Posts Tagged ‘Antisémitisme’

75e anniversaire de la libération d’Auschwitz : la communauté internationale se mobilise

janvier 21, 2020

Plus de 25 leaders mondiaux se retrouvent mercredi 22 janvier à Jérusalem, avant de rejoindre Auschwitz, pour le 75e anniversaire de la libération du camp.

« Le travail rend libre», célèbre inscription marquant l'entrée du camp d'extermination Auschwitz-Birkeneau, où près d'un million de Juifs furent tués.
« Le travail rend libre», célèbre inscription marquant l’entrée du camp d’extermination Auschwitz-Birkeneau, où près d’un million de Juifs furent tués. Reuters / Kacper Pempel

Vladimir Poutine, Emmanuel Macron, ainsi que leurs homologues allemand, Frank-Walter Steinmeier, italien, Sergio Mattarella, et autrichien, Alexander Van der Bellen, se rendent du 22 au 23 janvier en Israël afin de participer au plus grand rassemblement jamais organisé consacré à la lutte contre l’antisémitisme : «Souvenir de l’Holocauste, lutter contre l’ antisémitisme». Le jour de la libération d’Auschwitz, le 27 janvier, le comité gagnera le camp de concentration pour honorer la mémoire des 6 millions de juifs tués par les nazis.

Le président de la Pologne, pays sous occupation nazie où était situé le camp d’Auschwitz, a décliné l’invitation du musée commémoratif de Yad Vashem, déclarant que les organisateurs de cette commémoration n’ont pas prévu de lui donner la parole. «Ou bien la Pologne pourra prendre la parole, ou bien le président de la République ne doit pas participer à cet événement», a déclaré le président polonais Andrzej Duda, dont le pays, le premier attaqué par l’armée d’Hitler, a perdu six millions d’habitants, dont trois millions de Juifs. Les cinq principaux discours seront réservés à la France, au Royaume-Uni, à la Russie, aux États-Unis et à Israël.

75 ans après la libération du camp, des survivants d’Auschwitz racontent l’enfer
A l’occasion de la commémoration du 75e anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz, des survivants de la Shoah établis en Israël racontent l’épreuve historique subie en Pologne.
Devoir de mémoire : 41% des Américains ne savent pas ce que représente Auschwitz

Durant cette semaine dédiée à la lutte contre l’antisémitisme, le président israélien Reuven Rivlin a déclaré que l’objectif serait principalement de «réfléchir à la manière de transmettre la mémoire de l’Holocauste aux générations qui vivront dans un monde sans survivants, et aux mesures que nous devons prendre pour assurer la sécurité des Juifs dans le monde».

Le problème de la transmission de la mémoire de l’Holocauste et son apprentissage est au cœur de cette rencontre internationale. Selon le cabinet de recherche Schoen Consulting, aux États-Unis aujourd’hui, 41% des adultes ne peuvent pas identifier ce qu’est Auschwitz, et 11% des adultes – un chiffre qui atteint plus d’un cinquième pour les adultes de 18 à 34 ans – n’ont pas entendu ou ne savent pas s’ils ont entendu parler de l’Holocauste.

«En préservant la mémoire de la Shoah et en reconnaissant l’urgence de l’éducation à la Shoah, nous pouvons nous assurer que les générations futures comprennent vraiment la haine profonde et totale ainsi que la tentative des nazis d’anéantir la communauté juive européenne et veiller à ce qu’elle ne se reproduise plus jamais», a ajouté le président du Congrès juif mondial (WJC) et de la Fondation pour la mémoire d’Auschwitz-Birkenau, Ronald S. Lauder, responsable de la commémoration le 27 janvier à Auschwitz.

Montée de l’antisémitisme liée au souvenir déclinant de la Shoah

L’enquête du Schoen Consulting a également révélé qu’un petit sous-ensemble de la population adulte américaine croit qu’il faudrait autoriser l’utilisation de slogans ou de symboles nazis aux États-Unis aujourd’hui (15 %) et qu’il est acceptable pour 11% d’entre eux d’avoir des opinions néo-nazies.

Des résultats inquiétants concernant le climat antisémite qui, selon le rabbin et président de la Conférence des rabbins européens Pinchas Goldschmidt cité dans The Times of Israel, sont directement liés au souvenir déclinant de la Shoah.

«La vie juive est de nouveau menacée en Europe», a déploré Moshe Kantor, président du Forum mondial sur la Shoah. «Elle est menacée par des agressions et un harcèlement quotidiens, dans la rue, les écoles, les universités, en ligne, et même chez les gens eux-mêmes. Elle est devenue si grave qu’une majorité écrasante de juifs d’Europe ne se sentent plus en sécurité».

En France, une étude Ifop pour la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) et pour l’American Jewish Committe (AJC), dévoilée lundi 20 janvier par Le Parisien, montre qu’en France, ce sont 34% des juifs qui se sentent menacés. Une crainte de l’antisémitisme liée à des faits bien réels. Début décembre, une centaine de tombes étaient profanées dans un cimetière juif alsacien et, début janvier, le cimetière israélite de Bayonne a également été saccagé. «Depuis le début des années 2000, on n’a pas réussi à descendre sous la barre des 350 actes par an», s’alarme dans Le Parisien Simone Rodan, présidente de l’AJC France.

Le Figaro.fr par Margaux D’Adhémar De Cransac

Au Parlement allemand, une survivante d’Auschwitz dénonce le « virus » antisémite

janvier 31, 2018

Angela Merkel et le chef de l’Etat Frank-Walter Steinmeier encadrent une survivante de l’Holocauste, Anita Lasker-Wallfisch, qui a dénoncé la résurgence de l’antisémitisme en Allemagne devant les députés le 31 janvier 2018. / © AFP / John MACDOUGALL

Une survivante de l’Holocauste, Anita Lasker-Wallfisch, a mis en garde mercredi contre la résurgence de l’antisémitisme en Allemagne dans un discours à la chambre des députés où siègent depuis fin 2017 des élus d’extrême droite.

« Quel scandale que des écoles juives, même des jardins d’enfant juifs, doivent être protégés par la police! », a lancé cette musicienne de 92 ans, une violoncelliste déportée à Auschwitz en 1943 et invitée devant les élus allemands à l’occasion de la commémoration annuelle des victimes du nazisme au Bundestag.

« L’antisémitisme est un virus vieux de 2.000 ans, apparemment incurable », a ajouté cette femme alerte, qui était accompagnée de sa soeur, Renate, déportée comme elle d’abord à Auschwitz puis à Bergen-Belsen.

« Nier quelque chose qui fait partie du passé de l’Allemagne est tout simplement inacceptable », a encore indiqué la musicienne qui a fait partie de l’orchestre d’Auschwitz, organisé par les SS dans le camp d’extermination.

Mme Lasker-Wallfisch n’a pas évoqué le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) qui compte 90 élus au Bundestag depuis les élections du 24 septembre dernier.

Or la jeune formation compte dans ses rangs des révisionnistes et certains de ses cadres souhaitent en finir avec la culture du repentir, socle de l’identité allemande depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

« La haine est un poison et au final, vous vous empoisonnez vous même », a insisté Mme Lasker-Wallfisch, devant la chancelière Angela Merkel, l’ensemble de son gouvernement et des dirigeants des partis politiques.

D’une voix forte et assurée malgré son âge et les souffrances subies en déportation, la musicienne a également raconté l’histoire de sa famille juive allemande assimilée.

« Renate (sa soeur, ndlr) et moi sommes nées dans ce pays, c’est-à-dire (que nous sommes) Allemandes », a-t-elle rappelé. Après l’arrivée des nazis au pouvoir, « on m’a craché dessus dans la rue et on m’a dit ‘sale Juive!' ».

Le 9 avril 1942, ses parents sont déportés. L’adolescente de 16 ans veut partir avec eux. Mais son père l’avertit: « Là où nous allons, tu iras bien assez tôt », a-t-elle dit.

Longuement applaudie par les députés, elle a également évoqué l’accueil par l’Allemagne de plus d’un million de réfugiés, fuyant la guerre ou la misère, depuis 2015. Un « geste humain incroyablement généreux et courageux », selon elle.

Les autorités allemandes, en particulier Angela Merkel, s’inquiètent de la résurgence de l’antisémitisme, notamment dans les cours d’école.

Romandie.com avec(©AFP / 31 janvier 2018 15h31)                

États-Unis: les deux présidents Bush appellent à rejeter « le racisme, l’antisémitisme et la haine »

août 16, 2017

Washington – Les deux anciens présidents américains George H.W Bush et son fils George W. Bush ont appelé mercredi les Etats-Unis à « rejeter le racisme, l’antisémitisme et la haine sous toutes ses formes », après les violences à Charlottesville.

Ce bref communiqué des 41e et 43e présidents américains, au ton très solennel, vient un peu moins de 24 heures après le tollé déclenché par Donald Trump qui a renvoyé dos à dos les groupuscules suprémacistes blancs –dont un sympathisant a tué une jeune femme samedi à Charlottesville– et les manifestants antiracistes.

Le président Trump, très remonté, a affirmé mardi au cours d’une conférence de presse chaotique que la responsabilité des violences dans la ville universitaire de Virginie devait être recherchée « des deux côtés ».

« Alors que nos prières vont à Charlottesville, nous nous remémorons ces vérités fondamentales couchées dans la Déclaration d’indépendance par le plus éminent des citoyens de cette ville (Thomas Jefferson, NDLR): ‘tous les hommes sont créés égaux; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables' », écrivent les deux Bush.

« Nous savons que ces vérités sont éternelles parce que nous sommes les témoins de la décence et de la grandeur de notre pays », ont-ils conclu.

Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, avait réagi dès dimanche au drame de Charlottesville dans un tweet citant le grand résistant à l’apartheid Nelson Mandela.

Ce tweet est devenu le plus « aimé » de l’histoire du réseau social avec 3,4 millions de « likes » mercredi.

Les deux autres présidents américains toujours en vie, Jimmy Carter et Bill Clinton, n’avaient pas encore réagi publiquement mercredi à ces événements qui ont choqué une partie de l’Amérique.

Romandie.com avec(©AFP / 16 août 2017 18h08)