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Angola: : José Eduardo dos Santos, un retour et des questions

septembre 15, 2021

L’ancien président angolais José Eduardo dos Santos à Lusaka, en Zambie, en avril 2008.

Après deux ans d’absence, l’ancien président est de retour à Luanda alors que son parti, le MPLA, est plus divisé que jamais. Le signe d’une trêve avec son successeur, João Lourenço ?

Il a fini par rentrer. Après deux années d’absence et plusieurs semaines de spéculations, l’ancien président, José Eduardo dos Santos, qui a dirigé l’Angola de 1979 à 2017, a regagné Luanda le 14 septembre.

Arrivant de Barcelone, où il avait élu domicile en avril 2019, l’ex-chef de l’État a atterri à Luanda en fin d’après-midi.

Une vidéo consultée par Jeune Afrique le montre en costume gris, chemise blanche et baskets descendre de l’avion, un Falcon 7X affrété par la présidence angolaise. Il est accueilli par une vingtaine de personnes, dont le général José Maria, son ancien chef du service d’intelligence et de sécurité militaire, puis s’engouffre dans une voiture pour rejoindre sa résidence de Miramar, un quartier résidentiel de la capitale angolaise.

Ce retour survient alors que le président João Lourenço est en déplacement pour deux jours dans le Kwanza-Norte, province rurale située à l’est de Luanda. L’ancien président doit rester un mois et assister à la cérémonie de fiançailles de l’un de ses fils, selon la presse portugaise et angolaise.

Apaisement des tensions

Si, sans surprise, elle n’a été commentée ni par le principal intéressé ni par la présidence, la présence de José Eduardo dos Santos en Angola fait figure d’évènement politique, témoignant d’un apaisement des tensions entre l’ancien et l’actuel homme fort du pays.

En mars déjà, plusieurs sources avaient évoqué une rencontre Lourenço – dos Santos à Dubaï, où se trouvait la fille aînée de José Eduardo dos Santos, Isabel dos Santos, une information toutefois non confirmée officiellement.

À son arrivée au pouvoir en 2017, João Lourenço, qui est issu du MPLA, le même parti que José Eduardo dos Santos, avait lancé une série de réformes et déclaré la guerre à la corruption, affirmant vouloir rompre avec les errements de la gouvernance précédente.

Hauts fonctionnaires, militaires, ministres et même des membres de l’ex-famille présidentielle ont été traduits devant la justice, écopant pour certains de peine de prison.

JOSÉ EDUARDO DOS SANTOS REVIENT ALORS QUE LE MPLA TRAVERSE LA PLUS PROFONDE CRISE DEPUIS L’INDÉPENDANCE DU PAYS

Le fils aîné de dos Santos, José Filomeno, a ainsi été condamné en août 2020 à cinq ans de prison pour fraude, blanchiment d’argent et trafic d’influence, un jugement dont il a fait appel. Le général José Maria, « Zé Maria », vient, lui, de terminer deux ans de détention à domicile pour fuite de documents confidentiels.

Exil en Espagne

C’est ce climat qui a conduit José Eduardo dos Santos à s’installer – « s’exiler », disent certains – en Espagne, où il est par ailleurs suivi médicalement depuis plusieurs années. Deux de ses filles, la femme d’affaires Isabel dos Santos et l’ancienne députée MPLA Welwitschia dos Santos, vivent aussi à l’étranger, d’où elles pointent régulièrement les difficultés socio-économiques du pays, deuxième producteur de pétrole du continent.

« José Eduardo dos Santos revient alors que le MPLA traverse sa plus profonde crise depuis l’indépendance du pays [en 1975], affirme Alcides Sakala, député de l’Unita et membre historique du parti. Il est déchiré par la lutte contre la corruption, de plus en plus critiqué par la population et a des difficultés à défendre son bilan. »

« Le MPLA est à la recherche d’une solution pour recréer l’union », ajoute ce responsable du principal parti d’opposition. L’Unita est dirigée depuis fin 2019 par Adalberto Costa Júnior et a organisé le 11 septembre une « marche » pour demander des élections « justes, libres et transparentes ».

Fébrilité du MPLA

Même si les divisions au sein du MPLA ont toujours existé, elles se sont multipliées sous la pression créée par la lutte contre la corruption, devenant de plus en plus fortes et visibles. Ce qui constitue une fragilité à quelques mois du prochain scrutin qui débouchera sur l’élection du chef de l’État.

« Ce retour peut attester d’un accord entre Lourenço et dos Santos ayant pour objectif la stabilisation du MPLA. Mais il peut tout aussi bien accroître les divisions au sein du parti, en redonnant de l’assurance aux anciens collaborateurs de dos Santos mis en cause par l’exécutif de Lourenço », explique Elias Isaac, ancien directeur d’Open Society Initiative for Southern Africa-Angola et figure de la société civile.

Dans ce cadre, le déroulement du prochain congrès du MPLA, prévu en décembre, devrait donner une indication sur l’état de santé du parti, véritable clé du pouvoir en Angola, comme sur le degré de maîtrise qu’en a le président Lourenço. Ce dernier, soutenu par les bailleurs de fonds mais à la tête d’un pays en crise à cause des conséquences de la pandémie de Covid-19, doit arbitrer entre réformes de long terme et amélioration des conditions de vie à court terme.

Avec Jeune Afrique par Estelle Maussion

Angola : manifestation contre une réforme « injuste » de la loi électorale

septembre 12, 2021

Joao Lourenço à l’Ecole polytechnique le 28 mai 2018.

Des centaines de partisans de l’opposition se sont rassemblés samedi 11 septembre à Luanda, la capitale, pour protester contre des modifications de la loi électorale. Selon eux, celles-ci compromettent la transparence des élections prévues l’an prochain.

Le président João Lourenço a présenté cette semaine un projet de loi visant à centraliser le décompte des voix au lieu de le faire au niveau de chaque municipalité et province.

Tous les députés de l’opposition se sont abstenus ou ont voté contre la réforme. Mais ces derniers n’ont que peu d’influence dans un Parlement largement dominé par le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA, au pouvoir depuis l’indépendance du pays du Portugal, en 1975).

Pour protester contre ce projet et pour réclamer des « élections libres et équitables », le principal parti d’opposition, l’Unita (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola), a organisé samedi une marche, soutenue par d’autres mouvements politiques et groupes de la société civile. L’Unita a proposé une série de mesures pour éviter les fraudes présumées. Parmi celles-ci, l’identification biométrique des électeurs ou l’implication de la société civile dans le dépouillement des bulletins de vote.

Controverse

Des centaines de manifestants se sont rassemblés dans la capitale, brandissant des drapeaux de l’Unita et de l’Angola tout en scandant « MPLA dégage ». Ils ont défilé dans le centre-ville en tenant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Exigeons nos droits » et « Nous voulons un contrôle biométrique ». Des policiers armés de matraques encadraient la manifestation.

Entre-temps, João Lourenço a également suscité la controverse pour avoir voulu modifier une autre loi électorale, qu’il a récemment soumise à l’Assemblée nationale avec des suggestions d’amendements.

Élu en 2017 après le retrait de son prédécesseur, José Eduardo dos Santos, après un règne de 38 ans, João Lourenço devrait briguer un second mandat lors des élections présidentielle, parlementaires et locales de 2022.

Par Jeune Afrique avec AFP

Angola: Isabel dos Santos sommée par la justice de restituer 422 millions d’euros d’actions

juillet 30, 2021
Isabel dos Santos, ici à Porto le 5 mars 2015, était absente à l’audience.

L’Institut néerlandais d’arbitrage (NAI) a rendu sa décision concernant la fille de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos. Elle devra restituer des actions d’une valeur de 422 millions d’euros à la compagnie nationale pétrolière Sonangol.

Selon cet Institut, qui fait partie de la Cour internationale d’arbitrage, la transaction par laquelle Isabel Dos Santos a acquis en 2006 une participation indirecte de 6% dans le groupe pétrolier et gazier portugais Galp Energia via une société néerlandaise est « nulle et non avenue ».

La décision du NAI est datée du 23 juillet et entrevue vendredi après sa publication par le quotidien néerlandais Financieel Dagblad (FD). La décision n’a pas été rendue publique par l’Institut lui-même.

Dans les procédures d’arbitrage, les parties conviennent souvent que la décision reste confidentielle, rapporte le FD.

Luanda Leaks

Isabel dos Santos, fille de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos, est accusée de corruption par la justice de son pays. Elle fait aussi l’objet d’une enquête au Portugal, ancienne puissance coloniale, alors qu’elle a également été mise en cause par les « Luanda Leaks », enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) fondée sur la fuite de 715 000 documents.

Isabel dos Santos avait été nommée « première femme milliardaire d’Afrique » en 2013 par le magazine américain Forbes.

Une décision contraignante

Avant de quitter la présidence en 2017, son père l’avait nommée à la tête de la puissante compagnie pétrolière nationale Sonangol, poste dont l’actuel chef de l’État João Lourenço l’a limogée en 2018.

La décision du NAI évoque des « transactions kleptocratiques » via lesquelles Isabel dos Santos et son époux, Sindika Dokolo, décédé l’année dernière, se sont personnellement enrichis avec des biens de l’État angolais. Il s’agit d’un jugement de droit civil juridiquement contraignant, a souligné le quotidien FD.

Par Jeune Afrique

Angola : entre Isabel dos Santos et João Lourenço, la tension monte d’un cran

mars 29, 2021
Isabel dos Santos à Londres, le 9 janvier 2020.

La femme d’affaires angolaise et fille aînée de l’ancien président dos Santos accuse l’exécutif angolais d’avoir mené « un complot » pour saisir illégalement ses actifs.

La crispation monte d’un cran entre Isabel dos Santos et la présidence angolaise. Dans un communiqué diffusé le 29 mars par une agence de relations publiques anglaise, la femme d’affaires, en difficulté depuis l’arrivée au pouvoir en 2017 du successeur de son père, João Lourenço, dénonce un « complot gouvernemental » mis en œuvre par l’actuel exécutif pour « saisir illégalement » ses actifs.PUBLICITÉ

Dans le cadre d’un litige autour de l’opérateur télécom Unitel, dont Isabel dos Santos et l’État angolais (via la compagnie pétrolière Sonangol) sont actionnaires, la fille aînée de l’ancien président dos Santos indique avoir produit devant un tribunal commercial de Londres des enregistrements audio et vidéo démontrant l’existence d’un « groupe de travail formel au niveau du gouvernement dont le but explicite est de concevoir et coordonner une campagne de saisie d’actifs » contre elle.

Les éléments fournis – collectés par la controversée société de renseignement privée Black Cube, créée par des anciens agents du Mossad israélien et qui a compté parmi ses clients le producteur américain Harvey Weinstein et l’homme d’affaires franco-israélien Beny Steinmetz – attestent aussi, selon Isabel dos Santos, de pressions de l’exécutif sur la justice angolaise pour obtenir le gel préventif de ses avoirs.

Nouvelle offensive

Celui-ci, prononcé fin 2019 en Angola puis début 2020 au Portugal, a, affirme le camp dos Santos, empêché la femme d’affaires de se porter candidate (via sa société Vidatel) au rachat de la participation de 25 % d’Unitel détenue par le groupe brésilien Oi et de régler le montant dû à l’une de ses filiales (PT Ventures) dans le cadre d’un arbitrage international.

Début 2020, c’est Sonangol (via la société Mercury) qui s’est porté acquéreur des 25 %, faisant ainsi passer à 50 % sa participation au capital d’Unitel, contre 25 % pour Vidatel d’Isabel dos Santos et 25 % pour une autre société, Geni, détenue par le général et ancien homme de confiance de José Eduardo dos Santos, Leopoldino do Nascimento « Dino ».

Cette prise de parole, couplée à la publication par le Financial Times d’un article présentant les éléments versés au dossier, est une nouvelle offensive du clan dos Santos contre la présidence Lourenço et la justice angolaise.

Lourenço sous pression

Menée par l’agence Powerscourt, qui défend les intérêts d’Isabel dos Santos depuis début 2020 et a notamment eu pour clients Beny Steinmetz et Dan Gertler – elle intervient après deux premières communications, début et fin mai 2020, dénonçant l’utilisation de documents falsifiés par les autorités de Luanda pour prononcer le gel des avoirs.

Sollicités par Jeune Afrique, la présidence angolaise et le bureau du procureur général de la République, qui rejettent depuis l’ouverture des procédures l’idée d’un processus politique contre Isabel dos Santos, n’ont pas adressé de réponse avant la publication.

Tendues, les relations entre la femme d’affaires – engagée dans des procédures à Londres, Amsterdam, Lisbonne, aux Îles Vierges Britanniques – et l’exécutif angolais se dégradent encore alors que le président Lourenço est sous pression pour produire des résultats dans le cadre de sa lutte contre la corruption comme vis-à-vis de sa promesse d’améliorer les conditions de vie de la population.

Avec Jeune Afrique Estelle Maussion

Angola : le nouveau roman d’Ondjaki, entre rêve et réalité

janvier 28, 2021
L’écrivain angolais Ndalu de Almeida, plus connu sous le pseudonyme Ondjaki

Dans « GranDMèreDixNeuf et le secret du soviétique », son nouveau roman, l’Angolais Ondjaki raconte la vie d’un quartier à Luanda, où les sensations s’entremêlent.

Depuis Bonjour camarades, son premier roman publié en 2001, Ndalu de Almeida, plus connu sous le pseudonyme Ondjaki, s’est imposé comme une voix originale en Afrique. Et importante, comme le montrent ses multiples traductions et distinctions, dont le Prix José Saramago (qui récompense de jeunes auteurs de langue portugaise) attribué à son roman Les Transparents en 2013.

GrandMèreDixNeuf et le secret du Soviétique est le sixième roman – le troisième traduit en France – de l’écrivain angolais né en 1977. Ondjaki se penche sur la vie d’un quartier à Luanda, la capitale. On y retrouve deux caractéristiques de son œuvre : le point de vue enfantin et l’époque des premières années postcoloniales. Nous sommes au début des années 1980, la République populaire d’Angola est un régime communiste. À la mort d’Agostinho Neto, le premier président, les Soviétiques construisent un immense mausolée où reposera son corps embaumé, sur le front de mer de Praia Do Bispo.

Tour de Babel du communisme

Dans son style si particulier, Ondjaki écrit « PraiaDoBispo », sans espace, tout comme il le fait pour les noms des personnages. Chacun porte une histoire, une anecdote teintée de poésie et d’humour. GrandMèreAgnette devient GrandMèreDixNeuf à la suite de l’amputation d’un orteil qui ne lui en laisse plus que 19, le jeune TroisQuatorze s’appelle en réalité Pinduca, dont le diminutif Pi est égal à 3,14, ÉcumeDeMer, doux dingue, se baigne « là où la mer faisait sur le sable comme une énorme nappe d’écume blanche que les vagues inventaient pour que l’eau n’arrive pas en force sur le sable », la pompe de VendeurD’Essence ne contient que de l’eau salée, RafaelTocToc, docteur, s’annonce rituellement par un « toc toc » avant de frapper aux portes…

En ce début des années 1980, Luanda est une Tour de Babel du communisme, où se mêlent Angolais, Cubains, Soviétiques. Elle fait résonner des voix hautes en couleur, dans ce quartier où on danse le tango avant une opération, où une fête spontanée peut réunir tous les voisins en quelques heures, où un crocodile vit dans une niche, où des perroquets recyclent les insultes qu’ils entendent à la télé… Et où des enfants se fixent une mission : pour résister à la destruction programmée du quartier par le plan de modernisation, ils veulent faire exploser le mausolée. Ou plutôt « dexploser » car, explique le jeune narrateur, « Moi j’aime dire « dexploser », on dirait un mot qui éclate, exploser c’est comme une flamme trop faible. »

JE FAIS APPEL À DES SOUVENIRS DÉFORMÉS POUR INVENTER DES HISTOIRES »

Face à son monde enchanté, se dresse, à l’instar du mausolée, celui, absurde, des Soviétiques. Les « langoustes », dont la peau rougit sous le soleil, s’échinent à porter des chemises à manches longues et des salopettes bleues, ce qui les conduit à exhaler, pour reprendre le langage des enfants, une certaine « puanteurov » (puanteur) sous les « aissellov » (aisselles). Le CamaradeBotardov, militaire soviétique ainsi surnommé parce qu’il déforme « boa tarde » (bon après-midi en portugais) en « botard », est le souffre-douleur des moqueries ravageuses. Mais dans sa maladresse, il est aussi la touche d’humanité de « l’autre camp », jusque dans son secret qui donne son titre au livre…

Entremêler les sensations

Dans un échange avec la poétesse angolaise Ana Paula Tavares retranscrit à la fin du roman, Ondjaki qualifie mieux que quiconque son projet littéraire : « Je fais appel à des souvenirs déformés pour inventer des histoires ». Et ajoute-t-il : «  j’exerce le droit d’attribuer la parole à des rêves – même à ceux qui n’ont pas été vraiment rêvés, parce que je suis celui qui croit en des cris bleus, en des explosions parcourues de cerfs-volants virevoltant dans une nuit noire de Luanda. je continue à convoquer les enfants pour qu’ils me parlent de leur croyance en des ciels dansants. je continue à écouter des histoires pour donner à lire l’Histoire. »

Les « cris bleus » sont « des mots criés au fond de la mer », écrit-il dans un court dialogue en exergue. Ouïe et vue sont ainsi associés, les mots ont un son mais aussi une couleur, une odeur, un goût. Définir une perception par un terme appartenant à un sens différent, c’est le propre de la synesthésie. Une figure de style au cœur de l’œuvre d’Ondjaki, maître dans l’art d’entremêler les sensations. Pour construire son univers à nul autre pareil, il allie ses talents de poètes, d’auteur jeunesse, de romancier, de nouvelliste et même de documentariste, tant il nous donne à voir ce qu’il raconte. Cet entrelacs fabuleux, entre rêve et réalité, caractérise une œuvre littéraire totale qu’il parvient sans cesse à réenchanter.

GrandMèreDixNeuf et le secret du Soviétique d’Ondjaki traduit du portugais par Danielle Schramm (éd. Métailié, 185 p., 17,60€)

UN PEU D’HISTOIRE…

Avril 1974  : Chute de Salazar au Portugal. Fin de la dictature militaire, qui ouvre la voie à l’indépendance de l’Angola, colonie portugaise. 1975  : Début de la guerre civile entre le MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola), l’UNITA (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) et le FNLA (Front national de libération de l’Angola). 11 novembre 1975 : Indépendance de la République populaire de l’Angola. Agostinho Neto, chef du MPLA, devient président et instaure un régime marxiste-léniniste sur le modèle soviétique. 10 septembre 1979 : Mort d’Agostinho Neto à Moscou. 17 septembre 1982 : Pose de la première pierre du mausolée. 4 avril 2002 : Accords de paix entre le gouvernement du MPLA et l’UNITA au terme de 27 ans de guerre civile. 17 septembre 2012 : Inauguration du Mémorial Dr. António Agostinho Neto.

Avec Jeune Afrique par Mabrouck Rachedi

RDC-Angola – Décès de l’homme d’affaires Sindika Dokolo

octobre 30, 2020
Isabel dos Santos aux côtés de son époux Sindika Dokolo, au Portugal en mars 2015 (photo d'illustration).

L’homme d’affaires et collectionneur d’art congolais Sindika Dokolo est décédé, le 29 octobre, à la suite d’un accident de plongée.

Sindika Dokolo est décédé, ce jeudi 29 octobre à Dubaï, où il résidait, à la suite d’un accident de plongée. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par plusieurs membres de sa famille.

Dandy cultivé et homme d’affaires avisé, Sindika Dokolo était aussi un observateur attentif de la scène politique régionale. Il était âgé de 48 ans.

Il était depuis 2002 l’époux d’Isabel dos Santos, la fille de l’ancien président angolais, José Eduardo dos Santos, au pouvoir de 1979 à 2017.

Intelligent et ambitieux

Il était aussi le fils de l’homme d’affaires Augustin Dokolo Sanu, dont il avait hérité en 2001. Aux côtés de sa femme, Hanne Kruse, une Danoise épousée en 1968, ce patriarche mukongo avait édifié l’un des plus vastes empires économiques du Zaïre de Mobutu, avec pour fleuron la Banque de Kinshasa.

Sindika Dokolo lui-même avait grandi entre l’Afrique et l’Europe. Intelligent et ambitieux, il avait construit carrière et fortune aux côtés de son épouse Isabel dans le pétrole, les diamants (via De Grisogono), la distribution, le ciment, et la téléphonie. Collectionneur d’art, il plaidait pour que les œuvres d’art pillées soient restitués aux musées africains.

En 2017, alors que le mandat de Joseph Kabila arrivait à son terme et que celui-ci entretenait le mystère sur ses intentions, Dokolo avait fondé le mouvement citoyen « Congolais debout » et appuyé financièrement d’autres organisations et personnalités proches de l’opposition.

Luanda Leaks

Son épouse était récemment tombée dans le collimateur de la justice en Angola et au Portugal, où les avoirs du couple, estimés à plusieurs milliards de dollars, sont gelés.

En début d’année, les Luanda Leaks ont aussi exposé les dessous de l’empire financier du couple. En août, le demi-frère de sa femme, José Filomeno dos Santos, avait pour sa part été condamné à cinq ans de prison pour fraude, blanchiment d’argent et trafic d’influence dans le cadre d’un projet de constitution d’un fonds d’investissement quelques mois avant le départ de son père de la présidence angolaise.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnalités ont commencé à lui rendre hommage, rappelant son combat pour « l’instauration d’un État de droit » en RDC et son engagement pour le respect de l’identité africaine

Avec  Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala– à Kinshasa

Angola: le fils de l’ex-président dos Santos condamné à 5 ans de prison pour fraude

août 14, 2020

José Filomeno Dos Santos lors de l'ouverture de son procès, le 9 décembre 2019 à Luanda.

José Filomeno dos Santos, fils de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos, a été condamné vendredi 14 août à cinq ans de prison pour «fraude» dans le cadre de ses activités à la tête d’un fonds souverain angolais entre 2013 et 2018, a-t-on appris de source judiciaire. «Pour le chef de fraude et celui de trafic d’influence, le prévenu est condamné à une peine cumulée de cinq ans de prison», a annoncé le juge Joao da Cruz Pitra, de la Cour suprême de Luanda.

En juin, le parquet avait requis sept ans de prison contre lui et un autre accusé, et dix ans pour les deux autres coprévenus, dont l’ex-patron de la Banque centrale Valter Filipe da Silva. Les trois complices présumés de José Filomeno dos Santos, 42 ans, ont été condamnés à des peines de quatre à six ans de prison.

Ils étaient accusés d’avoir transféré illégalement 500 millions de dollars de la Banque centrale vers le compte londonien d’une agence du Crédit suisse, dans le cadre d’une fraude qui leur aurait permis, selon le parquet général, de détourner jusqu’à 1,5 milliard de dollars. Les quatre hommes, qui ont toujours clamé leur innocence, ont en revanche été acquittés du chef de blanchiment d’argent.

Un «nettoyage»

Depuis le départ en 2017 de José Eduardo dos Santos, après 38 ans au pouvoir, son successeur Joao Lourenço a limogé, au nom de la lutte contre la corruption, tous les proches que l’ancien président avait placés à la tête des institutions, des entreprises publiques et de l’appareil sécuritaire du pays. Les symboles de ce «nettoyage» sot José Filomeno dos Santos et sa demi-sœur Isabel, qui a été évincée en novembre 2017 du poste de PDG de la compagnie pétrolière nationale, la Sonangol.

Présentée comme la femme la plus riche d’Afrique, elle est soupçonnée par la justice et les autorités angolaises d’importants détournements de fonds publics, récemment évalués à 5 milliards de dollars. Ses comptes bancaires ont été gelés en Angola et au Portugal.

Par Le Figaro avec AFP

Angola : la justice portugaise gèle les avoirs d’Isabel dos Santos

février 11, 2020

 Isabel dos Santos

Isabel dos Santos © AP Photo/Paulo Duarte/SIPA

 

La décision a été prise à la demande de la justice angolaise dans le cadre d’une enquête pour mauvaise gestion et détournement de fonds durant le mandat d’Isabel dos Santos à la tête de la société pétrolière publique Sonangol.

Nouveau coup dur pour la fille de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos. La justice portugaise a gelé les avoirs d’Isabel dos Santos, selon des informations publiées mardi 11 février par le quotidien portugais Expresso.

La mesure a été prise à la demande de la justice angolaise, qui a mis en examen, fin janvier, la femme d’affaires angolaise pour mauvaise gestion et détournement de fonds lors de son temps à la tête de la compagnie nationale pétrolière Sonangol, de juin 2016 à novembre 2017.

La justice angolaise enquête notamment sur des transferts d’un montant de 115 millions de dollars qui seraient partis des comptes de Sonangol pour aller vers une société à Dubaï contrôlée par Isabel dos Santos. Cette dernière, qui peut contester le gel, n’a pas officiellement réagi dans l’immédiat.

« Luanda Leaks »

Cette décision est la dernière étape de derniers mois très difficiles pour Isabel dos Santos. Fin décembre 2019, la justice angolaise avait annoncé le gel préventif de ses avoirs, une mesure  – contestée par la fille de l’ex-président angolais – visant à obtenir le paiement à l’État d’un préjudice estimé à 1,1 milliard de dollars.

Quelques jours après, le Portugal avait annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire pour faire la lumière sur les fonds angolais investis dans le pays. Enfin, mi-janvier, les révélations des « Luanda Leaks », levant le voile sur les dessous de l’empire financier d’Isabel dos Santos et de son mari Sindika Dokolo, avaient fini d’écorner l’image de femme d’affaires à succès de la milliardaire angolaise.

Le gel de ses avoirs au Portugal intervient alors qu’Isabel dos Santos a annoncé sa sortie de deux de ses importantes positions dans le pays, la banque Eurobic et le groupe énergétique Efacec.

Avec Jeuneafrique.com par Estelle Maussion

Un banquier d’Isabel dos Santos retrouvé mort à Lisbonne

janvier 23, 2020

Isabel dos Santos, le 15 mars 2019.

Isabel dos Santos, le 15 mars 2019. © Unitel Angola/AP/SIPA

 

Le gestionnaire des comptes d’Isabel dos Santos a été retrouvé mort mercredi 22 janvier, trois jours après la publication des Luanda Leaks, qui accusent la femme la plus riche d’Afrique d’avoir « siphonné les caisses du pays » et citent le nom du banquier.

Un banquier portugais, dont le nom apparaît dans les « Luanda Leaks » et qui travaillait pour la banque Eurobic dont la fille de l’ex-président angolais Isabel dos Santos est l’actionnaire principale, a été retrouvé mort mercredi 22 janvier 2020 à Lisbonne et se serait probablement suicidé.

« Le corps » de Nuno Ribeiro da Cunha « a été retrouvé hier soir et tous les indices portent à croire qu’il s’agit d’un suicide », a indiqué un porte-parole de la police portugaise.

L’homme de 45 ans, qui travaillait pour la banque Eurobic, dont Isabel dos Santos est l’actionnaire principale, a été comme elle mis en cause mercredi par la justice angolaise.

Gestionnaire des comptes d’Isabel dos Santos

Le nom de Nuno Ribeiro da Cunha apparaît dans les documents des « Luanda Leaks », l’enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) publiée dimanche et qui accusait Isabel dos Santos d’avoir « siphonné les caisses du pays » africain.

Selon les médias portugais, le banquier était le responsable de la banque privée au sein d’Eurobic et le gestionnaire des comptes d’Isabel dos Santos.

La fille de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos a été formellement accusée en Angola de toute une série de délits, parmi lesquels fraude, détournement de fonds et blanchiment d’argent. Elle est également visée par des accusations de trafic d’influence, d’abus de biens sociaux et faux en écritures durant son mandat à la tête du groupe pétrolier public Sonangol.

Eurobic avait coupé les ponts avec Isabel dos Santos

Le procureur général angolais Helder Pitta Gros est arrivé jeudi à Lisbonne où il doit rencontrer son homologue portugais, a confirmé le ministère public, sans donner plus de précisions.

Après la mise en cause d’Isabel dos Santos dans l’enquête du Consortium, Eurobic avait annoncé sa décision de mettre fin à toute « relation commerciale » avec sa principale actionnaire.

Mercredi, Eurobic a indiqué que la femme d’affaires allait vendre ses parts au sein de la banque. Selon les médias portugais, elle aurait transféré des fonds d’origine douteuse au Portugal via cette banque.

 Par Jeune Afrique avec AFP

Angola : Isabel dos Santos mise en examen pour mauvaise gestion et détournement

janvier 23, 2020

Isabel dos Santos

Isabel dos Santos © AP Photo/Paulo Duarte/SIPA

 

L’étau se resserre autour de la fille de l’ancien président angolais José Éduardo dos Santos. Alors que les “Luanda Leaks” viennent d’éclater, la justice angolaise décide de poursuivre Isabel dos Santos dans le cadre d’une enquête lancée en mars 2018 sur sa gestion lorsqu’elle dirigeait la compagnie pétrolière nationale, Sonangol.

Le procureur général de la République angolaise, Hélder Pitta Grós, a déclaré mercredi 22 janvier au soir qu’Isabel dos Santos venait d’être mise en examen pour mauvaise gestion et détournement de fonds durant son mandat à la tête de la société pétrolière publique Sonangol, de juin 2016 à novembre 2017.

L’annonce a été faite juste avant le départ du procureur angolais pour le Portugal. À son arrivée ce jeudi 23 janvier au matin à Lisbonne, il a précisé qu’il venait « demander de l’aide sur beaucoup de choses », relate la presse portugaise. Hélder Pitta Grós doit rencontrer son homologue portugaise, Lucília Gago, à 15 heures.

Transfert suspect de 38 millions de dollars

La mise en examen d’Isabel dos Santos intervient après le dépôt d’une plainte pour mauvaise gestion par son successeur à la direction de Sonangol, Carlos Saturnino, et qui avait donné lieu à l’ouverture d’une enquête en mars 2018 . Une accusation qu’avait fortement contestée Isabel dos Santos via Twitter et auprès des médias. Elle avait même lancé un site internet, baptisé « Factos Sonangol », pour « rétablir la vérité ».

La justice angolaise, elle, s’est penché sur un transfert suspect de 38 millions de dollars de la Sonangol, réalisé alors que la fille de l’ancien président José Éduardo dos Santos n’en était plus la dirigeante, ce vers une société lui appartenant basée à Dubaï. La société en question, Matter Business Solutions, gérait un groupe de consultants détachés auprès de Sonangol.

Dans le cadre des « Luanda Leaks », la presse portugaise, et notamment le journal Expresso, fait état de plus de 100 millions de dollars qui auraient été transférés vers Dubaï dans des conditions suspectes. Plus de la moitié de la somme (57 millions) apparaît avoir été versée après le départ d’Isabel dos Santos de son poste. Certaines factures ne détaillent pas les prestations effectuées. Et l’autorisation des transactions aurait été signée par une nouvelle directrice de la filiale de Sonangol au Royaume-Uni, précédemment nommée par Isabel dos Santos.

Quatre autres mises en examen

Dans le cadre de la procédure sur le volet Sonangol, quatre autres personnes de nationalité portugaise sont également mises en examen en Angola. Il s’agit de Sarju Raikundalia, ancien administrateur financier de Sonangol, de Mário Leite da Silva, le principal gestionnaire des affaires d’Isabel dos Santos au Portugal (également président du conseil d’administration de la banque angolaise BFA), de Paula Oliveira, proche d’Isabel dos Santos et administratrice du groupe portugais de télécommunication NOS, et Nuno Ribeiro da Cunha, le directeur de la banque Eurobic

Jeuneafrique.com par Aurélie M’Bida et Estelle Maussion.