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Franc CFA : Kémi Seba interpellé au Burkina Faso pour « injure » à l’encontre du président Kaboré

décembre 25, 2019

Kémi Séba à Dakar le 4 décembre 2013.

Kémi Séba à Dakar le 4 décembre 2013. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

L’activiste franco-béninois a été arrêté samedi à Ouagadougou, après avoir participé à une conférence sur le franc CFA. Il aurait tenu des « propos outrageants » à l’encontre du président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.

« Kémi Séba a été interpellé à son hôtel dans l’après-midi du samedi par des éléments de la gendarmerie nationale » après une conférence publique sur le franc CFA à l’université de Ouagadougou, a indiqué Hervé Ouattara, le responsable du « Front anti-CFA » qui organisait le débat.

« Au début, il a été amené à la compagnie de gendarmerie pour des raisons de sécurité parce que, semblerait-il, il y avait des jeunes du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, parti au pouvoir) qui voulaient porter atteinte à son intégrité physique », a expliqué l’avocat de Kemi Séba, Me Prosper Farama.

Plus tard, sur de nouvelles instructions du procureur, une procédure a été engagée contre lui pour « injure à l’encontre du chef de l’État », a-t-il indiqué. « On lui reproche d’avoir tenu des propos outrageants contre le président du Faso et une tentative de démoralisation des éléments engagés dans la lutte contre le terrorisme », a déclaré Hervé Ouattara.

« Il aurait dit que le chef de l’État était une passoire politique, que si M. Kaboré ne prenait pas ses responsabilités, il serait châtié par la jeunesse », a expliqué Me Farama. « On lui reprocherait aussi d’avoir tenu des propos qui pourraient démoraliser ceux qui se battent au Burkina » contre le terrorisme, a poursuivi l’avocat.

Réforme majeure

Kémi Séba « a été entendu » dimanche et « l’agent enquêteur nous a signifié qu’il va transmettre le plus tôt possible les procès-verbaux au procureur », a ajouté Me Farama, affirmant ne pas pouvoir préciser « ce qu’il risque ».

« Une notification de poursuite lui sera faite par le parquet », a déclaré une source sécuritaire, précisant que « M. Séba est toujours en garde à vue ».

Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Capochichi, qui se présente comme un « polémiste et conférencier panafricain », a ces dernières années organisé ou participé en Afrique à plusieurs manifestations hostiles au franc CFA. Il a plusieurs fois été interpellé ou expulsé de la Côte d’Ivoire, du Sénégal ou de Guinée.

Samedi, une réforme majeure du franc CFA a été annoncée par les présidents ivoirien Alassane Ouattara et français Emmanuel Macron à Abidjan.

Jeuneafrique.com avec AFP

Zimbabwe : l’épouse du vice-président Constantino Chiwenga arrêtée pour corruption

décembre 15, 2019

Le général Constantino Chiwenga, qui a mené le coup contre Mugabe, arrive à l'investiture de Emmerson Mnangagwa, le 24 novembre 2017.

Le général Constantino Chiwenga, qui a mené le coup contre Mugabe, arrive à l’investiture de Emmerson Mnangagwa, le 24 novembre 2017. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

 

Marry Mubaiwa, l’épouse du vice-président du Zimbabwe, Constantino Chiwenga, a été arrêtée samedi dans le cadre d’une enquête pour fraude et blanchiment d’argent d’un montant estimé à un million de dollars.

Marry Mubaiwa, 38 ans, a été interpellée samedi par la police, selon la la Commission zimbabwéenne anticorruption, et devait être présentée à un juge en début de semaine prochaine.

Achat d’une propriété à Pretoria

Selon un document de la Commission anticorruption obtenu par l’Agence France-Presse, Marry Mubaiwa est accusée d’avoir transféré en 2018 et 2019 de l’argent de ses comptes du Zimbabwe vers des banques sud-africaines « en cachant ou en maquillant leur véritable utilisation », en violation du contrôle des changes.

Ces fonds auraient été utilisés pour l’achat en Afrique du Sud, avec des complices, d’une propriété dans la capitale Pretoria et de deux véhicules tout-terrain de luxe.

L’épouse du général Chiwenga, une ancienne mannequin, est par ailleurs accusée d’avoir menti à un juge sur la nature de son contrat de mariage.

Chiwenga, architecte de la chute de Mugabe

Ancien chef d’état-major de l’armée zimbabwéenne, Constantino Chiwenga est considéré comme l’architecte du coup de force qui a précipité la démission du président Robert Mugabe fin 2017, après trente-sept ans de règne sur le pays.

Il est considéré comme un proche du nouveau président Emmerson Mnangagwa, qui s’est fait fort de relancer l’économie en pleine déconfiture du pays, en luttant notamment contre la fuite des capitaux et l’évasion fiscale.

Agé de 63 ans, Constantino  Chiwenga est rentré le mois dernier dans son pays après un séjour médical de quatre mois en Chine. Son épouse était absente de la cérémonie organisée quelques jours plus tard dans son village natal.

Par Jeune Afrique avec AFP

Affaire Eni/Shell : un ancien ministre nigérian de la Justice arrêté pour corruption à Dubaï

novembre 22, 2019

Mohammed Adoke, alors ministre de la Justice du Nigeria, en 2015.

Mohammed Adoke, alors ministre de la Justice du Nigeria, en 2015. © AP/SIPA 

Un ancien ministre nigérian de la Justice, impliqué dans l’un des plus gros scandales de corruption de l’histoire de son pays, a été arrêté à Dubaï, a annoncé jeudi 21 novembre son avocat.

Mohammed Adoke, qui avait également occupé le poste de procureur général, a été « brusquement arrêté par Interpol » le 11 novembre après s’être rendu aux Emirats arabes unis pour suivre un traitement médical, a déclaré l’avocat Mike Ozekhome.

En avril, un tribunal nigérian avait délivré des mandats d’arrêt contre Adoke et l’ancien ministre du pétrole Dan Etete, en relation avec un scandale de corruption, dit de « Malubu », concernant un accord pétrolier de 1,3 milliard de dollars impliquant les compagnies Eni et Shell.

L’avocat d’Adoke a cependant affirmé que les mandats avaient été annulés ensuite par un tribunal nigérian et que l’ancien ministre était « illégalement » maintenu en détention. « J’appelle donc les autorités de Dubaï et Interpol à libérer M. Adoke, pour lui permettre de suivre son traitement », a-t-il déclaré.

Eni et Shell poursuivies pour de supposés pots-de-vin

Le procureur général du Nigeria a déclaré que son bureau n’avait pas encore reçu de communication officielle au sujet de la détention d’Adoke. Les autorités de Dubaï n’ont fait aucun commentaire à ce sujet. Adoke et Etetete sont en cavale depuis des années, hors du Nigeria.

Les compagnies Eni et Shell sont accusées d’avoir distribué des pots-de-vin pour l’achat en 2011 du bloc pétrolier offshore OPL245, pour 1,3 milliard de dollars. Elles ont depuis nié tout acte répréhensible.

L’actuel président, Muhammadu Buhari, réélu pour un second mandat en février dernier, a promis de mener un combat sans répit contre le « cancer de la corruption » qui gangrène le principal producteur de pétrole africain.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

États-Unis: Une personne arrêtée alors qu’elle tentait d’entrer en voiture à la Maison-Blanche

novembre 21, 2019

 

Un individu non identifié a été interpellé après avoir tenté de pénétrer dans l’enceinte de la Maison-Blanche en voiture, en suivant un véhicule autorisé, a indiqué jeudi le Secret Service américain.

«Le véhicule a été stoppé et l’individu a été immédiatement détenu par les agents du Secret Service», a dit sur Twitter la prestigieuse police d’élite chargée de la protection du président des Etats-Unis. Des rues aux abords de la Maison-Blanche ont par conséquent été fermées à Washington. Le Secret Service n’a pas fourni de détails sur l’identité de la personne. Il a seulement dit qu’elle avait tenté d’entrer dans «le complexe de la Maison-Blanche en suivant un autre véhicule qui entrait de manière légale».

Par Le Figaro.fr avec AFP

Centrafrique : Bangui réclame l’extradition du chef de guerre Abdoulaye Miskine, arrêté au Tchad

novembre 20, 2019

Des combattants de l'ex-Séléka, à Bangui en 2013 (Archives).

Des combattants de l’ex-Séléka, à Bangui en 2013 (Archives). © Rebecca Blackwell/AP/SIPA 

Le chef de guerre Abdoulaye Miskine, leader du Front démocratique du peuple Centrafricain (FDPC), a été arrêté au Tchad, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement centrafricain, qui a demandé son extradition aux autorités centrafricaines.

L’arrestation du leader et fondateur du Front Démocratique du peuple centrafricain (FDPC), de son vrai nom Martin Koumtamadji, a été confirmée par un haut responsable des services de sécurité tchadiens – qui a requis l’anonymat. « Abdoulaye Miskine a été arrêté au Tchad. Nous demandons son extradition », a déclaré à la presse Ange Maxime Kazagui, le porte-parole du gouvernement centrafricain.

« Il a été arrêté à la frontière entre le Tchad et la Centrafrique, à Harare Mangueigne, et amené à N’Djamena où il a aussitôt été mis aux arrêts à l’Agence nationale de sécurité (ANS) », le service du contre espionnage, a précisé un responsable tchadien de la sécurité. « Nous n’avons pas encore d’instructions quant à une possible extradition », a-t-il ajouté.

Perte d’influence

Figure historique de la rébellion depuis la guerre civile qui a éclaté en Centrafrique en 2004, année au cours de laquelle il a créé le FDPC, Abdoulaye Miskine, de même que son groupe, a beaucoup perdu de son influence et de son pouvoir sur le terrain ces derniers temps, selon les observateurs du conflit.

Après avoir rejoint la Séléka, une coalition de groupes armés qui a renversé le régime du président François Bozizé en 2013, le « général » autoproclamé Miskine avait signé l’accord de paix de Khartoum du 6 février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés, par lequel les signataires se partageaient notamment des postes au gouvernement. Il avait été nommé à un poste de conseiller dans le nouveau gouvernement centrafricain formé le 5 mars mais « n’a jamais pris ses fonctions », a précisé Maxime Kazagui.

Alors que la Centrafrique est ravagée depuis 2013, par les combats entre de nombreuses milices rebelles et les forces gouvernementales, mais aussi entre ces groupes armés eux-mêmes, depuis l’accord de Khartoum, les violences ont baissé dans le pays mais n’ont pas réellement cessé, notamment les combats entre groupes rebelles qui continuent de faire des victimes parmi les civils.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

Guy Laliberté arrêté en Polynésie française pour une affaire de stupéfiants

novembre 13, 2019

 

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THE CANADIAN PRESS IMAGES/Mario Beauregard
 

PAPEETE, France — Le milliardaire québécois Guy Laliberté a été arrêté en Polynésie française pour trafic de stupéfiants.

La nouvelle, rapportée par la chaîne radiophonique Polynésie Première et reprise par divers autres médias, a été confirmée à Montréal dans un communiqué publié mercredi par Lune Rouge, la firme dont Guy Laliberté est le fondateur et président directeur-général.

L’homme d’affaires est en garde à vue à Papeete, la capitale, en attendant d’être emmené au tribunal devant un juge d’instruction. Il aurait été arrêté à sa descente d’avion.

Polynésie Première cite des passages d’un communiqué émis par l’avocat Yves Piriou qui représente Guy Laliberté, dans lequel il explique que son client est un consommateur de cannabis médical. Il ajoute que M. Laliberté est entendu en lien avec la culture de cannabis à des fins strictement personnelles à la résidence sur l’île de Nukutepipi, en Polynésie Française, un territoire d’outre-mer de la France situé dans le sud de l’océan Pacifique.

L’avocat Piriou ajoute que Guy Laliberté se dissocie complètement de toute rumeur l’impliquant de près ou de loin dans la vente ou le trafic de stupéfiants. Cette affirmation a été reprise dans le communiqué de Lune Rouge, qui œuvre dans les industries de la technologie, du divertissement, des arts et de l’immobilier.

Guy Laliberté, qui est âgé de 60 ans, s’est surtout fait connaître pour avoir fondé le Cirque du Soleil en 1984, mais aussi pour avoir fait du tourisme spatial à bord de la Station spatiale internationale en 2009.

La Presse canadienne

Russie: des militants Pussy Riot arrêtés à un concert des Scorpions

novembre 5, 2019

 

Deux militants de l’organisation contestataire punk Pussy Riot ont été arrêtés mardi à Moscou par la police à un concert du groupe de rock allemand Scorpions, a annoncé mardi 5 novembre sur Twitter l’une des personnes interpellées, Piotr Verzilov.

Il a indiqué avoir été interpellé par des agents d’une brigade anti-extrémistes vers 20h (17h) au moment où il arrivait au concert en compagnie de sa camarade du groupe Pussy Riot Veronika Nikoulchina, à l’invitation du leader de Scorpions. Il a également posté sur Twitter une vidéo montrant les deux agents refusant de s’identifier, comme requis par la loi. Le police de Moscou n’a fait aucun commentaire, selon l’agence russe Interfax.

Veronika Nikoulchina et Piotr Verzilov figuraient parmi les contestataires arrêtés et condamnés à une courte peine de prison pour avoir envahi un terrain de football au cours de la Coupe du monde en Russie en juillet 2018, avec l’intention de dénoncer les abus commis par la police russe. Le groupe, dont la chanson «Wind of Change» a symbolisé la chute du Mur de Berlin en 1989, donnaient un concert à Moscou 30 ans après s’y être produits à l’époque soviétique.

Par Le Figaro avec AFP

Sénégal: nouvelle grosse saisie de cocaïne au large de Dakar, 5 arrestations

octobre 31, 2019

 

La marine sénégalaise a saisi mercredi au large de Dakar plus d’une tonne de cocaïne en provenance présumée d’Amérique latine et à destination de l’Espagne, et interpellé cinq personnes, ont affirmé jeudi 31 octobre l’armée et des douanes.

Cette nouvelle saisie de cocaïne survient après deux précédentes effectuées par les douanes en juin au port de Dakar et totalisant plus d’une tonne. Une quantité de 43 kg de cocaïne a également été saisie mardi au port de Dakar par les douanes. Cette drogue, saisie à bord d’un navire en provenance d’Anvers (Belgique), était en transit vers la Gambie voisine, selon les douanes. La prise effectuée mercredi est «estimée à 1260 kg», ont indiqué deux responsables de la Direction des relations publiques des armées sénégalaises (Dirpa). L’opération a été menée à environ 120 km au large de Dakar par les forces spéciales de la marine «en coordination avec la Guardia Civil espagnole», a précisé la Dirpa dans un communiqué. «Deux embarcations ont été arraisonnées et cinq personnes appréhendées», selon le communiqué qui ne précise pas leur nationalité ni la valeur de la drogue saisie.

La cargaison serait partie d’Amérique du Sud pour rallier l’Espagne, dit le communiqué. Les saisies de cocaïne sont fréquentes au port de Dakar et à l’aéroport international de Diass, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale sénégalaise, qui reste un des plus importants lieux de transit de marchandises et de passagers en Afrique de l’Ouest. La cocaïne, produite principalement en Colombie, en Bolivie et au Pérou, voyage de plus en plus par la mer avec des escales régulières dans les Caraïbes, au Maghreb et en Afrique de l’Ouest, selon les experts. La production mondiale de cocaïne a atteint un nouveau plus haut historique avec près de 2000 tonnes en 2017, a indiqué en juin l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans son rapport annuel.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Guinée : environ 300 ressortissants de pays d’Afrique de l’Ouest arrêtés

octobre 28, 2019

A Conakry, durant les manifestations, le 14 octobre 2019. © Youssouf Bah/AP/SIPA

 

Selon les sources, ces arrestations pourraient être liées à des « infiltrations de corps étrangers », alors que la Guinée traverse une crise politique, ou aux pratiques controversées d’une société de vente directe.

Mardi et mercredi, les policiers ont interpellé 141 personnes qui étaient « confinées dans des concessions » dans la périphérie de Conakry : 84 Bissau-guinéens, 46 Sénégalais, neuf Guinéens, un Burkinabé et un Gambien, a indiqué le gouvernement. D’autres opérations ont eu lieu dans plusieurs régions du pays, portant à environ 300 le nombre de personnes interpellées.

« Cette opération prouve à suffisance la récurrence d’infiltration de corps étrangers tant à Conakry que dans des grandes villes de l’intérieur du pays », estime le gouvernement, alors que la Guinée connaît une vague de manifestations contre un éventuel projet de troisième mandat attribué au président Alpha Condé qui ont fait une dizaine de morts. L’action de la police et de la gendarmerie vise à « débarrasser la Guinée des mauvaises graines qui n’ont rien à faire ici en cette période de troubles », a déclaré dimanche à l’AFP un haut responsable de la police ayant requis l’anonymat.

Pratiques controversées

Un responsable de la présidence, le lieutenant-colonel Fodé Bakary Cissé, a toutefois donné une version différente, mêlant aux questions de sécurité celle de la lutte contre les pratiques jugées douteuses d’une multinationale de la vente directe bien implantée en Afrique, Qnet. Cette société, dont le siège est à Hong-Kong, aurait attiré en Guinée des jeunes de plusieurs pays et leur aurait vendu des produits divers, à charge pour eux de les revendre à leur entourage.

« Nous nous regroupons dans une concession parce que nous sommes dans un système. Quand vous achetez un produit, l’entreprise vous demande d’écouler deux autres produits. Si vous faites cela, la société va vous accorder des avantages », a expliqué Satigui Camara, l’un de ces vendeurs.

« Tout le monde a compris qu’il ne s’agit pas d’un simple commerce en ligne », a déclaré Fodé Bakary Cissé, chef de division au secrétariat de la Présidence chargé des services spéciaux. « Les responsables de Qnet vont devoir rembourser toutes les victimes. Nous sommes en face d’une situation sécuritaire nationale et chaque citoyen doit y veiller », a-t-il ajouté.

« En Guinée comme dans d’autres pays africains, il se trouve que le modèle d’affaire de Qnet est méconnu, ce qui ouvre la brèche à des incompréhension et à l’assimilation à des modèles illégaux tels que les plans pyramidaux », s’est défendu un responsable de la société, en dénonçant une « campagne de dénigrement » orchestrée selon lui par de hauts responsables guinéens.

Par Jeune Afrique avec AFP

Chine: l’instigatrice du mouvement «Me too» arrêtée

octobre 25, 2019

 

L’activiste féministe, a été incarcérée le 17 octobre pour avoir «troublé l’ordre public», selon ses proches. Elle était dans la ligne de mire des autorités depuis sa participation à une manifestation à Hongkong.

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L’activiste féministe Sophia Huang Xueqin. Capture d’écran YouTube

Sophia Huang Xueqin n’est plus joignable depuis une semaine, selon ses proches, rongés d’inquiétude. La jeune femme de 32 ans, qui avait lancé un timide mouvement contre les violences sexuelles au travail, en Chine, croupit au centre de détention du district de Baiyun, à Canton, dans le sud du pays depuis son arrestation le 17 octobre, selon le South China Morning Post. Plus que ses activités féministes, c’est sa participation aux manifestations pro-démocratie à Hongkong, qui l’aurait conduit sous les verrous. L’activiste est accusée «de soulever des controverses, et causer des troubles» une formule vague employée par le régime policier pour museler les voix dissonantes sur un dossier jugé ultra-sensible par Pékin. «Elle l’a bien cherché parce qu’elle a franchi la ligne rouge politique!» accuse un internaute sur Weibo, le tweeter chinois.

La jeune cantonaise avait participé à une manifestation en juin dans l’ancienne colonie britannique, contre le projet de loi d’extradition judiciaire vers la Chine continentale qui a déclenché une crise politique sans précédent, toujours pas réglé après cinq mois de manifestations. L’ancienne journaliste avait raconté son expérience en publiant des articles en ligne sur un sujet considéré comme tabou par le régime, craignant que la contestation ne contamine la jeunesse continentale. Un post de trop. La police débarque alors chez sa famille à Canton pour lui demander de presser la jeune femme, à l’étranger de cesser ses activités dans le territoire semi-autonome, confie-t-elle en juin dans une interview au Wall Street Journal. Dès son retour au bercail le mois suivant, les autorités confisquent ses papiers, lui interdisant de quitter le pays et de retourner à Hongkong ou la jeune femme comptait poursuivre ses études cette année. «Les féministes commencent à soutenir l’indépendance de Hongkong, à la demande de ceux qui les ont financés» accuse un internaute «patriote», reprenant la ligne officielle du Parti qui voit la main des États-Unis derrière les manifestations.

Tabou dans la société

Sophia Huang Xueqin s’était fait connaître en révélant plusieurs cas de harcèlement sexuel en Chine, levant un tabou dans la société, relayant dans le pays le plus peuplé du monde, le mouvement #Metoo lancé aux États-Unis. Elle avait répondu à des interviews de médias étrangers sur ce sujet délicat, recevant de nombreux soutiens de femmes chinoises, libérant la parole.

Son arrestation semble s’inscrire dans la grande reprise en main en cours à Hongkong contre les manifestants, dont plus de 2300 ont été arrêtés depuis le début du mouvement, selon la police. Dans l’ancienne colonie britannique, les accusés ont droit à une protection judiciaire en vertu du concept «un pays deux systèmes». Un luxe dont ne bénéficie pas Sophia Huang Xueqin, ni les nombreuses voix dissonantes qui «disparaissent» régulièrement dans les cachots de la seconde puissance mondiale, dans l’indifférence de l’opinion chinoise, étroitement encadrée par les censeurs. «Si on continue à rester silencieux, on devient complice» rappelle néanmoins un rare post favorable à la jeune femme, reprenant le mot d’ordre de «Metoo».

Le Figaro.fr par Sébastien Falletti, Correspondant à Pékin