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Qui est vraiment Filipe Nyusi, le prochain président du Mozambique ?

octobre 24, 2014

Filipe Nyusi lors d'un meeting.
Filipe Nyusi lors d’un meeting. © AFP

D’après les décomptes finaux des votes publiés hier, jeudi 23 octobre, Filipe Jacinto Nyusi, le candidat du Frelimo, remporterait dès le premier tour la présidentielle du 15 octobre au Mozambique avec quelque 57% des voix. Originaire du nord du pays, l’ancien ministre de la Défense reste une énigme quant à son positionnement politique futur et aux liens qu’il entretiendra avec le président actuel, Armando Guebuza.

Sur le papier, Filipe Nyusi a tout du parfait candidat Frelimo. « Il est né en 1959 dans le district de Mueda (Nord), tristement célèbre pour le massacre commis par les colons portugais en juin 1960, raconte Cadmiel Muthemba, son chef de cabinet. Ses parents, des paysans makondés d’origine modeste, se sont ensuite enfuis pour la Tanzanie et ont participé à la fondation du Front de libération du Mozambique ».

Le jeune Filipe entame sa scolarité dans l’une des écoles montées par le Frelimo, auquel il adhère à 14 ans, avant de poursuivre des études d’ingénierie mécanique, notamment en Tchécoslovaquie et en Angleterre. Après une carrière dans les chemins de fer, il est catapulté au poste de ministre de la Défense en 2008 par Armando Guebuza, le président actuel.

Nouvelle génération

À 55 ans, le futur quatrième président du Mozambique indépendant est relativement jeune : « Il incarne l’accession d’une nouvelle génération de dirigeants aux manettes du parti, succédant à la vieille garde des anciens combattants de la guerre de libération », explique le journaliste d’opposition Fernando Lima. Sa nomination tardive comme candidat du Frelimo à la présidentielle, en mars 2014, résulte d’une longue bataille interne au parti anciennement marxiste. Le président Guebuza, fortement impopulaire au sein de la population comme dans le parti, a rapidement été dissuadé par ses pairs de toute velléité de modification constitutionnelle en vue d’un troisième mandat.

« Pourtant, il ne faut pas voir Nyusi comme son candidat de substitution, poursuit Lima. Mais plutôt comme celui d’un compromis entre plusieurs tendances qui s’affrontent au sein du Frelimo ». Pour la plupart des analystes, un scénario « à la Poutine », dans lequel Nyusi se contenterait de préserver les intérêts de Guebuza, est ainsi à exclure.

Maintenant que le décompte des votes est terminé, il reste à la Commission nationale électorale (CNE) de vérifier les irrégularités constatées par les partis politiques, et d’inspecter les 700 000 votes déclarés comme non valides, avant de pouvoir officiellement déclarer les résultats. Cette dernière étape a son importance, puisque les scores définitifs de Nyusi à la présidentielle et du Frelimo à l’Assemblée devraient déterminer les rapports de force futurs entre le chef de l’État et le parti. En effet, si le Frelimo obtient plus de votes que le candidat, ou si le nombre de suffrages recueillis par ce dernier est trop éloigné de celui de Guebuza en 2009, Nyusi risque de devoir composer davantage avec le Comité politique du Frelimo, qui prend depuis toujours l’essentiel des décisions pour le gouvernement. Or pour l’instant, et jusqu’en 2017, c’est Armando Guebuza qui reste président du parti et du Comité politique… à moins qu’un congrès extraordinaire ne vienne l’évincer.

En revanche, si Nyusi « devance » le Frelimo, le futur président devrait avoir plus d’assise politique pour mettre en place ses propres réformes. Et, pourquoi pas, mener à bien une démocratisation du Frelimo, dont le renouvellement est plus qu’attendu, alors que les retards et les irrégularités constatées lors du comptage des voix ont porté une nouvelle fois un coup à la crédibilité du processus électoral.

À l’échelle du pays, Nyusi aura besoin de plus de marge de manœuvre pour mettre en oeuvre la politique d’ouverture vis-à-vis de l’opposition qu’il a défendue pendant la campagne, et accorder suffisamment de concessions. De fait, le parti d’opposition a, dès le lendemain du vote, contesté la légitimité des résultats et demandé des négociations directes avec le gouvernement. Or l’unique manière de s’assurer que l’ancienne rébellion ne reprenne pas les armes est d’octroyer à ses cadres des postes dans l’administration et au sein des principaux secteurs économiques.

Le début de mandat de Filipe Nyusi sera donc déterminant, tant pour le Frelimo que pour le pays. Comme l’explique Erik Charas, directeur du journal d’opposition À Verdade, le futur président fait désormais face à une sérieuse alternative: « Ou bien il cherche à s’enrichir sans scrupules comme l’a fait Guebuza, ou alors il s’affranchit du Frelimo et s’attaque véritablement au développement du pays. Et c’est seulement dans ce cas qu’il laissera son empreinte dans l’histoire du Mozambique ».

Jeuneafrique.com par Adrien Barbier Ruzdic

Élections au Mozambique : le chef de la Renamo promet qu’il n’aura pas recours à la violence

octobre 18, 2014

Afonso Dhlakama, le chef du parti d'opposition Renamo au Mozambique, le 15 octobre 2014.
Afonso Dhlakama, le chef du parti d’opposition Renamo au Mozambique, le 15 octobre 2014. © AFP

Afonso Dhlakama, le chef du parti d’opposition Renamo au Mozambique, estime que les élections de mercredi n’ont pas été honnêtes, mais a promis samedi de ne pas recourir à la violence.

« Je suis ici pour vous annoncer que cette élection pour moi n’a pas été libre et honnête, nous essayons d’enquêter et de voir ce que peut être la solution », a d’abord déclaré devant la presse l’ex-guérillero, apparemment battu à la présidentielle par le candidat du Frelimo au pouvoir, mais dispose toujours de troupes armées dans le pays. Mais, a-t-il ajouté, en s’adressant notamment aux journalistes étrangers présents: « la violence n’est pas nécessaire (…) je veux promettre que cela n’arrivera plus ».

Selon les derniers résultats encore partiels, le candidat du Frelimo Filipe Nyusi serait élu au premier tour de la présidentielle avec environ 60% des suffrages. M. Dhlakama arrive en deuxième position avec un score proche de 30%, soit presque le double de son score à la présidentielle de 2009. Dhlakama, qui a accusé le Frelimo d’avoir été à l’origine des violences qui ont laissé le pays exsangue depuis l’indépendance en 1975, avait pris le maquis en 2012 pour mener un conflit larvé contre les forces gouvernementales, faisant plusieurs dizaines de morts.

En septembre, il est sorti de la clandestinité pour signer un accord de paix avec le président sortant Armando Guebuza, accord qui a permis l’organisation des élections présidentielle, législatives et provinciales de mercredi. « Guebuza et Dhlakama ont signé, parce qu’il n’y avait aucune raison que des frères se tuent les uns les autres », a dit M. Dhlakama, parlant de lui-même à la troisième personne, après avoir rappelé que le Frelimo, parti alors marxiste, et la Renamo, à l’époque soutenue par l’Afrique du Sud de l’apartheid, s’étaient livré une guerre civile de 16 ans entre 1976 et 1992, après l’indépendance de cette ancienne colonie portugaise.

Jeudi, un porte-parole de la Renamo avait suscité l’inquiétude en affirmant que son parti refuserait de reconnaître le résultat du scrutin, accusant le pouvoir de fraudes. Immédiatement, la communauté internationale avait appelé au calme et demandé à l’opposition d’utiliser la voie légale pour contester si nécessaire le résultat des élections. « S’il y a des contestations, nous encourageons tous les partis politiques à utiliser toutes les procédures légales pour résoudre le problème », avait déclaré la chef de la mission des observateurs de la Communauté d’Afrique australe (SADC), la ministre sud-africaine des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane.

Un retour aux troubles risquerait de contrarier les perspectives économiques florissantes ouvertes par les récentes découvertes d’énormes gisements gaziers off-shore au nord qui pourraient entrer en exploitation au plus tôt en 2018. Ces gisements pourraient propulser le Mozambique au quatrième rang gazier mondial. « Les investisseurs surveillent le Mozambique de près, ils veulent de la stabilité et un environnement prévisible », commentait vendredi Alex Vines, chercheur à l’institut d’études politiques Chatham House.

Jeuneafrique.com avec AFP

25 juin, jour de fête nationale en Croatie, Mozambique et Slovénie

juin 25, 2013

C’était le 25 juin 1991 que la Craotie devenait indépendante. Ce pays d’Europe du Sud, issu du démembrement de l’ancienne Yougoslavie, est entouré par la Slovénie, la Hongrie, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro. Sa capitale est Zagreb.

Le père de l’indépendance était Franjo Tudman, tandis que son président actuel est Ivo Josipovic. Sa population est de 4.284.889 hab. Sa superficie est de 5.542 km2. Sa langue officielle est le croate. Sa monnaie est le kuna.

Le 25 juin 1975, le Mozambique, une ancienne colonie portugaise accédait à l’indépendance. Pays d’Afrique australe située sur la côte orientale du continent africain, le Mozambique est entouré par l’Afrique du Sud, le Swaziland, le Zimbabwe, la Zambie, le Malawi et la Tanzanie. Deuxième pays lusophone par sa population et le troisième par sa superficie.

Le père de l’indépendance était Samora Machel, mort dans un accident d’avion, le 19 octobre 1986, à Mbuzini, en Afrique du Sud. Il était l’époux de l’actuel femme de Nelson Mandela. Le président actuel est Armando Guebuza. Sa population est de 22.061.451 hab. Sa superficie est de 801.580 km2. Sa langue officielle est le portugais. Sa monnaie est le Metical.

Sous le soleil de l’été, le 25 juin 1991, la Slovénie devenait indépendante. Ce pays d’Europe du Sud, issu du démembrement de l’ancienne Yougoslavie, est bordé par la mer Adriatique, l’Italie, l’Autriche, la Hongrie et la Croatie. Sa capitale est Ljubljana.

Le père de l’indépendance était Milan Kucan, tandis que son président actuel est Borut Pahor. Sa population est de 2.000.092 hab. Sa superficie est de 20.273 km2. Sa langue officielle est le slovène, localement le hongrois et l’italien. Sa monnaie est l’Euro.

Bernard NKOUNKOU

Conflit en RDC: la SADC met en cause le Rwanda, la piste d’une force neutre pas évoquée

août 18, 2012
 

Conflit en RDC: la SADC met en cause le Rwanda, la piste d'une force neutre pas évoquée Conflit en RDC: la SADC met en cause le Rwanda, la piste d’une force neutre pas évoquée © AFP

Les dirigeants de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ont directement mis en cause samedi la participation du Rwanda dans le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), lui enjoignant de cesser son assistance au groupe rebelle M23.

S’inquiétant de la situation dans la région, ils ont « noté que cela est causé par des groupes rebelles bénéficiant de l’assistance du Rwanda, et ont exhorté le Rwanda à cesser immédiatement ses interférences, qui constituent une menace pour la paix et la stabilité », selon leur communiqué final.

A l’occasion de leur sommet annuel, à Maputo, ils ont mandaté le chef de l’organisation régionale, le président mozambicain Armando Guebuza, « pour entreprendre une mission au Rwanda afin qu’il s’entretienne avec le gouvernement rwandais pour exhorter le Rwanda à mettre fin à son appui militaire aux rebelles armés en RDC, le soi-disant M23 ».

L’armée congolaise combat depuis mai des mutins se réclamant du Mouvement du 23 mars (M23), qui sont issus de l’ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), officiellement intégrée dans l’armée en 2009.

Le Rwanda a été nommément accusé par des ONG puis par l’ONU d’appuyer en hommes, en armes et en munitions les rebelles, ce que Kigali a toujours nié.

Le communiqué final du sommet de la SADC –à laquelle appartient la RDC– ne fait en revanche pas la moindre référence à l’éventuel envoi d’une « force neutre » dans la région, tel qu’envisagé jeudi par la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL).

Angola, RDC, Tanzanie et Zambie sont pourtant à la fois membre de la CIRGL et de la SADC.

Jeuneafrique.com avec AFP

SADC: RDC, Madagascar, Zimbabwe, lac Malawi au menu du sommet de Maputo

août 17, 2012
 
SADC: RDC, Madagascar, Zimbabwe, lac Malawi au menu du sommet de Maputo SADC: RDC, Madagascar, Zimbabwe, lac Malawi au menu du sommet de Maputo © AFP

Le président mozambicain Armando Guebuza a plaidé vendredi pour le développement d’infrastructures en ouvrant le sommet annuel de la SADC, l’organisation de l’Afrique australe, s’inquiétant pour les crises qui pourraient mettre en péril l’intégration régionale.

Les quatre principaux points sur lesquels la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) devrait se pencher pendant deux jours sont Madagascar, la RD Congo (RDC), le Zimbabwe, et le conflit frontalier entre le Malawi et la Tanzanie.

« Nous sommes très préoccupés par la situation dans l’est de la République démocratique du Congo et nous apportons notre soutien au rétablissement de la paix dans ce pays qui fait partie de la SADC », a relevé M. Guebuza, dont le pays a pris vendredi la présidence tournante de l’organisation à l’Angola.

Une récente réunion à Kampala a évoqué l’envoi d’une « force neutre » dans l’est de la RDC où le mouvement rebelle M23 a pris les armes contre les autorités en avril, obligeant quelque 250. 000 personnes à fuir les combats.

« Nous recherchons une solution pour le différend opposant la Tanzanie au Malawi » qui se disputent les eaux du lac Malawi où Lilongwe veut chercher du pétrole et du gaz, a ajouté le président mozambicain pendant la cérémonie d’ouverture.

« S’ils commencent à se battre, nous accueillerons les réfugiés », a plaisanté son homologue zambien Michael Sata, rappelant la tradition d’hospitalité de son pays qui avait accueilli les divers mouvements de libération de la région.

« Mais ils cessent visiblement le feu avant d’avoir même tiré le premier coup! », a-t-il ajouté.

« Ce qui se passe, c’est que nous devons discuter d’abord », lui a indirectement répondu la présidente malawite Joyce Banda.

« Des discussions ont lieu, des responsables de Tanzanie et des responsables du Malawi se rencontrent, ils se rencontreront à nouveau lundi, et je ne peux pas préjuger de leurs discussions », a-t-elle ajouté à l’AFP.

Concernant Madagascar, « continuons à promouvoir un dialogue amélioré pour faire avancer ce processus (. . . ) afin qu’il y ait une confiance mutuelle entre les deux parties », a noté Armando Guebuza. « Que pouvons-nous faire pour les faire parvenir à un consensus? »

L’ancien président malgache Marc Ravalomanana et l’actuel homme fort de la Grande Ile, Andry Rajoelina, ont été convoqués jeudi soir pour plaider leur cause devant la « troïka », l’organe de sécurité et défense de l’organisation. Ils devaient faire une apparition au sommet vendredi, a-t-on appris de sources diplomatiques.

La SADC, qui joue les médiateurs depuis le renversement du premier par le second lors d’une révolution en mars 2009, leur avait donné jusqu’à jeudi pour aplanir leurs différends, menaçant d’exclure le responsable d’un éventuel blocage du processus de réconciliation.

La situation n’a guère évolué, M. Rajoelina s’opposant au retour de son rival, qui a été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité pour son rôle dans la mort de 36 manifestants abattus par sa garde lors des émeutes qui l’ont emporté.

M. Guebuza n’a pas évoqué la situation au Zimbabwe, où le processus patine pourtant, que le sommet devait également aborder.

Alors que les partis se sont mis d’accord en juillet sur un projet de Constitution –préalable à l’organisation d’élections–, le texte est désormais remis en cause par la Zanu-PF, le parti du président Robert Mugabe.

Mais l’homme fort de la SADC qui est aussi son médiateur dans la crise zimbabwéenne, le président sud-africain Jacob Zuma, a annoncé son départ de Maputo pour se rendre à la mine de Marikana, dans le nord-ouest de son pays, où des policiers ont tiré sur des mineurs grévistes jeudi faisant, selon un premier bilan officiel de 34 tués et 78 blessés.

Les infrastructures seront également à l’ordre du jour du sommet, avec sur la table un schéma régional de développement des équipements prévoyant 500 milliards de dollars d’investissements en quinze ans, dont 64,15 milliards d’ici 2017.

Jeuneafrique.com avec AFP