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Arabie saoudite : quelles sont les dix familles les plus riches du royaume ?

septembre 23, 2022

Poids lourd de la région Maghreb-Moyen Orient, l’Arabie saoudite pèse politiquement et diplomatiquement, mais aussi économiquement. Un poids incarné par de grands groupes et conglomérats familiaux. Jeune Afrique dresse la liste des dix dynasties les plus fortunées.

Lubna Olayan (à g.), ex-PDG du conglomérat Olayan Group, à Riyad, le 23 octobre 2018. © FAYEZ NURELDINE/AFP

Selon le classement Forbes 2022, près de 40 % des 100 familles les plus riches du monde arabe sont d’origine saoudienne. La monarchie wahhabite, qui détient 23 % des réserves pétrolières mondiales, a plus que jamais un rôle économique clé, notamment en Europe, avec la crise énergétique déclenchée par l’offensive russe en Ukraine.

L’Aramco, la compagnie pétrolière nationale, se dispute avec Apple, Microsoft et Amazon le titre de première capitalisation boursière de la planète. Un jour, le royaume présente un projet pharaonique de ville du futur – « The Line », qui réunirait 9 millions d’habitants à l’horizon 2045 sur une ligne droite de 170 km de long ! –, un autre, il se dit prêt à financer l’essentiel des coûts d’une Coupe du monde de football co-organisée avec la Grèce et l’Égypte. Mais au-delà de la famille régnante des Saoud, hormis le célébrissime clan Ben Laden, quelles sont les principales dynasties de l’opulent royaume ? Voici les dix principales, par ordre décroissant de fortune.

1) Famille Olayan – 8 milliards de dollars

Fait chevalier de l’Empire britannique par la défunte reine Elizabeth II, Suliman Olayan a joué un rôle fondamental dans l’économie saoudienne, de la création de son entreprise de transport routier, en 1947, jusqu’à sa mort, en 2002. Le groupe Olayan détient aujourd’hui un portefeuille d’actions dans de nombreuses banques, dont Crédit Suisse et Saudi British Bank.

Après le décès de son père, Khaled Olayan prend la tête du conseil d’administration et sa sœur Lubna Olayan, ancienne banquière chez JP Morgan, dirige le groupe jusqu’en 2019. Avec leur mère et le reste de leur fratrie, la famille Olayan détient une fortune estimée à 8 milliards de dollars, avec des propriétés immobilières dans les quartiers les plus huppés de New York, Londres et Madrid. Les héritiers Olayan ont également investi en France. Hutham Olayan, l’une des filles, possède avec son mari et ses enfants des biens dans le 7e arrondissement de la capitale, non loin du musée Maillol. Lubna Olayan en a quant à elle acheté dans le sud de la France, dans les hauteurs de Super-Cannes.

2) Famille Abu Dawood – 4 milliards de dollars

Originaire de Jeddah, la deuxième ville du pays située au bord de la mer Rouge, Ismaïl Ali Abu Dawood crée en 1935 une entreprise de vente de produits de grande consommation. Plus de quinze ans après le décès de son fondateur, le groupe Abu Dawood, aujourd’hui dirigé par ses fils, est devenu un leader de la distribution au Moyen-Orient, notamment avec les produits de la multinationale américaine Procter & Gamble (Head & Shoulders, Always, Pampers, Gillette…).

En France, les héritiers du groupe Abu Dawood se partagent plusieurs résidences, notamment dans les villages frontaliers de la Suisse, comme Divonne-les-Bains, à quelques kilomètres de Genève. Pour gérer ces nombreuses acquisitions foncières, Anas, Osama, Ayman Abu Dawood et leurs frères et sœurs ont créé plus d’une dizaine de sociétés aux noms de gemmes : Rubis, Topaze, Perle noire, Jade ou encore Cristal. Quant à Anas Abu Dawood, l’un des héritiers siégeant au conseil d’administration du groupe, il a ouvert avec son épouse, Awatif Hamed M Zahran, une entreprise parisienne au nom du monarque valois, Anasim François Ier.

3) Famille Al Ajlan – 2,6 milliards de dollars

Réputée pour la manufacture et la vente de prêt-à-porter masculin, la compagnie Ajlan & Bros a également investi dans l’immobilier en Arabie saoudite et à l’international. Le groupe tient notamment sa renommée de ses coiffes traditionnelles masculines, le yashmagh et la ghutra.

Les quatre frères Al Ajlan ouvrent en 1979 une boutique à Riyad et deviennent au fil des décennies des leaders du prêt-à-porter saoudien, avec de nombreuses usines et plus de 10 000 employés en Chine. Avec une fortune estimée à 2,6 milliards de dollars, les frères Al Ajlan ont effectué des placements dans d’autres secteurs stratégiques, comme l’énergie, l’eau et l’alimentaire au Moyen-Orient.

4) Famille Bugshan – 2,5 milliards de dollars

Khalid Bugshan est plus connu en France pour sa potentielle implication dans l’affaire des financements libyens que pour la vente de pneus, l’activité historique de son groupe. Mis en examen depuis 2015 pour « complicité de corruption », il est soupçonné d’avoir acheté deux tableaux surévalués à l’ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, par le biais d’un avocat malaisien. L’homme d’affaires saoudien a toujours nié, et a déposé en mai 2021 une plainte pour se constituer partie civile. Un autre membre de la famille, son cousin Ahmed Bugshan, fait lui aussi l’objet de poursuites dans le même dossier. De plus, le nom de Khalid Bugshan apparaît dans l’affaire Karachi, concernant des contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et le Pakistan en 1994.

La famille Bugshan possède un conglomérat industriel très varié au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La compagnie, de vente de pneus à l’origine, a été fondée par Abdullah Saïd Bugshan, grand-père de Khalid Bugshan, en 1923. Les dix-sept sociétés du groupe vont de la distribution des produits PepsiCo dans la région aux parfums en passant par les pharmacies et matériaux de construction. Fratrie de neuf enfants, la famille Bugshan est propriétaire d’un important parc immobilier dans l’Hexagone, de la célèbre avenue Foch (16e arrondissement de Paris) aux hauteurs cannoises, prisées par les fortunes saoudiennes. L’hôtel 4 étoiles Croisette Beach, sur la promenade éponyme, est l’une de leurs dernières acquisitions.

5) Famille Al Hokair – 1,8 milliard de dollars

Abdulmohsin Abdulaziz Al Hokair fonde en 1978 le groupe Al Hokair, se spécialisant dans l’hôtellerie et le divertissement, en Arabie saoudite et dans l’ensemble du monde arabe. Aujourd’hui, le groupe possède plus d’une trentaine d’hôtels, de nombreux parcs d’attractions et centres commerciaux.

La fortune de la famille Al Hokair – qui n’a pas de relation avec l’autre milliardaire saoudien Fawaz Al Hokair, impliqué dans la répression anti-corruption opérée par Mohammed Ben Salman en 2017 – est estimée à 1,8 milliard de dollars.

6) Famille d’Ahmed Salem Bugshan – 1,8 milliard de dollars

Cousin de Khalid Bugshan, Ahmed Salem Bugshan est président d’une autre filiale de l’entreprise de pneus Abdullah Bugshan fondée par son grand-père. Le groupe Ahmed Salem Bugshan s’occupe notamment de la mise en bouteille des produits Pepsi et de leur distribution en Arabie saoudite, produit des matériaux de construction, et a investi dans l’exploitation pétrolière au large de la Mauritanie.

Comme son cousin, Ahmed Bugshan est soupçonné de complicité dans l’affaire des financements libyens de la campagne de l’ancien président Nicolas Sarkozy. Ahmed et Khalid Bugshan ont notamment confié pendant un temps la gestion de leurs finances à Wahib Nacer. Cet ancien banquier franco-djiboutien aurait masqué des montages financiers pour Alexandre Djouhri, intime de Claude Guéant.

7) Famille Sharbatly – 1,7 milliard de dollars

Hassan Sharbatly, fondateur de la Riyad Bank dont le groupe est demeuré actionnaire, développe dans les années 1930 l’ancêtre de la compagnie Al Nahla. La holding saoudienne détient un portefeuille d’investissement très varié, dans l’immobilier, mais aussi le secteur automobile ou encore la vente de fruits et légumes dans le Golfe.

8) Famille Al Rashed – 1,6 milliard de dollars

Fondé en 1950, le groupe Al Rashed se consacre à ses débuts aux matériaux de construction, avant de se diversifier dans l’investissement immobilier, les hydrocarbures, mais aussi l’alimentaire, les industries de télécommunications…

La famille Al Rashed, aujourd’hui à la tête d’un conglomérat de vingt-six compagnies, est l’un des plus gros investisseurs privés de la pétro-monarchie. Comme la famille Abu Dawood, l’un des héritiers de Rashed Al Rashed a lui aussi été attiré par la ville thermale de Divonne-les-Bains, à la frontière suisse.

9) Famille Al-Dabbagh – 1,5 milliard de dollars

Établi en 1962 par Abdullah Al-Dabbagh à Jeddah, le groupe a notamment investi dans les secteurs de l’alimentaire, du pétrole, de l’automobile et de l’immobilier.

D’après l’agence de presse Reuters, le PDG et président du groupe Amr Al-Dabbagh fait partie des personnalités saoudiennes assignées à résidence en 2017 par les autorités du pays, dans le cadre de la campagne anti-corruption dirigé par Mohammed Ben Salman. Le prince héritier avait alors ordonné l’arrestation et la détention de deux cents personnes au Ritz-Carlton de Riyad.

10) Famille Jameel – 1,5 milliard de dollars

Fondé en 1945, le groupe familial Abdul Latif Jameel était à l’origine le distributeur de Toyota en Arabie saoudite. Il s’est ensuite développé à l’international et est présent dans plus de 30 pays. Le groupe a investi dans de nombreux domaines, tout en continuant à s’étendre dans celui de l’automobile. La famille Jameel s’est récemment lancée dans les énergies renouvelables.

Avec Jeune Afrique par Jeanne Le Bihan

Maroc : MBS obtient la libération de Brahim Saâdoun, condamné à mort en Ukraine

septembre 22, 2022

À la suite de l’intervention du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman auprès de Vladimir Poutine, le jeune condamné à mort a quitté la Russie pour l’Arabie saoudite.

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman. © HO / Saudi Royal Palace / AFP

Originaires du Royaume-Uni, des États-Unis, du Maroc, de Croatie ou de Suède, dix prisonniers de guerre ont été transférés de Russie en Arabie saoudite, dans le cadre d’un échange entre Moscou et l’Ukraine, a annoncé ce mercredi 21 septembre le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Parmi eux, Brahim Saâdoun, condamné à mort après avoir été interpelé le 12 mars dernier à Marioupol, dans la région de Donetsk, en Ukraine, par les forces ukrainiennes séparatistes pro-russes, alors qu’il portait l’uniforme de l’armée de l’État ukrainien.

Né en 2001 à Meknès, ce jeune Marocain est arrivé en Ukraine en 2017 pour étudier à l’université d’aéronautique et de sciences aérospatiales de Kiev. Marié à une Ukrainienne, il a été naturalisé ukrainien en 2020 et s’est engagé dans la marine du pays avant le conflit. Lorsque la guerre a éclaté, il a été envoyé au front pour combattre les Russes.

« Le Maroc ne pouvait pas agir »

« C’était une situation très compliquée et délicate pour le Maroc, explique un diplomate marocain, aujourd’hui à la retraite. Le royaume ne pouvait pas agir car il a pour règle de ne pas entrer en contact avec des entités séparatistes au nom de l’intégrité territoriale des pays. »

Mais aussi parce que, depuis le début du conflit, Rabat a adopté une position neutre qu’il s’efforce de maintenir – le Maroc s’est ainsi abstenu de voter la résolution de l’ONU sur l’Ukraine en mars dernier.

En revanche, si Rabat n’est jamais intervenu officiellement, il suivait la situation de près. « Sa libération a probablement été facilitée par les relations excellentes qui lient les familles royales marocaine et saoudienne », croit savoir notre source.

À la suite de la médiation du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, qui a notamment reçu ce mardi 20 septembre à Riyad un conseiller du président ukrainien Zelensky, un avion avec à son bord Brahim Saâdoun, ainsi que d’autres combattants, est arrivé en Arabie saoudite dans la soirée de mercredi.

Les autorités saoudiennes ont annoncé qu’elles « œuvrent à faciliter les procédures pour leur retour en toute sécurité dans leurs pays respectifs », indique le communiqué du MAE .

Avec Jeune Afrique

Le blogueur saoudien Raif Badawi est libéré

mars 11, 2022
Raif Badawi.

Raif Badawi Photo : Facebook

Après 10 ans de détention, le blogueur saoudien Raif Badawi a été libéré. Sa femme Ensaf Haidar et Amnistie internationale confirment qu’il est sorti de prison.

Ensaf Haidar affirme que son conjoint l’a avisée de sa libération par téléphone. Amnistie internationale a également souligné que le roi de l’Arabie saoudite, Salmane ben Abdelaziz Al-Saoud, aurait levé son interdiction de voyager, ce qui lui permettrait de retrouver sa femme et ses enfants à Sherbrooke.

#Raifestlibre Après 10 ans de détention #Raifestlibre ! #Raifisfree After 10 years in prison #Raifisfree !
بعد 10 سنوات من السجن #رائف_حرّاً pic.twitter.com/1VA0XjSofs— Ensaf Haidar ⚜️ (@miss9afi) March 11, 2022

Je ne lui pas encore parlé, mais je veux lui dire qu’on l’entend. Je veux lui dire que ça ne va pas être long avant qu’on le revoie! s’est exclamée sa fille Najwa, venue retrouver de nombreux partisans réunis devant l’hôtel de ville de Sherbrooke pour marquer l’événement.

« On n’en revenait pas! On sautait partout! On courait partout! C’est un poids de moins! »— Une citation de  Najwa BadawiEnsaf Haidar, l'épouse de Raif Badawi tient une pancarte avec sa photo.

Ensaf Haidar n’a pas cessé de militer au cours des 10 dernières années pour la libération de son mari. Photo : La Presse Canadienne/Ryan Remiorz

Un combat qui n’est pas terminé

Les partisans du blogueur espéraient qu’il soit libéré sous peu, puisque sa peine était venue à terme à la fin du mois de février. Amnistie internationale faisait d’ailleurs de nouveau pression le 5 mars dernier pour demander sa libération immédiate.

Beaucoup d’émotions, beaucoup de soulagement, affirme d’entrée de jeu France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale francophone. Elle rappelle toutefois que la partie n’est toujours pas gagnée pour le blogueur.

Raif Badawi est toutefois interdit de sortie du pays, interdit de passeport pour 10 ans et interdit de communiquer sur les réseaux sociaux et d’avoir en sa possession un téléphone cellulaire […] On craint que les communications soient plus difficiles à partir de maintenant, explique-t-elle.

« Le combat n’est pas terminé. Il va falloir redoubler d’ardeur pour que l’interdiction de sortie du pays soit levée et qu’il soit réuni avec sa famille le plus tôt possible.  »— Une citation de  France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale francophone

France-Isabelle Langlois confirme qu’Amnistie internationale va poursuivre la pression sur le gouvernement canadien pour qu’il intervienne en Arabie saoudite. C’est l’ensemble des Amnisties à travers le monde qui se mobilisent, affirme-t-elle.La 100e veillée à la bougie pour la libération de Raif Badawi à Sherbrooke

Sa famille n’a jamais perdu espoir de le revoir. Près de 400 rassemblements ont été tenus devant l’hôtel de ville de Sherbrooke pour demander sa libération. Photo : Radio-Canada/ICI Estrie/Carl Marchand

Raif Badawi a été emprisonné en 2012 pour avoir critiqué les autorités religieuses de son pays. Il avait été condamné à 10 ans de prison, 1000 coups de fouet et à une amende d’un million de riyals saoudiens. Il avait reçu une série de 50 coups de fouet en janvier 2015, mais n’avait toutefois plus été fouetté depuis.

En janvier 2021, le Bloc québécois avait fait adopter une motion à l’unanimité à la Chambre des communes pour qu’Ottawa accorde la citoyenneté canadienne à Raif Badawi. Cette motion avait par la suite été adoptée par le Sénat, en juin 2021.

Sa conjointe et ses trois enfants avaient trouvé refuge à Sherbrooke en 2013, et ont obtenu leur citoyenneté canadienne en 2018.

Ensaf Haidar n’a jamais cessé de militer pour la libération de son mari, s’étant même présentée comme candidate bloquiste lors des dernières élections fédérales dans le but, entre autres, de faire avancer la cause de Raif Badawi à Ottawa.

Avec Radio-Canada

Le blogueur saoudien Raif Badawi pourrait être libéré lundi

février 27, 2022

Les partisans du blogueur saoudien Raif Badawi espèrent qu’il sera bientôt libéré de prison après avoir purgé une peine de 10 ans et qu’il sera autorisé par l’Arabie saoudite à retrouver sa famille au Canada.

L’avocat des droits de la personne Irwin Cotler, qui représente M. Badawi sur la scène internationale depuis 2014, affirme que les discussions entre les représentants de l’Union européenne (UE) et ceux du royaume de l’Arabie saoudite ont fait naître l’espoir que le blogueur sera libéré dans les jours qui viennent.

Il précise toutefois que des pressions doivent être exercées pour permettre à M. Badawi de rejoindre sa femme et ses enfants, qui vivent au Québec. Bien que sa peine de prison ait pris fin, Raif Badawi doit encore faire face à une interdiction de voyager pendant 10 ans, à une interdiction de travailler dans les médias et à une amende punitive de 335 000 $ qui a été prononcée au moment de sa condamnation.

Nous parlons d’une sorte de prison sans murs où il est privé de voyage pour les 10 prochaines années, a déclaré Me Cotler, qui est aussi ancien ministre fédéral de la Justice et fondateur du Centre Raoul Wallenberg pour les droits de la personne.

Ce serait l’équivalent de poursuivre la punition à l’extérieur de la prison, avec la même douleur intense d’être privé de la présence de sa femme et de ses enfants, a affirmé Me Cotler.

Raif Badawi a été emprisonné en 2012 et condamné en 2014 à 10 ans de prison, 1000 coups de fouet et à une amende d’un million de riyals saoudiens pour avoir critiqué les autorités religieuses du pays. Il a reçu 50 coups de fouet en janvier 2015 lors d’une flagellation publique, mais il n’aurait plus été fouetté depuis.

M. Cotler a affirmé qu’il ne craignait pas de nouvelles flagellations pour son client, la Cour suprême saoudienne ayant interdit cette pratique en 2020.

« J’espère qu’il sera libéré comme prévu selon le calendrier islamique le 28 février. »— Une citation de  Ensaf Haidar, épouse de Raif Badawi

Sa femme, Ensaf Haidar, a fait le compte à rebours de la date de libération prévue sur son compte Twitter. Elle et les trois enfants du couple vivent à Sherbrooke, au Québec, depuis 2013.

L’emprisonnement de Raif Badawi a suscité une forte condamnation sur la scène internationale.

De nombreuses organisations gouvernementales ainsi que des groupes de défense ont exigé sa libération.

Selon Me Cotler, les écrits pour lesquels M. Badawi a été emprisonné, qui font la promotion des droits de la personne et de la démocratie, sont conformes aux réformes que le prince héritier Mohammed ben Salmane préconise depuis cinq ans, à savoir l’appel à une Arabie saoudite plus ouverte et à un islam plus modéré.

« À ce stade, je dirais qu’il est dans l’intérêt de l’Arabie saoudite de permettre sa libération et de le réunir avec sa famille. »— Une citation de  Irwin Cotler, avocat des droits de la personne

En d’autres termes, ce n’est pas seulement la chose juste à faire, mais en termes d’Arabie saoudite, il serait dans son propre intérêt politique, économique et national de le faire, a estimé Irwin Cotler.

L’année dernière, la Chambre des communes et le Sénat ont voté en faveur de l’utilisation par le ministre de l’Immigration de son pouvoir discrétionnaire pour accorder la citoyenneté canadienne à Raif Badawi, mais cela ne s’est pas encore produit.

Ottawa se dit préoccupé

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a déclaré dans un communiqué qu’il ne pouvait pas commenter spécifiquement le cas de M. Badawi, en raison de la protection de la vie privée.

Le gouvernement du Canada est très préoccupé par le cas de Raif Badawi en Arabie saoudite, a indiqué le ministère dans un courriel. Nous avons toujours plaidé en sa faveur et nous continuerons à utiliser toutes les occasions de le faire. Son bien-être est au cœur de nos préoccupations.

Me Cotler affirme qu’il a eu des discussions avec les ministres des Affaires étrangères et de l’Immigration au sujet de ce dossier. Il a ajouté que la citoyenneté canadienne permettrait au pays d’effectuer des démarches diplomatiques au nom de M. Badawi.

La section francophone canadienne d’Amnistie internationale a déclaré que, d’après les informations dont elle dispose, M. Badawi pourrait être libéré entre le 28 février et le 3 mars, ou en juin, selon le calendrier utilisé pour calculer sa peine.

Quoiqu’il en soit, ils espèrent que la libération interviendra bientôt, compte tenu de la libération d’autres dissidents l’année dernière à l’expiration de leur peine, dont la propre sœur de M. Badawi.

La décision appartient en dernier ressort au gouvernement saoudien, a déclaré la directrice de campagne pour l’organisation de défense des droits de la personne, Colette Lelièvre, ajoutant qu’il est important de maintenir la pression tant que M. Badawi n’est pas libéré et réuni avec sa famille.

Nous suivons la situation au jour le jour. Si nous voyons qu’il n’a pas été libéré la semaine prochaine, nous serons plus visibles sur la question, a précisé Mme Lelièvre. Même s’il est libéré, il y a d’autres conditions qu’il devra suivre, et malheureusement, il ne sera pas envoyé au Canada.

Avec La Presse canadienne

Assassinat de Khashoggi: un membre présumé du commando arrêté à l’aéroport de Roissy

décembre 7, 2021
Assassinat de Khashoggi: un membre presume du commando arrete a l'aeroport de Roissy
Assassinat de Khashoggi: un membre présumé du commando arrêté à l’aéroport de Roissy© AFP/Archives/MOHAMMED AL-SHAIKH

Un membre présumé du commando impliqué dans l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en 2018 à Istanbul a été interpellé mardi matin à l’aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle et placé en rétention judiciaire, a-t-on appris de sources judiciaire et aéroportuaire.

Khalid Alotaibi, 33 ans, a été interpellé par la police aux frontières alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour Riyad, a indiqué une source proche du dossier.

Il a été placé en rétention judiciaire dans le cadre d’un mandat d’arrêt international émis par la Turquie, a précisé une source judiciaire. À l’issue de sa rétention mercredi, il sera présenté au parquet général de la cour d’appel de Paris qui lui notifiera le mandat d’arrêt, a poursuivi cette source.

Jamal Khashoggi, ancien proche du pouvoir saoudien dont il était devenu un féroce détracteur, a été assassiné dans les locaux du consulat de son pays à Istanbul, le 2 octobre 2018, par un commando d’agents venus d’Arabie saoudite. Son corps, démembré, n’a jamais été retrouvé.

Après avoir nié l’assassinat, Riyad avait fini par dire qu’il avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls. À l’issue d’un procès opaque en Arabie saoudite, cinq Saoudiens ont été condamnés à mort et trois à des peines de prison — les peines capitales ont depuis été commuées.

Par Le Point avec AFP

Macron et le prince héritier saoudien ensemble pour aider le Liban

décembre 4, 2021
Macron et le prince heritier saoudien ensemble pour aider le Liban
Macron et le prince héritier saoudien ensemble pour aider le Liban© Saudi Royal Palace/AFP/Bandar AL-JALOUD

Le président français Emmanuel Macron a terminé samedi sa tournée express dans le Golfe en lançant une initiative pour aider le Liban avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, avec lequel il affirme avoir eu une discussion « sans tabou » sur les droits de l’Homme.

Les retrouvailles avec l’homme fort de Ryad, « MBS », étaient très attendues, trois ans après le choc provoqué par l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat du royaume à Istanbul.

« Nous avons parlé de tout sans aucun tabou. Et nous avons pu évoquer évidemment la question des droits de l’Homme (…) et cela a été un échange direct », a déclaré Emmanuel Macron. « Les prochaines semaines et les prochains mois nous permettront de voir si nous avançons sur ce sujet. »

Ryad avait affirmé que l’assassinat de Khashoggi avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls mais un rapport des services de renseignement américains accuse le prince héritier de l’avoir « validé », une accusation rejetée avec force par l’Arabie saoudite.

Emmanuel Macron a justifié sa rencontre avec le prince héritier, l’une des premières pour un dirigeant occidental depuis cette affaire, parce que « le dialogue avec l’Arabie saoudite est une nécessité » en raison de son « poids démographique, économique, historique et religieux ».

Les deux dirigeants ont, a rapporté M. Macron, « longuement parlé » du Liban au cours de leur entretien au palais royal de Jeddah (ouest) avant d’appeler ensemble au téléphone le Premier ministre libanais, Najib Mikati, pour tenter de trouver une issue à la brouille diplomatique entre Beyrouth et Ryad.

« Réengagement »

« L’Arabie saoudite et la France veulent s’engager pleinement » en vue d’un « réengagement de la relation » entre Beyrouth et le royaume.

L’Arabie saoudite a rappelé fin octobre son ambassadeur à Beyrouth et expulsé l’ambassadeur libanais à la suite de propos du ministre de l’Information George Kordahi critiquant l’intervention militaire menée par le royaume saoudien, à la tête d’une coalition, au Yémen et défendant les rebelles Houthis pro-iraniens dans ce pays.

M. Kordahi a depuis annoncé sa démission vendredi, en soulignant que c’était un souhait de la France.

Ryad a également interdit les exportations en provenance du Liban, et trois autres pays du Golfe –Bahreïn, les Emirats arabes unis et le Koweït– ont pris des mesures de rétorsion à l’égard de Beyrouth. Ce qui a encore aggravé la sévère crise économique libanaise.

MM. Macron et Ben Salmane ont également exprimé leur « volonté que le gouvernement (libanais) puisse travailler de manière normale, se réunir au plus vite, et mener les réformes utiles », a ajouté le président français, précisant qu’il appellerait dimanche son homologue libanais Michel Aoun.

Le Premier ministre libanais Najib Mikati a de son côté évoqué sur Twitter un « pas important vers la reprise des relations fraternelles historiques avec l’Arabie saoudite » après l’entretrien téléphonique.

Les autorités saoudiennes n’avaient, elles, pas communiqué sur cette initiative commune après le départ de M. Macron pour Paris.

« Voyage utile »

Ce dernier s’est déclaré satisfait de sa tournée qui l’a mené en deux jours aux Emirats, au Qatar et en Arabie Saoudite.

« C’était un voyage utile » car  » notre présence ici, dans ce moment géopolitique, était importante », a-t-il déclaré, alors que les pays du Golfe cherchent à diversifier leurs interlocuteurs avec l’attention américaine désormais tournée vers l’Asie.

Son escale à Dubaï lui a permis d’acter un accord historique pour l’acquisition par les Emirats de 80 avions de combat Rafale –commande record pour l’avion de chasse entré en service en 2004– pour 14 milliards d’euros. D’autres contrats militaires (hélicoptères et armements) ont fait grimper le total à 17 milliards d’euros.

En Arabie, Airbus fournira 26 hélicoptères civils à une société saoudienne, tandis que Veolia a remporté un contrat de gestion des services d’eau potable de Ryad, ont annoncé samedi les deux groupes.

Veolia a aussi étendu ses liens avec le géant pétrolier Saudi Aramco. Il devient son « partenaire exclusif » pour le traitement de ses déchets industriels et banals, soit 200.000 tonnes par an venant s’ajouter aux 120.000 tonnes de déchets dangereux déjà pris en charge par le groupe français.

A Doha, Emmanuel Macron a « remercié » le Qatar d’avoir organisé l’évacuation de 258 Afghans de leur pays, désormais aux mains des talibans, et « menacés en raison de leurs engagements » ou « de leurs liens avec la France ». Ces réfugiés doivent être rapatriés vers l’Hexagone après être passés par l’émirat.

Par Le Point avec AFP

Deuxième grand pèlerinage en nombre limité à La Mecque à cause du Covid

juillet 17, 2021
Deuxieme grand pelerinage en nombre limite a La Mecque a cause du Covid
Deuxième grand pèlerinage en nombre limité à La Mecque à cause du Covid© AFP/Fayez Nureldine

Les premiers fidèles musulmans sont arrivés samedi à la Grande mosquée de La Mecque, dans l’ouest de l’Arabie saoudite, pour le début du hajj, grand pèlerinage annuel marqué pour la deuxième année consécutive par un quota ultralimité de pèlerins en raison du Covid.

Seuls 60.000 Saoudiens et étrangers résidents dans le royaume et vaccinés ont été autorisés à participer au hajj cette année. En 2020, à peine une dizaine de milliers de fidèles –soit le plus petit nombre dans l’histoire moderne de ce rassemblement– avaient pu l’effectuer, au plus fort des restrictions sanitaires et avant la course à la vaccination.

Très loin derrière les quelque 2,5 millions venus du monde entier en 2019, avant la pandémie.

Samedi matin, des centaines de fidèles divisés en petits groupes ont commencé à tourner autour de la Kaaba, la structure cubique noire située au coeur de la Grande mosquée et vers laquelle les musulmans du monde entier se tournent pour prier.

Cette pratique, appelée le « tawaf » en arabe, marque le début du hajj, avant le lancement officiel des autres rites qui commenceront dimanche.

Parmi les heureux élus cette année, Ameen, un entrepreneur pétrolier indien de 58 ans basé dans la ville orientale de Dammam. Il a été sélectionné avec sa femme et ses trois enfants adultes parmi 558.000 candidats.

« Nous sommes ravis. Tant de nos amis et parents ont été rejetés », confie-t-il.

Début juillet, le ministère du Hajj a assuré vouloir se conformer aux « plus hauts niveaux de précautions sanitaires » face à la propagation de nouveaux variants.

« Processus de désinfection »

Seuls des résidents vaccinés, âgés de 18 à 65 ans et ne souffrant d’aucune maladie chronique, peuvent ainsi participer au hajj cette année.

Sur les chaînes de télévision saoudiennes, les interviews de responsables se succèdent pour insister sur les restrictions mises en place.

Les pèlerins seront divisés en groupes de 20 personnes pour « limiter la propagation du virus » au cas où l’une d’entre elles serait infectée, a déclaré à la télévision un responsable saoudien, Mohammed al-Bijaoui.

« Toutes les trois heures, 6.000 personnes entrent pour effectuer le tawaf d’arrivée », a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère du hajj, Hisham al-Saeed. « Après le départ de chaque groupe, un processus de désinfection est effectué au sanctuaire. »

En plus de mesures de distanciation sociale strictes, le ministère du Hajj a introduit une « carte électronique du hajj » permettant un accès sans contact aux campings et hôtels pour pèlerins et aux transports vers les sites religieux.

« Loterie »

Des robots sont utilisés pour distribuer des bouteilles d’eau sacrée et les pèlerins ne sont pas autorisés à toucher la Kaaba.

Lors du hajj l’année dernière, aucun cas de Covid n’avait été signalé, les autorités ayant mis en place de sévères restrictions et distribué des kits stérilisés comprenant des désinfectants, des masques, un tapis de prière et un ihram, le vêtement blanc sans couture traditionnel du hajj.

Le grand pèlerinage, qui a lieu une fois par an, est l’un des cinq piliers de l’islam que les musulmans doivent accomplir au moins une fois dans leur vie si leur santé et leurs finances le permettent.

« Je ne peux décrire ce que je ressens. On a juste envie de pleurer et de se rapprocher de Dieu », dit Rania Azraq, une femme au foyer syrienne de 38 ans qui vit à Ryad.

« J’ai l’impression d’avoir gagné à la loterie », témoigne Mohammed El Eter, un pharmacien égyptien.

« C’est un moment spécial et inoubliable dans la vie. Je remercie Dieu de m’avoir accordé cette chance », a ajouté le trentenaire.

Mécontentement

Première économie du monde arabe grâce à l’exportation de pétrole, le royaume sunnite saoudien a bâti en grande partie son aura internationale grâce aux pèlerinages, qui assoient aussi son autorité politique dans le monde musulman.

L’interdiction des pèlerins venus de l’étranger pour la deuxième année consécutive, soutenue par les institutions islamiques du monde sunnite, a toutefois provoqué le mécontentement chez de nombreux musulmans.

Les moins fortunés économisent parfois toute une vie pour pouvoir payer un jour les frais importants du voyage à La Mecque.

« Je suis enfin prête financièrement et maintenant c’est le coronavirus qui m’en empêche », a déploré Amina Gaafar, une Egyptienne de 58 ans, qui économise depuis 30 ans pour « aller à la rencontre de Dieu ».

L’Arabie saoudite a enregistré jusqu’à présent plus de 500.000 infections, dont plus de 8.000 décès. Environ 20 millions de doses de vaccin ont été administrées dans ce pays de plus de 34 millions d’habitants.

Par Le Point avec AFP burs-gw/aem/awa/hj

Des coups de feu tirés à l’ambassade saoudienne à La Haye, pas de blessé

novembre 12, 2020

Plusieurs coups de feu ont été tirés sur l’ambassade de l’Arabie saoudite à La Haye sans faire de blessés, a annoncé la police jeudi 12 novembre. «Juste avant 6H00, nous avons reçu un message disant qu’un coup de feu avait été tiré sur un bâtiment à La Haye. Il n’y a pas eu de blessé», a déclaré la police sur Twitter.

Un certain nombre de douilles de balles ont été découvertes sur les lieux après l’incident, a déclaré la police citée par l’agence de presse néerlandaise ANP. Les médias locaux ont fait mention de vingt impacts de balles dans le bâtiment et ont montré des photos de trous dans les fenêtres. La police n’a pas confirmé le nombre de coups de feu.

Des agents ont bouclé l’accès aux lieux où des équipes médico-légales mènent une enquête, a indiqué la police. Le motif de la fusillade n’est pas connu.

L’incident survient un jour après qu’un attentat à l’explosif a visé à Jeddah en Arabie saoudite une cérémonie commémorant l’anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918, en présence de diplomates occidentaux, y compris français et britannique. Cet attentat a fait deux blessés, un employé consulaire grec et un policier saoudien.

Par Le Figaro avec AFP

RDC-Angola – Décès de l’homme d’affaires Sindika Dokolo

octobre 30, 2020
Isabel dos Santos aux côtés de son époux Sindika Dokolo, au Portugal en mars 2015 (photo d'illustration).

L’homme d’affaires et collectionneur d’art congolais Sindika Dokolo est décédé, le 29 octobre, à la suite d’un accident de plongée.

Sindika Dokolo est décédé, ce jeudi 29 octobre à Dubaï, où il résidait, à la suite d’un accident de plongée. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par plusieurs membres de sa famille.

Dandy cultivé et homme d’affaires avisé, Sindika Dokolo était aussi un observateur attentif de la scène politique régionale. Il était âgé de 48 ans.

Il était depuis 2002 l’époux d’Isabel dos Santos, la fille de l’ancien président angolais, José Eduardo dos Santos, au pouvoir de 1979 à 2017.

Intelligent et ambitieux

Il était aussi le fils de l’homme d’affaires Augustin Dokolo Sanu, dont il avait hérité en 2001. Aux côtés de sa femme, Hanne Kruse, une Danoise épousée en 1968, ce patriarche mukongo avait édifié l’un des plus vastes empires économiques du Zaïre de Mobutu, avec pour fleuron la Banque de Kinshasa.

Sindika Dokolo lui-même avait grandi entre l’Afrique et l’Europe. Intelligent et ambitieux, il avait construit carrière et fortune aux côtés de son épouse Isabel dans le pétrole, les diamants (via De Grisogono), la distribution, le ciment, et la téléphonie. Collectionneur d’art, il plaidait pour que les œuvres d’art pillées soient restitués aux musées africains.

En 2017, alors que le mandat de Joseph Kabila arrivait à son terme et que celui-ci entretenait le mystère sur ses intentions, Dokolo avait fondé le mouvement citoyen « Congolais debout » et appuyé financièrement d’autres organisations et personnalités proches de l’opposition.

Luanda Leaks

Son épouse était récemment tombée dans le collimateur de la justice en Angola et au Portugal, où les avoirs du couple, estimés à plusieurs milliards de dollars, sont gelés.

En début d’année, les Luanda Leaks ont aussi exposé les dessous de l’empire financier du couple. En août, le demi-frère de sa femme, José Filomeno dos Santos, avait pour sa part été condamné à cinq ans de prison pour fraude, blanchiment d’argent et trafic d’influence dans le cadre d’un projet de constitution d’un fonds d’investissement quelques mois avant le départ de son père de la présidence angolaise.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnalités ont commencé à lui rendre hommage, rappelant son combat pour « l’instauration d’un État de droit » en RDC et son engagement pour le respect de l’identité africaine

Avec  Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala– à Kinshasa

Canada: Le prince saoudien est accusé de complot pour tuer un ex-espion à Toronto

août 7, 2020

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane aurait envoyé un commando à Toronto pour tuer un ancien espion qui a fui le royaume en 2017.
© Pool/Getty Images Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane aurait envoyé un commando à Toronto pour tuer un ancien espion qui a fui le royaume en 2017.
Une poursuite civile déposée devant la justice américaine accuse le prince héritier de l’Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, d’avoir cherché à assassiner un ancien agent secret au travers de l’envoi d’un commando à Toronto en 2018.

La plainte déposée jeudi dans une cour de justice américaine accuse le prince Mohammed ben Salmane d’avoir mandaté des mercenaires pour trouver et assassiner un ancien espion de haut rang qui en sait trop.

Le document de 106 pages, qui doit être vérifié par la justice, a des airs de roman d’espionnage. Il indique que le régent du royaume d’Arabie Saoudite a cherché à réduire au silence Saad Aljabri en 2018.

M. Aljabri, résident permanent au Canada, est décrit comme un ancien officiel Saoudien de 39 ans spécialiste en sécurité nationale et en contre-terrorisme.

Peu de personnes en connaissent autant sur le prince héritier que lui, selon la plainte, notamment sur son implication supposée dans des accords commerciaux corrompus et la création d’une équipe personnelle de mercenaires appelée «Tiger Squad».

Ces mercenaires sont derrière l’assassinat et le démembrement du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien en Turquie, en 2018, d’après la plainte.

Jamal Khashoggi, journaliste assassiné au consulat saoudien d'Istanbul en 2018

© /AFP/Getty Images Jamal Khashoggi, journaliste assassiné au consulat saoudien d’Istanbul en 2018
M. Aljabri, double citoyen de Malte et d’Arabie saoudite, a fui le royaume en 2017, d’abord en Turquie, puis secrètement à Toronto, où il vit désormais.

Saad Aljabri dit qu’il avait développé une relation de travail étroite avec l’intelligence américaine au fil des décennies. Il dispose, prétend-il, d’une position unique pour menacer la réputation de Mohammed ben Salmane auprès de Washington.

Le plaintif disposerait d’informations sensibles sur le prince

«Rares sont les endroits qui ont des informations plus sensibles, humiliantes et accablantes sur l’accusé ben Salmane que l’esprit et la mémoire de Dr Saad – sauf peut-être les enregistrements réalisés par le Dr Saad par anticipation de son assassinat», affirme M. Aljabri.

«C’est pourquoi l’accusé ben Salmane veut sa mort et pourquoi [il] a travaillé pour atteindre cet objectif au cours des trois dernières années.»

Le prince héritier a ordonné au plaintif de rentrer chez lui à plusieurs reprises et l’a menacé via une messagerie instantanée «d’utiliser tous les moyens disponibles» et de «prendre des mesures qui vont vous nuire», indique le document.

Le commando refoulé à l’aéroport Pearson

Les membres de la «Tiger Squad» seraient arrivés à l’aéroport Pearson de Toronto avec des visas touristiques à la mi-octobre 2018, moins de deux semaines après que M. Khashoggi a été assassiné.

Pour éviter de se faire repérer, ils sont entrés par des kiosques séparés, mais ont éveillé les soupçons après avoir prétendu qu’ils ne se connaissaient pas, toujours selon la plainte. Les Agents des services frontaliers du Canada les auraient tous refusés sauf un, qui voyageait avec un passeport diplomatique.

M. Aljabri affirme qu’un ancien collègue s’est présenté à son bureau de la société de télécommunications de Toronto où il travaillait, se faisant passer pour un investisseur, et a essayé de le persuader d’aller en Turquie pour rendre visite à sa famille.

Malgré son refus, l’homme avait réussi à localiser Saad Aljabri afin que le commando puisse le trouver, présente-t-il.

Des proches «disparus et torturés»

«Mohammed ben Salmane prévoit désormais d’envoyer des agents directement via les États-Unis pour entrer au Canada par voie terrestre et, une fois pour toutes, d’éliminer le Dr. Saad», dit-il.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, en octobre 2018, à Riyad.

© AP/Amr Nabil/La Presse canadienne Le prince héritier Mohammed ben Salmane, en octobre 2018, à Riyad.
Le document affirme que le prince a ordonné la détention et l’enlèvement des membres de la famille d’Aljabri comme moyen de pression. Deux de ses enfants ont «disparu» à la mi-mars et d’autres parents ont été arrêtés, détenus et torturés.

Il dit également que des agents saoudiens ont piraté ses téléphones intelligents et gelé ses comptes bancaires.

Les responsables de l’ambassade saoudienne à Ottawa n’ont pas répondu à une demande de commentaire, tout comme le ministre de la Sécurité publique Bill Blair et l’Agence des services frontaliers du Canada.

Avec CBC/Radio-Canada