Posts Tagged ‘anciens combattants’

Zimbabwe: les anciens combattants, fer de lance de la chute de Mugabe

novembre 25, 2017

Christopher Mutsvangwa (C), le dirigeant des anciens combattants, salue la décision de la Zanu-PF de démettre Robert Mugabe de ses fonctions à la tête du parti, le 19 novembre 2017 / © AFP/Archives / Jekesai NJIKIZANA

Ils ont longtemps effectué les basses besognes du président Robert Mugabe. Après des décennies de loyauté absolue, les anciens combattants de la guerre d’indépendance du Zimbabwe ont lâché leur héros et largement contribué à sa chute.

Le régime de Robert Mugabe, qui a démissionné mardi après un règne de trente-sept ans, reposait sur trois piliers: le parti présidentiel de la Zanu-PF, l’armée et les anciens combattants, qui l’ont longtemps vénéré comme un demi-dieu.

Pendant la guerre dite de « libération » de 1972 à 1979, Robert Mugabe a joué un rôle clé en dirigeant le mouvement depuis le Mozambique voisin.

Mais depuis plus d’un an, le vent a clairement tourné et ses anciens compagnons de guérilla ont commencé à le lâcher.

En juillet 2016, ils ont publiquement dénoncé les « tendances dictatoriales » du président, au pouvoir depuis l’indépendance en 1980, et annoncé qu’ils ne le soutiendraient pas – une première – à l’élection présidentielle prévue en 2018.

Leur déclaration a fait l’effet d’une bombe.

Selon Takavafira Zhou, professeur de sciences politiques à l’université d’Etat de Masvingo (Zimbabwe), elle a marqué le « début de la fin » des liens entre le « camarade Bob » et ses hommes.

La semaine dernière, l’armée avait à peine pris le contrôle du pays que les anciens combattants appelaient à manifester pour soutenir les militaires et faire tomber leur chef devenu paria.

Le 18 novembre, ils ont mobilisé, avec l’appui de l’opposition et de la société civile, des dizaines de milliers de personnes et démontré qu’ils restaient des acteurs influents et respectés de la vie politique, près de quatre décennies après l’indépendance.

« Ca sent le roussi. Tu as fait ton temps », a encore lancé mardi à Robert Mugabe leur dirigeant, Christopher Mutsvangwa, en menaçant de faire redescendre la foule dans les rues.

Quelques heures plus tard, le président jetait l’éponge.

– ‘Divorce’ –

« Notre relation avec Mugabe est irrémédiablement brisée », a déclaré à l’AFP le secrétaire général de l’association des anciens combattants, Victor Matemadanda.

« Nous étions mariés, mais les problèmes ont commencé et on a décidé de divorcer », résume-t-il.

Les relations entre Robert Mugabe et les vétérans ont commencé à se détériorer dès lors que la Première dame a affiché son ambition de succéder, le moment venu, à son époux.

Dans sa course au pouvoir, Grace Mugabe, soutenue au sein de la Zanu-PF par le « G40 », pour « génération des moins de 40 ans », a commis l’erreur d’éliminer les anciens combattants du jeu.

Soudain relégués au second plan, ils n’ont plus bénéficié des largesses du président.

Les vétérans reprochent aujourd’hui à Robert Mugabe et son épouse d’avoir trahi l’esprit de la lutte mais aussi de mener grand train, alors que nombre d’anciens soldats survivent aujourd’hui difficilement, victimes comme le reste de la population de l’effondrement de l’économie du pays.

« Gucci Grace », un de ses nombreux surnoms, a choqué par son goût du luxe et ses extravagances. Le couple présidentiel s’est fait construite une villa extravagante dans la banlieue d’Harare, « Blue Roof » (Toit Bleu). Et l’un des fils de Mme Mugabe roule en Rolls Royce quand l’Etat peine à payer les fonctionnaires.

« L’attitude du couple présidentiel a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », a expliqué Victor Matemadanda.

– ‘Forces de frappe’ –

Pendant de nombreuses années toutefois, les anciens combattants ont été le bras armé du régime. Ce fut le cas lors des violences électorales de 2008 ou, quelques années plus tôt, lors de la funeste réforme agraire qui a vu les fermiers de la minorité blanche brutalement expulsés de leurs terres.

Parfois ivres ou sous l’effet de drogues, des armées d’anciens combattants – auxquels se sont joints de nombreux jeunes – ont alors chassé à grands coups de machettes ou de haches les agriculteurs de leurs propriétés, avec la bénédiction du président.

Pour l’analyste indépendant Alois Masepe, les anciens combattants ont récemment « réalisé qu’ils avaient été utilisés comme des forces de frappe politiques de Mugabe et de la Zanu-PF ».

« Leur rôle était d’être du côté du peuple et d’être aussi neutres que possible. J’espère que cette prise de conscience persistera avec le nouveau dirigeant », ajoute-t-il.

Le successeur de Robert Mugabe, Emmerson Mnangagwa, encore un ancien de la guérilla, bénéficie de l’appui des vétérans. Il tire d’ailleurs son surnom le « crocodile » de ses années de lutte.

Vendredi, il a pris soin de les saluer lors de son discours d’investiture.

Victor Matemadanda l’assure: « nous voulons continuer à jouer le rôle de protecteurs de la révolution et être du côté du peuple ».

Romandie.com avec(©AFP / 25 novembre 2017 10h16)                

Côte d’Ivoire: 11 000 ex-combattants ivoiriens sont réintégrés dans la vie civile

octobre 5, 2013

Plus de 11 000 combattants ivoiriens sur 65.000 recensés ont déposé les armes et réintégré la vie civile, s’est félicité vendredi le directeur général de l’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (ADDR), Fidèle Sarassoro.

« Nous espérons atteindre d’ici la fin de l’année l’objectif de 30.000 ex-combattants réinsérés », a souligné M. Sarassoro lors d’une cérémonie à Bouaké (centre), deuxième ville de Côte d’Ivoire.

Bouaké a été de 2002 à 2011 le fief des ex-rebelles qui avaient pris le contrôle du nord du pays. Ils se sont ralliés au président Alassane Ouattara lors de la crise postélectorale de 2010-2011, qui a fait quelque 3.000 morts.

Le processus de démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR), qui a été un échec complet durant la dernière décennie et jusqu’en 2012, doit s’accomplir parallèlement à la réforme du secteur de la sécurité (RSS).

Jusque-là, la refonte de l’armée a toutefois été surtout marquée par l’emprise des anciens chefs de la rébellion sur les principales unités, selon les observateurs.

« La tâche est énorme »

En Côte d’Ivoire, les 65.000 anciens combattants ciblés doivent être réintégrés à marche forcée dans la société d’ici à 2015, afin de ne pas perturber la prochaine élection présidentielle, ont décidé les bailleurs.

« Au vu du calendrier, la tâche est énorme. Il faut donner du crédit à l’ADDR de travailler dans des conditions difficiles », a observé Gigja Sorensen, en charge du planning du DDR pour la mission de l’Onu en Côte d’Ivoire (Onuci), le principal bailleur de ce projet d’un coût de 90 milliards de francs CFA (environ 140 millions d’euros).

Quelque 10% des effectifs doivent rejoindre la fonction publique, dont 2.000 sont déjà devenus gardes pénitentiaires, a-t-elle expliqué. Le restant se dirigera vers le secteur privé ou informel.

« Que l’économie ivoirienne, avec ses millions de chômeurs, puisse absorber tous les ex-combattants est un défi », a remarqué Mme Sorensen.

« Mais l’une des chances est que ce pays connaît une croissance économique importante, avec un secteur privé dynamique », observe-t-elle, reconnaissant toutefois que « les employeurs ne se précipitent pas pour embaucher des ex-combattants ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Libye: Seif al-Islam comparaît devant un tribunal de Zenten pour la 2e fois

mai 2, 2013

ZENTEN (Libye) – Seif al-Islam, fils du défunt dictateur Mouammar Kadhafi, a comparu jeudi devant un tribunal libyen pour avoir tenté de communiquer illégalement avec l’extérieur en juin, a constaté un journaliste de l’AFP.

Seif al-Islam Kadhafi, détenu depuis son arrestation en novembre 2011, est apparu en bonne santé dans une tenue bleue derrière une grille placée dans un tribunal de Zenten (sud), avec à ses côtés deux policiers cagoulés.

Il était détendu et toutefois il avait perdu une dent de sa mâchoire supérieure.

Deux avocats, dont un nommé par le Tribunal, se sont présentés pour sa défense.

Les juges ont décidé d’ajourner le procès au 19 septembre à la demande de la défense qui voulait avoir accès à l’intégralité du dossier.

Lorsque les journalistes, installés près de la grille derrière laquelle il se trouvait, lui ont demandé s’il allait bien, Seif al-Islam a répondu oui, faisant un signe avec le pouce.

A la question du juge qui lui demandait s’il acceptait les deux avocats qui lui avaient été commis d’office, l’accusé n’a pas répondu. Lorsque le juge lui a demandé s’il avait des requêtes, Seif al-Islam a répondu par la négative.

Le juge a appelé les quatre membres de la Cour pénale internationale (CPI) co-accusés avec Seif al-Islam dans cette affaire mais ils étaient absents.

Ce procès a été intenté en janvier à l’encontre du fils de Mouammar Kadhafi après qu’une équipe de quatre employés de la CPI venus rencontrer Seif al-Islam à Zenten afin de préparer sa défense devant la CPI avait été incarcérée le 7 juin 2012, et retenue près d’un mois par Tripoli.

Tripoli et la CPI se disputent le droit de juger Seif al-Islam Kadhafi, 40 ans, détenu par une brigade d’anciens combattants rebelles à Zenten (180 km au sud de Tripoli) depuis son arrestation en novembre 2011.

Seuls les rédacteurs de la presse ont été admis dans la salle du tribunal tandis que la télévision nationale libyenne a été autorisée à filmer pendant le procès.

Romandie.com avec (©AFP / 02 mai 2013 12h58)