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Les sourds argentins victimes d’abus du clergé réclament justice au pape

février 20, 2020

Trois sourds argentins victimes d’abus sexuels commis par des prêtres dans des instituts catholiques spécialisés d’Argentine ont lancé jeudi 20 février un cri de douleur et de colère depuis la place Saint-Pierre pour demander justice et réparation à leur compatriote, le pape François.

«Nous avons beaucoup souffert. Il nous faut une loi qui oblige le Vatican à cesser de se protéger. Nous, les sourds, avons subi des abus de la part de prêtres et nous avons besoin que cela change», a expliqué en langue des signes Daniel Sgardelis, 45 ans, en route pour la place Saint-Pierre de Rome.

«Ils ont trop commis d’abus sexuels et il faut que cela cesse. Le pape est là tranquillement au Vatican sans nous donner la preuve d’un changement», a aussi déploré Ezequiel Villalonga, 19 ans, grâce à une traductrice.

«Pourquoi sommes-nous venus à Rome? Pour mettre fin aux abus sexuels partout», lance Ezequiel en brandissant un portrait de son bourreau.

Erica Labeguerie, dont la sœur de 26 ans est devenue une victime lorsqu’elle fréquentait l’un des deux Instituts catholiques Provolo pour les sourds d’Argentine, explique que son combat est pour que ces horreurs ne se répètent pas dans d’autres parties du monde.

Le drame de ces personnes handicapées est d’autant plus choquant qu’il s’agit de personnes particulièrement vulnérables qui ont été confiées à des religieux pour leur éducation.

Pas de rencontre avec le pape

Les victimes ont demandé en vain une rencontre avec le pape lors de leur séjour à Rome, du 20 au 22 février. «Nous sommes très déçus», reconnaît Erica Labeguerie, en racontant d’une voix hachée le parcours de sa famille.

«Cette lutte sert à rompre le silence, à faire en sorte que les preuves ne soient pas cachées, que le Vatican collabore», glisse-t-elle. Les victimes, accompagnées par leurs avocats, accusent le Vatican et le pape de dissimulation. Elles demandent justice, châtiment et réparation économique.

«Le pape a le pouvoir d’agir et d’éviter que cela ne se reproduise. Nous ne parlons pas du passé mais du présent que beaucoup vivent encore», assure la jeune femme.

Pour l’avocat Sergio Salinas, de l’organisation argentine humanitaire Xumex, «le pape argentin n’a rien fait pour enquêter sur les victimes ou pour les réparer».

«Nous avons besoin d’actions. Il ne suffit pas de lever le secret pontifical. L’Église doit collaborer. Le pape n’a rien dit, il ne s’est même pas excusé publiquement. Ce qui, de toute façon, n’est pas suffisant pour les victimes», a commenté pour sa part un autre avocat, Lucas Lecour.

En novembre, deux prêtres ont été condamnés à plus de 40 ans de prison pour avoir violé durant des années ces enfants dans l’institut spécialisé Provolo de Mendoza (ouest de l’Argentine). Nicola Corradi, un curé italien qui vit en Argentine depuis 1970, a été condamné à 42 ans de prison, et l’Argentin Horacio Corbacho à 45 ans.

Nicola Corradi avait été dénoncé au Vatican en 2009 pour avoir abusé sexuellement d’enfants sourds dans un institut Provolo de Vérone, dans le nord de l’Italie, avant d’être envoyé en Argentine voici cinquante ans. C’est pourquoi des sourds italiens de Vérone participeront à une veillée avec leurs compagnons d’infortune argentins, samedi dans les jardins du château de Saint-Ange, à quelque pas de la place Saint-Pierre.

Avant leur venue à Rome, les victimes argentines, qui considèrent avoir été «torturées» par leurs agresseurs, s’étaient rendues à Genève auprès du Comité de l’ONU contre la torture et du Comité des droits de l’enfant.

Par Le Figaro avec AFP

Les Argentins commencent à voter pour élire leur prochain président

octobre 25, 2015

Buenos Aires – Les Argentins ont commencé à voter dimanche matin pour élire le président qui succèdera à Cristina Kirchner, au pouvoir depuis 2007 et qui ne pouvait briguer un 3e mandat consécutif.

Daniel Scioli, membre de la coalition de gauche au pouvoir, mais plus modéré, est le favori de l’élection, devant le conservateur Mauricio Macri, à la tête de la mairie de Buenos Aires depuis huit ans.

Les bureaux de vote fermeront à 18h00 (21h00 GMT).

Les résultats commenceront à être communiqués vers 21H00 (00h00 GMT) et les premières tendances sont attendues en fin de soirée.

Daniel Scioli et son état-major visent une victoire dès le premier tour. Le président est élu au 1er tour s’il atteint 45% des voix ou s’il s’assure 40% des voix et un écart de 10 points de pourcentage sur le deuxième.

Romandie.com avec(©AFP / 25 octobre 2015 12h10)

Buenos Aires en liesse après l’élection du pape François

mars 13, 2013

Les Argentins eux-mêmes n'osaient croire à l'élection du cardinal Bergoglio.
Les Argentins eux-mêmes n’osaient croire à l’élection du cardinal Bergoglio. Crédits photo : STRINGER/ARGENTINA/REUTERS
 
 

REPORTAGE – Les fidèles de la capitale argentine se sont rués vers la cathédrale dès l’annonce du sacre de «leur» pape, ne prêtant qu’une oreille distraite aux polémiques liées au rôle du cardinal Bergoglio sous la dictature.

Buenos AiresSous une bruine de fin d’été, les klaxons ont retenti à Buenos Aires dès l’annonce du sacre du cardinal Bergoglio. «Quand j’ai appris la nouvelle à la radio, j’ai brutalement freiné, je ne pouvais pas y croire», conte un chauffeur de taxi qui nous mène vers la cathédrale de la capitale argentine. Ici, la foule afflue et une prière spontanée s’est organisée. Devant l’église, croyants et non-croyants partagent la même surprise. Un pape du pays, un pape latino-américain, c’est une première, et personne ne semblait vraiment s’attendre à cette nouvelle. Il faut dire que l’archevêque de Buenos Aires n’avait pas spécialement été mis en avant dans la presse locale ces derniers jours. Même les autorités religieuses locales, qui ont annoncé une messe d’action de grâce à 19 heures, ont confié à la presse leur étonnement. «C’est quelque chose qu’on n’osait pas espérer», a réagi le provicaire de l’archidiocèse de Buenos Aires, Mgr Garcia.

«J’ai du mal à vous parler, tellement je suis émue, confie Lita, 82 ans, qui porte de petites Vierges en boucles d’oreilles. Pour toute l’Amérique latine et les pays en développement, c’est une fierté.» «Pour une fois, on ne parlera pas de nous que pour le foot!» ajoute Maxi, 31 ans.

Le nom de Francisco, très commun en Argentine, est perçu comme un hommage à son pays, une référence aussi à saint François d’Assise, reflet de la simplicité du cardinal, appréciée des fidèles argentins: «C’est un pape du peuple. D’ailleurs, ce n’était pas un archevêque, c’était un curé, qui aimait prêcher, qui était proche des paroissiens et se comportait comme tel avec eux, riches ou pauvres», poursuit Maxi.

Une revanche pour certains

Beaucoup soulignent aussi la fermeté du cardinal. «Je venais souvent l’écouter. Dans ses homélies, il s’emportait toujours contre les oppresseurs, les puissants, et n’a pas hésité à critiquer le pouvoir en place», ajoute Guadalupe, mère de deux enfants. Pour les Argentins opposés au gouvernement de Cristina Kirchner, de plus en plus nombreux, cette élection sonne comme une revanche. «Cela apprendra à la présidente à ne pas cracher vers le haut», lance un passant. Cristina Kirchner a toutefois adressé ses «salutations» au Souverain Pontife, lui souhaitant dans une lettre une «fructueuse tâche pastorale».

Dans la presse et dans la rue, l’élection du pape a aussi fait resurgir une question restée présente en Argentine, celle du rôle du jésuite durant la dernière dictature militaire, ses détracteurs l’accusant d’avoir collaboré. Lors d’une conférence de presse, l’association des Mères de la place de Mai, l’a accusé de leur «avoir tourné le dos». Un rôle que le Pape a toujours nié, et auquel les fidèles argentins ne veulent pas croire, surtout pas en ce jour de fête catholique.

Reuters par Alice Pouyat