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Khashoggi étranglé et démembré d’une manière préméditée, selon Ankara

octobre 31, 2018

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Manama au Bahreïn, le 15 décembre 2014 / © AFP/Archives / MOHAMMED AL-SHAIKH

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué par « strangulation » et son corps « démembré » au consulat de son pays à Istanbul d’une manière préméditée, a affirmé le parquet turc mercredi, Ankara regrettant un manque de coopération de Ryad dans l’enquête.

Parallèlement, le parti au pouvoir en Turquie, l’AKP, a estimé que le meurtre n’aurait pu être mené sans instructions de « haut niveau » de Ryad, qui a cherché à se dédouaner en affirmant que Khashoggi avait été tué lors d’une opération « non autorisée ».

Le parquet d’Istanbul a révélé des détails sur le meurtre, perpétré le 2 octobre, dans un communiqué publié quelques heures après le départ du procureur saoudien Saoud ben Abdallah Al-Muajab à l’issue d’une visite entamée dimanche en Turquie et qui n’a permis aucune avancée sur deux points clés de l’enquête: identifier les commanditaires du meurtre et ce qu’il est advenu du corps.

En annonçant que Khashoggi a été tué par strangulation et son corps démembré, le procureur d’Istanbul a confirmé pour la première fois des informations publiées depuis plusieurs semaines dans la presse turque sur les détails macabres du meurtre.

« Conformément à un plan prémédité, la victime Jamal Khashoggi a été étranglée à mort dès son entrée au consulat », a affirmé le procureur.

« Le corps de la victime a été démembré et on s’en est débarrassé suite à sa mort par strangulation, là encore conformément à un plan préparé d’avance », a-t-il ajouté.

– « Instructions de haut niveau » –

En insistant sur le caractère prémédité du meurtre et de la façon dont les tueurs se sont débarrassés du corps, le procureur démonte la version initiale des autorités saoudiennes selon laquelle Khashoggi a été tué lors d’un interrogatoire qui a mal tourné. Ryad a fini par admettre du bout des lèvres que le meurtre était prémédité mais seulement en se basant sur les éléments d’enquête fournis par les Turcs.

Avant la publication du communiqué du procureur, un haut responsable turc parlant sous couvert d’anonymat avait affirmé à l’AFP que les responsables saoudiens ne coopéraient pas « sincèrement » dans l’enquête.

L’affaire Khashoggi / © AFP / John SAEKI

Jamal Khashoggi, un éditorialiste saoudien collaborant notamment avec le Washington Post, a été tué par un commando saoudien dans le consulat de son pays à Istanbul après s’y être rendu pour des démarches administratives.

Son corps n’a pas été retrouvé depuis.

Le parquet s’est dit dans son communiqué « obligé » de révéler des éléments de l’enquête après avoir fait le constat que la visite à Istanbul du procureur général saoudien « n’a pas donné de résultat concret ».

Sous la pression internationale, Ryad avait reconnu, après plusieurs jours de dénégations, le meurtre du journaliste dans son consulat lors d’une opération « non autorisée », mais a avancé plusieurs versions contradictoires qui ont suscité le scepticisme.

Plusieurs responsables et médias turcs ont directement incriminé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, dans ce meurtre alors que Ryad s’efforce de le dédouaner en insistant sur le caractère « non autorisé » de l’opération.

« Qui a donné l’ordre? Il ne s’agit pas là d’une action qui aurait pu être menée sans des instructions de haut niveau », a martelé mercredi Omer Celik porte-parole de l’AKP, le parti au pouvoir en Turquie lors d’une conférence de presse à Ankara.

« Nous n’accusons personne mais nous ne tolérerons aucune opération de dissimulation et cela doit être clair », a-t-il ajouté.

– « Sauver MBS » –

Khashoggi: le procureur saoudien quitte le consulat d’Istanbul / © AFP / Celine Jankowiak

M. Celik en outre mis en doute les déclarations de Ryad affirmant ignorer où se trouve le corps du journaliste.

« Il est hors de question qu’ils n’en aient pas été informés », a-t-il dit, estimant que le consul saoudien à Istanbul, qui a regagné Ryad quelques jours après le meurtre, avait sans doute partagé cette information avec les autorités saoudiennes.

Des observateurs ont jugé les explications saoudiennes peu crédibles notamment en raison de la présence au sein du commando saoudien envoyé à Istanbul de plusieurs membres de services de sécurité directement rattachés au prince ben Salmane.

L’éditorialiste turc proche du pouvoir Abdülkadir Selvi a accusé mercredi dans le quotidien Hürriyet le procureur saoudien de travailler « pour sauver le prince héritier (saoudien) en manipulant cette enquête au lieu de faire la lumière sur ce meurtre ».

Commentant le déroulement de l’enquête, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a estimé mercredi que « le compte n’y est pas ».

« Aujourd’hui, même si les autorités saoudiennes ont reconnu qu’il y avait un meurtre, le compte n’y est pas. La vérité n’est pas au rendez-vous », a-t-il déclaré sur la radio RTL.

Romandie.com avec(©AFP / (31 octobre 2018 18h14)

Tensions Washington-Ankara: la livre turque bat de nouveaux records à la baisse

août 6, 2018

Employée d’un bureau de change d’Ankara, la capitale turque, le 25 mai 2018 / © AFP/Archives / ADEM ALTAN

La livre turque a battu lundi un nouveau record à la baisse face au dollar et à l’euro alors qu’Ankara a répliqué pendant le week-end à des sanctions prises par Washington en lien avec l’arrestation en Turquie d’un pasteur américain.

Un dollar s’échangeait contre 5,19 livres turques en fin d’après-midi, perdant plus de 2% de sa valeur sur la journée. Elle s’échangeait par ailleurs à 5,99 TRY contre un euro.

La livre, déjà fortement affaiblie, s’échangeait à plus de 5 TRY contre un dollar depuis l’annonce mercredi par Washington de sanctions imposées contre Ankara.

Les Etats-Unis ont pris des sanctions contre les ministres turcs de l’Intérieur et de la Justice, visés pour leur rôle présumé dans le procès qui vise Andrew Brunson, un pasteur américain accusé en Turquie d’activités « terroristes » et d’espionnage.

M. Brunson, qui nie fermement ces accusations, a été placé en résidence surveillée fin juillet après plus d’un an et demi de détention.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a répliqué samedi en appelant à ce que les avoirs en Turquie des « ministres américains de la Justice et de l’Intérieur » soient gelés.

Il n’était toutefois pas clair si le président turc faisait référence au ministre de l’Intérieur, Ryan Zinke, ou à la ministre de la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen.

Les deux ministres turcs ont néanmoins assuré n’avoir aucun bien aux Etats-Unis, tout comme il est peu probable que les ministres américains visés par M. Erdogan en aient en Turquie, ce qui rend ces sanctions très symboliques.

Billets de banque turcs et américains à Istanboul, le 23 mai 2018 / © AFP/Archives / OZAN KOSE

De plus, la pression sur la livre turque a été accrue par l’annonce du bureau du représentant américain au Commerce selon laquelle il est en train de réévaluer l’éligibilité de la Turquie pour un programme d’exportation sans taxes vers les Etats-Unis.

Par ailleurs, de nombreux économistes appellent à une hausse des taux d’intérêt de la banque centrale afin d’enrayer une inflation galopante (+15,85% en rythme annuel en juillet).

Mais la banque centrale turque est sous pression de M. Erdogan qui prône exactement l’inverse, dénonçant les « lobbies des taux d’intérêt ».

« Le niveau actuel du taux d’intérêt réel est insuffisant pour compenser la prime de risque géopolitique accrue après les sanctions américaines », estime dans une note Inan Demir, économiste chez Nomura International, estimant que la livre reste « vulnérable à une nouvelle escalade de tensions géopolitiques ».

Selon lui, la banque centrale « n’est pas en position de hausser ses taux ».

Romandie.com avec(©AFP / (06 août 2018 16h32)

L’ambassade et le consulat néerlandais en Turquie bouclés pour « raisons de sécurité » (responsables turcs)

mars 12, 2017

Istanbul – Les autorités turques ont bloqué samedi soir les accès à l’ambassade des Pays-Bas à Ankara et au consulat du royaume à Istanbul pour « raisons de sécurité », a-t-on appris auprès de responsables du ministère turc des Affaires étrangères.

« Les résidences du chargé d’affaires de l’ambassade et du consul sont soumises au même traitement », ont précisé ces sources qui s’exprimaient sous le couvert de l’anonymat.

Ce geste s’inscrit dans la crise diplomatique entre les deux pays, née de la décision du gouvernement néerlandais d’empêcher samedi le ministre turc des Affaires étrangères de se rendre aux Pays-Bas pour un meeting de soutien au référendum convoqué par le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Ce dernier a vivement réagi à la décision de La Haye et a accusé le gouvernement néerlandais d’entretenir des « vestiges du nazisme ». Des propos qualifiés de « fous » et « déplacés » par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

M. Cavusoglu a, en revanche, pu atterrir à dans la soirée à Metz, une ville de l’est de la France où il doit participer à un meeting dimanche.

Romandie.com avec(©AFP / 11 mars 2017 22h00)             

Allemagne: des religieux soupçonnés d’espionnage pour Ankara

février 15, 2017

Berlin – Les appartements de quatre religieux musulmans, soupçonnés d’avoir espionné en Allemagne des partisans du prédicateur Gülen pour le compte du régime du président turc, ont été perquisitionnés mercredi, selon le Parquet fédéral allemand.

« Aucune interpellation n’a eu lieu », a toutefois précisé Frauke Köhler, porte-parole du Parquet fédéral lors d’une brève intervention devant la presse.

Ces personnes sont « soupçonnées d’avoir rassemblé des informations sur les partisans du mouvement Gülen et d’en avoir rendu compte au consulat général turc à Cologne », selon un communiqué du Parquet.

Aucune indication sur leur identité ou leur nationalité n’a été livrée.

Selon l’édition en ligne du média Spiegel, il s’agit d’imams du Ditib, la principale organisation de la communauté turque musulmane en Allemagne directement contrôlée par Ankara.

Les quatre religieux sont soupçonnés d’avoir agi suite à une injonction de la Direction turque des Affaires religieuses (Diyanet), qui dépend directement des services du Premier ministre turc, datant du 20 septembre et dans laquelle le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen est rendu responsable du coup d’Etat manqué du 15 juillet en Turquie. Fethullah Gülen vit en exil aux Etats-Unis,

Lors de ces perquisitions, qui ont eu lieu en Rhénanie du Nord-Westphalie et en Rhénanie-Palatinat, « des moyens de communication, des supports de données et des documents écrits » ont été saisis, a indiqué Mme Köhler.

Le ministre de la Justice, Heiko Maas, a enjoint au Ditib de faire la lumière « immédiatement et complètement » sur ces accusations. « Qui se sert de l’islam comme d’une couverture pour de l’espionnage, ne peut pas en appeler à la liberté religieuse », a-t-il asséné.

Selon le chef du Renseignement en Rhénanie du Nord-Westphalie, au moins 13 imams du Ditib dans cette région ont livré des noms de sympathisants du mouvement Gülen à Ankara, rapporte le Spiegel.

En Autriche, le ministère de l’Intérieur a par ailleurs confirmé mercredi examiner des documents remis par le député écologiste Peter Pilz, spécialiste des questions de sécurité, qui accuse l’Atib, le pendant du Ditib en Autriche, de se livrer aussi à des activités d’espionnage au profit d’Ankara.

M. Pilz affirme disposer d’information selon lesquelles l’Atib « est impliqué dans la surveillance de partisans du mouvement Gülen ainsi que de Kurdes, d’opposants et de journalistes ». L’Atib a démenti ces allégations.

M. Gülen est désigné par la Turquie comme l’instigateur du coup d’Etat raté, ce que l’intéressé dément catégoriquement. Les procédures judiciaires lancées après le putsch avorté sont d’une ampleur sans précédent en Turquie.

La communauté turque d’Allemagne, la plus importante dans le monde hors de Turquie, est secouée par de gros remous depuis ces évènements. Les autorités allemandes ont à plusieurs reprises mis en garde contre l' »exportation » des conflits turcs sur le sol allemand.

Les Turcs vivant en Allemagne entretiennent des liens étroits avec leur pays d’origine. Le Premier ministre Binali Yildirim est attendu samedi à Oberhausen, dans la Ruhr, pour un rassemblement dans le cadre du référendum du 16 avril sur la réforme constitutionnelle renforçant les pouvoirs de M. Erdogan.

Le Ditib gère quelque 900 mosquées ou communautés en Allemagne. Ses imams sont des fonctionnaires envoyés pour trois à quatre ans par Ankara.

Romandie.com avec(©AFP / 15 février 2017 14h05)             

Putsch: deux attachés militaires turcs en poste en Grèce en fuite

août 11, 2016

Ankara – Deux attachés militaires de l’ambassade de Turquie en Grèce rappelés à Ankara après le coup avorté du 15 juillet ont pris un ferry avec leurs familles pour l’Italie et sont en délit de fuite, a annoncé jeudi le chef de la diplomatie turque.

Ces deux colonels ont quitté la Grèce le 6 août avec leurs familles en direction de l’Italie à bord d’un ferry. C’est ce que les autorités grecques ont déterminé, a indiqué Mevlüt Cavusoglu sur la chaîne d’information NTV.

Il s’agit des attachés naval et de l’air, Halis Tunç et Ilhan Yasitli, qui font partie d’autres officiers envoyés à l’étranger par l’état-major turc qui sont en fuite depuis le coup, a ajouté le ministre.

Le colonel Yasitli pourrait être réfugié aux Pays-Bas où vit son frère, a-t-il dit, sans préciser si ces deux officiers avaient demandé l’asile dans un quelconque pays.

Nous faisons en sorte de ramener en Turquie ces deux traîtres, a martelé M. Cavusoglu.

A Athènes, une source gouvernementale à indiqué à l’AFP que les autorités étaient au courant de l’affaire mais n’a pas été averti avant leur fuite.

Les deux attachés ont quitté le pays avant que les autorités turques aillent à leurs recherche, a déclaré la source. Et avant, nous avons été informés que leurs passeports diplomatiques avaient été révoqués, a ajouté cette même source sous couvert d’anonymat.

Un amiral turc en poste sur une base de l’Otan aux Etats-Unis a demandé l’asile à ce pays, avait rapporté mardi l’agence progouvernementale turque Anadolu.

Les autorités turques ont lancé une vaste purge dans l’armée et la fonction publique après le putsch raté qui a été, selon elles, dirigé par le prédicateur musulman exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen, bête noire du président Recep Tayyip Erdogan.

La moitié des généraux ont été limogés ou expulsés de l’armée, la deuxième plus grande en nombre de l’Otan derrière les Etats-Unis.

Un total de 216 soldats, dont neuf généraux, sont toujours en fuite après le putsch, a déclaré en début de semaine le gouvernement turc.

Romandie.com avec(©AFP / 11 août 2016 14h31)

Turquie/Un nouvel attentat frappe Ankara: au moins 34 morts et 125 blessés

mars 13, 2016

Un attentat à la voiture piégée a frappé dimanche soir le centre d’Ankara. Cette nouvelle attaque a fait au moins 34 morts et 125 blessés, a annoncé le ministre turc de la Santé Mehmet Müezzinoglu. Ce bilan reste toutefois provisoire.

« La déflagration a été causée par un véhicule rempli d’explosifs à proximité de la place de Kizilay », a ajouté le gouvernorat dans un communiqué. Cet attentat n’a pas été revendiqué dans l’immédiat.

Un responsable des services de sécurité a toutefois déclaré que les premiers éléments de l’enquête suggéraient qu’elle avait été commise par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré par Ankara comme une organisation terroriste, ou par un groupe qui lui est affilié.

Des images tournées sur les lieux montrent des débris fumants devant ce qui semble être l’entrée d’un passage souterrain. La déflagration a été entendue à 2,5 km à la ronde et un épais nuage de fumée était visible au-dessus du centre-ville, a constaté un correspondant de Reuters.

Selon un haut responsable des services de sécurité, des tirs ont été entendus après la déflagration. La justice a ordonné de fermer l’accès à Facebook et Twitter après que des images de l’attentat ont été partagées sur ces réseaux sociaux.

L’attentat s’est produit près d’un tribunal et des ministères de la Justice et de l’Intérieur. La chaîne de télévision TRT a précisé que le quartier était très fréquenté au moment de l’explosion à 18h43. Elle a ajouté que l’explosion avait touché un bus qui transportait une vingtaine de personnes près de la place Kizilay et du parc Guven.

La police a déployé d’importants effectifs pour bloquer les accès à la place, survolée par des hélicoptères, a constaté un photographe de l’AFP.

Dissidents kurdes
Ankara avait déjà été frappé il y a trois semaines par un autre attentat suicide à la voiture piégée, qui avait fait 29 morts. L’attaque avait visé des cars transportant du personnel militaire.

Cette opération avait été revendiquée par un groupe dissident du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK). Ce mouvement avait alors annoncé de nouvelles attaques à venir, notamment contre les sites touristiques.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait quant à lui affirmé que cet attentat avait été perpétré par les combattants kurdes syriens des Unités de protection du peuple (YPG), avec le soutien du PKK. Le chef du Parti de l’union démocratique (PYD), dont les YPG sont le bras armé, Saleh Muslim, et un des responsables du PKK, Cemil Bayik, avaient rejeté ces accusations.

Attaques attribuées à l’EI
La Turquie vit depuis l’été dernier en état d’alerte maximale après une série d’attentats meurtriers, dont quatre ont été attribués par les autorités au groupe Etat islamique (EI).

Le plus meurtrier d’entre eux, le 10 octobre, avait été perpétré par deux kamikazes qui s’étaient fait exploser au milieu de manifestants de la cause kurde devant la gare centrale d’Ankara, faisant 103 morts. Le 12 janvier, douze touristes allemands ont péri dans un autre attentat suicide dans un quartier touristique d’Istanbul.

Longtemps accusé de complaisance envers les groupes rebelles les plus radicaux en guerre contre le régime de Damas, Ankara a rejoint l’été dernier la coalition antidjihadiste dirigée par les Etats-Unis et multiplié les arrestations pour lutter contre les cellules de l’EI sur son sol.

La Turquie est en outre secouée depuis juillet par la reprise du conflit kurde. D’intenses combats opposent ses forces de sécurité au PKK dans de nombreuses villes du sud-est du pays, peuplé en majorité de Kurdes. Dimanche soir, les autorités turques ont annoncé la mise en place d’un couvre-feu dans deux nouvelles villes de cette partie de la Turquie, à Nusaybin et Yüksekova.

Ces combats ont fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés par le gouvernement turc avec le PKK à l’automne 2012 pour tenter de mettre un terme à une rébellion qui s’est soldée par la mort de plus de 40’000 personnes depuis 1984.

Romandie.com

Turquie: Un attentat à la voiture piégée fait au moins 28 morts à Ankara

février 17, 2016

 

 

Une violente explosion s’est produite mercredi dans le centre d’Ankara, non loin de l’état-major de l’armée. Il y a au moins 28 morts et 61 blessés, a indiqué le gouvernement turc. Le gouverneur de la ville a précisé qu’il s’agissait d’un attentat à la voiture piégée.

L’attaque a visé un convoi de bus de l’armée près de la place centrale de Kizilay, a souligné le gouverneur Mehmet Kiliçlar cité par les médias. De nombreux ministères, l’état-major des armées et le Parlement turc se trouvent dans ce quartier.

Les chaînes d’informations turques ont montré des images d’un violent incendie qui a embrasé des véhicules militaires. La violente déflagration a été entendue à plusieurs kilomètres à la ronde.

Visite à Bruxelles annulée Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a annulé une visite qu’il devait effectuer à partir de mercredi soir à Bruxelles en raison de cet événement, a indiqué un responsable turc. Il devait y évoquer la crise des migrants.

Le vice-premier ministre Nu man Tumulus, promet que le gouvernement ferait toute la lumière sur cet attentat.

Tumulus s’est refusé pour l’heure à identifier ou nommer les auteurs de l’attentat, qui s’est produit en plein cœur de la mégapole de plus de 5 millions d’habitants. Nous n’avons encore aucune information sur les auteurs de cette attaque, a-t-il dit.

Cette attaque a très clairement visé notre nation, a dit M. Kurtulmus, la Turquie n’a jamais cédé devant la terreur et ne cèdera jamais.

Ce dernier aussi précisé que le président Recep Tayyip Erdogan avait annulé une visite de travail prévue jeudi en Azerbaïdjan en raison de l’attentat.

La Turquie est sur le qui-vive depuis une série d’attentats qui ont visé son territoire depuis l’été dernier. Tous ont été attribués par les autorités turques au groupe djihadiste de l’Etat islamique (EI).

Le plus meurtrier, le 10 octobre dernier, avait tué 103 personnes devant la gare centrale d’Ankara.

Les victimes s’y étaient rassemblées pour participer à une manifestation.

Conflit kurde

Le 16 janvier dernier, un autre attentat-suicide, également attribué à l’EI par le gouvernement turc, avait visé un groupe de voyageurs allemands dans le quartier touristique de Sultanahmet à Istanbul.

L’attaque avait fait dix tués. Depuis l’été dernier, la Turquie est également affectée par la reprise du conflit kurde.

De violents affrontements opposent, chaque jour, les forces de sécurité aux partisans du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est à majorité kurde du pays. Le PKK mène régulièrement des attaques contre des convois militaires.

Romandie.com avec(©AFP / 17 février 2016 20h56)

Les dirigeants du G20 observent une minute de silence pour les victimes des attentats de Paris et Ankara

novembre 15, 2015

Antalya (Turquie) – Les dirigeants des 20 plus grandes puissances mondiales ont observé une minute de silence en mémoire des victimes des récents attentats de Paris et Ankara, dimanche peu après 14H30 GMT lors du sommet du G20 en Turquie.

Je vous invite tous à observer une minute de silence pour ceux qui ont perdu la vie dans des attaques terroristes, en particulier à Ankara et Paris, a demandé, la mine grave, le président turc Recep Tayyip Erdogan, moins de 48 heures après les attentats de Paris (au moins 129 morts), revendiqués par le groupe Etat islamique (EI), et ceux d’Ankara le 10 octobre (102 morts), également attribués à l’EI.

Le terrorisme s’est imposé tout en haut de l’agenda des chefs d’Etat et de gouvernement réunis dimanche et lundi dans la station balnéaire d’Antalya, dans le sud de la Turquie.

Peu avant, M. Erdogan avait promis que le G20 allait apporter une réponse très forte, très dure à la menace terroriste.

Le président américain Barack Obama, qui avait promis de redoubler d’efforts pour éliminer l’EI, est arrivé en retard à la table de réunion, alors que la minute de silence avait déjà commencé.

Romandie.com avec(©AFP / 15 novembre 2015 16h16)

Un attentat fait 86 morts à une « marche pour la paix » à Ankara

octobre 10, 2015

Un double attentat à la bombe a fait 86 morts et 186 blessés samedi lors d’une manifestation rassemblant des militants de gauche et des sympathisants pro-kurde devant la principale gare ferroviaire d’Ankara. Il s’agit du plus grave attentat jamais commis en Turquie.

Deux fortes explosions se sont produites à quelques secondes d’intervalle peu après 10h00 alors que les participants à une « marche pour la paix » commençaient à se rassembler pour dénoncer la reprise des violences dans le sud-est du pays.

« Il existe de fortes preuves montrant que cette attaque a été perpétrée par deux kamikazes », a déclaré le premier ministre Ahmet Davutoglu. Le chef du gouvernement, qui a tenu une réunion d’urgence avec les chefs de la police et des agences de renseignement, a décrété trois jours de deuil national.

Fermeté d’Erdogan
La double explosion n’a pas été revendiquée. Le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a dénoncé une « attaque haineuse contre notre unité et la paix de notre pays ». Il a promis « la réponse la plus forte » contre ses auteurs.

Ces explosions interviennent à trois semaines des élections législatives anticipées du 1er novembre, alors que les affrontements font rage entre les forces de sécurité turques et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est à majorité kurde du pays.

« Comme à Diyarbakir et Suruç »
Le Parti démocratique des peuple (HDP), principal parti pro-kurde de Turquie, qui appelait à la manifestation, a dénoncé un « terrible massacre », mettant en cause le gouvernement. « Nous sommes confrontés à un Etat meurtrier qui s’est transformé en mafia », a réagi son chef Selahattin Demirtas.

« Nous sommes face à un massacre très lourd. Une attaque féroce et barbare a été menée. C’est un prolongement ressemblant exactement à ce qui s’est passé à Diyarbakir et à Suruç », a-t-il ajouté.

Le 5 juin, deux personnes avaient été tuées et une centaine d’autres blessées lors d’un rassemblement électoral du HDP dans la plus grande ville du sud-est de la Turquie à l’avant-veille des précédentes législatives. Le 20 juillet, un attentat suicide imputé à l’Etat islamique (EI) avait fait 32 morts parmi des militants de la cause prokurde à Suruç (sud), près de la frontière syrienne.

Trêve du PKK
Le ministre de l’Intérieur Selami Altinok a de son côté démenti toute « faiblesse du service de sécurité » prévu pour la manifestation et assuré qu’il ne démissionnerait pas.

Les attentats de samedi ont eu lieu alors qu’on s’attendait à ce que le PKK annonce un cessez-le-feu unilatéral et rétablisse ainsi de fait la trêve qu’il observait depuis 2013 et qui a pris fin en juillet. C’est ce qui a été fait par le PKK quelques heures après l’attentat.

Le gouvernement avait par avance rejeté cette trêve qui s’annonçait, la qualifiant de « tactique » préélectorale visant à soutenir le HDP après son succès électoral de juin.

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Turquie: Décès de l’ex-président turc Süleyman Demirel à 90 ans

juin 17, 2015

L’ancien président et Premier ministre turc Süleyman Demirel est mort mercredi à l’âge de 90 ans dans un hôpital d’Ankara, a rapporté l’agence de presse officielle Anatolie. Il est décédé des suites d’une grave infection respiratoire.

Süleyman Demirel a gouverné la Turquie pendant plus de onze ans et a été à la tête de sept gouvernements, à partir de 1965. Il s’agit de la deuxième plus longue carrière de Premier ministre depuis 1945, derrière celle de l’actuel président et ancien chef de l’exécutif, Recep Tayyip Erdogan. Il a ensuite exercé les fonctions de chef de l’Etat de 1993 à 2000.

Dans une déclaration publiée par ses services, le président islamo-conservateur turc a salué la personnalité et la longévité de son prédécesseur. « Süleyman Demirel, qui a contribué au développement de ce pays, a laissé une trace profonde dans l’histoire politique de la Turquie et restera parmi les hommes politiques et les hommes d’Etat les plus importants du pays », a écrit M. Erdogan.

Sens de l’adaptation
Comme le chef de l’Etat, le Premier ministre Ahmet Davutoglu a présenté ses condoléances à la famille de M. Demirel, à « ses admirateurs » et au « peuple turc ». « J’ai appris avec tristesse la mort de notre 9e président Süleyman Demirel, qui a laissé sa marque sur la politique turque », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Né en 1924, M. Demirel commencé sa carrière politique après le premier coup d’Etat militaire en 1960.

Conservateur modéré mais surtout pragmatique, il doit l’exceptionnelle longévité de sa carrière à un sens inné de l’adaptation qui l’a vu s’allier aux islamistes, à l’extrême droite ou aux sociaux-démocrates, dans une période rythmée par les crises économiques, les interventions des militaires et les violences de rues.

Orateur reconnu
Deux de ses mandats à la tête du gouvernement ont été interrompus par des putschs militaires, d’abord en 1971 puis en 1980, où il a même été interdit d’activité politique. Mais à chaque fois il est parvenu à rebondir et à retourner aux affaires.

« C’est vrai, j’ai dû quitter le pouvoir six fois », répondra-t-il un jour à la question d’un journaliste, « mais j’y suis revenu sept fois ». L’une de ses expressions favorites résume parfaitement l’homme et son parcours politique: « hier était hier, aujourd’hui est aujourd’hui ».

Loué pour ses talents d’orateur, celui que ses partisans surnommaient « Baba » (papa en turc) s’est officiellement retiré de la vie politique après la fin de son mandat présidentiel en 2000. Il continuait cependant à dispenser ses conseils à la classe politique.

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