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Saisie de biens de l’État du Niger : la justice française rendra sa décision en juin dans l’affaire Africard

mars 14, 2017

Des coupures en francs CFA d’Afrique de l’Ouest. © J.A.

L’État du Niger a été débouté mardi à Paris de sa demande de report dans la procédure l’opposant à la société Africard, qui lui réclame un préjudice de plusieurs milliards de francs CFA. La justice française décidera début juin si Areva doit s’acquitter de cette dette en lieu et place de Niamey.

C’est un épisode de plus dans la bataille qui oppose Africard, société de production de passeports biométriques, à l’État du Niger. Africard réclame au Niger, sur la base d’une condamnation de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada), plus de 16 milliards de francs CFA (24,4 millions d’euros), sans compter les intérêts courant depuis avril 2013 (soit une quarantaine de millions d’euros au total), pour avoir résilié de façon abusive un contrat en 2012.

Entre mi-octobre et mi-janvier, la société Africard a ainsi fait saisir une série de biens de l’État du Niger en France et aux États-Unis ainsi que 67,5 autres millions, saisis « sous la main d’Areva ». Considérant ces derniers comme des avoirs de l’État du Niger dans les caisses d’Areva, la justice française avait autorisé leur saisie, interdisant provisoirement à la société française spécialisée dans le nucléaire d’en disposer tel qu’elle le souhaitait.

Le sort de ces 67,5 millions d’euros devait être réglé à l’origine le 9 février dernier par le tribunal de grande instance de Nanterre. Celui-ci devait décider si les fonds restaient gelés dans les caisses d’Areva, si la saisie devait être levée, ou si Areva devait être contrainte de les utiliser pour rembourser, au nom de l’État du Niger, le montant du préjudice. Mais l’affaire avait été renvoyée au mardi 14 mars, sur demande de l’État du Niger.

Une nouvelle audience prévue le 6 juin

Ce dernier avait déposé fin janvier un recours devant la Cour commune de justice et d’arbitrage de l’Ohada (CCJA), qui l’avait condamné en 2012 et sur laquelle Africard s’appuie. Niamey espérait ainsi pouvoir faire casser la décision et estimait que cela devait entraîner la suspension de la procédure impliquant Areva en France.

Mais la justice en a décidé autrement ce 14 mars. Selon nos informations, le juge du tribunal de grande instance de Nanterre a refusé cette demande de recours et a confirmé qu’elle rendrait prochainement sa décision concernant les biens saisis « sous la main » d’Areva. Une audience doit avoir lieu le 6 juin prochain.

Jeuneafrique.com par

France/Uramin: l’ex-directeur financier d’Areva mis en examen

octobre 12, 2016

Paris – L’ancien directeur financier d’Areva, Alain-Pierre Raynaud, a été mis en examen par les juges d’instruction qui enquêtent sur le rachat désastreux pour le spécialiste du nucléaire de la société minière Uramin en 2007, a-t-on appris mercredi de source proche de l’enquête.

Il a été mis en examen pour complicité de présentation et publication de comptes inexacts ainsi que complicité de diffusion de fausses informations, a précisé cette source, confirmant une information du Canard enchaîné.

L’enquête porte sur le rachat en 2007 d’Uramin pour 1,8 milliard d’euros. L’exploitation des gisements d’uranium de l’entreprise canadienne en Namibie, Afrique du Sud et Centrafrique s’était avérée beaucoup plus difficile que prévu et l’opération s’était transformée en gouffre financier pour Areva.

Deux informations judiciaires sont ouvertes depuis 2014: l’une porte sur les conditions d’acquisition d’Uramin, l’autre sur les provisions inscrites par Areva en 2010 et 2011 pour couvrir ses pertes, les années précédentes étant couvertes par la prescription.

C’est dans le cadre de cette seconde enquête qu’Anne Lauvergeon a été mise en examen le 13 mai pour présentation et publication de comptes inexacts ainsi que diffusion de fausses informations, et placée sous le statut, moins défavorable, de témoin assisté pour abus de pouvoir.

Les magistrats cherchent à savoir si certains responsables d’Areva ont dissimulé la valeur réelle des mines rachetées à Uramin pour retarder au maximum l’inscription de provisions dans les comptes.

Fin 2011, six mois après le départ d’Anne Lauvergeon, le groupe avait fini par annoncer de lourdes pertes et une provision de 1,5 milliard d’euros sur la valeur de la société minière.

Mais plusieurs courriels internes, dont l’AFP a eu connaissance, montrent que la direction avait été alertée par la division des mines dès 2008 des difficultés d’exploitation des sites d’Afrique du Sud et de Namibie.

Nous ne disions pas que ces risques n’existaient pas, mais nous demandions (à la division des mines) des documents étayant ses hypothèses, avait déclaré en avril Alain-Pierre Raynaud devant les enquêteurs de la brigade financière, selon une source proche du dossier

Une ligne de défense partagée par l’ancienne patronne du groupe. Les messages du département des mines évoquaient des risques non prouvés à 100% et non étayés et l’exploration (de certains gisements) était loin d’être terminée, avait relevé le 13 mai Anne Lauvergeon.

Atomic Anne, qui avait rejeté une partie de l’échec de l’opération Uramin sur le département des mines, a été confrontée fin septembre à l’ancien responsable de cette division, Sébastien de Montessus.

Entre les pertes liées à Uramin, la catastrophe de Fukushima et les retards dans la construction d’un EPR à Olkiluoto en Finlande, le spécialiste du nucléaire est en pleine restructuration après cinq années consécutives de déficit.

Romandie.com avec(©AFP / 12 octobre 2016 16h04)

Départ d’un convoi de déchets très radioactifs de France vers la Suisse

septembre 10, 2014

CHERBOURG – Un train de déchets nucléaires hautement radioactifs retraités par Areva dans la Manche a quitté mercredi matin Valognes pour la Suisse, a annoncé le groupe nucléaire dans un communiqué.

Les quatre wagons de déchets sont issus de combustibles qui ont servi à produire l’équivalent d’environ 13 ans de consommation électrique d’une ville comme Zurich, a précisé le groupe nucléaire.

Trois wagons comprennent des déchets vitrifiés, qui concentrent la quasi totalité de la radioactivité et un quatrième des déchets dit compactés, moins radioactifs car issus des gaines métalliques qui contenaient les pastilles d’uranium du combustible, selon Areva.

Les déchets sont transportés dans une forteresse roulante, des emballages métalliques de 40 cm d’épaisseur, selon le groupe.

Une fois ce convoi arrivé à destination, Areva aura retourné 83% des déchets vitrifiés suisses et 74% des déchets compactés.

La loi oblige le groupe à renvoyer les déchets étrangers dans leur pays d’origine.

En général, ces convois mettent un à deux jours à arriver à destination en Suisse, selon Areva.

Le retraitement consiste à séparer les différentes matières contenues dans les combustibles qui sortent des centrales nucléaires afin, selon Areva, de réduire le volume des déchets produits.

Le groupe nucléaire affirme extraire 4% de déchets ultimes vitrifiés et 96% de matières recyclables, plutonium et uranium, avec lesquelles sont fabriquées de nouveaux combustibles. Mais, selon les écologistes, ces derniers marchent moins bien, sont plus polluants et peu utilisés.

La Suisse a décidé de sortir du nucléaire, après la catastrophe de Fukushima. Elle compte actuellement cinq réacteurs nucléaires, qui doivent être mis peu à peu hors service d’ici à 2034.

AREVA

Romandie.com avec(©AFP / 10 septembre 2014 17h02)

Niger : la prison de Niamey attaquée par un « groupe armé »

juin 1, 2013
Le ministre nigérien de la Justice, Marou Amadou, le 16 septembre 2011 à Niamey. Le ministre nigérien de la Justice, Marou Amadou, le 16 septembre 2011 à Niamey. © AFP

La prison de Niamey a été attaquée samedi par un « groupe armé » non identifié, tuant au moins deux gardes pénitentiaires, a déclaré à l’AFP le ministre nigérien de la Justice Marou Amadou.

« La prison civile de Niamey a été attaquée. Nous avons la confirmation de la mort de deux gardes. Il s’agit d’un groupe armé que nous n’avons pas encore identifié », a-t-il indiqué. M. Amadou, par ailleurs porte-parole du gouvernement, a ajouté ne pas connaître pour l’heure la situation exacte sur place.

Selon des témoins, un ou plusieurs assaillants se trouvent à l’intérieur de la prison, qui est encerclée par les forces de l’ordre. Depuis le début de l’après-midi, on entend des tirs depuis la prison centrale. Tout le monde est barricadé chez lui, a rapporté un riverain. Il n’était pas possible dans l’immédiat de savoir si cette attaque était liée aux deux attentats suicide qui ont frappé le 23 mai le Niger pour la première fois de son histoire.

Deux attaques quasi-simultanées contre le grand camp militaire d’Agadez, la principale ville du Nord, et un site d’uranium du groupe nucléaire français Areva à Arlit (à plus de 200 km au nord) avaient fait plus d’une vingtaine de morts, essentiellement des militaires nigériens. Ces attentats ont été revendiqués par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et un autre groupe jihadiste, les Signataires par le sang de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar. Cet ex-responsable d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a menacé de frapper de nouveau le Niger et les autres pays engagés militairement au Mali, où une intervention franco-africaine a permis depuis janvier de reprendre le nord du pays aux islamistes armés qui le contrôlaient depuis 2012.

Jeuneafrique.com avec AFP

Niger: Areva annonce le décès d’une victime, et 14 blessés à Arlit

mai 23, 2013

 

PARIS – Le groupe nucléaire français Areva a annoncé jeudi après-midi qu’une personne était décédée à la suite de l’attentat qui a touché le site minier d’Arlit au nord du Niger, exploité par sa filiale Somaïr.

Le groupe a précisé dans un bref communiqué que le bilan à ce stade de cette attaque faisait également état de 14 blessés, tous transférés à l’hôpital de Somair.

Areva ne spécifie pas, dans ce nouveau bilan alourdi, la nationalité des victimes.

Dans la matinée, il avait indiqué que treize collaborateurs d’Areva, tous nigériens, avaient été blessés.

Un double attentat à la voiture piégée contre l’armée nigérienne et le groupe français Areva, revendiqué par les islamistes du Mujao, a fait jeudi dans le nord du Niger une vingtaine de morts, essentiellement des militaires.

Avant le site d’Arlit, la première attaque a visé un camp militaire d’Agadez, la grande ville du nord désertique du Niger.

Il s’agit des premiers attentats du genre dans l’histoire de ce pays sahélien très pauvre engagé depuis début 2013 au Mali voisin, aux côtés de troupes françaises et africaines, contre des mouvements jihadistes.

Areva, deuxième producteur mondial d’uranium, extrait plus du tiers de son minerai au Niger. Il y est présent depuis plus de 40 ans et exploite deux grandes mines à côté d’Arlit, dans le nord du Niger, via deux sociétés, la Somaïr et la Cominak, qui représentent 37% de sa production d’uranium totale.

AREVA

Romandie.com avec (©AFP / 23 mai 2013 16h00)

Niger : au moins 23 morts dans les attentats d’Arlit et d’Agadez

mai 23, 2013
Patrouille de soldats nigériens le 27 septembre 2010 entre Agadez et Arlit. Patrouille de soldats nigériens le 27 septembre 2010 entre Agadez et Arlit. © AFP

Selon un premier bilan officiel, 23 personnes – 18 militaires, quatre kamikazes et un civil – ont été tuées dans une attaque à la voiture piégée contre une caserne militaire à Agadez, jeudi 23 mai au petit matin. Un cinquième assaillant retient en otages de jeunes élèves officiers dans un local.

Publié à 9h36, mis à jour à 14h51.

C’est un coup dur pour l’armée nigérienne engagée au Mali voisin. Jeudi matin, vers 5h30 du matin, un 4×4 bourré d’explosifs a sauté devant une caserne militaire d’Agadez, dans le nord du Niger. D’après un premier bilan officiel, 18 militaires nigériens, un civil et quatre kamikazes ont été tués lors de cette attaque. La caserne abritait de jeunes militaires en formation, légèrement équipés, ce qui explique ce très lourd bilan côté nigérien. Selon les autorités, un cinquième kamikaze retient des élèves officiers en otages dans un local.

D’après une source proche du Premier ministre, des éléments de l’armée française sont arrivés sur place. Contacté par Jeune Afrique, le ministère français de la Défense a refusé de confirmer l’information, sans toutefois la démentir.

Le ministre nigérien de la Défense Mahamadou Karidjo est également arrivé à Agadez. Il a affirmé que les jihadistes étaient des « peaux rouges », terme utilisé pour désigner des membres des communautés touarègue ou arabe. De son côté, une source gouvenrnementale affirme que les auteurs de l’attaque étaient venus de Libye.

Attentat-suicide contre un site d’Areva

Pratiquement en même temps que l’attaque d’Agadez, aux environs de 5h30 du matin, un autre 4×4 piégé a explosé à Arlit, sur le site de la mine de la Somaïr (Société des mines de l’Aïr), exploitée par le groupe français Areva. D’après un communiqué de la compagnie française, « 13 collaborateurs ont été blessés » et « pris en charge par les services de secours locaux ». Selon un employé de la société, le kamikaze serait mort dans l’explosion. « Un homme en treillis militaire conduisant un véhicule 4×4 bourré d’explosifs s’est confondu aux travailleurs de la Somaïr. Il a pu faire exploser sa charge devant la centrale électrique de l’usine de traitement d’uranium », a également affirmé cet employé.

Les forces de sécurité nigériennes ont renforcé les dispositifs de sécurité sur les sites d’Areva. L’armée est par ailleurs en train de ratisser la zone.

Cette double attaque terroriste sanglante a été revendiquée à la mi-journée par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), un des groupes islamistes armés qui contrôlait le Nord-Mali avant l’intervention militaire franco-africaine. « Grâce à Allah, nous avons effectué deux opérations contre les ennemis de l’islam au Niger », a déclaré à l’AFP Abu Walid Sahraoui, porte-parole du Mujao. « Nous avons attaqué la France et le Niger pour sa coopération avec la France dans la guerre contre la charia », a-t-il ajouté, tout en menacant d’autres actions contre la France et ses alliés africains.

Le Mujao, composé en grande partie d’Africains subsahariens (contrairement à ses alliés d’Aqmi ou d’Ansar Eddine), a revendiqué plusieurs attentats-suicides ces derniers mois, dont plusieurs à Gao, la plus grande ville du nord malien.

Jeuneafrique.com par  Benjamin Roger

Les otages français enlevés dans le nord du Niger sont vivants

mai 11, 2013

PARIS – Le président nigérien Mahamadou Issoufou a affirmé que les otages français enlevés en 2010 sur un site du groupe Areva dans le nord du Niger étaient toujours vivants, tout en reconnaissant ignorer le lieu de leur détention, dans un entretien à France 24 diffusé samedi.

Jusqu’ici les informations que nous avons permettent de dire qu’ils sont en vie, a déclaré M. Issoufou, qui a rencontré vendredi à Paris le président français François Hollande.

Mais où sont-ils ? Il est extrêmement difficile de le dire. Ils peuvent être au Mali, dans l’extrême nord, près de la frontière avec la Mauritanie. Ils peuvent être en Libye ou ailleurs mais on n’a pas d’informations précises sur le lieu où ils sont détenus, a-t-il ajouté.

On n’a pas eu d’information contraire au fait qu’ils seraient vivants. Ils sont vivants, a-t-il insisté.

Daniel Larribe, Thierry Dole, Marc Féret et Pierre Legrand, quatre Français enlevés le 16 septembre 2010 sur le site du groupe nucléaire français Areva à Arlit (nord du Niger) par Al-Quaïda au Maghreb islamique (Aqmi) restent aux mains de leurs ravisseurs.

François Hollande a laissé entendre le 19 avril que la France n’avait pas de contacts avec leurs ravisseurs, pas plus qu’avec ceux de quatre autres otages français enlevés au Mali et au Nigeria et détenus au Sahel.

Nous cherchons (des contacts) depuis des semaines, que dis-je, des mois, a-t-il déclaré, alors que la France est engagée militairement au Mali contre les groupes islamistes armés.

Les familles des quatre otages ont demandé que les recherches entreprises dans le nord du Mali par les troupes françaises cessent car elles représentent un risque terrible pour les otages, dans un communiqué publié le 1er mai.

Nous attendons que l’État fasse preuve d’efficacité pour renouer les contacts et négocier avant qu’il ne soit trop tard, soulignaient les familles dans leur communiqué.

AREVA

Romandie.com avec (©AFP / 11 mai 2013 17h50)

La France a-t-elle payé une rançon à Aqmi pour libérer ses otages ?

février 8, 2013
 
Les otages encore détenus par l'Aqmi Les otages encore détenus par l’Aqmi © AFP

La France, comme les autres pays occidentaux, paye des rançons pour la libération de ses ressortissants détenus en otages au Sahel. C’est ce qu’a affirmé Vicky Huddleston, l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis au Mali. Quelques 17 millions de dollars auraient ainsi été versés aux salafistes pour la libération de quatre Français enlevés en 2010 au nord du Niger.

Vicky Huddleston est catégorique. « Il y a deux ans, Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) a pris des Français en otage dans une mine d’uranium au nord du Niger. Et pour faire libérer ses otages, la France a payé une rançon. » L’ex-ambassadrice des États-Unis au Mali, entre 2002 et 2005, affirme dans un entretien exclusif diffusé ce vendredi 8 janvier sur la chaîne française i-Télé que les autorités françaises ont bien versé une rançon d’ « environ 17 millions de dollars » à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pour obtenir la libération des quatre Français enlevés au Niger en 2010. « Les rançons, comme toutes les rançons, ont été payées indirectement. Elles ont terminé entre les mains du gouvernement malien et ensuite elles sont retournées, du moins une partie, aux salafistes », a-t-elle expliqué.

 

Les otages étaient des employés des groupes Areva et Vinci. Ils ont été kidnappés à Arlit, dans le nord du Niger, et demeurent encore en captivité, malgré l’éventuel paiement d’une rançon – non confirmée par les autorités françaises. Idem pour les trois autres ressortissants enlevés en 2011 et 2012 sur le territoire malien par les groupes islamistes actifs dans la région.

Tout le monde sait que l’argent passe de main à main et par différents intermédiaires, [pour terminer] dans la trésorerie d’Aqmi.


Vicky Huddleston
, ancienne ambassadrice américaine à Bamako

Entre 2004 et 2011, pour libérer des otages au Sahel, les Européens auraient ainsi payé 89 millions de dollars, selon Vicky Huddleston. « Tout le monde sait que l’argent passe de main à main et par différents intermédiaires, [pour terminer] dans la trésorerie d’Aqmi. Cela leur permet d’acheter des armes et de recruter. »

Premier responsable politique à avoir réagi aux déclarations de l’Américaine, Claude Guéant, ministre de l’Intérieur de 2011 à mai 2012, affirme que « la France n’a jamais payé pour la libération d’otages ». « Ce n’est pas parce qu’une ancienne ambassadrice des Etats-Unis déclare ce qu’elle vient de déclarer que c’est la vérité », a-t-il ajouté.

Depuis Bruxelles où il participe au sommet des dirigeants européens, François Hollande a également écarté toute option de rançon pour la libération de sept otages français encore détenus au Sahel. «  Aujourd’hui nous sommes dans la recherche de contacts mais il n’y a pas de question financière qui puisse être évoquée. Mais nous ferons tout pour libérer nos compatriotes », a déclaré le président français.  

Même pour la libération des journalistes Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, prisonniers pendant 18 mois en Afghanistan, le gouvernement français avait nié avoir versé le moindre centime d’euro aux talibans. Encore moins pour la libération de trois humanitaires français au Yémen.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula (@Tresor_k)

Mali : l’épouse de l’otage Daniel Larribe se dit inquiète

janvier 18, 2013
Mali : l'épouse de l'otage Daniel Larribe se dit inquiète
 
Françoise Larribe ressent une  » angoisse sans nom « . Un sentiment renforcé depuis l’intervention de l’armée française au Mali. Ce vendredi, l’épouse de Daniel Larribe a exprimé son inquiétude quant à l’avenir de son mari, l’un des six otages français enlevés au Niger en septembre 2010 par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
 
L’employé d’Areva et ses collègues Thierry Dol, Marc Ferret et Pierre Legrand  » sont toujours retenus dans les étendues désertiques du nord-Mali et les événements actuels nous laissent dans une détresse et une angoisse sans nom, indéfinissable « , a-t-elle déclaré ce vendredi à Cahors où elle était venue participer à la mise en place d’une banderole de soutien aux otages sur la façade du conseil général du Lot. Une détention difficile.
 
Interrogée sur la guerre menée par la France au Mali, Françoise Larribe a refusé de se prononcer, expliquant que sa seule préoccupation était le retour des otages.  » Comment ne pas imaginer ce que doit être leur solitude, leur désespérance et leur souffrance « , a-t-elle affirmé. Une douleur familière puisque la sexagénaire avait également été enlevée en septembre 2010 avant d’être libérée cinq mois plus tard. Heureuse d’avoir été  » rendue à ses filles « , elle confie néanmoins avoir souffert  » de laisser Daniel là-bas, de l’autre côté « .

Le 3 janvier dernier, Laurent Fabius avait affirmé aux familles des otages que les salariés d’Areva étaient  » vivants et en bonne santé  » malgré des conditions de détention  » très dures « . Mais difficile de savoir, selon Françoise Larribe, si la France est vraiment en contact avec les ravisseurs étant donné  » le maelström qui se passe dans la région « .

ELLE.fr