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Congo-Evocation : Pierre Moussa témoigne la grandeur d’Ambroise Edouard Noumazalaye

novembre 17, 2021

 A l’occasion du 14e anniversaire de la disparition de l’ancien secrétaire général du Parti congolais du Traval (PCT), Ambroise Edouard Noumazalaye, le 17 novembre 2007, le nouveau secrétaire général, Pierre Mousssa, après avoir déposé une gerbe de fleurs sur la tombe de l’illustre disparu, a reconnu qu’il fut un dirigeant émérite.

Ambroise Edouard Noumazalaye

Décédé le 17 novembre 2007 à Paris, en France, à l’âge de 74 ans, Ambroise Edouard Noumazalaye a totalisé, le 17 novembre 2021, quatorze ans dans l’au-delà. Le PCT qu’il a servi toute sa vie lui a rendu, comme d’habitude, un hommage mérité en reconnaissance de son militantisme engagé. S’adressant à la presse à cet effet, le secrétaire général du PCT a reconnu en cet homme les qualités d’un dirigeant politique de haute facture.

« Ambroise Edouard Noumazalaye, que nous honorons la mémoire aujourd’hui, était un colosse, une référence, une éminence grise pour notre parti, le PCT. C’est pour cela que chaque militant et sympathisant venait toujours se ressourcer auprès de sa sagesse pour suivre ses conseils. Il fut un très grand dirigeant du Parti congolais du travail. C’est donc à bon droit que nous venons nous recueillir ici sous sa tombe », a indiqué Pierre Moussa.

Tout au long de sa carrière politique, a renchéri le secrétaire général du PCT, l’illustre disparu fut un militant de conviction et engagé qui prévalait la contradiction des idées en faveur du consensus d’idées et d’opinions.

« Durant toute sa carrière politique, Ambroise Edouard Noumazalaye était un homme engagé. Membre de la fédération des étudiants d’Afrique noire en France, lorsqu’il est rentré au pays, il a vite intégré la lutte congolaise pour l’émancipation de notre peuple. De là, il a gravi des échelons dans l’Etat et au sein du PCT pour lequel il a contribué énormément à son évolution », a martelé Pierre Moussa.

Ambroise Edouard Noumazalaye, qui fait partie des fondateurs du PCT aux côtés de Marien Ngouabi, fut aussi président du Sénat de 2002 à 2007.

Avec Adiac-Congo par Firmin Oyé

Cameroun : il était une fois Mongo Beti…

octobre 27, 2021
L’écrivain Mongo Beti. © ANDERSEN/SIPA « ANDERSEN PHOTOGRAPHE » « SEANCE DE POSE » FRANCE ROUEN « BETI MONGO PORTRAIT » « ECRIVAIN FONCTION » « POSANT ATTITUDE » « IMAGE NUMERISEE » INTERIEUR PORTRAIT LITTERATURE

Vingt ans après la disparition de l’écrivain camerounais en octobre 2001, son héritage semble insuffisamment valorisé. Une injustice pour celui qui s’est dressé sa vie durant contre toutes les oppressions.

Il y a vingt ans, l’écrivain camerounais Mongo Beti (de son vrai nom Alexandre Biyidi Awala) tirait sa révérence à Yaoundé. J’aurais aimé être là pour lui faire mes adieux. Mais j’avais quitté le Cameroun un an plus tôt. Ce pays qui était également le sien et qu’il aimait tant, mais qui comptait parmi ceux dont « les pères des indépendances sont devenus fous, [dont] les gens compétents se sont exilés, [où] la justice et la démocratie sont truquées, la mémoire des martyrs […], enterrée ». Il y était revenu en 1991 après trente-deux années d’exil en France parce qu’il souffrait de se sentir « hors lieu » (out of place) – pour reprendre la formule d’Edward Saïd – ; parce qu’il voulait apporter sa modeste pierre à la construction de l’édifice.

En effet, dès qu’il posa ses valises au Cameroun, il ouvrit avec son épouse française, Odile Tobner, la Librairie des peuples noirs, se lança dans la culture de tomates et l’élevage de porcs dans son village, écrivant régulièrement dans des journaux proches de l’opposition pour dénoncer aussi bien les dérives du régime Biya que la résignation qui poussait la population à noyer ses soucis dans l’alcool et le sexe.

Exactions coloniales

C’est dans les années 1950 que Mongo Beti (l’enfant beti) commença à évoquer les problèmes du pays. Ceux qui ont lu Ville cruelle décrypterons aisément mon propos. Publié en 1954 aux éditions Présence africaine sous le pseudonyme d’Eza Boto, le roman nous donne à voir les abus et les exactions que subissaient les Noirs pendant la colonisation. On y découvre Banda, le héros, rejetant cette société où les Blancs ont plus de privilèges que les Noirs et font ce que bon leur semble, où justice n’est pas rendue au Noir quand il est spolié ou insulté par le Blanc, où le prêtre blanc dénonce le Noir venu confesser la veille le tort qu’il a causé à son patron blanc… Mais on y admire aussi la solidarité des Africains : d’abord, celle des cinq femmes qui aident Banda à porter son cacao jusqu’en ville et qui rendent visite à sa mère pendant son emprisonnement ; ensuite, celle des ouvriers qui se mettent ensemble pour donner une correction au patron, lequel refuse de leur  payer leur salaire. On est surtout heureux et fier de voir Banda tenir tête aux contrôleurs, même si ces derniers finissent par lui voler son cacao.

Mongo Beti reviendra à la charge en 1956 avec Le pauvre Christ de Bomba, une description satirique du monde missionnaire et colonial à travers les mésaventures du révérend père supérieur Drumont. Déterminé à « civiliser » et à évangéliser les Africains qu’il croyait acquis à sa cause, ce dernier ne réussira pourtant pas sa « mission », lui qui se prenait pour le messie. Et c’est le cuisinier Zacharie qui lui donnera les raisons de son échec : « Les premiers d’entre nous qui sont accourus à votre religion, y sont venus comme à une révélation, une école où ils acquéraient la révélation de votre secret, le secret de votre force, la force de vos avions, de vos chemins de fer, est-ce que je sais, moi… le secret de votre mystère, quoi ! Au lieu de cela, vous vous êtes mis à leur parler de Dieu, de l’âme, de la vie éternelle, etc. Est-ce que vous vous imaginez qu’ils ne connaissaient pas déjà tout cela avant, bien avant votre arrivée ? Ma foi, ils ont eu l’impression que vous leur cachiez quelque chose. Plus tard, ils s’aperçurent qu’avec de l’argent ils pouvaient se procurer bien des choses, et par exemple des phonographes, des automobiles, et un jour peut-être des avions. […] Voilà la vérité, Père ; le reste, ce n’est que des histoires. »

LE ROMANCIER ÉTAIT COMME OBSÉDÉ PAR LE « DEVOIR D’ÊTRE TOUJOURS AUX CÔTÉS DES HUMILIÉS QUI LUTTENT »

Mongo Beti défend ainsi l’idée que le missionnaire ne fut ni « civilisateur » ni « évangélisateur » mais auxiliaire ou complice du colon dans certains pays africains, ce que résume bien Fabien Eboussi Boulaga quand il écrit : « Pour différentes l’une de l’autre qu’elles soient, l’évangélisation et la colonisation ne s’opposent pas, elles s’accordent même sur la tâche de redressement de l’homme arriéré et déchu et elles ne se distinguent que comme deux faces d’une même pièce de monnaie. En somme, chacun s’est servi de l’autre, chacun gardant son but propre. Mais ce fut au détriment des Africains. »

Vaste escroquerie

Le romancier camerounais était comme obsédé par le « devoir d’être toujours aux côtés des humiliés qui luttent » (Che Guevara) et de faire entendre leur cri. Une obsession qui le rendait sévère vis-à-vis du Guinéen Camara Laye lequel, à ses yeux, parlait peu des souffrances des peuples africains. Il l’accusait notamment de « se complaire dans l’anodin et surtout le pittoresque le plus facile […], d’ériger le poncif en procédé d’art, de s’acharner à montrer une image stéréotypée de l’Afrique et des Africains : univers idyllique, optimisme de grands enfants, fêtes stupidement interminables ».

Parce que « la réalité actuelle de l’Afrique noire, sa seule réalité profonde, [c’était] avant tout la colonisation et ses méfaits », Mongo Beti ne pouvait que se dresser contre la colonisation. Main basse sur le Cameroun, autopsie d’une décolonisation (Paris, éd. Maspero, 1972) lui en fournira l’occasion. Mais l’essai, qui condamne la dictature d’Ahmadou Ahidjo et le contrôle des pays africains par la France malgré les « indépendances » de 1960, est aussitôt censuré par un arrêté du ministre de l’Intérieur français, Raymond Marcellin, sous la pression du gouvernement camerounais. C’est en 1976 que l’auteur et l’éditeur obtiendront l’annulation de l’arrêté d’interdiction.

Deux ans plus tard, Mongo Beti met sur le marché Peuples Noirs, Peuples africains. La revue bimestrielle, où publiera l’exilé Laurent Gbagbo, paraîtra jusqu’en 1991. Farouchement opposé aux ingérences étrangères en Afrique, à l’influence de Jacques Foccart sur certains dirigeants africains, à la coopération franco-africaine, « une vaste escroquerie qui ne profite qu’à la France », à la francophonie qui, pour lui, est « une institution pernicieuse et destructrice », Alexandre Biyidi Awala n’en fustige pas moins Ahidjo – que Paris juge plus accommodant que les leaders nationalistes de l’Union des populations du Cameroun (UPC). Il n’est pas plus tendre avec Paul Biya, « une créature de François Mitterrand et un chef d’État fantôme sous lequel la justice est devenue une farce permanente et sinistre ».

Prométhée camerounais

Après lecture de ses différents ouvrages, difficile de ne pas penser avec André Djiffack qu’il y a chez Mongo Beti « comme un mélange de Socrate par l’élévation de l’esprit, de Voltaire par l’effronterie à l’égard des pouvoirs institués, de Sartre par le militantisme impertinent et de Césaire par la lutte anticoloniale en vue de l’émancipation du monde noir ». Difficile, aussi, de ne pas tomber sous le charme de « ce Prométhée camerounais qui nous lègue le feu » (Boniface Mongo-Mboussa).

Qu’est devenu le feu de la justice, de la liberté et de la vérité légué par Mongo Beti ? Qu’avons-nous fait de son héritage ? L’Afrique digne et debout honorera-t-elle un jour cet écrivain qui était à la fois un empêcheur de tourner en rond et un géant de la pensée et de l’écriture ?

Jean-Claude Djereke

Avec Jeune Afrique par Jean-Claude Djereke

Jean-Claude Djereke enseigne les Littératures francophones à Bryn Mawr College, Philadelphie, États-Unis.

France: Près de 100 incidents recensés lors des hommages à Samuel Paty

octobre 16, 2021

La journée en mémoire de l’enseignant s’est déroulée dans le calme dans les écoles, hormis « quelques incidents », a indiqué Jean-Michel Blanquer sur RTL.

Il y a un an, jour pour jour, Samuel Paty était sauvagement assassiné devant son collège de Conflans-Sainte-Honorine. À la veille de l’anniversaire de sa mort, des commémorations ont été organisées dans tous les établissements scolaires de France, en mémoire de l’enseignant. D’après Jean-Michel Blanquer, cette journée de recueillement s’est déroulée « dans un grand calme ». « Il y a eu quelques incidents, on en a recensé 98. C’est beaucoup moins que ce qu’il y a eu quand il y a eu des attentats précédemment », a fait savoir le ministre de l’Éducation nationale au micro de RTL, ce samedi 16 octobre.

Parmi ces signalements, l’Éducation nationale recense sept « menaces » individuelles ou collectives De l’aveu de l’ancien recteur, ces incidents ont pu être « de très petites choses ». « Il ne faut pas généraliser. Parfois, ce sont des propos à l’emporte-pièce, nous les prenons au sérieux », a assuré Jean-Michel Blanquer, précisant que les établissements scolaires avaient fait preuve « d’unité et de dignité ». Sur France 2, le ministre avait également évoqué dans la matinée « des interruptions pendant les hommages, un élève qui dit n’importe quoi ou un élève qui est menaçant ». « Tout ceci reste des cas très isolés et que nous traitons, il y a un suivi », a-t-il précisé.

Une vigilance totale

Des millions d’élèves en France ont célébré la mémoire du professeur d’histoire-géographie, à travers une minute de silence, un chant, un débat sur la liberté d’expression. Jean-Michel Blanquer avait prévenu qu’en cas de perturbations lors des hommages, les concernés seraient « sanctionnés ». La veille, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait appelé les préfets à une « vigilance totale » lors de cet hommage, et plus particulièrement « dans et aux abords des établissements scolaires ».

Le 16 octobre 2020, Samuel Paty avait été poignardé puis décapité à Éragny-sur-Oise (Val-d’Oise), à quelques centaines de mètres de son collège de Conflans-Sainte-Honorine. Le jeune assassin de 18 ans, un réfugié russe d’origine tchétchène, lui reprochait d’avoir montré en classe des caricatures de Mahomet. Il avait été tué peu de temps après par la police. Avant son passage à l’acte, il avait pris connaissance de la polémique autour des caricatures avec une vidéo sur Internet de Brahim Chnina, père d’une collégienne. L’adolescente, visée par une exclusion pour indiscipline, avait menti à son père : elle avait assuré avoir été sanctionnée pour s’être élevée contre la demande de Samuel Paty faite aux élèves musulmans, selon elle, de se signaler lors de ce cours.

Par Le Point avec AFP

RDC-70 ans de la disparition de Simon Kimbangu: Guy Loando satisfait de son séjour à Nkamba

octobre 13, 2021

Le ministre d’État en charge de l’Aménagement du territoire, Me Guy Loando Mboyo,  était parmi les personnalités invitées à la double cérémonie commémorative du soixante-dixième anniversaire de la disparition du prophète Simon Kimbangu et de la naissance de Simon Kimbangu Kiangani, le premier des vingt-six petits-fils du prophète noir et actuel chef spirituel et représentant légal de l’Eglise kimbanguiste. C’était  le 12 octobre à Nkamba, au Kongo-central.

Me Guy Loando posant avec le chef spirituel de l’Eglise kimbanguiste, Simon Kimbangu Kiangani

Satisfait de son séjour à la terre sainte de Nkamba, nouvelle Jérusalem, le patron de l’Aménagement du territoire en République démocratique du Congo a eu des mots justes pour saluer l’accueil dont la délégation gouvernementale conduite par le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, a été bénéficiaire et la haute spiritualité qui caractérise la cité de NKamba.

« La terre sainte Nkamba est un endroit de très haute spiritualité. Pour moi, c’est un grand privilège de me retrouver ici, dans le cadre de cette mission officielle du Premier ministre, pour commémorer le double événement. En toute humilité, je dis  merci à papa Simon Kimbangu  qui  a reçu l’ensemble de la délégation. Et il a prié personnellement  pour moi. Les mots me manquent, je suis très satisfait d’être ici en cette date historique », a témoigné le ministre Guy Loando Mboyo, promettant de retourner prochainement à NKamba, « source de bénédictions ».

Guy Loando a invité les Congolais et les citoyens du monde  à se rendre à la cité sainte.  » j’invite ceux qui ont  des problèmes, ceux qui veulent un accompagnement de haute spiritualité à venir à la terre sainte. Ici , c’est la source où l’on peut puiser des bénédictions… », a-t-il avoué.

A cette grandiose cérémonie, le chef de l’État y a été représenté par  le président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso N’kodia, qui a remercié la grande communauté kimbanguiste tout en la rassurant du soutien de la plus haute autorité du pays. 

Avec Adiac-Congo par Blandine Lusimana

Célébration : le 141e anniversaire de Brazzaville au rythme de la rumba congolaise

septembre 29, 2021

Célébré sur le thème « Brazzaville et la rumba congolaise », le 141e anniversaire de la fondation de Brazzaville s’étendra du 5 au 7 octobre autour des tables rondes, des projections documentaires et d’une exposition.

L’exécution de la rumba/DR

Initiée par l’Institut français du Congo (IFC) en partenariat avec la mairie de Brazzaville, Les Dépêches de Brazzaville et le ministère de la Culture et des Arts, la commémoration du 141e anniversaire de Brazzaville mettra l’accent sur la rumba congolaise, dont la campagne d’inscription sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’humanité se fait conjointement en ce moment avec la République démocratique du Congo. L’événement permettra, ainsi, au public de découvrir des documentaires retraçant l’histoire de la rumba congolaise, une exposition ainsi qu’un cycle de conférences réunissant des experts de la musique congolaise.

L’ouverture de ce rendez-vous, le 5 octobre, se fera par la projection du documentaire « Hommage à Edo Ganga », réalisé en 2020 par Prince Kloz Baloubeta et produit par l’IFC. Le film laisse à voir un concert présenté par Médard Milandou avec la participation des artistes musiciens Zao, Roga-Roga et biens d’autres en hommage au dernier des fondateurs du mythique orchestre Les bantous de la capitale, Edo Ganga, décédé l’année dernière.

S’en suivra, dans la même journée, une conférence sur le thème « L’histoire de la rumba à Brazzaville, au Congo », ainsi que le vernissage d’une exposition collective dévoilant les pochettes de vinyle, coupures de presse, photos des lieux et figures emblématiques de la rumba congolaise. Un travail regroupant le photographe Désiré Kinzenguélé, Nicolas Bissi, le collectif Bisso na Bisso et Les Dépêches de Brazzaville.

Le lendemain de l’ouverture sera ponctué par la diffusion du documentaire « Hommage à Franklin Boukaka », un film d’environ 1h 20 mn réalisé également l’an dernier par Prince Kloz Baloubeta. Visionnaire, humaniste, ardent défenseur de la cause des Noirs, le musicien congolais Franklin Boukaka aurait eu 80 ans en 2020. Pour lui rendre hommage, Zao, l’orchestre Kimbanguiste et le chœur Jubilate Deo ont repris ses plus grands succès. Un concert assaisonné de témoignages de ceux que l’artiste a connus et inspirés.

La dernière journée de ces moments de célébration permettra au public de suivre la diffusion du film documentaire « Sur les chemins de la rumba », de David Pierre Fila. Sorti en 2014 et d’une durée d’environ 1h 38 mn, le long-métrage fait voyager avec une simplicité apparente à travers un cheminement de l’autre côté du monde. Le film entraîne donc le spectateur à travers les côtes africaines, du Bassin du Congo, de Cuba… afin de lui partager l’harmonie, la beauté, des hommes et femmes, ainsi que des paysages qu’incarne cette musique.

Notons que plus qu’un genre musical, la rumba est un héritage commun des deux Congo, qui a connu sa maturité après l’indépendance des pays africains dans les années 1960. Les pères fondateurs sur le plan national sont, entre autres, les artistes Ganga Edo, Franklin Boukaka, Pamelo Mounk’a, Antoine Moundanda, etc.

Merveille Atipo

Canada: Une bourse et des prix pour souligner le 10e anniversaire du décès de Jack Layton

juin 15, 2021

OTTAWA — La famille et les amis de Jack Layton lancent le projet «Layton Legacy» pour souligner le dixième anniversaire du décès prématuré du chef du NPD fédéral.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le lancement, mardi, ouvrira officiellement les candidatures pour une nouvelle bourse universitaire et deux nouveaux prix qui seront décernés au nom de M. Layton.

Il sera suivi d’une célébration virtuelle à l’échelle nationale de la vie de Jack Layton le 22 août, dixième anniversaire de sa mort.

L’événement est organisé avec l’aide du musicien Steven Page, ancien chanteur de Barenaked Ladies.

Jack Layton avait mené le NPD à son meilleur résultat aux élections fédérales de 2011, balayant le Québec pour faire passer le parti de son habituelle troisième ou quatrième place au statut d’opposition officielle.

Un peu plus d’un an après cette percée électorale historique, M. Layton, qui avait déjà lutté contre le cancer de la prostate, est décédé après avoir reçu un nouveau diagnostic de cancer.

Dans une lettre ouverte écrite deux jours avant sa mort, M. Layton a exhorté les Canadiens à se rappeler que «l’amour vaut mieux que la colère. L’espoir vaut mieux que la peur. L’optimisme vaut mieux que le désespoir. Alors, soyons aimants, pleins d’espoir et optimistes. Et nous changerons le monde.»

M. Layton a été professeur d’université avant de se lancer en politique, d’abord au niveau municipal. La nouvelle bourse Layton est ainsi établie «en mémoire du travail passionné de Jack avec les étudiants», indique un communiqué.

Le projet inclut également un prix de leadership autochtone pour soutenir les militants autochtones «qui sont de puissants acteurs du changement» et un prix d’activisme pour honorer les groupes qui illustrent «la croyance de Jack en notre force collective à s’organiser pour un changement transformateur».

Avec La Presse Canadienne

Congo/Vers les 60 ans du petit Séminaire de Loango : Que les jeunes prennent le temps de discerner la place qui est la leur dans l’Eglise

mai 29, 2021
VERS LES 60 ANS DU PETIT SEMINAIRE DE LOANGO : Que les jeunes prennent le temps de discerner  la place qui est la leur dans l’Eglise

Le Petit séminaire de Loango s’apprête à fêter ses 60 ans d’existence. Il s’agit d’une vénérable maison de formation qui a vu défiler dans ses murs des centaines de jeunes animés du désir de servir Dieu dans l’Eglise de Pointe-Noire. En prélude à ce jubilé, l’abbé Raphaël Nzaou, le directeur de ce Petit séminaire a répondu à nos questions.

*Père, de manière brève, comment décririez-vous les grands traits de l’histoire de ce séminaire?
**De manière brève, nous pouvons dire que le village de Loango abritait dans les années 1887-1897 un séminaire fondé par Mgr Hippolyte Marie Carrie. Ce séminaire fermera ses portes pour être transféré à Mayoumba, au Gabon, parce que Loango devenait de plus en plus bruyante et ne permettait plus aux séminaristes de suivre leur formation dans la quiétude. En 1923, l’administration coloniale française quitte Loango et s’installe à Pointe-Noire. C’est ainsi que la population de Loango se déplace à Pointe-Noire. Il faudra attendre 1955 pour que les pères spiritains reconstruisent les nouveaux bâtiments qui abriteront le nouveau séminaire qui ouvrira ses portes le 15 septembre 1961 en accueillant, dans un premier temps, 39 jeunes.

*Quelle est la vocation de ce séminaire? Par cette question, je voudrais savoir si tous les jeunes internés ici seront prêtres à l’avenir.
**La vocation de ce séminaire comme tout séminaire c’est d’accompagner et de former les jeunes qui portent dans leurs cœurs le désir de servir Dieu comme prêtre. On y entre et on y est accueilli pour discerner l’appel de Dieu. Il va sans dire que tous les jeunes qui sont accueillis au séminaire y sont pour savoir où le Seigneur les veut pour le servir, est ce dans le sacerdoce ministériel ou dans le sacerdoce baptismal?

*Depuis quelques mois, le diocèse de Pointe-Noire est devenu archidiocèse. Je suppose que cela implique plus de travail en termes de vocations pour l’archevêque et ses collaborateurs. Comment pensez-vous, avec les autres formateurs de ce séminaire, vous y prendre pour répondre à ce défi?
**Le diocèse est passé à l’archidiocèse depuis le 30 mai 2020 et vous comprenez que cela fait exactement une année. Comment pensons-nous nous y prendre avec les autres formateurs pour accompagner les jeunes qui viennent au séminaire pour discerner l’appel de Dieu? Mais nous poursuivons le travail comme il s’est toujours déroulé jusqu’ici puisque les diocèses suffragants, Dolisie et Nkayi, restent et demeurent autonomes, avec la possibilité chacun de gérer sa maison de formation. Nous travaillons en parfaite harmonie avec le recteur du séminaire Saint Gabriel de Dolisie. Cela n’implique aucun travail supplémentaire. On fonctionne selon les orientations de notre archevêque, Mgr Miguel Angel Olaverri.

*Quels sont les défis actuels de ce séminaire?
**Les défis actuels du séminaire Notre-Dame de Loango restent dans le ratio fondamental assigné à tous les séminaires. L’objectif du Petit séminaire est d’aider la maturation humaine et chrétienne des adolescents en qui se manifestent les premiers signes de la vocation au sacerdoce ministériel, afin de faire grandir en eux une liberté intérieure propre à leur âge. Cela dit, nous accompagnons les jeunes dans leur processus de maturation vocationnelle dans une plus grande liberté intérieure. Notre défi est d’aider le jeune frère à discerner où le Seigneur le veut dans sa vie. Et, surtout, qu’il soit épanoui dans son choix discerné avec les accompagnateurs. Comme dit saint François de Sales: Nous devons fleurir où le Seigneur nous a plantés.

*Quel message adresseriez-vous aujourd’hui à la jeunesse catholique de l’archidiocèse?
**La vie est un don de Dieu, et l’homme est la seule créature que Dieu a voulu à son image et à sa ressemblance en lui confiant la mission de prendre soin de sa création. Donc, prendre du temps pour discerner quelle mission le Seigneur me confie dans sa vigne, permettra à chacun de nous de prendre soin de ‘’la maison commune’’ en exerçant notre devoir comme des serviteurs quelconques. Dans l’Église, chacun de nous a une mission à remplir. D’ailleurs, nous sommes un corps à plusieurs membres ; chaque membre joue son rôle pour permettre au corps de se mouvoir et de se développer. Que le jeune prenne le temps de discerner quel est son rôle dans la vie de l’Église, de la société congolaise et dans sa famille. C’est à ce titre que chacun portera du fruit là où le Seigneur l’aura planté.

Avec La Semaineafricaine Propos recueillis par Madocie Déogratias MONGO

Bob Marley : « Africa Unite », « War », « Exodus »… un message universel

mai 11, 2021
Bob Marley lors d’un concert à Paris, le 4 juillet 1980.

Musicien surdoué, promoteur du mouvement rasta créé par Leonard Percival Howell, ce rebelle qui portait l’Afrique en lui continue de faire des émules partout dans le monde. Avec un message qui parle aux exclus de la Babylone contemporaine.

Décédé le 11 mai 1981, Bob Marley était un chanteur populaire dont la renommée avait dépassé les frontières de sa petite île natale, la Jamaïque, pour s’étendre au reste du monde. Son message, universel, parlait à tous les opprimés, les sans-droits, les laissés-pour-compte, du Bronx à Soweto. À l’instar de beaucoup de Caribéens et d’Africains-Américains, la question identitaire, la quête des racines, l’émancipation étaient au cœur de ses préoccupations, exacerbées par l’histoire violente de la Jamaïque.

Cette île des Caraïbes, où Robert Nesta Marley est né d’un père blanc et d’une mère noire, existe parce que des esclaves, importés d’Afrique, l’ont fertilisée de leur sueur et de leur sang. Pour l’essentiel issus du peuple ashanti, dans l’actuel Ghana, ils étaient durs à dompter et n’éprouvaient aucune peur lorsque le maître les marquait au fer rouge. Leur volonté de rentrer un jour au pays de leurs ancêtres n’a jamais disparu, le marronnage n’étant qu’un moyen de recouvrer la liberté avant le grand retour. Un rêve que l’abolition de l’esclavage n’a pas estompé.

En grandissant, Bob Marley entend parler de cette histoire. Il entend aussi parler de son compatriote Marcus Garvey, fondateur de l’Universal Negro Improvement Association (UNIA) en 1914. Mort en 1940, Garvey prônait le retour des Noirs en Afrique, convaincu qu’« aucune sécurité, aucun succès ne viendra à l’homme noir tant qu’il sera une minorité dans la communauté particulière où il pourrait devenir industriellement et commercialement fort. » Garvey mourut sans avoir mis le pied sur le continent, mais il n’en demeure pas moins l’un des précurseurs du panafricanisme et de la conscience noire. Dans l’esprit du jeune Marley, les choses sont claires : l’Afrique représente Sion, la terre promise, alors que le monde occidental oppresseur n’est autre que la Babylone biblique.

Le retour en Éthiopie

Également nourri de la ferveur des Églises qui pullulent en Jamaïque et se qualifient d’éthiopiennes pour affirmer leur africanité, Bob Marley trouve son Dieu en ras Tafari Makonnen, devenu Haïlé Sélassié Ier, empereur d’Éthiopie, et adhère au rastafarisme. Sensible au discours sur le retour en Afrique, le négus a accordé des terres aux Noirs du monde afin qu’ils participent à la reconstruction de son pays. Ce sera à Shashemene, à 250 km au sud d’Addis-Abeba. Les premiers arrivants sont des Jamaïcains. Bob Marley n’a pas la chance de voir son idole quand le négus visite la Jamaïque en 1966 : il est alors aux États-Unis. Il ne le rencontrera jamais. Reste qu’en 1968, il enregistre son premier disque de l’ère rastafarienne : Selassie Is the Chapel.

Dans les années 1970, l’engagement du chanteur pour l’Afrique s’amplifie. À peine une décennie après les indépendances, les coups d’État se sont multipliés sur le continent, les libertés individuelles ont reculé et les partis uniques triomphent. Marley est-il au courant ? Sans doute. En 1974, il ne fait pas partie des artistes venus des Amériques pour se produire à Kinshasa en marge du combat de boxe Ali-Foreman. Et quand le négus est déposé à Addis-Abeba, puis meurt en 1975, Marley compose Jah Live  pour honorer sa mémoire. On retrouve ce thème du retour en Afrique dans Rastaman Chant et dans l’album Exodus.

C’EST LORS DE SON PREMIER VOYAGE EN AFRIQUE QU’IL ÉCRIT L’UNE DE SES CHANSONS LES PLUS CÉLÈBRES, « ZIMBABWE »

L’année 1978 est importante à plus d’un titre. Elle est marquée par la sortie d’Africa Unite, chanson avec laquelle Marley exprime sa volonté de voir le continent s’unir et affirme son soutien aux combattants de la liberté. Il précise aussi que, si sa musique s’adresse à toute l’humanité, son cœur bat pour l’Afrique. Au siège de l’ONU, à New York, il reçoit la médaille de la paix « attribuée par 500 millions d’Africains ».

Dans la chanson War, il interprète même le texte d’un discours prononcé par Haïlé Sélassié Ier à l’ONU, en 1963. Mais le plus émouvant demeure sans doute son premier voyage en Afrique. Au mois de novembre 1978, il se rend en Éthiopie, à Shashemene. Même s’il n’y passe que quatre jours, il découvre la terre africaine et retrouve les Jamaïcains qui s’y étaient installés. Il n’y donne aucun concert, mais c’est là qu’il écrit l’une de ses chansons les plus célèbres, Zimbabwe, dédiée aux guérilleros en lutte contre le régime raciste de Ian Smith, en Rhodésie du Sud. En octobre 1979, Marley participe à un concert à Harvard dont les recettes, 250 000 dollars, sont versées à l’organisation Amandla pour le financement des combattants de la liberté en Afrique.

Deux ans plus tard, il est invité à Libreville par Pascaline Bongo, la fille du président du Gabon, à l’occasion de l’anniversaire de son père. Le concert qu’il donne est réservé aux dignitaires… Mais en avril 1980, Marley est à Harare, au Zimbabwe, où les nationalistes africains s’apprêtent à proclamer l’indépendance. À ses frais, il y donne, les 18 et 19 avril, ses deux uniques concerts publics en Afrique. Si le premier jour les choses se passent mal au stade Rufaro à cause de l’exclusion du peuple, le lendemain, des dizaines de milliers de Zimbabwéens viennent vibrer avec celui dont la chanson Zimbabwe est devenue l’hymne de leur armée de libération. En novembre 1980, quelques mois avant sa mort, Bob Marley se fait baptiser à l’Église orthodoxe éthiopienne de New York sous le nom de Berthane Sélassié. Ultime hommage et fidélité à l’Afrique. Ce n’est pas par hasard que, le 6 février 2005, 300 000 personnes ont assisté sur Meskel Square, la plus grande place d’Addis-Abeba, à un mégaconcert à l’occasion du soixantième anniversaire de sa naissance.

Avec Jeune Afrique par Tshitenge Lubabu M.K.

Des mots du Président Abbé Fulbert Youlou et du destin national du Congo-Brazzaville dans le concert des nations (1917-1972)

mai 5, 2021

Hommage au président abbé Fulbert YOULOU, à l’occasion du quarante et neuvième anniversaire de son décès intervenu le 5 mai 1972 à Madrid en Espagne.

         Même là-haut l’abbé Fulbert YOULOU reste très attentif à l’actualité mondiale, en particulier, à celle ayant trait au devenir de son pays d’origine, le Congo/Brazzaville et à l’Afrique en général.

Convaincu de la pertinence des observations ou/et des analyses du président Abbé Fulbert YOULOU, le Journal du Muuntu, par le truchement de son directeur de publication taata Nduenga s’est rapproché en âme et conscience, comme par le passé, de Taata YOULOU, à l’effet de connaître ou de l’interroger sur cette actualité, en l’occurrence sur celle du Congo/Brazzaville qui, depuis la dernière élection présidentielle et la mort inopinée d’un des candidats, en la personne de Guy Brice Parfait KOLELAS, s’avère être et ce, à la fois, grave et brûlante.

LE J.M. : Bonjour vénéré père abbé ! Comment allez-vous là-haut ? Le climat socio-politique est malsain au Congo/Brazzaville et manque cruellement, de surcroît, de hauts dignitaires, comme vous l’avez été jadis, alors que pourriez-vous nous dire à ce propos ?

A.F.Y. : [ Et vous jeune homme que vous êtes comment-allez-vous ? Quant à moi, je vais bien et fort heureux de là où je suis, étant à l’abri, comme vous pouvez l’imaginer, des contraintes physiques ou existentielles propres à l’être humain ]

 [A part ça],…..Je ne peux plus me taire devant les récits que me font chaque jour les malheureux qui fuient la dictature de mes ennemis…L’Afrique a désormais son fleuve de sang, et ici comme là-bas les persécuteurs terrorisent au nom de la même idéologie monstrueuse. Pourtant le “ Monde libre” en doute et il se trouve même des gens de bonne foi pour imaginer un dialogue avec elle : c’est trahir les tyrannisés, les réduire à la passivité. Abbé F.Y. in “ J’accuse la Chine” Edition de la Table Ronde, 1966, P.13.

L’infernale machination qui a poussé l’Homme blanc à douter de la valeur de son entreprise en Afrique qui, comme toute oeuvre humaine, comporte ses grandeurs et ses seervitudes, découvre, aujourd’hui, son véritable visage qui est celui d’un impérialisme cent fois plus détestable que le colonialisme. C’est la race noire tout entière qui est menacée d’extermination sous l’occupation….A Brazzaville, de curieux savants étudient scientifiquement sur le corps de cobayes bantous les limites de résistance de l’Homme noir…voilà pourquoi je me décide à témoigner. Abbé F.Y. In “J’accuse la Chine” Op.cit P.12.

LE J.M. : Puisque vous parlez de Brazzaville, vénéré père abbé, je vous informe que Brazzaville n’est plus celle dont vous disiez, en votre temps, être le symbole de l’indépendance et de la liberté voire de la résistance. Qu’en pensez-vous père abbé ?

A.F.Y. : L’hospitalité fraternelle que mon peuple a généreusement offerte à l’homme qui, en accord et avec l’aide du Monde libre, a fait de Brazzaville le symbole de la résistance à la capitulation, confère au représentant légitime de ce peuple congolais un devoir sacré : celui de continuer le combat engagé le 18 août 1940 pour la défense du Monde libre.

Ce jour-là, en effet, le peuple congolais, qui n’était pas directement concerné par la guerre comme il l’est hélas ! Aujourd’hui, accueillait un bataillon de Français libres commandé par le capitaine Delange entouré du médecin Sice, de l’aviateur Carretier venus apporter au peuple bantou le message de liberté de mon frère africain Eboué.

Pendant des mois, Brazzaville a représenté pour la France, l’Europe et le Monde libre, l’espérance des armes, mais aussi de l’honneur et de la justice puisque ce sont des rives de notre Congo que devaient déferler les vagues si souvent détournées de la décolonisation. Pendant des mois, l’un des plus “fabuleux” acteurs de la dernière guerre mondiale allait, de cette terre qui fut très certainement le berceau de l’homme, modeler sa légende, celle de ses compagnons, qui, à force d’opiniâtreté, d’intransigeance, s’identifièrent à la France, mère de toutes libertés.

Pouvions-nous alors, dans l’euphorie de la lutte, dans l’allégresse de la victoire ensuite, imaginer que Brazza symbole d’indépendance et de liberté, tomberait, dans l’indiférence des amis d’hier, aux mains du plus abominable des colonialismes. A.F.Y. In “ J’accuse la Chine” Op cit P.11.

LE J.M. : Eh oui vénéré père abbé cette France dont vous nous parlez reste pourtant passive, inerte face à la barbarie que connaît le Congo/Brazzaville et d’autres nations africaines du monde francophone.

A.F.Y. : Hommes blancs, avez-vous bien réfléchi que vous êtes responsables de l’idée que nous nous faisons de la civilisation et que tout abandon du spirituel, toute mystification intellectuelle que vous tolérez est une erreur chance de plus pour la subversion du mal qui nous menace. Chez nous, quand un piroguier tombe dans le Congo, instinctivement il lutte contre le courant, car il sent que s’il se laisser aller là où le flot le charrie, il est perdu. Le “sens de l’Histoire”, c’est un peu l’affaire du piroguier et il me paraît aberrant que des hommes intelligents, cultivés se placent au milieu des rapides qui les emportent vers l’univers totalitaire et athée.

Voilà qui nous mène loin du Congo et de ses drames. Eh bien ! Non, car j’ai la conviction que les ennemis de la civilisdation préparent, de mon Congo occupé par les barbares, non seulement l’investissement de l’Afrique, mais celui des esprits, des coeurs et des âmes. Il faut que mon exil, mes épreuves, celles de mon peuple éclairent les Français, les Européens, les Américains et tous les hommes libres. Il fallait peut-être cette extrémité pour que je confie à la feuille blanche [ Et à vous en tant que directeur de publication du Journal du Muuntu], mes angoisses et mes certitudes, mes larmes et mes colères. Ce rideau de fer, ce fleuve de sang, qui s’est abattu entre les deux Congos concerne tous les hommes de bonne volonté. A.F.Y. In “ J’accuse la Chine” Op cit P.46.

LE J.M. : Mais vénéré père abbé, ne serait-il pas préférable de…….

A.F.Y. : Avec tout le respect que j’ai pour vous jeune homme, je vous remercie de bien vouloir me laisser aller au bout de ma réflexion, Et je vous enn serai gré !

Si vous saviez, hommes d’occident, combien dans l’épreuve où nous sommes nous avons besoin de votre sympathie dans notre lutte contre l’erreur. Résister, lutter contre le mal, c’est bien, mais il faut vaincre, et pour vaincre, il faut connaître les positions de notre ennemi. Ce sont elles que j’entreprends de dénoncer ici. Les responsabilités que j’ai assumées, l’autorité que me donne l’affection de mon peuple, les souffrances qu’il supporte, les renseignements que j’ai recueillis de la rébellion, ont regagné le troupeau, donnent à ces révélations le caractère d’un document, mais surtout d’un avertissement à la France…, à l’Europe dont nous sommes le prolongement, mais aussi à vous Américainsd, fils transplantés de cette Europe. Mais il y a plus. L’Afrique est de la même dimension que l’Amérique. Les problèmes qui se posent à nous sont ceux-là mêmes que vous avez surmontés avec tant de succès en transformant le nouveau continent. Ils sont de même taille et nécessitent des moyens exceptionnels que vous êtes, par expérience et par possibilités, en mesure de nous fournir….Vous attachez un grand prix à la liberté, à la liberté sous toutes formes, devrais-je écrire, celle de l’homme comme celle des peuples et des Etats. Votre passé le prouve. A.F.Y. In “J’accuse la Chine” Op cit P.48.

L’heure pour nous est grave, vous le savez. Les périls qui nous menacent, menacent l’Afrique, l’Europe et le Monde libre tout entier.

Au nom de mon peuple de Brazzaville opprimé, je vous dis : “Hommes libres, entendez-moi !”. A.F.Y. in “J’accuse la Chine” Op cit P.49.

LE J.M. : Merci beaucoup vénéré père abbé de vos lumières sur le regard humain, fraternel et civilisé que la France et l’occident doivent avoir vis-à-vis du Congo/Brazzaville et de l’Afrique noire en espérant qu’elles soient attentives et surtout réceptives en agissant en conséquence.

         Mais dans tout ça, quelle doit être l’attitude des Africains eux-mêmes, vénéré père abbé pour promouvoir toutes ces valeurs de liberté et d’humanité dans nos pays ?

A.F.Y. : L’élite africaine doit se mobiliser pour faire échec aux réseaux d’intoxication qui ont parfois leurs sources en Occident. Elle doit se joindre, méprisant l’accusation de néocolonialisme, aux élites occidentales luttant pour la défense d’une civilisation qui nous est commune.

Des milliers de jeunes en Europe sont tentés par cet éveil de notre continent. Il faut mobiliser nos ambassades, nos élites pour aller les convaincre que nous ne sommes pas des sauvages, des cannibales, des racistes et que leur foi, leur audace, leur compétence trouveraient, dans nos pays en voie de développement, un terrain à la mesure de leur espoir. A.F.Y. in “J’accuse la Chine” Op cit P. 120.

Propos recueillis en âme et conscience par Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU ( alias TAATA NDUENGA), coordonnateur général du cercle KI-MBAANZA ou des Amis de la Nation Congolaise ( L’A.N.C.).

Avec Congo-Liberty

A propos du nom ‘’Diables-Noirs’’ de l’un des clubs de football du Congo

avril 24, 2021
A propos du nom ‘’Diables-Noirs’’ de l’un des clubs de football du Congo

Dieudonné ANTOINE-GANGA

L’équipe de football ‘’Diables-Noirs’’ de l’arrondissement 2 Bacongo de la ville de Brazzaville, la Verte, aura 71 ans en juin prochain. Plus qu’un demi-siècle d’existence !
Pour la petite histoire, les Diables-Noirs sont nés des cendres des clubs Olympic de Bacongo et Association sportive de la Mission (ASM) en 1939. Suite au différend que les dirigeants du club avaient eu avec les prêtres de la Paroisse Notre-Dame du Rosaire de Bacongo, messieurs Dominique Nzalakanda et Boniface Massengo alors dirigeants du club, donnèrent, le 23 juin 1950, le nom de ‘’Diables-Noirs’’ à l’équipe. Ce qui fut considéré comme un crime de lèse-majesté, voire comme un défi par les prêtres missionnaires. Ces derniers ne comprenaient pas que l’équipe de football, née de leurs ‘’entrailles’’ soit affublée de ce nom de diables de surcroît noirs.
Au fond, Dominique Nzalakanda et Boniface Massengo n’avaient, par cet acte, qu’officialisé le surnom de ‘’Diables-Noirs’’ dont les avaient gratifiés à Léopoldville (Kinshasa), quelques jours plus tôt, les Léopoldvillois émerveillés par le jeu des Diables-Noirs jouant seulement à 10, au Stade Reine Astrid. Ce match qui avait lieu en nocturne, avait opposé les Diables-Noirs au club Léopoldvillois Dragon. Ce dernier était jusque-là invincible en nocturne. En effet, ce fut la première fois que Dragon, avec son ballon blanc surnommé Loulou, fût battu.
D’autre part, il sied de signaler que c’est grâce à la bienveillante médiation de Monseigneur Paul Biéchy, alors vicaire apostolique de Brazzaville, et de l’abbé Fulbert Youlou, alors vicaire à la paroisse Saint François d’Assise de Brazzaville, que les prêtres missionnaires acceptèrent de ne plus avoir emprise sur le club ASM, devenu Diables-Noirs.
Les ‘’Diables-Noirs’’ demeurent l’un des clubs, le plus populaire du Congo. En 71 ans bientôt d’existence, ils ont remporté plusieurs titres de champion de la FAC (Fédération athlétique congolaise), de la sous-ligue de Brazzaville. Ils furent aussi les premiers champions du Moyen Congo en 1953, et premiers et derniers champions de l’AEF (Afrique Equatoriale française) aux dépens du FC Mocaf Tempête de Bangui, de l’Oubangui-Chari, actuelle République Centrafricaine. Comme ils furent aussi les tout-premiers champions de la jeune République du Congo, en 1961, aux dépens de l’AS Cheminots de Pointe-Noire.
Les ‘’Diables-Noirs’’ fournirent à l’équipe nationale du Congo, de joueurs talentueux tels que Boniface Massengo ‘’Professeur’’, Ange Baboutila ‘’Fantomas’’, Etienne Massengo ‘’Elastique’’, Clément Massengo ‘’Fu Manchu’’, Sangou ‘’Deladanse’’ (qui marqua au Stade Eboué, l’unique but contre les amateurs qui avaient battu la sélection euro-africaine de Brazzaville de France par 9 buts à 1 dans les années 1950), Dominique Nganga ‘’Poison’’, Joseph Mantari ‘’Défoufou’’, Adolphe Bibanzoulou ‘’Amoyen’’, Léopold Ndey ‘’Ziboulateur’’, Jean-Marie Loukoki ‘’Kopa, tombeur de Reims’’, Robert Ndouri ‘’Piantoni’’, Germain Makouezi ‘’La Flèche’’, Maxime Matsima ‘’Yachine’’, Jean-Chrysostome Bikouri ‘’Biskirou, la fusée congolaise’’, Germain Dzabana ‘’Jadot’’, Alphonse Niangou ‘’Yaoundé’’, Jonas Bahamboula-Mbemba ‘’Tostao’’, etc.
Enfin, le Gouverneur général Félix Eboué fut l’un des supporters dans les années 1940, de l’ASM, l’ancêtre des Diables-Noirs qui furent entraînés à partir de 1950, tour à tour, par deux européens, Jean Isabey et Aimé Brun. Ils pratiquaient à l’époque un jeu limpide, aéré, avec des passes précises à la ‘’Brésilienne’’. Un véritable spectacle ! Ce qui leur valut le surnom de ‘’Brésiliens du Congo’’. Au temps du Moyen Congo, pendant la colonisation, les Diables-Noirs étaient l’unique équipe de football qui eût livré des matches contre le club européen de Brazzaville, ‘’CAB’’.
Pour mémoire, les Diables-Noirs battirent au Stade Eboué l’AS Police par 20 buts à 0 et Rennaissance-Aiglons par 8 buts à 0.
Bon vent, chers Diables-Noirs !

Avec Lasemaineafricaine par Dieudonné ANTOINE-GANGA