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Syrie: négocier avec Assad, un cadeau scandaleux à l’EI, selon Fabius

mars 16, 2015

Bruxelles – Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré lundi que négocier avec le président syrien Bachar al-Assad, comme l’a envisagé son homologue américain John Kerry, reviendrait à faire un cadeau absolument scandaleux au groupe Etat islamique.

La solution au conflit syrien, c’est une transition politique qui doit préserver les institutions du régime, pas M. Bachar al-Assad, a déclaré M. Fabius à l’issue d’une réunion à Bruxelles.

Toute autre solution qui remettrait en selle M. Bachar al-Assad serait un cadeau absolument scandaleux, gigantesque aux terroristes de Daesh, l’acronyme en arabe de l’Etat islamique (EI), a-t-il ajouté. Les millions de Syriens qui ont été persécutés par M. al-Assad se reporteraient pour soutenir Daesh, a fait valoir le ministre. C’est évidemment ce qu’il faut éviter.

De son côté, le Premier ministre Manuel Valls a dit regretter les propos de John Kerry. Il n’y aura pas de solution tant qu’il y aura Bachar al-Assad à la tête de la Syrie, a estimé le chef du gouvernement sur la chaîne Canal+.

La France a toujours dit qu’il fallait une solution politique, toujours, a souligné le Premier ministre français. Mais Bachar al-Assad est le responsable de dizaines de milliers de morts, de personnes qui ont été gazées, a fait valoir M. Valls.

M. Kerry a affirmé dimanche qu’au final, il faudra négocier avec M. Assad pour mettre fin au conflit qui a fait plus de 215.000 morts en quatre ans. S’il est prêt à engager des négociations sérieuses sur la façon d’appliquer (le processus de paix de) Genève I, bien sûr, a-t-il ajouté.

Une porte-parole du département d’Etat a toutefois précisé qu’il n’y avait eu aucune modification de la position américaine et qu’il n’y a pas d’avenir pour un dictateur brutal comme Assad en Syrie.

M. Fabius a indiqué qu’il s’était entretenu lundi matin avec John Kerry, et que celui-ci a assuré qu’il n’y avait absolument rien de nouveau dans la position américaine sur la Syrie.

Dont acte, a dit le ministre français. Mais de toutes les manières, la France est un pays indépendant et notre politique extérieure par rapport au drame épouvantable qui se passe en Syrie n’a pas changé. Selon lui, la seule solution réaliste est une transition politique qui doit intégrer bien sûr l’opposition, tout en préservant les institutions du régime.

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a pour sa part rappelé la position de l’Union européenne, indiquant que travailler à une solution durable au conflit syrien passait évidemment (…) par des représentants du régime d’Assad. J’imagine que M. Kerry s’est exprimé dans ce sens. Je ne pense pas qu’il faisait référence à M. al-Assad lui-même, a-t-elle ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 16 mars 2015 20h17)

Washington devra « au final » négocier avec Assad, affirme John Kerry

mars 15, 2015

Les Etats-Unis devront « au final » négocier avec Bachar al-Assad pour une transition politique en Syrie, a annoncé dimanche le secrétaire d’État américain John Kerry. Le conflit est entré dimanche dans sa cinquième année.

L’administration américaine soutient de longue date que M. Assad doit quitter le pouvoir au terme d’une transition politique négociée. Mais l’émergence d’un ennemi commun, l’Etat islamique (EI), semble atténuer l’attitude de Washington vis-à-vis du maître de Damas.

Dans une interview diffusée dimanche par CBS, John Kerry n’a pas repris la formule habituelle de l’administration Obama sur le fait que M. Assad a perdu toute légitimité et qu’il doit partir. « Nous devons négocier à la fin », a-t-il dit. « Nous avons toujours voulu négocier dans le contexte du processus de Genève I. »

Les discussions de Genève I et Genève II, l’an dernier, entre une délégation du gouvernement syrien et des représentants de l’opposition ont échoué. Depuis, la diplomatie patine et aucune rencontre de type Genève III n’a été programmée.

Marie Harf, une porte-parole du département d’Etat, s’est toutefois empressée de préciser sur Twitter que John Kerry avait « réitéré la ligne que nous suivons depuis longtemps. Nous avons besoin d’un processus de négociations avec la participation du régime. Il n’a pas parlé de négociations directes avec Assad ».

Nouveaux raids
Sur le terrain, l’armée syrienne a mené dimanche des raids aériens sur Douma, bastion rebelle à quelques kilomètres au nord-est de Damas. Ces attaques ont fait 26 morts, dont sept enfants, et une centaine de blessés, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG proche de l’opposition.

Selon les médias officiels syriens, les forces gouvernementales ont également tué dans la nuit de samedi à dimanche des dizaines de combattants affiliés au groupe djihadiste Al Nosra, dont trois commandants de haut rang, dans le sud du pays.

Dans un communiqué, l’armée syrienne a également fait allusion à des opérations en cours dans la province de Kouneïtra, sans fournir de précisions sur d’éventuelles victimes.

L’OSDH rapporte pour sa part que les hélicoptères des forces gouvernementales ont largué des barils d’explosifs dans le centre de la région. L’attaque a visé une zone où les brigades islamiques et le Front Al Nosra combattent le Hezbollah et les milices progouvernementales depuis des semaines.

Romandie.com

La Maison Blanche accuse Damas d’avoir utilisé des armes chimiques

juin 13, 2013

WASHINGTON – La Maison Blanche a pour la première fois reconnu jeudi que le régime syrien avait eu recours à son stock d’armes chimiques à de multiples reprises dans des attaques qui ont fait jusqu’à 150 morts.

Ce franchissement de la ligne rouge édictée par Washington a conduit la présidence américaine à décider d’accorder une aide militaire aux rebelles. La Maison Blanche n’a toutefois pas précisé dans l’immédiat si cette aide englobait la livraison d’armes, alors que les Etats-Unis ont refusé jusqu’à maintenant de franchir ce pas.

Après un examen approfondi, la communauté du renseignement (américaine) estime que le régime Assad a utilisé des armes chimiques, dont du gaz sarin, à échelle réduite contre l’opposition à de multiples reprises dans l’année écoulée, a déclaré le conseiller adjoint de sécurité nationale du président Barack Obama, Ben Rhodes.

Notre communauté du renseignement a une confiance élevée dans cette évaluation, étant donné les sources d’information multiples et indépendantes à ce sujet, a ajouté M. Rhodes, moins de 10 jours après que la France fut parvenue aux mêmes conclusions et eut communiqué les éléments en sa possession à ses alliés de Washington.

Le renseignement américain estime que 100 à 150 personnes sont mortes à la suite d’attaques aux armes chimiques en Syrie jusqu’ici. Cela dit, les données sur les victimes sont sans doute incomplètes, a remarqué M. Rhodes.

Même si le nombre de victimes dans ces attaques ne représente qu’une petite fraction des pertes en vies humaines catastrophiques en Syrie, qui dépassent désormais plus de 90.000 morts, le recours à des armes chimiques viole les règles internationales et franchit clairement des lignes rouges qui existent depuis des décennies au sein de la communauté internationale, a-t-il dit.

Le président Obama, depuis l’été 2012, avait mis en garde de nombreuses fois le régime de M. Assad contre le recours aux stocks d’armes chimiques qu’il a reconnu posséder. Il avait dit que cela reviendrait à franchir une ligne rouge et changerait les règles du jeu.

Barack Obama a affirmé que le recours à des armes chimiques changerait son équation, et c’est le cas, a assuré M. Rhodes, en révélant que le président américain avait décidé de fournir un soutien militaire aux rebelles syriens.

Le conseiller n’est pas allé jusqu’à parler de livraisons d’armes. Mais cette aide sera différente tant en nature qu’en échelle, de ce que nous avons fourni jusqu’ici, a-t-il dit.

M. Rhodes a par ailleurs affirmé que la Maison Blanche n’était pas encore parvenue à une décision sur l’imposition ou pas d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie, alors que le Wall Street Journal a assuré jeudi soir que le Pentagone avait présenté un tel plan à la tête de l’exécutif.

Attendu en Irlande du Nord en début de semaine prochaine pour le sommet du G8, M. Obama y consultera ses partenaires au sujet de la Syrie, a souligné M. Rhodes, en évoquant aussi la Russie, soutien jusqu’ici indéfectible du régime Assad qui a bloqué à l’ONU toutes les résolutions contraignantes contre Damas.

Nous avons communiqué les informations sur les armes chimiques aux Russes (…) et nous pensons que la Russie et tous les membres de la communauté internationale devraient être préoccupés par un recours à de tels armements, a remarqué M. Rhodes.

Il a répété la position américaine selon laquelle une transition politique en Syrie devrait inclure une démission de Bachar al-Assad. Mais les Russes ne l’ont pas encore accepté, a-t-il concédé.

Romandie.com avec (©AFP / 14 juin 2013 02h04)

Hollande reçoit discrètement les dictateurs

septembre 20, 2012
Le président de l'Azerbaïdjan Ilham Aliev a été reçu mardi à l'Élysée.
Alors que la gauche a reproché à Nicolas Sarkozy les visites de Kadhafi ou d’el-Assad, François Hollande, rattrapé par la realpolitik, a reçu depuis mai plusieurs dirigeants de régimes peu démocratiques.
François Hollande a-t-il renié sa promesse d’un changement de politique à l’égard des régimes dictatoriaux? «Présider la République, c’est ne pas inviter les dictateurs en grand appareil à Paris», assénait le candidat à la présidentielle dans son discours du Bourget, en janvier 2012. Avec, en creux, le rappel des visites de Mouammar Kadhafi et de Bachar el-Assad au temps de Nicolas Sarkozy. Quelques mois plus tard, du président gabonais Ali Bongo au fils du roi d’Arabie saoudite, la liste des chefs d’États peu démocratiques reçus à l’Élysée est déjà conséquente.

Dernier en date, invité mardi au palais pour un entretien d’une demi-heure: le président azerbaïdjanais Ilham Aliev. Pas tout à fait un démocrate, puisque la dynastie des Aliev, au pouvoir dans ce pays depuis vingt ans, est accusée par les ONG de défense des droits de l’homme de réprimer l’opposition et la liberté d’expression. Quant à Ilham Aliev lui-même, il a ravivé début septembre les tensions avec l’Arménie, en graciant un officier condamné pour le meurtre d’un militaire arménien. «On ne peut pas accepter qu’Aliev, un dictateur, puisse être en France, et en plus être reçu à l’Élysée», s’est insurgé mardi Hratch Varjabedian, directeur du Bureau français de la cause arménienne, tandis que 600 manifestants accueillaient le chef d’État au cri d’«Aliev fasciste, hors de France!»

«C’est quand la France est silencieuse qu’elle recule»

Conscient du caractère sensible de cette visite, l’Élysée a interdit ce jour-là aux photographes de presse d’accéder à la cour du palais. Et a pris soin, après la rencontre, de publier un communiqué affirmant que «le président de la République a appelé l’Azerbaïdjan à prendre les mesures nécessaires pour rétablir un climat de confiance avec l’Arménie». Une discrétion qui avait été poussée encore plus loin deux mois plus tôt, le 23 juillet, lors de la visite du roi de Bahreïn. Cette rencontre n’avait même pas été inscrite à l’agenda présidentiel. Et pour cause: le roi Hamad Ben Issa al-Khalifa est accusé d’avoir maté dans le sang, grâce au soutien de l’Arabie saoudite, un début de révolte en 2011. Soixante morts, selon Amnesty International, qui a dénoncé «le caractère quasi secret» de la rencontre de juillet.

«C’est quand la France est frileuse ou silencieuse qu’elle recule», affirmait pourtant le président dans son discours aux ambassadeurs, le 27 août, ajoutant qu’il fallait encourager «l’aspiration démocratique» des peuples, notamment «des printemps arabes». Alors, la realpolitik l’a-t-elle déjà emporté face à ces principes?

«C’est l’éternel débat entre la nécessaire politique des droits de l’homme et les tout aussi nécessaires contacts avec tous les dirigeants de la planète», analyse Didier Billion, directeur des études à l‘Iris. Pour ce spécialiste des relations internationales, le fait que le président de la République rencontre des dictateurs ne pose pas de problème en soi. À deux conditions: «D’abord, il faut veiller à ne pas décrédibiliser la parole présidentielle en faisant des déclarations tonitruantes sur les droits de l’homme aussitôt contredites par les faits. Ensuite, la manière a son importance: on peut effectivement organiser ces rencontres plus discrètement, sans le décorum qui avait entouré par exemple la venue de Kadhafi». De ce point de vue, l’engagement formulé de manière ambiguë par François Hollande au Bourget paraît respecté: les dictateurs ne sont plus reçus «en grand appareil».

Lefigaro.fr par Thomas Vampouille

Assad a perdu le contrôle (USA)

août 6, 2012
La défection du premier ministre syrien montre que le président Bachar el-Assad a perdu le contrôle du pays, a déclaré aujourd’hui un responsable américain.

« Les informations selon lesquelles plusieurs membres importants du régime Assad, dont le premier ministre Riad Hijab, ont fait défection sont une nouvelle indication du fait qu’Assad a perdu le contrôle de la Syrie », a déclaré Tommy Vietor, porte-parole du conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

Lefigaro.fr avec AFP

Les appels se multiplient pour exiger le départ d’Assad

juillet 19, 2012

Après les attentats qui ont frappé mercredi le cœur du pouvoir à Damas, les appels se sont multipliés pour hâter le départ de Bachar el-Assad. Paris, Berlin et Washington ont, chacun à sa façon, jugé nécessaire que le président syrien quitte rapidement son poste pour ne pas rajouter au chaos qui menace le pays. Parmi ces voix, Laurent Fabius a affirmé, mercredi au Sénat, qu’il était «urgent» de «trouver une transition politique» en Syrie. Une transition politique qui, selon les pays occidentaux et ceux de la Ligue arabe, implique expressément la mise à l’écart de Bachar el-Assad, compte tenu de sa responsabilité dans la répression et les massacres. Selon le chef de la diplomatie française, l’engagement immédiat d’un processus politique excluant Bachar se justifie d’autant plus que le «degré de violence» a franchi un nouveau pas.

À Berlin, Angela Merkel est allée dans le même sens en insistant sur l’«urgence» pour l’ONU d’adopter une nouvelle résolution sur la Syrie après les événements de Damas. À New York, en effet, le Conseil de sécurité devait initialement se prononcer mercredi soir sur un nouveau projet de résolution reprenant le plan de Kofi Annan et une déclaration dite «de Genève», deux documents soulignant la priorité d’une transition politique.

Ce projet de résolution, placé sous chapitre VII de la charte des Nations unies, c’est-à-dire impliquant la possibilité de sanctions renforcées contre Damas, avait suscité une levée de boucliers de la Russie qui avait menacé d’y mettre son veto. Devant l’aggravation de la situation à Damas, l’ex-secrétaire général de l’ONU espérait toutefois aboutir à un compromis avec la Russie. Le vote devait finalement être reporté à jeudi, à la demande de Kofi Annan.

L’ONU et la «révolution»

Pour l’inflexible ministre des Affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov, il n’était pas question de laisser l’ONU voter une résolution qui, selon Moscou, s’apparenterait à soutenir une «révolution». Le chef de la diplomatie russe a qualifié de «combat décisif» la bataille pour la capitale. Toutefois, «en fait de calmer l’opposition, certains de nos partenaires l’encouragent», a déclaré Sergueï Lavrov, selon qui «l’adoption de la déclaration occidentale serait un soutien direct à un mouvement révolutionnaire». Et d’ajouter que «s’il est question d’une révolution, l’ONU n’a aucun rapport avec cela».

L’attentat de Damas a également renforcé l’alarmisme à Washington. Mercredi, le président Barack Obama a appelé son homologue Vladimir Poutine. «Dans l’ensemble, l’échange a montré la concordance des analyses de la situation en Syrie et de l’objectif d’un règlement. Dans le même temps persistent les divergences sur la manière concrète de parvenir à un tel règlement», a déclaré le Kremlin.

Pour la Maison-Blanche, «il est évident que le régime Assad est en train de perdre le contrôle de la Syrie». Le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a estimé que la situation en Syrie semblait «échapper à tout contrôle». Selon Tony Blinken, conseiller à la sécurité nationale du vice-président Joseph Bidden, «plus le statu quo se prolonge, plus il est vraisemblable que des événements indésirables se produisent». Un euphémisme que le haut diplomate a explicité en soulignant le risque que la crise syrienne «se transforme en un véritable conflit religieux et contamine des pays voisins, dont l’Irak».

Lefigaro.fr par Par Alain Barluet

Nucléaire iranien: Le dialogue pour éviter la guerre

avril 13, 2012

La menace de frappes israéliennes planera sur la rencontre d’Istanbul, samedi.

En janvier 2011, les discussions entre l’Iran et ceux que l’on appelle les «5 + 1» (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) avaient tourné court avant même de débuter, faute d’accord sur l’agenda. En se retrouvant samedi à Istanbul, plus d’un an après, l’ambitieux objectif des grandes puissances sera donc, avant tout, de restaurer la confiance et de poser les bases de futurs pourparlers avec Téhéran.

Car le dialogue, au fond, n’a jamais pu s’enclencher depuis que le voile a été levé, il y a près de dix ans, sur le programme nucléaire clandestin mené par l’Iran. Cette fois encore, le simple accord sur le lieu du rendez-vous n’a pas été une mince affaire, l’Iran souhaitant «punir» la Turquie pour son engagement contre le Syrien el-Assad.

Sur les rives du Bosphore, finalement, le négociateur iranien, Saïd Jalili, aura face à lui cinq directeurs politiques (menés par Catherine Ashton, la diplomate en chef de l’Union européenne) unis sur l’objectif mais passablement divergents sur la tactique à employer. Tous s’accordent, ils le rappelleront, à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique en se conformant au traité de non-prolifération (TNP) et aux résolutions du Conseil de sécurité.

Les «5 + 1» se sont forgé, de haute lutte, une ligne commune: Téhéran sera tenu de fermer sa centrale souterraine de Fordow, près de Qom, sanctuaire de son programme, cesser d’enrichir l’uranium à 20% (le seuil de la capacité militaire) dont le stock (100 kg) devra être transféré hors des frontières de la République islamique.

Rapprochement israelo-américain

À l’approche de la rencontre d’Istanbul, les Iraniens ont soufflé le chaud et le froid, assortissant l’annonce d’«initiatives» de nouvelles menaces. «Toute la difficulté, résume un diplomate occidental, consistera à garder les Iraniens autour de la table sans perdre de vue nos objectifs finaux.» Des «marges de manœuvres» pourront ainsi être dégagées, sur tel ou tel des multiples paramètres d’une négociation complexe, explique cette source, notamment sur les gages de confiance à fournir par l’Iran, le rythme de leur application…

Le rendez-vous d’Istanbul sera surtout dominé par le spectre de frappes israéliennes. Une menace dont les membres des «5 + 1» sont tous conscients mais que chacun interprète tactiquement en fonction de ses contraintes propres. Vu de Washington, l’enclenchement d’une négociation avec Téhéran éloigne la perspective d’une action militaire de Tsahal.

Barack Obama ne peut se permettre de voir une crise faire grimper le prix du pétrole à la pompe et hypothéquer sa réélection. Ces dernières semaines, il a tout fait pour rassurer son allié israélien, épousant le discours de Benyamin Nétanyahou en n’écartant pas l’option militaire. «I don’t bluff» («Je ne bluffe pas»), a dit le président américain qui a présenté le rendez-vous d’Istanbul comme celui de la «dernière chance».

La fenêtre d’opportunité pour d’éventuelles frappes s’amenuisant rapidement, Washington voudrait voir un processus de négociation, quel qu’il soit, s’engager sans délai. C’est donc l’enjeu numéro un des discussions. D’autant plus qu’on ne croit pas, côté américain, contrairement à Israël, à la possibilité pour l’Iran de développer dans l’immédiat l’arme nucléaire.

Derrière un message de fermeté, destiné à Israël, il n’est donc guère impossible que Washington tolère une certaine marge de flexibilité dans les négociations, notamment sur la capacité d’enrichissement de l’Iran, pour peu que celui-ci donne quelques assurances. Hillary Clinton s’est évertuée récemment à rappeler le droit pour l’Iran à développer le nucléaire civil.

Paris «gardien du temple»

Cet état d’esprit inquiète Israël mais aussi certains partenaires des «5+1» comme la France. Paris se veut le «gardien du temple» en rappelant la nécessité d’une «mise en œuvre intégrale» des résolutions de l’ONU et de la ligne «duale» qui les sous-tend: renforcement des sanctions et ouverture au dialogue.

Côté français, comme américain d’ailleurs, on fait l’analyse que les six trains de sanctions imposés à l’Iran depuis 2006 portent leurs fruits. Le sujet a été évoqué jeudi lors de la conversation téléphonique entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama. La mise en œuvre par l’UE d’un embargo pétrolier à partir du 1er juillet est censée encore charger la barque.

Enfin, la position russe constitue une autre inconnue de l’équation iranienne. L’été dernier, Moscou a tenté auprès de Téhéran une démarche, restée sans lendemain, qui envisageait une levée préalable de sanctions pesant sur l’Iran. Depuis, apparemment, la Russie joue le jeu des «5 + 1». Mais le contexte, marqué par les tensions autour de la crise syrienne et le différend persistant entre la Russie et les États-Unis, n’est guère propice.

Pour Moscou, comme pour Pékin, il n’est pas question de renforcer les sanctions. Un tableau d’ensemble qui ne prête guère à l’optimisme sur les chances d’aboutir. Pourtant, jamais sans doute le risque d’une conflagration n’aura été aussi grand depuis que le nucléaire iranien a été mis sur la table.

Lefigaro.fr

Syrie: dans l’enfer des geôles de Bachar el-Assad

mars 15, 2012

Amnesty International lève le voile sur les méthodes de torture employées contre les manifestants syriens

On ne connaît de la répression syrienne qu’un chiffre : 9 000. Il s’agit du nombre officiel de morts en Syrie, vérifié par les ONG, depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar el-Assad, le 15 mars 2011. Mais, entre les bombardements de chars et les tirs de snipers incessants, très peu d’informations fiables circulent sur le sort réservé aux milliers de Syriens arrêtés par les forces de sécurité. À l’occasion du premier anniversaire du Printemps syrien, Amnesty International lève le voile sur une pratique répandue dans le pays.

Dans un tout nouveau rapport intitulé Je voulais mourir : témoignages de survivants de la torture en Syrie, l’organisation, qui a recueilli, en février en Jordanie, les témoignages d’anciens détenus, recense 31 méthodes de torture généralisées sur les prisonniers politiques. « Le système de détention et d’interrogatoire qui, un an après le début des manifestations, semble avoir pour but premier de dégrader, d’humilier et de terrifier ses victimes afin de les contraindre au silence », estime Amnesty International.

Dès leur arrestation, les manifestants sont déshabillés par les forces de sécurité, raconte l’organisation. Arrivés en sous-vêtements dans le centre de détention, ils sont alors sauvagement frappés à coups de bâton, de crosse de fusil ou de fouet. Une pratique généralisée que les victimes nomment le haflet al istiqbal (accueil, NDLR). « Dès mon entrée dans le centre de police militaire de Deraa, j’ai été battu avec des câbles, surtout au niveau de la tête », se souvient Abu al-Najem, décorateur de 40 ans. « On m’a alors ordonné de m’agenouiller devant un portrait de Bachar el-Assad. »

Torture du « tapis volant »

Les interrogatoires peuvent débuter, et avec eux la torture. Celle-ci a plusieurs noms, selon les méthodes, plus ou moins barbares, employées par les services gouvernementaux. Tayseer, de la ville d’al-Taybeh, qui a été détenu à deux reprises à partir de juillet 2011 à Damas et à Deraa, évoque sa terrible expérience du dulab. Le prisonnier a été forcé de grimper à l’intérieur d’un pneu suspendu. « J’ai été placé dans le dulab quotidiennement pendant 18 jours. Mes poignets étaient attachés, pendant que mes pieds, eux, étaient fouettés, près de 100 fois », se souvient-il avec horreur.

Mais le dulab n’est rien comparé aux souffrances infligées par une autre technique, appelée le bisat al-rih (tapis volant, NDLR). Tareq, qui dit avoir été emprisonné en juillet 2011 dans une prison des renseignements militaires à Kafr Sousseh, raconte avoir été attaché, face vers le haut, sur une planche en bois pliable. Soudain, le détenu sent les deux extrémités de la planche se redresser. « La douleur augmentait, spécialement dans le bas du dos, pendant que mes pieds se rapprochaient de ma tête, se remémore-t-il avec effroi. Cela a duré près d’une demi-heure, petit à petit. »

Particulièrement douloureuses, ces deux méthodes ne constituent qu’une entrée en matière en ne jouant que sur la torture physique. Tareq explique ainsi avoir subi les affres du shabeh. L’homme affirme avoir été suspendu au mur par un crochet, la pointe des pieds effleurant le sol. « J’étais laissé pendu plusieurs heures d’affilée, pendant deux ou trois jours, parfois par les poignets menottés. Mon corps et mon esprit étaient épuisés. Si je baissais les pieds, ils me battaient. Si je demandais l’heure qu’il était, ils me battaient. » Bien évidemment, les geôliers n’oubliaient pas l’électricité.

Plutôt mourir que d’y retourner

Les ex-détenus décrivent trois techniques. Tout d’abord, les autorités aspergent le sol ou la victime d’eau, pour qu’elle joue le rôle de conducteur des décharges. Autre méthode, celle dite de la « chaise électrique », où des électrodes sont apposées directement sur le corps. Enfin, l’utilisation d’aiguillons électriques. « Il y avait trois chaises dans la salle de torture, en métal, avec des sangles pour les poignets et les jambes », se rappelle Ghazi en décrivant son séjour dans un centre des renseignements militaires à Damas, à l’été 2011. « L’interrupteur est actionné pendant quelques secondes. Certaines personnes perdent conscience immédiatement. Si vous n’aimez pas, ils le répètent, environ trois secondes. Puis votre bouche se remplit de salive, de saleté, avant de se mettre à baver. Vous vous urinez dessus. Ils le font jusqu’à ce que vous vous effondriez. »

Les pires supplices – ceux qui vous font basculer vers la folie – restent liés à la psyché. Tareq raconte ainsi avoir été forcé à regarder Khalid, un autre détenu, se faire violer : « Ils ont baissé son pantalon. Il avait une blessure en haut de la jambe gauche. Puis le fonctionnaire l’a violé contre le mur. Khalid pleurait, se cognant la tête contre le mur. » Incarcéré dans la branche de sécurité 251 à Damas, Al-Shami explique, pour sa part, avoir été placé dans une des 30 cellules de confinement solitaire de 2 mètres carrés. Isolé du reste du monde pendant 24 jours, en novembre 2011, le détenu affirme avoir songé à grimper en haut des murs, pour mieux s’y jeter.

D’après Amnesty International, au moins 276 prisonniers sont morts en détention, un chiffre certainement en deçà de la réalité. Mais ce n’est pas dans ces décès qu’il faut chercher la victoire du régime syrien. « En relâchant certains prisonniers, les autorités souhaitent qu’ils parlent à leur entourage de ce qu’ils ont vécu en prison, afin de les dissuader de manifester », indique au Point.fr Stephan Oberreit, directeur d’Amnesty International France. Et cette terrible méthode semble porter ses fruits. D’après le chercheur, « ce que les prisonniers ont vécu est si abominable que beaucoup préfèrent mourir que d’être de nouveau arrêtés ».

Lepoint.fr

Syrie: une blogueuse opposante arrêtée

février 16, 2012

La blogueuse syrienne Razan Ghazzawi, l’un des symboles de la révolte contre le régime de Bachar el-Assad, a été arrêtée aujourd’hui aux côtés du journaliste Mazen Darwish et douze autres militants, a affirmé un opposant.

Quatorze personnes, dont Razan Ghazzawi et Mazen Darwish, directeur du Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression, ont été arrêtées par les forces de sécurité dans les locaux de cette association à Damas, a indiqué dans un communiqué l’opposant Anouar al-Bounni.

Lefigaro.fr avec AFP