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L’avenir de TikTok aux Etats-Unis de plus en plus incertain

août 1, 2020

 

Le président américain Donald Trump a menacé, tour à tour, de forcer le chinois ByteDance à céder l'application TikTok, puis de la bannir des Etats-Unis tout court
© Lionel BONAVENTURE Le président américain Donald Trump a menacé, tour à tour, de forcer le chinois ByteDance à céder l’application TikTok, puis de la bannir des Etats-Unis tout court
Les négociations entre Microsoft et TikTok étaient au point mort samedi, selon le Wall Street Journal (WSJ), à cause de l’opposition du président Donald Trump à un rachat par un groupe américain de l’application qu’il menace d’interdire.

La plateforme américaine, qui appartient au groupe chinois ByteDance, est soupçonnée par Washington de partager ses données avec Pékin, ce que l’entreprise a toujours fermement nié.

Une acquisition du très populaire réseau social, pour le rapatrier aux Etats-Unis, semblait à de nombreux acteurs en présence une solution idéale.

Après des semaines de rumeurs et de pression, la Maison Blanche avait d’ailleurs indiqué vendredi que le président s’apprêtait à signer un ordre officiel pour obliger ByteDance à se séparer de l’appli américaine, au nom de la protection de la sécurité nationale.

Et plusieurs médias américains assuraient vendredi que le géant de l’informatique Microsoft était en négociations avancées pour la racheter.

Mais vendredi soir, à bord de l’avion présidentiel, Donald Trump a annoncé d’une part qu’il « bannissait TikTok des Etats-Unis » et a précisé aux reporters qu’il n’était pas en faveur d’une opération de rachat des activités américaines de TikTok par une société de son pays.

« J’ai ce pouvoir (d’interdire TikTok) », a-t-il assuré. « Je peux le faire avec un décret ».

« Nous sommes ici pour rester », a déclaré samedi Vanessa Pappas, responsable de la branche Etats-Unis de TikTok, dans une vidéo enjouée sur l’application, à l’attention des utilisateurs inquiets.

« Nous avons entendu votre déferlement de soutien et nous voulons vous dire merci. Nous n’avons pas l’intention de partir », a-t-elle insisté.

– Américanisation –

La plateforme de divertissement — principalement des vidéos musicales courtes — compte près d’un milliard d’utilisateurs dans le monde. Sa popularité s’est encore renforcée à la faveur des mois de pandémie et de distanciation sociale.

Selon le WSJ, les négociations entre Microsoft et TikTok auraient pu aboutir dès lundi. Les deux sociétés attendent désormais plus de clarté de la part de la Maison Blanche, au cas où celle-ci soit décidée à bloquer toute transaction.

« Même si nous ne faisons pas de commentaire sur les spéculations, nous sommes confiants dans le succès à long terme de TikTok », a réagi le groupe.

« Je veux remercier les millions d’Américains qui utilisent TikTok tous les jours, apportant créativité et joie à nos vies quotidiennes », a déclaré Vanessa Pappas en ouverture de sa vidéo.

Elle s’est aussi dite « fière » des 1.500 employés américains et a promis de créer « 10.000 emplois additionnels dans ce pays au cours des trois prochaines années ». « Nous sommes ici pour rester. Continuez à faire entendre votre voix ici et continuons à soutenir TikTok ! »

Ces derniers mois, le réseau social a tenté de démontrer que son identité et ses pratiques était solidement ancrées aux Etats-Unis.

Le 1er juin, Kevin Mayer, l’ancien responsable des plateformes de streaming de Disney (Disney+, Hulu et ESPN+), a pris la tête de la plateforme.

Il est chargé de superviser les ventes, le marketing, les relations publiques, la sécurité, la modération des contenus et les affaires juridiques de TikTok, en rapportant directement à Zhang Yiming, fondateur et PDG de ByteDance.

– Pas de quartier –

Début juillet, l’application a interrompu son activité à Hong Kong à cause de la récente loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine, qui donne plus de pouvoirs à la police, notamment en matière de surveillance.

Une décision alignée sur celle des autres grands réseaux sociaux californiens: Facebook, YouTube (Google) et Twitter venaient d’annoncer qu’ils ne répondraient plus aux demandes d’informations sur leurs utilisateurs émanant des autorités de Hong Kong, par respect pour la liberté d’expression.

Pas de quoi convaincre le gouvernement américain.

Le CFIUS, l’agence chargée de s’assurer que les investissements étrangers ne présentent pas de risque pour la sécurité nationale, enquêtait sur TikTok.

« Nous devons être vigilants sur le risque que des données privées et sensibles soient transférées à des gouvernements abusifs, y compris le nôtre », est intervenue Jennifer Granick de la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU.

« Mais bannir une plateforme, même si c’était légalement possible, nuit à la liberté d’expression en ligne et ne fait rien pour résoudre le problème plus vaste de la surveillance gouvernementale non justifiée », a-t-elle ajouté.

Lors du meeting de campagne de Donald Trump à Tulsa (Oklahoma) fin juin, marqué par des rangées de sièges vides et la vidéo d’un président visiblement dépité, des adolescents avaient proclamé sur TikTok qu’ils avaient commandé de nombreux billets d’entrées avec la ferme intention de ne pas y aller.

Avec AFP

Qu’est-ce qu’Alicem, le projet d’identification par reconnaissance faciale de l’État français?

octobre 10, 2019

 

L’application, qui permettra de se connecter aux services publics grâce à la reconnaissance faciale, pourrait être lancée dès novembre, malgré les critiques des associations de défense des libertés en ligne. Explications.

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L’application Alicem est critiquée par la CNIL car elle ne propose pas d’alternative à la reconnaissance faciale comme moyen d’authentification. interieur.gouv.fr

Après la Chine, l’Inde, et le Royaume-Uni, c’est au tour de la France de vouloir faire entrer la reconnaissance faciale dans la vie quotidienne de ses habitants. Selon le média américain Bloomberg, l’application Alicem, un outil d’identification aux services publics basé sur cette technologie, va être déployée en novembre. Contacté par le Figaro, le ministère de l’Intérieur n’a pas confirmé cette information.

  • Alicem, c’est quoi?

Alicem est une application mobile qui permet de se connecter à des services publics en ligne grâce à des technologies de reconnaissance faciale. Testée depuis le mois de juin, elle a été annoncée en juillet par le ministère de l’Intérieur. Comme FranceConnect, qui donne accès au site des impôts, de la sécurité sociale ou encore de la poste avec un identifiant unique, Alicem est censée permettre d’éviter d’avoir à jongler entre plusieurs identifiants. L’application permettra également de se passer de présence physique à un guichet ou de l’envoi de multiples documents pour accéder à des services qui requièrent une identification sécurisée. Dans ce cas-là, Alicem sera le seul moyen d’effectuer ces procédures de façon dématérialisée. Ce projet s’inscrit donc dans l’objectif du gouvernement de permettre un accès en ligne à la totalité des services publics d’ici à 2022.

  • Comment ça marche?

Pour se connecter à un service public via Alicem, il faudra d’abord fournir son numéro de téléphone, puis prendre son visage en photo sous plusieurs angles, ainsi qu’en vidéo, en remplissant différentes tâches (sourire, cligner des yeux, tourner la tête). Les fichiers biométriques ainsi obtenus seront ensuite comparés avec ceux contenus dans la puce intégrée au passeport en collant le téléphone portable à ce dernier. Pour utiliser Alicem, il faudra donc non seulement posséder un passeport biométrique, ou un titre de séjour délivré après mai 2012, mais aussi un téléphone doté d’une puce NFC. À l’exclusion des iPhone, puisqu’Alicem n’a pas encore de version adaptée aux appareils d’Apple. Une fois la vérification effectuée, l’utilisateur pourra se connecter aux services publics disponibles, sur son smartphone ou son ordinateur.

  • Est-ce obligatoire?

Le ministère de l’Intérieur le précise sur son site internet: «créer un compte Alicem n’est pas obligatoire». Les utilisateurs pourront donc toujours s’identifier avec France Connect ou bien en créant un compte spécifique au service public qu’ils souhaitent utiliser. Mais aussi en se rendant physiquement dans une administration. Ce dernier cas de figure est cependant amené à se raréfier avec le processus de dématérialisation des services publics engagé par le gouvernement. Ce dont s’inquiétait le Défenseur des droits dans un rapport rendu en janvier: «en aucun cas, ces dispositifs ne doivent se substituer à l’accueil physique et des alternatives doivent toujours être réservées pour les personnes n’ayant pas accès à Internet», alertait ce dernier.

  • Est-ce sûr?

Officiellement, le ministère de l’Intérieur se targue d’un «haut niveau de maîtrise par l’utilisateur de ses données». Dans les faits, la vidéo utilisée pour le processus de reconnaissance faciale, et la création du compte, sera effacée après la vérification. En revanche, la photo extraite de la puce du passeport restera stockée sur le téléphone portable de l’utilisateur. Le gouvernement promet cependant qu’aucune donnée biométrique ne sera partagée avec des tiers.

Les services publics ne sont pas exempts de négligence en matière de sécurité informatique. En avril, un ingénieur avait trouvé des failles dans Tchap, une application de messagerie censément sécurisée, développée par l’État Français. Le gouvernement avait alors ouvert une chasse aux bugs pour inciter des hackers à pointer les brèches de sécurité de l’application.

  • Qui sont les opposants à Alicem?

La Quadrature du Net s’est insurgée contre ce qu’elle considère comme «un outil non pas au service du citoyen mais contre lui, pour lutter contre l’anonymat en ligne, pourtant fondamental pour l’exercice de nos droits sur Internet». L’organisation de défense des libertés numériques estime qu’Alicem n’est qu’un premier pas vers la généralisation de ce type de dispositifs et que le gouvernement tente de «normaliser la reconnaissance faciale comme outil d’identification, en passant outre la seule condition qui devrait être acceptable pour son utilisation: notre consentement libre et explicite». La Quadrature du Net a déposé un recours devant le conseil d’État contre la création d’Alicem, mais attends toujours la tenue de l’audience.

Avant même le vote en mai du projet de loi qui autorisait la création d’un dispositif «d’authentification en ligne certifiée sur mobile», la Commission nationale informatique et liberté (Cnil) avait aussi exprimé de vives inquiétudes concernant l’utilisation d’un tel dispositif. L’autorité de protection des données en France a notamment alerté sur l’incompatibilité entre Alicem et le Règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD), qui exige le consentement des utilisateurs avant tout prélèvement de leurs données biométriques. Or, ces derniers ne pourront pas choisir un autre mode d’identification que la reconnaissance faciale en utilisant Alicem. Même s’il restera possible de s’identifier autrement qu’avec Alicem, la Cnil a estimé que «le consentement au traitement des données ne peut être regardé comme libre». Ce qui n’a pas empêché le gouvernement d’aller de l’avant

Le Figaro.fr par Samuel Kahn

Facebook lance une version de Messenger pour enfants aux États-Unis

décembre 4, 2017

Logo Facebook le 20 novembre 2017 / © AFP/Archives / LOIC VENANCE

Facebook lance lundi aux Etats-Unis une version destinée aux enfants de sa messagerie instantanée Messenger, a annoncé le réseau social américain.

Messenger Kids est une application « de discussion vidéo et de messages conçue pour que les enfants puissent contacter famille et amis validés par leurs parents », qui « contrôlent entièrement la liste de contacts », explique le groupe dans un communiqué.

Dans cette version, « il n’y a pas de publicités, pas d’achats intégrés », précise Facebook, qui accompagne ce lancement d’un luxe de précautions quant à la sécurité des enfants et à la protection de leur vie privée.

« Nous voulons être sûrs que les usages de la technologie par nos enfants sont positifs, sûrs et adaptés à leur âge », affirme le groupe basé en Californie (ouest), qui prend soin de préciser que l’application est conforme à la réglementation sur la protection des enfants sur internet.

Messenger Kids n’est disponible pour l’instant que sur les appareils de la marque Apple et seulement aux Etats-Unis, dit encore Facebook, qui précise qu’elle sera ensuite proposée via les boutiques en ligne d’applications d’Amazon et de Google.

Concrètement, une fois l’application téléchargée, les parents créent un compte Messenger Kids pour leur enfant via leur propre compte Facebook, puis autorisent ou non les contacts à figurer dans la liste de leur enfant.

La version classique de Messenger revendique plus d’un milliard d’utilisateurs.

Les entreprises marchent sur des œufs quand il s’agit de proposer des produits technologiques à destination des plus jeunes, les autorités et les associations de protection de l’enfance étant aux aguets sur ce sujet.

Début octobre, le fabricant de jouets Mattel a notamment renoncé à commercialiser une enceinte connectée destinée aux enfants à la suite d’une fronde d’associations et de parlementaires américains.

Mi-octobre, un groupe d’associations américaines avaient pointé du doigt les montres connectées pour enfants, affirmant qu’elles pouvaient rendre ces derniers vulnérables à des pirates informatiques ou des criminels.

En Allemagne, c’est la poupée connectée « Mon amie Cayla » qui avait été interdite à la vente en février. Les autorités avaient estimé que ce jouet pouvait espionner les enfants.

Romandie.com avec(©AFP / 04 décembre 2017 14h08)