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Au moins un mort et 37 blessés dans un à Madagascar

septembre 9, 2018

Antananarivo – Au moins une personne est morte et 37 ont été blessées dimanche dans une bousculade à l’entrée d’un stade de la capitale malgache Antananarivo avant le coup d’envoi d’un match de football entre Madagascar et le Sénégal.

« Il y a eu une bousculade devant le stade (…) pour l’instant nous avons un bilan d’un mort et 37 blessés », a déclaré à la presse le directeur de l’hôpital Hjra, Oliva Alison (bien Alison) Rakoto.

Selon des témoins, la bousculade s’est déroulée à l’entrée du stade de Mahamasina.

Des milliers de spectateurs étaient massés depuis le tout début de la matinée pour assister à la rencontre entre l’équipe nationale de Madagascar et celle du Sénégal pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2019.

« Notre oncle est allé faire la queue pour voir le match. Il est parti de chez nous vers 8 heures. On a entendu qu’il était hospitalisé ici, après avoir été piétiné dans la bousculade », a raconté à l’AFP une femme de 30 ans, Henintsoa Mialy Harizafy.

« Je n’ai pas compris pourquoi il n’y avait qu’un seul portail ouvert alors que c’est un grand match », a poursuivi Mme Harizafy, venue à l’hôpital Hjra pour prendre des nouvelles de son oncle.

« Nous étions venu faire la queue à 6h du matin. Nous étions à un mètre et demi du portail lorsque la bousculade a eu lieu », a déclaré à l’AFP un autre spectateur, Rivo Raberisaona.

« Moi, j’ai été piétiné au dos. Mais mon sac à dos a amorti les coup », a poursuivi M. Raberisaona, précisant qu’un autre de ses amis avait été lui aussi hospitalisé.

Malgré l’accident, la rencontre entre Madagascar et le Sénégal a débuté comme prévu à 14h30 locales (11h30 GMT) devant plus de 20.000 spectateurs.

L’histoire du football africain est marquée par d e fréquents mouvements de foule meurtriers.

En février 2017, un mouvement de foule avait fait 17 morts et 58 blessés en Angola devant le stade de Uige (nord), avant le début d’un match entre le club local de Santa Rita et du Recreativo do Libolo, en ouverture de la saison du championnat national.

La bousculade était survenue après une intervention de la police, qui avait fait usage de grenades lacrymogènes pour dégager les abords du stade devant lequel se pressait la foule.

En 2009, 19 personnes étaient mortes dans la capitale économique ivoirienne Abidjan après une bousculade lors d’un match de qualification pour la Coupe du monde 2010 entre la Côte d’Ivoire et le Malawi.

Romandi.com avec (©AFP / 09 septembre 2018 12h23)                                                        

Pour Madagascar, des milliards de dollars et l’espoir d’un nouveau départ

décembre 6, 2016

Après avoir reçu des promesses d’aide de 6,4 milliards de dollars, le président malgache doit démontrer sa capacité à redresser le pays.

Des habitants d’Antananarivo jouent à la pétanque le 25 novembre 2016. Le pays vient d’être sacré champion du monde. Crédits : GIANLUIGI GUERCIA/AFP
« Une conférence historique » pour Madagascar : c’est avec ces mots que le président malgache Hery Rajaonarimampianina a salué le soutien promis par les bailleurs de fonds étrangers à l’issue de la réunion organisée à Paris les 1er et 2 décembre.

La Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne, les agences des Nations unies et quelques bailleurs bilatéraux dont la France ont été au-delà des attentes du chef de l’Etat, qui peut désormais se prévaloir de leur appui pour remettre sur pied une économie mise à mal par cinq années de crise politique et lancer un plan de développement qui promet de transformer la vie des Malgaches dont la grande majorité vit dans la pauvreté.

Le chiffre de 6,4 milliards de dollars (5,9 milliards d’euros) annoncé mérite cependant d’être examiné en détail. S’il est supérieur aux 5,6 milliards de dollars recherchés par le gouvernement, il s’agit pour partie seulement d’argent nouveau. La Banque mondiale, qui a fait la plus grosse annonce avec 1,3 milliard de dollars pour les trois prochaines années, avait déjà indiqué en février être en mesure de mobiliser 690 millions de dollars pour soutenir les couches les plus vulnérables de la population.

De la même façon, l’Union européenne avait annoncé en novembre 2015 une enveloppe de 518 millions d’euros sur cinq ans coïncidant avec la reprise officielle de l’aide suspendue après le renversement du président Marc Ravalomanana par l’ancien maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina en mars 2009. « Les conférences de donateurs ressemblent aux concours de beauté. C’est à qui fera la plus grosse annonce. Ce ne sont que des promesses. Ce chiffre montre seulement que les bailleurs sont bien disposés à l’égard de Madagascar et c’est déjà un bon signal », commente un observateur de l’aide internationale.

10 % des routes en bon état

Le décaissement réel de cette aide composée de dons et de prêts à faible taux d’intérêt est en effet suspendu à une longue liste de conditions : projets solides, transparence des procédures, contrôle financier… De l’avis des bailleurs, « la capacité d’absorption » de l’administration malgache avoisine aujourd’hui 500 millions de dollars par an. Depuis 2013, cette somme a été atteinte chaque année. Passer à la vitesse supérieure suppose de muscler les moyens de l’Etat malgache.

Une chose est sûre cependant : l’aide extérieure redevient le principal outil de financement des politiques publiques. « Nous n’avions pas mesuré l’impact qu’aurait notre retrait », reconnaissait vendredi à Paris le représentant d’un des pays donateurs. Entre 2009 et 2013, l’aide a chuté d’environ 30 % et s’est déplacée vers des programmes humanitaires. Les infrastructures se sont détériorées. En plus des dégâts liés aux cyclones, des coupes budgétaires ont aggravé l’état des routes et des infrastructures d’approvisionnement en eau et en électricité.

Le plan national de développement (PND) sur lequel Hery Rajaonarimampianina promet de bâtir « un nouveau Madagascar » est censé faire repartir le pays dans la bonne direction. Sur bien des plans, Madagascar démarre quasiment de zéro. Le programme d’investissements dans les infrastructures dessine en creux tout ce qui a été défait ou n’a jamais été fait au cours des dernières décennies. Sur les 31 640 km de routes, seuls 10 % sont en bon état et un tiers à peine sont praticables toute l’année. La remise en circulation du canal des Pangalanes qui s’étend sur 700 km le long de la côte doit ainsi être relancée. La construction de routes pour désenclaver des territoires et accroître la production agricole est également inscrite parmi les priorités des prochaines années. Alors que le pays souffre de la faim – 1,2 million de personnes sont sous assistance du Programme alimentaire mondial dans le sud de l’île –, seules 5 % des terres arables sont exploitées.

Message d’espoir

Inscrits aussi à l’inventaire : la création de six zones économiques spéciales bénéficiant de conditions d’investissement avantageuses et d’une main-d’œuvre à 40 dollars le mois, l’ouverture de 40 concessions à l’exploration pétrolière offshore, la remise en ordre des filières de production des pierres précieuses dont l’essentiel est aujourd’hui exporté illégalement, la construction de nouvelles infrastructures énergétiques…

« Nous envoyons un message d’espoir aux Malgaches », s’est félicité le président de la BAD, Akinwumi Adesina en annonçant une contribution de 1 milliard de dollars au Plan national de développement.

Espoir ? La presse malgache est restée prudente et célébrait plus volontiers, lundi matin, le titre de champion du monde de pétanque décroché face au Bénin que les lendemains qui chantent du PND. A preuve du contraire, les Malgaches se font peu d’illusions sur la volonté de leurs dirigeants comme sur la capacité de l’aide extérieure à changer leur quotidien. Pour répondre aux risques de corruption et de détournement, M. Rajaonarimampianina a promis la création d’« une structure de suivi ».

« Il va falloir gérer minutieusement les annonces de Paris, admet un bailleur. Les Malgaches qui travaillent dur pour pouvoir se payer un repas par jour ne comprendront pas que ces milliards de dollars n’aient aucune retombée concrète pour eux. »

C’est à ce prix qu’il sera possible d’affirmer que la conférence de Paris était « historique ».

 

Clôture du sommet de l’OIF à Antananarivo : le prochain aura lieu en Arménie

novembre 27, 2016

François Hollande et Hery Rajaonarimampianina, le 26 novembre au sommet de la Francophonie, à Antananarivo. © DR

La Tunisie, candidate à l’organisation du prochain sommet de la Francophonie en 2018, n’a pu l’emporter face à l’Arménie. Elle a toutefois obtenu d’accueillir celui de 2020. Les principaux enseignements du Sommet de Madagascar.

  • La Tunisie organisatrice du Sommet de la Francophonie en 2020

Le dépôt tardif de la candidature tunisienne à l’organisation du sommet ainsi que l’absence des deux têtes de son exécutif à Tana, n’ont pas permis à la Tunisie de remporter l’organisation du Sommet de la Francophonie en 2018 comme elle l’espérait. L’Arménie, qui a effectué une longue campagne et a dépêché son président sur place l’a emporté. Tunis obtient toutefois l’organisation de celui de 2020.

  • Une participation en berne, Hollande et Mohammed VI partent prématurément

Seuls dix-sept chefs d’État et de gouvernement étaient présents à l’ouverture du sommet. Parmi les absences les plus remarquées, celle du roi du Maroc, Mohammed VI, qui était en visite d’État à Madagascar mais a quitté Antananarivo au petit matin, le 26 novembre, avant même le début des travaux.

Le président français, François Hollande, a pour sa part écourté sa visite de plusieurs heures. Il n’a pas fait d’apparition au deuxième jour du sommet – il a privilégié d’autres événements à Antananarivo – et est reparti avant le déjeuner des chefs d’État.

  • L’adhésion saoudienne repoussée

La candidature de l’Arabie saoudite à un statut d’observateur de l’OIF n’a pas été retenue à Antananarivo. Une mission doit se rendre à Ryad d’ici à 2018 pour évaluer sa candidature. D’ici là, plusieurs États membres de l’organisation devraient continuer de l’appuyer, comme ce fut le cas du Sénégal et du Maroc lors de ce sommet.

« L’OIF a décidé d’être une organisation ouverte et donc elle doit jouer le jeu, expliquait le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, en marge de l’événement. L’Arabie saoudite est un pays membre de l’ONU, signataire de sa charte. On veut bien de son argent, de ses investissements, donc il faut être cohérent. Je pense qu’il y avait une majorité en sa faveur, mais nous avons privilégié le consensus. »

  • La réussite de l’organisation et le premier sommet de Michaëlle Jean

L’organisation du sommet d’Antananarivo n’a pas connu de couac majeur ce qui est une victoire pour le président malgache, Hery Rajaonarimampianina. « Madagascar a retrouvé sa place dans le concert des nations », a-t-il déclaré au cours de la conférence de presse finale. Jusqu’aux dernières semaines, la capacité d’organisation faisait l’objet de doutes, jusqu’au sein de l’OIF.

Sa secrétaire générale, Michaëlle Jean, a passé son premier sommet sans encombre. Cependant, il lui faudra encore faire des efforts pour convaincre les chefs d’État africains d’ici au prochain sommet. « Elle communique beaucoup, trop  même, regrette un diplomate africain. En séance, elle monopolise parfois la parole. Si les délégations parcourent des milliers de kilomètres, viennent ici à leurs frais, c’est pour pouvoir s’exprimer et être entendus. » Les plaies issues de son élection, lors du sommet de Dakar, ne sont pas encore refermées.

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet, envoyé spécial

Madagascar: À Antananarivo, le Qatar paie (enfin) son dû à la Francophonie

novembre 26, 2016

Le bureau océan Indien de l’OIF, à quelques mètres du palais présidentiel d’Ambohitsorohitra, à Antananarivo. © RIJASOLO/RIVA PRESS

L’émirat, qui n’avait jamais payé ses cotisations depuis son adhésion à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) en 2012, a réglé les 3,3 millions d’euros qu’il devait. Mais d’autres pays ont toujours des arriérés de paiement.

« Le Qatar n’a pas tenu ses promesses ! » Au moment de quitter son poste, l’ancien administrateur général de l’OIF, Clément Duhaime, n’avait pas mâché ses mots contre l’émirat du golfe. Depuis son adhésion comme membre associé de l’organisation en 2012, il n’avait jamais réglé ses cotisations.

Menacé de ne plus pouvoir s’exprimer dans ses instances, l’émirat a finalement régularisé sa situation au cours du sommet de l’OIF à Antananarivo. Il a profité de la conférence ministérielle pour régler les 3,3 millions d’euros.

Pour l’OIF, c’est un soulagement. D’autant que d’autres membres sont également en retard de paiement. Au total, l’organisation, qui s’est dotée d’un budget de 72 millions d’euros pour 2017, accuse encore des arriérés de paiement de quelques 8 millions d’euros. C’est notamment le cas de la Grèce, qui a déjà 2,8 millions d’euros d’arriérés et n’a toujours pas réglé les 2,8 millions dus pour 2016… « Ils font vraiment ce qu’ils peuvent, mais ils ont de vraies difficultés financières », jugeait un cadre de l’organisation.

Des pays africains en retard de paiement

La Grèce est en effet astreinte à l’une des contributions les plus élevées de l’organisation. Celui-ci est en principe calculé en fonction du statut du pays (membre de plein droit, associé, observateur…) et de ses ressources. Principal contributeur, la France verse quant à elle 14,7 millions d’euros de contribution statutaire, suivie du Canada (10,2 millions), de la Suisse (3,9 millions) et de la Wallonie (3,8 millions). Tous sont à jour de leurs contributions et certains ajoutent des contributions volontaires substantielles.

Les contributions des pays africains sont en revanche modestes : la plus importante est celle du Maroc avec 146 000 euros prévus pour 2017. Malgré cela, certains États du continent ont accumulé des arriérés importants. C’est le cas de la Guinée-Bissau (735 000 euros), de la Centrafrique (603 000) ou encore de Sao Tome e Principe (508 000 euros). « Dans ce genre de situation, nous proposons des plans d’apurement mais, en cas de refus, nous sommes contraints d’adopter des sanctions graduées », explique un cadre de l’organisation. « D’abord, le pays membre ne peut plus présider de groupe de travail, ensuite il ne peut plus organiser d’événement de l’OIF sur son territoire. Si cela ne suffit pas, il n’est plus s’exprimer dans les instances. » Un accord d’apurement vient d’ailleurs d’être conclu avec les Comores, qui ont payé une partie des 832 000 euros dus.

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet envoyé spécial

OIF : le sommet de Madagascar s’ouvre, plusieurs chefs d’État africains manquent à l’appel

novembre 26, 2016

Cérémonie d’ouverture du XVIe Sommet de la Francophonie, à Anatananarivo le 26 novembre 2016. © DR

Le XVIe sommet de la Francophonie s’est ouvert à Antananarivo, ce samedi 26 novembre. Plusieurs chefs d’État africains annoncés n’ont finalement pas fait le déplacement. Voici ce qu’il faut retenir de la cérémonie d’ouverture.

  • La satisfaction de Madagascar

Le président malgache, Hery Rajaonarimampianina, était rayonnant au moment d’ouvrir le sommet. Il est l’hôte de la plus importante conférence internationale organisée dans son pays depuis l’indépendance. « Madagascar est pleinement réintégré dans la communauté internationale et a retrouvé la stabilité », a assuré son homologue français, François Hollande, dans une déclaration à la presse. Il a par ailleurs été félicité par plusieurs chefs d’État à la tribune pour l’organisation de « son » sommet.

  • De nombreuses absences de dernière minute

Dix-sept chefs d’État et de gouvernement étaient présents à la cérémonie d’ouverture. Parmi eux, douze africains. À titre de comparaison, dix-neuf présidents africains avaient fait le déplacement lors du précédent sommet de l’OIF à Dakar, en 2014.

Plusieurs dirigeants annoncés n’ont en réalité pas fait le déplacement. C’est notamment le cas du président ivoirien, Alassane Ouattara (endeuillé par le décès de son beau-père, il est représenté par son Premier ministre), du Béninois Patrice Talon, du Guinéen Alpha Condé ou encore du Togolais Faure Gnassingbé. Le président de RD Congo, Joseph Kabila, dont le nouveau gouvernement n’a toujours pas été nommé et qui a été l’objet de vives critiques de la part de Paris ces dernières semaines, n’est pas venu. Celui du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, reparti déçu du précédent sommet à Dakar en 2014 non plus. Le Camerounais Paul Biya et le Malien Ibrahim Boubacar Keïta n’étaient pas présents.

Quant au roi du Maroc, Mohammed VI, pourtant présent à Madagascar, il n’a pas assisté à la cérémonie d’ouverture et n’a pas prononcé le discours un temps prévu.

  • Service minimum de Hollande sur la démocratie

Contrairement au sommet de Dakar, où il avait insisté sur les limites du nombre de mandats présidentiels dans les constitutions africaines, le président français François Hollande ne s’est pas appesanti sur la question de la démocratie sur le continent. Il a seulement rappelé la nécessité « d’élections libres et transparentes » et du « respect des ordres constitutionnels ». Il n’a pas non plus marqué de défiance à l’égard du président gabonais Ali Bongo Ondimba, dont la récente réélection est contestée et qui, par ordre protocolaire, se trouvait à ses côtés lors des séances de photos et lors de la cérémonie.

Rappelant que de nombreux pays francophones ont récemment été victime du terrorisme, il a en revanche plaidé pour « la mise en place d’un réseau francophone de lutte contre la radicalisation pour échanger des informations, partager des pratiques efficaces et mettre en place des programmes ».

  • Le Trudeau show

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau a, en revanche, mis les pieds dans le plat sur des sujets sociétaux qui ne font pas toujours consensus au sein de l’espace francophone. Se déclarant « féministe » – ce qui lui a valu des applaudissements nourris – il a déploré, que « trop souvent, les femmes et les filles se voient mariées en bas-âge, sans leur consentement, elles sont privées du droit d’avortement, elles sont soumises à des mutilations génitales. C’en est assez. Il n’existe aucune excuse pour ces pratiques ». « Les membres des communautés gays, lesbiennes et bisexeulles et transgenres souffrent de discrimination dans trop de pays, y compris des membres de la francophonie », a-t-il dit.

Il a par ailleurs rendu hommage à la mémoire de Fidel Castro « ami de longue date du Canada et de [sa] famille », d’abord en français… puis en anglais. Suivi par une importante délégation de médias canadiens, Trudeau, s’adressait en effet aussi, si ce n’est surtout, à ses concitoyens.

  • Macky Sall, toujours favorable à la Cour pénale internationale

À l’heure où plusieurs pays africains ont annoncé leur intention de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI) – dont le Burundi, pays francophone dont le président, Pierre Nkurunziza, n’a pas fait le déplacement à Madagascar – le président sénégalais Macky Sall a déclaré : « notre organisation restera attachée à la préservation de la CPI ». Mais pour que celle-ci remplisse « sa vocation universelle » et « reste crédible », elle doit observer les principes de « non-selectivité et d’impartialité », référence au fait que seuls des Africains sont pour l’instant jugés à La Haye.

Le Sénégal, qui exerce la présidence de la Francophonie, doit passer le relais à Madagascar au cours de ce Sommet qui s’achève ce dimanche 27 novembre.

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet

Au Campus numérique de Madagascar, entre débrouille et fibre optique

octobre 28, 2016

A Madagascar, universités et étudiants manquent de moyens. Le CNF leur propose un accès à Internet associé à des ressources et à des formations en ligne.

L’entrée du Campus numérique francophone (CNF) à Antananarivo. Crédits : DR
Bienvenue au Campus numérique francophone (CNF) de Madagascar, qui vient de fêter ses vingt-cinq ans d’existence. En contrebas de l’université ­d’Antananarivo, un peu à l’écart, le bâtiment ne paie pas de mine. Il faut descendre un escalier escarpé, qui s’ouvre sur la colline d’en face, un quartier populaire aux maisons colorées. A l’intérieur, la concentration est palpable. Seule une voix s’échappe d’une télévision à écran plat. Francophonie oblige, un instructeur à l’accent québécois prodigue des conseils sur l’insertion professionnelle. Quelques étudiants écoutent d’une oreille distraite en pianotant sur leurs tablettes et leurs smartphones.

Des étudiants déterminés

Le CNF propose un accès à Internet, des ressources et des cours en ligne. Il est l’un des 37 lieux de ce type dans le monde, financé par l’Agence universitaire de la francophonie (AUF). Pour cette organisation, qui rassemble plus de 800 universités francophones de tous les continents, c’est le moyen de combler la fracture numérique. Un réel défi dans un pays où 4 % des ménages seulement ont accès à Internet, mais où la crise économique n’entame pas la détermination des étudiants, au contraire.

4 % des ménages malgaches seulement ont accès à Internet

Ange Rakotomalala, la responsable, dirige la visite des locaux, prêtés par l’université d’Antananarivo. La quarantaine souriante, elle est un exemple vivant de la différence que peut faire le numérique dans un pays en développement. « Je voulais être journaliste, dit-elle. Puis le virus des TIC m’a piqué  !  » Comprendre «  technologies de l’information et de la communication  ». En 2003, elle est l’une des pionnières à suivre une formation diplômante à distance, sans quitter Madagascar. En l’occurrence, un master en ingénierie de l’information de l’université de Strasbourg. « J’ai enchaîné avec huit ans de tutorat, mais c’était ­assez chronophage.  » Huit ans à encadrer d’autres étudiants éparpillés sans jamais les rencontrer. Qui mieux qu’elle pour diriger un tel endroit  ?

Dans un coin de la salle d’accueil, ils sont plusieurs agglutinés sur trois ordinateurs d’un autre âge en ­accès libre. Ibrahima, un étudiant en biochimie de 25  ans, fréquente le CNF lorsqu’il n’a pas cours.

«  Ici, j’ai accès à 30  000 livres numériques », lance-t-il. Ibrahima vient des Comores, au nord de Madagascar, où la formation qu’il suit n’existe pas. « Je fais aussi des cours sur YouTube. Sur la virologie, la microbiologie. Ici, ­Internet marche bien, ailleurs ce n’est pas possible  », précise-t-il.

A ses côtés, Jean-Guy, 27 ans, termine son mémoire de master de droit. « J’ai un ordinateur chez moi, mais pas de connexion  », lâche-t-il, avant de ­replonger derrière son écran.

Fibre optique raccordée

«  La fracture numérique reste une réalité à Madagascar, explique le directeur de l’AUF pour l’océan ­Indien, Philippe Bataille. D’autant que la technologie ne cesse d’évoluer.  » Face aux besoins en bande passante qui augmentent considérablement, l’AUF a accompagné les universités malgaches pour les raccorder à la fibre optique. Grâce à un partenariat noué sur vingt-cinq ans avec un opérateur téléphonique national, c’est chose faite depuis 2013.

Le ministère de l’enseignement supérieur compte désormais ­installer des bornes Wi-Fi en accès libre aux étudiants, mais ses caisses sont vides. «  Les ambitions de ce programme ont dû être revues à la baisse  », se ­désole Panja Ramanoelina, le président de l’université d’Antananarivo. Pour l’instant, une seule université, dans l’est de l’île, est équipée.

Les étudiants se sont néanmoins organisés. La plupart des associations étudiantes ont monté leurs ­propres cybercafés. Il faut compter 200 ariarys (0,05 euro) les dix minutes. Au milieu de toute cette débrouille quotidienne, le CNF est d’un certain ­secours pour accéder à une connexion Internet de qualité. «  On fait payer 500 ariarys [0,15 euro] par jour, on ne veut pas faire de concurrence déloyale, explique la responsable du centre. Et on n’est pas qu’un cybercafé   : ici les étudiants ont accès à des ressources numériques, à des ­bases de données documentaires, à des formations en ligne, ou encore à des conseils d’orientation. »

Formations en ligne

Ange poursuit la visite. Dans l’une des salles, une vingtaine d’étudiants sont rivés à leurs écrans. «  On est au max !  », lance Brice, un étudiant de 29  ans aux faux airs d’Elvis Presley. Ils font partie du projet «  Open Street Map  » qui tient sa réunion hebdomadaire ce jour-là. «  On développe une application sur Android qui sera lancée au moment du Sommet de la francophonie  », les 26 et 27 novembre, dans la capitale malgache. Il leur reste un mois.

Rapide recensement à main ­levée  : la moitié des étudiants présents dans la salle a un smartphone. Et deux, seulement, un ordinateur portable, dont Rija. Il vient deux à trois fois par ­semaine au CNF : «  Je suis inscrit à une dizaine de MOOC  », les cours en ligne.

Il faut compter 70 euros pour une inscription à une formation en ligne, c’est deux fois le salaire minimum

Tout juste diplômé en topographie, Rija a décidé de prendre une année sabbatique, «  pour se laisser [avoir] des idées  ». Il vit en résidence universitaire, qu’il paie 7  000 ariarys (2 euros) par an. Pour ses MOOC, choisis sur Coursera.fr, il télécharge les contenus au CNF, les regarde chez lui, et fait les tests en ligne le lendemain, au centre. «  Je suis inscrit en candidat libre, parce que je n’ai pas l’argent pour le certificat.  » Il faut compter 70 euros par MOOC, deux fois le salaire minimum à Madagascar. «  Donc je ne peux pas les mettre dans mon CV  », poursuit-il, scrupuleux.

Du manque de moyens des universités aux poches des étudiants, l’impact de la crise malgache est manifeste. Depuis le coup d’Etat de 2009, cinq ans de transition politique ont asphyxié l’économie. Les bailleurs de fonds internationaux ont gelé leurs ­contributions, ce qui a durement affecté les secteurs de la santé et de l’éducation, pourtant prioritaires. Le pouvoir d’achat a plongé. En 2015, 90 % de la population vivait avec moins de 2 dollars par jour, selon la Banque mondiale.

Lien avec le monde de l’entreprise

Même si l’enseignement supérieur n’est accessible qu’aux classes privilégiées, Ange note une baisse de fréquentation des formations en ligne. Celles qui, dans d’autres campus numériques africains, connaissent un engouement. «  En général, 350 personnes s’inscrivent en début d’année aux différentes formations, pour tout Madagascar. Mais une cinquantaine d’étudiants vont vraiment pouvoir les suivre, car, au moment de payer, ils se rendent compte qu’ils ne peuvent pas rassembler l’argent  », explique-t-elle.

Ces contraintes ne l’empêchent pas de fourmiller d’idées. Comme celle d’installer dehors, dans la cour, à la rentrée prochaine, de grandes tables sous abri équipées de bornes Wi-Fi. « L’idée, c’est de devenir un fab-lab [laboratoire de fabrication], un tiers lieu, pour mieux faire le lien avec le monde du travail, l’employabilité des étudiants. C’est ce que nous ­demandent les entreprises.  »

Ange évoque aussi les quarante ordinateurs portables que vient de recevoir le CNF et des possibilités que cela va offrir. Tout à coup une coupure de courant plonge tout le monde dans le noir. « Sur le toit, on va mettre des panneaux solaires, pour améliorer la sauvegarde des données  », ajoute-t-elle sans se démonter. A la saison des pluies, les coupures durent parfois de cinq à six heures. C’est dommage pour un campus, surtout quand il est numérique.

Le Monde Afrique organise les 27 et 28 octobre, à Dakar, la troisième édition de ses Débats avec pour thème, cette année, les défis de l’éducation supérieure en Afrique. Il y sera question des universités, de l’adéquation des filières actuelles avec les besoins des entreprises, de l’innovation technologique au service de l’éducation et de la formation des leaders africains. L’entrée est libre, sur inscription. Cliquez ici pour consulter le programme et vous inscrire.

Madagascar: Au moins deux morts et 70 blessés dans une explosion à Antananarivo

juin 26, 2016

Antananarivo – L’explosion d’une grenade a fait au moins deux morts et quelque 70 blessés dimanche à Antananarivo, lors des célébrations de la fête nationale de Madagascar, a-t-on appris auprès de la gendarmerie.

L’explosion a eu lieu vers 19H00 (16h00 GMT) dans le stade municipal de Mahamasina, où se tenait un concert gratuit à l’occasion de la fête de l’indépendance.

C’est dans ce même stade qu’avait eu lieu un défilé militaire dans la matinée.

Il y a deux morts (…) C’est une grenade qui est à l’origine de la déflagration. On peut le qualifier d’acte terroriste car l’auteur a visé plusieurs victimes. On ignore pour le moment cependant la motivation de l’auteur, a déclaré à l’AFP par téléphone le général Anthony Rakotoarison, directeur de la sécurité et des renseignements de la gendarmerie.

On compte également 72 blessés, selon le Premier ministre Olivier Solonandrasana Mahafaly, qui s’est rendu à l’hôpital où sont soignées les victimes.

Devant des journalistes, il a dénoncé un acte immonde et ignominieux.

Le dernier attentat à Madagascar remontait au 25 janvier 2014. L’explosion d’une grenade avait fait un mort et plusieurs blessés à l’extérieur du même stade, dans la rue.

L’auteur n’avait jamais été arrêté et les circonstances de cet attentat n’ont pas encore été élucidées.

Madagascar s’efforce d’émerger doucement d’une très longue période d’instabilité politique, débutée lorsqu’en 2009, lorsque le maire d’Antananarivo Andry Rajoelina avait renversé le président Marc Ravalomanana.

M. Rajoelina avait ensuite dirigé un régime dit de transition et il avait fallu attendre fin 2013 pour trouver une sortie de crise, avec l’organisation d’une élection présidentielle remportée par Hery Rajaonarimampianina.

En mai 2015, le président avait été destitué par l’Assemblée nationale, mais la décision avait finalement été rejetée par la justice malgache.

Les donateurs internationaux, qui avaient fui en 2009, commencent tout juste à revenir, et l’économie sinistrée par les années de crise reprend de timides couleurs.

Le pays reste cependant l’un des plus pauvres du monde. 90% de la population survit avec moins de deux dollars par jour, et Madagascar occupe la quatrième place mondiale en terme de malnutrition chronique.

Romandie.com avec(©AFP / 26 juin 2016 21h48)

L’armée malgache met fin à une mutinerie

juillet 22, 2012
ANTANANARIVO (Reuters) – L’armée malgache a annoncé dimanche avoir le contrôle de la situation sur la base militaire située près du principal aéroport d’Antananarivo dont des mutins s’étaient emparés en début de journée.

« La situation est sous contrôle. Le caporal Koto Mainty a été tué », a déclaré le général Raphaël Ramasy, chef de cabinet au ministère de la Défense, à la chaîne de télévision publique TVM.

« Les autres mutins se sont rendus ou ont été arrêtés (…) Quatre autres civils ont été arrêtés. Deux mutins et deux autres membres des forces de sécurité ont été blessés. »

Un capitaine, qui avait été blessé par balles alors qu’il venait négocier leur reddition, a succombé à ses blessures, a indiqué de son côté le porte-parole de l’armée, Philibert Ratovonirina.

L’armée avait envoyé plusieurs officiers négocier après avoir assuré ne pas craindre de nouvelles violences. Soldats et gendarmes avaient rapidement entouré la caserne, prise d’assaut à l’aube par les soldats.

« (…) A 5 heures ce matin, un groupe de soldats a fait irruption dans les casernes du premier régiment des forces d’intervention. Ils ont tiré en l’air, puis ils ont empêché les autres personnes d’entrer dans les casernes », a expliqué l’armée dans un communiqué.

L’actuel président malgache Andry Rajoelina a été porté au pouvoir par un coup d’Etat, soutenu par une partie de l’armée, contre le président élu Marc Ravalomanana en 2009. Il a été reconnu en tant que gouvernement transitoire en septembre.

Reuters