Posts Tagged ‘andré brink’

Afrique du Sud: décès d’André Brink, écrivain engagé contre l’apartheid

février 7, 2015

L’agence radio Eye Witness News a notamment obtenu la confirmation de son décès auprès de son ex-épouse, Alta Brink. Il est décédé à bord d’un avion qui le ramenait d’Europe, après avoir reçu en Belgique un diplôme honoris causa de l’Université catholique de Louvain.

Jeuneafrique.com avec AFP

Étonnants voyageurs : Brazzaville la polyglotte

février 17, 2013
Michel Le Bris (à g) et Alain Mabanckou lors de l'ouverture du festival, le 14 février. Michel Le Bris (à g) et Alain Mabanckou lors de l’ouverture du festival, le 14 février. © Guy Gervais-Kitina/AFP

Le Festival de littérature Étonnants voyageurs s’est tenu à Brazzaville, au Congo, du 13 au 17 février, réunissant quelque 80 écrivains venus du monde entier et surtout d’Afrique. Un bouillonnement d’univers littéraires à la rencontre du public… et des écrivains en herbe.

L’Afrique qui vient… C’est ainsi que les organisateurs du festival de littérature Étonnants voyageurs qui s’est tenu à Brazzaville (Congo) pendant quatre jours ont décidé d’intituler leur manifestation. Sans doute fallait-il trouver un titre, alors va pour celui-là. Mais tout aussi bien aurait-on pu dire « Les Afriques en devenir », tant il est vrai que les quelque 80 écrivains venus à la rencontre des lecteurs – mais aussi des non-lecteurs – congolais représentent une somme de diversités impossible à dénombrer.

Nourris d’influences venues des quatre coins du monde, habitant ici ou là, nomades ou sédentaires, ils sont autant d’individualités uniques qu’il serait vain de vouloir entasser dans un même panier. Pour Alain Mabanckou, l’enfant du pays passé par la France et aujourd’hui installé aux Etats-Unis, « La fratrie congolaise a épousé la littérature monde dans son éclatement. C’est ici que sont nés les écrivains de l’Afrique centrale et il y avait une exigence à ramener le monde au Congo. »

Chacun cherche sa voix

Il y avait donc du monde, et du beau monde, pour discuter avec les étudiants ou les curieux venus assister aux conférences, débats et cafés littéraires organisés entre le Palais des Congrès, le Centre culturel français, les lycées et les différents quartiers de la ville. Constamment invoqués, les morts sont là dans les paroles de leurs héritiers : Tchicaya U’Tamsi, Sony Labou Tansi, Ahmadou Kourouma. Les anciens sont là aussi, mémoires vives d’une histoire récente ou moins récente : le Sud-Africain André Brink, le Sénégalais Souleymane Bachir Diagne, les Congolais Henri Lopes et Tchichellé Tchivela…

Et puis les plus jeunes : la sensation belge David Van Reybrouck, le Sénégalais Felwinn Sarr, le Sud-Africain Niq Mhlongo, le Congolais Fiston Nasser Mwanza. Mais dans ce rassemblement hors du commun, il serait difficile de distinguer des écoles ou des tendances. Chez les écrivains comme ailleurs, l’individu reste aujourd’hui premier, chacun cherchant sa propre voix. L’ambassadeur de la République du Congo en France, Henri Lopes, déclare ainsi : « En football, on porte les couleurs d’une nation. En littérature et en art, non. »

Transmission et émotion

Le jeune américain d’origine nigériane Teju Cole, lui, explique ainsi son désir d’écriture : « Si je suis inspiré, c’est parce qu’il existe ce miracle qui consiste à transmettre par des mots mon état d’esprit à quelqu’un qui n’est pas là et l’émouvoir. »

S’il fallait néanmoins tenter de tirer une conclusion de ce bouillonnement créatif agitant pour quelques jours le Congo, la vitalité des littératures africaines anglophones mériterait d’être soulignée. De jeunes auteurs nigérians ou d’origine nigériane comme Teju Cole, Helon Habila, Noo Saro-Wiwa ou comme le Sud-Africain Niq Mhlongo portent haut les couleurs de la langue de… Ah, Shakespeare ? Chaucer ? Hemingway ? Faulkner ? Non vraiment, ces expressions ne peuvent plus avoir cours : pour dire le réel, il y a autant de langues que d’écrivains.

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Jeuneafrique.com Par Nicolas Michel, envoyé spécial à Brazzaville

Premier festival Etonnants Voyageurs à Brazzaville du 13 au 17 février

décembre 18, 2012

Une centaine d’écrivains, cinéastes, photographes et musiciens feront escale à Brazzaville du 13 au 17 février, lors de la première édition du Festival Etonnants Voyageurs au Congo, placée sous le signe de « L’Afrique qui vient ».

L’édition internationale du festival de Saint-Malo revient ainsi en Afrique après une année d’arrêt en 2012, mais « faute de soutien du gouvernement malien », il ne se tiendra plus à Bamako mais à Brazzaville, explique Michel Le Bris, co-directeur de la manifestation avec l’écrivain d’origine congolaise Alain Mabanckou.

C’est ce dernier qui a proposé l’organisation du festival dans son pays natal.

Romancier, poète et professeur de littérature francophone à Los Angeles, Alain Mabanckou, auteur en 2012 du « Sanglot de l’homme noir », doit publier en janvier « Lumières de Pointe-Noire », au Seuil. Il a obtenu le Renaudot pour « Mémoires de porc-épic » en 2006.

Une anthologie, « L’Afrique qui vient », établie par l’écrivain, avec des textes de 26 auteurs venus d’Afrique du Sud, du Nigéria, du Togo, du Bénin, d’Egypte ou encore de Djibouti, sera aussi publiée le 13 février chez Hoëbeke.

Parmi les écrivains présents à Brazzaville, l’une des capitales historiques des lettres africaines, se retrouveront des francophones comme Patrick Deville, prix Femina 2012, Lyonel Trouillot, Henri Lopes, Léonora Miano, Goncourt des lycéens 2006, ou l’académicien Erik Orsenna mais aussi les Sud-africains André Brink et Breyten Breytenbach ou le Nigérian Ben Okri.

De 2006 à 2011, l’édition internationale des Etonnants Voyageurs s’est déroulée en alternance au Mali et à Port-au-Prince, en Haïti, à l’exception de 2010 où le séisme du 12 janvier avait empêché sa tenue.

En quelques années, cette manifestation s’est imposée en Afrique « comme le lieu d’affirmation d’une nouvelle génération d’auteurs africains », soulignent les organisateurs.

La radio France Inter prévoit le 15 février une journée entière en direct de Brazzaville, dont la matinale de Patrick Cohen.

Créé au printemps 1990, notamment par Michel Le Bris, le festival Etonnants Voyageurs, qui explore les littératures du monde, se déroule chaque année à Saint-Malo. Il a rejoint en février 2012 la Word Alliance, rassemblement des plus importants festivals de littérature, de Toronto à Pékin en passant par New York, Jaipur, Edimbourg, Berlin et Melbourne.

Jeuneafrique.com avec AFP