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L’Argentine dit non à l’élevage de saumons, une première dans le monde

juillet 2, 2021

La décision est historique : à l’unanimité, l’Assemblée législative de la Terre de Feu a interdit cette pratique, néfaste pour l’environnement.

L'activite d'elevage de saumons, ici a Bahia Ralun, represente des milliers d'emplois au Chili, deuxieme pays producteur au monde.
L’activité d’élevage de saumons, ici à Bahia Ralun, représente des milliers d’emplois au Chili, deuxième pays producteur au monde.© PHILIPPE GIRAUD / Biosphoto / Biosphoto via AFP

L’Argentine est devenue, ce mercredi 30 juin, le premier pays du monde à bannir l’élevage de saumons. L’Assemblée législative de la Terre de Feu, un archipel partagé avec le Chili, a voté à l’unanimité une loi interdisant cette activité dans la province, révèle le journal Pàgina 12, dont se fait l’écho Courrier international. La Terre de Feu est un archipel chilien-argentin situé en Patagonie argentine, à l’extrême sud du continent sud-américain. Cette décision est « un pas de géant » dans le combat pour la préservation des écosystèmes marins, selon un communiqué de Greenpeace.

À noter que cette loi provient bien des autorités argentines du territoire. Du côté chilien du canal de Beagle, « l’avancée de l’élevage du saumon se poursuit, même dans les zones protégées », a dénoncé Estefanía González, porte-parole de la campagne océans de Greenpeace, auprès de Paginà 12. En Argentine, ce projet de loi a été soutenu par des organisations environnementales, à commencer par Greenpeace Argentina. « Jusqu’à présent, il n’y a eu aucune trace de législation au niveau provincial ou national dans le monde qui protège les écosystèmes des dommages de cette industrie », a réagi l’ONG. La salmoniculture est une activité hautement néfaste pour l’environnement, dont les dégâts peuvent être « irréversibles ». D’après Estefanía González, au Chili, « nous avons vu des morts de baleines ou d’autres espèces marines de la pollution des fonds qui laisse de véritables déserts ».

Une catastrophe écologique

Après la Norvège, le Chili est d’ailleurs le deuxième pays producteur de saumons au monde. Cette activité représenterait 21 000 emplois dans un pays de 18 millions d’habitants. Pour autant, l’élevage de saumons engendre des maladies virales, bactériennes et parasitaires, tandis que l’utilisation d’antibiotiques provoque « d’innombrables défaillances dans l’écosystème », détaille la loi en question.

ll y a quelques mois, en avril dernier, Greenpeace s’était déjà alarmée des dommages provoqués par la production de saumons d’élevage au Chili. Plus de 4 200 tonnes de poissons avaient été asphyxiés dans 18 fermes du sud du pays. En cause : la prolifération d’une algue responsable d’une réduction de l’oxygène dans l’eau et donc de la mort des poissons. Greenpeace expliquait à l’époque que « l’influence de la pollution produite par l’élevage de saumons est indéniable »

Par Le Point avec AFP

Coronavirus: Plus de 80 000 morts en Argentine

juin 5, 2021

CORONAVIRUS: PLUS DE 80 000 MORTS EN ARGENTINE

© Reuters/AGUSTIN MARCARIAN 

BUENOS AIRES (Reuters) – L’Argentine est aux prises avec une deuxième vague de l’épidémie de coronavirus depuis la mi-février qui pousse les hôpitaux près de la saturation et ses citoyens au désespoir.

Vendredi en fin de journée, l’Argentine avait confirmé 80.411 décès dus à la maladie, et un total de 3,9 millions de cas pour une population de 45 millions d’habitants.

Le gouvernement s’est efforcé de trouver un équilibre entre les mesures de confinement et le maintien d’une économie déjà en difficulté, tout en menant une campagne de vaccination qui a mis du temps à démarrer et qui, selon les médecins, ne parviendra pas à faire baisser les taux d’infection avant plusieurs mois.

L’Argentine inocule à ses citoyens le vaccin russe Sputnik V, le vaccin d’AstraZeneca et le vaccin chinois Sinopharm.

Depuis le début de la campagne vaccinale, la veille de Noël de l’année dernière, le pays a procédé à 13,4 millions d’inoculations, mais seulement 3 millions de personnes environ ont reçu deux doses de vaccin.

Avec Reuters par (Miguel Lo Bianco, version française Camille Raynaud)

Argentine: Les soins apportés à Maradona avant sa mort inappropriés et imprudents

mai 1, 2021

LES SOINS APPORTÉS À MARADONA AVANT SA MORT INAPPROPRIÉS ET IMPRUDENTS

© Reuters/AGUSTIN MARCARIAN 

BUENOS AIRES (Reuters) – Une commission médicale chargée d’enquêter sur le décès de Diego Maradona a conclu que l’équipe médicale qui a pris en charge l’idole du football a agi de façon « inappropriée, déficiente et imprudente », selon une copie de son rapport que Reuters a pu consulter.

Le décès de Maradona a bouleversé l’Argentine où la star, qui a lutté pendant des années avec des addictions et des problèmes de santé, était vénérée.

Le parquet argentin a ouvert une enquête peu de temps après sa mort à 60 ans d’un problème cardiaque dans son domicile de Buenos Aires, ordonnant notamment des perquisitions au domicile du médecin personnel du footballeur.

Une commission médicale a été nommée par le ministère de la Justice pour étudier les accusations visant l’équipe médicale qui prenait en charge le footballeur.

« L’action de l’équipe médicale chargée de soigner DAM (Diego Armando Maradona) a été inadéquate, déficiente et imprudente », déclare la commission médicale dans un rapport daté du 30 avril.

Le rapport explique que l’état de santé de Maradona s’est gravement dégradé et que sa mort a commencé environ 12 heures avant son décès à la mi-journée le 25 novembre.

« Il a présenté des signes sans équivoque d’une période prolongée d’agonie donc nous en concluons que le patient n’a pas été adéquatement surveillé à partir de 00:30 le 25/11/2020 », peut-on lire dans le rapport.

Reuters n’a pas pu joindre le parquet et les avocats concernés pour un commentaire.

Maradona, champion du monde avec l’Argentine en 1986, a joué entre autres pour Barcelone, ​​Naple, Séville et Boca Juniors et est considéré comme l’un des plus grands footballeurs.

Avec Reuters par (Juan Bustamante, version française Gwénaëlle Barzic)

Maradona : l’Afrique pleure une icône

novembre 26, 2020
Un supporter se recueille devant une fresque de Maradona, en Argentine, le 25 novembre 2020.

Diego Maradona, le génial joueur argentin, est décédé le 25 novembre à l’âge de 60 ans. Icône dans son pays, El Pibe de Oro a laissé une immense empreinte partout dans le monde, et notamment en Afrique.

Il était un caméléon, mi-ange, mi-démon. Un homme souvent excessif, à la fois attachant et exaspérant, et surtout un footballeur hors norme. Diego Maradona, dont la santé était chancelante depuis des années, à cause d’une consommation démesurée de drogue, d’alcool et de cigares, est parti, le 25 novembre 2020, d’un arrêt cardiaque.PUBLICITÉ

Quelques semaines plus tôt, l’Argentin avait une nouvelle fois été hospitalisé, pour un problème au cerveau, une énième alerte qui précèdera l’inévitable verdict que tout le monde savait inéluctable.

Merveilleux et instinctif

On ne s’attardera pas ici sur les excès du gamin des bidonvilles de Buenos Aires, devenu une star mondiale grâce aux titres conquis, à Naples, cette ville populaire et bouillonnante, qu’il n’avait sans doute pas choisie par hasard, ou avec l’Argentine lors de la Coupe du Monde 1986. Où à son lucratif séjour à Tripoli, en 1999, pour donner des leçons de football à Saadi Kadhafi, fils de dictateur et footballeur professionnel à ses heures perdues.

LES AFRICAINS QUI AIMENT LE FOOTBALL PLEURENT MARADONA

Non, il sera ici question de ce joueur merveilleux et instinctif, membre éternel du club très fermé des génies, où il côtoie Pelé, Platini, Zico, Cruyff, Zidane, Messi  et Ronaldo, les deux, le Brésilien et le Portugais. En Afrique, Maradona, était, à sa plus belle époque, de1980 et 1990, adulé, vénéré, respecté.

« Bien sûr, à l’époque, il y avait beaucoup moins de matches à la télé, ni Internet, mais on le voyait jouer, surtout quand il est arrivé à Barcelone (1982), et qu’il est parti à Naples (1984-1987). Ses matches avec le Barca étaient parfois retransmis au Maroc. Les Marocains, tous les Africains, l’aimaient, parce qu’ils faisaient des choses extraordinaires avec un ballon. Il venait d’un milieu très pauvre, et il était devenu le meilleur joueur du monde. Beaucoup d’enfants, mais aussi de joueurs professionnels, s’identifiaient un peu à lui », se souvient Mustapha El Haddaoui, l’ancien milieu de terrain des Lions de l’Atlas, qui aura attendu 2018 et un match de gala à Laayoune pour croiser le Sud-américain sur un terrain.

Et le joueur marocain d’ajouter : « C’était un numéro 10 génial, capable de tout faire avec son pied gauche, marquer et faire des passes décisives. Aujourd’hui, les Africains qui aiment le football pleurent Maradona… »

Face au Cameroun en 1990

Maradona et Pelé, en 1987.

Joueur, El Pibe de Oro n’a pas souvent affronté de sélections africaines, souvent peuplées de joueurs voyant en lui un véritable Dieu vivant. Le Camerounais François Omam-Biyik, de six ans son cadet, ne s’imaginait pas un jour être au même endroit, à la même heure « que ce joueur qui nous faisait rêver, quand on était plus jeune. »

Arrivé en France en 1987, le Lion indomptable a battu l’Argentin un après-midi de juin 1990, à Milan, en match d’ouverture de la Coupe du Monde (1-0), se chargeant lui-même d’inscrire le seul but du match.

« Vous vous rendez compte ? Quand on se prépare à affronter un tel joueur, on flippe un peu, et à la fin, vous gagnez, face à un homme qui vous donnait tant de joie quand vous étiez gamin. On voyait que Maradona aimait le contact avec le ballon. »

Depuis le Maroc, El Haddaoui abonde : « Il donnait du bonheur aux gens, et malgré les exigences du haut niveau, on voyait qu’il aimait s’amuser, que le contact du ballon le rendait tout simplement heureux. »

Il y a ceux qui ont pu l’affronter, quelques heures ou quelques minutes. Et il y a ceux qui ont côtoyé la star argentine au quotidien. Comme Alphonse Tchami, lui-aussi camerounais, recruté par Boca Juniors en 1993. Le club où Maradona, après quatre saisons à Argentinos Juniors, avait  effectué un premier passage flamboyant, en 1981.

« Un jour, alors que j’étais à Boca depuis quelques semaines, on est dans le vestiaire, et j’entends que Maradona va bientôt signer. Mon premier réflexe, ça été de me dire que ce serait génial d’évoluer avec un tel monument. Puis je me suis demandé si j’allais être au niveau ! »

Diego Maradona, sous le maillot de Naples, en 1987.

À L’ENTRAÎNEMENT, IL AIMAIT QU’ON REFASSE LE CAMEROUN-ARGENTINE DE 1990

« À peine arrivé, Maradona déclare à la presse « qu’un joueur black sera titulaire dans son équipe ». C’était moi. Il était vraiment sympa avec moi, nous avions une très bonne relation », se souvient le Camerounais.

Sur le terrain, mais aussi en dehors. « Diego avait une vie privée animée, on le savait. Il aimait faire la fête, organiser des soirées chez lui, chez des amis, et il invitait souvent ses coéquipiers. C’était un type généreux, excessif, attachant, et qui aimait vraiment le football. Pour lui, c’était un jeu, un spectacle. À l’entraînement, il aimait qu’on refasse le Cameroun-Argentine de 1990, il voulait sa revanche, même si je n’avais pas participé à ce Mondial. »

« Quand il voyait un ballon, il était heureux »

Diego Maradona, devant une foule de fans argentins, le 26 décembre 2019.

Maradona, ce personnage haut en couleur, était précédé d’une réputation d’homme incontrôlable et imprévisible, agissant souvent sur des coups de tête.

« On m’avait dit que ce type était fou », rigole l’ancien international algérien Yacine Bentaala, l’entraîneur des gardiens de but d’Al-Wasl Dubaï, où l’Argentin est nommé coach en 2011. « Et j’ai travaillé un an avec lui, sans aucun problème. Oui, il avait une forte personnalité, il pouvait parfois péter un plomb, comme danser nu sur le balcon de sa chambre d’hôtel, après une victoire en championnat ou envoyer promener les journalistes. Mais au quotidien, il était agréable, plutôt modeste, malgré son immense aura. Quand il est arrivé au club, j’étais intimidé, un peu hésitant au moment de l’aborder, mais Diego m’avait mis à l’aise. »

L’image que Bentaala veut retenir de l’Argentin est finalement celle que les amoureux du football conserveront. « Quand il voyait un ballon, il était heureux. Comme  quand, après les entraînements, on faisait des parties de tennis-ballon. Là, il redevenait comme un gosse… »

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Argentine: saisie de 82 kg de cocaïne à bord d’un avion en route pour Amsterdam

janvier 15, 2020

Sept personnes ont été arrêtées et 82 kilos de cocaïne ont été saisis à bord d’un avion-cargo qui s’apprêtait à décoller de Buenos Aires avec pour destination finale Amsterdam, a indiqué mercredi une source aéroportuaire.Parmi les personnes arrêtées lors de l’opération policière effectuée mardi figurent trois membres de l’équipage de l’avion de la compagnie KLM Cargo.

Alertés par des mouvements suspects, des officiers de la douane ont réclamé le report du décollage et ont obtenu l’autorisation d’un juge pour fouiller l’appareil, selon des sources citées par la presse argentine. La drogue était dissimulée dans des boîtes en carton.

L’appareil était arrivé lundi à l’aéroport international d’Ezeiza à Buenos Aires en provenance de Sao Paulo et après une escale de quelques heures aurait dû décoller mardi pour Quito avant de se rendre à Amsterdam, sa destination finale.

Lors d’une autre opération en septembre 2019, plus de 250 kilos de cocaïne ont été saisis à l’aéroport d’Ezeiza. Selon les enquêteurs, les trafiquants projetaient d’acheminer la drogue à Madrid à bord d’un appareil de la compagnie Air Europa.

Par Le Figaro avec AFP

Argentine: qu’est-ce que le péronisme, ce mouvement politique vainqueur de la présidentielle ?

octobre 28, 2019

 

Ni de droite, ni de gauche, le péronisme est un mouvement national et populaire qui a participé à la construction nationale de l’Argentine. Il s’incarne en la personne de Juan Perón.

Le péronisme est de retour au pouvoir en Argentine. Le candidat péroniste de centre gauche Alberto Fernández a remporté ce dimanche 27 octobre l’élection présidentielle face au président sortant Mauricio Macri. Il met ainsi un terme à quatre années de parenthèse libérale. Mais le péronisme, c’est quoi exactement ?

Les origines du mouvement

Le mouvement commença le 17 octobre 1945, en Argentine. Une contestation massive de «descamisados», petit peuple des «sans-chemise», se rassemblait place de Mai, devant le siège de la présidence à Buenos Aires. Les manifestants réclamèrent la libération du colonel et secrétaire au Travail, Juan Perón, emprisonné alors qu’il faisait de l’ombre au pouvoir militaire en place. Les ouvriers protestaient contre la fraude électorale et les abus du patronat. Ils ont vu en Juan Perón la figure d’un sauveur. Un an plus tard, le militaire était élu président. Il siégea à trois reprises à la tête du pays (1946-1952, 1952-1955 et 1973-1974) et reste, encore aujourd’hui, l’un des grands mythes de l’histoire argentine.

Entre 1946 et 1949, Juan Perón organisa une redistribution sociale massive en faveur des classes populaires et gagna rapidement le soutien des ouvriers. Le péronisme fit entrer l’Argentine dans la modernité post-Seconde Guerre mondiale et répondait à la crainte que le pays tombe dans le communisme. Réélu pour la troisième fois en 1973, Juan Perón mourut un an plus tard, laissant derrière lui un pays profondément divisé, teinté de rouge par une dictature sanglante. Les juntes militaires se sont succédé entre 1976 et 1983 et ont fait près de 30.000 «desaparecidos» (disparus), des personnes arrêtées et tuées dans le plus grand secret.

Ni à droite, ni à gauche

«Le péronisme est un mouvement national et populaire qui a participé à la construction de la nation argentine», analyse Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Iris (Institut des relations internationales et stratégiques) et spécialiste de l’Amérique latine. Ce mouvement s’inscrit dans une logique «d’intégration et de soutien des classes populaires. Il emprunte aussi une dimension nationaliste, avec l’idée de conciliation entre les classes et la bourgeoisie active». Le leader, incarné par l’image de Juan Perón, a un rôle de «ciment» entre l’ensemble de la population.

La doctrine péroniste défend aussi l’industrialisation face aux grands propriétaires terriens, le contrôle des exportations, un État fort et centralisé ainsi que la neutralité internationale et l’intégration politique et commerciale sud-américaine. Les problématiques de santé, d’éducation, et de justice sociale sont aussi prédominantes. Difficile, voire impossible de classer le péronisme sur l’échiquier politique dit «classique».

À un journaliste espagnol qui lui demandait de parler du paysage politique argentin, Juan Perón avait répondu : «Regardez en Argentine, il y a 30% de radicaux (sociaux-démocrates), 30% de conservateurs et autant de socialistes». «Mais, où sont les péronistes ?», a alors demandé le journaliste. «Ah, mais nous sommes tous péronistes !» Mais une autre question se pose : le péronisme est-il populiste ? «Une bonne partie de la théorie du populisme politique provient d’Argentine. S’il est un populisme, au sens réel du terme, c’est bien le péronisme argentin. Il vise à construire un mouvement populaire massif et s’oppose aux partis traditionnels», analyse Christophe Ventura.

Réunification du péronisme

La victoire d’Alberto Fernández et de sa vice-présidente Cristina Kirchner constitue une «réunification du péronisme», poursuit Christophe Ventura. Le libéral Mauricio Macri, premier non-péroniste de droite élu à la tête de l’Argentine en 2015, a laissé sa place. «C’est une renormalisation de la vie politique argentine. On voit qu’on ne peut pas gouverner sans le péronisme. C’est encore le mouvement politique le plus puissant en Argentine», estime le chercheur à l’Iris. Et d’ajouter : «Le centre de gravité du péronisme victorieux aujourd’hui est plutôt de centre-gauche, ce qu’incarne Cristina Kirchner, même si pour gagner, le péronisme a réuni ses franges intérieures.»

«La victoire d’Alberto Fernández et de Cristina Kirchner indique aussi que la présupposée fin du cycle de la gauche en Amérique latine est bien plus plus complexe qu’on le pensait. Il y a des gauches résilientes qui reviennent au pouvoir, comme en Argentine, mais les droites demeurent puissantes. Un équilibre des forces se redessine», conclut Christophe Ventura.

Par Adrien Filoche, avec AFP

Un cousin du président argentin admet avoir corrompu l’administration précédente

août 6, 2018

Cahier rempli par le chauffeur de ministère argentin Oscar Centeno, à l’origine d’un important scandale de corruption. / © LA NACION/AFP / HO

Plusieurs chefs d’entreprise, dont un cousin du président argentin Mauricio Macri, ont avoué lundi avoir versé des pots-de-vin à l’administration de l’ex-présidente Cristina Kirchner, après avoir été cités dans un scandale de corruption.

Le cousin du président, Angelo Calcaterra, 60 ans, s’est présenté spontanément lundi matin au tribunal de Comodoro Py à Buenos Aires, où il a été entendu par le juge Claudio Bonadio, qui a interpellé huit haut fonctionnaires et huit chefs d’entreprises dans le cadre du scandale des « Cahiers de la corruption », et convoqué l’ex-présidente Cristina Kirchner.

Le 3 août, la publication des cahiers du chauffeur du ministère de la Planification a mis à nu un système de remise de sacs d’argent à des fonctionnaires de l’administration précédente, allant jusqu’au domicile du couple Kirchner.

Le procureur estime que les pots-de-vin pourraient atteindre 160 millions de dollars.

– « Repenti » –

Calcaterra est passé aux aveux pour obtenir le statut de « collaborateur repenti », qui lui permet de conserver la liberté.

Selon le site d’information Infobae, le cousin du président a confirmé au juge ce que le chauffeur Oscar Centeno avait écrit dans ses cahiers. Il a dit avoir été victime d’une « extorsion » et de « pressions » de fonctionnaires qui exigeaient de l’argent pour les campagnes électorales de 2013 et 2015.

Angelo Calcaterra avait racheté en 2007 l’entreprise IECSA, fondée par son oncle et père du président, Franco Macri, spécialisée dans la construction d’équipements et d’infrastructures tesl que des ponts, autoroutes, gazoducs, barrages.

Le directeur général de la société IECSA, Javier Sanchez Caballero, interpellé mercredi dernier, a suivi le même chemin et a pu resortir libre.

« C’est un changement énorme en Argentine, des chefs d’entrepises proches du président se présentent devant la justice, il n’y a d’impunité pour personne », a commenté Elisa Carrio, influente parlementaire membre de la coalition gouvernementale de centre-droit Cambiemos (Changeons).

Vendredi, Juan Carlos de Goycochea, patron en Argentine de la multinationale espagnole Isolux Corsan, avait été le premier à collaborer à l’enquête. Il a affirmé que son entreprise avait été la cible de « pressions pour contribuer au financement de campagnes électorales » de la coalition kirchnériste.

– Ministère de la corruption –

Parmi les huit patrons de grandes entreprises du secteur du BTP arrêtés la semaine dernière, quatre devaient être entendus lundi. S’ils fournissent des informations utiles à l’enquête, le juge peut leur octroyer le statut de repenti, avec une remise en liberté.

Le chauffeur à l’origine des révélations, Oscar Centeno, un ancien militaire qui notait minutieusement les détails de chaque remise d’argent entre 2005 et 2015, a également offert sa collaboration et obtenu liberté et protection.

Il était le chauffeur de Roberto Baratta, vice-ministre de la Planification, arrêté lui aussi le 3 août, en même temps que plusieurs autres hauts fonctionnaires du ministère qui gérait les travaux publics, réputé pour être un centre névralgique de la corruption pendant la présidence de Nestor (2003-2007), puis Cristina Kirchner (2007-2015).

Baratta devrait rejoindre en prison le ministre de la Planification de 2003 à 2015, Julio De Vido, qui fut déjà secrétaire aux Travaux publics de Nestor Kirchner en Patagonie, quand ce dernier était maire de Rio Gallegos, puis gouverneur de la province de Santa Cruz. M. De Vido est en détention préventive dans le cadre d’une autre affaire de corruption.

En juin 2016, lors d’une rocambolesque opération, un autre vice-ministre de la Planification, Julio Lopez, a été arrêté alors qu’il tentait de dissimuler 9 millions de dollars dans un couvent.

Lundi prochain, Cristina Kirchner est convoquée par le juge Bonadio dans le cadre de l’affaire des Cahiers de la corruption. Habituée aux convocations judiciaires depuis qu’elle a quitté la présidence, Mme Kirchner peut être inculpée, voire jugée, mais son immunité parlementaire de sénatrice la met à l’abri d’une arrestation.

Avant cela, le juge Bonadio a demandé au Sénat l’autorisation de mener une perquisition dans son appartement à Buenos Aires.

Romandie.com avec(©AFP / (06 août 2018 19h23)

Coupe du monde 2018: la France bat l’Argentine et se qualifie pour les quarts de finale

juin 30, 2018

Menés 2-1 en deuxième mi-temps, les Français se sont finalement imposés 4 à 3 en huitièmes de finale à Kazan, grâce notamment à un doublé de Mbappé.

 

Kylian Mbappé célèbre le troisième but français, le 30 juin 2018, contre l’Argentine. Sergei Grits / AP
A l’issue d’un match complètement fou, l’équipe de France s’est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde 2018. Les Français se sont imposés 4 à 3 contre l’Argentine, grâce notamment à un doublé de Kylian Mbappé, mais se sont fait peur en début de seconde période, et en toute fin de rencontre. Les hommes de Didier Deschamps connaîtront leur adversaire ce soir, à l’issue du huitième de finale entre le Portugal et l’Uruguay. Ils joueront leur quart de finale vendredi 6 juillet, à Novgorod.

 

Malgré un gros pressing argentin, la France a parfaitement débuté son match. Après un coup-franc obtenu à l’entrée de la surface sur une première accélération de Kylian Mbappé, Antoine Griezmann a trouvé la barre de Franco Armani. Cinq minutes plus tard, le Parisien a récupéré le ballon dans son camp et déposé le milieu argentin sur une accélération géniale. Battu, Rojo a préféré concéder un pénalty qu’a tranquillement transformé Antoine Griezmann (1-0, 12e).

Dans la foulée, les Français ont eu plusieurs occasions. Les Argentins ont d’ailleurs frôlé la correctionnelle sur une ouverture de 60 mètres de Paul Pogba vers Kylian Mbappé, mais la faute de Nicolas Tagliafico était bien en dehors de la surface (19e). Les Français ont fini par baisser le pied, malgré plusieurs incursions dans la défense sud-américaine.

La France se fait peur

Alors qu’on se dirigeait vers la mi-temps, et sur l’un des rares dézonages de l’attaque argentine, les Sud-Américains ont trouvé Angel Di Maria plein axe. Seul à 25 mètres, le Parisien n’a pas laissé passer sa chance et a envoyé une superbe frappe dans la lucarne droite d’Hugo Lloris (1-1, 41e).

De retour des vestiaires, le même Di Maria a amusé trois défenseurs français avant d’obtenir un bon coup-franc sur le côté gauche. Repoussé dans un premier temps, le ballon a fini dans les pieds de Lionel Messi, dont la frappe légèrement déviée du bout du pied par Gabriel Mercado, couvert par Benjamin Pavard, a laissé Hugo Lloris sans réaction (1-2, 48e).

Pavard et Mbappé à la rescousse

Les Français auraient pu revenir sur une mésentente entre Fazio et son gardien (56e), mais les hommes de Didier Deschamps s’en sont finalement remis à leurs deux latéraux. Lancé en profondeur, Lucas Hernandez a adressé un centre que Benjamin Pavard a repris d’une magnifique demi-volée qui a fini dans la lucarne droite d’Armani (2-2, 58e).

A peine cinq minutes plus tard, Mbappé négociait à merveille un ballon récupéré dans la surface argentine. Après avoir éliminé deux défenseurs sur un crochet, Mbappé a trompé le portier de l’Albiceleste d’une manière similaire à celle de Sylvain Wiltord en finale de l’Euro 2000, pour redonner l’avantage aux Français (3-2, 64e).

Et dans la foulée, sur une superbe remontée de terrain, Matuidi trouvait Giroud plein axe, qui en une touche décalait Mbappé. Seul face à Armani, le Parisien a fait le break (4-2, 68e) et inscrit son troisième but dans la compétition.

L’Argentine se rappelle au souvenir des Français

Les Bleus ont eu les occasions pour alourdir le score : Giroud aurait pu tuer le match sur un décalage de Pogba, mais la frappe de l’attaquant français a seulement trouvé le petit filet d’Armani. Et sur un superbe contre à 3 contre 1, Kanté et Mbappé ont manqué l’occasion de tuer le match (73e).

Défaits, les Argentins ont semblé épuisé et sans réponse dans cette fin de rencontre. Lionel Messi a bien eu l’occasion de ramener les siens à 4-3, sur un ballon perdu par Nabil Fekir, mais sa frappe n’était pas suffisamment appuyée ou placé pour tromper Hugo Lloris (85e). C’est finalement Kun Aguero, qui a inscrit un dernier but dans les arrêts de jeu. Servi par Messi, le Citizen a placé une belle tête au fond des filets du portier français (4-3, 93e).

Les Argentins ont eu une dernière occasion pour arracher la prolongation, mais le centre-tir d’Aguero a été dévié par un de ses coéquipiers au-dessus du but de Lloris. Les Bleus pouvaient souffler et fêter leur seconde qualification pour les quarts de finale consécutive. Seule ombre au tableau, l’avertissement un peu bête de Blaise Matuidi pour contestation, qui le privera du quart de finale.

Lemonde.fr par Grégor Brandy

Argentine: le prêt du FMI de 50 mds UDS formellement approuvé (FMI)

juin 20, 2018

Le prêt du FMI de 50 milliards de dollars en faveur de l’Argentine a été formellement approuvé mercredi à l’issue d’une réunion du comité de direction du Fonds monétaire international, a annoncé l’institution dans un communiqué.

Le FMI et l’Argentine avaient annoncé le 7 juin avoir trouvé un accord de principe sur ce prêt en échange d’un engagement des autorités argentines à mettre en place des réformes pour limiter les dépenses de l’Etat. Celui-ci devait toutefois encore recevoir l’aval des membres de la direction du Fonds.

« La décision de la direction permet aux autorités d’obtenir une ligne de crédit immédiate de 15 milliards de dollars. La moitié de cette somme sera utilisée pour soutenir le budget » de l’Argentine, a précisé le FMI.

Le reste du soutien financier sera disponible ensuite et soumis aux examens trimestriels de l’économie argentine. Les autorités argentines ont souligné qu’elles n’avaient pas l’intention pour le moment de recourir au reste du prêt, a en outre précisé le FMI.

Le programme de soutien économique a pour but de renforcer l’économie du pays sur la base de quatre piliers: restaurer la confiance des marchés, protéger les plus vulnérables, renforcer la crédibilité de la banque centrale dans ses objectifs d’inflation, diminuer progressivement la pression de la balance des paiements, a détaillé le FMI.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a une nouvelle fois souligné mercredi que le programme de réformes avait été « élaboré, conçu » par les autorités argentines.

Elle a en outre qualifié de « lucides » les discussions qui se sont déroulées au cours du comité de direction.

« Nous apportons notre soutien avec une grande humilité et une grande attention portée à la situation de la population argentine », a-t-elle également commenté alors que le peuple argentin est globalement hostile à une intervention du FMI.

L’organisme international reste associé dans les mémoires avec la pire crise économique et sociale de l’histoire du pays, qui a culminé en 2001 avec un défaut de paiement national. Pour nombre d’Argentins, cette crise était due au programme du FMI pour le pays.

En janvier 2006, l’Argentine avait remboursé son dernier crédit auprès de l’institution de Washington pour 9,6 milliards de dollars.

Le président argentin de centre-droit, Mauricio Macri, avait, lui-même, sollicité l’aide du FMI et son ministre de l’Economie avait entamé le 8 mai des pourparlers avec le Fonds.

Depuis, l’Argentine a indiqué s’être fixé comme objectif une inflation de 17% pour 2019, 13% pour 2020 et 9% pour 2021.

L’objectif de déficit budgétaire, avant service de la dette, a été révisé à 2,7% du PIB en 2018, contre 3,2% prévu précédemment.

Le programme économique du président argentin doit soutenir les plus vulnérables dans la société argentine avec des engagements concrets, « en préservant le niveau actuel des dépenses sociales et en augmentant des programmes d’aide sociale », rappelle enfin le FMI.

Christine Lagarde a par ailleurs relevé les mesures destinées à accroître la participation des femmes sur le marché du travail.

Signe que ces signaux sont jugés positifs, le pays va revenir dans l’indice MSCI « marchés émergents » à partir de mi-2019 selon un communiqué de la société de services financiers basée à New York.

Les indices MSCI servent de guide aux investisseurs institutionnels pour constituer leur portefeuille d’actions, ce qui est donc synonyme d’investissements.

Romandie.com avec(©AFP / 21 juin 2018 01h06)                                                        

Accident d’hélicoptère en Argentine: une société de production française condamnée

avril 25, 2018

Nanterre – C’est la première décision de la justice française dans l’accident mortel d’hélicoptères survenu lors d’un tournage en Argentine en 2015: la société de production de l’émission de télé-réalité française « Dropped » a été condamnée pour « faute inexcusable » à indemniser la famille d’une victime.

Survenue le 9 mars 2015 sur le tournage de l’émission diffusée par la chaîne TF1, la collision accidentelle entre deux hélicoptères avait coûté la vie à dix personnes dont trois sportifs français de haut niveau, la navigatrice Florence Arthaud, le boxeur Alexis Vastine et la nageuse Camille Muffat. Le drame avait provoqué une vive émotion en France.

La mère, l’épouse et les deux enfants du caméraman Laurent Sbasnik, mort à 40 ans dans la collision, avaient saisi la justice française en réclamant d’importants dommages et intérêts à son employeur, la société de production SAS Adventure Line Productions (ALP).

Dans sa décision datée du 20 avril, la justice française a estimé « que l’accident du travail dont a été victime » Laurent Sbasnik « est dû à une faute inexcusable de la SAS Adventure Line Productions ». Il l’a condamnée en conséquence à verser à la famille des dommages et intérêts d’un montant de 120.000 euros.

L’émission « Dropped » devait être diffusée durant l’été 2015 sur TF1. Les sportifs français devaient être largués dans des zones isolées et mis au défi de retrouver la « civilisation » en moins de 72 heures.

Laurent Sbasnik était chargé de filmer « portes ouvertes, harnaché et dans une configuration de vol dangereuse », ces deux hélicoptères évoluant « en formation rapprochée », précise le tribunal.

Cela comportait « des risques particuliers » sans qu’il ait « obtenu l’information et/ou la formation appropriée », souligne le tribunal, se fondant notamment sur les conclusions du rapport d’enquête administrative rendu en décembre 2015 par le Jiaac argentin, bureau d’enquête pour la sécurité de l’aviation civile.

Pour Me Solenn Le Tutour, qui défend les intérêts de la famille de la victime, cette décision « rappelle vigoureusement qu’ALP avait à l’égard de ses salariés une obligation de sécurité ».

L’avocate a ajouté que le tribunal a retenu le fait « que le vol rapproché avec des passagers à bord est une manoeuvre interdite par la réglementation argentine ».

A l’audience le 27 novembre 2017, elle avait dénoncé « l’amateurisme dans l’organisation de cette émission » et un « enchaînement de négligences » de la part d’ALP.

La société de production, dont l’avocat n’a pu être joint, avait assuré avoir « pris toutes les dispositions pour qu’à tout moment la sécurité de ses salariés soit respectée ».

Parallèlement à ce jugement civil, une procédure pénale est toujours en cours à Paris concernant la plainte de la famille de la journaliste Lucie Mei-Dalby, décédée lors du même accident. ALP et son directeur de production ont été placés sous le statut de témoin assisté, échappant pour l’heure à des poursuites.

Une autre procédure pénale est en cours d’instruction en Argentine.

(©AFP / 25 avril 2018 12h57)