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Des coups de feu tirés à l’ambassade saoudienne à La Haye, pas de blessé

novembre 12, 2020

Plusieurs coups de feu ont été tirés sur l’ambassade de l’Arabie saoudite à La Haye sans faire de blessés, a annoncé la police jeudi 12 novembre. «Juste avant 6H00, nous avons reçu un message disant qu’un coup de feu avait été tiré sur un bâtiment à La Haye. Il n’y a pas eu de blessé», a déclaré la police sur Twitter.

Un certain nombre de douilles de balles ont été découvertes sur les lieux après l’incident, a déclaré la police citée par l’agence de presse néerlandaise ANP. Les médias locaux ont fait mention de vingt impacts de balles dans le bâtiment et ont montré des photos de trous dans les fenêtres. La police n’a pas confirmé le nombre de coups de feu.

Des agents ont bouclé l’accès aux lieux où des équipes médico-légales mènent une enquête, a indiqué la police. Le motif de la fusillade n’est pas connu.

L’incident survient un jour après qu’un attentat à l’explosif a visé à Jeddah en Arabie saoudite une cérémonie commémorant l’anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918, en présence de diplomates occidentaux, y compris français et britannique. Cet attentat a fait deux blessés, un employé consulaire grec et un policier saoudien.

Par Le Figaro avec AFP

RDC-Angola – Décès de l’homme d’affaires Sindika Dokolo

octobre 30, 2020
Isabel dos Santos aux côtés de son époux Sindika Dokolo, au Portugal en mars 2015 (photo d'illustration).

L’homme d’affaires et collectionneur d’art congolais Sindika Dokolo est décédé, le 29 octobre, à la suite d’un accident de plongée.

Sindika Dokolo est décédé, ce jeudi 29 octobre à Dubaï, où il résidait, à la suite d’un accident de plongée. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par plusieurs membres de sa famille.

Dandy cultivé et homme d’affaires avisé, Sindika Dokolo était aussi un observateur attentif de la scène politique régionale. Il était âgé de 48 ans.

Il était depuis 2002 l’époux d’Isabel dos Santos, la fille de l’ancien président angolais, José Eduardo dos Santos, au pouvoir de 1979 à 2017.

Intelligent et ambitieux

Il était aussi le fils de l’homme d’affaires Augustin Dokolo Sanu, dont il avait hérité en 2001. Aux côtés de sa femme, Hanne Kruse, une Danoise épousée en 1968, ce patriarche mukongo avait édifié l’un des plus vastes empires économiques du Zaïre de Mobutu, avec pour fleuron la Banque de Kinshasa.

Sindika Dokolo lui-même avait grandi entre l’Afrique et l’Europe. Intelligent et ambitieux, il avait construit carrière et fortune aux côtés de son épouse Isabel dans le pétrole, les diamants (via De Grisogono), la distribution, le ciment, et la téléphonie. Collectionneur d’art, il plaidait pour que les œuvres d’art pillées soient restitués aux musées africains.

En 2017, alors que le mandat de Joseph Kabila arrivait à son terme et que celui-ci entretenait le mystère sur ses intentions, Dokolo avait fondé le mouvement citoyen « Congolais debout » et appuyé financièrement d’autres organisations et personnalités proches de l’opposition.

Luanda Leaks

Son épouse était récemment tombée dans le collimateur de la justice en Angola et au Portugal, où les avoirs du couple, estimés à plusieurs milliards de dollars, sont gelés.

En début d’année, les Luanda Leaks ont aussi exposé les dessous de l’empire financier du couple. En août, le demi-frère de sa femme, José Filomeno dos Santos, avait pour sa part été condamné à cinq ans de prison pour fraude, blanchiment d’argent et trafic d’influence dans le cadre d’un projet de constitution d’un fonds d’investissement quelques mois avant le départ de son père de la présidence angolaise.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnalités ont commencé à lui rendre hommage, rappelant son combat pour « l’instauration d’un État de droit » en RDC et son engagement pour le respect de l’identité africaine

Avec  Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala– à Kinshasa

Canada: Le prince saoudien est accusé de complot pour tuer un ex-espion à Toronto

août 7, 2020

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane aurait envoyé un commando à Toronto pour tuer un ancien espion qui a fui le royaume en 2017.
© Pool/Getty Images Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane aurait envoyé un commando à Toronto pour tuer un ancien espion qui a fui le royaume en 2017.
Une poursuite civile déposée devant la justice américaine accuse le prince héritier de l’Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, d’avoir cherché à assassiner un ancien agent secret au travers de l’envoi d’un commando à Toronto en 2018.

La plainte déposée jeudi dans une cour de justice américaine accuse le prince Mohammed ben Salmane d’avoir mandaté des mercenaires pour trouver et assassiner un ancien espion de haut rang qui en sait trop.

Le document de 106 pages, qui doit être vérifié par la justice, a des airs de roman d’espionnage. Il indique que le régent du royaume d’Arabie Saoudite a cherché à réduire au silence Saad Aljabri en 2018.

M. Aljabri, résident permanent au Canada, est décrit comme un ancien officiel Saoudien de 39 ans spécialiste en sécurité nationale et en contre-terrorisme.

Peu de personnes en connaissent autant sur le prince héritier que lui, selon la plainte, notamment sur son implication supposée dans des accords commerciaux corrompus et la création d’une équipe personnelle de mercenaires appelée «Tiger Squad».

Ces mercenaires sont derrière l’assassinat et le démembrement du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien en Turquie, en 2018, d’après la plainte.

Jamal Khashoggi, journaliste assassiné au consulat saoudien d'Istanbul en 2018

© /AFP/Getty Images Jamal Khashoggi, journaliste assassiné au consulat saoudien d’Istanbul en 2018
M. Aljabri, double citoyen de Malte et d’Arabie saoudite, a fui le royaume en 2017, d’abord en Turquie, puis secrètement à Toronto, où il vit désormais.

Saad Aljabri dit qu’il avait développé une relation de travail étroite avec l’intelligence américaine au fil des décennies. Il dispose, prétend-il, d’une position unique pour menacer la réputation de Mohammed ben Salmane auprès de Washington.

Le plaintif disposerait d’informations sensibles sur le prince

«Rares sont les endroits qui ont des informations plus sensibles, humiliantes et accablantes sur l’accusé ben Salmane que l’esprit et la mémoire de Dr Saad – sauf peut-être les enregistrements réalisés par le Dr Saad par anticipation de son assassinat», affirme M. Aljabri.

«C’est pourquoi l’accusé ben Salmane veut sa mort et pourquoi [il] a travaillé pour atteindre cet objectif au cours des trois dernières années.»

Le prince héritier a ordonné au plaintif de rentrer chez lui à plusieurs reprises et l’a menacé via une messagerie instantanée «d’utiliser tous les moyens disponibles» et de «prendre des mesures qui vont vous nuire», indique le document.

Le commando refoulé à l’aéroport Pearson

Les membres de la «Tiger Squad» seraient arrivés à l’aéroport Pearson de Toronto avec des visas touristiques à la mi-octobre 2018, moins de deux semaines après que M. Khashoggi a été assassiné.

Pour éviter de se faire repérer, ils sont entrés par des kiosques séparés, mais ont éveillé les soupçons après avoir prétendu qu’ils ne se connaissaient pas, toujours selon la plainte. Les Agents des services frontaliers du Canada les auraient tous refusés sauf un, qui voyageait avec un passeport diplomatique.

M. Aljabri affirme qu’un ancien collègue s’est présenté à son bureau de la société de télécommunications de Toronto où il travaillait, se faisant passer pour un investisseur, et a essayé de le persuader d’aller en Turquie pour rendre visite à sa famille.

Malgré son refus, l’homme avait réussi à localiser Saad Aljabri afin que le commando puisse le trouver, présente-t-il.

Des proches «disparus et torturés»

«Mohammed ben Salmane prévoit désormais d’envoyer des agents directement via les États-Unis pour entrer au Canada par voie terrestre et, une fois pour toutes, d’éliminer le Dr. Saad», dit-il.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, en octobre 2018, à Riyad.

© AP/Amr Nabil/La Presse canadienne Le prince héritier Mohammed ben Salmane, en octobre 2018, à Riyad.
Le document affirme que le prince a ordonné la détention et l’enlèvement des membres de la famille d’Aljabri comme moyen de pression. Deux de ses enfants ont «disparu» à la mi-mars et d’autres parents ont été arrêtés, détenus et torturés.

Il dit également que des agents saoudiens ont piraté ses téléphones intelligents et gelé ses comptes bancaires.

Les responsables de l’ambassade saoudienne à Ottawa n’ont pas répondu à une demande de commentaire, tout comme le ministre de la Sécurité publique Bill Blair et l’Agence des services frontaliers du Canada.

Avec CBC/Radio-Canada

Arabie saoudite: le roi quitte l’hôpital après l’ablation de sa vésicule biliaire

juillet 30, 2020

 

Le roi Salmane d’Arabie saoudite, âgé de 84 ans, a quitté jeudi l’hôpital après y avoir passé 10 jours pendant lesquels il a subi une ablation de la vésicule biliaire, ont annoncé les autorités et les médias officiels. «Le Gardien des deux Mosquées Saintes, le roi Salmane, quittant l’hôpital où Dieu lui a donné la santé et le bien-être», ont écrit les médias officiels en légende sous des photos le montrant en train de quitter le bâtiment.

Le ministère des Affaires étrangères a quant à lui diffusé sur Twitter une vidéo dans laquelle on voit le roi quitter l’hôpital, marchant avec une canne et accompagné d’un cortège dans lequel se trouve son fils, le prince héritier Mohammed ben Salmane. Il y a une semaine, le cabinet royal avait annoncé que le monarque avait subi une opération par laparoscopie pour lui ôter sa vésicule biliaire à l’hôpital King Faisal à Ryad. Il est rare que l’Arabie saoudite communique sur l’état de santé du monarque qui dirige depuis 2015 le royaume, le premier exportateur de pétrole brut du monde et la plus grande économie du monde arabe.

Depuis le début de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19, le souverain saoudien, l’un des dirigeants les plus âgés de la région, est rarement apparu en public. Mais il a continué à présider, en visioconférence, les réunions hebdomadaires du Conseil des ministres. Son hospitalisation a provoqué le report d’une visite à Ryad du premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi.

Sous le règne du roi Salmane, le royaume ultraconservateur qui applique une version rigoriste de l’islam a entamé des réformes économiques pour l’après-pétrole. Il a également opté pour une politique étrangère plus affirmée et est entré en guerre contre les rebelles yéménites, soutenus par l’Iran, son rival régional. L’Arabie saoudite a été confrontée à une série de controverses depuis que le fils du roi Salmane a été nommé prince héritier en juin 2017, en particulier après l’assassinat en octobre 2018 du journaliste saoudien et critique du pouvoir à Ryad, Jamal Khashoggi, au consulat de son pays à Istanbul.

Par Le Figaro avec AFP

Arabie saoudite : le hajj oui, mais pas pour tout le monde

juin 23, 2020

La Kaaba, à La Mecque.

La Kaaba, à La Mecque. © Ashraf Amra/apaimages/SIPA

 

Prévu du 28 juillet au 2 août, le grand pèlerinage de La Mecque se déroulera dans des conditions drastiques. Dans la crainte d’une aggravation de la pandémie de coronavirus, seul un nombre limité de Saoudiens et de résidents du royaume sont autorisés à l’effectuer.

L’Arabie saoudite craignait que le hajj 2020 amplifie la pandémie de Covid-19. Ce lundi, le pays a annoncé que le pèlerinage est maintenu, mais que seul un nombre limité de Saoudiens et de résidents du royaume sont autorisés à l’effectuer, les conditions d’accès à La Mecque étant drastiquement réduites. Autrement dit : les musulmans en provenance de l’étranger n’auront pas de visa pour accomplir leur pèlerinage.

« Cette décision est prise pour garantir que le hajj ait lieu de manière sûre du point de vue de la santé publique, en observant toutes les mesures préventives et les protocoles de distanciation sociale nécessaires face aux risques associés à cette pandémie, et conformément aux enseignements de l’islam relatifs à la préservation la vie humaine », a justifié le ministère chargé du pèlerinage dans un communiqué publié le 22 juin.

Le ministre saoudien du Pèlerinage, Mohammad Benten, a précisé dès le lendemain que « le nombre de pèlerins sera d’environ un millier, un peu moins, un peu plus… Le nombre n’atteindra pas les 10.000 ou les 100.000. »

Dans l’intérêt des pèlerins

Fin mars, le même avait demandé aux musulmans de reporter temporairement leurs préparatifs du hajj. En réponse, la plupart des pays musulmans avaient suspendu les formalités de voyage. Un pèlerinage à La Mecque se prépare plusieurs mois à l’avance, et certaines familles y consacrent les économies d’une vie.

Al-Azhar a qualifié la décision de « sage et basée sur la jurisprudence islamique »

D’influentes voix de l’islam ont salué la décision saoudienne. La Ligue islamique mondiale (LIM), basée à La Mecque, a indiqué reconnaître la légitimité de ce hajj limité, dans l’intérêt des pèlerins eux-mêmes. La LIM est souvent considérée comme un bras diplomatique du royaume saoudien, ainsi que comme un instrument de diffusion du wahhabisme.

Depuis Le Caire, la prestigieuse institution sunnite Al-Azhar a qualifié la décision de « sage et basée sur la jurisprudence islamique ». Youssef Al-Othaimeen, secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique a dit de son côté « apprécier le soin extrême donné à la santé et à la sécurité des pèlerins ».

Impact économique

L’an dernier, 2,5 millions de fidèles s’étaient pressés autour de la Kaaba, faisant du hajj l’un des plus importants rassemblements religieux au monde. Ce pèlerinage est l’un des cinq piliers de l’islam. Son maintien en version limitée risque d’affecter l’économie saoudienne déjà touchée de plein fouet par la chute des prix du pétrole. D’autant que le pays avait déjà suspendu, en mars, la omra — petit pèlerinage –, qui s’effectue toute l’année à La Mecque et Médine, les deux lieux les plus saints de l’islam.

Or, lors du hajj et de la omra, les pèlerins injectent chaque année 10,6 milliards d’euros dans l’économie saoudienne, selon le gouvernement, une somme bienvenue en ces temps d’austérité, et dont le royaume va devoir se passer. Le grand pèlerinage fait partie des autres sources de revenus vers lesquelles le royaume souhaite réorienter son économie dans le cadre du plan de réforme du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui veut débarrasser son pays de sa dépendance à la rente pétrolière.

Par Jeune Afrique avec AFP

 

Pèlerinage à la Mecque : l’incertitude autour du hajj 2020 persiste

juin 17, 2020

Des fidèles musulmans à La Mecque, en Arabie saoudite, le 7 mars 2020.

Des fidèles musulmans à La Mecque, en Arabie saoudite, le 7 mars 2020. © Amr Nabil/AP/SIPA 

Limiter le nombre de pèlerins ou annuler le hajj en raison du Covid-19 ? À quelques semaines du grand pèlerinage annuel à La Mecque, l’Arabie saoudite se trouve face à un choix délicat.

Prévu fin juillet, le hajj est l’un des plus grands rassemblements au monde. En 2019, le pèlerinage, que tout fidèle musulman doit accomplir au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens, a attiré quelque 2,5 millions de fidèles.

Des milliers de musulmans à travers le monde attendent encore de savoir s’ils pourront accomplir le hajj cette année

Aujourd’hui, des milliers de musulmans à travers le monde attendent de savoir s’ils pourront l’effectuer cette année. Les autorités religieuses de chaque pays sont toujours dans l’attente de précisions de la part de l’Arabie saoudite.

Le ministre tunisien des Affaires religieuses Ahmed Adhoum a ainsi déclaré ce 13 juin à l’agence tunisienne TAP attendre des indications des autorités saoudiennes. Son homologue algérien, Youcef Belmehdi, avait dit la même chose quelques jours auparavant.

Pèlerins en stand-by

Au Maroc aussi, les autorités n’ont pas encore donné d’indications aux potentiels pèlerins. Cette année, ils étaient environ 34.000 à avoir prévu de voyager vers l’Arabie saoudite.

Un voyagiste casablancais spécialisé dans le tourisme religieux confie attendre avec empressement des clarifications : il a déjà dû gérer l’annulation de la omra, plus petit pèlerinage et qui a été suspendu en mars, et il est pressé par les clients qui se demandent s’ils doivent penser à demander des remboursements –la plupart ayant déjà payé les frais relatifs au hajj depuis plusieurs mois. Même situation en Égypte, en Turquie ou encore au Liban.

« La décision sera bientôt prise et annoncée », assurent les autorités saoudiennes

Une affluence telle que celle de 2019 semble exclue cette année : Riyad a demandé dès fin mars aux pays musulmans, chargés de sélectionner les pèlerins candidats, de reporter leurs préparatifs.

« La décision sera bientôt prise et annoncée », assure de son côté un responsable saoudien.

L’Indonésie, pays musulman le plus peuplé, a pris l’« amère et difficile » décision de renoncer au hajj, tout comme la Malaisie et Singapour. Le Sénégal a dit, lui, suspendre « toutes les formalités pour le voyage » des pèlerins.

En France, les fidèles ont été appelés par le Conseil français du culte musulman à « différer» leur pèlerinage à 2021.

Risque de contagion

En raison de la promiscuité entre pèlerins, le hajj peut devenir un énorme vecteur de contagion de la maladie Covid-19.

Le pouvoir saoudien sait que la bonne gestion du hajj qui lui est dévolue de par son rôle de gardien des lieux saints de l’islam est une puissante source de légitimité politique, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du royaume.

L’Arabie saoudite a la responsabilité du bon déroulement du pèlerinage

Mais cela engage aussi sa responsabilité. Déjà, des incidents mortels, dont une bousculade ayant fait en 2015 quelque 2 300 morts, avaient suscité des critiques sur la gestion du hajj par Riyad.

« Le retard dans l’annonce de sa décision montre que (l’Arabie saoudite) pèse les conséquences politiques de l’annulation du hajj ou de la réduction de son ampleur», estime Umar Karim, chercheur au Royal United Services Institute de Londres.

Une décision politique

Le royaume « gagne du temps», juge le responsable d’un pays d’Asie du sud.

« Si les Saoudiens disent, à la dernière minute, être prêts pour le hajj, de nombreux pays ne seront pas en mesure d’y participer», remarque-t-il.

De nombreux vols internationaux étant suspendus, un hajj n’accueillant que les personnes habitant en Arabie saoudite est un scénario possible

De nombreux vols internationaux étant suspendus, un hajj n’accueillant que les personnes habitant en Arabie saoudite est un scénario possible, ajoute-t-il.

Avec 120.000 cas, dont plus de 1000 décès déclarés officiellement, le pays cherche toujours à contenir le nouveau coronavirus. Les autorités ont ainsi renforcé les mesures de confinement à Jeddah (ouest), porte d’entrée de la Mecque.

Maintenu lors des épidémies d’Ebola et du MERS-CoV (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), l’annulation du hajj serait une première depuis la fondation du royaume en 1932.

Double peine

« Si l’Arabie saoudite le maintient, elle accentuera la pression sur son propre système de santé», juge Yasmine Farouk, du centre Carnegie. Et si le virus se propage, « elle pourrait aussi en être tenue responsable », souligne-t-elle.

Un hajj annulé ou limité est une grosse perte de revenus pour le royaume, qui subit déjà le choc de la chute des prix du pétrole

Un hajj annulé ou limité serait aussi une perte de revenus pour le royaume, qui subit déjà le double choc de la pandémie et de la chute des prix du pétrole.

Lors du hajj et de la omra, les pèlerins injectent chaque année 10,6 milliards d’euros dans l’économie saoudienne, selon le gouvernement.

Une annulation serait sans aucun doute durement vécue pour des milliers de fidèles, qui ont parfois consacré toutes leurs économies à ce pilier de l’islam.

« Je ne peux pas m’empêcher d’avoir le cœur brisé. J’attends depuis des années ce moment », se désole, en pleurs, une fonctionnaire indonésienne Ria Taurisnawati, 37 ans.

Par Jeune Afrique avec AFP

Fin du bouclage à Wuhan en Chine, explosion de contamination à Ryad et dans l’État de New York

avril 7, 2020
Des centaines de passagers s'apprêtent à quitter Wuhan
Des centaines de passagers s’apprêtent à quitter Wuhan NICOLAS ASFOURI / AFP

Des centaines de passagers s’apprêtaient à quitter Wuhan en train, a constaté l’AFP dans la nuit de mardi à mercredi, au moment où les autorités levaient le bouclage imposé depuis deux mois à la ville chinoise berceau de l’épidémie de Covid-19.

A minuit, heure locale (17 heures en France), les autorités ont levé les restrictions qui empêchaient de quitter Wuhan, signe d’un pas vers une fin de crise sanitaire en Chine. Depuis le 23 janvier, les personnes présentes dans cette municipalité de 11 millions d’habitants du centre du pays ne pouvaient pas sortir des frontières de la commune

Covid-19: Riyad prévoit jusqu’à 200.000 cas dans quelques semaines

L’Arabie saoudite prévoit jusqu’à 200.000 cas de contamination par le nouveau coronavirus dans quelques semaines. «Les études prévoient que dans les quelques semaines à venir le nombre de cas va se situer entre un minimum de 10.000 à un maximum de 200.000», a déclaré mardi 7 avril le ministre saoudien de la Santé, Tawfiq al-Rabia, cité par l’agence officielle SPA.

L’Etat de New York enregistre 731 morts en 24 heures, nouveau record

L’Etat de New York a enregistré 731 morts du nouveau coronavirus au cours des dernières 24 heures, nouveau record depuis le début de l’épidémie dans cet Etat, a indiqué ce mardi le gouverneur Andrew Cuomo, tout en soulignant une possible stabilisation des hospitalisations.

Le précédent record datait de samedi, avec 630 morts en 24 heures. L’Etat de New York, épicentre de l’épidémie aux Etats-Unis, a désormais recensé 5.489 morts depuis le début de l’épidémie, selon Andrew Cuomo

Par Le Figaro avec AFP

Arabie: des dizaines d’arrestations pour «indécence» et «harcèlement»

décembre 29, 2019

Plus de 200 personnes ont été arrêtées ces derniers jours en Arabie saoudite pour «indécence» et «harcèlement», dans la première campagne du genre depuis l’assouplissement des normes sociales dans le royaume ultraconservateur.

Pendant la semaine dernière, quelque 120 hommes et femmes ont été arrêtés pour avoir notamment porté des «vêtements inappropriés», a indiqué la police de Ryad dans une série de tweets depuis mardi. Elle a ajouté que des sanctions, dans la nature n’a pas été précisée, ont frappé les contrevenants.

En plus, 88 autres personnes ont été arrêtées la semaine dernière pour «harcèlement», a ajouté la police dans des déclarations distinctes.

Ces arrestations ont suivi les plaintes de plusieurs femmes sur les réseaux sociaux concernant des cas de harcèlement pendant le festival de musique électronique MDL Beast près de Ryad au début du mois.

C’est la première campagne de rappel à l’ordre moral depuis que le prince héritier Mohammed ben Salmane a commencé à assouplir les restrictions sociales.

Sa politique s’est traduite notamment par la réouverture des cinémas, l’autorisation donnée aux femmes de conduire et l’organisation de concerts et d’évènements sportifs. L’assouplissement sociales a été bien accueilli par de nombreux Saoudiens, dont les deux tiers ont moins de 30 ans.

Mais en septembre, l’Arabie saoudite a déclaré qu’elle punirait les auteurs d’atteintes à la «décence publique» avec l’annonce de l’octroi de visas de tourisme. Les hommes et les femmes doivent éviter les «vêtements moulants» ou des gestes d’affection en public, a notamment statué sur un site internet en anglais l’Autorité du tourisme, ajoutant que «les femmes doivent couvrir leurs épaules et leurs genoux».

Les directives sur la décence, approuvées pour la première fois par le gouvernement en avril, sont apparues vagues et ont suscité des craintes sur leur interprétation.

Elles ont également alimenté les craintes d’un retour de la police religieuse qui veillait à la séparation entre femmes et hommes en public, au respect du code vestimentaire islamique et à l’obligation de fermer les commerces pendant les prières. Mais les pouvoirs des ses agents, autrefois craints, ont été réduits et ils restent hors de vue pour le moment.

Par Le Figaro avec AFP

L’Arabie saoudite prend la tête du G20, critiques sur les droits humains

décembre 1, 2019

L’Arabie saoudite a pris dimanche pour la première fois les rênes de la présidence tournante du G20, avec l’espoir de redorer son blason sur la scène internationale face aux vives critiques sur son bilan en matière de droits humains.

Le pays riche en pétrole s’est lancé ces dernières années dans un programme de réformes économiques et sociales, en accordant notamment davantage de droits aux femmes. Mais les ONG dénoncent une répression accrue des critiques du régime, un an après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi par des agents saoudiens dans le consulat de son pays à Istanbul. «L’Arabie saoudite a commencé sa présidence du G20 qui se poursuivra jusqu’au sommet des dirigeants à Ryad les 21 et 22 novembre 2020», a indiqué dimanche l’agence saoudienne SPA. Le royaume saoudien, qui succède au Japon, est le seul pays arabe membre de cette organisation, qui regroupe les principales puissances économiques mondiales, dont les Etats-Unis, la France, la Chine ou encore l’Union européenne.

«C’est une occasion unique de forger un consensus mondial sur les questions internationales», a déclaré le prince héritier Mohammed ben Salmane, cité par SPA. Selon l’homme fort de l’Arabie Saoudite, son pays aura à coeur de «mettre en avant la vision du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord». Les organisations de défense des droits humains ont exhorté les Etats membres du G20 à faire pression sur le royaume, théâtre d’une répression accrue selon elles, ayant conduit à l’arrestation de plusieurs femmes militantes, de journalistes et d’opposants politiques ces deux dernières années.

Au moins neuf personnes, dont des journalistes et des écrivains, ont été arrêtées lundi dans une nouvelle campagne de répression, certains ayant été libérés par la suite, selon des militants. Neuf écrivains, universitaires et blogueurs, dont deux ressortissants américains, avaient été arrêtés en avril 2019. L’Arabie saoudite détient également depuis juin 2018 une douzaine de militantes féministes. «L’Arabie saoudite accède à la présidence du G20 au milieu d’une nouvelle vague d’arrestations arbitraires de critiques pacifiques (…) et un peu plus d’un an après le meurtre horrible de Jamal Khashoggi», a déploré la directrice d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Heba Morayef. «Les dirigeants du G20 doivent faire pression sur le prince héritier Mohammed ben Salmane pour le respect de tous les droits humains, y compris la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique», a-t-elle ajouté dans un communiqué publié vendredi.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Une vingtaine de pays s’inquiètent pour les droits de l’homme en Arabie saoudite

septembre 23, 2019

 

Une vingtaine de pays, dont quinze Etats membres de l’Union européenne, ont exprimé leur inquiétude ce lundi 23 septembre au Conseil des droits de l’homme de l’Onu face aux allégations de torture, détentions illégales et procès inéquitables à l’encontre d’opposants saoudiens, notamment des militantes des droits des femmes et des journalistes.

Une première déclaration conjointe au sujet de l’Arabie saoudite avait déjà été présentée en mars au Conseil. Les signataires exhortent notamment Ryad à établir la vérité sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné en octobre au consulat saoudien d’Istanbul, et à faire en sorte que les coupables soient jugés. Parmi eux figurent la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Canada, la Nouvelle-Zélande et le Pérou, a-t-on appris auprès de diplomates. «Nous restons profondément préoccupés par la situation des droits de l’homme en Arabie saoudite. Les acteurs de la société civile en Arabie saoudite font toujours face à la persécution et à des actes d’intimidation», a déclaré l’ambassadrice australienne Sally Mansfield, qui a lu la déclaration.

«Nous sommes préoccupés par les informations faisant état de tortures, de détentions arbitraires, de disparitions forcées, de procès inéquitables et de harcèlement de personnes engagées dans la promotion et la défense des droits de l’Homme, de leurs familles et de leurs collègues», a-t-elle ajouté. La délégation saoudienne au Conseil, qui n’était pas présente lors de la lecture de la déclaration, n’a pas réagi.

Par Le Figaro.fr avec Reuters