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Le modèle de prévoyance anglo-saxon, plus risqué, gagne du terrain

août 21, 2018

Lausanne (awp) – En matière de prévoyance professionnelle, la tendance en Suisse est clairement au transfert des risques vers l’assuré. Dans certaines configurations, le retrait du 2e pilier en capital, une solution moins sûre, s’avère clairement plus avantageux. Les plus hauts salaires peuvent même se voir imposer un régime spécial excluant la possibilité de percevoir des rentes.

Ces solutions, appelées dans le jargon « Prévoyance 1e », peuvent s’appliquer légalement dès un revenu annuel de 126’900 francs. La décision revient à l’employeur qui peut décider de souscrire à un tel plan. L’employé répondant aux critères déterminés doit s’y plier. Il pourra néanmoins choisir son profil de risque et, partant, le rendement dont il bénéficiera.

Lors d’un sondage réalisé en 2017 par Credit Suisse, 13% des entreprises helvétique interrogées se disaient intéressées par ces plans de prévoyance 1e.

Ce modèle n’est pas sans rappeler celui pratiqué dans le monde anglo-saxon, où l’assuré peut gérer lui-même son avoir vieillesse, jusqu’à choisir les actions dans lesquelles il veut investir, avec le risque que cela comporte.

Pour Sara Carnazzi, économiste chez Credit Suisse, les dérives du système américain sont bien loin. « La Suisse s’est montrée modérée et a opté pour une solution de consensus », a-t-elle déclaré mardi lors d’une conférence de presse consacrée à la prévoyance professionnelle.

Sur le papier, ce système garantit une sécurité aux petits revenus – les assurés les plus vulnérables – et offre une flexibilité aux autres. Dans la réalité, les assujettis aux plans 1e jouent la sécurité et choisissent souvent les variantes les moins risquées, avec des rendements parfois inférieurs au 2e pilier « classique ».

La prévoyance 1e existe depuis quelques années mais a gagné véritablement en popularité grâce à un assouplissement législatif intervenu dernièrement. Les entreprises peuvent désormais transférer plus facilement le risque de rente vers l’assuré.

Les gestionnaires de fortune, eux, peuvent profiter de l’aubaine pour élargir leur clientèle. Credit Suisse considère les plans 1e comme une activité de banque privée.

La grande banque va lancer en fin de semaine sa Fondation collective dédiée à la gestion de ces cas. Cette prévoyance dite « surobligatoire » est considérée par le groupe zurichois comme un produit d’appel qui permettra de vendre d’autres prestations aux assurés.

Romandie.com avec(AWP / 21.08.2018 15h35)