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Dix prix Nobel exhortent Ryad à ne pas exécuter 14 chiites

août 12, 2017

L’Archevêque Desmond Tutu lors d’une messe le 7 octobre 2016 à Cape Town / © AFP/Archives / Rodger Bosch

Dix prix Nobel du monde entier dont l’archevêque sud-africain Desmond Tutu ont exhorté l’Arabie saoudite à ne pas exécuter 14 Saoudiens de la minorité chiite condamnés après des protestations organisées en 2012.

« Stoppez les exécutions », s’intitule la lettre adressée au roi Salmane d’Arabie saoudite et au prince héritier Mohammed ben Salmane, les seules personnes qui peuvent aujourd’hui décider de surseoir à ces peines capitales.

En l’absence du roi Salmane, en visite privée à l’étranger, le prince héritier a pris les rênes du pouvoir dans ce royaume sunnite ultraconservateur. Il lui revient de signer ou pas le décret d’exécution.

« Tendez la main de la pitié » aux condamnés, plaident encore les dix personnalités internationales, dont plusieurs prix Nobel de la paix comme les anciens présidents sud-africain Frederik de Klerk et du Timor Oriental José Ramos-Horta, le Polonais Lech Walesa ou l’Irlandaise Mairead Maguire.

Ils évoquent notamment le cas d’un jeune étudiant saoudien, Mujtaba al-Sweika, « brillant » mais arrêté à l’âge de 18 ans à l’aéroport de Ryad alors qu’il partait vers une université américaine. « Parmi les charges retenues contre lui, le fait qu’il ait créé un groupe Facebook et posté des images de manifestations » de militants chiites dans l’est de l’Arabie saoudite, écrivent les signataires en demandant la clémence à son égard.

Ils dénoncent aussi le cas d’Ali al-Nimr, un jeune homme arrêté quand il était mineur pour avoir posté des appels à manifester et dont l’oncle Nimr al-Nimr, un dignitaire chiite saoudien très connu, a été exécuté début 2016.

En juillet, la Cour suprême saoudienne a confirmé la peine de mort prononcée contre ces 14 Saoudiens chiites. Les défenseurs des droits de l’Homme craignent une exécution imminente.

Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé les autorités saoudiennes d’avoir extorqué des confessions par la force et estiment que les condamnés n’ont pas bénéficié d’un procès équitable.

Les 14 chiites ont été condamnés en lien avec des manifestations dans la région de Qatif qui concentre la plus grande partie de la minorité chiite saoudienne. Ces derniers se considèrent marginalisés et discriminés par le pouvoir sunnite.

La Province orientale où est située Qatif, riche en pétrole, est régulièrement secouée par des violences attribuées par les autorités à des « éléments terroristes » ou des trafiquants de drogue.

Cette semaine, les autorités saoudiennes ont affirmé avoir rétabli l’ordre dans la ville d’Awamiya, dans la région de Qatif, après des troubles.

Awamiya, ville natale du dignitaire chiite Nimr al-Nimr, avait été l’épicentre de manifestations contre le pouvoir dans la foulée du Printemps arabe en 2011.

Ryad a exécuté 75 personnes cette année, un des taux les plus élevés dans le monde.

Romandie.com avec(©AFP / 12 août 2017 12h56)

Doha accuse Ryad de faire obstacle au pèlerinage des Qataris à La Mecque

juillet 31, 2017

Doha – Le Qatar a accusé l’Arabie saoudite, en crise ouverte avec Doha, de mettre des obstacles à la participation de ses ressortissants au hajj, mais s’est défendu de vouloir internationaliser la gestion du pèlerinage annuel à La Mecque.

Dans un communiqué publié dimanche soir, le ministère des Affaires islamiques du Qatar a affirmé que Ryad « a refusé de communiquer au sujet des garanties de sécurité des pèlerins (qataris) et de l’assistance pour leur hajj ».

L’Arabie saoudite a imposé des sanctions au Qatar, dont la fermeture de son espace aérien, depuis qu’elle a rompu ses relations le 5 juin –en même temps que les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte– avec l’émirat gazier, accusé de soutenir des groupes extrémistes et de se rapprocher de l’Iran chiite, le grand rival du royaume sunnite.

Ryad a toutefois assuré le 20 juillet que les ressortissants qataris voulant se rendre à La Mecque pour le grand pèlerinage musulman –un des cinq piliers de l’islam– étaient les bienvenus, mais a assorti leur venue de certaines restrictions.

Les autorités saoudiennes refusent notamment que ces pèlerins arrivent directement de Doha à bord de vols de la compagnie Qatar Airways.

Le ministère des Affaires islamiques du Qatar a dit souhaiter « connaître les entités haut-placées compétentes en Arabie saoudite, capables d’offrir ces garanties (de sécurité) et exprime ses regrets de voir la politique mêlée à l’un des piliers de l’islam, ce qui pourrait empêcher de nombreux musulmans d’accomplir ce devoir sacré ».

Les déclarations qataries ont été interprétées par des médias de pays hostiles au Qatar comme un appel à « internationaliser » l’organisation du hajj, qui est actuellement assurée par les autorités saoudiennes.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a estimé dimanche sur la chaîne saoudienne Al-Arabiya qu’un appel à internationaliser la gestion de ce pèlerinage reviendrait à « déclarer la guerre » à son pays.

Lui répondant, son homologue du Qatar a affirmé quelques heures plus tard qu' »aucun responsable (de son pays) n’a fait de déclarations concernant une internationalisation du hajj ».

« Aucune démarche n’a été faite pour discuter du hajj à un niveau international », a ajouté cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani sur la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera.

« Le Qatar n’a jamais politisé le hajj et je regrette de dire que la question a été politisée par l’Arabie saoudite », a-t-il ajouté en référence aux restrictions faites aux pèlerins de son pays.

Il a accusé les médias d’avoir « fabriqué » et « inventé » l’appel qui a été attribué à son pays sur une internationalisation du hajj.

Le rituel du hajj, qui débute fin août cette année, est l’un des cinq piliers de l’islam que tout croyant musulman est appelé à effectuer au moins une fois durant sa vie s’il en a les moyens.

Lundi, dans un communiqué, le Comité des droits de l’Homme du Qatar a annoncé son intention de lancer une campagne contre les restrictions saoudiennes.

Cet organisme va s’adresser à cette fin au Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme, à l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et à la Ligue arabe.

Il a appelé Ryad à renoncer « vite à ces restrictions », citant notamment la limitation aux seuls aéroports de Jeddah et de Médine pour l’entrée des pèlerins en provenance du Qatar.

Le comité s’est enfin dit préoccupé par la « rhétorique anti-Qatar (…) qui risque de menacer la sécurité de ses pèlerins ».

Romandie.com avec(©AFP / 31 juillet 2017 15h28)                                            

Le président égyptien ratifie la rétrocession de deux îlots à Ryad

juin 24, 2017

Le Caire – Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a ratifié le transfert à l’Arabie saoudite de deux îlots de la mer Rouge, dernier rebondissement d’une affaire qui suscite de vives protestations depuis des mois, a annoncé samedi le gouvernement.

Cette décision intervient quelques jours après que le Parlement eut approuvé l’accord de rétrocession, qui a fait l’objet d’une longue saga judiciaire avec des jugements contradictoires.

Le gouvernement avait annoncé en avril 2016 un accord sur la rétrocession à Ryad de ces deux îlots inhabités, soulevant une vive controverse dans le pays et des manifestations réprimées par la police.

De nouveaux appels à manifester au cours de la semaine passée ont conduit à des dizaines d’arrestations.

Les deux camps se sont également affrontés devant les tribunaux et plusieurs jugements contradictoires ont été prononcés dans cette affaire.

Le Parlement avait approuvé le 14 juin l’accord de rétrocession à l’issue de trois jours de débats mouvementés, durant lesquels des députés de l’opposition avaient interrompu les séances en scandant des slogans dénonçant la rétrocession des deux îlots.

Mardi, M. Sissi a insisté sur la nécessité de retourner les îlots à leurs « propriétaires ».

« Les nations sont gouvernées par des constitutions et des lois (…), et non par des caprices ou des émotions », avait-il affirmé, cité par la présidence.

Mercredi, la Haute cour constitutionnelle a suspendu tous les jugements rendus sur la rétrocession, le temps de choisir la juridiction habilitée à juger ce dossier.

Pour certains Egyptiens, les deux îles ont une importance symbolique, liée aux quatre guerres ayant opposé leur pays à Israël. Situées stratégiquement à l’entrée du golfe d’Aqaba, elles permettent de contrôler l’accès au port israélien d’Eilat grâce au détroit de Tiran.

C’est la fermeture de ce détroit par le héraut du panarabisme Gamal Abdel Nasser qui avait précipité la guerre israélo-arabe de 1967, permettant à Israël d’occuper la péninsule du Sinaï, ainsi que les deux îles stratégiques. L’accord de paix de Camp David signé en 1979 par les deux belligérants autorisa l’Egypte à récupérer ses territoires, mais lui interdit d’y installer des troupes.

Les autorités justifient la rétrocession en expliquant que les deux îles, situées près de la pointe sud de la péninsule du Sinaï, appartenaient à l’Arabie saoudite mais que Ryad avait demandé en 1950 au Caire d’en assurer la protection.

Romandie.com avec(©AFP / 24 juin 2017 19h44)                                            

Arabie: la fête de la fin du ramadan célébrée dimanche

juin 24, 2017

 

Ryad – La fête de l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du ramadan, le mois de jeûne musulman, sera célébrée à partir de dimanche, ont annoncé samedi les autorités religieuses en Arabie saoudite.

Dans un communiqué du cabinet royal publié par l’agence officielle Spa, les autorités religieuses ont indiqué qu’après l’observation du premier croissant de lune de chawal, le nouveau mois lunaire, dimanche sera le premier jour de la fête du Fitr.

Les Emirats arabes unis, le Koweït, Bahreïn, le Qatar et le Yémen ont également annoncé sur leurs agences de presse que dimanche marquerait le début de l’Aïd el-Fitr.

Le sultanat d’Oman est le seul pays de la péninsule arabique à avoir fixé la date du Fitr à lundi, l’observation du croissant de lune n’ayant pas pu être observée samedi, selon un communiqué des autorités religieuses publié à Mascate.

Pendant le ramadan, mois de piété et de prière, les fidèles s’abstiennent de manger, de boire et d’avoir des rapports sexuels du lever au coucher du soleil.

Romandie.com avec(©AFP / 24 juin 2017 21h41)                   

Le fils du roi d’Arabie saoudite propulsé prince héritier à 31 ans

juin 21, 2017

Mohammed ben Salmane, le fils du roi d’Arabie saoudite, le 11 avril 2017 à Ryad / © Saudi Royal Palace/AFP/Archives / BANDAR AL-JALOUD

Le roi Salmane d’Arabie saoudite a propulsé mercredi son jeune fils Mohammed prince héritier, confirmant son ascension fulgurante dans un contexte de crise ouverte avec le Qatar et d’enlisement du conflit au Yémen.

Selon un décret royal, le souverain a évincé son neveu le prince héritier Mohammed ben Nayef, 57 ans, pour le remplacer par son fils âgé de 31 ans.

Il a ainsi confirmé une volonté d’ouvrir à la deuxième génération de la dynastie Al-Saoud les portes du pouvoir suprême dans ce pays ultraconservateur du Golfe et première puissance pétrolière mondiale.

Ministre de la Défense depuis deux ans, le prince Mohammed, qui vient aussi d’être nommé vice-Premier ministre, est devenu l’homme fort du pays après l’accession de son père au trône en janvier 2015.

En revanche, le prince Mohammed ben Nayef a été évincé de toutes ses fonctions -prince héritier, vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur. Il a été remplacé à l’Intérieur par le prince Abdel Aziz ben Saoud.

Pour l’analyste Riad Kahwaji, la décision de nommer le nouveau prince héritier « était attendue depuis longtemps » et est plus motivée par des facteurs internes que par des facteurs de politique étrangère.

– ‘Confiance, soutien’ –

La famille royale a dû sentir que « le prince Mohammed a acquis assez de confiance et de soutien pour assumer » sa nouvelle charge, a souligné M. Kahwaji à l’AFP.

Selon un haut responsable saoudien, l’ancien prince héritier a cautionné la nomination de son successeur dans une lettre écrite au roi.

La télévision d’Etat a diffusé des images montrant les deux hommes s’embrasser à la suite de l’annonce.

« Je vais me reposer maintenant. Que Dieu t’aide », a lancé le prince Mohammed ben Nayef, auquel son successeur lui a répondu: « Que Dieu vous aide. Je ne me passerai jamais de vos conseils ».

Le très influent comité des grands oulémas saoudien a salué un « bon choix » du roi Salmane, alors que la Bourse saoudienne a bondi de plus de 4% à l’ouverture.

Plusieurs chefs d’Etat arabes ont félicité le nouveau prince héritier.

Le souverain saoudien a invité les membres de la famille royale, les responsables et les citoyens à venir mercredi soir dans son palais de la Mecque (ouest), pour faire allégeance au nouveau prince héritier.

Ailleurs, les autorités ont demandé aux Saoudiens de le faire auprès des princes des différentes régions.

Ayant la réputation d’un réformateur, Mohammed ben Salmane est aussi conseiller spécial du souverain et, surtout, il préside le Conseil des affaires économiques et de développement, organe qui supervise Saudi Aramco, la première compagnie productrice de pétrole au monde.

Sa nomination « suscite l’espoir et donne confiance en l’avenir du pays », a dit un homme d’affaires saoudien, Salmane al-Assemi, 33 ans, en rappelant qu’il était l’inspirateur d’un vaste programme de réformes économiques.

– Coup de jeune –

« Tout le monde va lui faire allégeance », a renchéri un autre Saoudien, Khaled al-Moutaïri, en saluant le coup de jeune représenté par cette nomination dans un pays qui a toujours été dirigé par de vieux rois.

Le roi Salmane a décidé à l’occasion de rétablir, avec effet rétroactif, toutes les primes et avantages supprimés aux fonctionnaires depuis près d’un an dans la cadre d’un programme d’austérité.

La nomination du prince Mohammed a été approuvée par 31 des 34 membres du « Conseil d’allégeance », chargé de régler les successions, selon les médias d’Etat.

L’instance a été revigorée par le roi Abdallah, disparu en 2015, pour éviter les conflits lors des successions entre les fils vieillissants du roi Abdel Aziz ben Saoud, fondateur du royaume.

Avec la précédente nomination de Mohammed ben Nayef, le roi Salmane, 81 ans, avait déjà modifié l’ordre de succession, jusque-là réservé aux fils directs du fondateur du royaume pour l’élargir aux petits-fils de ce dernier.

Ce développement intervient sur fond d’une profonde crise dans le Golfe, après la rupture le 5 juin par l’Arabie saoudite et plusieurs de ses alliés des liens avec le Qatar accusé de soutenir « le terrorisme » et de se rapprocher de l’Iran chiite, rival régional du royaume saoudien.

La mise au ban du Qatar, associant les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte, met en avant le nouveau prince héritier, appelé à contribuer à la gestion de cette crise inédite.

En tant que ministre de la Défense, le prince Mohammed supervise déjà le dossier de la guerre au Yémen, qui s’enlise plus de deux ans après l’intervention d’une coalition arabe sous commandement saoudien. Ryad appuie le président Abd Rabbo Mansour Hadi face aux rebelles chiites soutenus par l’Iran.

Régi par une version rigoriste de l’islam, le royaume impose de nombreuses restrictions aux femmes qui ne sont pas autorisées à conduire et est accusé de violations des droits de l’Homme par des ONG internationales.

Romandie.com avec(©AFP / 21 juin 2017 14h30)                

Décès du milliardaire saoudien et marchand d’armes Adnan Khashoggi

juin 6, 2017

Le milliardaire saoudien et marchand d’armes Adnan Khashoggi, le 2 septembre 2007 à Monaco / © AFP / VALERY HACHE

Le milliardaire saoudien et marchand d’armes Adnan Khashoggi, réputé pour son style de vie flamboyant, est décédé mardi à Londres à l’âge de 82 ans, après une fin de carrière marquée par les scandales.

Le milliardaire, qui souffrait de la maladie de Parkinson, est mort entouré de ses enfants, a annoncé sa famille dans un communiqué.

Autrefois à la tête d’une fortune estimée à 2,4 milliards de livres (2,7 milliards d’euros), il avait été contraint au début des années 1980, après des déboires financiers, de vendre son avion privé, un DC9, et son yacht Nabila, deux symboles de son train de vie fastueux.

Pendant des années, il est l’intermédiaire de lucratifs contrats d’armes.

Familier des « coups » financiers, il mène grand train et hérite du surnom de « Gatsby saoudien ». Il organise des fêtes grandioses avec la jet set sur son yacht, dans ses villas et appartements de Marbella, Cannes, Monte Carlo, Rome, Madrid, Manhattan ou Paris.

A sa première épouse Sorayan, il offre une rivière de rubis, à sa seconde, Lamia, un collier d’émeraudes.

Le magazine Gentleman’s Journal raconte qu’il s’était vu offrir par son frère, pour son 50e anniversaire, un lionceau, pendant que la chanteuse Shirley Bassey lui chantait « joyeux anniversaire ».

Personnage charmeur et sans scrupules, Khashoggi dépense pendant la décennie des années 1970 quelque 250.000 dollars par jour, selon les estimations.

Fils d’un médecin de la cour saoudienne, il est envoyé faire ses études en Californie, et empoche sa première commission en vendant des camions Kenwood à un client saoudien.

Il gagne la confiance de la famille royale saoudienne qui l’oriente vers le commerce, plus fructueux, des armes.

– Rattrapé par les enquêtes –

A la fin des années 1970, il est rattrapé par la baisse relative des revenus pétroliers et la chute du dollar, et surtout est mis en cause dans diverses enquêtes américaines visant des pots de vin versés par les firmes Lockheed et Northrop à des personnalités étrangères.

Les affaires s’accumulent dans les années 1980 et ses créanciers se font de plus en plus pressants.

Adnan Khashoggi est entendu par le Congrès américain au sujet de l’Irangate, des ventes secrètes d’armes américaines à Téhéran pour obtenir des fonds afin de faire libérer des otages américains au Liban et aider financièrement les Contras nicaraguayens.

Au milieu des années 1990, il est mis en cause dans un scandale financier en Thaïlande, soupçonné d’un détournement de fonds de 66 millions d’euros qui a failli couler la Banque de Commerce de Bangkok.

Un an plus tard, il est poursuivi en justice par le casino de l’hôtel Ritz à Londres pour une dette de jeu de 8 millions de livres. L’affaire s’est soldée par un accord dont les termes n’ont pas été révélés.

Entre janvier et avril 1986, Adnan Khashoggi, avait joué un total de 10 millions de livres de l’époque. Mais la chance l’avait vite abandonné et il avait dû signer au total seize chèques de 200.000 livres chacun sur une banque suisse, qui en avait par la suite refusé l’encaissement, pour insolvabilité.

Il a par ailleurs été condamné en mars 1997 par le tribunal correctionnel de Paris à payer près de 9 millions de francs aux douanes pour avoir importé en 1986, dans son avion privé, 37 tableaux sans les déclarer.

M. Khashoggi était l’oncle du défunt Dodi Al-Fayed, le dernier compagnon de la princesse Diana. Sa soeur Samira avait épousé le patron de Harrods et père de Dodi, Mohamed Al-Fayed.

Sa famille a rendu hommage à un « pionnier » et à la « curiosité innée pour les autres » d’un homme qui « a célébré la vie ».

« Il a combiné perspicacité commerciale et loyauté à toute épreuve pour son pays, le royaume d’Arabie saoudite. Son travail a toujours bénéficié aux intérêts de son pays », a souligné sa famille dans un communiqué.

Romandie.com avec(©AFP / 06 juin 2017 21h10)                

Crise dans le Golfe: l’Arabie et ses alliés rompent avec le Qatar

juin 5, 2017

COMBO de photos réalisées le 5 juin 2017, (de G à D) l’Emir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi, le roi Salman d’Arabie saoudite, le Premier ministre de l’UAE Cheikh Mohammed ben Rachid al-Maktoum et le roi de Barhein Hamad ben Issa al-Khalifa / © AFP/Archives / Mandel NGAN, Fayez Nureldine, Khaled DESOUKI, Lucas JACKSON

L’Arabie saoudite et ses alliés ont rompu lundi leurs relations avec le Qatar, provoquant une crise diplomatique majeure au Moyen-Orient quinze jours après un appel de Donald Trump à l’unité des pays arabes face au terrorisme.

Le Qatar a réagi avec colère à cette décision annoncée à l’aube en accusant ses voisins du Golfe de vouloir le mettre « sous tutelle » et de l’étouffer économiquement.

La Bourse de Doha a chuté de 8% à l’ouverture des transactions avant de clôturer en baisse de 7,58%.

Des habitants de la capitale qatarie se sont rués sur les produits alimentaires, vidant des rayons entiers de supermarchés, a rapporté le site en ligne Doha News.

La rupture des relations avec le Qatar intervient 15 jours après une visite à Ryad du président des Etats-Unis qui avait exhorté les pays musulmans à se mobiliser contre l’extrémisme.

Elle a provoqué une réaction mesurée de Washington qui a invité les pays du Golfe à rester « unis ».

Cette crise diplomatique est la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar.

Ce dernier y a toujours occupé une place à part, poursuivant sa propre politique régionale et affirmant son influence par le sport, grâce notamment à l’organisation du Mondial-2022 de football.

Ryad, Abou Dhabi et Manama ont justifié la rupture avec Doha par son « soutien au terrorisme », y compris Al-Qaïda, le groupe Etat islamique (EI) et les Frères musulmans, confrérie classée « terroriste » par l’Egypte et des pays du Golfe.

Selon l’Arabie, Doha soutient aussi « les activités de groupes terroristes soutenus par l’Iran dans la province de Qatif (est) », où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu’à Bahreïn, secoué depuis plusieurs années par des troubles animés par la majorité chiite de ce pays.

Ryad et Téhéran ont rompu leurs relations diplomatiques en janvier 2016 à la suite de l’exécution d’un chef chiite en Arabie.

Le Qatar a également été exclu de la coalition militaire arabe qui combat des rebelles pro-iraniens au Yémen. Une décision saluée par le gouvernement du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi qui a aussi rompu avec Doha en l’accusant de soutenir –malgré sa participation à la coalition arabe– ses adversaires, les rebelles Houthis.

– ‘sans fondement’ –

Le Qatar a qualifié d' »injustifiée » et « sans fondement » la décision de certains pays du Golfe, prise « en coordination avec l’Egypte ». Elle a un « objectif clair: placer l’Etat (du Qatar) sous tutelle, ce qui marque une violation de sa souveraineté » et est « totalement inacceptable », a affirmé le ministère des Affaires étrangères à Doha.

Le Qatar, dirigé par le jeune émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, « n’interfère pas dans les affaires d’autrui » et « lutte contre le terrorisme et l’extrémisme », a-t-il assuré.

Outre la rupture des relations et le rappel des diplomates, les trois pays du Golfe ont pris des mesures de rétorsion sans précédent: fermeture des espaces aériens, des accès terrestres et maritimes, interdiction de voyager au Qatar et d’entrée pour les ressortissants du Qatar.

La suspension des vols avec le Qatar a été annoncée par les grandes compagnies aériennes Emirates (Dubaï) et Etihad (Abou Dhabi).

L’Egypte a pour sa part décidé de fermer ses frontières « aériennes et maritimes » avec le Qatar qui, selon son ministère des Affaires étrangères, « insiste à adopter un comportement hostile vis-à-vis » du Caire.

– Appel de Trump –

Cette crise intervient alors que les autorités qataries ont affirmé la semaine dernière avoir été victimes de « hackers » ayant publié sur le site internet de l’agence de presse officielle QNA de faux propos attribués à l’émir Tamim.

Ces propos controversés rompaient avec le consensus régional sur plusieurs sujets sensibles, notamment l’Iran, vu comme un allié stratégique alors qu’il vient d’être accusé par l’Arabie saoudite d’être « le fer de lance du terrorisme ».

Ils contenaient aussi des commentaires négatifs sur les relations entre l’administration Trump et le Qatar, pourtant un proche allié des Etats-Unis.

La visite du président Trump à Ryad, son premier déplacement à l’étranger, avait été couronnée par la signature d’un accord sur « une vision stratégique » pour renforcer les relations économiques et de défense entre le royaume saoudien et les Etats-Unis.

Dans un discours le 21 mai à Ryad devant des dirigeants du monde musulman, M. Trump avait appelé à « chasser » les extrémistes et « les terroristes », en référence aux groupes jihadistes, auteurs d’attaques dans plusieurs pays. Il avait aussi demandé à la communauté internationale « d’isoler » l’Iran.

Le Qatar s’est plaint d’être victime d’une campagne hostile concernant un soutien présumé aux groupes islamistes.

La dernière crise ouverte dans le Golfe remonte à 2014 lorsque trois pays du CCG (Arabie, Bahreïn et Emirats) avaient rappelé leur ambassadeur à Doha pour protester contre le soutien présumé du Qatar aux Frères musulmans.

Contrairement à l’Arabie, aux Emirats et à Bahreïn, les deux autres pays du Golfe –le Koweït et le sultanat d’Oman– ont observé lundi un silence total sur la crise avec le Qatar.

Romandie.com avec(©AFP / 05 juin 2017 12h55)                

Le roi Salmane d’Arabie saoudite, dirigeant le plus retweeté devant Trump

mai 31, 2017

Le roi Salmane d’Arabie saoudite (d) et le président américain Donald Trump (g), le 20 mai 2017 à Ryad / © AFP/Archives / MANDEL NGAN

Le dirigeant dont les tweets sont les plus répliqués est le roi Salmane d’Arabie saoudite, loin devant le président américain Donald Trump, qui vient encore de créer le buzz après un tweet énigmatique, selon une étude publiée mercredi par le cabinet de conseil Burson-Marsteller à Genève.

L’étude, appelée « Twiplomacy », analyse chaque année (de début avril à fin mai) l’utilisation des comptes Twitter par les dirigeants et autorités nationales.

Il en ressort que chacun des tweets du président américain publié durant cette période a été répliqué 13.000 fois en moyenne.

Donald Trump (@RealDonaldTrump) est connu pour ses tweets à toute heure du jour et de la nuit allant du commentaire sur une performance à la télévision de l’acteur Arnold Schwarzenegger au « déficit commercial ENORME avec l’Allemagne ». Mardi soir, il a glissé dans un tweet un drôle de mot, « covfefe », devenu très vite le sujet numéro un des conversations sur les réseaux sociaux.

Le roi Salmane (@KingSalman) utilise en revanche Twitter avec une extrême parcimonie, avec seulement 10 tweets. Mais ses écrits sur le réseau social sont répliqués près de 150.000 fois en moyenne.

Les analystes de Burson-Marsteller révèlent par ailleurs que depuis que Barack Obama, dirigeant dont le compte Twitter était le plus suivi, a quitté la Maison Blanche, c’est le Pape François (@Pontifex, 33,7 millions d’abonnés) qui a pris la tête du classement, devant le compte personnel de Donald Trump, avec 30,1 millions d’abonnés, et le compte personnel du Premier ministre indien Narendra Modi (@NarendraModi), avec 30 millions d’abonnés.

Parmi les dirigeants les plus suivis figurent également le président turc Recep Tayyip Erdogan (@RT_Erdogan, 10,3 millions d’abonnés), et la responsable de la diplomatie indienne Sushma Swaraj (@SushmaSwaraj, 8 millions d’abonnés).

Pour cette étude, Burson-Marsteller déclare avoir analysé 856 comptes officiels et personnels de chefs d’Etat, de gouvernement et de diplomatie dans 178 pays.

Au sein du G7, la chancelière allemande Angela Merkel est le seul dirigeant à ne pas tweeter.

En Europe, le compte officiel du Premier ministre britannique (@Number10gov, 5,1 millions d’abonnés) est le plus suivi. Quant au compte du nouveau président français Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron, plus d’un million d’abonnés), il est entré à la 5e place du classement des dirigeants européens, aux côtés du chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.

Romandie.com avec(©AFP / 31 mai 2017 14h19)                

L’Iran suggère que Trump veut « pomper » l’argent de l’Arabie

mai 21, 2017

Téhéran – Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a dénoncé dimanche dans un tweet les « attaques » formulées contre son pays par le président américain Donald Trump à Ryad, suggérant que Washington voulait « pomper » l’argent de l’Arabie saoudite.

Il s’agit de la première réaction officielle iranienne après un discours prononcé dimanche à Ryad par M. Trump qui a accusé l’Iran de « soutenir le terrorisme ».

« L’Iran, qui vient de tenir de vraies élections, est attaqué par le président des Etats-Unis dans ce bastion de la démocratie et de la modération, a dit M. Zarif, en parlant de l’Arabie saoudite.

« S’agit-il de politique étrangère ou de pomper 480 milliards de dollars » au roi de l’Arabie saoudite ?, a-t-il poursuivi.

Washington et Ryad ont signé samedi, au premier jour de la visite de M. Trump à Ryad, des méga-contrats de plusieurs centaines de milliards de dollars dont 110 milliards de dollars consacrés à l’achat d’armement américain par l’Arabie saoudite.

Dans un discours devant les représentants d’une cinquantaine de nations musulmanes, le président Trump a appelé dimanche tous les pays à « isoler » l’Iran.

« Du Liban à l’Irak en passant par le Yémen, l’Iran finance, arme et entraîne des terroristes, des milices et d’autres groupes terroristes qui répandent la destruction et le chaos à travers la région », a-t-il dit.

L’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite, deux puissances régionales, s’opposent sur tous les conflits régionaux, notamment sur la Syrie ou le Yémen.

Le président iranien Hassan Rohani, un modéré qui a opéré une ouverture envers les Occidentaux et engagé des réformes, a été largement réélu cette semaine.

Romandie.com avec(©AFP / 21 mai 2017 22h48)                                            

Arabie Saoudite: A Ryad, Trump appelle les musulmans à se mobiliser contre l’extrémisme

mai 21, 2017

Le président américain Donald Trump, devant les représentants d’une cinquantaine de pays musulmans, le 21 mai à Ryad / © AFP / MANDEL NGAN

Le président américain Donald Trump a appelé dimanche en Arabie saoudite les pays musulmans à lutter avec détermination contre l’extrémisme, voyant dans la lutte contre le terrorisme une bataille entre « le bien et le mal ».

Dans un discours très attendu prononcé à Ryad devant les représentants d’une cinquantaine de pays musulmans, M. Trump s’en est violemment pris à l’Iran accusé de « soutenir le terrorisme », à la grande satisfaction des monarchies sunnites du Golfe, dont l’Arabie saoudite, qui redoutent l’influence de leur grand rival chiite.

Se disant porteur d’un message « d’amitié, d’espoir et d’amour » du peuple américain, il a souligné la symbolique de son déplacement – son premier à l’étranger en tant que président – « au coeur du monde musulman ».

Contraste saisissant avec sa rhétorique de campagne – au cours de laquelle il avait affirmé « l’islam nous déteste » -, le magnat de l’immobilier a longuement insisté sur le fait que ce combat n’était pas « une bataille entre religions ».

« C’est une bataille entre des criminels barbares qui essaient d’anéantir la vie humaine et des gens bien de toutes religions qui cherchent à la protéger », a-t-il lancé.

Terre sacrée

« C’est une bataille entre le bien et le mal », a ajouté celui qui a été accusé d’alimenter l’islamophobie et qui, au début de sa campagne, avait proposé de fermer purement et simplement l’accès aux Etats-Unis aux musulmans.

Le président américain, dont le pays combat sans relâche depuis 2014 le groupe radical sunnite Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, a aussi insisté sur la nécessité pour les Etats du Proche-Orient et du Golfe de jouer un rôle plus actif dans la lutte antiterroriste.

Il a appelé les dirigeants musulmans à faire face à « la crise de l’extrémisme islamique », expression sensiblement différente de celle de « terrorisme islamique radical » qu’il avait largement utilisée jusqu’ici mais qui avait provoqué des grincements de dents dans le monde musulman.

Preuve des débats qui traversent son équipe sur cette question sensible, il s’est au dernier moment écarté des extraits qui avait été diffusés à l’avance par la Maison Blanche.

M. Trump a exhorté les dirigeants musulmans à n’offrir aucun « refuge » aux terroristes, à les « chasser » de leurs communautés et de leurs lieux de culte.

« L’Amérique est prête à être à vos côtés (…) mais les pays du Proche-Orient ne peuvent attendre que la puissance américaine écrase l’ennemi pour eux », a-t-il insisté.

« Le chemin vers la paix commence ici, sur cette terre ancienne, cette terre sacrée », où se trouvent des lieux saints de l’islam (La Mecque et Médine), a-t-il encore dit.

Soulignant que peu de nations avait été épargnées par le terrorisme, l’ex-homme d’affaires de New York a évoqué « les atrocités » du 11-Septembre, mais aussi toutes les victimes en Europe, en Afrique ou Asie. Mais il aussi appelé à ne jamais oublier que « 95% » des victimes sont des musulmans.

Isoler’ l’Iran –

Comme c’est le cas depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump s’est gardé de toute critique sur la question des droits de l’Homme, devant un parterre de dirigeants dont nombre d’entre eux sont régulièrement montrés du doigt par les organisations internationales.

Revendiquant un contraste marqué avec son prédécesseur démocrate Barack Obama sur ce thème, M. Trump assure qu’il préfère agir dans la discrétion, gage, selon lui, d’une plus grande efficacité.

« Nous ne sommes pas ici pour donner des leçons, nous ne sommes pas ici pour dire aux autres comment vivre », a-t-il affirmé.

« Un discours ne peut peser plus que des années de rhétorique anti-musulmans », a réagi le Council on American-Islamic Relations, réclamant au président républicain « de nouvelles politiques et des actes concrets ».

Sur l’Iran, pays avec lequel les Etats-Unis sont en brouille depuis plusieurs décennies, M. Trump a accusé ce pays d’attiser « les feux du conflit confessionnel et du terrorisme ».

« En attendant que le régime iranien montre sa volonté d’être un partenaire dans la paix, toutes les nations (…) doivent travailler ensemble pour l’isoler », a-t-il dit.

Quelques minutes avant lui, le roi Salmane d’Arabie saoudite s’était livré à une attaque en règle contre l’Iran qu’il a qualifié de « fer de lance du terrorisme mondial ».

Les actions de Téhéran expliquent clairement « pourquoi l’Iran n’est pas présent ici aujourd’hui » au sommet, a déclaré plus tard le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson.

Le président américain a multiplié dimanche les rencontres avec des dirigeants de la région, dont ceux des monarchies du Golfe et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

L’accueil royal réservé à M. Trump en Arabie saoudite, où il est venu avec son épouse Melania, sa fille Ivanka et le mari de cette dernière Jared Kushner, contraste avec la tempête politique à Washington marquée par des révélations accablantes sur des liens entre la garde rapprochée du président américain et la Russie.

M. Trump devait rejoindre lundi matin Israël, deuxième étape d’un voyage qui le mènera aussi dans les Territoires palestiniens, au Vatican, à Bruxelles et en Sicile pour les sommets de l’Otan et du G7.

Romandie.com avec(©AFP / 21 mai 2017 19h33)