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Couverture d’actes pédophile: le pape accepte la démission d’un archevêque australien

juillet 30, 2018

Le pape lors d’un discours place Saint-Pierre au Vatican le 22 juillet 2018 / © AFP/Archives / Andreas SOLARO

Le pape François a accepté lundi la démission d’un archevêque australien condamné dans son pays à un an de prison pour avoir couvert des actes de pédophilie et pourtant initialement réticent à quitter ses fonctions.

« Le Saint-père a accepté la démission de ses fonctions pastorales de l’archevêché d’Adélaïde (dans le sud de l’Australie, ndlr) présentée par Mgr Philip Edward Wilson », a annoncé le Vatican dans une courte déclaration.

Agé de 67 ans, Philip Wilson, l’archevêque d’Adélaïde, avait été condamné le 3 juillet à un an de prison, devenant ainsi l’un des ecclésiastiques les plus haut placés dans la hiérarchie catholique mondiale à être sanctionnés par la justice civile.

Dès le mois de mai, il avait été reconnu coupable d’avoir dissimulé les sévices commis dans les années 1970 par Jim Fletcher, un prêtre pédophile notoire, en s’abstenant de signaler les accusations portées contre de ce prélat.

S’il s’était mis en congé de ses fonctions pour la procédure, l’archevêque avait jusqu’à récemment refusé de démissionner dans l’attente de l’issue de son appel. Il dément toutes les accusations retenues contre lui.

Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull avait appelé le 19 juillet le pape François à le congédier. « Il aurait dû démissionner et le temps est venu pour le pape de le limoger », avait déclaré M. Turnbull.

Dans une déclaration publiée lundi en Australie, l’archevêque d’Adelaïde a révélé qu’il avait envoyé sa démission au pape dès le lendemain, soit le 20 juillet. « Même si ma démission n’était pas requise, j’ai pris cette décision parce que je suis de plus en plus inquiet du niveau de douleur provoqué par ma condamnation au sein de la communauté », a-t-il expliqué.

Lundi, le chef du gouvernement australien a salué la mesure, soulignant que « la protection des enfants était la plus importante responsabilité d’une communauté ».

– Pas de trêve estivale –

Le pape François ne connaît pas de trêve estivale sur le dossier mondial des abus sexuels perpétrés par des membres de l’Eglise.

Samedi dernier, il avait accepté la démission du collège des cardinaux de l’Américain Theodore McCarrick, 88 ans, archevêque émérite de Washington, déjà interdit d’exercer son ministère après des accusations d’abus sexuels aux Etats-Unis remontant à presque 45 ans. Le vieil homme devra rester reclus dans une maison pour mener une vie de prière et de repentance.

Selon le site internet catholique américain Crux, un homme l’a notamment accusé d’avoir abusé sexuellement de lui dans la cathédrale St Patrick de New York, alors qu’il n’avait que 16 ans, au début des années 1970.

La confiscation du titre suprême de cardinal est quasiment une première historique (un cardinal français avait démissionné en 1927 pour des motifs politiques).

Elle révèle un évident durcissement du pape, très critiqué en début d’année pour ses erreurs de jugement concernant un vaste scandale de pédophilie au sein de la conservatrice Eglise du Chili.

Dans l’attente d’un procès organisé par le Vatican, qui pourrait l’exclure de l’Eglise, Theodore McCarrick demeure toutefois prêtre, à l’instar de l’archevêque australien démissionnaire.

Plusieurs autres cardinaux sont actuellement dans le collimateur de la justice pénale de leur pays, notamment l’Australien George Pell, le numéro 3 du Vatican, qui doit être jugé pour des accusations d’agressions sexuelles commises dans le passé contre des enfants.

L’archevêque de Santiago, le cardinal Ricardo Ezzati, a été pour sa part convoqué la semaine dernière par le procureur régional de Rancagua (centre du Chili) afin de répondre, le 21 août, aux accusations de dissimulation d’abus sexuels perpétrés par le clergé chilien.

Le pape François a déjà accepté la démission de cinq premiers évêques chiliens, dont le controversé Mgr Juan Barros qu’il avait défendu avec trop de vigueur au cours d’un voyage en janvier au Chili.

L’ensemble de l’épiscopat chilien avait présenté sa démission en bloc le 18 mai après une série de rencontres avec le pape argentin au Vatican, une démarche inédite dans l’histoire récente de l’Eglise catholique.

Le pape est attendu les 25 et 26 août en Irlande, où il sera confronté à l’histoire des scandales liés à des sévices commis au sein de l’Eglise qui ont détourné nombre d’Irlandais de la religion catholique. Il devrait discrètement y rencontrer des victimes.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juillet 2018 15h21)

Congo  : Il faut « sauver ce qui nous reste », s’alarme l’archevêque de Brazzaville

octobre 24, 2015

L’archevêque de Brazzaville, Mgr Anatole Nilandu, s’est inquiété d’un risque de « suicide collectif » à l’approche du référendum sur une modification de la Constitution congolaise. Son adoption permettrait à l’actuel chef de l’État, Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis près de 30 ans, de se porter candidat à la présidentielle de 2016.

À« Carrefour du dialogue »

« Nous pouvons encore sauver ce qui nous reste: la cohésion nationale », a-t-il écrit deux jours avant la consultation, prévue dimanche 25 octobre, dans un « appel à la classe politique congolaise », qu’il invite à revenir « au carrefour du dialogue ». Aucun homme politique majeur n’a réagi à cet appel alors que les funestes souvenirs des épisodes de guerre civile qui ont déchiré le pays pendant une dizaine d’année, entre 1993 et 2003, continuent de le marquer.

« Coup d’État constitutionnel »

Dénonçant le référendum comme un « coup d’État constitutionnel », deux coalitions d’opposition avaient tenté d’organiser des opérations de « désobéissance civile », mardi 20 octobre. Mais l’interdiction de tout rassemblement public, le même jour, a entraîné des heurts entre forces de l’ordre et manifestants à Brazzaville et à Pointe-Noire, la capitale économique du pays, et fait de quatre à une vingtaine de morts, selon les sources.

Après une nouvelle interdiction des rassemblements publics, l’opposition a annulé le grand rassemblement qu’elle prévoyait d’organiser dans la capitale vendredi 23 octobre, dernier jour de la campagne référendaire.

Internet mobile coupé

Accusant le pouvoir d’« usage disproportionné de la force, assassinats, atteintes à la liberté de l’information et de manifestation », cinq ONG congolaises de défense des droits de l’homme ont estimé vendredi dans un communiqué que « les conditions d’organisation d’un référendum n’étant pas réunies, le gouvernement [était] dans l’obligation de rechercher un consensus avec l’opposition ».

L’internet mobile, les services de SMS et le signal local en FM de la radio française RFI – une des stations les plus écoutées au Congo – restaient coupés, vendredi 23 octobre, pour la quatrième journée consécutive.

la-croix.com