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Mali : Sidi Brahim Ould Sidati, de la CMA, assassiné à Bamako

avril 13, 2021
Sidi Brahim Ould Sidati, représentant de la Coordination des mouvements de l’Azawad, signant l’accord de paix d’Alger au Mali, le 20 juin 2015.

Le président de la Coordination des mouvements de l’Azawad a été assassiné ce mardi 13 avril par des individus non identifiés.

Sidi Brahim Ould Sidati est mort à l’hôpital Golden Life de Bamako ce 13 avril. Il y avait été transporté en urgence après que des individus non identifiés lui avaient tiré dessus, ont confirmé plusieurs sources à Jeune Afrique.

Le président de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, l’un des groupes signataires de l’accord de paix d’Alger) se trouvait devant sa résidence, où il réparait son générateur électrique, lorsqu’il a subi des tirs entre 6 et 7 heures du matin. Selon Attaye Ag Mohamed, qui est chargé des questions juridiques au sein de la CMA, les deux assaillants se trouvaient à bord d’une voiture quand ils l’ont pris pour cible. Des enquêteurs sont déjà à pied d’œuvre sur les lieux.

Cet assassinat intervient quelques semaines après la reprise, mi-février, des réunions du comité de suivi de l’accord à Kidal. Le gouvernement malien et des groupes signataires de cet accord avaient pu se rencontrer dans cette ville du Nord alors encore contrôlée par les groupes armés malgré le retour sur place, il y a un an, de l’armée constituée.

Selon plusieurs diplomates internationaux à Bamako, cette rencontre de Kidal a symbolisé « le retour d’un climat de confiance » entre acteurs maliens. La présence de membres des groupes armés au sein du gouvernement a également suscité l’espoir de voir se concrétiser des avancées dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation, signé en 2015.

Avec Jeune Afrique par Manon Laplace à Bamako

RDC : ce que l’on sait de l’attaque qui a coûté la vie à l’ambassadeur d’Italie

février 23, 2021
Des soldats de la paix de l’ONU surveillent la zone où le convoi a été attaqué, à Nyiragongo, province du Nord-Kivu, le 22 février 2021.

Luca Attanasio, son garde du corps et son chauffeur ont été attaqués par des hommes armés alors qu’ils faisaient partie d’un convoi du PAM qui faisait route près de Goma, dans le Nord-Kivu.

L’attaque a eu lieu dans la matinée du 22 février, autour de 10 heures, à une dizaine de kilomètres de Goma, dans le territoire de Nyiragongo, dans le Nord-Kivu. Le convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) faisait route vers Rutshuru, sur la route du parc des Virungas, lorsqu’il a été pris d’assaut. Selon le gouverneur de la province, Carly Nzanzu Kasivita, les assaillants étaient au nombre de six.

Selon l’agence onusienne qui a réagi dans un communiqué, « la délégation se rendait de Goma à Rutshuru pour visiter un programme d’alimentation scolaire du PAM lorsque l’incident a eu lieu ». Le convoi a été arrêté au niveau du lieu-dit « Trois antennes », rapporte de son côté le Baromètre sécuritaire du Kivu, projet conjoint de Human Rights Watch et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui observe l’activité des nombreux groupes armés dans l’est du pays.

Assaillants inconnus

Le déroulé des évènements reste flou, mais il semble que la Jeep dans laquelle se trouvait l’ambassadeur d’Italie a d’abord été arrêtée par des tirs de sommation avant d’être attaquée. Les assaillants auraient alors tenté de kidnapper les membres du convoi.

Alerté, un contingent de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), qui patrouillait près du lieu de l’attaque avec une unité des Forces armées de la RDC (Fardc), est alors intervenu. Des tirs ont été échangés et le garde du corps du diplomate, Vittorio Iacovacci, ainsi que le chauffeur congolais du véhicule du PAM, Mustapha Milambo, ont péri sur place. Gravement touché à l’abdomen et transféré vers un hôpital, Luca Attanasio a perdu la vie quelques instants plus tard.

LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE EST EN DEUIL POUR CES SERVITEURS DE L’ÉTAT QUI ONT PERDU LEUR VIE DANS L’EXERCICE DE LEURS FONCTIONS

Plusieurs questions subsistent. Selon le PAM, l’attaque s’est produite sur une route sur laquelle le convoi été autorisé à circuler sans escorte. « Les services de sécurité et les autorités provinciales n’ont pu ni assurer des mesures de sécurisation particulière du convoi, ni leur venir en aide faute d’informations sur leur présence dans cette partie du pays », a néanmoins affirmé en fin de journée le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité dans un communiqué.

L’identité des assaillants n’est pas encore connue, mais une source sécuritaire contactée par Jeune Afrique évoque la responsabilité de « certains éléments des FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda] ». La zone dans laquelle l’attaque a eu lieu est toutefois le repère de plusieurs autres groupes armés, y compris des milices Nyatura et des membres de l’ex-M23.

Le dernier rapport du Baromètre sécuritaire du Kivu évoque la présence de 122 groupes armés distincts dans l’est de la RDC (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Tanganyika). Ce chiffre est en baisse par rapport à la dernière recension, qui se focalisait uniquement sur le Kivu. Pourtant, le nombre de civils tués dans cette région en proie à l’insécurité depuis plus de vingt-cinq ans est en nette augmentation depuis la fin de 2019.

« Attaque lâche »

Arrivé en RDC en tant que chargé d’affaires à l’ambassade d’Italie, Luca Attanasio, 43 ans, était en poste depuis octobre 2019.

Sa mort, ainsi que celles de son garde du corps et de son chauffeur, ont provoqué une vague de réactions tant en RDC qu’en Europe. Le président italien, Sergio Mattarella, a dénoncé une « attaque lâche ». « La République italienne est en deuil pour ces serviteurs de l’État qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leurs fonctions », a-t-il ajouté.

Les autorités congolaises ont, quant à elles, réagi par la voix de la ministre des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, qui a promis que la RDC « mettrait tout en œuvre pour découvrir qui est à la base de cet ignoble meurtre ». Accompagnée du secrétaire général aux Affaires étrangères, Dominique Kilufya, la cheffe de la diplomatie congolaise a rendu visite à l’épouse et aux enfants de l’ambassadeur.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras et Stanis Bujakera Tshiamala

Meurtre de l’ambassadeur de l’Italie en RDC : le Mouvement des Indignés relève l’urgence de la mise en place d’une force neutre

février 22, 2021

Pour ce mouvement citoyen, c’est la présence des armées étrangères et des mouvements rebelles dans cette partie du pays qui y intensifie les tueries, qui vont jusqu’à atteindre les diplomates en visite régulière dans le coin.

Photo: l’ambassadeur Lucca Attanasio/Adiac.

S’appuyant sur le meurtre de l’ambassadeur de l’Italie en République démocratique du Congo (RDC), Luca Attanasio, dans le Nord-Kivu, le Mouvement des indignés de la situation sécuritaire en RDC (Miss-RDC) appelle à la mise en place urgente d’une force neutre dans cette partie du pays.

Ce mouvement dit, par ailleurs, regretter que rien ne soit fait pour mettre fin à l’insécurité dans la région. Le Miss-RDC, qui dénonce l’insécurité et les tueries des populations civiles dans cette partie du pays, rappelle-t-on, mène des plaidoyers qui appellent notamment le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, à réaliser ses promesses de campagne dont l’installation de son Etat-major dans l’est du pays, afin de mettre fin à cette situation chaotique qui dure depuis plus de deux décennies. Ce mouvement citoyen et d’autres  organisations demandent le départ de la mission onusienne, la Monusco, qu’ils accusent de complicité ou de passivité dans la situation d’insécurité dans cette partie de la RDC.

Dans ses plaidoyers, le Miss-RDC recommande également la purge au sein de l’armée afin d’y extirper les officiers affairistes et tous ceux qui sont impliqués dans la situation d’insécurité dans l’est du pays.

Le mouvement s’attend donc à ce que le meurtre de l’ambassadeur d’Italie en RDC conduise les autorités congolaises et la communauté internationale à prendre une fois pour toute, une décision en vue d’enrayer l’insécurité dans cette partie du pays. « Cela doit être la goutte d’eau qui déborde le vase », indique un autre activiste de mouvement citoyen.

Dans une courte vidéo, la ministre congolaise en charge des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, qui s’est rendue à la résidence de l’ambassadeur Lucca Attanasio pour réconforter sa famille, a fait une promesse ferme du gouvernement congolais de tout mettre en œuvre pour découvrir les auteurs de ce meurtre. « C’est avec peine et beaucoup de tristesse que nous venons d’apprendre le décès du jeune ambassadeur Italien ici chez nous en RDC dans un convoi du PAM. Je promets au gouvernement italien que le gouvernement de mon pays mettra tout en œuvre pour découvrir qui est à la base de cet ignoble meurtre », a-t-elle déclaré.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC – Annie Chebeya : « Le vrai responsable de la mort de mon mari, c’est Joseph Kabila »

février 10, 2021
Enterrement de Floribert Chebeya, activiste des droits de l’homme, chef du groupe « La Voix des sans Voix », au Stade Kintambo.

Annie Chebeya, la veuve de l’activiste Floribert Chebeya assassiné avec son chauffeur Fidèle Bazana en juin 2010, accuse l’ancien président Joseph Kabila d’être derrière le meurtre de son mari et réclame justice.

Le dossier Chebeya pourrait-il être réouvert ? Pour la première fois, deux policiers affirment avoir participé à l’exécution du président de l’ONG La voix des sans-voix et de son chauffeur, Fidèle Bazana, le 1er juin 2010. Plus de dix ans après les faits, ils ont décidé de donner leur version et contacté plusieurs médias.

Hergile Ilunga et Alain Longwa disent avoir fait partie de la cellule mise sur pied par de hauts gradés de la police congolaise pour tuer Floribert Chebeya. À les en croire, l’ordre est venu de John Numbi lui-même, qui était à l’époque l’inspecteur général de la police. Ilunga et Longwa disent avoir ensuite été exfiltrés de Kinshasa et réaffectés dans le Katanga, où ils sont demeurés sous surveillance avant de parvenir à prendre la fuite.

Ces nouveaux éléments vont-ils permettre de rouvrir l’enquête ? Les deux policiers se disent aujourd’hui prêts à témoigner si leur sécurité est assurée. Pour Annie Chebeya, le veuve de l’activiste qui espère la vérité sera enfin faite sur les circonstances du décès de son mari et de Fidèle Bazana, cela constitue indéniablement une source d’espoir.

Jeune Afrique : Que vous inspirent ces nouveaux témoignages ?

Annie Chebeya : Je ressens de la tristesse, mais aussi de la joie parce que je prie depuis longtemps pour que la vérité éclate. Ces témoignages sont-ils authentiques ? J’ai tendance à penser que oui, parce que jusqu’à présent, personne n’avait livré autant de détails sur ce qui s’est passé ce jour-là.

Presque onze années se sont écoulées depuis la mort de votre mari et de son chauffeur. Pourquoi, selon vous, Hergile Ilunga et Alain Longwa ont-ils décidé de rompre le silence ?

Parce que le sang de Floribert continue à réclamer justice. Deux jours avant sa mort, le dimanche 30 mai, il m’avait dit : ‘Annie, si on me tue pour le pays, mon sang va continuer à crier, et que ça ne sera pas comme Mzee Kabila, qui a été assassiné mais dont le sang ne crie pas vengeance’.

CE QUE VEUT MA FAMILLE, C’EST QUE CES GENS SOIENT SANCTIONNÉS. »

Que faisiez-vous le jour de l’assassinat de votre mari ?

J’étais avec lui. Il m’avait dit qu’il comptait se rendre dans les locaux de l’inspection générale de la police. Je lui ai souhaité une bonne discussion [avec John Numbi, avec lequel il avait rendez-vous] et c’est tout. Je suis sortie et, quand je suis rentrée à la maison, il n’était pas là. Je l’ai appelé, mais cela sonnait dans le vide et je ne parvenais pas non plus à joindre Fidèle, son chauffeur. Par la suite, j’ai reçu des SMS peu clairs. C’est à ce moment-là que j’ai prévenu mon grand frère ainsi que les collègues de Floribert. Le jour suivant, je me suis rendue à l’inspection générale de la police. J’ai rencontré François Ngoy Mulongoy, l’inspecteur adjoint de la police nationale [accusé d’avoir effacé les enregistrements vidéo qui prouvaient que Chebeya était bien dans les locaux de la police le jour dit, il a été acquitté en première instance], ainsi que d’autres personnes, et tous m’ont dit qu’ils ne savaient rien.

Avez-vous été surprise que Hergile Ilunga et Alain Longwa désignent John Numbi ?

Le vrai responsable selon moi, c’est l’ancien président Joseph Kabila. Floribert était une menace pour lui parce qu’il dénonçait ce qu’il faisait avec John Numbi. Floribert était en contact avec Aimée Kabila [qui se présentait comme une fille de Laurent-Désiré Kabila]. Il savait des choses. Et puis le fait que tous ces gens ont été maintenus en poste, c’était une manière de les récompenser. Ce que veut ma famille, c’est que ces gens soient sanctionnés.

CE N’ÉTAIT PAS UN PROCÈS, MAIS UNE MASCARADE DONT MES ENFANTS ET MOI NE TENONS AUCUN COMPTE. »

Un premier procès avait eu lieu dès 2011. Justice n’avait pas été faite, selon vous ?

Ce n’était pas un procès, mais une mascarade dont mes enfants et moi ne tenons aucun compte. Nous attendons maintenant que le vrai procès commence et qu’il soit exemplaire.

Christian Ngoy Kenga Kenga, un officier de police condamné lors du procès mais en fuite depuis neuf ans, a été arrêté en septembre dernier ; John Numbi a été démis de ses fonctions… Qu’attendez-vous d’autre ?

Nous attendons que John Numbi soit arrêté et jugé. Nous demandons également au président Tshisekedi de retirer à cet homme qui a du sang sur les mains tous les honneurs qu’il a reçus quand Joseph Kabila était au pouvoir. John Numbi doit savoir que le sang de Floribert le poursuivra jusqu’à sa mort.

Comptez-vous entrer en contact avec Hergile Ilunga et Alain Longwa ?

Jamais je ne les rencontrerai, ma famille non plus. Qu’ils répondent plutôt aux questions de la justice. Nous, nous vivons toujours dans la douleur. Nous continuons à pleurer nos morts. Nous n’avons pas fait notre deuil.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

Une dissidente pakistanaise morte au Canada est enterrée chez elle

janvier 25, 2021

QUETTA, Italie — Une dissidente et militante pakistanaise des droits de la personne morte en exil au Canada le mois dernier a été enterrée chez elle, dans le sud-ouest du Baloutchistan, sous haute sécurité, ont indiqué des militants lundi.

© Fournis par La Presse Canadienne

Seule la famille immédiate de Karima Baloch a pu assister à ses funérailles dimanche, dans le village de Tump.

Les partisans de la femme de 37 ans affirment que les forces pakistanaises avaient bouclé le village pour les empêcher de prendre part à la cérémonie. Ses restes étaient arrivés au Pakistan depuis le Canada plus tôt pendant la journée.

Le corps de Mme Baloch avait été retrouvé au centre-ville de Toronto le 22 décembre, près des rives du lac Ontario, quelques heures après qu’elle eût été portée disparue. Il s’agissait d’un endroit qu’elle connaissait bien et qu’elle appréciait. La police ne considère pas qu’il s’agisse d’une mort suspecte, même si ses partisans prétendent qu’elle a été assassinée.

Mme Baloch dénonçait fréquemment et fortement les agences secrètes pakistanaises qui kidnapperaient des militants au Baloutchistan et ailleurs. Elle avait obtenu l’asile au Canada en 2016. Sa mort a éveillé les soupçons des militants des droits de la personne, qui ont condamné lundi la décision des autorités d’organiser ses funérailles en secret.

«Il est dégoûtant de voir comment le corps de Karima Baloch a été traité», a dit le parlementaire Mohsin Dawar, qui lui aussi compte parmi les détracteurs des agences pakistanaises.

«On comprend facilement comment ça va accentuer les divisions et alimenter le séparatisme, a-t-il dit sur Twitter. Est-ce que c’est ça la stratégie pour gérer l’insurrection baloutche, de saupoudrer du sel sur les blessures baloutches?»

Le gouvernement n’a pas immédiatement commenté, mais une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux montre des soldats qui refoulent plusieurs personnes qui disent vouloir rendre un dernier hommage à Mme Baloch.

Irrité par la situation, un groupe nationaliste baloutche — le Comité de solidarité baloutche — a lancé un appel à une grève générale à travers le Baloutchistan lundi. Le groupe a affirmé par voie de communiqué que des soldats pakistanais se sont emparés du cercueil de Mme Baloch dès son arrivée du Canada et qu’ils ont empêché ses partisans d’organiser ses funérailles à Karachi, transférant plutôt sa dépouille vers son village natal.

Plus tard dimanche, des centaines de militants baloutches se sont rassemblés à Karachi pour dénoncer la décision du gouvernement de ne pas permettre la tenue de ses funérailles dans la ville.

Ils ont scandé des slogans antigouvernementaux et demandé justice pour Mme Baloch, qui était selon eux «une voix du peuple baloutche» qui a été «réduite au silence». Les militants maintiennent qu’elle n’est pas morte de causes naturelles, mais ils n’ont fourni aucune preuve à l’effet contraire.

Le Baloutchistan est le théâtre depuis plusieurs années d’une insurrection de faible intensité par de petits groupes séparatistes et nationalistes qui se disent victimes de discrimination et réclament un partage plus équitable des ressources et de la richesse de leur province.

Certains groupes militants attaquent parfois des soldats au Baloutchistan, ce qui mène à des rafles de la part des forces de sécurité. Les militants des droits de la personne dénoncent fréquemment des détentions illégales. Ceux qui sont arrêtés sont souvent emprisonnés sans jamais comparaître devant un tribunal.

– Par Abdul Sattar, The Associated Press avec La Presse Canadienne

Ethiopie: Un humanitaire tué dans la région du Tigré, annonce une ONG néerlandaise

décembre 31, 2020

ETHIOPIE: UN HUMANITAIRE TUÉ DANS LA RÉGION DU TIGRÉ, ANNONCE UNE ONG NÉERLANDAISE

© Reuters/BAZ RATNER

NAIROBI (Reuters) – L’association caritative néerlandaise ZOA a annoncé la mort d’un de ses employés dans la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie, où les forces du Front de Libération du peuple du Tigré (TPLF)combattent le gouvernement fédéral d’Addis-Abeba depuis le 4 novembre.

L’humanitaire de 52 ans a été tué dans le camp de réfugiés de Hitsats, a annoncé mercredi l’association qui n’a pas donné son nom ni de détails sur les circonstances de son décès.

Redwan Hussein, porte-parole du groupe de travail d’urgence sur le Tigré, n’a pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires de Reuters.

Quatre travailleurs humanitaires éthiopiens employés par deux organisations étrangères distinctes ont été tués à Hitsats en novembre, près de la frontière avec l’Érythrée.

Avec Reuters par (Bureau de Nairobi, version française Kate Entringer)

Mexique: un ancien maire arrêté pour complicité dans l’assassinat d’une journaliste

décembre 17, 2020

Un ancien maire de l’Etat de Chihuahua, dans le nord du Mexique, a été arrêté jeudi 17 décembre pour «complicité» dans l’assassinat en 2017 de la journaliste Miroslava Breach, a indiqué le bureau du procureur général. Un tribunal de Chihuahua «est parvenu à établir la probable responsabilité» de Hugo Amed Shultz, ancien maire de la municipalité de Chinipas, pour avoir «recherché et fourni des informations à un groupe du crime organisé qui a ordonné et exécuté le meurtre», a déclaré le bureau du procureur dans un communiqué, sans apporter plus de détails.

Pour ce crime, un juge fédéral a condamné à 50 ans de prison Juan Carlos Moreno, dit «El Larry», accusé d’être l’un des auteurs matériels du meurtre de la journaliste spécialisée dans les questions de droits de l’homme, de trafic de drogue et de corruption.

Lors de l’audition de Carlos Moreno, il a été révélé que des politiciens avaient enregistré des conversations téléphoniques avec la journaliste, correspondante du quotidien La Jornada, qui auraient été remises à Hugo Amed Shultz, membre du Parti d’action nationale (PAN, conservateur). L’ancien maire de Chinipas, «avec le soutien des anciens dirigeants du PAN dans l’Etat de Chihuahua, a fait pression sur Miroslava Breach pour qu’elle révèle ses sources concernant un reportage qui indiquait que des membres de diverses organisations criminelles (…) étaient candidats à des fonctions électives», a indiqué La Jornada jeudi après l’arrestation de Hugo Amed Shultz.

La journaliste, originaire de Chinipas, a reçu huit balles dans la tête le 23 mars 2017, alors qu’elle quittait sa maison pour emmener son fils à l’école.

Le Mexique est considéré comme l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes, avec plus d’une centaine d’assassinats depuis 2000, dont sept cette année. Plus de 90% de ces crimes restent impunis, selon les organisations de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) et Article 19. Le dernier meurtre en date est celui d’Israel Vazquez du quotidien El Salmantino. Des inconnus ont ouvert le feu sur lui le 9 novembre alors qu’il couvrait la découverte de restes humains dans l’Etat violent de Guanajuato.

Par Le Figaro avec AFP

Japon: peine de mort pour un tueur en série qui repérait ses proies sur Twitter

décembre 15, 2020

Un Japonais de 30 ans a été condamné mardi par un tribunal de Tokyo à la peine capitale pour avoir assassiné en 2017 neuf personnes qu’il avait attirées chez lui après les avoir approchées sur Twitter.

Croquis d'audience de Masato Yamashita montrant le tueur en série Takahiro Shiraishi (C), le 30 septembre 2020 dans un tribunal de Tokyo

© Masato YAMASHITA Croquis d’audience de Masato Yamashita montrant le tueur en série Takahiro Shiraishi (C), le 30 septembre 2020 dans un tribunal de Tokyo

Takahiro Shiraishi avait admis durant son procès avoir tué et démembré dans son appartement neuf personnes âgées de 15 à 26 ans, dont huit femmes, en l’espace d’à peine deux mois.

« J’ai compris », a-t-il calmement déclaré mardi devant le tribunal quand les juges lui ont demandé s’il avait bien entendu l’énoncé du verdict.

Dès le mois dernier, l’accusé s’était dit « prêt » à accepter un tel verdict, écartant ainsi la possibilité de faire appel.

Il n’était cependant pas certain dans l’immédiat qu’il se tienne à cette résolution.

Ses avocats avaient plaidé pour une peine de prison en arguant que ses victimes, qui avaient exprimé des pensées suicidaires sur les réseaux sociaux, lui auraient donné leur consentement pour mourir. 

Mais cette version des faits, contestée par l’accusé lui-même, a été rejetée par le tribunal, tout comme la tentative de ses avocats de mettre en avant d’éventuels troubles psychiatriques chez leur client pour tenter d’obtenir un verdict plus clément.

– Dignité « piétinée » des victimes –

« Aucune des neuf victimes n’a consenti à être tuée, même tacitement », selon des propos du juge du procès rapportés par la chaîne de télévision publique NHK.

Le juge a aussi dénoncé des faits « d’une extrême gravité » et souligné que la « dignité » des victimes avait été « piétinée ».

Takahiro Shiraishi avait démembré leurs cadavres et les avait stockés dans son petit appartement de Zama, dans la grande banlieue sud-ouest de Tokyo.

Le 31 octobre 2017, la police avait découvert chez lui une véritable maison des horreurs: 240 morceaux de restes humains cachés dans des glacières et des boîtes à outils, saupoudrés de litière pour chat pour tenter de masquer les odeurs de putréfaction.

Croquis d'audience de Masato Yamashita montrant le tueur en série Takahiro Shiraishi (C), le 30 septembre 2020 dans un tribunal de Tokyo© Masato YAMASHITA Croquis d’audience de Masato Yamashita montrant le tueur en série Takahiro Shiraishi (C), le 30 septembre 2020 dans un tribunal de Tokyo

Ciseaux, couteaux, une scie et divers outils de menuiserie avaient été retrouvés à son domicile.

Cette affaire avait choqué le Japon, pays où le taux de criminalité est très faible, et avait également eu un fort retentissement à l’international.

Car au-delà des détails particulièrement sordides de l’affaire, Takahiro Shiraishi repérait ses proies sur Twitter, un réseau social très populaire, en leur disant qu’il pouvait les aider dans leurs projets suicidaires ou même mourir à leur côté.

– « Bourreau professionnel » –

La police l’avait finalement arrêté alors qu’elle enquêtait sur la disparition inquiétante d’une jeune femme de 23 ans, dont le frère avait pu se connecter à son compte Twitter, où il avait remarqué des échanges avec un compte suspect. Lequel s’était avéré être l’un de ceux qu’utilisait M. Shiraishi pour se présenter comme un « bourreau professionnel ».

Avant de devenir un meurtrier, cet homme à l’apparence ordinaire et effacée avait travaillé pendant quelques années comme recruteur de jeunes femmes pour des clubs pour adultes à Kabukicho, le grand quartier rouge de Tokyo.

L’affaire du « tueur de Twitter », comme la presse nippone l’avait surnommé, avait ravivé au Japon des débats sur le contrôle des réseaux sociaux ainsi que sur le suicide et sa prévention.

Le Japon a le plus fort taux de suicide parmi les pays industrialisés du G7, avec environ 20.000 personnes mettant fin à leurs jours par an, sur une population totale d’environ 126 millions d’habitants.

Ces chiffres ont baissé depuis un pic atteint en 2003, mais ils sont repartis à la hausse ces derniers mois, sur fond de pandémie aggravant des situations de détresse psychologique et de solitude. 

Le Japon est l’un des rares pays industrialisés à n’avoir pas aboli la peine de mort et l’opinion publique est très majoritairement favorable à son maintien.

La peine capitale pour M. Shiraishi est « appropriée », a déclaré à la NHK le père de l’une des victimes, même si « je ne sais pas comment apaiser ma colère ».

Le Japon compte actuellement plus de 100 condamnés à mort, et de nombreuses années s’écoulent généralement entre l’énoncé de la sentence et son exécution par pendaison.

La dernière exécution au Japon remonte à un an, celle d’un Chinois reconnu coupable des meurtres de quatre membres d’une même famille dans le sud-ouest du pays en 2003.

Avec AFP par bur-nf-etb/mac/mba

Iran : un responsable du programme nucléaire assassiné

novembre 27, 2020

Un scientifique de haut rang travaillant pour le secteur nucléaire en Iran a été assassiné vendredi près de Téhéran.

Un scientifique de haut rang travaillant pour le secteur nucléaire en Iran a succombé à ses blessures après l’attaque de son véhicule par des «terroristes armés» près de Téhéran, a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué.

L’homme – identifié officiellement comme étant Mohsen Fakhrizadeh, chef du département recherche et innovation du ministère – a été «gravement blessé» lorsque sa voiture a été prise pour cible par plusieurs assaillants, qui ont en retour été pris à partie par l’équipe de sécurité du scientifique, a poursuivi le communiqué, précisant que l’équipe médicale n’était pas parvenue à le ranimer.

Par Le Figaro avec AFP

France/Après 62 ans de mariage, il avait tué sa femme malade : un homme condamné à 4 ans de prison avec sursis

octobre 16, 2020

L’avocate générale avait réclamé la même peine à l’encontre de Michel G., 88 ans, qui avait tenté de se suicider après avoir tué son épouse atteinte d’Alzheimer.

En avril 2017, dans le 20e arrondissement de Paris, Michel G. a tué son épouse Jacqueline de trois coups de couteau dans le cou. Ce crime, le vieil homme, aujourd’hui âgé de 88 ans, l’a toujours reconnu. Sa condamnation, ce vendredi 16 octobre, n’est donc une surprise pour personne. Le quantum de la peine peut en revanche étonner : l’électricien à la retraite a écopé de quatre ans de prison avec sursis. Il s’agit pourtant d’une décision dans la droite ligne de celles prises dans des affaires similaires ces dernières années.

Jeudi, au premier jour de son procès, Michel G. a livré le récit d’une vie de couple heureuse, marquée toutefois par la déception de ne pas avoir eu d’enfants. Ce vendredi, pour la première fois, la cour d’assises de Paris a découvert le visage de Jacqueline, la victime. On sait très peu de choses à son sujet : elle était née en 1933, elle était couturière, elle était élégante, elle aimait faire le marché et la cuisine, elle adorait voyager et recevoir ses amis, elle était surnommée «biquet» par son mari.

Trois photos ont été projetées dans la salle d’audience. La première montre les époux, déjà âgés, dans le jardin de leur résidence secondaire en Sologne. Sur la deuxième, le couple, tout sourire, est à bord d’un bateau, «lors d’un voyage» dont l’accusé ne se souvient plus. La troisième, en noir et blanc, date du 23 avril 1955, jour du mariage de Michel et Jacqueline. Devant ce cliché, comme lors du rapport lu par le président jeudi, Michel G. a pleuré.

«Putain de maladie»

La vie paisible du couple G. a basculé en 2015, lorsque l’état de Jacqueline, atteinte de la maladie d’Alzheimer, s’est fortement détérioré. «Nous avons eu une vie superbe, jusqu’à cette putain de maladie», a déclaré le retraité au psychiatre qui l’a examiné après le drame. Le couple s’est peu à peu totalement isolé. Michel G. a tout assumé, sans demander d’aide car sa femme y était fermement opposée. Jusqu’au mois d’avril 2017, où il est allé voir une assistante sociale.

Le drame est survenu au lendemain de ce rendez-vous. Après une «journée difficile», «je me suis levé, j’ai pris le couteau et je l’ai poignardée», a confessé l’accusé jeudi. Aujourd’hui encore, le vieil homme «a beaucoup de difficultés à comprendre son geste», a noté une psychologue qui l’a examiné en 2018. L’experte a souligné qu’il existait à son sens un risque que Michel G. attente à sa propre vie, comme il avait déjà essayé de le faire juste après les faits.

La psychologue est également revenue sur la «relation fusionnelle» qu’entretenaient Michel et Jacqueline, mariés depuis 62 ans. L’accusé «parle de la maladie comme un tiers qui les a séparés, il ne se retrouvait plus dans le regard de sa femme», a-t-elle souligné. Le psychiatre a quant à lui insisté sur la «profonde dimension compassionnelle» de l’acte de l’octogénaire : «Il voulait arrêter la souffrance de l’autre, et la sienne aussi».

«Crime de désespoir»

En fin de matinée, l’avocate générale a réclamé quatre ans de prison à l’encontre de Michel G. «Il faudra aller vers beaucoup d’humanité dans votre décision mais il faut aussi regarder l’acte tel qu’il s’est produit, a déclaré la magistrate au jury. Il y a bien eu trois coups de couteau. Michel G. ne conteste pas avoir tué sa femme. Mais c’est un crime qu’on peut à l’évidence qualifier de crime de désespoir, pas de haine contre sa femme. Ce qu’il vise à travers son épouse, c’est cette ‘putain de maladie’ qu’il n’arrive plus à contrôler».

Lors de sa plaidoirie, Me Norbert Goutmann, l’un des conseils de l’accusé, a évoqué «un crime d’épuisement, un crime d’impuissance» et même «un crime d’amour». «La maladie d’Alzheimer allait engloutir son épouse, il devait l’aider», a insisté l’avocat. «L’intention était compassionnelle, non criminelle. Je ne suis pas là pour soutenir qu’on a le droit de tuer, mais il faut prendre en compte la singularité de cette affaire.»

C’est ce que la cour a fait en condamnant Michel G. à quatre ans de prison avec sursis. Elle a estimé que le discernement de l’accusé avait été «altéré» en raison de son «épuisement physique et psychique», et a noté que le mis en cause avait exprimé des «remords». Deux heures plus tôt, Michel G. avait en effet déclaré : «Je regrette ce que j’ai fait… Ça me hante depuis trois ans. Je demande pardon à ma famille». Avant de fondre en larmes à la barre.

Avec Le Figaro par Aude Bariétv