ». Une position qui sera vraisemblablement partagée par l’Union africaine (UA) et la Francophonie, qui ont suspendu mardi la Guinée-Bissau, mais aussi par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) qui ont annoncé mercredi soir qu’elles gelaient leur aide au développement.

Jeuneafrique.com avec AFP