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Tunisie : Kaïs Saïed assure « préparer la sortie » de l’état d’exception

novembre 21, 2021
Kaïs Saïed, le 11 octobre à Tunis. © TUNISIAN PRESIDENCY/ANADOLU AGENCY/AFP

Le président tunisien Kaïs Saïed a assuré « préparer la sortie » de l’état d’exception, en vigueur depuis le 25 juillet, lors d’une conversation téléphonique avec le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken.

La Tunisie « prépare les prochaines étapes » politiques afin de « sortir de la situation exceptionnelle » dans laquelle se trouve le pays, a assuré Kaïs Saïed à Antony Blinken samedi soir, confirmant « sa volonté » de ramener le pays à une « situation normale ».

Le 25 juillet, le président avait créé la surprise en limogeant le Premier ministre, en suspendant les activités du Parlement et en reprenant le contrôle de l’appareil judiciaire. Il avait ensuite promulgué, le 22 septembre, un décret officialisant la suspension de certains chapitres de la Constitution et instaurant des « mesures exceptionnelles », le temps de mener des « réformes politiques ».

« Péril imminent »

Le président tunisien, qui ne pas fait pas mystère de sa volonté d’instaurer un système politique présidentialiste, a aussi l’intention de faire approuver les changements constitutionnels par référendum, avant tout nouveau scrutin parlementaire. Il a justifié ses décisions par un « péril imminent », lié aux blocages politiques et à la profonde crise socio-économique et sanitaire dans laquelle se trouvait la Tunisie en juillet.

Ses détracteurs dénoncent toutefois un « coup d’Êtat » et « un accaparement du pouvoir ». À Antony Blinken, Kaïs Saïed a expliqué avoir agi face à un Parlement tunisien qui s’était « transformé en théâtre d’affrontements » où « les travaux ont été perturbés à maintes reprises par des violences verbales et physiques ».

Le président Saïed a par ailleurs souligné que les difficultés économiques et sociales sont « le problème essentiel » de la Tunisie. Le taux de chômage atteint désormais 18,4% et le pays, dont la croissance reste faible (3 à 4% prévus pour 2021), a demandé récemment au FMI une nouvelle aide de près de 4 milliards de dollars (3,3 milliards d’euros).

Par Jeune Afrique avec AFP

Depuis le Sénégal, Antony Blinken met en garde le groupe Wagner contre toute ingérence au Mali

novembre 21, 2021
Antony Blinken et Macky Sall, à Dakar, le 20 novembre 2021. © AP/SIPA

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a mis en garde le 20 novembre le groupe russe Wagner contre toute ingérence au Mali, appelant à une transition rapide vers un pouvoir civil.

En visite au Sénégal, dernière étape de sa tournée africaine, Antony Blinken a déclaré que les États-Unis « contribuent avec le Mali et d’autres partenaires aux efforts pour la stabilité » dans ce pays. « Je pense qu’il serait malheureux si des acteurs étrangers s’engageaient en rendant les choses encore plus difficiles et plus compliquées, et je pense en particulier au groupe Wagner », a-t-il déclaré devant la presse.

Les autorités maliennes n’excluent pas de recourir aux services de cette société privée russe, soupçonnée d’être proche du président Vladimir Poutine, pour aider dans la lutte contre les jihadistes. Pour nombre d’ONG et de journalistes, la Russie utilise le groupe Wagner et ses mercenaires pour servir ses intérêts à l’étranger, ce que nie le Kremlin.

Sanctions

Les ministres français des Affaires étrangères et des Armées, Jean-Yves Le Drian et Florence Parly, ont, lors d’un entretien à Paris le 12 novembre avec leurs homologues russes Sergueï Lavrov et Sergueï Choïgou, « exprimé le caractère inacceptable que revêtirait le déploiement de mercenaires de Wagner dans la bande sahélo-saharienne », selon un communiqué de la diplomatie française.

Le secrétaire d’État américain a également plaidé pour la tenue d’élections. « Dès qu’un gouvernement démocratiquement élu prendra fonction, la communauté internationale sera prête pour soutenir le Mali », a assuré Antony Blinken, alors que la Cedeao a récemment imposé des sanctions individuelles à 150 personnalités politiques, en raison du retard pris dans l’organisation des élections devant consacrer le retour du pouvoir aux civils.

Par Jeune Afrique avec AFP

Les Etats-Unis et le Kenya poussent à un cessez-le-feu en Ethiopie

novembre 17, 2021
Les Etats-Unis et le Kenya poussent a un cessez-le-feu en Ethiopie
Les Etats-Unis et le Kenya poussent à un cessez-le-feu en Ethiopie© POOL/AFP/Andrew Harnik

Les Etats-Unis et le Kenya ont poussé mercredi à un cessez-le-feu en Ethiopie, réaffirmant leur espoir d’une conclusion positive aux intenses efforts diplomatiques déployés pour une solution négociée au conflit entre gouvernement et rebelles dans le nord du pays.

Au premier jour d’une tournée africaine centrée notamment sur la démocratie qui le mènera ensuite au Sénégal et au Nigeria, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a également appelé le Kenya, un allié de longue date, à garantir l’année prochaine des élections libres.

A Nairobi, le chef de la diplomatie américaine s’est entretenu pendant une heure et demie -au lieu des 10 minutes initialement prévues- avec le président Uhuru Kenyatta, qui participe activement aux tentatives de médiation régionale sur le conflit éthiopien.

M. Kenyatta s’est rendu dimanche à Addis Abeba, alors que la guerre qui dure depuis un an entre les rebelles de la région du Tigré et le gouvernement a connu une escalade ces dernières semaines.

« Nous croyons qu’un cessez-le-feu est possible », a déclaré lors d’une conférence de presse conjointe la ministre kényane des Affaires étrangères, Raychelle Omamo.

M. Blinken a, lui, appelé à des « avancées concrètes pour la paix » et à la reprise de l’aide humanitaire au Tigré, où des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions proches de la famine, selon les Nations unies.

« Je réitère notre appel à toutes les parties à urgemment et sérieusement engager des négociations sur la cessation des hostilités sans conditions préalables », a-t-il déclaré, renouvelant par ailleurs l’appel aux citoyens américains à quitter l’Ethiopie.

Les Etats-Unis ont récemment critiqué l’Ethiopie et pris des sanctions contre cet allié, dénonçant des entraves à l’acheminement d’aide alimentaire et des violations des droits humains.

Interrogé par un journaliste, M. Blinken n’a pas exclu que les Etats-Unis puissent éventuellement qualifier les « exactions » commises au Tigré de faits relevant d’un génocide.

« Quelle que soit la manière dont nous les appelons, cela doit cesser et il faudra rendre des comptes », a-t-il dit.

Influence chinoise

Le président américain Joe Biden a promis des actions pour promouvoir mondialement les valeurs américaines face à l’influence croissante de la Chine qui multiplie les investissements sur le continent et se montre moins regardante sur les pratiques politiques.

Soulignant que les Etats-Unis ont donné 50 millions de doses de vaccins contre le Covid à l’Afrique, M. Blinken a dit: « Nous avons fait cela sans conditions politiques. »

« Il s’agit de sauver des vies. »

M. Blinken, qui se rend pour la première fois en Afrique depuis sa prise de fonctions, a également déclaré que le Soudan retrouvera le soutien de la communauté internationale si la « légitimité » de son gouvernement – renversé par un coup d’Etat militaire le 25 octobre – est restaurée.

« Il est vital que la transition retrouve la légitimité qu’elle avait (…) Si l’armée remet ce train sur les rails et fait le nécessaire, je pense que le soutien de la communauté internationale, qui a été très fort, peut reprendre », a-t-il dit.

Les Etats-Unis ont suspendu 700 millions de dollars d’aide au Soudan après ce coup d’Etat qui a interrompu le processus de transition démocratique lancé en 2019 après la chute de l’autocrate Omar el-Béchir.

Élections kényanes

Mercredi matin, M. Blinken avait commencé sa tournée par une rencontre avec des responsables de la société civile kényane, les appelant, à l’approche de l’élection présidentielle de 2022, à rester vigilants face aux menaces croissantes contre la démocratie.

« Nous avons assisté au cours de la dernière décennie à ce que certains appellent une récession démocratique », a-t-il déclaré, estimant que les Etats-Unis ont eux aussi pu observer récemment que leur démocratie « peut être fragile ».

Les élections au Kenya sont régulièrement marquées par des violences meurtrières.

Le pays doit tenir sa présidentielle en août prochain et ce scrutin porte « tous les signes d’une élection très contestée et violente », a mis en garde Irungu Houghton, le directeur exécutif d’Amnesty International au Kenya, qui a participé à la rencontre avec Blinken.

L’Afrique est le dernier continent visité par le chef de la diplomatie, bien que le président Biden se soit engagé à prêter une attention particulière au continent, se démarquant de son prédécesseur Donald Trump.

Dans le cadre de cette tournée, Antony Blinken se rendra jeudi au Nigeria. Il ira ensuite au Sénégal, considéré comme un exemple de stabilité démocratique en Afrique.

Par Le Point avec AFP

Conflit du Tigré : les États-Unis accentuent leur pression

novembre 13, 2021
Un soldat surveille un poste-frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie à Humera, le 22 novembre 2020. © AFP / Eduardo Soteras

Washington a imposé vendredi des sanctions contre l’Érythrée, alliée de l’Éthiopie dans le conflit du Tigré, mettant en garde contre « l’implosion » du pays d’Abiy Ahmed en cas d’échec d’une solution négociée.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a appelé vendredi à de nouvelles discussions entre Addis Abeba et les rebelles, avant son départ pour une tournée africaine la semaine prochaine.

Une absence d’accord entre les parties « conduirait à l’implosion de l’Éthiopie et aurait des conséquences sur d’autres pays dans la région », a-t-il estimé. « L’autre option est de stopper toutes les actions militaires en cours, s’asseoir à une table pour négocier un véritable cessez-le-feu permettant l’accès de l’aide humanitaire à toutes les zones où la population en a besoin », a poursuivi M. Blinken.

Le gouvernement américain a condamné tant le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) au pouvoir dans cette région que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, un ancien allié et prix Nobel de la Paix, dans ce conflit qui a fait des milliers de morts depuis un an et placé des centaines de milliers d’habitants dans des conditions proches de la famine, selon l’ONU.
Début novembre, une enquête du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a conclu à de possibles crimes contre l’humanité commis par toutes les parties.

Sanctions uniquement contre l’Érythrée

Le président Joe Biden avait ouvert la voie en septembre à des sanctions contre tous les protagonistes du conflit. Mais celles imposées vendredi visent l’appareil militaire et politique de l’Érythrée, l’un des pays les plus reclus du monde et soumis à des sanctions internationales.

Washington « veut donner du temps et de l’espace pour voir si ces discussions peuvent progresser », a expliqué dans un communiqué M. Blinken pour justifier d’avoir épargné – pour l’instant – l’Éthiopie et le TPLF.

Le régime érythréen a soutenu militairement Addis Abeba en envoyant des troupes au Tigré, région qui borde sa frontière sud. Les Etats-Unis ont plusieurs fois réclamé le retrait de ces forces, notamment lors de la rencontre entre le représentant spécial Jeffrey Feltman et le président érythréen Issaias Afeworki en mai.

Pillages et de crimes sexuels

« Les forces érythréennes ont opéré en Éthiopie pendant le conflit et ont été responsables de massacres, de pillages et de crimes sexuels », a affirmé le Trésor américain dans un communiqué.

Les sanctions visent notamment l’armée érythréenne (EDF) et le Front populaire pour la démocratie et la justice (PFDJ), seul parti autorisé en Érythrée, dirigé par M. Afeworki qui donne « des ordres directs aux généraux de l’EDF », selon le Trésor.
Le porte-parole du TPLF, Getachew Reda, a salué l’action des États-Unis qui « au moins reconnaissent le rôle des Érythréens dans la campagne génocidaire au Tigré », même si Asmara « s’est perfectionné pour échapper aux sanctions ».

LES DIPLOMATES ÉTRANGERS INTENSIFIENT LEURS EFFORTS POUR TENTER D’ARRACHER UN CESSEZ-LE-FEU

Mais pour Cameron Hudson, expert pour l’Atlantic Council, Abiy Ahmed « reste responsable de ce conflit et le fait d’éviter encore une fois de sanctionner les entités éthiopiennes reflète le sentiment que (le Premier ministre) peut s’impliquer (dans des négociations) et que son approche du conflit a changé », a expliqué l’expert.

Ces derniers jours, les diplomates étrangers ont intensifié leurs efforts pour tenter d’arracher un cessez-le-feu. L’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, envoyé spécial de l’Union africaine, et M. Feltman se sont rendus en Éthiopie cette semaine. M. Blinken sera lui au Kenya voisin mardi.

« Blocus systématique »

Jeudi, Addis Abeba a émis des conditions à des pourparlers avec le TPLF, qui a enregistré des victoires importantes sur le terrain ces dernières semaines et n’a pas écarté de marcher sur la capitale.

Elles incluent un cessez-le-feu, le retrait des rebelles des régions d’Amhara et d’Afar et la reconnaissance de la légitimité du gouvernement central. Le TPLF a en retour réclamé l’entrée au Tigré de l’aide humanitaire, bloquée depuis le 18 octobre alors que 364 camions attendent une autorisation, selon l’ONU.

Le plus célèbre des Tigréens, le chef de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus, a dénoncé vendredi le « blocus systématique » de cette région qui empêche l’envoi de vivres et de médicaments.

« Les gens meurent à cause du manque d’approvisionnement », a-t-il dit à Genève. Les autorités éthiopiennes sont aussi accusées d’avoir harcelé ou arrêté des Tigréens employés par les agences de l’ONU. (Avec AFP)

Avec Jeune Afrique