Posts Tagged ‘Arabie Saoudite’

Une vingtaine de pays s’inquiètent pour les droits de l’homme en Arabie saoudite

septembre 23, 2019

 

Une vingtaine de pays, dont quinze Etats membres de l’Union européenne, ont exprimé leur inquiétude ce lundi 23 septembre au Conseil des droits de l’homme de l’Onu face aux allégations de torture, détentions illégales et procès inéquitables à l’encontre d’opposants saoudiens, notamment des militantes des droits des femmes et des journalistes.

Une première déclaration conjointe au sujet de l’Arabie saoudite avait déjà été présentée en mars au Conseil. Les signataires exhortent notamment Ryad à établir la vérité sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné en octobre au consulat saoudien d’Istanbul, et à faire en sorte que les coupables soient jugés. Parmi eux figurent la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Canada, la Nouvelle-Zélande et le Pérou, a-t-on appris auprès de diplomates. «Nous restons profondément préoccupés par la situation des droits de l’homme en Arabie saoudite. Les acteurs de la société civile en Arabie saoudite font toujours face à la persécution et à des actes d’intimidation», a déclaré l’ambassadrice australienne Sally Mansfield, qui a lu la déclaration.

«Nous sommes préoccupés par les informations faisant état de tortures, de détentions arbitraires, de disparitions forcées, de procès inéquitables et de harcèlement de personnes engagées dans la promotion et la défense des droits de l’Homme, de leurs familles et de leurs collègues», a-t-elle ajouté. La délégation saoudienne au Conseil, qui n’était pas présente lors de la lecture de la déclaration, n’a pas réagi.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

L’Arabie saoudite accuse l’Iran d’avoir «parrainé» les attaques de drones

septembre 18, 2019

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Les débris présentés mercredi par l’Arabie saoudite, attribués aux drones et missiles utilisés pour l’attaque des infrastructures pétrolières. FAYEZ NURELDINE/AFP

Riyad a assuré mercredi que les attaques ayant visé samedi deux infrastructures pétrolières provenaient du «Nord» et qu’une enquête allait déterminer le lieu exact du lancement. De son côté, l’Iran nie toujours avoir joué un rôle dans ces assauts, alors que Donald Trump a annoncé le durcissement des sanctions envers Téhéran.

L’Arabie saoudite a accusé mercredi l’Iran d’avoir «incontestablement parrainé» les attaques contre deux infrastructures pétrolières majeures du royaume, assurant qu’elles provenaient du «Nord» et qu’une enquête allait déterminer le lieu exact du lancement. Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a été dépêché dans le royaume, premier exportateur mondial de pétrole, réaffirmant à son arrivée la responsabilité de l’Iran selon les États-Unis et qualifiant l’attaque «d’acte de guerre». «L’attaque a été lancée depuis le Nord et a été incontestablement parrainée par l’Iran», a déclaré de son côté le porte-parole du ministère de la Défense saoudien, Turki al-Maliki, au cours d’une conférence de presse pour présenter les conclusions d’une enquête officielle, lors de laquelle ont été dévoilés des débris de «drones» et de «missiles de croisière». Selon lui, 18 drones et sept missiles de croisière ont frappé samedi les deux sites après avoir été lancés d’un endroit qui n’est pas le Yémen, situé au sud de l’Arabie saoudite, où les rebelles Houthis ont pourtant revendiqué l’attaque.

Le responsable saoudien n’a toutefois pas directement accusé l’Iran d’avoir lancé les attaques depuis son territoire, affirmant seulement sa certitude quant aux capacités du royaume à trouver le lieu de lancement à l’issue de l’enquête. Pour sa part, Téhéran dément avoir joué le moindre rôle dans les attaques contre l’Arabie saoudite, son rival régional, qui ont fait baisser de moitié la production de pétrole du royaume et fait flamber les prix du brut, avant un repli. La République islamique apporte en revanche un soutien politique aux rebelles yéménites Houthis. Riyad intervient militairement au Yémen depuis 2015 dans le cadre d’une coalition pour soutenir le gouvernement contre les rebelles.

«Coordonner les efforts»

Le président américain, Donald Trump, a annoncé mercredi dans un tweet avoir ordonné le durcissement «des sanctions contre l’État iranien»

Les États-Unis accusent l’Iran d’être à l’origine de ces attaques. Le président, Donald Trump, a annoncé mercredi dans un tweet avoir ordonné le durcissement «des sanctions contre l’État iranien». Ces sanctions, dont la nature doit encore être détaillée, viendront s’ajouter aux mesures punitives déjà sans précédent imposées par Washington à Téhéran depuis que le milliardaire républicain a retiré son pays en mai 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015.

Lors de sa visite en Arabie saoudite, le secrétaire d’État américain doit s’entretenir avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, afin de «coordonner les efforts pour contrer l’agression iranienne dans la région». Dans un échange téléphonique avec ce dernier, le président russe Vladimir Poutine «a appelé à une enquête approfondie et objective», selon le Kremlin. Emmanuel Macron s’est lui aussi entretenu avec le prince héritier, homme fort du royaume, et va envoyer, selon l’Élysée, des experts pour participer à l’enquête saoudienne, tout comme les Nations unies, selon des sources diplomatiques. Le prince héritier a estimé mercredi que les attaques permettaient de tester «la volonté internationale de lutter contre les opérations de sabotage qui menacent la sécurité et la stabilité mondiales», selon l’agence officielle saoudienne SPA.

Menaces

Mercredi, les rebelles Houthis ont menacé de frapper «des dizaines de cibles» à Dubaï et Abou Dhabi aux Émirats arabes unis, allié de Ryad au sein de la coalition qui intervient au Yémen

Dans une note transmise lundi à l’ambassade de Suisse à Téhéran, qui représente les intérêts américains en Iran, la République islamique a assuré n’avoir «joué aucun rôle dans cette attaque» et «condamné les accusations» américaines, selon l’agence officielle iranienne Irna. Ce message «met en garde les responsables américains» en soulignant «que si une action quelconque devait être prise contre l’Iran, celui-ci opposerait une réponse immédiate d’une portée bien plus grande qu’une simple menace», d’après la même source. Le président Hassan Rohani avait auparavant affirmé que les attaques de samedi étaient «un avertissement» lancé par les rebelles yéménites à Riyad.

Mercredi, les rebelles Houthis ont menacé de frapper «des dizaines de cibles» à Dubaï et Abou Dhabi aux Émirats arabes unis, allié de Ryad au sein de la coalition qui intervient au Yémen. Les attaques contre l’Arabie saoudite ont réveillé la crainte d’une confrontation militaire avec l’Iran, alors que Washington et Téhéran ont frôlé l’affrontement direct en juin. Donald Trump avait dit avoir annulé in extremis des frappes contre des cibles iraniennes après que Téhéran eut abattu un drone américain. Alors que, dimanche, la Maison-Blanche avait indiqué que son locataire n’écartait pas l’hypothèse d’une rencontre avec le président Rohani lors de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, le président américain a finalement dit préférer «ne pas le rencontrer». Téhéran avait exclu un peu plus tôt toute négociation avec les États-Unis à l’ONU, à moins qu’ils décident de réintégrer l’accord sur le nucléaire iranien, selon les propos de l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

Arabie saoudite : deux installations pétrolières ciblées par une attaque de drone

septembre 15, 2019

Un site de la compagnie pétrolière Aramco en Arabie saoudite. © Bruce Stanley/AP/SIPA

 

Deux installations du géant pétrolier Aramco à Abqaiq et à Khurais ont été la cible d’une attaque de drone, samedi matin, a affirmé le ministère saoudien de la Défense.

L’information relayée par l’agence de presse officielle saoudienne SPA, citant le ministère de l’Intérieur. L’attaque n’a pas été revendiquée. « À 04h00 (01h00 GMT) les équipes de sécurité industrielle d’Aramco sont intervenues sur des incendies dans deux de ses installations à Abqaiq et à Khurais » dans l’est de l’Arabie saoudite, a ajouté l’agence, précisant que « les deux incendies avaient été maîtrisés ».

Pas de revendication

Une enquête a été ouverte après l’attaque, selon la même source, qui n’a pas précisé la provenance des drones. L’attaque n’a pas été revendiquée dans l’immédiat.

Les rebelles yéménites, soutenus par l’Iran, revendiquent régulièrement des tirs de drones ou de missiles contre des cibles saoudiennes, affirmant agir en représailles aux frappes aériennes de la coalition menée par l’Arabie saoudite qui intervient au Yémen pour soutenir les forces progouvernementales.

La coalition, qui intervient contre les rebelles Houthis depuis 2015, a confirmé certaines de ces attaques et en a démenti d’autres. Le 17 août, les rebelles avaient annoncé avoir mené une attaque à l’aide de dix drones, « la plus massive jamais lancée en Arabie saoudite », contre le champ de Shaybah (est), qui avait provoqué un incendie « limité » selon Aramco sur une installation gazière, sans faire de blessés.

  Par Jeune Afrique avec AFP

Six soldats émiratis tués dans une «collision de véhicules militaires»

septembre 13, 2019

 

Six soldats émiratis ont été tués dans une «collision de véhicules militaires» alors qu’ils étaient en service, a indiqué vendredi Abou Dhabi, un des piliers de la coalition que dirige l’Arabie saoudite au Yémen.

Les Emirats arabes unis n’ont pas précisé si ces soldats étaient morts au Yémen, pays en guerre où la coalition est engagée depuis 2015 en appui au gouvernement contre les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran.

L’armée émiratie a annoncé que «six de ses vaillants soldats étaient tombés en martyr à la suite d’une collision de véhicules militaires pendant qu’ils étaient en service sur un terrain d’opérations», a rapporté l’agence émiratie WAM. En juillet, les autorités émiraties avaient annoncé leur intention de réduire leurs troupes au Yémen, tout en soulignant que les soldats ne quittaient pas le pays.

Sur un autre front de la guerre, dans le sud du Yémen, des affrontements armés en août entre des séparatistes, soutenus par les Emirats, et les troupes loyales au gouvernement, appuyé par Riyad, avaient mis en évidence des divergences entre les deux pays alliés. Depuis 2015, le conflit au Yémen a provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes, en majorité des civils, et s’est transformé en la pire crise humanitaire de notre temps selon l’ONU

Par Le Figaro.fr avec AFP

Meurtre Khashoggi: Trump «en colère», mais ne met pas en cause le prince saoudien

juin 29, 2019

 

Donald Trump a jugé samedi que la responsabilité du prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane dans l’assassinat «horrible» du journaliste Jamal Khashoggi n’était pas établie.

«Je suis extrêmement en colère et mécontent qu’une chose comme cela ait pu avoir lieu» mais «personne n’a directement montré du doigt» le dirigeant saoudien, a déclaré le président américain lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet du G20 au Japon. «Beaucoup de gens sont poursuivis et ils prennent ça très au sérieux là-bas», a assuré M. Trump.

Le 2 octobre 2018, Jamal Khashoggi, qui collaborait notamment avec le Washington Post et résidait aux Etats-Unis, a été tué et démembré dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando d’agents saoudiens venus depuis Ryad. Le Sénat américain, pourtant contrôlé par le camp républicain du président, a unanimement adopté une résolution attribuant la responsabilité de l’assassinat à Mohammed ben Salmane. Mais l’administration Trump affirme ne pas disposer de preuve irréfutable de l’implication directe du jeune et puissant dirigeant saoudien, bien que les sénateurs, après avoir été informés à huis clos à l’automne des conclusions de la CIA, aient assuré n’avoir «aucun doute» sur le fait que le prince héritier avait «ordonné» le meurtre du journaliste.

La justice saoudienne a ouvert une enquête et s’est dite prête à coopérer avec les enquêteurs turcs qui mènent leurs propres investigations. Mais depuis le début de l’affaire, une extrême méfiance règne de part et d’autre.

Par Le Figaro.fr avec AFP

L’Arabie saoudite accuse l’Iran des attaques contre les pétroliers

juin 16, 2019

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Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane BANDAR ALDANDANI / AFP

 

Téhéran, également accusé par les Etats-Unis de ces attaques, a nié toute implication.

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a accusé dimanche 16 juin l’Iran, grand rival de son pays dans la région, des attaques contre les deux tankers en mer d’Oman jeudi.

«Le régime iranien n’a pas respecté la présence du premier ministre japonais à Téhéran et à répondu à ses efforts (diplomatiques) en attaquant deux pétroliers, dont l’un était japonais», a déclaré le prince dans une interview au quotidien Asharq al-Awsat.

L’Iran, également accusé par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne de ces attaques, a nié avec véhémence toute implication.

Les attaques sont survenues près du détroit d’Ormuz, par lequel transite le tiers du pétrole transporté par voie maritime dans le monde. Elles ont visé jeudi un navire japonais transportant du méthanol et un pétrolier chypriote transportant du naphta, au moment où le chef du gouvernement japonais Shinzo Abe était en visite à Téhéran dans l’espoir d’apaiser les tensions entre Iran et Etats-Unis.

«Nous ne voulons pas une guerre dans la région (…) Mais nous n’hésiterons pas à réagir à toute menace contre notre peuple, notre souveraineté, notre intégrité territoriale et nos intérêts vitaux», a averti MBS.

L’Iran, riverain du détroit d’Ormuz, a menacé à plusieurs reprises de le bloquer en cas d’attaque des Etats-Unis.

Plus tôt samedi, le ministre saoudien de l’Energie, Khaled al-Falih, avait quant à lui demandé «une réponse prompte et décisive aux menaces sur les approvisionnements en énergie» découlant des «récents actes terroristes

Par Le Figaro.fr avec AFP

Une rue de Londres rebaptisée Khashoggi, un mois après son meurtre

novembre 2, 2018

Un panneau rebaptisant une rue de Londres « Khashoggi street », dans le quartier de Westminster, le 2 novembre 2018 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

Une rue de Londres longeant l’ambassade d’Arabie saoudite a été brièvement rebaptisée Khashoggi par Amnesty International, vendredi à 13H14, l’heure exacte où le journaliste saoudien est entré dans le consulat de son pays en Turquie avant d’y être tué il y a un mois.

« Cela fait un mois que Jamal a été tué », a expliqué à l’AFP Kristyan Benedict, un militant de l’ONG de défense des droits de l’Homme. « C’est une action rapide pour montrer notre solidarité avec les amis de Jamal et sa famille ».

Des militants d’Amnesty ont temporairement recouvert un panneau de stationnement de Curzon Street, dans le cœur de Londres, d’une plaque de rue similaire à une vraie mais portant l’inscription « Khashoggi Street » et le logo de l’organisation, une bougie entourée de barbelés.

Amnesty International a demandé que les Nations unies enquêtent sur le crime. « On ne peut pas faire confiance au régime saoudien pour enquêter lui-même », a estimé Kristyan Benedict.

« Il est fondamental que nous ne laissions pas ce scandale s’évanouir sans que justice ait été rendue », a commenté Kate Allen, directrice d’Amnesty International UK, dans un communiqué.

L’éditorialiste Jamal Khashoggi, critique du pouvoir saoudien et collaborateur du Washington Post, a été tué le 2 octobre dans le consulat saoudien d’Istanbul où il s’était rendu pour des démarches administratives en vue de son mariage avec une Turque.

Des activistes d’Amnesty International mettent en place un faux panneau « Khashoggi Street », dans le quartier de Westminster à Londres, le 2 novembre 2018 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

Sous la pression internationale, Ryad a fini par reconnaître, après plusieurs jours de dénégations, le meurtre du journaliste dans son consulat lors d’une opération « non autorisée », mais a avancé plusieurs versions contradictoires qui ont suscité le scepticisme et une vague de critiques internationales contre le puissant royaume pétrolier.

Plusieurs responsables et médias turcs ont directement incriminé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, dans ce meurtre.

Le corps du journaliste n’a pas été retrouvé. Un conseiller du président turc cité vendredi par le quotidien Hürriyet a affirmé qu’il avait été démembré pour pouvoir être « dissous » plus facilement.

Romandie.com avec(©AFP / (02 novembre 2018 17h15)

Khashoggi: le corps aurait été « dissous », la fiancée demande justice

novembre 2, 2018

Un manifestant tient un portrait du journaliste saoudien Jamal Khashoggi et une bougie à sa mémoire, devant le consulat saoudien à Istanbul le 25 octobre 2018 / © AFP / Yasin AKGUL

Un responsable turc a affirmé vendredi, un mois après le meurtre de Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul, que son corps démembré avait été dissous alors que la fiancée du journaliste a appelé la communauté internationale à juger les coupables.

« Nous voyons à ce stade qu’ils ne se sont pas contentés de le démembrer, ils s’en sont débarrassé en le dissolvant », a déclaré au quotidien Hürriyet Yasin Aktay, conseiller du président Recep Tayyip Erdogan au sein de l’AKP, le parti au pouvoir.

« Selon les dernières informations dont nous disposons, la raison pour laquelle ils ont découpé le corps, c’est pour le dissoudre plus facilement », a-t-il ajouté.

Lors d’une conférence de presse à Washington jeudi, un porte-parole du Département d’Etat américain, Robert Palladino, a affirmé que « les restes de M. Khashoggi doivent être localisés et restitués à sa famille pour un enterrement approprié le plus tôt possible ».

L’éditorialiste Jamal Khashoggi, collaborateur du Washington Post, a été tué le 2 octobre dans le consulat saoudien d’Istanbul où il s’était rendu pour des démarches administratives en vue de son mariage avec une Turque, Hatice Cengiz.

– « une Arabie stable » –

Des manifestants protestent le 26 octobre 2018, devant l’ambassade saoudienne à Paris, contre le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi / © AFP / JACQUES DEMARTHON

Dans un communiqué publié mercredi, le parquet d’Istanbul a affirmé que « la victime a été démembrée » et que l' »on s’en est débarrassée », sans pourtant préciser comment.

Après les déclarations du parquet, un responsable turc anonyme a indiqué au Washington Post que les autorités examinaient une piste selon laquelle son corps aurait été dissous dans de l’acide au consulat ou dans la résidence du consul toute proche.

Après avoir d’abord affirmé que Khashoggi avait quitté le consulat peu après s’y être rendu, puis soutenu qu’il était mort dans une rixe, Ryad a fini par évoquer une « opération non autorisée » par le pouvoir.

« Aujourd’hui, je demande à la communauté internationale de prendre des mesures réelles, sérieuses et concrètes pour mettre au jour la vérité et traduire les responsables devant la justice », a écrit Mme Cengiz, sa fiancée turque, dans une tribune publiée dans plusieurs médias dont le quotidien français Le Monde.

Si plusieurs responsables et médias turcs ont directement incriminé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, Ryad s’efforce de le dédouaner en insistant sur le caractère « non autorisé » de l’opération.

L’affaire Khashoggi / © AFP / John SAEKI

Washington met en effet la pression sur Ryad pour que cette affaire soit élucidée, mais semble accorder le bénéfice du doute à MBS, un puissant allié de Washington au Moyen-Orient.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a ainsi insisté jeudi sur le caractère « inacceptable » du meurtre du journaliste, tout en soulignant que les États-Unis avaient « l’intention de s’assurer que (leurs) relations (avec Ryad) restent intactes ».

Vendredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le pays partage avec l’Arabie saoudite son implacable hostilité à l’Iran chiite, a souligné l’importance de la « stabilité » du royaume saoudien, tout en qualifiant d' »horrible » le meurtre de Khashoggi.

« Il est très important pour la stabilité du monde, pour la région et pour le monde, que l’Arabie saoudite reste stable », a-t-il dit lors d’une visite à Varna.

Selon des informations de presse, Washington compte en outre sur le prince ben Salmane pour promouvoir un plan de paix américain attendu au conflit israélo-palestinien et d’ores et déjà rejeté par les Palestiniens qui accusent les Etats-Unis de s’aligner sur les positions israéliennes.

Hommage à Khashoggi devant le consulat saoudien à Istanbul / © AFP /

Amnesty International a appelé vendredi les Etats membres de l’ONU « à mettre un terme à leur silence assourdissant face à l’Arabie saoudite », les exhortant à surveiller la « cruauté » du royaume après le meurtre de Khashoggi.

« L’épouvantable mort de Jamal Khashoggi a montré jusqu’où peuvent aller les autorités saoudiennes dans leur répression de toute opposition pacifique, une répression qui n’a fait que s’intensifier depuis que Mohammed ben Salmane est devenu prince héritier », a ajouté dans un communiqué la directrice des campagnes d’Amnesty International au Moyen-Orient, Samah Hadid.

A Londres, une rue longeant l’ambassade d’Arabie saoudite a été brièvement rebaptisée Khashoggi par des militants d’Amnesty International, à 13H14, l’heure exacte où le journaliste est entré dans le consulat de son pays en Turquie avant d’y être tué il y a un mois.

Les militants ont temporairement recouvert un panneau de stationnement de Curzon Street, dans le cœur de Londres, d’une plaque de rue similaire à une vraie mais portant l’inscription « Khashoggi Street » et le logo de l’organisation, une bougie entourée de barbelés.

Romandie.com avec(©AFP / (02 novembre 2018 18h43)

Khashoggi étranglé et démembré d’une manière préméditée, selon Ankara

octobre 31, 2018

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Manama au Bahreïn, le 15 décembre 2014 / © AFP/Archives / MOHAMMED AL-SHAIKH

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué par « strangulation » et son corps « démembré » au consulat de son pays à Istanbul d’une manière préméditée, a affirmé le parquet turc mercredi, Ankara regrettant un manque de coopération de Ryad dans l’enquête.

Parallèlement, le parti au pouvoir en Turquie, l’AKP, a estimé que le meurtre n’aurait pu être mené sans instructions de « haut niveau » de Ryad, qui a cherché à se dédouaner en affirmant que Khashoggi avait été tué lors d’une opération « non autorisée ».

Le parquet d’Istanbul a révélé des détails sur le meurtre, perpétré le 2 octobre, dans un communiqué publié quelques heures après le départ du procureur saoudien Saoud ben Abdallah Al-Muajab à l’issue d’une visite entamée dimanche en Turquie et qui n’a permis aucune avancée sur deux points clés de l’enquête: identifier les commanditaires du meurtre et ce qu’il est advenu du corps.

En annonçant que Khashoggi a été tué par strangulation et son corps démembré, le procureur d’Istanbul a confirmé pour la première fois des informations publiées depuis plusieurs semaines dans la presse turque sur les détails macabres du meurtre.

« Conformément à un plan prémédité, la victime Jamal Khashoggi a été étranglée à mort dès son entrée au consulat », a affirmé le procureur.

« Le corps de la victime a été démembré et on s’en est débarrassé suite à sa mort par strangulation, là encore conformément à un plan préparé d’avance », a-t-il ajouté.

– « Instructions de haut niveau » –

En insistant sur le caractère prémédité du meurtre et de la façon dont les tueurs se sont débarrassés du corps, le procureur démonte la version initiale des autorités saoudiennes selon laquelle Khashoggi a été tué lors d’un interrogatoire qui a mal tourné. Ryad a fini par admettre du bout des lèvres que le meurtre était prémédité mais seulement en se basant sur les éléments d’enquête fournis par les Turcs.

Avant la publication du communiqué du procureur, un haut responsable turc parlant sous couvert d’anonymat avait affirmé à l’AFP que les responsables saoudiens ne coopéraient pas « sincèrement » dans l’enquête.

L’affaire Khashoggi / © AFP / John SAEKI

Jamal Khashoggi, un éditorialiste saoudien collaborant notamment avec le Washington Post, a été tué par un commando saoudien dans le consulat de son pays à Istanbul après s’y être rendu pour des démarches administratives.

Son corps n’a pas été retrouvé depuis.

Le parquet s’est dit dans son communiqué « obligé » de révéler des éléments de l’enquête après avoir fait le constat que la visite à Istanbul du procureur général saoudien « n’a pas donné de résultat concret ».

Sous la pression internationale, Ryad avait reconnu, après plusieurs jours de dénégations, le meurtre du journaliste dans son consulat lors d’une opération « non autorisée », mais a avancé plusieurs versions contradictoires qui ont suscité le scepticisme.

Plusieurs responsables et médias turcs ont directement incriminé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, dans ce meurtre alors que Ryad s’efforce de le dédouaner en insistant sur le caractère « non autorisé » de l’opération.

« Qui a donné l’ordre? Il ne s’agit pas là d’une action qui aurait pu être menée sans des instructions de haut niveau », a martelé mercredi Omer Celik porte-parole de l’AKP, le parti au pouvoir en Turquie lors d’une conférence de presse à Ankara.

« Nous n’accusons personne mais nous ne tolérerons aucune opération de dissimulation et cela doit être clair », a-t-il ajouté.

– « Sauver MBS » –

Khashoggi: le procureur saoudien quitte le consulat d’Istanbul / © AFP / Celine Jankowiak

M. Celik en outre mis en doute les déclarations de Ryad affirmant ignorer où se trouve le corps du journaliste.

« Il est hors de question qu’ils n’en aient pas été informés », a-t-il dit, estimant que le consul saoudien à Istanbul, qui a regagné Ryad quelques jours après le meurtre, avait sans doute partagé cette information avec les autorités saoudiennes.

Des observateurs ont jugé les explications saoudiennes peu crédibles notamment en raison de la présence au sein du commando saoudien envoyé à Istanbul de plusieurs membres de services de sécurité directement rattachés au prince ben Salmane.

L’éditorialiste turc proche du pouvoir Abdülkadir Selvi a accusé mercredi dans le quotidien Hürriyet le procureur saoudien de travailler « pour sauver le prince héritier (saoudien) en manipulant cette enquête au lieu de faire la lumière sur ce meurtre ».

Commentant le déroulement de l’enquête, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a estimé mercredi que « le compte n’y est pas ».

« Aujourd’hui, même si les autorités saoudiennes ont reconnu qu’il y avait un meurtre, le compte n’y est pas. La vérité n’est pas au rendez-vous », a-t-il déclaré sur la radio RTL.

Romandie.com avec(©AFP / (31 octobre 2018 18h14)

Journaliste disparu: des enquêteurs américains travaillent avec Ankara et Ryad (Trump)

octobre 11, 2018

Washington – Donald Trump a indiqué jeudi que des enquêteurs américains travaillaient avec la Turquie et l’Arabie saoudite afin de faire la lumière sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul.

« On ne peut pas laisser cela arriver. Nous sommes très durs et nous avons des enquêteurs là-bas, et nous travaillons avec la Turquie et franchement nous travaillons avec l’Arabie saoudite », a déclaré le président américain dans un entretien téléphonique avec Fox.

« Nous allons étudier cela très, très sérieusement. Je n’aime pas cela du tout. Il n’y a pas de citoyens américains (impliqués), mais cela n’a pas d’importance dans ce cas. C’est un précédent terrible, terrible », a-t-il ajouté.

Interrogé sur le fait de savoir si la disparition suspecte de M. Khashoggi –exilé aux Etats-Unis depuis 2017 après être tombé en disgrâce à la cour du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane– pouvait mettre à mal les relations entre Washington et Ryad, Donald Trump a répondu qu’il fallait d’abord « trouver ce qui s'(était) passé ».

« Nous y sommes probablement plus proches que ce que vous pouvez penser », a-t-il précisé.

Le président américain avait déclaré mercredi s’être entretenu « au plus haut niveau » avec les Saoudiens, et ce « plus d’une fois », au sujet du journaliste saoudien, collaborateur du Washington Post.

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2018 13h26)