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Canada: Ottawa a dépensé 20 millions pour l’application Alerte COVID sans résultats valables

juillet 5, 2021

MONTRÉAL — Ottawa a dépensé près de 20 millions $ jusqu’ici en lien avec l’application Alerte COVID pour des résultats pratiquement inutiles.

© Fournis par La Presse Canadienne

Les données obtenues par La Presse Canadienne démontrent que la majeure partie des dépenses fédérales reliées à l’application, soit 15,9 millions $, a servi à la publicité pour promouvoir l’utilisation d’Alerte COVID. Un autre 3,5 millions $ a servi à l’élaboration et l’entretien de l’application, «ce qui comprend du personnel supplémentaire et autres coûts associés, tels que les tests d’essai des équipements et les soutiens en sécurité pour les services d’Alerte COVID», nous a-t-on indiqué par voie de courriel.

De plus, deux employés sont affectés à temps plein à l’analyse des données fournies par cet outil numérique.

Fait à noter, ces dépenses auraient pu décupler, n’eût été du fait qu’il s’agit d’une application gratuite en source libre (open source) et que le gouvernement fédéral a bénéficié, sans frais, de la collaboration de plusieurs partenaires, dont Shopify, la Linux Foundation Public Health (pour le codage) ainsi que les employés de BlackBerry (pour la sécurité). Les contributions d’Apple et de Google pour l’élaboration de l’application et sa promotion ont également été fournies sans frais.

Données incomplètes

La Presse Canadienne a également obtenu les premières données provenant de l’usage de l’application et celles-ci ne sont guère probantes: selon Santé Canada, 8301 notifications ont été envoyées à des détenteurs de l’application entre le 25 février et le 31 mars 2021 (soit un peu plus d’un mois) et 61 566 entre le 1er avril et le 31 mai (soit deux mois exactement), pour un total de 69 867 notifications. 

En d’autres termes, près de 70 000 fois, des détenteurs de l’application ont été avisés qu’ils avaient été exposés au virus. 

Ces données ne précisent toutefois pas si une même personne, par exemple un travailleur de la santé régulièrement exposé, a reçu des notifications à répétition. Impossible, donc, de savoir pour l’instant s’il y a eu des doublons et si leur nombre est important. De plus, aucune donnée n’a été compilée avant le 25 février 2021, alors que l’application a été lancée en septembre 2020 et intégrée dans neuf provinces et territoires en septembre et en octobre. Ces manquements viennent miner la crédibilité de toute analyse.

Adhésion extrêmement limitée

Ce qui est évident, en contrepartie, c’est que le nombre de Canadiens ayant téléchargé l’application est faible: seulement 6,6 millions sur plus de 30 millions d’utilisateurs de téléphone cellulaire, soit environ une personne sur cinq. Et l’autre donnée connue, c’est que seulement 34 000 clés à usage unique avaient été distribuées au 1er juillet. Cette clé à usage unique, c’est le code qui permet à une personne atteinte de la COVID-19 de confirmer son état positif dans l’application et qui, de ce fait, permet aux autres détenteurs de l’application d’être avertis qu’ils ont été en contact avec une personne infectée.

Or, il y avait eu plus de 1,4 million de cas positifs au Canada en date du 1er juillet dernier. Le calcul est sans appel: 34 000 clés à usage unique signifie que seulement 2,4 % des cas confirmés ont été entrés dans le réseau Alerte COVID, alors que 70 000 notifications sur 6,6 millions de téléchargements indique qu’au mieux seulement 1,06 % des détenteurs de l’application ont reçu une alerte, à supposer qu’il n’y aurait pas eu de doublons, ce qui est douteux. Ce pourcentage minuscule, en fait, diminuerait avec chaque doublon, si ceux-ci étaient comptabilisés. 

«Ça n’a pas du tout atteint les attentes»

«Force est d’admettre que, en rétrospective, ça n’a pas du tout atteint les attentes, loin de là. Ça n’a pas été un ‘game changer’ si l’on veut», a conclu le docteur Esli Osmanlliu, chercheur clinicien au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), expert en santé numérique et auteur d’une étude sur les applications du genre, lorsque nous lui avons transmis les données sur les clés à usage unique et le nombre d’alertes.

«Non seulement on n’est pas sûr que l’application fonctionne, mais là, les chiffres (de remise de clé unique) sont très faibles par rapport à la proportion totale de gens qui ont eu la COVID», poursuit-il. Quant aux alertes, «on voit la déconnexion entre le nombre de gens qui ont téléchargé et le nombre d’alertes».

«Ça n’a pas joué un grand rôle, surtout en comparaison aux attentes qui avaient été placées dans ce genre d’application-là», tranche-t-il.

Santé Canada n’est pas dupe. Dans chacune des communications avec La Presse Canadienne, de même que dans ses communications publiques, le ministère fédéral ne parle jamais d’un outil essentiel: «L’application Alerte COVID n’est que l’un des nombreux outils mis à la disposition des Canadiens pour aider à ralentir la propagation de la COVID-19», peut-on lire partout, ajoutant tout au plus qu’elle «constitue un autre moyen de briser les chaînes de transmission». 

Un choix compréhensible, une mise en oeuvre déficiente

On peut cependant comprendre l’empressement d’Ottawa de s’être tourné vers cette solution, qui semblait prometteuse.

«Ce genre d’application, surtout en début de pandémie, a suscité beaucoup d’intérêt et je comprends pourquoi, explique le docteur Osmanlliu. On est toujours à la recherche d’outils qui vont nous permettre d’aller plus vite, de faire mieux, d’être plus efficace, surtout avec la promesse du numérique de révolutionner la santé.»

D’après lui, le principal problème d’Alerte COVID est qu’on n’a pas réussi à remplir une des conditions essentielles pour qu’elle fonctionne vraiment, soit une participation massive de la population, pas seulement par les téléchargements — qui ont été insuffisants — mais aussi par l’auto-signalement de la contamination — qui a été famélique. Il ne faut donc pas se surprendre que ce soit la publicité qui représente la dépense la plus importante et de loin: Ottawa savait pertinemment qu’il fallait une adhésion massive pour qu’Alerte COVID fonctionne.

Mais Esli Osmanlliu n’est pas prêt à jeter le bébé avec l’eau du bain, au contraire.

«De là à dire que c’est un échec ou non, personnellement je me garderais une gêne parce que je pense qu’il y a quand même un potentiel. Le potentiel a été vraiment sous-utilisé. Souvent on met la faute sur la technologie, mais c’est plutôt la façon dont on l’implante qui pose problème.»

Usage ciblé

Ainsi, selon lui, à défaut d’en tirer profit à grande échelle, certains usages ciblés pourraient être d’une grande utilité.

«Il y a potentiellement un rôle, mais je crois qu’il faudrait qu’il soit mieux défini. Il va falloir qu’on définisse mieux le problème, parce que le traçage de contacts manuel, c’est une pierre d’assise de l’épidémiologie et l’objectif, toute la promesse du traçage automatisé, c’était justement d’accélérer tout ça, surtout quand il y a une forte recrudescence des cas et surtout quand on a un virus ou un pathogène qui va avoir une période asymptomatique assez importante où les gens peuvent le transmettre sans être conscients qu’ils le transmettent. 

«Est-ce qu’on pourrait considérer l’usage de ce genre d’application dans des contextes très spécifiques? On parle des CHSLD, on parle des travailleurs de la santé, on parle des gens dans le milieu de l’éducation, des travailleurs essentiels qui n’ont pas le choix que d’être contact étroit, surtout s’il y a une autre vague.»

La question de l’usage ciblé est donc posée, mais il reste que la réponse quant à l’utilité à grande échelle, elle, s’est révélée à l’usage et elle n’est pas positive.

Avec Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne

L’avenir de TikTok aux Etats-Unis de plus en plus incertain

août 1, 2020

 

Le président américain Donald Trump a menacé, tour à tour, de forcer le chinois ByteDance à céder l'application TikTok, puis de la bannir des Etats-Unis tout court
© Lionel BONAVENTURE Le président américain Donald Trump a menacé, tour à tour, de forcer le chinois ByteDance à céder l’application TikTok, puis de la bannir des Etats-Unis tout court
Les négociations entre Microsoft et TikTok étaient au point mort samedi, selon le Wall Street Journal (WSJ), à cause de l’opposition du président Donald Trump à un rachat par un groupe américain de l’application qu’il menace d’interdire.

La plateforme américaine, qui appartient au groupe chinois ByteDance, est soupçonnée par Washington de partager ses données avec Pékin, ce que l’entreprise a toujours fermement nié.

Une acquisition du très populaire réseau social, pour le rapatrier aux Etats-Unis, semblait à de nombreux acteurs en présence une solution idéale.

Après des semaines de rumeurs et de pression, la Maison Blanche avait d’ailleurs indiqué vendredi que le président s’apprêtait à signer un ordre officiel pour obliger ByteDance à se séparer de l’appli américaine, au nom de la protection de la sécurité nationale.

Et plusieurs médias américains assuraient vendredi que le géant de l’informatique Microsoft était en négociations avancées pour la racheter.

Mais vendredi soir, à bord de l’avion présidentiel, Donald Trump a annoncé d’une part qu’il « bannissait TikTok des Etats-Unis » et a précisé aux reporters qu’il n’était pas en faveur d’une opération de rachat des activités américaines de TikTok par une société de son pays.

« J’ai ce pouvoir (d’interdire TikTok) », a-t-il assuré. « Je peux le faire avec un décret ».

« Nous sommes ici pour rester », a déclaré samedi Vanessa Pappas, responsable de la branche Etats-Unis de TikTok, dans une vidéo enjouée sur l’application, à l’attention des utilisateurs inquiets.

« Nous avons entendu votre déferlement de soutien et nous voulons vous dire merci. Nous n’avons pas l’intention de partir », a-t-elle insisté.

– Américanisation –

La plateforme de divertissement — principalement des vidéos musicales courtes — compte près d’un milliard d’utilisateurs dans le monde. Sa popularité s’est encore renforcée à la faveur des mois de pandémie et de distanciation sociale.

Selon le WSJ, les négociations entre Microsoft et TikTok auraient pu aboutir dès lundi. Les deux sociétés attendent désormais plus de clarté de la part de la Maison Blanche, au cas où celle-ci soit décidée à bloquer toute transaction.

« Même si nous ne faisons pas de commentaire sur les spéculations, nous sommes confiants dans le succès à long terme de TikTok », a réagi le groupe.

« Je veux remercier les millions d’Américains qui utilisent TikTok tous les jours, apportant créativité et joie à nos vies quotidiennes », a déclaré Vanessa Pappas en ouverture de sa vidéo.

Elle s’est aussi dite « fière » des 1.500 employés américains et a promis de créer « 10.000 emplois additionnels dans ce pays au cours des trois prochaines années ». « Nous sommes ici pour rester. Continuez à faire entendre votre voix ici et continuons à soutenir TikTok ! »

Ces derniers mois, le réseau social a tenté de démontrer que son identité et ses pratiques était solidement ancrées aux Etats-Unis.

Le 1er juin, Kevin Mayer, l’ancien responsable des plateformes de streaming de Disney (Disney+, Hulu et ESPN+), a pris la tête de la plateforme.

Il est chargé de superviser les ventes, le marketing, les relations publiques, la sécurité, la modération des contenus et les affaires juridiques de TikTok, en rapportant directement à Zhang Yiming, fondateur et PDG de ByteDance.

– Pas de quartier –

Début juillet, l’application a interrompu son activité à Hong Kong à cause de la récente loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine, qui donne plus de pouvoirs à la police, notamment en matière de surveillance.

Une décision alignée sur celle des autres grands réseaux sociaux californiens: Facebook, YouTube (Google) et Twitter venaient d’annoncer qu’ils ne répondraient plus aux demandes d’informations sur leurs utilisateurs émanant des autorités de Hong Kong, par respect pour la liberté d’expression.

Pas de quoi convaincre le gouvernement américain.

Le CFIUS, l’agence chargée de s’assurer que les investissements étrangers ne présentent pas de risque pour la sécurité nationale, enquêtait sur TikTok.

« Nous devons être vigilants sur le risque que des données privées et sensibles soient transférées à des gouvernements abusifs, y compris le nôtre », est intervenue Jennifer Granick de la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU.

« Mais bannir une plateforme, même si c’était légalement possible, nuit à la liberté d’expression en ligne et ne fait rien pour résoudre le problème plus vaste de la surveillance gouvernementale non justifiée », a-t-elle ajouté.

Lors du meeting de campagne de Donald Trump à Tulsa (Oklahoma) fin juin, marqué par des rangées de sièges vides et la vidéo d’un président visiblement dépité, des adolescents avaient proclamé sur TikTok qu’ils avaient commandé de nombreux billets d’entrées avec la ferme intention de ne pas y aller.

Avec AFP

Qu’est-ce qu’Alicem, le projet d’identification par reconnaissance faciale de l’État français?

octobre 10, 2019

 

L’application, qui permettra de se connecter aux services publics grâce à la reconnaissance faciale, pourrait être lancée dès novembre, malgré les critiques des associations de défense des libertés en ligne. Explications.

Rec

L’application Alicem est critiquée par la CNIL car elle ne propose pas d’alternative à la reconnaissance faciale comme moyen d’authentification. interieur.gouv.fr

Après la Chine, l’Inde, et le Royaume-Uni, c’est au tour de la France de vouloir faire entrer la reconnaissance faciale dans la vie quotidienne de ses habitants. Selon le média américain Bloomberg, l’application Alicem, un outil d’identification aux services publics basé sur cette technologie, va être déployée en novembre. Contacté par le Figaro, le ministère de l’Intérieur n’a pas confirmé cette information.

  • Alicem, c’est quoi?

Alicem est une application mobile qui permet de se connecter à des services publics en ligne grâce à des technologies de reconnaissance faciale. Testée depuis le mois de juin, elle a été annoncée en juillet par le ministère de l’Intérieur. Comme FranceConnect, qui donne accès au site des impôts, de la sécurité sociale ou encore de la poste avec un identifiant unique, Alicem est censée permettre d’éviter d’avoir à jongler entre plusieurs identifiants. L’application permettra également de se passer de présence physique à un guichet ou de l’envoi de multiples documents pour accéder à des services qui requièrent une identification sécurisée. Dans ce cas-là, Alicem sera le seul moyen d’effectuer ces procédures de façon dématérialisée. Ce projet s’inscrit donc dans l’objectif du gouvernement de permettre un accès en ligne à la totalité des services publics d’ici à 2022.

  • Comment ça marche?

Pour se connecter à un service public via Alicem, il faudra d’abord fournir son numéro de téléphone, puis prendre son visage en photo sous plusieurs angles, ainsi qu’en vidéo, en remplissant différentes tâches (sourire, cligner des yeux, tourner la tête). Les fichiers biométriques ainsi obtenus seront ensuite comparés avec ceux contenus dans la puce intégrée au passeport en collant le téléphone portable à ce dernier. Pour utiliser Alicem, il faudra donc non seulement posséder un passeport biométrique, ou un titre de séjour délivré après mai 2012, mais aussi un téléphone doté d’une puce NFC. À l’exclusion des iPhone, puisqu’Alicem n’a pas encore de version adaptée aux appareils d’Apple. Une fois la vérification effectuée, l’utilisateur pourra se connecter aux services publics disponibles, sur son smartphone ou son ordinateur.

  • Est-ce obligatoire?

Le ministère de l’Intérieur le précise sur son site internet: «créer un compte Alicem n’est pas obligatoire». Les utilisateurs pourront donc toujours s’identifier avec France Connect ou bien en créant un compte spécifique au service public qu’ils souhaitent utiliser. Mais aussi en se rendant physiquement dans une administration. Ce dernier cas de figure est cependant amené à se raréfier avec le processus de dématérialisation des services publics engagé par le gouvernement. Ce dont s’inquiétait le Défenseur des droits dans un rapport rendu en janvier: «en aucun cas, ces dispositifs ne doivent se substituer à l’accueil physique et des alternatives doivent toujours être réservées pour les personnes n’ayant pas accès à Internet», alertait ce dernier.

  • Est-ce sûr?

Officiellement, le ministère de l’Intérieur se targue d’un «haut niveau de maîtrise par l’utilisateur de ses données». Dans les faits, la vidéo utilisée pour le processus de reconnaissance faciale, et la création du compte, sera effacée après la vérification. En revanche, la photo extraite de la puce du passeport restera stockée sur le téléphone portable de l’utilisateur. Le gouvernement promet cependant qu’aucune donnée biométrique ne sera partagée avec des tiers.

Les services publics ne sont pas exempts de négligence en matière de sécurité informatique. En avril, un ingénieur avait trouvé des failles dans Tchap, une application de messagerie censément sécurisée, développée par l’État Français. Le gouvernement avait alors ouvert une chasse aux bugs pour inciter des hackers à pointer les brèches de sécurité de l’application.

  • Qui sont les opposants à Alicem?

La Quadrature du Net s’est insurgée contre ce qu’elle considère comme «un outil non pas au service du citoyen mais contre lui, pour lutter contre l’anonymat en ligne, pourtant fondamental pour l’exercice de nos droits sur Internet». L’organisation de défense des libertés numériques estime qu’Alicem n’est qu’un premier pas vers la généralisation de ce type de dispositifs et que le gouvernement tente de «normaliser la reconnaissance faciale comme outil d’identification, en passant outre la seule condition qui devrait être acceptable pour son utilisation: notre consentement libre et explicite». La Quadrature du Net a déposé un recours devant le conseil d’État contre la création d’Alicem, mais attends toujours la tenue de l’audience.

Avant même le vote en mai du projet de loi qui autorisait la création d’un dispositif «d’authentification en ligne certifiée sur mobile», la Commission nationale informatique et liberté (Cnil) avait aussi exprimé de vives inquiétudes concernant l’utilisation d’un tel dispositif. L’autorité de protection des données en France a notamment alerté sur l’incompatibilité entre Alicem et le Règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD), qui exige le consentement des utilisateurs avant tout prélèvement de leurs données biométriques. Or, ces derniers ne pourront pas choisir un autre mode d’identification que la reconnaissance faciale en utilisant Alicem. Même s’il restera possible de s’identifier autrement qu’avec Alicem, la Cnil a estimé que «le consentement au traitement des données ne peut être regardé comme libre». Ce qui n’a pas empêché le gouvernement d’aller de l’avant

Le Figaro.fr par Samuel Kahn

Facebook lance une version de Messenger pour enfants aux États-Unis

décembre 4, 2017

Logo Facebook le 20 novembre 2017 / © AFP/Archives / LOIC VENANCE

Facebook lance lundi aux Etats-Unis une version destinée aux enfants de sa messagerie instantanée Messenger, a annoncé le réseau social américain.

Messenger Kids est une application « de discussion vidéo et de messages conçue pour que les enfants puissent contacter famille et amis validés par leurs parents », qui « contrôlent entièrement la liste de contacts », explique le groupe dans un communiqué.

Dans cette version, « il n’y a pas de publicités, pas d’achats intégrés », précise Facebook, qui accompagne ce lancement d’un luxe de précautions quant à la sécurité des enfants et à la protection de leur vie privée.

« Nous voulons être sûrs que les usages de la technologie par nos enfants sont positifs, sûrs et adaptés à leur âge », affirme le groupe basé en Californie (ouest), qui prend soin de préciser que l’application est conforme à la réglementation sur la protection des enfants sur internet.

Messenger Kids n’est disponible pour l’instant que sur les appareils de la marque Apple et seulement aux Etats-Unis, dit encore Facebook, qui précise qu’elle sera ensuite proposée via les boutiques en ligne d’applications d’Amazon et de Google.

Concrètement, une fois l’application téléchargée, les parents créent un compte Messenger Kids pour leur enfant via leur propre compte Facebook, puis autorisent ou non les contacts à figurer dans la liste de leur enfant.

La version classique de Messenger revendique plus d’un milliard d’utilisateurs.

Les entreprises marchent sur des œufs quand il s’agit de proposer des produits technologiques à destination des plus jeunes, les autorités et les associations de protection de l’enfance étant aux aguets sur ce sujet.

Début octobre, le fabricant de jouets Mattel a notamment renoncé à commercialiser une enceinte connectée destinée aux enfants à la suite d’une fronde d’associations et de parlementaires américains.

Mi-octobre, un groupe d’associations américaines avaient pointé du doigt les montres connectées pour enfants, affirmant qu’elles pouvaient rendre ces derniers vulnérables à des pirates informatiques ou des criminels.

En Allemagne, c’est la poupée connectée « Mon amie Cayla » qui avait été interdite à la vente en février. Les autorités avaient estimé que ce jouet pouvait espionner les enfants.

Romandie.com avec(©AFP / 04 décembre 2017 14h08)