Posts Tagged ‘Arabie Saoudite’

Le milliardaire saoudien Al-Waalid ben Talal libéré

janvier 27, 2018

Le prince saoudien Al-Walid ben Talal, lors d’une conférence de presse, le 11 mai 2017 à Jeddah / © AFP/Archives / Amer HILABI

Les autorités saoudiennes ont libéré samedi le prince Al-Walid ben Talal, près de trois mois après son arrestation dans le cadre d’une vaste purge anticorruption, inédite dans le royaume, a annoncé à l’AFP un de ses associés.

« Il est libre », a déclaré cette source proche du milliardaire, qui a requis l’anonymat.

Agé de 62 ans, le prince milliardaire figurait parmi les quelque 350 suspects arrêtés depuis le 4 novembre, dont des hommes d’affaires et des ministres, qui étaient détenus dans le luxueux hôtel Ritz-Carlton de Ryad.

Les conditions de sa libération n’étaient pas claires dans l’immédiat. Contacté par l’AFP, le ministère saoudien de l’Information n’a pas souhaité faire de commentaire.

Cette purge est intervenue après la mise en place d’une commission anticorruption présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, nouvel homme fort du pays.

Plusieurs des personnalités arrêtées avaient été libérées et les autorités avaient indiqué que la plupart avaient accepté un arrangement financier en échange de leur libération.

Le prince Metab ben Abdallah, fils du défunt roi Abdallah, a été libéré après avoir payé plus d’un milliard de dollars dans le cadre d’un « accord transactionnel » avec les autorités selon l’agence Bloomberg News.

Classé parmi les plus importantes fortunes du monde, le prince al-Walid est le petit-fils de deux figures historiques du monde arabe: le roi Abdelaziz al-Saoud, fondateur de l’Arabie saoudite, et Riad al-Solh, premier chef de gouvernement de l’histoire du Liban.

Fermé au public depuis la purge de novembre, le Ritz-Carlton devrait rouvrir ses portes prochainement. Sur son site internet, il affiche des chambres disponibles à partir du 14 février.

Romandie.com avec(©AFP / 27 janvier 2018 13h59)                

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Les autorités saoudiennes confirment l’arrestation de 11 princes

janvier 7, 2018

Ryad – Onze princes saoudiens ont été arrêtés après avoir protesté contre des mesures d’austérité rognant leurs avantages, ont confirmé dimanche les autorités qui cherchent à montrer que les réformes concernent toutes les franges de la société, alors que le royaume est confronté à des difficultés économiques.

« Personne n’est au dessus de la loi », a déclaré le procureur général d’Arabie saoudite, Cheikh Saoud Al Mojeb, précisant que ces princes étaient détenus à la prison de haute sécurité Al-Hayer, au sud de Ryad, « en attendant leur procès ».

Un média lié au gouvernement, le site Sabq, avait annoncé samedi que les 11 princes avaient été arrêtés jeudi après s’être rassemblés devant un palais historique de Ryad, le Qasr al-Hokm, en signe de protestation contre une décision du gouvernement de cesser de payer les factures d’eau et d’électricité des membres de la famille royale.

Les princes, dont l’identité n’a pas été révélée, réclamaient aussi une compensation pour la condamnation à mort d’un de leurs cousins, reconnu coupable de meurtre et exécuté en 2016, a précisé le procureur dans un communiqué publié par le ministère de l’Information.

« Bien qu’ils aient été informés que leurs demandes n’étaient pas légales, les 11 princes ont refusé de quitter les lieux, perturbant la paix et l’ordre public », a-t-il dit.

« Après leur arrestation, ils ont été inculpés pour un certain nombre de chefs d’accusation liés à leurs délits », ajoute le communiqué.

Déjà, en novembre, sous l’impulsion du puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, les autorités avaient déjà arrêté plus de 200 personnalités, dont des princes, des ministres et des ex-ministres, lors d’une purge sans précédent liée à la volonté des autorités d' »en finir avec la corruption ».

L’Arabie saoudite a adopté ces dernières années une série de mesures d’austérité, alors que la chute des prix du pétrole a sérieusement affecté l’économie du premier exportateur mondial de brut.

Le royaume a accumulé ces quatre dernières années 258 milliards de dollars de déficits budgétaires et table pour 2018 sur un cinquième budget en déficit (à 52 milliards de dollars).

L’Arabie saoudite a introduit pour la première fois le 1er janvier une TVA à 5% sur la plupart des produits et services, et annoncé une hausse substantielle des prix du carburant à la même date.

Samedi, le roi Salmane a annoncé une augmentation d’allocations et d’avantages sociaux, dont bénéficieront les militaires, les fonctionnaires et les étudiants, pour « amortir l’impact » des mesures du 1er janvier.

Le ministre saoudien de l’Information, Awwad Al-Awwad, a indiqué que ces allocations coûteraient au gouvernement 50 milliards de riyals (13,3 milliards de dollars).

Les autorités cherchent par ailleurs à réduire le taux de chômage parmi les citoyens saoudiens (12,8% selon des chiffres officiels).

Romandie.com avec(©AFP / 07 janvier 2018 12h24)                                            

Le guide suprême iranien « nouveau Hitler », dit le prince saoudien

novembre 24, 2017

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane devant un drapeau saoudien, le 14 novembre 2017 à Ryad / © AFP/Archives / Fayez Nureldine

Le prince héritier saoudien a qualifié le guide suprême iranien de « nouveau Hitler » dans un entretien au New York Times, alors que les tensions vont crescendo entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite.

« Nous ne voulons pas que le nouveau Hitler en Iran reproduise au Moyen-Orient ce qui est arrivé en Europe (sous Hitler) », a indiqué Mohammed ben Salmane au sujet de l’ayatollah Ali Khamenei, dans cet entretien paru jeudi.

Signe que les tensions entre son pays et l’Iran ne sont pas prêtes de s’apaiser, le prince héritier a ajouté: « Nous avons appris (de ce qu’il s’est passé) en Europe (à l’époque de Hitler) que l’apaisement ne fonctionne pas ».

A la fin des années 30, la politique de l’Angleterre et de la France visant à réfréner les ardeurs de l’Allemagne nazie en satisfaisant les visées expansionnistes de Hitler n’avaient pas permis d’éviter une Seconde Guerre mondiale.

L’Arabie et l’Iran, qui n’ont plus de liens diplomatiques depuis janvier 2016, sont à couteaux tirés sur plusieurs dossiers régionaux, notamment les conflits en Syrie et au Yémen où ils soutiennent des camps opposés.

Cet antagonisme entre les deux poids lourds du Moyen-Orient a repris de la vigueur début novembre après l’annonce par le Premier ministre libanais Saad Hariri de sa démission, depuis Ryad, pour protester contre la « mainmise » du Hezbollah chiite et son allié iranien sur le Liban et après l’interception près de Ryad d’un missile balistique tiré par les rebelles yéménites soutenus par Téhéran.

« Le comportement et les remarques immatures, imprévisibles et insensées du prince héritier saoudien ont pour conséquence que personne dans le monde n’accorde le moindre crédit à des remarques de ce genre lorsqu’elles sont de son fait », a réagi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Bahram Ghassemi, dans un communiqué.

« Les erreurs dues à l’aventurisme du prince héritier saoudien – la dernière en date étant celle du scandale de l’ingérence (saoudienne) dans les affaires internes du Liban, ont été à l’origine de grands problèmes pour les alliés traditionnels de l’Arabie saoudite », a estimé M. Ghassemi, comparant le prince Mohammed à un « dictateur ».

Dans son interview, Mohammed ben Salmane a par ailleurs qualifié de « grotesques » les accusations selon lesquelles la purge ayant touché début novembre quelque 200 princes, hommes politique et d’affaires, était un coup de force de sa part pour mieux asseoir son pouvoir grandissant.

Le prince héritier, qui se prévaut du soutien « d’une majorité de la famille royale », a dit au New York Times que nombre des personnalités placées en détention au Ritz-Carlton de Ryad après ce qui a été présenté comme un coup de filet anticorruption lui avaient maintenant prêté allégeance.

Selon lui, la quasi-totalité des personnes arrêtées ont par ailleurs donné leur accord pour un « arrangement » rendant à l’Etat une somme de 100 milliards de dollars considérée par les autorités judiciaires comme des gains mal-acquis.

« MBS », nouvel homme fort de l’Arabie saoudite, mène depuis moins de deux ans une politique de réformes drastiques sur le plan économique, social et sociétal qui bouleverse les habitudes dans ce royaume ultra-conservateur dont la moitié de la population a moins de 25 ans.

Romandie.com avec(©AFP / 24 novembre 2017 18h05)                

Une attaque informatique « avancée » cible l’Arabie saoudite

novembre 20, 2017

Ryad – L’Arabie saoudite fait l’objet d’une attaque informatique « avancée » visant à infiltrer des ordinateurs par la technique du hameçonnage (phishing), a annoncé le Centre national de cybersécurité saoudien (NCSC).

« Le NCSC a détecté une nouvelle menace persistante avancée (APT) qui cible l’Arabie saoudite », affirme dans un communiqué l’agence, qui ne précise pas la source de l’attaque ni les entités visées.

L’attaque est liée à l’utilisation du logiciel Powershell.

L’Arabie saoudite est la cible fréquente d’attaques informatiques.

Apparu en 2012, le virus Shamoon avait visé l’Arabie saoudite et plus spécifiquement le secteur de l’énergie, vital pour le pays. Une nouvelle campagne avait visé fin 2016 les secteurs public et financier saoudiens. Des responsables du renseignement américain ont alors dit soupçonner un lien avec l’Iran.

Romandie.com avec(©AFP / 20 novembre 2017 23h53)

Hariri invité « quelques jours » en France, « pas du tout » un exil, dit Macron

novembre 15, 2017

Le président français Emmanuel Macron à Bonn, en Allemagne, le 15 novembre 2017 / © AFP / John MACDOUGALL

Emmanuel Macron, qui a invité en France le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri, a déclaré mercredi de Bonn l’avoir invité « pour quelques jours avec sa famille » et qu’il ne s’agissait « pas du tout » d’un exil en France.

« Je me suis entretenu avec Mohammed ben Salmane et Saad Hariri et nous sommes convenus que je l’invitais pour quelques jours en France avec sa famille », a dit le chef de l’Etat devant quelques journalistes, au cours d’une visite du pavillon français de la Conférence des Nations unies sur le Climat (COP 23). L’Elysée a annoncé mercredi que M. Hariri devait arriver en France « dans les prochains jours ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 novembre 2017 20h06)                

Arabie: le roi Salmane reçoit le patriarche maronite libanais, une première

novembre 14, 2017

Le patriarche maronite libanais Bechara Rai (G) rencontre le roi Salmane d’Arabie saoudite (D) lors de sa visite à Ryad, le 14 novembre 2017 / © AFP / Fayez Nureldine

Le roi Salmane a reçu mardi le patriarche maronite libanais, le cardinal Bechara Raï, une première historique en Arabie saoudite qui intervient notamment au moment où Ryad accentue la pression sur le Liban pour tenter d’isoler le Hezbollah, formation pro-iranienne membre du gouvernement.

Arrivé lundi à Ryad, Mgr Bechara Raï a ainsi également rencontré le Premier ministre libanais Saad Hariri, qui a annoncé il y a dix jours sa démission soudaine depuis la capitale saoudienne et dont le sort fait l’objet d’intenses spéculations.

Il s’agit de la première visite en Arabie saoudite d’un haut responsable libanais depuis cette annonce. Le 4 novembre, M. Hariri avait dénoncé, en annonçant sa démission sur une chaîne saoudienne, la mainmise sur son pays de l’Iran et du Hezbollah, formation libanaise alliée de l’Iran, rival régional de l’Arabie saoudite.

Le patriarche et le roi ont « évoqué les relations fraternelles entre le royaume et le Liban et confirmé l’importance du rôle des différentes religions et cultures pour promouvoir la tolérance et renoncer à la violence », a rapporté l’agence officielle saoudienne SPA.

Le dignitaire religieux libanais s’est également entretenu avec le puissant jeune prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane.

La visite de Mgr Raï est la première d’un patriarche maronite en Arabie saoudite, a souligné le patriarcat dans un communiqué. Elle marque un rare moment d’échange interreligieux dans le royaume ultraconservateur, qui abrite les lieux les plus saints de l’islam.

Cette visite « illustre l’approche du royaume en faveur de la coexistence pacifique, de la proximité et de l’ouverture à toutes les parties de la population arabe », a écrit sur Twitter le ministre saoudien en charge des relations avec les pays du Golfe, Thamer al-Sabhane.

La démission de M. Hariri, qui a plongé le Liban dans la crise, est survenue alors que la tension monte entre Ryad et Téhéran qui soutiennent des parties opposées dans des conflits comme ceux que connaissent notamment la Syrie et le Yémen.

La classe politique libanaise estime que M. Hariri est détenu contre son gré en Arabie saoudite, bien qu’il ait assuré dimanche qu’il rentrait « très bientôt » dans son pays.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a fait savoir que la France était « préoccupée de la situation au Liban », appelant à la « non-ingérence » au pays du Cèdre. Il doit se rendre jeudi à Ryad, où le président Emmanuel Macron s’est déjà rendu une semaine plus tôt.

Romandie.com avec(©AFP / 14 novembre 2017 13h54)                

Yémen: la coalition dirigée par Ryad bombarde le ministère de la Défense à Saana

novembre 10, 2017

Des Yéménites recherchent des victimes après un raid aérien meurtrier sur Saada, le 1er novembre 2017 / © AFP/Archives / STRINGER

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a mené vendredi soir deux raids aériens contre le ministère de la Défense à Sanaa, capitale du Yémen en guerre contrôlée par les rebelles, ont rapporté des témoins.

Aucune victime n’a été signalée dans l’immédiat.

Des avions survolaient toujours Sanaa à la suite de ces frappes, a-t-on ajouté de même source.

La chaîne de télévision des rebelles Houthis, al-Masirah, a également fait état de deux frappes aériennes.

La coalition, qui intervient au Yémen depuis 2015, avait déjà ciblé le ministère de la Défense en y faisant d’important dégâts mais ces nouvelles frappes interviennent alors que les tensions se multiplient entre l’Arabie saoudite et son rival iranien, qui soutient les rebelles Houthis.

Lundi, la coalition menée par Ryad a renforcé son blocus aérien, terrestre et maritime contre le Yémen après avoir intercepté dans le secteur de l’aéroport international de Ryad un missile balistique tiré par les rebelles yéménites.

Les Houthis ont menacé de riposter à ce durcissement du blocus par des tirs de missiles contre les aéroports et les ports saoudiens et émiratis, exacerbant encore la tension entre Ryad et Téhéran.

De son côté, l’ONU a réclamé la fin du blocus devant « la situation humanitaire catastrophique » au Yémen, menacé de « la plus grande famine » des dernières décennies.

Depuis mars 2015, Ryad est à la tête d’une coalition de pays sunnites aidant les forces gouvernementales yéménites dans leur guerre contre les Houthis, maîtres de la capitale yéménite depuis septembre 2014.

Le conflit a fait plus de 8.650 morts et quelque 58.600 blessés, dont de nombreux civils, et provoqué « la pire crise humanitaire au monde », selon l’ONU.

Romandie.com avec(©AFP / 10 novembre 2017 22h46)

Liban: Hariri est « est détenu » en Arabie Saoudite, selon le Hezbollah

novembre 10, 2017

Beyrouth – Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah a accusé vendredi l’Arabie saoudite de « détenir » le Premier ministre libanais Saad Hariri, qui avait annoncé la semaine dernière sa démission surprise à Ryad.

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a par ailleurs accusé Ryad d’avoir demandé à Israël de frapper le Liban, au moment où la tension est montée d’un cran entre l’Arabie saoudite, puissance régionale sunnite, et le mouvement chiite, allié à l’Iran.

« Le chef du gouvernement libanais est détenu en Arabie saoudite, on lui interdit jusqu’à ce moment de rentrer au Liban », a lancé Hassan Nasrallah lors d’une allocution télévisée. « Il est assigné à résidence », a-t-il assuré, réclamant à l’Arabie saoudite de le « libérer ».

M. Hariri, un proche du pouvoir saoudien, n’est pas rentré au Liban depuis l’annonce de sa démission le 4 novembre et des rumeurs circulent sur la limitation de sa liberté en Arabie saoudite.

Lisant un discours diffusé par la chaîne à capitaux saoudiens Al-Arabiya, M. Hariri avait démissionné en invoquant la « mainmise » de l’Iran et de son allié au Liban, le Hezbollah, sur les affaires intérieures du pays.

Le chef du Hezbollah a une nouvelle fois assuré que le chef du gouvernement libanais avait été « obligé » par les Saoudiens à présenter sa démission, et à « lire un texte écrit par eux ».

La démission de Saad Hariri a pris de court l’ensemble de la classe politique libanaise, jusqu’à son parti et ses conseillers les plus proches.

La démission de M. Hariri a fait craindre que le Liban, pays aux équilibres communautaires fragiles, ne plonge dans de nouvelles violences. Le Liban a été entre autres déchiré par une guerre civile entre 1975 et 1990 et par un conflit avec son voisin israélien en 2006.

« Ce qu’il y a de plus dangereux, c’est inciter Israël à frapper le Liban », a lancé Hassan Nasrallah dans un discours retransmis à la télévision. « Je parle d’informations assurant que l’Arabie saoudite a demandé à Israël de frapper le Liban », a-t-il insisté.

L’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite, deux poids lourds de la région, s’affrontent sur plusieurs dossiers du Moyen-Orient, notamment la guerre en Syrie et au Yémen.

Romandie.com avec(©AFP / 10 novembre 2017 15h41)                                            

Arabie: plus de 200 personnes arrêtées dans la purge anticorruption

novembre 9, 2017

Le prince héritier d’Arabie saoudite Mohamed ben Salmane lors d’une conférence à Ryad le 24 octobre 2017 / © AFP/Archives / FAYEZ NURELDINE

Plus de 200 personnes ont été arrêtées en Arabie saoudite dans le cadre d’une purge anticorruption sans précédent menée récemment dans le royaume, qui a notamment visé des princes, ministres et hommes d’affaires, ont indiqué jeudi les autorités saoudiennes.

Cette annonce intervient sur fond de réformes choc dans le royaume ultraconservateur sous l’impulsion du jeune prince héritier Mohamed ben Salmane. Elle survient aussi dans un climat de plus en plus tendu avec l’Iran et après la démission du Premier ministre libanais Saad Hariri –proche de Ryad–, un an après avoir formé un gouvernement avec le Hezbollah pro-iranien.

« Un total de 208 personnes ont été convoquées pour interrogatoire jusqu’à présent. Sur ces 208 personnes, sept ont été relâchées sans être inculpées. L’ampleur potentielle des actes de corruption révélés est très grande », a indiqué le procureur général du royaume dans un communiqué.

Les sommes concernées par ces malversations atteignent 100 milliards de dollars (86,1 milliards d’euros) « sur quelques dizaines d’années », selon la même source, qui parle d’une enquête sur trois ans.

Des princes, dont le célèbre milliardaire Al-Walid ben Talal, des ministres ainsi que des hommes d’affaires ont été appréhendés samedi soir lors d’une opération coup de poing qui fait suite à la mise en place d’une nouvelle commission anticorruption présidée par le prince héritier, dont l’emprise sur le pouvoir est croissante.

Les autorités ont gelé les comptes bancaires des suspects et prévenu que tout actif qui serait lié à des affaires de corruption serait saisi au profit de l’Etat.

– Raisons politiques? –

Les personnalités arrêtées –et détenues dans un lieu non précisé par les autorités– vont être jugées devant un tribunal, a indiqué lundi le procureur général.

Mais cette vague d’arrestations pourrait aussi faire partie d’une lutte pour le pouvoir, a souligné mercredi Human Rights Watch (HRW). Elle intervient en tout cas au moment où Mohammed ben Salmane consolide son pouvoir et tente d’introduire des réformes économiques et sociales inédites.

Contrôlant les principaux leviers du gouvernement, de la défense à l’économie, le jeune prince héritier semble chercher à étouffer les contestations internes avant tout transfert formel du pouvoir par son père, le roi Salmane, âgé de 81 ans.

Signe que c’est l’homme fort du pays, c’est lui qui a reçu jeudi soir à Ryad le président français Emmanuel Macron, qui a annoncé cette visite surprise alors qu’il se trouvait aux Emirats arabes unis pour le lancement du Louvre Abu Dhabi.

Le prince héritier a initié un vaste plan de réformes appelé « Vision 2030 », destiné notamment à diversifier l’économie saoudienne, trop dépendante du pétrole. Depuis la chute des prix du brut à la mi-2014, Ryad a dû fortement réduire ses dépenses publiques.

Fin septembre, le pays, le dernier au monde interdisant aux femmes de conduire, avait annoncé qu’elles pourraient prendre le volant à compter de juin 2018.

Cette purge anticorruption intervient dans un climat politique et diplomatique très tendu, avec des échanges de plus en plus vifs entre l’Arabie sunnite et son rival iranien, ces deux grandes puissances s’opposant sur de nombreux dossiers, dont les guerres en Syrie et au Yémen.

En Syrie, l’Iran, aidé par le mouvement chiite libanais Hezbollah, est le principal soutien régional du régime de Bachar al-Assad. L’Arabie s’oppose elle au président syrien et appuie des groupes rebelles.

– Climat régional tendu –

Dans ce contexte tendu, Ryad a appelé jeudi ses ressortissants à quitter « le plus vite possible » le Liban « vu la situation » dans ce pays.

Quelques jours plus tôt, le protégé de l’Arabie saoudite, Saad Hariri, avait annoncé sa démission depuis le royaume en accusant le Hezbollah et son allié iranien de « mainmise » sur le Liban.

Dimanche, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dont le mouvement était membre de la coalition gouvernementale de M. Hariri, a accusé Ryad d’avoir contraint Saad Hariri à la démission.

Le Koweït a aussi appelé tous ses citoyens à quitter le Liban et à ne pas s’y rendre « par mesure de précaution ». Bahreïn, un troisième pays du Golfe, avait déjà appelé dimanche ses ressortissants à quitter le Liban et à éviter de s’y rendre.

Au Yémen, l’Arabie saoudite a lancé en mars 2015 une opération militaire à la tête d’une coalition arabe pour empêcher des rebelles, accusés d’être appuyés par Téhéran, de prendre le contrôle de l’ensemble de ce pays voisin.

Ryad a accusé mercredi l’Iran « d’agression directe » après le tir d’un missile en direction de l’aéroport international de Ryad par les rebelles.

« Le président français a condamné cette attaque au missile sur Ryad par les Houthis, et souligné la solidarité de la France avec le Royaume », a affirmé la SPA, l’agence de presse d’Etat saoudienne, en afirmant que le prince Salmane et son interlocteur avaient « également discuté des récents développements au Moyens-Orient et de leurs efforts pour la sécurité et la stabilité dans la région, y compris via une coordination dans le combat contre le terrorisme ».

Aucun commentaire n’avait encore été fait sur cette visite du côté français.

Romandie.com avec(©AFP / 10 novembre 2017 02h16)                

L’Arabie Saoudite appelle ses ressortissants à quitter le Liban

novembre 9, 2017

Ryad – L’Arabie saoudite a appelé jeudi ses ressortissants à quitter « le plus vite possible » le Liban, quelques jours après l’annonce depuis Ryad de la démission surprise de son protégé, Saad Hariri, du poste de Premier ministre libanais.

Une source au ministère des Affaires étrangères, citée par l’agence officielle SPA, a également appelé les Saoudiens à ne pas se rendre au Liban, sans évoquer de menace spécifique.

« Vu la situation au Liban, le royaume demande à ses ressortissants en visite ou résidant au Liban de le quitter le plus tôt possible, et conseille à ses ressortissants de ne pas s’y rendre », a indiqué cette source.

Le 4 novembre, M. Hariri a annoncé dans une déclaration télévisée faite depuis l’Arabie saoudite sa démission en accusant le Hezbollah libanais et l’Iran de « mainmise » sur son pays et en disant craindre pour sa vie.

Cette démission a pris de court toute la classe politique au Liban et fait craindre que le pays, aux équilibres fragiles, ne plonge dans de nouvelles violences.

Depuis sa démission, M. Hariri, qui a également la nationalité saoudienne, a rencontré le roi saoudien Salmane et s’est rendu aux Emirats arabes unis selon les médias des deux pays.

Le président libanais Michel Aoun a affirmé qu’il attendait le retour de M. Hariri pour décider s’il acceptait ou non sa démission.

Entretemps, des spéculations et rumeurs vont bon train au Liban sur une possible interdiction pour M. Hariri de quitter l’Arabie saoudite.

Le fait d’avoir annoncé sa démission de Ryad a fait dire à des médias et responsables au Liban qu’il avait été contraint à prendre cette décision et qu’il n’était pas libre de ses mouvements, surtout que l’annonce a coïncidé avec l’arrestation de dizaines de princes, de ministres et d’hommes d’affaires dans une purge sans précédent en Arabie saoudite.

Dimanche dernier, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a accusé Ryad d’avoir contraint Saad Hariri à la démission et s’est demandé s' »il est assigné à résidence » et si « on va le laisser retourner » au Liban.

M. Hariri, dont l’épouse et les enfants vivent en Arabie saoudite, n’a pas dit s’il reviendrait au Liban.

Sa démission est intervenue en pleines tensions entre les deux poids lourds de la région, l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite, au sujet de plusieurs questions et conflits au Moyen-Orient.

Bahreïn avait appelé dimanche ses ressortissants à éviter de se rendre au Liban et ceux qui s’y trouvent à quitter immédiatement ce pays en raison, selon le royaume, des risques qui pèsent sur leur sécurité.

Romandie.com avec(©AFP / 09 novembre 2017 16h01)