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Libye : des hommes armés encerclent le ministère des Affaires étrangères

avril 28, 2013
Des policiers libyens à Tripoli, le 30 mai 2012. Des policiers libyens à Tripoli, le 30 mai 2012. © AFP

Des hommes armés encerclaient dimanche le bâtiment du ministère des Affaires étrangères à Tripoli, empêchant les fonctionnaires d’accéder à leurs bureaux, a-t-on appris auprès d’un responsable du ministère.

Ils « réclament l’épuration du ministère des agents de l’ancien régime et l’exclusion des ambassadeurs qui ont travaillé sous le règne de Mouammar Kadhafi », a indiqué cette source sous couvert de l’anonymat. Le responsable a déploré des méthodes « extrêmement offensantes », même si les demandes sont « légitimes », soulignant que cela ne justifiait pas de « paralyser le travail de tout un ministère ».

Selon un photographe de l’AFP sur place, une trentaine de véhicules, dont plusieurs armées de canons anti-aériens, ainsi que des dizaines d’hommes armés encerclaient le bâtiment. En examen par le Congrès général national (CGN), la plus haute autorité politique de Libye, une loi sur l’exclusion politique des collaborateurs du régime déchu de Mouammar Kadhafi, qui risque de mettre sur la touche plusieurs hauts responsables, provoque des remous parmi la classe politique libyenne.

Récemment, les membres du CGN avaient été encerclés durant plusieurs heures par des manifestants qui réclamaient l’adoption rapide de la loi. Après la levée du siège, le cortège du président du Congrès, Mohamed al-Megaryef avait été la cible de tirs, sans faire de victimes. Les autorités libyennes peinent à asseoir leur influence et leur pouvoir dans le pays, face à de nombreuses milices armées.

Jeuneafrique.com avec AFP

La Libye marque le 2e anniversaire de sa révolte avec une sécurité renforcée

février 17, 2013
La Libye marque le 2e anniversaire de sa révolte avec une sécurité renforcée La Libye marque le 2e anniversaire de sa révolte avec une sécurité renforcée © AFP

La Libye marque dimanche le deuxième anniversaire du début de la révolte qui a renversé le dictateur Mouammar Kadhafi, avec des mesures de sécurité draconiennes pour prévenir toute violence dans un pays en proie à l’insécurité.

Les autorités ont prévenu contre des tentatives de partisans de l’ancien régime de profiter de l’occasion pour « semer le chaos ». Elles ont fermé les frontières terrestres alors que plusieurs vols internationaux ont été suspendus.

Plusieurs groupes et organisations de la société civile, dont des partisans du fédéralisme dans l’est du pays, ont décidé de reporter leurs mouvements de protestation, initialement prévus à partir du 15 février, de crainte de violences.

Les festivités ont commencé dès vendredi à Tripoli et à Benghazi (est), deuxième ville du pays, où des milliers de personnes ont défilé à pied ou en voiture, brandissant des drapeaux libyens et scandant des slogans à la gloire des « martyrs de la révolution ».

Cette ambiance festive spontanée n’a pas empêché des manifestants à Benghazi, berceau de la révolte, de critiquer les nouvelles autorités, en réclamant en particulier plus de décentralisation du pouvoir et l’activation de l’armée et des services de sécurité.

Aucun programme officiel n’est prévu pour ce deuxième anniversaire de la révolte, a affirmé le Premier ministre, Ali Zeidan, précisant que les « autorités préféraient laisser à la population le soin de fêter cette occasion à sa manière ».

Mais le président de l’Assemblée nationale, Mohamed al-Megaryef, est attendu dimanche à Benghazi où il doit prendre part aux festivités, selon une source à l’Assemblée.

Malgré les mesures draconiennes mises en place par les autorités qui ont mobilisé les services de sécurité ainsi que les ex-rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi, « la situation reste toujours imprévisible », a indiqué à l’AFP un diplomate en poste à Benghazi.

« On prend toutes nos précautions. On ne sait jamais ce que pourrait arriver », a-t-il dit sous couvert de l’anonymat.

Berceau de la révolte de 2011, Benghazi a connu une série d’attaques contre des intérêts occidentaux, des postes de police et des assassinats de responsables de la sécurité ou d’anciens rebelles et est devenue un repère pour les groupes jihadistes.

Jeuneafrique.com avec AFP

Décrispation politique en Côte d’Ivoire : Les comptes de 79 pro-Gbagbo dégelés

janvier 25, 2013
 
2 ans après la fin de la grave crise postélectorale en Côte d’Ivoire, la paix revient peu à peu sur les bords de la lagune Ebrié. Cela à la grande joie de l’opinion nationale et internationale.
 
Face, en effet, à la décrispation politique en Côte d’Ivoire, le Conseil fédéral suisse, qui avait décidé de geler les avoirs des personnalités ivoiriennes proches de l’ancien régime de Laurent Gbagbo, au plus fort de la crise, est revenu à de meilleurs sentiments.
 
En effet, les comptes de 79 pro-Gbagbo ont été dégelés le samedi dernier par la modification de l’ordonnance de blocage. Selon le département fédéral des Affaires étrangères de la Suisse, les noms de 79 personnalités proches de l’ancien président Laurent Gbagbo qui avaient vu leurs avoirs gelés après le déclenchement de la crise postélectorale, ont été supprimés, dans l’annexe de l’ordonnance. Le service des affaires étrangères suisse a justifié sa décision, en évoquant un retour au calme, une situation plus apaisée en Côte d’Ivoire.

Et le montant des ces avoirs bloqués est passé de 70 millions à 21 millions de francs suisse, soit plus de 11,095 milliards de FCFA. Car, huit personnalités sont toujours astreintes à un gel des avoirs et à des restrictions de voyage. C`est-à-dire que s huit personnes seulement ont 59 millions de francs suisse, soit plus de 31,173 milliards de FCFA. La Suisse avait agi officiellement en son temps pour exprimer son refus de « servir de coffre fort pour les fonds potentiellement acquis de manière illégale par ces personnes ». On le voit, la situation en Côte d’Ivoire est suivie de près par la communauté internationale qui est prête à lever le pied sur certaines décisions si les uns et les autres s’engagent sincèrement dans la dynamique de paix et de réconciliation nationale prônée par le président de la République, Alassane Ouattara, depuis son accession au pouvoir d’Etat.

 
La réconciliation est en marche et la Côte d’Ivoire est sur le bon chemin pour sa reconstruction et surtout une croissance économique qui doit impulser le développement et la prospérité tant rêvés par les Ivoiriens.

Le Patriote.ci par Lacina Ouattara

Côte d’Ivoire : à la barre, Dogbo Blé nie être responsable de l’assassinat d’un proche de Ouattara

octobre 8, 2012
Le général Brunot Dogbo Blé (D) quitte le tribunal militaire à Abidjan, le 2 octobre 2012. Le général Brunot Dogbo Blé (D) quitte le tribunal militaire à Abidjan, le 2 octobre 2012. © Sia Kambou/AFP

Le procès du général Brunot Dogbo Blé s’est poursuivi, lundi 8 octobre, à Abidjan. Au cours de l’audience, l’ancien pilier sécuritaire du régime de Laurent Gbagbo a nié avoir participé à l’assassinat d’un proche de Alassane Ouattara pendant la crise postélectorale ivoirienne.

Accusé en compagnie de quatre autres officiers ou sous-officiers ivoiriens du meurtre du colonel-major à la retraite, Adama Dosso, un proche d’Alassane Ouattara, en mars 2011, le général Brunot Dogbo Blé a vigoureusement réfuté toutes les allégations portées contre lui. Appelé à la barre du tribunal militaire d’Abidjan pour s’expliquer, lundi 8 octobre, l’ex-chef de la très redoutée Garde républicaine de l’ancien président Laurent Gbagbo a affirmé être victime d’un « montage honteux ».

« Je n’ai pas donné d’ordre à qui que ce soit » dans cette affaire, dont le procès s’est ouvert le 2 octobre. Les cinq hommes incriminés sont accusés d’enlèvement, séquestration, assassinat, ou complicité d’enlèvement et d’assassinat. Parmi les prévenus, le sergent Jean Noël Lago Léo a une nouvelle fois avoué au cours de l’audience avoir tué la victime et assuré que l’ordre lui avait été donné par le directeur de cabinet du général Dogbo Blé, au nom de ce dernier.

Pilier sécuritaire

L’ex-chef de la garde républicaine s’est également félicité de son « travail » durant la crise de 2010-2011, expliquant qu’il avait défendu le président Laurent Gbagbo et qu’il ne l’avait pas « trahi ». Lui qui fut le véritable pilier sécuritaire de l’ancien régime pendant la crise s’est enfin dit « en paix » avec lui-même « et avec Dieu ».

Le colonel-major Adama Dosso avait été arrêté alors qu’il sortait du Golf Hôtel d’Abidjan, quartier général du président élu Alassane Ouattara. Au total, une quarantaine de militaires pro-Gbagbo doivent être jugés dans une série de procès liés à la crise post-électorale. Le général Dogbo Blé est par ailleurs inculpé de génocide et d’autres crimes de sang commis durant la crise.

Jeuneafrique.com avec AFP 

Côte d’Ivoire : Seka Yapo et trois autres officiers inculpés pour l’assassinat du général Gueï

octobre 1, 2012
Le cercueil du général Robert Gueï, ex-chef de la junte, le 17 août 2006. Le cercueil du général Robert Gueï, ex-chef de la junte, le 17 août 2006. © AFP

Le commandant Anselme Seka Yapo et trois autres officiers ivoiriens ont été inculpés, lundi 1er octobre, pour l’assassinat du général Robert Gueï, le 19 septembre 2002. Ils sont actuellement en détention provisoire.

Qui a tué le général Robert Gueï, dont le corps a été retrouvé sans vie le 19 septembre 2002 à Abidjan ? Plus de dix ans après les faits, la question reste toujours sans réponse mais la justice ivoirienne progresse. Lundi, le principal suspect dans cette affaire, le commandant Anselme Seka Yapo, dit « Séka Séka », ainsi que trois autres officiers ivoiriens ont été inculpés pour l’assassinat de l’ex-chef de la junte, au pouvoir de 1999 à 2000.

D’après le procureur militaire Ange Kessi, le commandant Anselme Seka Yapo a été inculpé d’assassinat. Le général Brunot Dogbo Blé, le lieutenant-colonel Katé Gnatoa et le capitaine Mory Sakanoko ont eux été inculpés de complicité d’assassinat. Ces quatre militaires sont actuellement en détention provisoire.

Arrêté le 15 octobre 2011, le commandant Séka Yapo, dit « Séka Séka », a été le responsable de la sécurité rapprochée de l’ex-Première dame Simone Gbagbo. Accusé d’être lié aux « escadrons de la mort », des groupes accusés d’exécutions extrajudiciaires sous la présidence Gbagbo, il a été interrogé dans le cadre de l’enquête sur la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, en 2004, à Abidjan.

« Père Noël en treillis »

Le général Dogbo Blé, ex-commandant de la redoutée Garde républicaine, était lui aussi un pilier de l’appareil sécuritaire de l’ancien régime. Détenu depuis avril 2011, il a été inculpé en juillet de génocide. Il doit être jugé à partir de mardi avec une quarantaine de militaires pro-Gbagbo poursuivis pour des crimes commis durant la crise postélectorale (décembre 2010-avril 2011). Les violences avaient fait quelque 3 000 morts et s’étaient achevées, après deux semaines de guerre, par la chute de Laurent Gbagbo.

Surnommé « le père Noël en treillis », Robert Gueï a dirigé la junte militaire installée après le coup d’État du 24 décembre 1999. Il avait été vaincu par Laurent Gbagbo à la présidentielle d’octobre 2000 et chassé du pouvoir par la rue alors qu’il tentait de s’y maintenir.

Le général Gueï avait été assassiné, ainsi que son épouse, le 19 septembre 2002, jour du coup d’État manqué contre Laurent Gbagbo. Cette tentative de putsch avait entraîné la prise de contrôle du nord du pays par une rébellion. Robert Gueï avait été accusé par le régime Gbagbo d’être derrière ces troubles. De leur côté, les partisans de Gueï attribuaient au pouvoir la mort de leur chef, ce que le camp Gbagbo a toujours récusé.

Promesses d’enquête

Le parquet militaire avait ouvert une enquête le 11 septembre dernier, à la suite d’une plainte de la famille et des ayants-droit du général Gueï, afin d’éviter la prescription décennale qui devait intervenir quelques jours plus tard.

L’ex-président Gbagbo avait promis, sans suite, l’ouverture d’une enquête sur la mort du général Gueï, dont le parti, l’Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI), est un allié du chef de l’État Alassane Ouattara.

Soupçonné par la Cour pénale internationale (CPI) d’être coauteur indirect de crimes contre l’humanité commis durant la crise de 2010-2011, Laurent Gbagbo, arrêté le 11 avril 2011 à Abidjan, est détenu depuis fin 2011 à La Haye. Son épouse Simone Gbagbo est incarcérée à Odienné, dans le Nord ivoirien, depuis avril 2011.

Jeuneafrique.com avec AFP

La Mauritanie a livré à la Libye Abdallah Senoussi, l’ancien chef du renseignement de Kaddafi

septembre 5, 2012
Abdallah Senoussi avait été arrêté le 17 mars à Nouakchott. Abdallah Senoussi avait été arrêté le 17 mars à Nouakchott. © AFP

Abdallah Senoussi, l’ancien chef des services de renseignement du régime de Mouammar Kaddafi, a été remis par la Mauritanie aux autorités libyennes.

Lentement mais sûrement, les nouvelles autorités libyennes sont en train de s’assurer que la plupart des anciens hommes forts du régime de Mouammar Kaddafi soient traduits en justice au pays. Après Baghdadi Mahmoudi, l’ancien Premier ministre extradé par la Tunisie le 24 juin, c’est au tour d’Abdallah Senoussi, ex-chef du renseignement de Kaddafi, d’être remis à Tripoli par la Mauritanie.

Voici une vidéo de son arrivée sur le sol libyen.

 

Les premières rumeurs concernant l’extradition de l’ancien colonel ont commencé à circuler mardi 4 septembre au soir sur les réseaux sociaux libyens. Elles ont été confirmées ce mercredi matin par la télévision d’État, qui précisait dans un bandeau écrit en arabe : « les autorités mauritaniennes remettent l’ex-chef des renseignements libyens Abdallah Senoussi à la Libye. »

Contacté par l’AFP, un officiel mauritanien a indiqué que « toutes les procédures légales concernant cette extradition ont été respectées et les garanties d’usage données par le gouvernement libyen », avant de confirmer qu’Abdallah Senoussi, arrêté le 17 mars à Nouakchott, avait « effectivement quitté la Mauritanie. »

Figure de l’ancien régime

Beau-frère de l’ancien Guide de la révolution libyenne, Abdallah Senoussi faisait partie du premier cercle du pouvoir de l’ancien régime. Sa cavale spectaculaire après la chute de Tripoli avait fait couler beaucoup d’encre.

Recherché par la Libye et la Cours pénale internationale (CPI), accusé d’avoir organisé la répression des manifestations qui ont lancé la révolution libyenne, il a été inculpé en mai à Nouakchott pour être entré dans le pays illégalement et sous une fausse identité. Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, avait récemment indiqué qu’il serait jugé avant toute décision concernant son éventuelle extradition.

Jeuneafrique.com

Les universités renovées d’Abidjan inaugurées en grande pompe

septembre 3, 2012

ABIDJAN – Le président Alassane Ouattara a inauguré lundi la rentrée universitaire à Abidjan, après près de deux ans de fermeture des universités et des travaux de réhabilitation d’un coût colossal, qui en font le premier grand chantier de son mandat, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Les universités étaient devenues un lieu de violence et de corruption (…) La décision de les fermer a été l`une des plus difficiles à prendre, mais elle était nécessaire », a expliqué Alassane Ouattara sur le site de l’université de Cocody (quartier chic du nord d`Abidjan) rebaptisée Félix Houphouët-Boigny, père de la nation ivoirienne.

« L`investissement dans l`université est l’investissement qui a le plus haut rendement en terme de développement », a-t-il souligné, découvrant le nouveau visage du campus: amphithéâtres flambant neufs, logements étudiants, grands terrains de sport…

Le chef de l’Etat a remis symboliquement les clés des universités ivoiriennes à leurs présidents. Ceux-ci décideront de la date de la reprise effective des cours, qui n’est pas encore définie.

Ces derniers jours, les responsables ivoiriens ont insisté sur leur volonté de rompre avec la violence, la politisation et les « étudiants de carrière » dans les facultés.

« Je suis heureux d’entendre qu’il n`y aura plus de machettes et plus de cailloux dans les universités (…). Les étudiants doivent comprendre que le passage à l’université est une étape de la vie et non une vie », avait souligné jeudi le Premier ministre, Jeannot Ahoussou-Kouadio.

En cause: la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), syndicat tout-puissant et allié de l’ancien régime de Laurent Gbagbo, considérée comme responsable de violences et d’un racket généralisé sur les campus.

Tout juste arrivé au pouvoir, M. Ouattara avait décidé en avril 2011 de fermer les universités aux bâtiments vétustes et ravagés par la crise postélectorale qui a fait quelque 3.000 morts.

Le coût de la rénovation des cinq universités ivoiriennes s’élève à 110 milliards de francs CFA (167 millions d`euros), montant qui a plus que doublé en quelques mois. M. Ouattara a d`ailleurs ordonné une enquête sur les « conditions d`attribution » du marché pour Abidjan et a limogé le directeur financier du ministère de l`Enseignement supérieur.

AFP

L’ex-président tunisien prêt à laisser à son pays ses « avoirs » en Suisse

juillet 16, 2012
L'ex-président tunisien prêt à laisser à son pays ses 'avoirs' en Suisse L’ex-président tunisien prêt à laisser à son pays ses « avoirs » en Suisse © AFP

L’ancien président tunisien Ben Ali serait prêt à renoncer, au profit de son pays, à tous ses avoirs qui pourraient se trouver en Suisse, a affirmé son avocat libanais Me Akram Azoury.

« Je vous prie de prendre note que mon client se désiste en faveur de l’Etat tunisien de tous prétendus avoirs ou ressources économiques qui se trouveraient sur le territoire suisse et revenant à l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali », écrit-il dans un projet de lettre dont il a transmis une copie à l’AFP.

Dans cette lettre qu’il entend adresser au ministère suisse des Affaires étrangères, Me Azoury ajoute: « Vous êtes par conséquent irrévocablement autorisés à transférer ces prétendus avoirs et ressources à l’Etat tunisien sans qu’il soit nécessaire de suivre aucune formalité judiciaire et extra-judiciaire et sans même en référer à mon client ».

Fin juin, une délégation d’experts tunisiens avait rencontré à Berne et à Lausanne des responsables suisses en charge du dossier de la restitution d’avoirs gelés, avait indiqué le gouvernement helvétique.

Pour les autorités suisses, « l’objectif de cette collaboration renforcée est de parvenir aussi rapidement que possible à la restitution des avoirs d’origine illicite détenus par l’entourage de l’ancien régime du président Ben Ali ».

En octobre dernier, Berne avait indiqué avoir bloqué pour 60 millions de francs suisses (48,7 millions d’euros) d’avoirs tunisiens.

Jeuneafrique.com avec AFP

Egypte: fin de la campagne pour la présidentielle de mercredi

mai 21, 2012

La campagne pour la présidentielle égyptienne s’est officiellement achevée lundi, à deux jours du début du scrutin au cours duquel les électeurs sont appelés à choisir un successeur à Hosni Moubarak dans un climat d’ouverture démocratique autrefois inimaginable.

Conformément aux règles électorales, la douzaine de candidats ne peut plus apparaître à la télévision, donner des entretiens à la presse ou mener une quelconque activité publique qui pourrait influencer les électeurs avant le premier tour, prévu mercredi et jeudi.

Le ministère de l’Intérieur a de son côté annoncé un plan de sécurité massif pour assurer le bon déroulement de l’élection, notamment le transport des urnes vers les 351 centres de dépouillement du pays.

Un second tour est prévu les 16 et 17 juin au cas où aucun candidat n’obtiendrait la majorité absolue au premier.

Les candidats ont parcouru le pays en tous sens au cours des dernières semaines, multipliant les meetings, les débats publics et les conférences de presse pour chercher à convaincre quelque 50 millions d’électeurs.

Les principaux candidats sont l’ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa, le dernier Premier ministre de M. Moubarak Ahmad Chafiq, l’islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Foutouh et le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi.

M. Morsi a lancé un avertissement dimanche soir contre toute tentative de « falsifier la volonté du peuple » comme du temps de l’ancien régime. L’armée, qui dirige le pays, a en revanche récemment promis un scrutin « 100% honnête ».

Les Frères musulmans, première force politique du pays et grands vainqueurs des élections législatives qui se sont achevés en janvier, espèrent pouvoir accéder désormais au pouvoir exécutif.

Leur campagne a toutefois été marquée par de nombreux faux pas et revirements qui ont brouillé leur image dans une partie de l’opinion.

L’islamiste Aboul Foutouh, lui-même exclu de la confrérie l’an dernier, leur fait une rude concurrence en ayant le soutien d’une partie des Frères, des fondamentalistes salafistes mais aussi de jeunes laïques. Il a tenu un dernier meeting dans une ambiance de fête au Caire.

Amr Moussa et Ahmad Chafiq, tous deux issus de l’ancien régime, font campagne sur le thème du retour à la stabilité et à la croissance économique. Des promesses qui trouvent écho auprès de nombreux Egyptiens après une période de transition qui a vu la crise s’installer et l’insécurité augmenter.

Les deux hommes, brocardés par leurs adversaires comme des « revenants », font valoir leur expérience et se posent en rempart contre une emprise islamiste sur le pouvoir. M. Moussa a assuré dans une ultime conférence de presse que ses soutiens progressaient.

D’autres candidats ont mené une campagne active mais avec beaucoup moins de moyens, et espèrent créer la surprise, en particulier le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi, ou encore l’islamiste Selim al-Awa ou le militant des droits sociaux Khaled Ali.

La mouvance des « jeunes de la révolution », à la pointe du combat pour la démocratie, n’a pas de candidat propre et se disperse sur plusieurs prétendants à la magistrature suprême.

L’armée, qui dirige le pays depuis le départ de M. Moubarak, a promis de remettre le pouvoir aux civils avant la fin juin, une fois le nouveau président élu.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), s’est engagé à ce que l’élection soit « 100% honnête et transparente », est assuré qu’il ne soutenait aucun candidat en particulier.

De nombreux analystes et commentateurs s’attendent toutefois à ce que les militaires continuent de maintenir leurs privilèges et de jouer un rôle, même de manière plus discrète, une fois le nouveau président élu.

Jeuneafrique.com