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Mali: l’armée française a tué ou capturé une vingtaine de jihadistes

avril 30, 2017

Des militaires maliens lors d’une visite du président français François Hollande à Gao, le 13 janvier 2017 / © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

La force française Barkhane a tué ou capturé une vingtaine de jihadistes ce week-end, au sud-ouest de Gao (Mali), dans zone où un soldat français avait été tué le 5 avril près de la frontière avec le Burkina Faso, a annoncé dimanche l’état-major dans un communiqué.

« Depuis samedi 29 avril, la force Barkhane est engagée dans une opération qui a permis de neutraliser près d’une vingtaine de terroristes dans la forêt de Foulsaré à proximité de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso, au sud-ouest de Gao », a-t-il indiqué.

Ils ont été tués ou capturés, a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’état-major, le colonel Patrik Steiger, sans plus de précisions.

Des avions de chasse Mirage 2000 ont d’abord effectué des frappes sur des dépôts logistiques repérés lors d’une récente opération dans la forêt, considérée comme une refuge de groupes terroristes armés.

C’est lors de cette opération que le caporal-chef du 6è régiment du génie d’Angers, Julien Barbé, avait été tué, victime de tirs directs.

Deux hélicoptères d’attaque Tigre sont ensuite intervenus pour sécuriser la zone et permettre de poser de commandos montagne par hélicoptère Caïman.

« Au lever du jour, vers 05h30, les commandos montagne rejoints par des commandos parachutistes et des équipes opérationnelles de déminage ont procédé à la fouille de la zone d’opération », a ajouté l’état-major.

« De l’armement, des munitions, des lance-roquettes et des composants destinés à la fabrication d’engins explosifs ont été découverts en quantités importantes » et détuits, a-t-il poursuivi.

La force Barkhane mobilise 4.000 soldats français sur cinq pays du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie).

Elle a pour mission « d’appuyer les forces armées des pays partenaires » dans leur lutte contreterroriste et de « favoriser une appropriation africaine de la gestion des crises », souligne le communiqué.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés du nord du Mali par l’intervention française Serval en 2013. Mais des zones entières du pays échappent toujours au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes.

Le caporal-chef Barbé avait été tué lors d’une opération conjointe avec les forces maliennes et burkinabés. Lors de cette opération,menée du 27 mars au 10 avril, deux jihadistes ont été tués, huit capturés et « plusieurs dizaines de suspects » remis aux autorités burkinabés, selon l’état-major français.

Romandie.com avec(©AFP / 30 avril 2017 23h58)

Avec le départ de l’armée française, la Centrafrique peut-elle sombrer dans l’abîme ?

octobre 28, 2016

Des soldats français de l’opération Sangaris s’adressant au ministre Jean-Yves Le Drian. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

L’opération militaire française en Centrafrique, Sangaris, prend fin officiellement ce dimanche, avec le déplacement à Bangui du ministre de la Défense Jean-Yves le Drian. Dans la capitale centrafricaine, ils sont nombreux à craindre les conséquences de ce départ.

Un repli longtemps différé

Définitivement officialisé avec le déplacement du ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian, les 30 et 31 octobre, le départ des soldats de l’opération Sangaris, déclenchée en décembre 2013 après des massacres de civils à Bangui, était prévu depuis de longs mois. Il a été plusieurs fois différé à cause de l’évolution de la situation sur le terrain et les reports successifs des élections présidentielle et législatives. Entre 300 et 350 hommes, équipés de drones d’observation, demeureront dans la capitale centrafricaine. Cet effectif comprend les troupes affectées à la Minusca et à la mission EUTM-RCA.

La France conservera « une capacité d’intervention militaire sur court préavis », précise-t-on à la Présidence. « Ce contingent pourra être mobilisé à la demande du gouvernement centrafricain, en cas de menace sérieuse contre la paix ou les institutions du pays ».

Une situation sécuritaire instable

L’amélioration de la situation sécuritaire après l’élection du Président Faustin-Archange Touadéra aura duré quelques mois. C’est d’abord à Bangui que la violence s’est exprimée après l’assassinat le 4 octobre 2016 du commandant Marcel Mombéka, ancien garde du corps de Catherine Samba-Panza. Une semaine plus tard, Kaga Bandoro sombre dans le chaos. Les premiers échauffourées surviennent après le démantèlement de deux barrages – un appartenant aux anti-balaka, l’autre à l’ex-Séléka -. Des maisons sont brûlées, des manifestations contre la Minusca organisées.

Le 11 octobre, des membres du MPC (une faction de l’ex-Séléka dirigée par le général Mahamat AlKhatim) tente de dérober le générateur d’une radio locale dans un camp de réfugiés. Ils rencontrent une forte résistance et l’un deux meurt après avoir reçu un coup de hache en pleine tête. Le lendemain, la ville est mise à sac. Il y a des accrochages avec la Minusca, des braquages, des ONG visées et au moins 37 morts. La ville est désormais coupée en deux. Trois jours plus tard, treize personnes sont tuées dont un enfant, et une dizaine d’autres blessées, dans l’attaque d’un camp de réfugiés dans la localité de Ngakobo proche de la ville de Bambari.

Enfin, une journée ville morte était organisée lundi 24 octobre à Bangui, à l’appel du groupe de travail de la société civile, pour demander le départ de la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) a dégénéré. Au moins quatre personnes ont été tuées.

La Minusca critiquée

Seule force d’interposition après la fin de l’opération Sangaris, la mission de l’ONU et ses 12 000 hommes, est sous le feu des critiques. La population et le gouvernement leur reprochent leur attentisme, les groupes armés leur parti pris. Le comportement de certains contingents inquiètent jusqu’au siège de l’ONU, à New York.

Lors des manifestations qui ont accompagnées la journée ville morte du 24 octobre à Bangui, la Minusca a été accusées par la société civile d’avoir tiré sur la foule. Des accusations démenties par l’ONU. De fait, les patrouilles de l’ONU ont bien été prises pour cibles – caillassages et tirs – alors qu’elles tentaient d’enlever les barricades, avant de répliquer à balles réelles. Cinq Casques bleus ont d’ailleurs été blessés.

Pour certains observateurs, les difficultés de la Minusca sont utilisées dans le but de déstabiliser le pays. Si l’appel à la journée ville morte se voulait pacifique, il semble que certaines personnalités politico-militaires aient profité de la situation. « Des jeunes armés placés en retrait derrière les barricades ont provoqué la Minusca pour la forcer à riposter », explique une source sécuritaire française qui pointe du doigt le rôle de leaders anti-balaka.

« Il y a aussi beaucoup d’instrumentalisation », nuance-t-elle. « La Minusca sera toujours visée par des critiques, car il faut un bouc émissaires. C’est une opération de maintien de la paix qui n’est pas là pour faire la guerre et réconcilier les communautés. Ça, c’est le rôle des autorités. »

Un régime fragilisé

L’état de grâce qui a suivi l’élection de Touadéra est désormais terminé. Beaucoup à Bangui, comme au sein de la communauté internationale, doutent de sa capacité à restaurer une paix durable. « Il n’y arrive pas. Il semble à bout de force », estime un fin connaisseur du pays. Une autre source proche des cercles du pouvoir évoque « un amateurisme écœurant ». Plus que le chef de l’État lui-même, c’est le travail de certains membres du gouvernement et de son cabinet qui est pointé du doigt. « Ils ne sont pas au niveau ! », juge un habitué des arcanes du pouvoir à Bangui. Seront-ils à-même de mener un processus DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion) de plus en plus menacé ?

Jeuneafrique.com par Vincent Duhem

Centrafrique: les accusations de viol, « extrêmement graves » pour l’armée française

mai 19, 2015

Centrafrique: les accusations de viol, 'extrêmement graves' pour l'armée française
Centrafrique: les accusations de viol, « extrêmement graves » pour l’armée française © AFP

Le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser, a estimé mardi que les accusations de viols d’enfants portées contre des militaires français en Centrafrique auraient des conséquences « extrêmement graves », qu’elles soient avérées ou non.

« Soit ces affaires sont avérées, auquel cas c’est extrêmement grave parce qu’on touche à l’intégrité physique et morale de jeunes enfants », a-t-il déclaré lors d’une rencontre avec l’Association des Journalistes de Défense (AJD). « Et c’est toute une armée qui en prend plein la figure ».

« Si jamais ce n’est pas avéré, c’est aussi grave (. . . ) Cela veut dire qu’il n’y a pas de présomption d’innocence pour le groupe, pour la communauté militaire. Tous nos soldats sont assimilés à des violeurs d’enfants », a-t-il ajouté.

L’affaire a été révélée en avril par le quotidien britannique The Guardian sur la base d’un rapport de l’ONU contenant des témoignages d’enfants qui affirment avoir été violés par des militaires français au début de l’intervention française en Centrafrique, entre décembre 2013 et juin 2014.

Le ministère français de la Défense a confirmé avoir été saisi de ces témoignages par le Haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU en juillet 2014 et avoir immédiatement saisi la justice. Mais il n’avait pas alors rendu publique l’affaire, un silence qui suscite a posteriori un certain nombre de critiques.

« Ce qu’il faut en tirer comme enseignement, je n’en sais rien (. . . ) mais j’avoue qu’on a du mal à comprendre pourquoi ce sujet nous colle comme cela à la peau alors que l’enquête est en cours », a indiqué le général Bosser.

« Est-ce que ce sont des relents d’antimilitarisme qui ressortent parce que l’armée de Terre a été mise sur un piédestal avec Serval (opération française au Mali)? Est-ce qu’on n’a pas idéalisé l’armée en disant c’est encore elle qui porte un certain nombre de valeurs ? », s’est-il interrogé.

Selon une source judiciaire française, 14 soldats français sont mis en cause, dont trois ont été identifiés, dans cette affaire potentiellement désastreuse pour l’image de la France et de son armée en Afrique.

« La chose dont on est sûr aujourd’hui c’est qu’il n’y avait pas de système organisé. C’est d’ailleurs ce que dit l’enquête », a relevé le général Bosser.

Jeuneafrique.com

Centrafrique: l’armée française menacée d’un scandale potentiellement dévastateur

mai 1, 2015

Centrafrique: l'armée française menacée d'un scandale potentiellement dévastateur
Centrafrique: l’armée française menacée d’un scandale potentiellement dévastateur © AFP

L’armée française, habituée aux interventions en Afrique, fait face à un scandale aux effets potentiellement dévastateurs à la suite d’accusations d’enfants selon lesquels des soldats les ont violés lors de l’opération Sangaris en 2014 en Centrafrique.

« Si certains militaires se sont mal comportés, je serai implacable », a réagi jeudi le président François Hollande, alors que le ministère de la Défense et l’armée, sur la défensive, ont multiplié les déclarations pour souligner ne vouloir rien cacher.

Les témoignages circonstanciés des enfants, contenus dans un rapport de l’ONU, portent sur une période allant de décembre 2013 à juin 2014 et ont justifié l’ouverture d’une enquête préliminaire en juillet 2014 à Paris restée secrète jusqu’à ce qu’un article du quotidien britannique The Guardian révèle l’affaire mercredi.

Jeudi, une source judiciaire française a précisé que 14 soldats français étaient mis en cause et que « très peu » avaient été identifiés par l’enquête, toujours en cours.

Selon l’ONG américaine Aids-Free World, trois soldats du Tchad et deux de Guinée Equatoriale sont aussi accusés dans un rapport de l’ONU d’abus sexuels sur des enfants en Centrafrique.

A Bangui, le procureur de la République, Ghislain Grésenguet a regretté n’avoir pas été informé de cette affaire « extrêmement grave » et de l’ouverture d’enquêtes : « Des ONG et des organes de l’ONU sont descendus sur le terrain sans nous informer, nous n’avons pas compris pourquoi », a-t-il dit, précisant avoir « immédiatement » ouvert une enquête.

C’est en juillet 2014 que le ministère français de la Défense reçoit un rapport établi par des personnels du Haut-commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU positionnés en Centrafrique, où l’armée française s’est déployée dans le cadre de l’opération Sangaris, destinée à empêcher une guerre civile: une dizaine d’enfants – le plus jeune a neuf ans – affirment qu’en échange de nourriture ou sous la menace, des soldats français ont abusé d’eux sexuellement.

Ces témoignages « retracent des faits qui auraient été commis sur une dizaine d’enfants, sur le site de l’aéroport de M’Poko (à Bangui), entre décembre 2013 et juin 2014 », a précisé mercredi le ministère de la Défense, assurant avoir « pris toutes les mesures nécessaires pour permettre la manifestation de la vérité ».

– ‘Double crime’ –

Conscient de la gravité des accusations et de leur portée, le ministère a affirmé que « si les faits étaient avérés, il veillera à ce que les sanctions les plus fermes soient prononcées à l’égard des responsables de ce qui serait une atteinte intolérable aux valeurs du soldat ».

Jeudi, il a souligné, par la voix de son porte-parole Pierre Bayle, qu’il « vérifiait la réalité » des accusations et assuré n’avoir « aucune volonté de cacher quoi que ce soit (. . . ) L’indulgence zéro veut bien dire que ce genre de fait n’est pas couvert. On n’est pas en train de cacher les faits, on est en train de vérifier les faits ».

Le ministère de la Défense a précisé avoir saisi, dès qu’il a été alerté par le rapport onusien, le Parquet de Paris qui a ouvert une enquête. Des membres de la gendarmerie prévôtale, composée de militaires disposant de prérogatives judiciaires et placés sous le contrôle du procureur de Paris, sont partis une première fois en août 2014 en Centrafrique pour y commencer leur enquête. Ils y sont depuis retournés pour la poursuivre.

Ces accusations ont été révélées mercredi par le quotidien britannique The Guardian, à qui la codirectrice de l’ONG américaine Aids-Free World, Paula Donovan, a communiqué le rapport.

Le document rassemble les témoignages de six enfants âgés de 9 à 15 ans, jugés très crédibles. Les soldats français auraient échangé de la nourriture, et parfois de petites sommes d’argent, contre des faveurs sexuelles.

« Les enfants ont témoigné qu’ils avaient faim et qu’ils pensaient pouvoir se procurer de la nourriture auprès des soldats », a expliqué à l’AFP Mme Donovan. La réponse des soldats était « si tu fais ça, alors je te donnerai à manger ».

Certains disent avoir été violés, d’autres abusés et d’autres assurent avoir assisté au viol de leurs camarades. Certains ont été capables de donner de leurs agresseurs présumés une description précise, d’autres des surnoms.

Interrogée jeudi matin, la secrétaire d?État française en charge de la Famille, Laurence Rossignol, a estimé qu’il s’agissait, s’ils étaient avérés, de « faits extrêmement graves ». Ceux qui sont là pour protéger, notamment les femmes et les enfants, « seraient eux-mêmes des prédateurs. D’un certain point de vue c’est un double crime ».

Anders Kompass, directeur des opérations de terrain au Haut-Commissariat de l’ONU pour les droits humains, qui a transmis à Paris le rapport intitulé « Abus sexuels sur des enfants par les forces armées internationales », l’a fait en réaction à ce qu’il a considéré être l’inaction de l’ONU dans ce dossier. Depuis, il a été suspendu de ses fonctions et fait l’objet d’une enquête interne.

Dans un communiqué jeudi soir, Amnesty International (AI) a appelé les autorités françaises et les Nations unies à conduire en urgence devant la justice « tous ceux suspectés de responsabilité criminelle sur la base d’une enquête rapide, impartiale et indépendante ».

« Ces allégations ne sont pas les premières contre des forces de paix en Centrafrique ces deux dernières années et renforcent la nécessité de mettre un terme à l’impunité (. . . ) quels que soient ceux suspectés », a ajouté Stephen Cockburn, directeur régional adjoint d’AI pour l’Afrique centrale et occidentale.

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