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Le British Museum va rendre à Irak des antiquités pillées

août 9, 2018

Photo fournie par le British Museum le 9 août 2018 montrant un cône d’argile sumérien datant d’environ 2200 ans avant JC / © The British Museum/AFP / –

Des antiquités, parfois vieilles de 5000 ans, pillées en Irak en 2003 après la chute de Saddam Hussein, vont revenir dans leur pays après avoir été identifiées par des experts du British Museum, a annoncé jeudi l’institution.

Huit petits objets avaient été saisis en mai 2003 chez un vendeur de la capitale anglaise par la police londonienne, qui ne disposait pas d’informations sur leur provenance. Ils ont été confiés aux experts du British Museum.

Coïncidence incroyable: une équipe du musée travaillait sur le site même où les objets ont été volés, à Tello (ancienne ville sumérienne de Girsu), dans le sud de l’Irak.

Parmi ces objets, trois cônes en terre cuite portaient des inscriptions cunéiformes indiquant le nom du roi qui les avait fait faire, et celui du dieu auquel ils étaient dédiés, en l’occurrence le roi Gudea pour la divinité Ningirsu.

« Ce qui est exceptionnel, c’est qu’au moment où la police envoyait ces objets au British Museum pour les identifier, on était en train de fouiller le temple d’où ils avaient été prélevés », a raconté à l’AFP Sébastien Rey, directeur du site de Tello et conservateur.

Sur place, les archéologues avaient récupéré des objets jetés par les pilleurs, qui s’étaient débarrassés des cônes cassés ou abîmés, avec les mêmes inscriptions, et avaient retrouvé dans les murs du temple des cônes identiques à ceux trouvés à Londres.

« Nous aurions pu deviner que ces objets venaient du sud de l’Irak, mais les lier à ce site particulier, et même à des trous particuliers, c’est extrêmement rare », a souligné l’archéologue.

Ces cônes ou clous commémoratifs avaient une « fonction magique », a expliqué M. Rey. Réalisés à la demande d’un roi, ils étaient enfoncés dans les murs d’un temple dédié à une divinité.

Parmi les trésors saisis par les policiers figurent une petite amulette en marbre blanc représentant un taureau et datant du début du troisième millénaire avant notre ère, un sceau cachet en marbre rouge de la même époque qui se portait en amulette et un galet de rivière poli sur lequel figure le début d’une écriture cunéiforme.

Ces objets seront formellement remis vendredi à l’ambassadeur d’Irak au Royaume-Uni, Salih Husain Ali, et seront acheminés ensuite au musée de Bagdad.

L’ambassadeur a remercié le British Museum pour ses « exceptionnels efforts d’identification et de retour des antiquités pillées en Irak ». « Une telle collaboration entre l’Irak et le Royaume-Uni est vitale pour la préservation et la protection du patrimoine irakien », a-t-il dit, cité par le musée.

Pour Hartwig Fischer, directeur du British Museum, qui avait dès 2003 mis en garde contre le pillage du patrimoine culturel du pays, le retour de ces objets est un « symbole des très solides relations de travail avec nos collègues irakiens développées ces dernières années ».

Romandie.com avec(©AFP / (09 août 2018 15h44)

Syrie: l’EI a décapité l’ancien directeur des Antiquités à Palmyre

août 19, 2015

Beyrouth – Le groupe État islamique (EI) a décapité celui qui dirigea pendant 50 ans le service des Antiquités de la célèbre cité syrienne de Palmyre, ont rapporté mercredi le directeur général des Antiquités de Syrie et une ONG.

L’Unesco, la France et les Etats-Unis ont dénoncé un meurtre brutal perpétré par des barbares.

Khaled al-Assaad, 82 ans, chef des Antiquités de Palmyre de 1963 à 2003, a été exécuté par des jihadistes mardi dans cette ville antique de la province centrale de Homs, a indiqué à l’AFP le directeur général du département des Antiquités et des musées de Syrie, Maamoun Abdelkarim.

Daech (acronyme du groupe Etat islamique) a exécuté l’un des plus éminents experts du monde antique. Il parlait et lisait le palmyrénien et nous nous adressions à lui, quand nous recevions de la police des statues volées, pour qu’il détermine si elles étaient vraies ou fausses, s’est indigné M. Abdelkarim.

Des images montrant le corps de M. Assaad accroché à un poteau, la tête coupée sur le sol, ont circulé sur des sites jihadistes.

Une pancarte attachée au corps identifie la victime comme étant M. Assaad, accusé par les jihadistes d’être un partisan du régime pour avoir représenté la Syrie à des conférences à l’étranger avec des infidèles et avoir été le directeur des idoles à Palmyre.

La version rigoriste de l’islam sunnite prônée par l’EI considère les statues humaines ou animales comme de l’idolâtrie.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a ajouté que M. Assaad avait été décapité sur une place de Palmyre devant des dizaines de personnes.

– ‘Assassinat barbare’ –

Selon M. Abdelkarim, le supplicié a été interrogé pendant un mois avec son fils Walid, l’actuel directeur des Antiquités de la ville, car les jihadistes voulaient connaître la cachette où se trouverait prétendument de l’or. Mais il n’y a pas d’or à Palmyre, a-t-il dit. Walid al-Assaad a été libéré car il souffre d’une maladie chronique du dos.

Cette famille est remarquable car l’autre fils Mohammad et le gendre Khalil ont participé activement au sauvetage de 400 pièces antiques au moment de la conquête de la ville par les jihadistes, a ajouté M. Abdelkarim.

Nous avions supplié Khaled de quitter la ville mais il a toujours refusé. +Je suis de Palmyre et j’y resterai même s’ils doivent me tuer+, nous disait-il, a ajouté le directeur des Antiquités de Syrie.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a condamné l’assassinat barbare de l’archéologue, un homme de savoir qui a travaillé avec de nombreuses missions archéologiques françaises.

Le département d’Etat américain a également condamné dans les termes les plus forts (…) un meurtre effroyable commis par des tueurs barbares. Son porte-parole, John Kirby, a assuré que les tentatives (par l’EI) d’effacer la riche histoire de la Syrie étaient vouées à l’échec.

Du côté de l’Unesco, sa directrice générale Irina Bokova s’est dite indignée par le meurtre brutal de M. Assaad. Ils l’ont tué parce qu’il n’a pas trahi son engagement profond envers Palmyre, a-t-elle écrit dans un communiqué.

Son oeuvre se poursuivra et restera hors d’atteinte des extrémistes. Ils ont assassiné un grand homme, mais ils ne feront jamais taire l’Histoire, a souligné Mme Bokova.

Elle a également déploré la mort de Qassem Abdallah Yehya, directeur adjoint des laboratoires à la Direction générale des Antiquités et des musées de Syrie, tué selon ce département par une attaque à la roquette contre la citadelle de Damas et le musée national la semaine dernière.

Les jihadistes ont pris fin mai Palmyre qui abrite des ruines antiques inscrites par l’Unesco au patrimoine mondial de l’Humanité. La communauté internationale craint que l’EI ne détruise ses nombreux trésors archéologiques, à l’instar de ce que le groupe a fait en Irak.

Oasis dans le désert, au nord-est de Damas, Palmyre abrite les ruines monumentales d’une grande ville qui fut l’un des plus importants foyers culturels du monde antique.

Plus de 300 sites historiques syriens ont été endommagés, détruits ou pillés au cours du conflit débuté il y a quatre ans, selon l’ONU.

Romandie.com avec(©AFP / 19 août 2015 22h32)

Louxor: une nouvelle nécropole et 50 momies découvertes

avril 28, 2014

Une « immense » nécropole avec près de 50 momies ou restes de momies, notamment de princesses et princes de la XVIIIe dynastie des pharaons (1550-1292 av. J-C), a été mise au jour en Egypte dans la Vallée des Rois, a annoncé lundi le ministère des Antiquités. Celui-ci a mené les fouilles conjointement avec une mission archéologique de l’université de Bâle.

Découverte dans la province de Louxor, dans le sud, « l’immense nécropole contient des restes de momies qui pourraient être celles de membres de la famille régnante, en particulier des fils des rois Thoutmôsis III et Thoutmôsis IV, de la XVIIIe dynastie », selon le ministère.

Des restes de sarcophages en bois et de masques mortuaires ont été découverts sur les lieux, ainsi que des vases canopes, ou morceaux de canopes, ces récipients dans lesquels étaient déposés les viscères des défunts après leur embaumement.
Princesses inconnues

L’examen par la mission suisse des inscriptions sur les canopes a permis d’identifier plus de 30 noms de personnes enterrées dans la nécropole, notamment des princesses aux noms inconnus, détaille Mohamed Ibrahim, le ministre des Antiquités, dans un communiqué.

La nécropole est située à l’extrémité nord-ouest de la Vallée des Rois, plus loin que la tombe de Toutânkhamon, explique le responsable des Antiquités à Louxor Abdelhakim Karar.

D’après lui, l’importance de cette découverte réside dans le fait que de nouveaux noms de princesses ont été révélés, mais aussi qu’elle ait eu lieu dans la Vallée des Rois dont on croyait connaÎtre tous les secrets.

Quelques-unes des cinquante momies, dont certaines en très bon état, sont celles de nouveau-nés, affirme une responsable de la mission suisse dans le communiqué.

Romandie.com