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RDC/Musique : Tshala Muana interpellée puis relâchée pour la chanson « Ingratitude »

novembre 17, 2020

« Ingratitude », tel est le titre du dernier opus de la chanteuse Tshala Muana qui lui a valu des ennuis, le 16 novembre, avec l’Agence nationale de renseignement (ANR).

Kinshasa : auteure de la chanson "ingratitude", Tshala Muana a été arrêtée  ce lundi par les agents de l'ANR - CAS-INFO.CA

La chanteuse Tshala Muana

La chanson est présentée, à tort ou à raison, comme un pamphlet dirigé à l’endroit de l’actuel chef de l‘Etat au regard de son contenu à forte saveur polémiste. La « Mamu nationale » qui est d’obédience PPRD, c’est-à-dire, proche de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, n’a sûrement pas mesuré les dégâts collatéraux qu’allait provoquer sa chanson dans un contexte de surchauffe politique de ces dernières heures.

En effet, la tension actuelle au sein de la coalition FCC-Cash sur fond des signaux de rupture entre ces deux forces politiques n’aura pas favorisé une bonne réception de la chanson. Chaque camp essaie d’interpréter son contenu à sa manière. « Ni à un examen, encore moins à une compétition tu n’as jamais gagné. Maintenant que le maître t’a montré le chemin, tu as pu t’en sortir. Et après que tu aies franchi, tu le trahis. Fais attention, tu marches avec vitesse, vaille que vaille, tu marches sans prudence », chante l’artiste. A qui s’adresse-t-elle, pourrait-on s’interroger d’autant plus qu’aucun nom n’est cité. Le reste est un déroulé des boutades, des paraboles et des expressions alambiquées difficiles à décoder. L’auteure fait, par ailleurs, recours à la bible, et évoque la rébellion de Satan contre son créateur, ou encore, la trahison de Judas vis-à-vis de Jésus de Nazareth. Se mettant dans la peau d’une victime, elle fustige l’ingratitude, banni tous ceux qui en ont fait leur seconde nature, et professe l’infortune à leur endroit. « Tu ne descendras que sur l’arbre par lequel tu es bien monté », chante-t-elle.

Une certaine récupération politicienne s’est vite cristallisée autour de la chanson, chaque camp politique cherchant à exploiter des bribes des phrases cadrant avec ses aspirations. L’UDPS/Kibassa autant que d’autres formations politiques ont fustigé l’interpellation dont a été l’objet la reine de Mutswashi estimant que le président de la République est mentalement forgé pour subir des critiques de tout genre.

Avec Adica- Congo par Alain Diasso

RDC : décès de Léon Lukaku, le chef du contre-espionnage de l’ANR

mars 2, 2020

Des soldats congolais près de Goma, dans l'est de la RDC, le 25 octobre 2013 (illustration).

Des soldats congolais près de Goma, dans l’est de la RDC, le 25 octobre 2013 (illustration). © Kay Joseph/AP/Sipa

 

Le chef du service de contre-espionnage au sein de l’Agence nationale de renseignement est mort ce lundi, dans des circonstances qui restent encore floues.

Plusieurs sources gouvernementales, ainsi que des sources au sein des services du renseignement congolais, ont confirmé l’information à Jeune Afrique : Léon Lukaku, chef du service de contre-espionnage de l’Agence nationale de renseignement (ANR), est décédé ce lundi à Kinshasa.

Les causes de son décès ne sont, pour le moment, pas connues. Plusieurs cadres des services de renseignement congolais, sous couvert d’anonymat, ont cependant avancé que ce dernier « était malade ». Selon nos informations, Léon Lukaku avait été suspendu de son poste de directeur des services contre-espionnage de l’ANR au cours du mois de février.

Ce décès intervient trois jours après celui du général Delphin Kahimbi, chef d’état-major adjoint chargé du renseignement militaire, décédé vendredi 28 février dans des circonstances encore non élucidées. L’armée et la présidence ont annoncé avoir ouvert des enquêtes sur la mort de ce haut gradé qui fut un proche de Joseph Kabila.

Avec Jeuneafrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

RDC: libération des militants arrêtés à Goma et d’un journaliste à Kinshasa

mars 18, 2015

 

Une dizaine de militants du mouvement Lutte pour le changement (Lucha) arrêtés mardi à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, ont été libérés, a-t-on appris mercredi de source officielle, ainsi qu’un journaliste congolais à Kinshasa, selon sa chaîne.

Les militants de Lucha avaient manifesté pour demander la libération d’activistes africains arrêtés dimanche à Kinshasa lors d’une rencontre sur la bonne gouvernance et la démocratie.

« Ils sont venus assiéger le siège de l’ANR (l’Agence nationale de renseignement) » qui les a « interpellés » mais après « vérification par les services » concernés, « les neuf [militants] ont été libérés hier (mardi) vers 17h00 (15h00 GMT) », a déclaré à l’AFP Julien Paluku, gouverneur de la province du Nord-Kivu.

La Lucha a confirmé sur Twitter la libération de ses militants qui ont, selon elle, « subi la torture et du chantage par les agents de l’ANR ». Leur arrestation s’était déroulée de manière brutale selon des témoins.

A Kinshasa, un journaliste de la chaîne congolaise privée Antenne A, Eric Izami, arrêté avec les activistes africains, a également été libéré mardi soir, a annoncé la chaîne.

Les militants sénégalais et burkinabè arrêtés dimanche, avec une trentaine d’autres personnes – dont des journalistes étrangers et un diplomate américain, rapidement libérés -, appartiennent aux mouvements « Y’en a marre », acteur majeur du combat contre un troisième mandat du président sénégalais Abdoulaye Wade (2000-2012), et « Balai citoyen », en pointe dans la « révolution » qui a chassé le président burkinabè Blaise Compaoré en octobre 2014.

Le gouvernement congolais les accuse de s’être livrés à la « préparation d’actes de violence ».

Après la libération des militants de Lucha, la situation restait tendue à Goma.

« Nous allons poursuivre des actions pacifiques jusqu’à la libération de Fred Bauma (membre de la Lucha) et de tous les autres militants détenus à Kinshasa », a promis la Lucha sur Twitter.

L’organisation a dans la foulée annoncé qu’un sit-in était en cours devant le gouvernorat et qu’une « grève (était) enclenchée à l’université de Goma ».

« La détention d’activistes pro-démocratie (. . . ) est le tout dernier signe alarmant de la répression de manifestations pacifiques avant le scrutin présidentiel de l’année prochaine » et « le signe d’une répression inquiétante de la liberté d’expression et de réunion en RDC », a déclaré mercredi l’organisation internationale de défense des droits humains Human Rights Watch.

L’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) a dénoncé pour sa part « le resserrement des libertés publiques, les arrestations et détentions arbitraires qu’opère de plus en plus l’ANR », exigeant que « le gouvernement fasse sanctionner les responsables pénalement et/ou disciplinairement ».

Le climat s’est fortement crispé en RDC depuis des manifestations violentes du 19 au 22 janvier qui ont fait, essentiellement dans la capitale, entre 27 et 42 morts, selon les sources.

Les contestataires dénonçaient un projet de révision de la loi électorale qui aurait permis de prolonger le mandat du président Joseph Kabila après la fin 2016, date de la fin de son quinquennat, alors que la Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat.

Jeuneafrique.com avec AFP