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Trump cible l’Allemagne au sommet de l’Otan

juillet 11, 2018

Angela Merkel et Donald Trump parlent à la presse à l’issue d’un entretien en tête-à-tête au premier jour du sommet de l’Otan à Bruxelles, le 11 juillet 2018 / © AFP / Brendan Smialowski

Donald Trump a lancé mercredi, au premier jour du sommet de l’Otan, une attaque frontale contre l’Allemagne, accusée d' »enrichir » la Russie en lui achetant du gaz et de ne pas contribuer suffisamment aux efforts militaires de l’Alliance.

Très remonté, le président américain est resté sourd aux tentatives d’explications du secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg qu’il a rencontré avant l’ouverture officielle de la réunion à Bruxelles.

« L’Allemagne est complètement contrôlée par la Russie (…), elle est prisonnière de la Russie », a-t-il martelé dans une diatribe contre la première puissance économique de l’UE.

« Elle paie des milliards de dollars à la Russie pour ses approvisionnements en énergie et nous devons payer pour la protéger contre la Russie. Comment expliquer cela ? Ce n’est pas juste », a-t-il encore asséné.

L’Allemagne prend ses décisions de manière « indépendante », a rétorqué mercredi la chancelière allemande Angela Merkel.

Donald Trump et Angela Merkel ont eu l’occasion de s’expliquer au cours d’un tête-à-tête après la première séance de travail. Le président américain a alors changé de ton, assurant avoir de « très bonnes relations » avec la chancelière.

Il a précisé avoir discuté du projet de doublement du gazoduc Nord Stream entre la Russie et l’Allemagne, auquel il est fortement opposé, mais il s’est refusé à entrer dans les détails de l’entretien.

Angela Merkel s’est dite « contente d’avoir l’occasion d’un échange de vues » avec le président américain sur les migrations et l’avenir des relations commerciales. « Nous sommes des partenaires, nous sommes de bons partenaires et nous souhaitons continuer à coopérer à l’avenir », a-t-elle simplement commenté.

Donald Trump est accueilli par le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, au premier jour du sommet à Bruxelles, le 11 juillet 2018 / © AFP / Brendan Smialowski

De son côté, le président français Emmanuel Macron a exhorté les membres de l’Otan à « ne pas fragiliser » l’Alliance atlantique, avant de s’entretenir à son tour avec Donald Trump.

Le président américain a dénoncé à plusieurs reprises le projet de doublement du gazoduc Nord Stream reliant directement la Russie à l’Allemagne et exige son abandon.

L’attaque lui permet d’enfoncer un coin dans l’unité des Européens, car ce dossier les divise.

La Pologne estime ainsi que l’Europe n’a pas besoin de Nord Stream 2 : c' »est un exemple de pays européens qui fournissent des fonds à la Russie, lui donnent des moyens qui peuvent être utilisés contre la sécurité de la Pologne », a soutenu le chef de la diplomatie polonaise Jacek Czaputowicz à son arrivée au siège de l’Otan.

Les pays de l’UE importent les deux tiers du gaz qu’ils consomment, ce qui a représenté en 2017 une facture totale de 75 milliards d’euros, selon les statistiques européennes. A ce jour, un gros tiers du gaz acheté est russe, mais les Européens cherchent à briser cette dépendance.

Les États-Unis sont engagés dans une stratégie de conquête de marchés pour leur gaz naturel. Ils en ont exporté 17,2 milliards de m3 en 2017, dont 2,2% par méthaniers vers les terminaux de l’Union européenne.

– « Langage très direct » –

Emmanuel Macron et Donald Trump arrivent au sommet de l’Otan à Bruxelles, le 11 juillet 2018 / © POOL/AFP / Tatyana ZENKOVICH

M. Trump s’en est aussi pris plus généralement aux membres de l’Otan qui « ne payent pas ce qu’ils devraient » pour leurs dépenses militaires.

Le secrétaire général de l’Otan a reconnu que le président américain avait utilisé un « langage très direct » mais a assuré que les Alliés étaient d’accord sur les dossiers cruciaux : la nécessité de renforcer la résilience de l’Organisation, la lutte antiterroriste et le partage plus équitable du fardeau financier.

De fait, les Européens appréhendaient une réunion difficile.

Le président des États-Unis avait quitté Washington d’humeur belliqueuse, déclarant, avec le goût de la provocation qui est le sien, que sa rencontre avec le président Russe Vladimir Poutine prévue pour lundi à Helsinki pourrait être « plus facile » que le sommet de l’Otan.

Ce comportement exaspère sur le Vieux continent.

Rompant avec le ton policé de ses prédécesseurs, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, l’a interpellé mardi pour lui dire combien ses critiques presque quotidiennes étaient déplaisantes et l’a invité à « mieux considérer » ses alliés « car l’Amérique n’en a pas tant que ça ».

– L’Allemagne doit payer –

Affrontement Trump-Merkel au sommet de l’Otan / © OTAN TV/AFP / –

Les Alliés se sont engagés en 2014 à consacrer 2% de leur PIB à leur défense en 2024, mais une quinzaine d’Etats membres, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie, la Belgique et l’Espagne, sont sous la barre de 1,4% en 2018 et seront incapables de respecter leur parole, ce qui ulcère Donald Trump.

Sa tirade contre Berlin mercredi matin s’est inscrite dans cette logique.

« L’Allemagne est un pays riche. Elle peut augmenter sa contribution dès demain sans problème », a-t-il affirmé.

Les Alliés souhaitent avoir des éclaircissements sur les intentions du président américain avant sa rencontre avec son homologue russe.

« Nous serons en mesure de discuter avec lui pendant le sommet de la relation entre l’Otan et la Russie. Il est important que l’Otan reste unie », a plaidé M. Stoltenberg.

Toutes les décisions qui seront avalisées pendant le sommet visent à renforcer la capacité de dissuasion de l’Alliance, selon le chef de l’Otan.

« Les Alliés ne doivent pas augmenter leurs dépenses pour plaire aux États-Unis, mais parce que c’est dans leur intérêt », a-t-il estimé.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juillet 2018 18h00)

Migrants: le gouvernement Merkel suspendu à d’ultimes pourparlers

juillet 2, 2018

La chancelière allemande Angela Merkel le 2 juin 2018 à Berlin / © AFP / John MACDOUGALL

La chancelière allemande et l’aile droite de sa fragile majorité vont tenter lundi une ultime fois de régler leur acrimonieuse dispute sur la politique migratoire qui menace la survie du gouvernement et la cohésion européenne.

Au centre du bras de fer: le refoulement aux frontières de tout migrant enregistré au préalable par un autre pays européen voulu à tout prix par le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, patron des conservateurs bavarois de la CSU.

Cette mesure a été rejetée par la chancelière qui craint un effet domino en Europe et la fin de la libre-circulation.

L’Allemagne attendait un épilogue à ce duel dimanche. Mais finalement, après une dizaine d’heures de réunion des dirigeants de la CSU, M. Seehofer a offert de démissionner de son ministère et de la tête du parti, avant de suspendre sa décision pour engager un dernier round de négociations avec Angela Merkel.

« J’ai dit que je remettais les deux postes à disposition et que j’exécuterai cette décision dans les trois jours à venir », a-t-il déclaré dans la nuit, laissant donc entendre que l’incertitude pourrait encore durer, alors que le conflit entre dans sa quatrième semaine.

Les négociations entre CSU et le parti de centre-droit CDU de la chancelière, en présence de Mme Merkel et M. Seehofer, doivent débuter à 15H00 GMT (17H00) à Berlin.

La chancelière allemande Angela Merkel lors d’une réunion avec les dirigeants de la CDU, le 2 juillet 2018 à Berlin / © AFP / John MACDOUGALL

– ‘Délire d’égo’ –

En attendant, la fragile coalition péniblement mise en place en mars, réunissant droite bavaroise, démocrates-chrétiens CDU et sociaux-démocrates, est en sursis. Tout comme l’alliance CDU-CSU formée en 1949.

La dirigeante sociale-démocrate Andrea Nahles a d’ailleurs distribué les mauvais points lundi, accusant le camp conservateur en général « d’irresponsabilité’ et la CSU en particulier de « délire d’égo ».

La chancelière, qui doit s’exprimer à huis clos lundi à 12H00 GMT devant les députés conservateurs, considère avoir répondu aux attentes de son ministre. D’abord parce qu’elle a considérablement durci sa ligne migratoire depuis deux ans, et ensuite car elle a négocié au sommet européen de la semaine dernière des mesures « plus qu’équivalentes », selon elle, à celles voulues par M. Seehofer.

Mais le ministre a surpris dimanche devant les siens en rejetant la copie de Mme Merkel, mettant son avenir politique et donc celui du gouvernement dans la balance.

Le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer à l’issue d’une réunion de son parti, la CSU, le 2 juillet 2018 à Berlin / © AFP / Christof STACHE

M. Seehofer a évoqué trois scénarios pour la suite, indiquant qu’il pouvait rentrer dans le rang, passer outre les objections d’Angela Merkel et imposer les refoulements aux frontières – ce qui entraînerait probablement l’éclatement du gouvernement- ou démissionner.

Face à une crise dont l’épilogue est sans cesse repoussé, le site du magazine de référence Der Spiegel se montre acide : « il démissionne, il ne démissionne pas… La dispute entre la chancelière Merkel et son ministre de l’Intérieur devient toujours plus absurde ».

Car tous les sondages semblent montrer que les Allemands n’approuvent guère la voie conflictuelle choisie par le ministre. Selon une enquête de l’institut Frosa pour RTL publiée lundi, 67% des personnes interrogées juge « irresponsable » le positionnement des conservateurs bavarois.

Autre échec, malgré ce durcissement, les intentions de vote pour la CSU en vue d’élections régionales à l’automne en Bavière continuent de baisser au profit de l’extrême droite.

– Merkel vacille –

Crise gouvernementale en Allemagne: réunion parlementaire CDU/CSU / © AFP / Bart Biesemans

Dès lors, même des barons bavarois parmi les plus conservateurs semblent vouloir éviter l’escalade. « Personne ne veut remettre en question le gouvernement », a assuré le chef de l’exécutif de Bavière, Markus Söder avant de glisser que « franchement, il nous a bien surpris le Horst » avec sa menace de démission.

Car si l’intéressé se montre aussi intransigeant c’est aussi que son conflit avec Mme Merkel est quasi-permanent depuis sa décision controversée de 2015 d’ouvrir l’Allemagne à des centaines de milliers de candidats à l’asile.

Il n’a cessé depuis trois ans de dénoncer ce choix et son offensive paraît viser la chancelière elle-même, perçue, du fait de son centrisme et de l’essor de l’extrême droite, comme un obstacle par les conservateurs les plus durs.

Quelle que soit l’issue du conflit, Angela Merkel en ressortira au moins affaiblie tant son trône a vacillé. Au pire, elle pourrait se retrouver proche de la sortie, moins d’un an après sa victoire étriquée aux législatives.

Après presque 13 années au pouvoir, elle se retrouve donc ouvertement contestée dans son gouvernement et sa famille politique, combattue en Europe, notamment par ses voisins de l’Est et l’Autriche, et enfin en conflit avec le président américain Donald Trump sur une multitude de sujets.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2018 16h35)

Merkel arrive au Liban, sur fond de polémique en Allemagne sur l’immigration

juin 21, 2018

Le Premier ministre libanais Saad Hariri et la chancelière allemande Angela Merkel, à Beyrouth, le 21 juin 2018 / © DALATI AND NOHRA/AFP / STRINGER

La chancelière allemande Angela Merkel est arrivée jeudi à Beyrouth dans le cadre d’une tournée au Moyen-Orient, sur fond de polémique en Allemagne sur sa politique migratoire.

Mme Merkel a rencontré le Premier ministre libanais Saad Hariri, qui l’a accueilli à l’aéroport. Les deux responsables se sont ensuite rendus au Grand Sérail, le siège du gouvernement dans la capitale libanaise.

Selon le bureau de presse de M. Hariri, les discussions ont porté sur les derniers développements au Liban et dans la région.

La chancelière allemande doit rencontrer vendredi le président Michel Aoun et tenir une conférence de presse avant de retourner en Allemagne, où elle fait face à une pression croissante pour freiner l’afflux des migrants.

Avant le Liban, Mme Merkel était en Jordanie, où elle a rencontré le roi Abdallah II.

Les deux pays du Proche-Orient accueillent le plus grand nombre de réfugiés par habitant au monde.

Alors que le sentiment anti-immigration se répand à travers toute l’Europe, Mme Merkel a été critiquée dans sa propre coalition gouvernementale pour avoir accepté d’accueillir plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015.

Beaucoup d’entre eux venaient de Syrie, dont le conflit vieux de sept ans est également responsable de l’afflux massif de réfugiés en Jordanie et au Liban.

Romandie.com avec(©AFP / 21 juin 2018 19h49)

Merkel et Macron pressés d’agir face à une Europe en « décomposition »

juin 19, 2018

La chancelière allemande Angela Merkel embrasse le président français Emmanuel Macron à son arrivée au palais Meseberg, au nord de Berlin, le 19 juin 2018 / © AFP / John MACDOUGALL

La chancelière allemande Angela Merkel, politiquement fragilisée, et le président français Emmanuel Macron se retrouvent mardi, en pleine crise migratoire, pour tenter d’accorder leurs violons sur la réforme d’une Europe menacée de « décomposition ».

« L’Europe est dans un processus de décomposition », a mis en garde Bruno Le Maire, ministre français des Finances avant un conseil des ministres franco-allemand dans l’après-midi à Meseberg, au nord de Berlin.

Dans une Europe post-Brexit divisée, prise de surcroît en étau entre le protectionnisme des Etats-Unis de Donald Trump et les ambitions de la Chine, il juge « indispensable de proposer un nouveau projet européen », sur l’immigration ou les questions économiques et financières, a-t-il déclaré à BFM TV.

Et alors qu’une nouvelle crise migratoire menace le continent, il appartient plus que jamais « à la France, à l’Allemagne d’être moteur pour trouver des solutions concrètes », a renchérit le secrétaire d’Etat français aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne à RFI et France 24.

Les dirigeants des deux plus grands pays de l’Union européenne doivent tenir une conférence de presse vers 14H00 GMT, avant de s’entretenir dans la soirée avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

– Eviter l’échec à Bruxelles –

Les demandes d’asile en Allemagne / © AFP / Thorsten EBERDING

Si les partenaires devraient s’accorder sur « une feuille de route » pour une réforme de la zone euro, ils seront surtout attendus sur la question brûlante de l’accueil des migrants, qui met non seulement l’Europe mais aussi la coalition gouvernementale de la chancelière à rude épreuve.

« C’est seulement si l’Allemagne et la France se mettent d’accord sur les questions migratoires et le disent avec force à Meseberg, que l’on pourra éviter que le sommet de l’UE à la fin du mois soit ce que tout le monde redoute actuellement: un échec annoncé », avertit le quotidien allemand Die Welt de mardi.

L’Italie, en première ligne depuis des années face à l’afflux des demandeurs d’asile, a déclenché une nouvelle crise dans l’UE après son refus d’accueillir un bateau chargé de migrants venus d’Afrique. Ils sont finalement arrivés dimanche en Espagne après une semaine d’odyssée.

Pour Angela Merkel et Emmanuel Macron: la gestion des migrants doit être européenne, alors que d’autres, comme la Pologne et la Hongrie, refusent d’ouvrir leurs frontières.

La chancelière, qui dirige l’Allemagne depuis près de 13 ans, a désespérément besoin d’une avancée.

Des migrants sur le pont de l’Aquarius qui entre dans le port de Valence, le 17 juin 2018 en Espagne / © AFP / JOSE JORDAN

Son ministre de l’Intérieur Horst Seehofer, représentant l’aile droite de sa coalition gouvernementale, lui a donné deux semaines pour réduire encore le flux de migrants au niveau européen, faute de quoi il ordonnera début juillet de « refouler immédiatement » les demandeurs d’asile arrivant aux frontières allemandes en provenance d’un autre pays européen. Cela pourrait conduire à la chute de son gouvernement.

Personne n’escompte un accord des Européens fin juin sur une réforme du règlement de Dublin, qui stipule que les demandeurs d’asile seront renvoyés dans leur pays d’arrivée.

Mais Paris et Berlin pourraient s’accorder sur un renforcement massif de Frontex, l’agence qui patrouille les côtes européennes, sur la création de « centres de tri » de migrants en Afrique et sur l’harmonisation du droit d’asile. La chancelière veut aussi nouer des accords bilatéraux de reconduite des migrants avec l’Italie ou encore la Grèce.

– « Accord substantiel » –

La réforme de la zone euro et sa mesure phare, la création d’un budget autonome lui donnant une capacité d’investir, grande ambition du président français, devrait aussi faire l’objet d’un compromis mardi avec Berlin. Paris a dit lundi espérer un accord « qui doit être substantiel ».

Emmanuel Macron accueilli par Angela Merkel à Meseberg / © AFP / Julien Sengel

Il s’annonce pourtant modeste face aux attentes françaises. Angela Merkel a déjà averti qu’elle accepterait un budget de seulement quelques dizaines de milliards d’euros, quand la France plaidait pour plusieurs centaines.

La chancelière est tiraillée entre son aile droite, qui redoute de voir l’Allemagne payer pour les pays trop dépensiers d’Europe du Sud, et son aile gauche, les sociaux-démocrates, qui lui demandent de ne plus faire preuve d' »avarice » et de soutenir les positions françaises.

Les deux pays devraient plus modestement s’accorder aussi sur une base commune pour l’impôt sur les sociétés.

Dernier sujet phare de la rencontre, le renforcement de l’Europe de la défense, alors que Donald Trump menace de moins financer l’Otan. Angela Merkel s’est dite « favorable » à la proposition française d’une « initiative européenne d’intervention (IEI) », sorte d’état-major de crise regroupant une dizaine de pays et devant conduire à une force commune.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juin 2018 13h59)

Allemagne: ultimatum pour Angela Merkel sur les migrants

juin 17, 2018

La chancelière allemande Angela Merkel le 30 mai 2018 à Berlin / © AFP/Archives / Odd ANDERSEN

L’aile droite de la coalition gouvernementale en Allemagne compte fixer lundi un ultimatum à Angela Merkel pour qu’elle restreigne l’accueil des migrants aux frontières, faute de quoi le pays plongera dans une grave crise politique.

« C’est la journée où le destin d’Angela Merkel et celui du gouvernement se décide », estime le quotidien Bild, le plus lu d’Allemagne.

En toile de fond, les péripéties de 630 migrants secourus en mer qui sont arrivés dimanche en Espagne, épilogue d’une semaine d’errance en Méditerranée qui a illustré des profondes fractures au sein de l’UE sur la question migratoire, au centre du prochain conseil européen des 28 et 29 juin.

En Allemagne, l’arrivée de plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 et 2016 a créé une onde de choc politique dans le pays qui ne faiblit pas.

Elle a d’abord contribué, comme en Italie ou en Autriche, à l’essor de l’extrême droite, et en même temps provoqué des déchirements au sein du camp conservateur de la chancelière, qui atteignent désormais leur apogée.

L’aile la plus radicale sur les migrants de sa fragile coalition gouvernementale – qui va de la droite dure aux sociaux-démocrates -, le parti bavarois CSU, veut imposer un tour de vis à la politique d’immigration nationale.

Objectif: refouler dorénavant tous les migrants à la frontière qui ont déjà été enregistrés dans un autre pays à leur arrivée dans l’UE, le plus souvent l’Italie ou la Grèce.

– ‘Défi européen’ –

La chancelière centriste refuse. Elle redoute qu’un tel cavalier seul ne crée le chaos et n’obère toute chance d’obtenir un solution commune en Europe, au moment où l’UE discute d’un système d’asile partagé.

« Il s’agit d’un défi européen qui nécessite une réponse européenne », a-t-elle dit ce week-end, prévenant que la « cohésion de l’Europe » était en jeu.

Mais l’Union chrétienne-sociale CSU, qui se prépare à de difficiles élections régionales en Bavière en octobre, perd patience. Elle accuse la chancelière et son parti démocrate-chrétien (CDU), avec lequel elle est pourtant alliée depuis 1949, de laxisme.

La direction de la CSU se réunit lundi matin à Munich avec l’objectif d’autoriser son président Horst Seehofer, également ministre fédéral de l’Intérieur, à défier Angela Merkel en imposant les refoulements aux frontières par décret.

– Mutinerie –

S’il passait immédiatement à l’acte, la chancelière n’aurait d’autre choix que de le limoger, ce qui provoquerait l’éclatement de la coalition au pouvoir depuis seulement trois mois et probablement de nouvelles élections.

Le ministre de l’Intérieur semble toutefois désormais disposé à accorder un délai de deux semaines à Angela Merkel, jusqu’à un sommet de l’UE fin juin, pour qu’elle négocie un accord sur le refoulement des migrants. A défaut, ce sera la crise.

« Il est essentiel que le sommet de l’UE prenne enfin des décisions fin juin », a averti M. Seehofer, dans une tribune publiée lundi par le quotidien FAZ.

« La situation est grave mais encore soluble », a-t-il ajouté.

« Personne à la CSU ne veut faire tomber la chancelière ou faire éclater le gouvernement », a également assuré l’intéressé dimanche, tout en restant ferme sur le fond.

La semaine qui s’ouvre s’annonce donc décisive pour l’avenir politique de la chancelière. Et la partie compliquée, car ce qu’exige son aile droite est précisément ce dont ne veut pas l’Italie, qui en tant que pays d’arrivée des migrants réclame plus de solidarité européenne.

Angela Merkel reçoit justement lundi soir son homologue italien Giuseppe Conte, dont le pays refuse désormais l’accès à ses ports aux navires d’ONG transportant des migrants.

Puis le lendemain elle s’entretiendra avec le président français Emmanuel Macron, dans un contexte européen explosif sur les migrants, illustré par les tensions autour du navire Aquarius.

Une réunion spéciale des principaux dirigeants européens concernés n’est du reste pas exclue avant même le sommet de l’UE de la fin du mois.

Angela Merkel est d’autant plus sous pression que sa cote de popularité en Allemagne chute, tandis que l’extrême droite progresse dans les sondages.

Le mécontentement croissant de l’opinion est exacerbé par des faits divers impliquant des migrants et ayant eu un large écho dans l’opinion, en particulier le viol et l’assassinat récents d’une adolescente par un jeune demandeur d’asile irakien arrivé en 2015.

Par ailleurs, lundi s’ouvre le procès d’un jeune réfugié afghan accusé d’avoir mortellement poignardé son ancienne petite amie de 15 ans dans un supermarché.

Romandie.com avec(©AFP / 18 juin 2018 04h19)

Trump face à Merkel: la photo « iconique » du G7 fait débat

juin 11, 2018

/ © Bundesregierung/AFP / Jesco DENZEL

Une photographie pour l’histoire? Le cliché viral diffusé au G7, où Donald Trump semble tenir tête au reste du monde, résume à lui seul les nouvelles fractures occidentales mais donne lieu à des interprétations assez diverses.

« L’Occident ébranlé », titre lundi le quotidien allemand Tagesspiegel, à côté de l’image désormais célèbre, prise par un photographe officiel travaillant pour le gouvernement allemand et diffusée sur les réseaux sociaux par le porte-parole de la chancelière Angela Merkel.

Cette photo, dont la composition rappelle celle d’un tableau, a été l’une des plus partagées, commentées ou détournées sur les réseaux sociaux, tant elle paraît résumer, mieux que tous les discours, l’état du monde après le fiasco du sommet des pays industrialisés au Canada.

Elle a été prise par un photographe allemand primé par le World Press Photo, Jesco Denzel, spécialisé dans les photos et portraits officiels.

Le porte-parole d’Angela Merkel, Steffen Seibert, a expliqué lundi que sa diffusion visait à donner aux internautes « un aperçu du travail de la chancelière et de l’atmosphère de travail intense d’un G7 ».

Elle paraît répondre à un objectif de communication encore plus précis: mettre en lumière la fermeté d’Angela Merkel, qu’on voit entourée d’autres dirigeants du G7. Appuyée en avant, les mains sur une table, elle semble tenir tête à Donald Trump, voire réprimander le chef d’Etat américain assis en face d’elle.

Que lui dit-elle? personne ne le sait. Dimanche soir à la télévision, Angela Merkel a juste prévenu qu’elle n’entendait pas « se faire avoir » au cas où les Etats-Unis relèveraient leurs droits de douane sur les importations d’automobiles, et que l’Europe répliquerait.

Pour l’hebdomadaire Der Spiegel, la photo constitue « une victoire sans appel de relations publiques pour l’Allemagne ». « En politique, il n’y a pas que les contenus qui sont importants, les images le sont aussi », souligne-t-il.

– ‘1-0 pour le président américain’ –

Toutefois, les interprétations de la scène divergent et beaucoup voient plutôt Donald Trump sortir vainqueur de ce cliché.

« 1-0 pour le président américain », estime sur Twitter Elisabeth Wehling, spécialiste de sciences politiques et de langage à l’université de Berkeley en Californie. Donald Trump « reste assis pendant que les autres personnes présentes sont debout », souligne-t-elle, une manière pour lui d' »affirmer sa propre autorité avec une diffusion mondiale ».

Du reste, sur la photo, Donald Trump paraît ignorer Angela Merkel qui s’adresse à lui, semblant plutôt écouter le président français Emmanuel Macron ou la Première ministre britannique Theresa May situés à la droite de la chancelière.

Pour l’entourage du milliardaire américain, l’image de Donald Trump impassible face aux Européens, traduit surtout la fermeté du héraut de « l’Amérique d’abord ».

« Encore un de ces #G7 où les autre pays attendent que les Etats-Unis soient éternellement leur banquier. Le président leur dit clairement que c’est fini », a commenté sur twitter John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche.

Le sentiment qui prédomine en Allemagne, après ce G7 en forme de psychodrame, est celui de la fin d’une époque, d’une césure dans la relation transatlantique, paradigme sur lequel le pays s’était largement reconstruit après 1945.

Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a estimé que Donald Trump, en retirant son soutien au communiqué final du sommet, a détruit « très rapidement une quantité incroyable de confiance » mutuelle.

Traditionnellement très atlantiste, Angela Merkel a parlé elle dimanche soir d' »un pas décisif » franchi par le président américain. L’Allemagne est tout particulièrement dans le collimateur de l’administration américaine, à la fois pour ses excédents commerciaux et pour ses dépenses militaires jugées trop faibles au sein de l’Otan. Et la nouvelle donne oblige le pays à repenser son orientation stratégique.

La chancelière se rallie désormais de plus en plus à la vision macronnienne d’une Europe puissance et souveraine. Elle vient d’accepter l’idée d’une force d’intervention commune européenne et a appelé dimanche soir l’Europe à mieux défendre ses intérêts « au risque sinon de se faire écraser dans un monde où dominent des pôles très forts ».

Romandie.com avec (©AFP / 11 juin 2018 15h25)

Merkel mise en cause dans un scandale sur les migrants en Allemagne

juin 3, 2018

Angela Merkel et son gouvernement ont été mis en cause dimanche dans un vaste scandale qui secoue depuis des semaines l’office chargé de gérer les centaines de milliers de migrants arrivés en Allemagne depuis 2015.

« L’échec se situe dans l’inaction (du gouvernement) dès lors que les défis auxquels l’Allemagne allait être confrontée avec l’arrivée des réfugiés étaient clairs », a déclaré l’ancien président de l’Office national des migrants et réfugiés (Bamf), Frank-Jürgen Weise, à l’hebdomadaire Der Spiegel.

« La crise aurait pu être évitée », a-t-il ajouté. Il a indiqué avoir personnellement informé Angela Merkel à deux reprises des problèmes en 2017, sans que des mesures soient prises.

Un rapport confidentiel établi par ses soins, dans lequel il s’en prend durement au gouvernement, a également fuité dans les médias.

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement de la chancelière Angela Merkel est sous pression, à la suite de la découverte d’une affaire de corruption présumée dans une des antennes à Brême du Bamf, un organisme dépendant du ministère de l’Intérieur.

La responsable de l’antenne, des avocats et interprètes ont été mis en examen pour corruption notamment.

L’antenne est accusée d’avoir validé au moins 1.200 demandes d’asile par des migrants, en échange de divers avantages. Sa responsable conteste les accusations et affirme qu’elle était juste débordée.

Depuis, le gouvernement vérifie plusieurs milliers d’autres dossiers, pour voir si le scandale n’est pas plus étendu.

Il doit surtout se défendre d’accusations d’avoir au mieux ignoré des mises en garde en interne sur les malversations et problèmes qui étaient en cours, voire de les avoir étouffés.

Le partenaire social-démocrate de la coalition gouvernementale d’Angela Merkel demande désormais des « explications » à la chancelière.

« C’est tout simplement un échec de la chancelière », a dénoncé dimanche un des dirigeants sociaux-démocrates, Ralf Stegner, au quotidien Tagesspiegel.

« On ne peut pas dire aux gens +On va y arriver+ (le slogan de Merkel lors de l’arrivée des migrants en 2015, ndlr) et ensuite rester les bras croisés quand l’organisme chargé du dossier échoue faute de moyens », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec (©AFP / 03 juin 2018 15h47)                                                        

Allemagne-Chine: Merkel a rencontré à Pékin les épouses d’avocats en détention

mai 28, 2018

Photo fournie le 28 mai 2018 par Li Wenzu, épouse de l’avocat chinois en détention Wang Quanzhang, la montrant rencontrant la chancelière allemande Angela Merkel le 24 mai à Pékin / © Li Wenzu/AFP / Handout

La chancelière allemande Angela Merkel a rencontré durant sa récente visite en Chine les épouses de deux avocats en détention — une initiative rare pour un dirigeant occidental — ont rapporté ces dernières lundi à l’AFP.

Les chefs d’Etat ou de gouvernement étrangers s’abstiennent généralement de parler publiquement des droits de l’homme et de rencontrer des militants durant leurs séjours dans le pays asiatique.

Angela Merkel n’a pas évoqué sa rencontre avec les deux femmes lors de sa visite officielle en Chine jeudi et vendredi. Elle a cependant déclaré avoir soulevé la question des droits de l’homme lors de son entretien avec le Premier ministre Li Keqiang.

Un porte-parole du gouvernement allemand a assuré à l’AFP que « la chancelière a rencontré jeudi dernier à Pékin un groupe d’avocats des droits de l’homme et de proches de personnes emprisonnées et a discuté avec eux de leur situation ».

Mme Merkel s’est entretenue jeudi avec Li Wenzu, la femme de l’avocat Wang Quanzhang, interpellé en juillet 2015, et avec Xu Yan, épouse de Yu Wensheng, inculpé en début d’année pour avoir réclamé des élections libres.

Une photo, transmise par Mme Li, la montre aux côtés de la cheffe du gouvernement allemand, qui lui tient l’épaule dans un geste de réconfort.

« Je lui ai parlé de la situation de mon mari Wang Quanzhang, l’avocat des droits de l’homme qui a disparu depuis plus de 1.000 jours », a témoigné Mme Li dans un message électronique.

« J’ai demandé à Mme Merkel de m’aider à confirmer auprès des autorités chinoises si Wang Quanzhang est toujours en vie ou non. Et s’il est toujours en vie, que mon avocat soit autorisé à le voir », a ajouté Mme Li, disant s’être rendue plus d’une centaine de fois dans un centre de détention à Tianjin (nord) où elle pense que son mari est emprisonné, mais sans obtenir de ses nouvelles.

Mme Merkel « a fait part de sa préoccupation envers moi, mon mari et mon enfant, et dit qu’elle continuerait à nous soutenir », a-t-elle poursuivi.

Wang Quanzhang fait partie des plus de 200 avocats et militants des droits de l’homme à avoir été arrêtés à l’été 2015 lors d’une vaste opération de répression. La grande majorité a depuis été libérée et d’autres condamnés à des peines allant jusqu’à huit ans de prison.

Me Wang avait notamment défendu des personnes expropriées, des militants des droits de l’homme, ou encore des membres de la secte Falungong, bannie en Chine continentale. Il est accusé de « subversion » mais n’a pas encore été jugé.

Angela Merkel avait par ailleurs été appelée avant sa visite en Chine à soulever le cas de Liu Xia, la veuve du prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo. Celle-ci est de facto assignée à résidence depuis huit ans, sans avoir fait l’objet d’une quelconque condamnation.

L’association Human Rights Watch espérait que Mme Merkel pourrait ramener Liu Xia avec elle en Allemagne.

Romandie.com avec (©AFP / 28 mai 2018 13h54)                

Karl Lagerfeld « déteste » Merkel et menace d’abandonner la nationalité allemande

mai 10, 2018

Le couturier Karl Lagerfeld à Monaco le 24 mars 2018 / © POOL/AFP/Archives / VALERY HACHE

Le couturier Karl Lagerfeld, exaspéré par la politique migratoire d’Angela Merkel, qui a selon lui causé l’entrée du parti d’extrême-droite AfD au Parlement, a menacé dans un entretien de renoncer à la nationalité allemande « si ça continue ».

« Avait-elle besoin de dire qu’il fallait accueillir un million de migrants (…)? Il faut se souvenir du passé qu’on a en Allemagne. Je déteste Mme Merkel pour l’avoir oublié », a affirmé le créateur de mode dans un entretien au magazine Le Point, réitérant ainsi ses critiques contre la chancelière.

« Elle a voulu se donner une bonne image, c’est son côté fille de pasteur qui ne supporte pas le mal que l’Allemagne a fait aux autres après 1933. Le paradoxe, c’est qu’en voulant réparer ce mal, elle le précipite au pouvoir. L’AfD était inexistante et en une seule phrase elle l’a fait exister en s’aliénant 2 millions d’électeurs et en envoyant 100 de ces néonazis au Parlement », poursuit le directeur artistique de Chanel.

« Si ça continue, j’abandonne la nationalité allemande. Je ne veux plus faire partie de ce club de néonazis », a ajouté le créateur de mode.

« Je ne veux pas devenir français pour autant. Je n’aime pas les nations, je suis cosmopolite. Je ne me sens pas allemand, je suis hanséatique », affirme encore le couturier natif de Hambourg.

Il y a quelques mois, Karl Lagerfeld avait pourtant affirmé dans un entretien à Madame Figaro qu’il se sentait « à fond » allemand. « Oui, je suis schleu à fond, un schleu de Weimar au goût du jour. C’est dans mes gènes et je ne me gêne pas. Et ce n’est pas parce que Mme Merkel fait des bêtises que je vais renoncer à être allemand », avait-il déclaré au magazine.

En novembre, d’autres propos du couturier sur les migrants, qu’il avait qualifiés d' »ennemis » des juifs, et sur Angela Merkel, tenus sur la chaîne C8, avaient fait polémique. « On ne peut pas, même s’il y a des décennies entre (les deux événements, ndlr), tuer des millions de juifs pour faire venir des millions de leurs pires ennemis après », avait-il lancé.

Romandie.com avec (©AFP / 10 mai 2018 13h45)                

Après Macron, Trump reçoit Merkel, une femme extraordinaire

avril 27, 2018

Angela Merkel et Donald Trump le 17 mars 2017 dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Trois jours après Emmanuel Macron, le président américain Donald Trump a reçu vendredi Angela Merkel à la Maison Blanche avec beaucoup moins de décorum mais les mêmes désaccords marqués, du dossier nucléaire iranien aux tarifs douaniers.

La chancelière allemande assise à ses côté dans le Bureau ovale, le président américain a loué « une femme extraordinaire », assurant, en dépit de réels moments de tensions au cours de l’année écoulée, avoir toujours eu d' »excellentes relations » avec elle.

Les deux dirigeants se sont brièvement serré la main dans le Bureau ovale, mais leurs retrouvailles n’ont, sans surprises, pas donné lieu aux embrassades, tapes dans le dos et signes ostensibles de complicité affichés par le président américain et son homologue français en début de semaine.

La brève visite de Mme Merkel, au cours de laquelle une conférence de presse commune est prévue, contraste avec la « visite d’Etat » à laquelle M. Macron a eu droite, entre tapis rouge et dîner fin avec tarte aux nectarines infusée de miel de la Maison Blanche.

Sur le fond, les discussions entre le président américain, au pouvoir depuis 15 mois, et la chancelière allemande, qui a obtenu un quatrième mandat à l’issue de plusieurs mois de tractations dont elle est ressortie affaiblie, s’annoncent particulièrement tendues.

« Il était important pour cette première visite en dehors d’Europe de venir aux Etats-Unis pour (…) approfondir encore les relations (entre les deux pays) », a souligné Mme Merkel, lors de brèves remarques au cours desquels elle n’a pas évoqué les points de discorde.

L’ancien homme d’affaires de New York a promulgué des taxes de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium en mars, accusant ses partenaires commerciaux de pratiques déloyales. Il en a néanmoins exempté l’Union européenne jusqu’au 1er mai.

– Concessions ? –

Or Larry Kudlow, son principal conseiller économique, a prévenu jeudi que ces exemptions ne seraient prolongées que si les Etats-Unis obtenaient des concessions, évoquant en particulier le secteur automobile.

Ses déclarations ont entraîné une réponse cinglante du ministre français de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, qui a assuré que l’Union européenne saurait réagir en cas de « guerre commerciale ». « Pourquoi ferions-nous des concessions? Au nom de qui, au nom de quoi ? », a-t-il lancé.

La chancelière allemande, arrivée dans la capitale fédérale américaine jeudi dans la soirée, se fait peu d’illusions sur ce dossier épineux.

« On doit partir du principe que les taxes douanières seront là le 1er mai », a indiqué un responsable gouvernemental allemand sous couvert de l’anonymat, « il nous faudra voir ce que nous allons faire ».

L’autre objectif de Mme Merkel est de tenter de convaincre le président américain que l’accord sur le nucléaire iranien doit être préservé, faute de quoi Téhéran pourrait reprendre sa quête de l’arme atomique et provoquer une course à l’armement dans une région instable.

Mais à l’approche de la date-butoir du 12 mai, les signaux sont peu encourageants. Le président républicain semble se préparer à « déchirer » ce texte négocié par son prédécesseur démocrate Barack Obama.

A l’issue de sa visite de trois jours à Washington, Emmanuel Macron a dit avoir le sentiment que Donald Trump allait retirer les Etats-Unis de cet accord « pour des raisons de politique intérieure ».

Excepté Washington, tous les signataires –Paris, Berlin, Londres, l’UE, Pékin et Moscou — et les inspecteurs internationaux considèrent que Téhéran tient ses engagements.

« Le principal problème de Merkel est qu’elle doit être à la hauteur des attentes selon lesquelles elle est désormais le véritable leader du monde libre », souligne Mona Krewel de Cornell University. « Trump ne devrait rien faire pour lui faciliter la tâche », prédit-elle.

(©AFP / 27 avril 2018 18h52)