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Mauritanie: un chef d’Aqmi dit avoir acquis des armes libyennes

novembre 9, 2011

Un chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Mokhtar Belmokhtar, affirme que son organisation a acquis des armes libyennes durant le conflit ayant abouti à la chute de Mouammar Kadhafi, dans un entretien avec une agence mauritanienne privée d’information en ligne.

Il a par ailleurs indiqué qu’Aqmi réclamait toujours le retrait des troupes françaises d’Afghanistan en contrepartie des otages français que détient au Sahel cette organisation ayant fait allégeance à Al-Qaïda et à son chef Oussama ben Laden, tué au Pakistan le 2 mai 2011.

« Les combattants d’Aqmi ont été les plus grands bénéficiaires des révolutions dans le monde arabe (. . . ) et pour ce qui est de l’acquisition, par nous, de l’armement en Libye, c’est une chose tout à fait normale », a déclaré Mokhtar Belmokhtar à l’Agence Nouakchott Informations (ANI).

Cette agence de presse a régulièrement publié par le passé des communiqués ou des déclarations de membres d’Aqmi sans jamais avoir été démentie.

M. Belmokhtar, qui est d’origine algérienne, n’a pas donné de détails sur les armes reçues par son organisation alors que de nombreux spécialistes se sont déjà inquiétés de la dissémination d’armes libyennes au Sahel à la faveur du conflit en Libye.

Il a par ailleurs déconseillé aux ex-rebelles libyens de déposer les armes après la mort de Kadhafi, tué le 20 octobre.

Il a estimé que les « armes aux mains des combattants (ex-rebelles libyens) constituent le gage de leur gloire et de la réalisation des objectifs de la révolution qui restent la mise en place d’un régime islamiste » en Libye.

Le dirigeant d’Aqmi a reconnu l’existence de « relations idéologiques » entre son organisation et les « jeunes combattants islamistes » libyens, affirmant toutefois: « Nous n’avons pas combattu avec eux, sur le terrain, contre les forces de Kadhafi ».

Selon lui, de « jeunes islamistes, des jihadistes (. . . ), ont constitué le fer de lance de la révolution en Libye ».

S’agissant des quatre otages français toujours détenus, il a indiqué qu’Aqmi réclamait toujours le retrait des troupes françaises d’Afghanistan en contrepartie de leur libération.

« Notre direction avait exigé pour leur libération la sortie des forces françaises d’Afghanistan, ceci reste entièrement valable. Nous n’avons pas changé d’objectifs », a-t-il affirmé.

Quatre Français enlevés par Aqmi le 16 septembre 2010 à Arlit (nord du Niger), site d’extraction d’uranium, sont toujours retenus en otages.

En octobre, le ministre français de la Défense Gérard Longuet avait indiqué qu’ils étaient vivants. « Il y a des négociations, rien ne peut être dit, le fil n’est pas rompu », avait-il assuré.

M. Belmokhtar a également accusé le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz de mener une guerre par procuration contre Aqmi au profit de la France. Mais « le principe de la mise à l’écart de la Mauritanie (dans) cette confrontation peut faire l’objet de discussion », a-t-il indiqué.

« Le régime (mauritanien) avait suggéré à nos frères (des jihadistes) libérés (après une amnistie du président mauritanien) de nous envoyer une mission de religieux pour discuter avec nous des principes et objectifs de notre combat. Nous l’avons accepté et nous continuons toujours de l’accepter et de l’attendre », a-t-il dit.

Aqmi opère dans une vaste zone englobant plusieurs pays du Sahel, dont le Niger, l’Algérie, la Mauritanie et le Mali, où cette organisation se livre à des attentats, des enlèvements – notamment d’Occidentaux – et divers trafics.

Jeuneafrique.com avec AFP

WikiLeaks – Burkina Faso : Compaoré le séducteur

septembre 15, 2011

Les câbles de la diplomatie américaine révélés par WikiLeaks sont élogieux envers Blaise Compaoré, malgré sa longévité au pouvoir. Mais une question taraude les diplomates : le président burkinabé doit-il se représenter en 2015 ?

On dit Blaise Compaoré fin séducteur. Les Américains, visiblement tombés sous le charme, peuvent en témoigner. Il faut dire que le président burkinabè sait y faire – « Il sait ce que les États-Unis et les bailleurs internationaux veulent entendre », admet un diplomate dans un câble daté de mars 2009. Il perçoit notamment qu’un rapprochement avec Israël lui ouvrira les portes de Washington. Après sa visite historique à Tel-Aviv en mai 2008, un télégramme explique que « Compaoré compte utiliser ce voyage pour gagner les faveurs des États-Unis. Il espère être invité à une réunion avec le président Bush dans le Bureau ovale ».

Il ressort des informations transmises par les diplomates en poste au Burkina entre 2006 et 2010 que Ouagadougou et Washington sont d’accord sur tout ou presque – notamment sur la question iranienne et sur la nécessité de tout mettre en œuvre dans la lutte contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). En juillet 2009, un câble révèle que le ministre de la Défense de l’époque, Yéro Boly, a proposé une zone retirée de la base aérienne de Ouagadougou pour rendre plus discrète la présence d’avions de l’US Air Force.

Résultats de cette danse du ventre : dans de multiples rapports, Compaoré est décrit comme un président « extrêmement sérieux » et apprécié par ses conseillers, un homme de paix qui a « tourné la page négative du passé » et qui entend démocratiser le Burkina. « Le pays est sur la bonne voie, il faudra l’aider », propose un diplomate sur le départ en 2009. Mais les Américains s’interrogent : Compaoré va-t-il se présenter en 2015 ? Une des clés réside, selon eux, dans le fait que « les démons du passé » pourraient le hanter s’il cédait le pouvoir.

Jeuneafrique.com par Rémi Carayol

Ben Laden voulait perturber la campagne présidentielle

septembre 11, 2011

Washington a transmis à Paris des documents trouvés dans la planque du leader décédé d’al-Qaida, avec des «consignes contre la France». Les services français parlent de menaces «décousues».

A la veille du 10e anniversaire des attaques du 11 Septembre, c’est une information qui fait froid dans le dos. Oussama Ben Laden voulait frapper la France par «des attentats de masse, spectaculaires et symboliques», et il avait donné des «consignes de menaces» aux militants d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) contre l’Hexagone, en leur demandant d’utiliser les Français retenus en otage pour peser sur la campagne de l’élection présidentielle de 2012.

Ces informations sont contenues dans des documents retrouvés en mai par les Américains dans le refuge pakistanais du leader décédé de l’organisation terroriste. Elles ont été révélées par Paris Match et France Info, après avoir été transmis à Paris, selon une source interne au renseignement français, comme à d’autres pays occidentaux.

Des consignes «à prendre avec des pincettes»

Selon l’hebdomadaire, le chef d’al-Qaida estimait que des repérages étaient nécessaires pour établir «une liste de cibles, monuments, sites touristiques et symboliques, lieux stratégiques du pouvoir qui pourraient être visés sur le sol français».

Les «consignes de menaces» sont toutefois «à prendre avec des pincettes», selon la source du renseignement français, car elles sont «décousues et à analyser dans le détail». Il s’agirait là plus d’ «intentions» que de consignes», de «commentaire» plus que d’une ‘fatwa», selon cette même source, qui parle sous couvert d’anonymat. La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) n’ont pour l’heure pas commenté ces informations.

Entre les attentats du 11 septembre 2001 et sa mort, Ben Laden a menacé explicitement à plusieurs reprises la France, la dernière fois en janvier 2011, dans un message sonore. Quelques jours après le décès du leader d’al-Qaida, le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, avait jugé que la France restait «la cible numéro deux d’al-Qaida» derrière les Etats-Unis.

Plan Vigipirate est au niveau rouge

Mais en juin, le président Obama avait assuré que les documents récupérés dans la villa où a été éliminé Oussama Ben Laden montraient qu’al-Qaida «souffrait énormément» et était «incapable de remplacer efficacement» les dirigeants du réseau éliminés.

Les autorités françaises considèrent pourtant aujourd’hui la menace terroriste comme élevée et le plan Vigipirate est au niveau rouge, son avant-dernier échelon, depuis les attentats de Londres en juillet 2005. Ce plan mobilise quotidiennement quelque 2000 militaires, policiers et gendarmes.

Les principaux sujets de préoccupation des services français sont les otages français, dont les quatre retenus dans le Sahel par Aqmi, des attaques contre des intérêts français à l’étranger, et les filières jihadistes de retour en France après avoir combattu en Afghanistan.

914 islamistes radicaux interpellés depuis 2001

Des militants islamistes sont régulièrement interpellés, soupçonnés d’appartenir à ces «filières» de combattants aguerris, dont la dernière a été démantelée en mai. Depuis 2001, la police française a interpellé 914 islamistes radicaux, dont 37 depuis janvier 2011, a révélé vendredi matin sur France Info le directeur général de la police nationale (DGPN). Sur ce total, 224 ont été écroués et 132 «éloignés», a précisé Frédéric Péchenard.

Si le dernier attentat en France remonte à 1996, huit Français ont été tués le 28 avril dans l’explosion d’une bombe à la terrasse d’un café de Marrakech. Deux jeunes Français, enlevés le 7 janvier à Niamey par des ravisseurs travaillant pour Aqmi, ont été tués le lendemain au Mali pendant une opération militaire franco-nigérienne destinée à les libérer. Aqmi avait fait allégeance à Ben Laden en 2007.

Lefigaro.fr par Aude Lorriaux