Posts Tagged ‘Arabie Saoudite’

Le guide suprême iranien « nouveau Hitler », dit le prince saoudien

novembre 24, 2017

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane devant un drapeau saoudien, le 14 novembre 2017 à Ryad / © AFP/Archives / Fayez Nureldine

Le prince héritier saoudien a qualifié le guide suprême iranien de « nouveau Hitler » dans un entretien au New York Times, alors que les tensions vont crescendo entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite.

« Nous ne voulons pas que le nouveau Hitler en Iran reproduise au Moyen-Orient ce qui est arrivé en Europe (sous Hitler) », a indiqué Mohammed ben Salmane au sujet de l’ayatollah Ali Khamenei, dans cet entretien paru jeudi.

Signe que les tensions entre son pays et l’Iran ne sont pas prêtes de s’apaiser, le prince héritier a ajouté: « Nous avons appris (de ce qu’il s’est passé) en Europe (à l’époque de Hitler) que l’apaisement ne fonctionne pas ».

A la fin des années 30, la politique de l’Angleterre et de la France visant à réfréner les ardeurs de l’Allemagne nazie en satisfaisant les visées expansionnistes de Hitler n’avaient pas permis d’éviter une Seconde Guerre mondiale.

L’Arabie et l’Iran, qui n’ont plus de liens diplomatiques depuis janvier 2016, sont à couteaux tirés sur plusieurs dossiers régionaux, notamment les conflits en Syrie et au Yémen où ils soutiennent des camps opposés.

Cet antagonisme entre les deux poids lourds du Moyen-Orient a repris de la vigueur début novembre après l’annonce par le Premier ministre libanais Saad Hariri de sa démission, depuis Ryad, pour protester contre la « mainmise » du Hezbollah chiite et son allié iranien sur le Liban et après l’interception près de Ryad d’un missile balistique tiré par les rebelles yéménites soutenus par Téhéran.

« Le comportement et les remarques immatures, imprévisibles et insensées du prince héritier saoudien ont pour conséquence que personne dans le monde n’accorde le moindre crédit à des remarques de ce genre lorsqu’elles sont de son fait », a réagi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Bahram Ghassemi, dans un communiqué.

« Les erreurs dues à l’aventurisme du prince héritier saoudien – la dernière en date étant celle du scandale de l’ingérence (saoudienne) dans les affaires internes du Liban, ont été à l’origine de grands problèmes pour les alliés traditionnels de l’Arabie saoudite », a estimé M. Ghassemi, comparant le prince Mohammed à un « dictateur ».

Dans son interview, Mohammed ben Salmane a par ailleurs qualifié de « grotesques » les accusations selon lesquelles la purge ayant touché début novembre quelque 200 princes, hommes politique et d’affaires, était un coup de force de sa part pour mieux asseoir son pouvoir grandissant.

Le prince héritier, qui se prévaut du soutien « d’une majorité de la famille royale », a dit au New York Times que nombre des personnalités placées en détention au Ritz-Carlton de Ryad après ce qui a été présenté comme un coup de filet anticorruption lui avaient maintenant prêté allégeance.

Selon lui, la quasi-totalité des personnes arrêtées ont par ailleurs donné leur accord pour un « arrangement » rendant à l’Etat une somme de 100 milliards de dollars considérée par les autorités judiciaires comme des gains mal-acquis.

« MBS », nouvel homme fort de l’Arabie saoudite, mène depuis moins de deux ans une politique de réformes drastiques sur le plan économique, social et sociétal qui bouleverse les habitudes dans ce royaume ultra-conservateur dont la moitié de la population a moins de 25 ans.

Romandie.com avec(©AFP / 24 novembre 2017 18h05)                

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Une attaque informatique « avancée » cible l’Arabie saoudite

novembre 20, 2017

Ryad – L’Arabie saoudite fait l’objet d’une attaque informatique « avancée » visant à infiltrer des ordinateurs par la technique du hameçonnage (phishing), a annoncé le Centre national de cybersécurité saoudien (NCSC).

« Le NCSC a détecté une nouvelle menace persistante avancée (APT) qui cible l’Arabie saoudite », affirme dans un communiqué l’agence, qui ne précise pas la source de l’attaque ni les entités visées.

L’attaque est liée à l’utilisation du logiciel Powershell.

L’Arabie saoudite est la cible fréquente d’attaques informatiques.

Apparu en 2012, le virus Shamoon avait visé l’Arabie saoudite et plus spécifiquement le secteur de l’énergie, vital pour le pays. Une nouvelle campagne avait visé fin 2016 les secteurs public et financier saoudiens. Des responsables du renseignement américain ont alors dit soupçonner un lien avec l’Iran.

Romandie.com avec(©AFP / 20 novembre 2017 23h53)

Hariri invité « quelques jours » en France, « pas du tout » un exil, dit Macron

novembre 15, 2017

Le président français Emmanuel Macron à Bonn, en Allemagne, le 15 novembre 2017 / © AFP / John MACDOUGALL

Emmanuel Macron, qui a invité en France le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri, a déclaré mercredi de Bonn l’avoir invité « pour quelques jours avec sa famille » et qu’il ne s’agissait « pas du tout » d’un exil en France.

« Je me suis entretenu avec Mohammed ben Salmane et Saad Hariri et nous sommes convenus que je l’invitais pour quelques jours en France avec sa famille », a dit le chef de l’Etat devant quelques journalistes, au cours d’une visite du pavillon français de la Conférence des Nations unies sur le Climat (COP 23). L’Elysée a annoncé mercredi que M. Hariri devait arriver en France « dans les prochains jours ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 novembre 2017 20h06)                

Arabie: le roi Salmane reçoit le patriarche maronite libanais, une première

novembre 14, 2017

Le patriarche maronite libanais Bechara Rai (G) rencontre le roi Salmane d’Arabie saoudite (D) lors de sa visite à Ryad, le 14 novembre 2017 / © AFP / Fayez Nureldine

Le roi Salmane a reçu mardi le patriarche maronite libanais, le cardinal Bechara Raï, une première historique en Arabie saoudite qui intervient notamment au moment où Ryad accentue la pression sur le Liban pour tenter d’isoler le Hezbollah, formation pro-iranienne membre du gouvernement.

Arrivé lundi à Ryad, Mgr Bechara Raï a ainsi également rencontré le Premier ministre libanais Saad Hariri, qui a annoncé il y a dix jours sa démission soudaine depuis la capitale saoudienne et dont le sort fait l’objet d’intenses spéculations.

Il s’agit de la première visite en Arabie saoudite d’un haut responsable libanais depuis cette annonce. Le 4 novembre, M. Hariri avait dénoncé, en annonçant sa démission sur une chaîne saoudienne, la mainmise sur son pays de l’Iran et du Hezbollah, formation libanaise alliée de l’Iran, rival régional de l’Arabie saoudite.

Le patriarche et le roi ont « évoqué les relations fraternelles entre le royaume et le Liban et confirmé l’importance du rôle des différentes religions et cultures pour promouvoir la tolérance et renoncer à la violence », a rapporté l’agence officielle saoudienne SPA.

Le dignitaire religieux libanais s’est également entretenu avec le puissant jeune prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane.

La visite de Mgr Raï est la première d’un patriarche maronite en Arabie saoudite, a souligné le patriarcat dans un communiqué. Elle marque un rare moment d’échange interreligieux dans le royaume ultraconservateur, qui abrite les lieux les plus saints de l’islam.

Cette visite « illustre l’approche du royaume en faveur de la coexistence pacifique, de la proximité et de l’ouverture à toutes les parties de la population arabe », a écrit sur Twitter le ministre saoudien en charge des relations avec les pays du Golfe, Thamer al-Sabhane.

La démission de M. Hariri, qui a plongé le Liban dans la crise, est survenue alors que la tension monte entre Ryad et Téhéran qui soutiennent des parties opposées dans des conflits comme ceux que connaissent notamment la Syrie et le Yémen.

La classe politique libanaise estime que M. Hariri est détenu contre son gré en Arabie saoudite, bien qu’il ait assuré dimanche qu’il rentrait « très bientôt » dans son pays.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a fait savoir que la France était « préoccupée de la situation au Liban », appelant à la « non-ingérence » au pays du Cèdre. Il doit se rendre jeudi à Ryad, où le président Emmanuel Macron s’est déjà rendu une semaine plus tôt.

Romandie.com avec(©AFP / 14 novembre 2017 13h54)                

Yémen: la coalition dirigée par Ryad bombarde le ministère de la Défense à Saana

novembre 10, 2017

Des Yéménites recherchent des victimes après un raid aérien meurtrier sur Saada, le 1er novembre 2017 / © AFP/Archives / STRINGER

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a mené vendredi soir deux raids aériens contre le ministère de la Défense à Sanaa, capitale du Yémen en guerre contrôlée par les rebelles, ont rapporté des témoins.

Aucune victime n’a été signalée dans l’immédiat.

Des avions survolaient toujours Sanaa à la suite de ces frappes, a-t-on ajouté de même source.

La chaîne de télévision des rebelles Houthis, al-Masirah, a également fait état de deux frappes aériennes.

La coalition, qui intervient au Yémen depuis 2015, avait déjà ciblé le ministère de la Défense en y faisant d’important dégâts mais ces nouvelles frappes interviennent alors que les tensions se multiplient entre l’Arabie saoudite et son rival iranien, qui soutient les rebelles Houthis.

Lundi, la coalition menée par Ryad a renforcé son blocus aérien, terrestre et maritime contre le Yémen après avoir intercepté dans le secteur de l’aéroport international de Ryad un missile balistique tiré par les rebelles yéménites.

Les Houthis ont menacé de riposter à ce durcissement du blocus par des tirs de missiles contre les aéroports et les ports saoudiens et émiratis, exacerbant encore la tension entre Ryad et Téhéran.

De son côté, l’ONU a réclamé la fin du blocus devant « la situation humanitaire catastrophique » au Yémen, menacé de « la plus grande famine » des dernières décennies.

Depuis mars 2015, Ryad est à la tête d’une coalition de pays sunnites aidant les forces gouvernementales yéménites dans leur guerre contre les Houthis, maîtres de la capitale yéménite depuis septembre 2014.

Le conflit a fait plus de 8.650 morts et quelque 58.600 blessés, dont de nombreux civils, et provoqué « la pire crise humanitaire au monde », selon l’ONU.

Romandie.com avec(©AFP / 10 novembre 2017 22h46)

Liban: Hariri est « est détenu » en Arabie Saoudite, selon le Hezbollah

novembre 10, 2017

Beyrouth – Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah a accusé vendredi l’Arabie saoudite de « détenir » le Premier ministre libanais Saad Hariri, qui avait annoncé la semaine dernière sa démission surprise à Ryad.

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a par ailleurs accusé Ryad d’avoir demandé à Israël de frapper le Liban, au moment où la tension est montée d’un cran entre l’Arabie saoudite, puissance régionale sunnite, et le mouvement chiite, allié à l’Iran.

« Le chef du gouvernement libanais est détenu en Arabie saoudite, on lui interdit jusqu’à ce moment de rentrer au Liban », a lancé Hassan Nasrallah lors d’une allocution télévisée. « Il est assigné à résidence », a-t-il assuré, réclamant à l’Arabie saoudite de le « libérer ».

M. Hariri, un proche du pouvoir saoudien, n’est pas rentré au Liban depuis l’annonce de sa démission le 4 novembre et des rumeurs circulent sur la limitation de sa liberté en Arabie saoudite.

Lisant un discours diffusé par la chaîne à capitaux saoudiens Al-Arabiya, M. Hariri avait démissionné en invoquant la « mainmise » de l’Iran et de son allié au Liban, le Hezbollah, sur les affaires intérieures du pays.

Le chef du Hezbollah a une nouvelle fois assuré que le chef du gouvernement libanais avait été « obligé » par les Saoudiens à présenter sa démission, et à « lire un texte écrit par eux ».

La démission de Saad Hariri a pris de court l’ensemble de la classe politique libanaise, jusqu’à son parti et ses conseillers les plus proches.

La démission de M. Hariri a fait craindre que le Liban, pays aux équilibres communautaires fragiles, ne plonge dans de nouvelles violences. Le Liban a été entre autres déchiré par une guerre civile entre 1975 et 1990 et par un conflit avec son voisin israélien en 2006.

« Ce qu’il y a de plus dangereux, c’est inciter Israël à frapper le Liban », a lancé Hassan Nasrallah dans un discours retransmis à la télévision. « Je parle d’informations assurant que l’Arabie saoudite a demandé à Israël de frapper le Liban », a-t-il insisté.

L’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite, deux poids lourds de la région, s’affrontent sur plusieurs dossiers du Moyen-Orient, notamment la guerre en Syrie et au Yémen.

Romandie.com avec(©AFP / 10 novembre 2017 15h41)                                            

Arabie: plus de 200 personnes arrêtées dans la purge anticorruption

novembre 9, 2017

Le prince héritier d’Arabie saoudite Mohamed ben Salmane lors d’une conférence à Ryad le 24 octobre 2017 / © AFP/Archives / FAYEZ NURELDINE

Plus de 200 personnes ont été arrêtées en Arabie saoudite dans le cadre d’une purge anticorruption sans précédent menée récemment dans le royaume, qui a notamment visé des princes, ministres et hommes d’affaires, ont indiqué jeudi les autorités saoudiennes.

Cette annonce intervient sur fond de réformes choc dans le royaume ultraconservateur sous l’impulsion du jeune prince héritier Mohamed ben Salmane. Elle survient aussi dans un climat de plus en plus tendu avec l’Iran et après la démission du Premier ministre libanais Saad Hariri –proche de Ryad–, un an après avoir formé un gouvernement avec le Hezbollah pro-iranien.

« Un total de 208 personnes ont été convoquées pour interrogatoire jusqu’à présent. Sur ces 208 personnes, sept ont été relâchées sans être inculpées. L’ampleur potentielle des actes de corruption révélés est très grande », a indiqué le procureur général du royaume dans un communiqué.

Les sommes concernées par ces malversations atteignent 100 milliards de dollars (86,1 milliards d’euros) « sur quelques dizaines d’années », selon la même source, qui parle d’une enquête sur trois ans.

Des princes, dont le célèbre milliardaire Al-Walid ben Talal, des ministres ainsi que des hommes d’affaires ont été appréhendés samedi soir lors d’une opération coup de poing qui fait suite à la mise en place d’une nouvelle commission anticorruption présidée par le prince héritier, dont l’emprise sur le pouvoir est croissante.

Les autorités ont gelé les comptes bancaires des suspects et prévenu que tout actif qui serait lié à des affaires de corruption serait saisi au profit de l’Etat.

– Raisons politiques? –

Les personnalités arrêtées –et détenues dans un lieu non précisé par les autorités– vont être jugées devant un tribunal, a indiqué lundi le procureur général.

Mais cette vague d’arrestations pourrait aussi faire partie d’une lutte pour le pouvoir, a souligné mercredi Human Rights Watch (HRW). Elle intervient en tout cas au moment où Mohammed ben Salmane consolide son pouvoir et tente d’introduire des réformes économiques et sociales inédites.

Contrôlant les principaux leviers du gouvernement, de la défense à l’économie, le jeune prince héritier semble chercher à étouffer les contestations internes avant tout transfert formel du pouvoir par son père, le roi Salmane, âgé de 81 ans.

Signe que c’est l’homme fort du pays, c’est lui qui a reçu jeudi soir à Ryad le président français Emmanuel Macron, qui a annoncé cette visite surprise alors qu’il se trouvait aux Emirats arabes unis pour le lancement du Louvre Abu Dhabi.

Le prince héritier a initié un vaste plan de réformes appelé « Vision 2030 », destiné notamment à diversifier l’économie saoudienne, trop dépendante du pétrole. Depuis la chute des prix du brut à la mi-2014, Ryad a dû fortement réduire ses dépenses publiques.

Fin septembre, le pays, le dernier au monde interdisant aux femmes de conduire, avait annoncé qu’elles pourraient prendre le volant à compter de juin 2018.

Cette purge anticorruption intervient dans un climat politique et diplomatique très tendu, avec des échanges de plus en plus vifs entre l’Arabie sunnite et son rival iranien, ces deux grandes puissances s’opposant sur de nombreux dossiers, dont les guerres en Syrie et au Yémen.

En Syrie, l’Iran, aidé par le mouvement chiite libanais Hezbollah, est le principal soutien régional du régime de Bachar al-Assad. L’Arabie s’oppose elle au président syrien et appuie des groupes rebelles.

– Climat régional tendu –

Dans ce contexte tendu, Ryad a appelé jeudi ses ressortissants à quitter « le plus vite possible » le Liban « vu la situation » dans ce pays.

Quelques jours plus tôt, le protégé de l’Arabie saoudite, Saad Hariri, avait annoncé sa démission depuis le royaume en accusant le Hezbollah et son allié iranien de « mainmise » sur le Liban.

Dimanche, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dont le mouvement était membre de la coalition gouvernementale de M. Hariri, a accusé Ryad d’avoir contraint Saad Hariri à la démission.

Le Koweït a aussi appelé tous ses citoyens à quitter le Liban et à ne pas s’y rendre « par mesure de précaution ». Bahreïn, un troisième pays du Golfe, avait déjà appelé dimanche ses ressortissants à quitter le Liban et à éviter de s’y rendre.

Au Yémen, l’Arabie saoudite a lancé en mars 2015 une opération militaire à la tête d’une coalition arabe pour empêcher des rebelles, accusés d’être appuyés par Téhéran, de prendre le contrôle de l’ensemble de ce pays voisin.

Ryad a accusé mercredi l’Iran « d’agression directe » après le tir d’un missile en direction de l’aéroport international de Ryad par les rebelles.

« Le président français a condamné cette attaque au missile sur Ryad par les Houthis, et souligné la solidarité de la France avec le Royaume », a affirmé la SPA, l’agence de presse d’Etat saoudienne, en afirmant que le prince Salmane et son interlocteur avaient « également discuté des récents développements au Moyens-Orient et de leurs efforts pour la sécurité et la stabilité dans la région, y compris via une coordination dans le combat contre le terrorisme ».

Aucun commentaire n’avait encore été fait sur cette visite du côté français.

Romandie.com avec(©AFP / 10 novembre 2017 02h16)                

L’Arabie Saoudite appelle ses ressortissants à quitter le Liban

novembre 9, 2017

Ryad – L’Arabie saoudite a appelé jeudi ses ressortissants à quitter « le plus vite possible » le Liban, quelques jours après l’annonce depuis Ryad de la démission surprise de son protégé, Saad Hariri, du poste de Premier ministre libanais.

Une source au ministère des Affaires étrangères, citée par l’agence officielle SPA, a également appelé les Saoudiens à ne pas se rendre au Liban, sans évoquer de menace spécifique.

« Vu la situation au Liban, le royaume demande à ses ressortissants en visite ou résidant au Liban de le quitter le plus tôt possible, et conseille à ses ressortissants de ne pas s’y rendre », a indiqué cette source.

Le 4 novembre, M. Hariri a annoncé dans une déclaration télévisée faite depuis l’Arabie saoudite sa démission en accusant le Hezbollah libanais et l’Iran de « mainmise » sur son pays et en disant craindre pour sa vie.

Cette démission a pris de court toute la classe politique au Liban et fait craindre que le pays, aux équilibres fragiles, ne plonge dans de nouvelles violences.

Depuis sa démission, M. Hariri, qui a également la nationalité saoudienne, a rencontré le roi saoudien Salmane et s’est rendu aux Emirats arabes unis selon les médias des deux pays.

Le président libanais Michel Aoun a affirmé qu’il attendait le retour de M. Hariri pour décider s’il acceptait ou non sa démission.

Entretemps, des spéculations et rumeurs vont bon train au Liban sur une possible interdiction pour M. Hariri de quitter l’Arabie saoudite.

Le fait d’avoir annoncé sa démission de Ryad a fait dire à des médias et responsables au Liban qu’il avait été contraint à prendre cette décision et qu’il n’était pas libre de ses mouvements, surtout que l’annonce a coïncidé avec l’arrestation de dizaines de princes, de ministres et d’hommes d’affaires dans une purge sans précédent en Arabie saoudite.

Dimanche dernier, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a accusé Ryad d’avoir contraint Saad Hariri à la démission et s’est demandé s' »il est assigné à résidence » et si « on va le laisser retourner » au Liban.

M. Hariri, dont l’épouse et les enfants vivent en Arabie saoudite, n’a pas dit s’il reviendrait au Liban.

Sa démission est intervenue en pleines tensions entre les deux poids lourds de la région, l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite, au sujet de plusieurs questions et conflits au Moyen-Orient.

Bahreïn avait appelé dimanche ses ressortissants à éviter de se rendre au Liban et ceux qui s’y trouvent à quitter immédiatement ce pays en raison, selon le royaume, des risques qui pèsent sur leur sécurité.

Romandie.com avec(©AFP / 09 novembre 2017 16h01)                                            

Sissi met en garde contre une escalade militaire entre l’Iran et l’Arabie

novembre 8, 2017

Charm el-Cheikh (Egypte) – Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a mis en garde mercredi contre une escalade de la tension entre l’Arabie saoudite et l’Iran, qui pourrait mener à une guerre, lors d’une rencontre avec la presse à Charm el-Cheikh.

Le président, qui s’exprimait en marge du Forum mondial sur la jeunesse organisé par le gouvernement égyptien dans cette station balnéaire, a souligné que la région connaissait déjà des tensions.

« Je ne suis pas pour la guerre. Nous avons eu notre expérience de la guerre », a-t-il dit: « La région doit faire face à suffisamment de troubles déjà », a-t-il ajouté, interrogé sur une possible escalade belliqueuse.

« On devrait aborder (ce problème) de façon extrêmement prudente », a-t-il insisté.

Mais M. Sissi, allié de l’Arabie saoudite, a également annoncé que l’Egypte soutiendrait la monarchie saoudienne. « Nous soutenons nos frères (saoudiens) », a-t-il dit.

Il s’exprimait alors que le président iranien Hassan Rohani a mis en garde l’Arabie saoudite.

« Vous connaissez la puissance et la place de l’Iran dans la région. Des plus grands que vous s’y sont cassé les dents. Vous n’êtes rien! », a lancé mercredi M. Rohani à l’adresse des dirigeants saoudiens, lors d’un discours retransmis par la télévision d’Etat.

Ces commentaires interviennent après que le prince Mohammed ben Salmane a accusé l’Iran de livrer des missiles aux rebelles yéménites, ce qu’il a décrit comme une « agression militaire directe » contre l’Arabie saoudite.

L’Iran a fermement réfuté ces accusations, ajoutant que de telles livraisons étaient impossibles.

Parallèlement, le président égyptien s’est également exprimé sur la situation en Egypte, affirmant que son pays est « en guerre contre le terrorisme ».

En réponse aux critiques qui accusent son régime de violer les droits de l’Homme, il a estimé que « ce qui se passe en Egypte n’est pas une question de droits de l’Homme »: « Il faut penser aux autres droits, le droit à la vie », a-t-il plaidé.

– Et toujours l’affaire Regeni –

Depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi en 2013, par M. Sissi, qui a ensuite été élu président en 2014, l’Egypte fait face à des attaques de différents groupes islamistes.

Mercredi, M. Sissi a toutefois assuré que la situation s’améliorait. Il notamment précisé que les auteurs de l’attaque qui a fait 16 morts parmi un convoi de policiers dans le désert occidental en octobre avaient été neutralisés.

En outre, le président égyptien a évoqué le cas de l’étudiant italien Giulio Regeni, retrouvé mort au Caire en février 2016 après avoir été atrocement torturé: « Nous sommes soucieux de faire comparaître les auteurs de ce crime », a assuré M. Sissi, en affirmant vouloir « régler cette affaire le plus vite possible ».

Ce dossier avait généré de fortes tensions entre Le Caire et Rome, qui avait retiré son ambassadeur avant d’en nommer un nouveau en août dernier.

Giulio Regeni, étudiant-chercheur de 28 ans, avait disparu le 25 janvier 2016. Rejetant les multiples versions –accident de la route, crime crapuleux, règlement de compte personnel– avancées par les enquêteurs égyptiens, l’Italie a toujours réclamé avec force que les vrais coupables de cet assassinat soient identifiés et punis.

La presse italienne et les milieux diplomatiques occidentaux en Egypte soupçonnent des membres des services de sécurité égyptiens de l’avoir enlevé et torturé à mort. Ce que le gouvernement égyptien a régulièrement démenti avec force.

Romandie.com avec(©AFP / 09 novembre 2017 00h39)                                            

Les personnalités saoudiennes arrêtées seront jugées devant un tribunal

novembre 6, 2017

Ryad – Les dizaines de personnalités saoudiennes arrêtées dans le cadre d’une purge anticorruption sans précédent dans le royaume vont être jugées devant un tribunal, a indiqué lundi le procureur général.

Des princes, dont le célèbre milliardaire Al-Walid ben Talal, des ministres ainsi que des hommes d’affaires ont été appréhendés samedi lors d’une opération coup de poing qui fait suite à la mise en place d’une nouvelle commission anticorruption présidée par le puissant prince héritier Mohammed ben Salmane.

« Toutes les personnes suspectées auront pleinement accès à tous les droits de la défense et les procès auront lieu de façon transparente », a affirmé dans un communiqué le procureur général Cheikh Saoud Al Mojeb.

« D’importantes preuves ont déjà été recueillies et des interrogatoires détaillés ont eu lieu », a-t-il ajouté.

Selon Cheikh Saoud Al Mojeb, qui fait lui-même partie de la nouvelle commission anticorruption formée conformément à un décret royal, les autorités ont dû mener leur enquête « dans la discrétion » afin que personne « ne puisse échapper à la justice ».

Selon la chaîne à capitaux saoudiens Al-Arabiya, 11 princes, 4 ministres et des dizaines d’ex-ministres ont été arrêtés, alors que la commission anticorruption a ouvert des enquêtes sur plusieurs affaires, pour certaines assez anciennes, dont une concerne les inondations meurtrières ayant dévasté en 2009 Jeddah (ouest).

Un responsable gouvernemental a fourni à l’AFP une liste de 14 personnalités de haut rang limogées ou arrêtées incluant le prince Al-Walid, l’une des personnalités les plus riches au monde.

La commission anticorruption a mis au jour des preuves de « corruption généralisée », a affirmé son président Khaled ben Abdelmohsen dans un communiqué.

« Les autorités saoudiennes anticorruption (…) ont travaillé méticuleusement pendant trois ans pour enquêter sur les crimes en question », a-t-il précisé.

Le ministre saoudien de l’Information avait annoncé dimanche que les comptes bancaires des personnes arrêtées allaient être « gelés » et que tous les biens « résultant de la corruption » seraient « restitués à l’Etat ».

Parallèlement aux arrestations, le chef de la puissante Garde nationale saoudienne, un temps considéré comme prétendant au trône, ainsi que le chef de la Marine et le ministre de l’Economie ont été abruptement limogés.

« Cette répression signale le début de la fin de l’ère des privilèges excessifs des élites », a estimé sur Twitter Ali Chihabi, directeur de la Fondation Arabia, basée à Washington, et qui est considéré comme proche de l’establishment saoudien.

« Le message est que dorénavant les élites ne peuvent plus se sentir comme ayant automatiquement droit aux richesses et aux privilèges », a-t-il ajouté.

Tous ces changements interviennent au moment où le prince héritier Mohammed ben Salmane, 32 ans, tente de consolider son pouvoir et d’introduire des réformes économiques et sociales inédites dans le royaume ultraconservateur.

Romandie.com avec (©AFP / 06 novembre 2017 22h03)