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Coupe du monde : immense liesse à Buenos Aires pour l’accueil des champions

décembre 20, 2022

La population argentine attendait de pied ferme ses champions du monde dans les rues de la capitale, où les célébrations ont duré toute la journée.

Des centaines de milliers de personnes attendaient la parade des champions du monde dans les rues de Buenos Aires.
Des centaines de milliers de personnes attendaient la parade des champions du monde dans les rues de Buenos Aires.© MARTIN COSSARINI / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Des centaines de milliers de personnes attendaient les joueurs de l’équipe d’Argentine dans les rues de Buenos Aires mardi 20 décembre. Rentrés dans la nuit, les nouveaux champions du monde sont allés à la rencontre de leur public lors d’une parade de victoire qui a duré plusieurs heures, au milieu d’une foule dense venue de loin. Déjà, la nuit du match, ils avaient été plus d’un million dans les rues de la capitale à célébrer la victoire de leur équipe, selon la municipalité.

À 11 h 45 (14 h 45 GMT), le bus des désormais « tri-campeones » a entamé son défilé depuis le siège de la Fédération argentine (AFA), et devait rallier à 32 km l’obélisque, au cœur de la capitale, point névralgique des célébrations. À une heure très incertaine, étant donné les milliers de supporteurs, marée agglutinée de maillots ciel et blanc, qui le ralentissaient déjà, quelques minutes après le départ.

«Muchaaachos… ahora ganamos la tercera »

De partout, des banlieues de la capitale, de provinces, de Rosario à 300 km, ils étaient venus, partis parfois au coeur de la nuit, profitant d’un jour décrété férié pour venir partager l’ivresse du 3e titre mondial, et ont envahi dès les premières heures de la matinée la capitale. « Muchaaachos… ahora ganamos la tercera (maintenant on a gagné la troisième (NDLR) » de loin en loin, la chanson devenue l’hymne officieux des hinchas argentins résonnait le long des grandes avenues, fermées à la circulation, et dans le métro. En alternance avec l’hymne national, plus que jamais à propos, Coronados de gloria (« Couronnés de gloire ») et un répertoire inépuisable.

Près de quatre heures avant l’arrivée prévue du bus des joueurs à l’obélisque, ils étaient déjà des dizaines de milliers, sans doute davantage. 25 degrés à 9 heures, la journée promettait d’être chaude. Leur but ? Célébrer, communier, juste « les » voir. « Juste pouvoir les regarder passer, c’est beaucoup ! Rien que si Messi nous regarde un moment dans les yeux quand je filmerai, pour moi, c’est bon ! » déclarait, hilare, Nicolas, 19 ans, venu à l’obélisque avec une dizaine d’amis.

Ils avaient été plus d’un million, selon la municipalité, jusque tard dans la nuit de dimanche pour fêter la victoire contre la France (3-3, 4 tab à 2). Ce chiffre devrait être dépassé sans mal mardi.

Dans la nuit, Leo Messi, joueur de légende et capitaine, a été le premier à apparaître sur la passerelle de l’avion vers 2 h 30 locales (5 h 30 GMT), brandissant le trophée doré de la Coupe du monde, pour gagner le tapis rouge déployé sur le tarmac de l’aéroport d’affaires d’Ezeiza. L’Airbus A330 bleu ciel et blanc de la compagnie Aerolineas Argentinas portait l’inscription « une équipe, un pays, un rêve » et sur son aile arrière figurent les dessins de Messi, Rodrigo de Paul, ou Angel di Maria, l’autre héros de la finale, auteur du 2e but contre la France.

Les joueurs sont immédiatement montés dans un bus à impériale blanc, floqué de 3 étoiles et du « campeon del mundo (champion du monde, NDLR) », pour quelques heures de repos au centre d’entraînement, tout proche, de la Fédération argentine de football (AFA). Acclamés par plusieurs milliers de supporters, qui campaient depuis des heures, désireux d’être les premiers à saluer les héros. Dès l’après-midi, par grappes, en famille, avec des tentes, chaises de camping, parillas, tambours – et bien sûr ballons –, ils se sont postés sur les larges bas-côtés ombragés du trajet d’environ dix kilomètres entre l’aéroport et l’AFA.

Une « joie indescriptible »

« Je suis ici à cause de la passion pour l’Argentine », disait Alejandra Diaz, 55 ans, qui avait attendu dans la nuit l’Albiceleste près de l’AFA. « C’est une émotion immense difficile à expliquer (d’être un fan de football en Argentine). Ton cœur bat la chamade. Je pense que c’est le seul pays qui vit (le football) de cette façon, avec cette folie, cette joie et ce bonheur. »

De nombreux policiers étaient prévus pour assurer un trajet rapide, des déviations pour permettre un accès fluide au centre-ville du bus, qui devait quitter vers 12 heures l’AFA pour rallier l’obélisque, à environ 30 km. En 2021, au retour de la campagne victorieuse de la Copa America au Brésil, le bus avait mis quatre heures pour effectuer une dizaine de kilomètres.

« Buen dia » (Bonjour) a posté Lionel Messi sur son compte Instagram, accompagné d’une photo de lui endormi avec la coupe du monde dans les bras.

Le climax de la journée était attendu en début d’après-midi, autour de l’obélisque, sur l’itinéraire d’une grande boucle de 7 kilomètres que le bus des désormais « tri-campeones » argentins devait emprunter, par les larges avenues de la ville. Un changement d’itinéraire de dernière minute n’était pas exclu, car emprunter l’avenue 9 de Julio, l’un des plus larges du monde (140 m), paraissait a priori mission impossible, étant donné la foule compacte.

Mais, sauf surprise, pas par la Casa rosada, le palais présidentiel, qui ne figurait pas sur le parcours initial. Après le dernier titre mondial, en 1986, Diego Maradona était apparu au balcon présidentiel avec le trophée, aux côtés du président Raul Alfonsin. Une image restée dans les mémoires.

Car cette troisième étoile pour l’Albiceleste, après celles des équipes de Daniel Passarella (1978) puis Diego Maradona (1986), après la longue attente, les finales perdues de 1990 et 2014, porte la marque de Messi, septuple Ballon d’or et, au soir de sa carrière, à 35 ans, désigné meilleur joueur du Mondial.

Messi devait plus tard mardi ou mercredi rejoindre son Rosario natal, pour une nouvelle fête, un nouvel accueil en héros, désormais entré dans la légende, aux côtés de Diego Maradona. « On recevra Leo à Rosario, et on va continuer à le fêter, pour des mois, des années… », promettait, radieux, Luciano Peralta, commerçant de 41 ans, venu à Buenos Aires partager cette « joie indescriptible, cette bénédiction, cette bouffée d’air, après tant d’années de crise économique ».

« C’est émouvant, quand on aime son pays, de le voir ainsi », résumait Cristina Vasquez, 42 ans, un maillot ciel et blanc sur les épaules, émue parmi bientôt un million d’autres.

Par Le Point avec AFP

Qatar 2022: Messi et l’Argentine champions du monde

décembre 18, 2022
Ils se sautent les uns sur les autres.

Messi marque le premier but de l’Argentine. Photo : Reuters/Peter Cziborra

La finale de la Coupe du monde a couronné l’Albiceleste de Lionel Messi, dimanche au Qatar, dans un match d’anthologie remporté 3-3 (4-2 aux tirs aux buts) par l’Argentine face à la France.

C’est aux tirs au but que la rencontre s’est décidée, après 120 minutes de soccer complètement fou, où la différence a été le manque de réussite des Français au point de réparation, auteurs de 2 ratés en 4 tentatives.

Les Sud-Américains ont d’abord ouvert le score à la 23e minute, sur un tir de pénalité converti par Messi, mais obtenu par Angel Di Maria, auteur d’un fort match.

Sur l’action ayant mené au coup de sifflet de l’arbitre, Di Maria a habilement effacé Ousmane Dembélé d’un crochet du gauche, avant de s’inviter dans la surface de réparation française. Battu dès le départ de l’action, et en retard dans son repli défensif, Dembélé a fauché le talon de Di Maria, qui s’est écroulé avant de pouvoir remettre le ballon à un coéquipier.

13 minutes plus tard, Di Maria doublait l’avance de son équipe, complétant une contre-attaque collective de toute beauté initiée notamment par Lionel Messi, impérial au milieu de terrain.

Ils se serrent dans les bras.

Di Maria célèbre son but avec De Paul. Photo : Reuters/Dylan Martinez

Sur le jeu, la Pulga, dos au but et sous pression, a effectué un joli contrôle avant de remettre de l’extérieur du pied dans le couloir droit, à l’intention de Julian Alvarez. Une passe en profondeur plus tard, Alexis MacAllister remettait sur sa gauche pour Di Maria, laissé complètement seul par la défense française, qui a énormément souffert pendant la première heure du match.

En deuxième mi-temps, la domination argentine s’est poursuivie un temps, et il a fallu attendre la 68e minute pour voir une première tentative de tir français, l’œuvre de Randal Kolo Muani, entré à la 41e pour son coéquipier Dembélé.

Muani, encore lui, a plus tard obtenu un tir de pénalité à la 80e, converti avec panache par Kylian Mbappé, qui a aussitôt complété son doublé (81e) en inscrivant un filet d’une magnifique volée depuis l’entrée de la surface argentine. Un revirement de situation digne des plus grandes occasions, et survenu après une rare perte de ballon de Lionel Messi au milieu du terrain, battu par un Kingsley Coman tenace sur la séquence.

Il célèbre son but en courant.

Mbappé a inscrit deux buts en autant de minutes pour égaliser la marque. Photo: Reuters/Paul Childs

Après l’exultation, le rythme des attaques françaises s’est accéléré et s’est transporté jusque dans les périodes de prolongation. Mais à la 108e minute, Lionel Messi a marqué une nouvelle fois le cœur et l’esprit des amateurs de soccer, complétant son doublé sur un retour de tir de Lautaro Martinez que le gardien français Hugo Lloris n’a pu contrôler.

À l'entrée du but français, Lionel Messi regarde le ballon qu'il vient de frapper du pied droit, alors que le gardien Hugo Lloris plonge, incapable de faire un deuxième arrêt.

Lionel Messi a marqué en période supplémentaire pour donner l’avance 3-2 à l’Argentine. Photo : Getty Images/Julian Finney

À deux minutes de la fin du temps supplémentaire, alors que le match semblait plié, un tir de Mbappé bloqué de la main par le défenseur argentin Montiel a offert une nouvelle occasion de tir de pénalité au prodige français. Sa deuxième occasion des 6 mètres du match a elle aussi aboutie au fond des filets, envoyant tout le monde aux tirs aux buts.

Il touche le ballon de la main.

Montiel fait une main dans la surface de réparation argentine, offrant un deuxième tir de pénalité à Mbappé. Photo: Reuters/Lee Smith

À cet exercice, ce sont les Argentins qui ont eu le dessus, Emiliano Martinez ayant réalisé l’arrêt sur la tentative de Kingsley Coman, avant de voir Aurélien Tchouméni rater le cadre.

Septuple vainqueur du Ballon d’or, récompensant le meilleur joueur de la planète, Lionel Messi complète ainsi sa collection de trophées en ajoutant celui de champion du monde, le seul d’envergure qui manquait à son illustre palmarès.

Gros plan sur Messi pendant la finale.

Lionel Messi participait à une deuxième finale de Coupe du monde, après celle de 2014. Photo: AFP via Getty Images/Paul Ellis

À 35 ans, dans ce qui était son dernier Mondial, le talisman argentin termine aussi meilleur buteur et meilleur passeur du tournoi, avec 6 réalisations et 3 passes décisives.

Cette victoire est aussi synonyme d’une troisième étoile sur le maillot ciel et blanc de l’Argentine. La dernier triomphe de l’Albiceleste en Coupe du monde datait de 36 ans, quand Diego Maradona avait mené les siens à une victoire 3-2 face à l’Allemagne de l’Ouest au Mondial 1986.

De son côté, le triplé tardif de Kylian Mbappé lui procure le Soulier d’or du meilleur buteur du tournoi. À 23 ans, le Français compte déjà 12 réalisations en Coupe du monde, à seulement 4 longueurs de Miroslav Klose, détenteur du record avec 16 buts en 4 Mondiaux.

Avec Radio-Canada

L’Argentine sous le choc après un attentat manqué contre Cristina Kirchner

septembre 2, 2022
Cristina Kirchner marche dans une foule en portant un casque de construction.

La vice-présidente de l’Argentine Cristina Kirchner-a échappé de près à la mort jeudi soir lorsqu’un homme a pointé une arme sur sa tête lors d’un bain de foule. L’arme n’a pas fonctionné pour une raison inconnue. Photo : Reuters/Reuters Photographer

L’Argentine était sous le choc vendredi au lendemain d’une tentative d’assassinat à Buenos Aires de la vice-présidente Cristina Kirchner, qui a suscité une vague de condamnations unanime dans le pays latino-américain comme à l’étranger.

Un homme a été arrêté jeudi soir après avoir tenté de tirer avec un pistolet sur Cristina Kirchner au bas de son domicile, devant lequel des centaines de militants se rassemblent chaque soir depuis onze jours pour marquer leur soutien à l’ex-cheffe de l’État, actuellement en procès pour fraude et corruption.

« Cristina est en vie, car pour une raison qui n’a pas encore été confirmée techniquement, l’arme qui contenait cinq balles n’a pas fait feu bien qu’ayant été déclenchée. »— Une citation de  Alberto Fernandez, président de l’Argentine

Selon des images de plusieurs télévisions, l’homme a pointé une arme de poing vers la tête de Mme Kirchner, à quelques mètres à peine, et appuyé sur la gâchette sans qu’aucun coup de feu ne parte, alors qu’elle signait des livres et se mêlait à des sympathisants, dans le quartier de Recoleta.

J’ai vu ce bras surgir par-dessus mon épaule derrière moi avec une arme, et avec des gens autour de moi il a été maîtrisé, a raconté sur place à l’AFP un soutien de Mme Kirchner, qui n’a pas souhaité donner son nom.

Des policiers ont alors saisi le suspect, l’ont mené dans une voiture de police dans une rue attenante, aussitôt entourée par un épais cordon de policiers.

Celle-ci est partie peu après sous les cris et huées de plusieurs dizaines de personnes présentes, a constaté l’AFP.

Énorme gravité

Le chef de l’État a dénoncé un fait d’une énorme gravité, le plus grave survenu depuis que notre pays a retrouvé la démocratie en 1983. Il a annoncé avoir décrété un jour férié national vendredi, pour que dans la paix et la concorde le peuple argentin puisse s’exprimer en défense de la vie, de la démocratie, et en solidarité avec notre vice-présidente.

La coalition gouvernementale Frente de Todos a annoncé une manifestation en défense de la démocratie vendredi à la mi-journée à Buenos Aires.

Le carrefour devant l’immeuble où réside Mme Kirchner a été rapidement bouclé par des rubans scène de crime, et des policiers procédaient à des prélèvements.

Selon plusieurs médias argentins, le suspect serait un trentenaire de nationalité brésilienne, une information non confirmée de source officielle.

L’ancienne présidente (2007-2015) est actuellement en procès pour fraude et corruption. Le 22 août, l’accusation a requis contre elle une peine de 12 ans de prison et une inéligibilité à vie, dans ce procès qui porte sur des attributions de marchés publics dans son fief de Santa Cruz (sud), pendant ses deux mandats présidentiels.

Forte polarisation du débat politique

Le président argentin Alberto Fernandez tend la main vers le ciel. La  vice-présidente Cristina Fernandez de Kirchner est à sa gauche et sourit.

Le président argentin Alberto Fernandez et sa vice-présidente Cristina Fernandez de Kirchner devant le congrès, à Buenos Aires, le 1e mars 2020. Photo : Reuters/Agustin Marcaria

Dans un paysage politique argentin fortement polarisé, le réquisitoire a donné lieu à plusieurs manifestations de soutien à Mme Kirchner par le noyau dur de la gauche péroniste dont elle est l’icône. Des rassemblements ont eu lieu la semaine dernière dans plusieurs villes. Et chaque soir, plusieurs centaines de fidèles se sont réunis près de son domicile, chantant et scandant leur soutien.

Ils n’étaient que quelques dizaines jeudi soir au moment de l’incident, et l’atmosphère restait étrangement calme dans les heures suivantes. Parmi eux, Martin Frias, 48 ans, péroniste de longue date, qui se désolait auprès de l’AFP d’un climat de violence politique dans le pays. Violence dans les paroles, qui entraînent des passages à l’acte violent.

Au fil des heures, après l’annonce de l’agression, des centaines de personnes ont afflué au carrefour des rues Juncal et Uruguay, scandant S’ils touchent à Cristina, quel bordel se prépare!, et brandissant des pancartes Todos somos Cristina [nous sommes tous Cristina].

La tentative d’assassinat a aussitôt été condamnée par l’ensemble du camp gouvernemental ainsi que par la coalition d’opposition Juntos por el cambio [Ensemble pour le changement].

Le leader de l’opposition de droite et successeur de Mme Kirchner à la présidence Maurico Macri (2015-2019) a exprimé sa condamnation absolue de l’attaque subie par Cristina Kirchner, qui n’a heureusement eu aucune conséquence pour la vice-présidente.

À l’étranger, plusieurs dirigeants latino-américains, de gauche en premier lieu, ont réagi en soirée. La tentative d’assassinat contre la vice-présidente Cristina Kirchner mérite le rejet et la condamnation de tout le continent, a tweeté le président chilien Gabriel Boric.

Toute ma solidarité à la camarade @CFKArgentina, victime d’un criminel fasciste qui ne sait pas respecter les différences et la diversité, a déclaré l’ex-président et candidat à la présidentielle du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva.

Les États-Unis ont pour leur part fermement condamné la tentative d’assassinat de Cristina Kirchner.

Nous nous tenons aux côtés du gouvernement et du peuple argentins dans le rejet de la violence et de la haine, a écrit le secrétaire d’État américain Antony Blinken sur son compte Twitter.

Adulée par une partie de la gauche péroniste, mais personnalité clivante honnie par l’opposition, Cristina Kirchner, 69 ans, reste sept ans après son départ de la présidence une figure influente dans la politique argentine, à un an d’une élection présidentielle pour laquelle elle n’a pas fait connaître ses intentions.

Un verdict dans son procès ne devrait être rendu que fin 2022. Même en cas de condamnation, elle jouit au titre de présidente du Sénat d’une immunité parlementaire et pourrait ne pas aller en prison, voire se présenter aux élections générales d’octobre 2023.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

L’Argentine dit non à l’élevage de saumons, une première dans le monde

juillet 2, 2021

La décision est historique : à l’unanimité, l’Assemblée législative de la Terre de Feu a interdit cette pratique, néfaste pour l’environnement.

L'activite d'elevage de saumons, ici a Bahia Ralun, represente des milliers d'emplois au Chili, deuxieme pays producteur au monde.
L’activité d’élevage de saumons, ici à Bahia Ralun, représente des milliers d’emplois au Chili, deuxième pays producteur au monde.© PHILIPPE GIRAUD / Biosphoto / Biosphoto via AFP

L’Argentine est devenue, ce mercredi 30 juin, le premier pays du monde à bannir l’élevage de saumons. L’Assemblée législative de la Terre de Feu, un archipel partagé avec le Chili, a voté à l’unanimité une loi interdisant cette activité dans la province, révèle le journal Pàgina 12, dont se fait l’écho Courrier international. La Terre de Feu est un archipel chilien-argentin situé en Patagonie argentine, à l’extrême sud du continent sud-américain. Cette décision est « un pas de géant » dans le combat pour la préservation des écosystèmes marins, selon un communiqué de Greenpeace.

À noter que cette loi provient bien des autorités argentines du territoire. Du côté chilien du canal de Beagle, « l’avancée de l’élevage du saumon se poursuit, même dans les zones protégées », a dénoncé Estefanía González, porte-parole de la campagne océans de Greenpeace, auprès de Paginà 12. En Argentine, ce projet de loi a été soutenu par des organisations environnementales, à commencer par Greenpeace Argentina. « Jusqu’à présent, il n’y a eu aucune trace de législation au niveau provincial ou national dans le monde qui protège les écosystèmes des dommages de cette industrie », a réagi l’ONG. La salmoniculture est une activité hautement néfaste pour l’environnement, dont les dégâts peuvent être « irréversibles ». D’après Estefanía González, au Chili, « nous avons vu des morts de baleines ou d’autres espèces marines de la pollution des fonds qui laisse de véritables déserts ».

Une catastrophe écologique

Après la Norvège, le Chili est d’ailleurs le deuxième pays producteur de saumons au monde. Cette activité représenterait 21 000 emplois dans un pays de 18 millions d’habitants. Pour autant, l’élevage de saumons engendre des maladies virales, bactériennes et parasitaires, tandis que l’utilisation d’antibiotiques provoque « d’innombrables défaillances dans l’écosystème », détaille la loi en question.

ll y a quelques mois, en avril dernier, Greenpeace s’était déjà alarmée des dommages provoqués par la production de saumons d’élevage au Chili. Plus de 4 200 tonnes de poissons avaient été asphyxiés dans 18 fermes du sud du pays. En cause : la prolifération d’une algue responsable d’une réduction de l’oxygène dans l’eau et donc de la mort des poissons. Greenpeace expliquait à l’époque que « l’influence de la pollution produite par l’élevage de saumons est indéniable »

Par Le Point avec AFP

Coronavirus: Plus de 80 000 morts en Argentine

juin 5, 2021

CORONAVIRUS: PLUS DE 80 000 MORTS EN ARGENTINE

© Reuters/AGUSTIN MARCARIAN 

BUENOS AIRES (Reuters) – L’Argentine est aux prises avec une deuxième vague de l’épidémie de coronavirus depuis la mi-février qui pousse les hôpitaux près de la saturation et ses citoyens au désespoir.

Vendredi en fin de journée, l’Argentine avait confirmé 80.411 décès dus à la maladie, et un total de 3,9 millions de cas pour une population de 45 millions d’habitants.

Le gouvernement s’est efforcé de trouver un équilibre entre les mesures de confinement et le maintien d’une économie déjà en difficulté, tout en menant une campagne de vaccination qui a mis du temps à démarrer et qui, selon les médecins, ne parviendra pas à faire baisser les taux d’infection avant plusieurs mois.

L’Argentine inocule à ses citoyens le vaccin russe Sputnik V, le vaccin d’AstraZeneca et le vaccin chinois Sinopharm.

Depuis le début de la campagne vaccinale, la veille de Noël de l’année dernière, le pays a procédé à 13,4 millions d’inoculations, mais seulement 3 millions de personnes environ ont reçu deux doses de vaccin.

Avec Reuters par (Miguel Lo Bianco, version française Camille Raynaud)

Argentine: Les soins apportés à Maradona avant sa mort inappropriés et imprudents

mai 1, 2021

LES SOINS APPORTÉS À MARADONA AVANT SA MORT INAPPROPRIÉS ET IMPRUDENTS

© Reuters/AGUSTIN MARCARIAN 

BUENOS AIRES (Reuters) – Une commission médicale chargée d’enquêter sur le décès de Diego Maradona a conclu que l’équipe médicale qui a pris en charge l’idole du football a agi de façon « inappropriée, déficiente et imprudente », selon une copie de son rapport que Reuters a pu consulter.

Le décès de Maradona a bouleversé l’Argentine où la star, qui a lutté pendant des années avec des addictions et des problèmes de santé, était vénérée.

Le parquet argentin a ouvert une enquête peu de temps après sa mort à 60 ans d’un problème cardiaque dans son domicile de Buenos Aires, ordonnant notamment des perquisitions au domicile du médecin personnel du footballeur.

Une commission médicale a été nommée par le ministère de la Justice pour étudier les accusations visant l’équipe médicale qui prenait en charge le footballeur.

« L’action de l’équipe médicale chargée de soigner DAM (Diego Armando Maradona) a été inadéquate, déficiente et imprudente », déclare la commission médicale dans un rapport daté du 30 avril.

Le rapport explique que l’état de santé de Maradona s’est gravement dégradé et que sa mort a commencé environ 12 heures avant son décès à la mi-journée le 25 novembre.

« Il a présenté des signes sans équivoque d’une période prolongée d’agonie donc nous en concluons que le patient n’a pas été adéquatement surveillé à partir de 00:30 le 25/11/2020 », peut-on lire dans le rapport.

Reuters n’a pas pu joindre le parquet et les avocats concernés pour un commentaire.

Maradona, champion du monde avec l’Argentine en 1986, a joué entre autres pour Barcelone, ​​Naple, Séville et Boca Juniors et est considéré comme l’un des plus grands footballeurs.

Avec Reuters par (Juan Bustamante, version française Gwénaëlle Barzic)

Maradona : l’Afrique pleure une icône

novembre 26, 2020
Un supporter se recueille devant une fresque de Maradona, en Argentine, le 25 novembre 2020.

Diego Maradona, le génial joueur argentin, est décédé le 25 novembre à l’âge de 60 ans. Icône dans son pays, El Pibe de Oro a laissé une immense empreinte partout dans le monde, et notamment en Afrique.

Il était un caméléon, mi-ange, mi-démon. Un homme souvent excessif, à la fois attachant et exaspérant, et surtout un footballeur hors norme. Diego Maradona, dont la santé était chancelante depuis des années, à cause d’une consommation démesurée de drogue, d’alcool et de cigares, est parti, le 25 novembre 2020, d’un arrêt cardiaque.PUBLICITÉ

Quelques semaines plus tôt, l’Argentin avait une nouvelle fois été hospitalisé, pour un problème au cerveau, une énième alerte qui précèdera l’inévitable verdict que tout le monde savait inéluctable.

Merveilleux et instinctif

On ne s’attardera pas ici sur les excès du gamin des bidonvilles de Buenos Aires, devenu une star mondiale grâce aux titres conquis, à Naples, cette ville populaire et bouillonnante, qu’il n’avait sans doute pas choisie par hasard, ou avec l’Argentine lors de la Coupe du Monde 1986. Où à son lucratif séjour à Tripoli, en 1999, pour donner des leçons de football à Saadi Kadhafi, fils de dictateur et footballeur professionnel à ses heures perdues.

LES AFRICAINS QUI AIMENT LE FOOTBALL PLEURENT MARADONA

Non, il sera ici question de ce joueur merveilleux et instinctif, membre éternel du club très fermé des génies, où il côtoie Pelé, Platini, Zico, Cruyff, Zidane, Messi  et Ronaldo, les deux, le Brésilien et le Portugais. En Afrique, Maradona, était, à sa plus belle époque, de1980 et 1990, adulé, vénéré, respecté.

« Bien sûr, à l’époque, il y avait beaucoup moins de matches à la télé, ni Internet, mais on le voyait jouer, surtout quand il est arrivé à Barcelone (1982), et qu’il est parti à Naples (1984-1987). Ses matches avec le Barca étaient parfois retransmis au Maroc. Les Marocains, tous les Africains, l’aimaient, parce qu’ils faisaient des choses extraordinaires avec un ballon. Il venait d’un milieu très pauvre, et il était devenu le meilleur joueur du monde. Beaucoup d’enfants, mais aussi de joueurs professionnels, s’identifiaient un peu à lui », se souvient Mustapha El Haddaoui, l’ancien milieu de terrain des Lions de l’Atlas, qui aura attendu 2018 et un match de gala à Laayoune pour croiser le Sud-américain sur un terrain.

Et le joueur marocain d’ajouter : « C’était un numéro 10 génial, capable de tout faire avec son pied gauche, marquer et faire des passes décisives. Aujourd’hui, les Africains qui aiment le football pleurent Maradona… »

Face au Cameroun en 1990

Maradona et Pelé, en 1987.

Joueur, El Pibe de Oro n’a pas souvent affronté de sélections africaines, souvent peuplées de joueurs voyant en lui un véritable Dieu vivant. Le Camerounais François Omam-Biyik, de six ans son cadet, ne s’imaginait pas un jour être au même endroit, à la même heure « que ce joueur qui nous faisait rêver, quand on était plus jeune. »

Arrivé en France en 1987, le Lion indomptable a battu l’Argentin un après-midi de juin 1990, à Milan, en match d’ouverture de la Coupe du Monde (1-0), se chargeant lui-même d’inscrire le seul but du match.

« Vous vous rendez compte ? Quand on se prépare à affronter un tel joueur, on flippe un peu, et à la fin, vous gagnez, face à un homme qui vous donnait tant de joie quand vous étiez gamin. On voyait que Maradona aimait le contact avec le ballon. »

Depuis le Maroc, El Haddaoui abonde : « Il donnait du bonheur aux gens, et malgré les exigences du haut niveau, on voyait qu’il aimait s’amuser, que le contact du ballon le rendait tout simplement heureux. »

Il y a ceux qui ont pu l’affronter, quelques heures ou quelques minutes. Et il y a ceux qui ont côtoyé la star argentine au quotidien. Comme Alphonse Tchami, lui-aussi camerounais, recruté par Boca Juniors en 1993. Le club où Maradona, après quatre saisons à Argentinos Juniors, avait  effectué un premier passage flamboyant, en 1981.

« Un jour, alors que j’étais à Boca depuis quelques semaines, on est dans le vestiaire, et j’entends que Maradona va bientôt signer. Mon premier réflexe, ça été de me dire que ce serait génial d’évoluer avec un tel monument. Puis je me suis demandé si j’allais être au niveau ! »

Diego Maradona, sous le maillot de Naples, en 1987.

À L’ENTRAÎNEMENT, IL AIMAIT QU’ON REFASSE LE CAMEROUN-ARGENTINE DE 1990

« À peine arrivé, Maradona déclare à la presse « qu’un joueur black sera titulaire dans son équipe ». C’était moi. Il était vraiment sympa avec moi, nous avions une très bonne relation », se souvient le Camerounais.

Sur le terrain, mais aussi en dehors. « Diego avait une vie privée animée, on le savait. Il aimait faire la fête, organiser des soirées chez lui, chez des amis, et il invitait souvent ses coéquipiers. C’était un type généreux, excessif, attachant, et qui aimait vraiment le football. Pour lui, c’était un jeu, un spectacle. À l’entraînement, il aimait qu’on refasse le Cameroun-Argentine de 1990, il voulait sa revanche, même si je n’avais pas participé à ce Mondial. »

« Quand il voyait un ballon, il était heureux »

Diego Maradona, devant une foule de fans argentins, le 26 décembre 2019.

Maradona, ce personnage haut en couleur, était précédé d’une réputation d’homme incontrôlable et imprévisible, agissant souvent sur des coups de tête.

« On m’avait dit que ce type était fou », rigole l’ancien international algérien Yacine Bentaala, l’entraîneur des gardiens de but d’Al-Wasl Dubaï, où l’Argentin est nommé coach en 2011. « Et j’ai travaillé un an avec lui, sans aucun problème. Oui, il avait une forte personnalité, il pouvait parfois péter un plomb, comme danser nu sur le balcon de sa chambre d’hôtel, après une victoire en championnat ou envoyer promener les journalistes. Mais au quotidien, il était agréable, plutôt modeste, malgré son immense aura. Quand il est arrivé au club, j’étais intimidé, un peu hésitant au moment de l’aborder, mais Diego m’avait mis à l’aise. »

L’image que Bentaala veut retenir de l’Argentin est finalement celle que les amoureux du football conserveront. « Quand il voyait un ballon, il était heureux. Comme  quand, après les entraînements, on faisait des parties de tennis-ballon. Là, il redevenait comme un gosse… »

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Argentine: saisie de 82 kg de cocaïne à bord d’un avion en route pour Amsterdam

janvier 15, 2020

Sept personnes ont été arrêtées et 82 kilos de cocaïne ont été saisis à bord d’un avion-cargo qui s’apprêtait à décoller de Buenos Aires avec pour destination finale Amsterdam, a indiqué mercredi une source aéroportuaire.Parmi les personnes arrêtées lors de l’opération policière effectuée mardi figurent trois membres de l’équipage de l’avion de la compagnie KLM Cargo.

Alertés par des mouvements suspects, des officiers de la douane ont réclamé le report du décollage et ont obtenu l’autorisation d’un juge pour fouiller l’appareil, selon des sources citées par la presse argentine. La drogue était dissimulée dans des boîtes en carton.

L’appareil était arrivé lundi à l’aéroport international d’Ezeiza à Buenos Aires en provenance de Sao Paulo et après une escale de quelques heures aurait dû décoller mardi pour Quito avant de se rendre à Amsterdam, sa destination finale.

Lors d’une autre opération en septembre 2019, plus de 250 kilos de cocaïne ont été saisis à l’aéroport d’Ezeiza. Selon les enquêteurs, les trafiquants projetaient d’acheminer la drogue à Madrid à bord d’un appareil de la compagnie Air Europa.

Par Le Figaro avec AFP

Argentine: qu’est-ce que le péronisme, ce mouvement politique vainqueur de la présidentielle ?

octobre 28, 2019

 

Ni de droite, ni de gauche, le péronisme est un mouvement national et populaire qui a participé à la construction nationale de l’Argentine. Il s’incarne en la personne de Juan Perón.

Le péronisme est de retour au pouvoir en Argentine. Le candidat péroniste de centre gauche Alberto Fernández a remporté ce dimanche 27 octobre l’élection présidentielle face au président sortant Mauricio Macri. Il met ainsi un terme à quatre années de parenthèse libérale. Mais le péronisme, c’est quoi exactement ?

Les origines du mouvement

Le mouvement commença le 17 octobre 1945, en Argentine. Une contestation massive de «descamisados», petit peuple des «sans-chemise», se rassemblait place de Mai, devant le siège de la présidence à Buenos Aires. Les manifestants réclamèrent la libération du colonel et secrétaire au Travail, Juan Perón, emprisonné alors qu’il faisait de l’ombre au pouvoir militaire en place. Les ouvriers protestaient contre la fraude électorale et les abus du patronat. Ils ont vu en Juan Perón la figure d’un sauveur. Un an plus tard, le militaire était élu président. Il siégea à trois reprises à la tête du pays (1946-1952, 1952-1955 et 1973-1974) et reste, encore aujourd’hui, l’un des grands mythes de l’histoire argentine.

Entre 1946 et 1949, Juan Perón organisa une redistribution sociale massive en faveur des classes populaires et gagna rapidement le soutien des ouvriers. Le péronisme fit entrer l’Argentine dans la modernité post-Seconde Guerre mondiale et répondait à la crainte que le pays tombe dans le communisme. Réélu pour la troisième fois en 1973, Juan Perón mourut un an plus tard, laissant derrière lui un pays profondément divisé, teinté de rouge par une dictature sanglante. Les juntes militaires se sont succédé entre 1976 et 1983 et ont fait près de 30.000 «desaparecidos» (disparus), des personnes arrêtées et tuées dans le plus grand secret.

Ni à droite, ni à gauche

«Le péronisme est un mouvement national et populaire qui a participé à la construction de la nation argentine», analyse Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Iris (Institut des relations internationales et stratégiques) et spécialiste de l’Amérique latine. Ce mouvement s’inscrit dans une logique «d’intégration et de soutien des classes populaires. Il emprunte aussi une dimension nationaliste, avec l’idée de conciliation entre les classes et la bourgeoisie active». Le leader, incarné par l’image de Juan Perón, a un rôle de «ciment» entre l’ensemble de la population.

La doctrine péroniste défend aussi l’industrialisation face aux grands propriétaires terriens, le contrôle des exportations, un État fort et centralisé ainsi que la neutralité internationale et l’intégration politique et commerciale sud-américaine. Les problématiques de santé, d’éducation, et de justice sociale sont aussi prédominantes. Difficile, voire impossible de classer le péronisme sur l’échiquier politique dit «classique».

À un journaliste espagnol qui lui demandait de parler du paysage politique argentin, Juan Perón avait répondu : «Regardez en Argentine, il y a 30% de radicaux (sociaux-démocrates), 30% de conservateurs et autant de socialistes». «Mais, où sont les péronistes ?», a alors demandé le journaliste. «Ah, mais nous sommes tous péronistes !» Mais une autre question se pose : le péronisme est-il populiste ? «Une bonne partie de la théorie du populisme politique provient d’Argentine. S’il est un populisme, au sens réel du terme, c’est bien le péronisme argentin. Il vise à construire un mouvement populaire massif et s’oppose aux partis traditionnels», analyse Christophe Ventura.

Réunification du péronisme

La victoire d’Alberto Fernández et de sa vice-présidente Cristina Kirchner constitue une «réunification du péronisme», poursuit Christophe Ventura. Le libéral Mauricio Macri, premier non-péroniste de droite élu à la tête de l’Argentine en 2015, a laissé sa place. «C’est une renormalisation de la vie politique argentine. On voit qu’on ne peut pas gouverner sans le péronisme. C’est encore le mouvement politique le plus puissant en Argentine», estime le chercheur à l’Iris. Et d’ajouter : «Le centre de gravité du péronisme victorieux aujourd’hui est plutôt de centre-gauche, ce qu’incarne Cristina Kirchner, même si pour gagner, le péronisme a réuni ses franges intérieures.»

«La victoire d’Alberto Fernández et de Cristina Kirchner indique aussi que la présupposée fin du cycle de la gauche en Amérique latine est bien plus plus complexe qu’on le pensait. Il y a des gauches résilientes qui reviennent au pouvoir, comme en Argentine, mais les droites demeurent puissantes. Un équilibre des forces se redessine», conclut Christophe Ventura.

Par Adrien Filoche, avec AFP

Un cousin du président argentin admet avoir corrompu l’administration précédente

août 6, 2018

Cahier rempli par le chauffeur de ministère argentin Oscar Centeno, à l’origine d’un important scandale de corruption. / © LA NACION/AFP / HO

Plusieurs chefs d’entreprise, dont un cousin du président argentin Mauricio Macri, ont avoué lundi avoir versé des pots-de-vin à l’administration de l’ex-présidente Cristina Kirchner, après avoir été cités dans un scandale de corruption.

Le cousin du président, Angelo Calcaterra, 60 ans, s’est présenté spontanément lundi matin au tribunal de Comodoro Py à Buenos Aires, où il a été entendu par le juge Claudio Bonadio, qui a interpellé huit haut fonctionnaires et huit chefs d’entreprises dans le cadre du scandale des « Cahiers de la corruption », et convoqué l’ex-présidente Cristina Kirchner.

Le 3 août, la publication des cahiers du chauffeur du ministère de la Planification a mis à nu un système de remise de sacs d’argent à des fonctionnaires de l’administration précédente, allant jusqu’au domicile du couple Kirchner.

Le procureur estime que les pots-de-vin pourraient atteindre 160 millions de dollars.

– « Repenti » –

Calcaterra est passé aux aveux pour obtenir le statut de « collaborateur repenti », qui lui permet de conserver la liberté.

Selon le site d’information Infobae, le cousin du président a confirmé au juge ce que le chauffeur Oscar Centeno avait écrit dans ses cahiers. Il a dit avoir été victime d’une « extorsion » et de « pressions » de fonctionnaires qui exigeaient de l’argent pour les campagnes électorales de 2013 et 2015.

Angelo Calcaterra avait racheté en 2007 l’entreprise IECSA, fondée par son oncle et père du président, Franco Macri, spécialisée dans la construction d’équipements et d’infrastructures tesl que des ponts, autoroutes, gazoducs, barrages.

Le directeur général de la société IECSA, Javier Sanchez Caballero, interpellé mercredi dernier, a suivi le même chemin et a pu resortir libre.

« C’est un changement énorme en Argentine, des chefs d’entrepises proches du président se présentent devant la justice, il n’y a d’impunité pour personne », a commenté Elisa Carrio, influente parlementaire membre de la coalition gouvernementale de centre-droit Cambiemos (Changeons).

Vendredi, Juan Carlos de Goycochea, patron en Argentine de la multinationale espagnole Isolux Corsan, avait été le premier à collaborer à l’enquête. Il a affirmé que son entreprise avait été la cible de « pressions pour contribuer au financement de campagnes électorales » de la coalition kirchnériste.

– Ministère de la corruption –

Parmi les huit patrons de grandes entreprises du secteur du BTP arrêtés la semaine dernière, quatre devaient être entendus lundi. S’ils fournissent des informations utiles à l’enquête, le juge peut leur octroyer le statut de repenti, avec une remise en liberté.

Le chauffeur à l’origine des révélations, Oscar Centeno, un ancien militaire qui notait minutieusement les détails de chaque remise d’argent entre 2005 et 2015, a également offert sa collaboration et obtenu liberté et protection.

Il était le chauffeur de Roberto Baratta, vice-ministre de la Planification, arrêté lui aussi le 3 août, en même temps que plusieurs autres hauts fonctionnaires du ministère qui gérait les travaux publics, réputé pour être un centre névralgique de la corruption pendant la présidence de Nestor (2003-2007), puis Cristina Kirchner (2007-2015).

Baratta devrait rejoindre en prison le ministre de la Planification de 2003 à 2015, Julio De Vido, qui fut déjà secrétaire aux Travaux publics de Nestor Kirchner en Patagonie, quand ce dernier était maire de Rio Gallegos, puis gouverneur de la province de Santa Cruz. M. De Vido est en détention préventive dans le cadre d’une autre affaire de corruption.

En juin 2016, lors d’une rocambolesque opération, un autre vice-ministre de la Planification, Julio Lopez, a été arrêté alors qu’il tentait de dissimuler 9 millions de dollars dans un couvent.

Lundi prochain, Cristina Kirchner est convoquée par le juge Bonadio dans le cadre de l’affaire des Cahiers de la corruption. Habituée aux convocations judiciaires depuis qu’elle a quitté la présidence, Mme Kirchner peut être inculpée, voire jugée, mais son immunité parlementaire de sénatrice la met à l’abri d’une arrestation.

Avant cela, le juge Bonadio a demandé au Sénat l’autorisation de mener une perquisition dans son appartement à Buenos Aires.

Romandie.com avec(©AFP / (06 août 2018 19h23)