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La gauche veut laisser DSK «respirer», la droite s’agace

septembre 5, 2011

Pour François Pupponi, maire de Sarcelles et proche de DSK, ce dernier «s’exprimera lorsqu’il en aura envie». À droite, on peste contre le tourbillon médiatique entourant son retour en France.

Voici les principales réactions à l’arrivée de Dominique Strauss-Kahn dimanche à Paris, près de quatre mois après l’arrestation de l’ancien patron du FMI à New York pour une affaire d’agression sexuelle pour laquelle toutes les charges ont été abandonnées :

• Jean-Christophe Cambadélis, proche de DSK, dans un communiqué : «Aujourd’hui DSK est libre de son rythme et de ses choix. […] L’injustice d’une condamnation médiatique, sans appel et sans preuve, pour un acte certes inapproprié et condamné par les Français, conduisant à une vie dévastée et à un destin dérobé sera revisitée. Le temps fera son oeuvre et les zones d’ombre de cette affaire seront de nouveau explorées. Déjà, l’extraordinaire reconnaissance française pour la dignité d’Anne Sinclair en est la manifestation. La France face à cette crise économique aura besoin de son talent et l’épreuve inouïe l’aura mûri. Le temps de la reconstruction, forcément long, commence. Ce retour en est la première étape».

• François Pupponi, député PS et maire de Sarcelles : «Il n y a rien a fêter, pas question de fêter, a-t-il expliqué sur iTélé. DSK a traversé une période terrible, il a été injustement accusé, il a tout perdu. On attend de le revoir avec beaucoup d’affection. Il faut laisser DSK et Anne Sinclair respirer. Il s’exprimera lorsqu’il en aura envie. Mais laissons-le arriver, laissons-le souffler un peu».

• Jean-Marie Le Guen, proche de DSK, sur BFMTV: «Il n’y a pas dans sa vision des choses une stratégie. Nous avons besoin de ses compétences. Il est un des hommes qui comptent en Europe pour sortir ce continent du marasme […]». «Il est hors de question de s’immiscer dans le processus de la primaire. Il n’est plus candidat à l’élection présidentielle. La primaire doit avoir lieu. Ce sont deux événements de nature différente […]. Je pense pas qu’il ait l’intention d’intervenir dans ce processus». «C’est quelqu’un qui a l’intention de s’expliquer, de faire valoir la respectabilité de sa personne, retrouver le dialogue direct avec les Français. Je sais qu’il voudra s’exprimer avec force. Il est relativement inquiet de la façon dont les choses se passent».

• Michèle Sabban, vice-présidente PS du conseil régional d’Ile-de-France et proche de DSK, sur iTélé: «Nous sommes soulagés de le voir sur le territoire français, c’est un moment important de cet épisode tragique du 15 mai. Émus, très émus. Maintenant c’est à lui de situer son tempo et le temps qu’il donnera pour nous dire ce qu’il doit nous dire. Il avait besoin de ce retour, ce qui est important maintenant c’est de le laisser, il a la main».

• Anne Mansouret, la mère de Tristane Banon et vice-présidente PS du conseil général de l’Eure, a jugé aujourd’hui le retour de l’ancien patron du FMI «indécent». «Je suis un peu choquée par le côté médiatique de ce retour. Pour moi, comme tous ceux qui ont fait du droit dans leurs études, tant que M. DSK n’aura pas été jugé il ne sera pas blanchi», a déclaré Anne Mansouret au sujet du volet américain de l’affaire DSK, où subsiste une procédure civile. «Je trouve que ce retour est à proprement parler indécent. Comme Polanski, M. Strauss-Kahn fuit la justice américaine». «Espérons qu’il ne partira pas pour le Maroc pour fuir les interrogatoires de la police» dans l’affaire Tristane Banon, qui a porté plainte contre DSK pour tentative de viol en 2003, a ajouté Anne Mansouret sur BFMTV.

• Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP, a estimé «bien dérisoires et décalées» les «centaines de caméras braquées» sur l’ex star des sondages pour la présidentielle.

• Benoist Apparu, secrétaire d’État au Logement : Le retour de Strauss-Kahn en France vient «évidemment» perturber la journée de clôture du Campus UMP à Marseille car «on a tous compris que c’est l’actualité du jour», a-t-il déclaré. Et d’ajouter: si «le retour de DSK est sûrement une information essentielle», «est-ce qu’elle doit occuper tous les médias de 6 heures du matin à 23 heures ? Je n’en suis pas intimement convaincu».

• Jean-Pierre Raffarin, sénateur UMP de la Vienne : «Il est clair qu’il peut tout à fait reprendre un parcours politique», a déclaré l’ancien premier ministre UMP, lors de l’émission Radio France Politique. «Il est quand même particulièrement doué de certaines capacités: sur le plan politique il en a fait la preuve, sur le plan du FMI, il en a fait la preuve». «Je dis à tous ceux qui considèrent qu’il est hors jeu: ‘Attention’: l’histoire nous a montré qu’on pouvait rebondir», a-t-il ajouté.

• Sébastien Huyghe, député UMP, dans un communiqué, «demande à chacun des candidats à la primaire socialiste de s’exprimer clairement sur l’attitude qu’ils tiendront vis-à-vis de Dominique Strauss-Kahn dans le cadre de leur candidature. S’ils sont désignés candidat du PS à l’élection présidentielle, vont-ils lui réserver un rôle dans le cadre de leur campagne, et en cas de victoire de leur part, si ils feront de Dominique Strauss-Kahn un ministre de la République. Les Français sont en droit de connaître l’attitude que sera la leur afin de pouvoir s’exprimer en toute connaissance de cause».

• Xavier Bertrand, ministre du Travail : Le retour de Dominique Strauss-Kahn «concerne d’abord le Parti socialiste». «J’ai beaucoup d’autres préoccupations en tête» (…). «J’ai du mal à imaginer» que l’ancien directeur du FMI redevienne un acteur de la vie politique française, a-t-il indiqué au Grand Rendez-vous Europe1/iTélé/Le Parisien.

• Chantal Brunel, députée UMP : Dominique Strauss-Kahn «va être une tache indélébile au Parti socialiste», a-t-elle indiqué en marge du Campus de l’UMP à Marseille. «Lorsque la justice américaine a annulé les charges contre lui, ça a choqué les Français, et surtout les femmes. On a fait trois pas en arrière sur la lutte contre les violences faites aux femmes», a-t-elle souligné.

Lefigaro.fr

La mère de Tristane Banon ne lâche pas Dominique Strauss-Kahn

août 26, 2011

LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters) – Anne Mansouret, la mère de la jeune femme qui accuse Dominique Strauss-Kahn de tentative de viol en France, maintient ses accusations contre un homme qu’elle juge « brutal » et enclin à la « prédation ».

L’élue socialiste, conseillère générale de l’Eure, participe à l’université d’été de son parti qui s’est ouverte vendredi à La Rochelle quelques jours après l’abandon des poursuites à New York contre l’ancien directeur général du FMI.

La mère de Tristane Banon, qui a reconnu avoir eu une liaison avec Dominique Strauss-Kahn avant la tentative de viol présumée dont sa fille dit avoir été victime en 2003, ne partage pas le « bonheur » exprimé par Martine Aubry après l’annonce de l’abandon des poursuites contre l’ancien favori des sondages.

« Il y a un côté brutal qui ne colle pas avec le personnage, effectivement dragueur, charmant, séduisant pour certaines », a-t-elle déclaré à Reuters à La Rochelle.

« Il y a des femmes qui ne le trouvent pas séduisant, il y en a d’autres qui le trouvent (séduisant). Et moi, je dois vous dire que je l’ai trouvé séduisant sinon je n’en serais pas arrivée là », a-t-elle ajouté.

« C’est très bizarre, on a l’impression qu’il y a, oui, une espèce de pulsion, de violence et de prédation », a-t-elle dit.

Anne Mansouret est revenue sur l’impact sur sa fille de la révélation de sa liaison avec Dominique Strauss-Kahn. Tristane Banon, a-t-elle dit, n’en a pas dormi « pendant 48 heures ».

« C’est un tempérament d’artiste, tout la touche », a-t-elle expliqué. « C’est quelqu’un de très sensible. »

« BÊTE CURIEUSE »

La décision de sa fille de porter plainte contre « DSK », qui a immédiatement répliqué par une plainte pour dénonciation calomnieuse, l’a selon elle placée dans une position difficile.

« On la regarde comme si c’était une bête curieuse, ce qui n’est pas facile du tout et elle en est très gênée. Et ça la rend parfois agressive, parce que ce n’est pas facile de vivre cette chose-là, et ça a un côté presque humiliant, alors qu’elle n’y est pour rien », a affirmé Anne Mansouret.

David Koubbi, l’avocat de Tristane Banon, a regretté mardi dernier l’abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn aux Etats-Unis, affirmant que cela n’aurait aucune conséquence sur l’enquête en cours à Paris sur la tentative de viol présumée dont sa cliente aurait été victime il y a huit ans.

Selon une source judiciaire, un classement sans suite est pourtant l’issue la plus probable de l’enquête.

Le parquet de Paris pourrait retenir cette solution car il semble impossible de caractériser juridiquement une tentative de viol, ce qui est le seul cas de figure où les faits, s’ils ont existé, ne seraient pas prescrits, a dit cette source.

Diverses personnalités ont été auditionnées par la police, comme le candidat à la primaire socialiste François Hollande, à l’époque des faits premier secrétaire du PS.

La date du retour en France de l’ancien patron du FMI reste inconnue, mais il a annoncé qu’il rendrait visite à ses anciens collaborateurs à Washington la semaine prochaine.

Selon un sondage CSA pour Orange, la presse régionale et RTL diffusé vendredi, les Français comme les sympathisants de gauche balaient tout retour de Dominique Strauss-Kahn en politique.

Quatre-vingts pour cent des Français et 77% des sympathisants de gauche ne souhaitent pas qu’il revienne dans la course des primaires et 58% ne veulent pas non plus, pour le moment, qu’il « joue un rôle politique important pendant la campagne présidentielle » pour soutenir le candidat socialiste.

Reuters par Yves Clarisse

L’abandon des charges laisse un goût amer aux féministes

août 24, 2011

Si le soulagement est unanime au PS après l’abandon des poursuites à l’encontre de DSK, plusieurs voix, en dehors des rangs socialistes, regrettent l’absence de jugement.

Marie-George Buffet, députée et ancien ministre communiste, a été la première à s’exprimer : «La décision du procureur fait courir de grands risques au droit des femmes en revenant au temps où les victimes de viols étaient a priori coupables, au temps où le viol n’était pas considéré comme un crime». Pour elle, c’est le droit des femmes à dénoncer le viol qui est remis en cause par cette décision de la justice américaine.

Un point de vue qui est partagé par les associations féministes : l’abandon des poursuites laisse «un goût amer» à Olivia Cattan, présidente de l’association Paroles de Femmes, qui craint «que la parole des femmes soit un peu décrédibilisée avec cette affaire». Le procureur de Manhattan Cyrus Vance a en effet refusé de poursuivre car la crédibilité de la plaignante ne lui semblait pas suffisante. «Déjà que ce n’était pas facile de porter plainte pour viol, j’ai peur qu’avec cette histoire, il y ait des répercussions, comme pour la parole des enfants après Outreau». Pour l’association Osez le féminisme !, cette position est un vrai problème, car
« la  »crédibilité » des plaignants est en permanence remise en cause dans les affaires de viols !».

Autre risque, celui de voir les propos sexistes refaire surface : après «une certaine prise de conscience» des préjugés sexistes au moment de la révélation de l’affaire au printemps, Olivia Cattan craint désormais «un retour en arrière», une crainte partagée par la communiste Marie-George Buffet.

L’absence de procès laisse planer un doute

Le fait que Dominique Strauss-Kahn a été blanchi sans procès laisse une place ilbre pour le soupçon. Plusieurs personnes regrettent que la vérité ne soit jamais connue. François Bayrou souligne «les questions sans réponse»laissées par l’abandon des charges contre DSK. Pour Marie-George Buffet, «le refus de faire juger l’affaire dans laquelle l’ancien directeur du FMI est accusé de viol est une mauvaise nouvelle pour la justice et une mauvaise nouvelle aussi pour les femmes. Car à ce jour la vérité n’est pas dite, ni pour le présumé innocent ni pour la présumée victime».

L’absence de jugement ne dessert pas que Nafissatou Diallo et les femmes, mais également le principal accusé dans cette affaire, dont l’image sort pour certains ternie. L’idée selon laquelle le passé de la femme de chambre a plus compté que les événements dans la suite du Sofitel fait son chemin, et laisse la porte-ouverte aux interprétations.

La mère de Tristane Banon, qui a porté plainte en France contre Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol et agression sexuelle, s’est déclaré «indignée» par la décision newyorkaise: «Il n’y a absolument aucune raison de considérer que M. Strauss-Kahn est aujourd’hui blanchi», a dit Anne Mansouret, vice-présidente socialiste du Conseil général de l’Eure sur BFM TV.

Une députée UMP est même allée plus loin : pour Françoise Hostalier, élue du Nord, DSK est «un individu indigne». «Le dénouement étonnant et très choquant de cette première phase d’une histoire sordide qui aura au moins révélé le vrai visage de celui qui aurait pu devenir candidat à la présidence de la République française ».

Lefigaro.fr par Caroline Bruneau

DSK: Aurélie Filippetti le dit « Dangereux pour les femmes »

juillet 22, 2011

Les auditions se poursuivent après la plainte déposée par Tristane Banon, début juillet. C’est au tour de la députée PS Aurélie Filippetti d’être entendue par les enquêteurs. Selon Europe 1, l’interrogatoire se déroule ce vendredi matin dans les locaux de la brigade de la répression de la délinquance contre la personne (BDRP). Lors de sa déposition, Tristane Banon a assuré avoir averti l’élue de la tentative de viol présumée dont elle aurait été victime. Des dires qui semblent se confirmer par un échange d’e-mails entre Aurélie Filippetti et Anne Mansouret, datant de 2003, dont Le Figaro en révèle des extraits. Informée des faits présumés par la mère de Tristane Banon, Aurélie Filippetti manifeste son soutien et conseille vivement à la jeune femme de porter plainte contre DSK, un homme qu’elle estime « dangereux pour les femmes ». « Je pense qu’il est important pour elle de porter plainte, car cela transférera sa culpabilité sur lui et non plus sur elle », écrit-t-elle. « En outre, précise-t-elle encore, c’est aussi bénéfique pour d’autres femmes qui éventuellement pourraient être victimes du satyre ».

« Il m’avait invité à prendre un café »

L’échange d’e-mails se poursuit avec des confidences inattendues. Toujours selon le Figaro.fr, la députée PS livre son propre témoignage avec l’ex-patron du FMI. « Pour ma part, il m’avait invité à prendre un café pour discuter, à cette fameuse adresse. J’en avais parlé à un copain qui m’a mise en garde en m’interdisant pratiquement de m’y rendre. (…) Mais peut-être d’autres filles ont-elles été victimes des mêmes pratiques et peut-être parleront-elles. » Des écrits qui tranchent avec les récentes déclarations de l’élue au sujet de l’affaire DSK. « J’ai effectivement entendu parler de cette affaire à l’époque par l’intermédiaire de l’avocat Emmanuel Pierrat, mais je n’ai jamais eu de contact direct avec Tristane Banon », a affirmé Aurélie Filippetti au début de l’affaire. « J’ai dû dire à sa mère que si sa fille avait été victime, elle devait déposer plainte. Je ne crois pas avoir dit que DSK pouvait être dangereux pour les femmes, et je ne me souviens pas avoir adressé de mail à Mme Mansouret », a-t-elle précisé.

Elle.fr par S.P.

L’ex-femme de DSK fustige le «délire» d’Anne Mansouret

juillet 21, 2011

La mère de Camille Strauss-Kahn dément que sa fille ait été une amie de Tristane Banon (ici dans les rues de Paris, début juillet).
Brigitte Guillemette sort de son silence pour évoquer ses relations avec la romancière Tristane Banon et sa mère. «Rien de ce que dit Anne Mansouret n’est vrai», clame-t-elle.

«Rien de ce que cette femme raconte n’est vrai». Brigitte Guillemette, la seconde épouse de Dominique Strauss-Kahn, est sortie de son silence en accordant un entretien au Nouvel Observateur. Elle y affirme ne pas être une proche d’Anne Mansouret, tandis que sa fille Camille n’est absolument pas une amie de Tristane Banon. «Nous sommes dans un délire glauque et malsain», affirme-t-elle.

Dès lors, pourquoi Anne Mansouret raconte dans la presse que Brigitte Guillemette est la marraine de sa fille Tristane Banon? L’explication de l’ancienne femme de DSK est lapidaire. Elle aurait rencontré Anne Mansouret au début des années 90, dans un cadre professionnel. «Nous ne sommes pas devenues amies, même si nous nous croisions de temps à autres dans des cocktails et des soirées», souligne l’économiste.

Quelques temps plus tard, selon Brigitte Guillemette, Tristane Banon, alors âgée d’environ 18 ans, souhaitait se marier avec un jeune homme très pratiquant. Son baptême était indispensable pour réaliser la noce. «Tu es la seule personne que je connaisse qui soit baptisée», aurait alors dit Anne Mansouret à l’ex-femme de DSK, lui demandant de devenir la marraine de sa fille pour son baptême. «Devant son insistance, j’ai accepté de rendre ce service (…). Je suis donc sa «marraine», formellement …», explique Brigitte Guillemette.

Elle n’aurait alors plus entendu parler de Tristane pendant plusieurs années, jusqu’à la fameuse interview de DSK par la jeune écrivaine. Interview obtenue «ni par (son) intermédiaire, ni par celui de (sa) fille, avec laquelle elle n’était pas en contact». Peu après, Tristane Banon aurait rencontré Camille une première fois autour d’un café, puis, lors d’un second rendez-vous, lui aurait raconté l’agression dont elle se dit victime. «Camille, qui était sous le choc (…) est rentrée à la maison en larmes». Brigitte Guillemette raconte avoir immédiatement téléphoné à son ex-mari «qui a vivement démenti», puis à Anne Mansouret.

Cette dernière lui aurait répondu : «Tout cela n’est pas grave … de toute façon, je suis la maîtresse de Strauss-Kahn». «Je me suis vraiment demandée où j’habitais», commente la seconde épouse de l’ancien directeur du FMI. Après ce coup de téléphone, elle n’aurait plus eu de nouvelles de Tristane Banon et de sa mère. Elle porte aujourd’hui plainte contre Anne Mansouret pour diffamation. «Je n’ai qu’une obsession : protéger ma fille».

Lefigaro.fr par Chloé Woitier

Entre la mère et la fille, petits et grands secrets

juillet 20, 2011

Pendant huit ans, la mère de Tristane Banon, Anne Mansouret, s’est tue, gardant pour elle sa propre relation avec DSK.

«C’est vrai ce que je lis ? » demande Tristane Banon à sa mère lundi soir. «Oui. Mais je ne veux pas en parler avec toi comme cela.» Jamais elles n’en avaient parlé. Pendant huit ans, Anne Mansouret, la mère de Tristane Banon, s’est tue, gardant pour elle sa propre relation avec DSK. Pourtant, quand, en 2003, sa fille lui confie la violence qu’elle dit avoir subie de la part de l’homme politique, la mère a déjà eu l’occasion de se faire une idée sur le sujet. La semaine dernière, Anne Mansouret a décidé de confier aux enquêteurs qu’elle avait eu une relation avec DSK, consentie, mais emprunte de violence, selon elle. Aux policiers, elle parle d’un homme se comportant avec «l’obscénité d’un soudard». Par cette révélation, elle veut, dit-elle, battre en brèche l’image de séducteur de DSK. «Cet homme n’est pas un séducteur, c’est Cro-Magnon, explique-t-elle, je ne l’ai jamais vu chercher à séduire quiconque, il prend, c’est tout.» Mais ce témoignage personnel, Anne Mansouret ne l’a jamais livré à sa fille.

Des dizaines de mails par jour

«Cela me rend le personnage encore plus insupportable», lâche Tristane Banon. Sur sa mère, la fille a tant écrit. Sur le papier, elle a déjà réglé pas mal de comptes, décrit une enfance malheureuse passée entre les mains d’une nounou violente qui la bat, à espérer le retour de l’éternelle absente, sa mère. Pas de père, enfin si, un nom, celui de l’homme qui s’est évaporé le jour de la naissance de Tristane et est apparu il y a quelques jours pour la troisième fois dans sa vie, pour laisser ce message elliptique : «Tu vas arrêter, maintenant ?»

Trente-trois ans plus tard, Tristane Banon s’est bien émancipée, mais c’est toujours la petite fille qui parle quand elle explique : «C’est trop facile de tout mettre sur le dos de ma mère. Elle m’a conseillé de ne pas porter plainte, c’est vrai, mais elle n’était pas la seule.»

Sa mère, sobrement, sur le même sujet : «Je lui ai déconseillé et, maintenant, je me pose des questions.» Le soutien viendra plus tard. Tristane Banon sait l’expression d’empathie de sa mère vis-à-vis d’elle à géométrie variable.

Tristane n’est en réalité pas tout à fait son prénom. À sa naissance, sa mère l’avait baptisée Anne-Caroline. La jeune femme a préféré le nom suivant figurant sur ses papiers d’identité, Tristane. Anne Mansouret : «Elle a changé après le bac, elle se projetait en Pulitzer.»

Dans la famille, Tristane Banon se vit comme une fille unique et illégitime. Elle bénéficie toutefois d’une large fratrie de demi-frères et sœurs, certains à peine croisés. Ironie des liens familiaux, la fille aînée de sa mère, élue de gauche depuis des années, est militante UMP. «Elle collait les affiches tard dans la nuit », raconte Anne Mansouret. «Sa meilleure amie a même longtemps été la filleule de Jean-Marie Le Pen.»

Pendant ce temps, Tristane, qui a fait des études de journalisme, collabore dans plusieurs médias. Elle n’a pas froid aux yeux. L’idée de son premier livre Erreurs avouées, au masculin lui vient en regardant une émission dominicale consacrée aux hommes politiques : «Tout ne doit pas être si lisse chez eux», se dit-elle. C’est à ce moment qu’elle croise Beigbeder et son équipe de fêtards. C’est aussi l’année où elle rencontre l’ancien ministre de Finances, en l’interviewant sur ses failles…

«Il y a huit ans, je ne voulais pas être la fille qui a un problème avec DSK… Et voilà où j’en suis», ironise-t-elle aujourd’hui. Depuis le 15 mai, Tristane Banon n’est sortie qu’une poignée de fois. Ses échanges avec sa mère peuvent être espacés de plusieurs jours. Sous ses fenêtres, au cabinet de son avocat ou devant celles des amis qui, tour à tour, l’hébergent, les photographes planquent. Des dizaines de mails par jour affluent sur sa messagerie Facebook. Parmi eux, de nombreux témoignages de femmes abusées. Tristane Banon pense «qu’après» elle montera une association. Quelques amis se sont malgré tout détournés, l’accusant de mettre à mal le PS. Le livre qu’elle avait achevé ne sortira pas à la rentrée, ses projets professionnels sont en suspens. L’histoire tourne en boucle dans son esprit. La rancœur aussi. Pas de bouton «DSK off », explique-t-elle.

Pourtant aujourd’hui la jeune femme dit ne pas regretter son geste. Elle a vécu son dépôt de plainte comme une délivrance. «Je suis fière que ma fille fasse partie des 10 % de femmes qui osent se tourner vers la justice», dit aujourd’hui sa mère. Pourquoi semer le chaos huit ans après ? L’écrivain-journaliste sait que sans le scandale du Sofitel à New York, sa parole n’aurait pas été audible. «Cela m’a aidée à franchir le pas», dit-elle. Dans la nuit du samedi au dimanche 15 mai, quand la nouvelle de l’interpellation de DSK tombe, Anne Mansouret raconte que sa fille, sous le choc, a dormi chez une amie. Tristane Banon va plus loin : «Pendant toutes ces années, on ne vit pas. Tout au début, on fait comme si de rien n’était, on pense qu’on va vite oublier. Mais si l’on savait, à ce moment, que l’on ne trouverait plus jamais le sommeil, que l’on ne pourrait plus jamais vivre une relation amoureuse normalement… À partir de ce jour de février 2003, j’ai dissocié mon corps et mon esprit, ce que l’on peut faire à mon corps m’est devenu indifférent.»

Il y a quelques années, Tristane Banon a tenté un mariage-refuge avec un restaurateur loin du tumulte médiatico-politique parisien. En vain. «Il avait tout de différent.» Peine perdue. La colère monte dans la voix de Tristane Banon quand elle se raconte. Elle revient à Dominique Strauss-Kahn. «Je ne comprendrais pas que cet homme-là ne soit pas jugé», lâche-t-elle

Lefigaro.fr par Laurence De Charette