Posts Tagged ‘Assassinat’

Malte: assassinat d’une blogueuse qui avait accusé le gouvernement de corruption

octobre 16, 2017

La Valette – Une blogueuse maltaise, Daphne Caruana Galizia, à l’origine d’accusations de corruption qui avaient provoqué des élections anticipées en juin, a été tuée lundi par une bombe placée sous sa voiture, a annoncé le Premier ministre maltais, Joseph Muscat.

Lors d’un point presse, M. Muscat (centre-gauche), dont l’entourage proche a été la cible de violentes attaques de Mme Caruana Galizia, a dénoncé un acte « barbare » et ordonné aux forces de l’ordre de concentrer toutes leurs ressources pour que ses auteurs soient traduits en justice.

« Ce qui s’est passé aujourd’hui est inacceptable à de nombreux niveaux. Aujourd’hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d’expression », a-t-il déclaré.

« Je n’aurai de cesse que justice soit faite », a-t-il promis, appelant l’île à l’union.

Agée de 53 ans, Mme Caruana Galizia a travaillé comme chroniqueuse dans plusieurs médias maltais mais était surtout connue pour le blog dans lequel elle a dénoncé plusieurs affaires de corruption.

Début juin, le Parti travailliste de M. Muscat, au pouvoir depuis 2013, avait remporté une large victoire lors d’élections législatives anticipées convoquées à la suite d’une série de scandales impliquant des proches du Premier ministre, et dans la révélation desquels Mme Caruana Galizia avait joué un rôle central.

Le ministre de l’Energie, le chef de cabinet de M. Muscat et jusqu’à l’épouse du Premier ministre ont été soupçonnés de détenir des comptes off-shore révélés dans le cadre du scandale des Panama Papers.

M. Muscat a catégoriquement démenti les accusations et promis de démissionner si les accusations étaient démontrées.

Au printemps, le magazine Politico avait classé Mme Caruana Galizia parmis les « 28 personnalités qui font bouger l’Europe », la décrivant comme « un WikiLeaks entier en une seule femme, en croisade contre le manque de transparence et la corruption à Malte ».

Lundi vers 15H00, une puissante explosion a détruit la voiture dans laquelle elle circulait près de son domicile, propulsant la carcasse calcinée du véhicule dans un champ voisin.

Romandie.com avec(©AFP / 16 octobre 2017 17h23)                                            

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Burkina Faso/Assassinat de Sankara: reportage sur les lieux du crime, dans la cité interdite du Conseil de l’Entente

octobre 14, 2017

 

Le bâtiment devant lequel Thomas Sankara a été tué. © Photo : Sophie Garcia / HansLucas

Le site du Conseil de l’entente, où fut commis le crime, est longtemps resté fermé au public. Il est aujourd’hui en voie de réhabilitation et devrait devenir un mémorial en hommage au président défunt.

Qui a tué Sankara ? Retour sur une affaire d’État, 30 ans après…

Pendant des années, les Ouagalais sont passés devant cette cité close sans savoir ce qui se cachait derrière ses murs. Passé le portail brinquebalant, une petite route en terre s’enfonce au milieu d’une espèce de terrain vague. Sur le bas-côté, quelques vieux blindés rouillés aux pneus crevés résistent comme ils peuvent à la végétation envahissante. Les seules âmes qui vivent dans ce décor figé sont une poignée de policiers qui font passer le temps en préparant du thé sous un flamboyant. Ils sont là jour et nuit, à monter la garde devant un bâtiment blanc parsemé de briques ocre.

Il y a trente ans, le 15 octobre 1987, aux environs de 16 heures, c’est ici qu’un commando d’hommes armés a fait irruption pour cribler de balles Thomas Sankara et douze de ses compagnons. De ce drame encore non élucidé il ne reste rien, sauf l’interdiction formelle – pour les besoins de l’enquête toujours en cours – d’entrer dans cette villa délabrée.

Le lieu du crime, une « no-go zone » 

Sous le régime de Blaise Compaoré, c’était l’ensemble du domaine du Conseil de l’entente, ancien centre névralgique de la révolution sankariste, qui était interdit d’accès. Le successeur de Sankara (le tombeur pour certains) l’avait sanctuarisé pour éviter que des regards curieux ne se posent sur la scène du crime qui lui a permis d’accéder au pouvoir. Seuls des militaires et des dignitaires autorisés pouvaient entrer dans ce petit parc au cœur de Ouagadougou. Certains y avaient même une maison, comme le général Gilbert Diendéré, ex-chef d’état-major particulier de Compaoré.

Après la chute de ce dernier, le 31 octobre 2014, cette « no-go zone » a continué de garder ses secrets, surveillée par des éléments du régiment de sécurité présidentielle (RSP), la puissante garde prétorienne de Compaoré. Il faudra attendre son démantèlement après son putsch manqué, en septembre 2015, pour que le Conseil de l’entente redevienne enfin accessible.

L’idée est de construire un ensemble moderne pour promouvoir l’héritage et les idées de Thomas Sankara

Si l’accès à l’intérieur du bâtiment reste toujours impossible, plusieurs militants et acteurs de la société civile ont réfléchi à l’exploitation et à la mise en valeur de ce site historique. En 2016, ils ont donc formé le Comité international du mémorial Thomas-Sankara (CIM-TS), qui se mobilise pour y construire un mémorial dédié au président assassiné et à la révolution burkinabè.

Dirigé par le colonel Bernard Sanou, vieux camarade du capitaine au béret rouge, il est parrainé par l’ancien président ghanéen et ex-ami personnel de Sankara, Jerry John Rawlings. « Le mémorial devrait comporter un mausolée dédié aux victimes du 15 octobre 1987, un musée, un espace culturel, une salle multimédia… énumère Luc Damiba, chercheur et secrétaire général du comité. L’idée est de construire un ensemble moderne pour promouvoir l’héritage et les idées de Thomas Sankara. » Coût de ce complexe flambant neuf ? Environ 5 milliards de F CFA (7,5 millions d’euros). Le comité dispose du soutien technique et financier du gouvernement, en particulier du ministère de la Culture, mais compte surtout sur l’effort collectif pour concrétiser son ambitieux projet.

La salle où Thomas Sankara était en réunion avec des membres du CNR lorsque l’attaque a eu lieu. © Photo : Sophie Garcia / HansLucas

 

Un grand appel aux dons

Le 2 octobre, il a donc lancé une vaste campagne de souscription populaire au stade municipal de Ouagadougou, en présence du président Roch Marc Christian Kaboré. Dons en liquide, virements bancaires, transferts de fonds par téléphone, campagnes de crowdfunding sur internet… tous les moyens sont déployés pour récolter un maximum d’argent au Burkina, mais aussi à l’étranger.

« Nous voulons faire comme Sankara, qui demandait l’effort de tous pour réaliser certains projets, explique le colonel Bernard Sanou. Cela peut aller vite : si 10 millions de Burkinabè donnent chacun 100 F CFA, nous aurons déjà récolté 1 milliard. » En parallèle, le 16 octobre, au lendemain du trentième anniversaire de l’assassinat de Sankara, sera lancé un concours architectural international pour sélectionner les futurs bâtisseurs du mémorial.

Sur place, les travaux ont commencé. Près du bâtiment central du Conseil de l’entente, qui accueillait les chefs d’État membres de cette organisation régionale (Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Niger, Bénin, Togo) lorsqu’ils se réunissaient à Ouagadougou, la villa Togo est en pleine réfection. Située à quelques dizaines de mètres de l’endroit où « Thom’ Sank’ » a été tué, celle-ci a été investie après le 15 octobre 1987 par François Compaoré, le frère cadet de Blaise, qui y avait installé ses bureaux. Aujourd’hui, une dizaine d’ouvriers s’y activent, au milieu des décombres et de vieilles affiches de Blaise. Le comité devrait y installer son QG pour suivre au plus près les travaux. Nul ne sait quand ceux-ci finiront.

« Tout laisse à penser que leurs corps ont bien été enfouis à Dagnoën, mais tant que nous n’en avons pas la certitude, aucune piste ne peut être écartée », explique une source proche de l’enquête

Fin juin, le CIM-TS a annoncé que des tombes avaient été découvertes à l’extrémité sud du site lors de relevés topographiques. De quoi relancer les interrogations sur le lieu de sépulture de l’ex-président et de ses compagnons après l’échec des différentes expertises ADN sur leurs corps présumés, exhumés en 2015 du cimetière de Dagnoën, à l’est de Ouagadougou, où ils sont supposés avoir été enterrés après leur assassinat. « Tout laisse à penser que leurs corps ont bien été enfouis à Dagnoën, mais tant que nous n’en avons pas la certitude, aucune piste ne peut être écartée », explique une source proche de l’enquête.

La justice militaire s’est donc rapidement intéressée à cette découverte. François Yaméogo, le juge d’instruction chargé du dossier, s’est rendu sur place et a entendu le colonel Bernard Sanou à ce sujet. De leur côté, les responsables du mémorial espèrent que des investigations poussées seront rapidement menées sur ces tombes afin de dissiper tout soupçon avant la pose de la première pierre. Ils pourront ensuite se concentrer sur l’essentiel : réhabiliter le Conseil de l’entente pour en faire un site consacré à la mémoire de Sankara.

Jeuneafrique.com par – Envoyé spécial à Ouagadougou

Grèce: un avocat connu assassiné dans son cabinet à Athènes

octobre 12, 2017

Athènes – Un avocat pénaliste connu d’Athènes a été tué par arme à feu jeudi soir à son cabinet par deux personnes, a-t-on appris de source policière, un assassinat qui a semé stupeur et indignation dans une ville où les agressions de ce type sont rares.

Me Michalis Zafiropoulos, 52 ans, était le fils d’un ancien bâtonnier d’Athènes dans les années 80, Epaminondas Zafiropoulos, aussi ancien député du parti conservateur Nouvelle Démocratie.

La victime avait représenté au cours des dernières années de nombreux prévenus dans des procès de corruption. Il était très actif également au barreau d’Athènes.

Le conseil d’administration du barreau a décidé jeudi soir une suspension de l’activité des avocats de la capitale grecque pour une semaine à partir de vendredi. « C’est le minimum pour montrer la tristesse que nous ressentons devant le meurtre de notre cher collègue et aussi pour répondre à la violence aveugle qui frappe les avocats », a écrit le barreau dans un communiqué.

Selon les premières informations de la police, Me Zafiropoulos a été tué de sang-froid par deux personnes encagoulées qui sont entrées vers 19H10 (16H10 GMT), après s’être fait passer pour des clients, dans son cabinet.

Celui-ci est situé entre le quartier populaire d’Exarchia et le quartier plus huppé de Kolonaki. Son cabinet occupait un petit immeuble cossu de trois étages.

La police considérait en début de soirée qu’il était « trop tôt » pour déterminer le mobile de ce crime.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a demandé au ministre adjoint de la Protection des citoyens, Nikos Toskas, de faire en sorte d’éclaircir « le plus vite possible » cette « affreuse » affaire.

Les partis politiques grecs étaient sous le choc. Syriza, le parti de M. Tsipras, a appelé les autorités à « résoudre rapidement cette affaire brutale ».

Le président de Nouvelle Démocratie Kyriakos Mitsotakis a exprimé son « horreur » devant l’assassinat de ce membre éminent de son parti, qu’il considérait en outre comme « un ami cher ». Il a annulé une réunion vendredi destinée à présenter la nouvelle équipe de communication de son parti.

La présidente du PASOK (socialiste) Fofi Gennimata a condamné un « meurtre brutal et lâche » tandis que le chef du parti centriste Potami, Stavros Theodorakis, s’est dit inquiet de ce meurtre « de type mafieux au coeur d’Athènes ». « La Grèce ne sera pas livrée aux gangs », a-t-il lancé.

Romandie.com avec(©AFP / 12 octobre 2017 22h34)                                            

Marche en hommage à la jeune française au pair tuée à Londres

octobre 8, 2017

Marche silencieuse, le 8 octobre 2017 à Londres, en hommage à Sophie Lionnet, jeune fille au pair française victime d’un meurtre présumé à Londres / © AFP / NIKLAS HALLE’N

Une marche silencieuse en hommage à Sophie Lionnet, jeune fille au pair française victime d’un meurtre présumé à Londres, a rassemblé dimanche une trentaine de personnes, membres de sa famille et amis, dans le quartier où elle vivait.

Le corps calciné de la jeune fille de 21 ans, originaire de Troyes, avait été retrouvé fin septembre dans le jardin d’une propriété du sud-ouest de la capitale britannique.

Deux Français, ses employeurs présumés, ont été arrêtés et inculpés pour meurtre.

Sabrina Kouider, 34 ans, et Ouissem Medouni, 40 ans, ont comparu la semaine dernière devant un tribunal londonien qui a décidé de les maintenir en détention en attendant une audience de plaider coupable le 12 décembre.

Dimanche, des membres de la famille de Sophie, mais aussi des jeunes filles au pair installées au Royaume-Uni, ou des gens de son quartier qui la connaissaient, ont marché silencieusement en passant par les lieux qu’elle avait l’habitude de fréquenter.

« Sophie était quelqu’un de très gentil », a déclaré à l’AFP sa cousine, Mélanie Lionnet, venue de France pour lui rendre hommage. Il y a encore quelque temps, « elle m’avait dit qu’elle était fatiguée, qu’elle voulait rentrer en France ».

« Elle nous disait que ses employeurs ne l’avaient pas encore rémunérée, qu’une fois qu’ils l’auraient rémunérée, elle rentrerait. (…) A chaque fois ils rajoutaient du temps, des excuses, et finalement ils ne l’ont pas laissée rentrer », a-t-elle dit.

Le cortège s’est ensuite arrêté devant la maison où vivait Sophie pour observer une minute de silence et déposer fleurs et bougies.

« L’histoire de Sophie m’a énormément touchée », a confié Glwadys Beya, une au pair de 24 ans installée à Londres.

« C’est vraiment triste et si on n’en parle pas, c’est une situation qui risque de se reproduire », a-t-elle estimé.

L’affaire a de fait mis en lumière les difficultés, entre isolement et exploitation, parfois rencontrées par ces femmes, souvent très jeunes et sans expérience, qui tentent l’aventure à l’étranger.

« Si on ne se sent pas en sécurité, si quelque chose de mal est arrivé, si on a eu des violences verbales ou physiques, il ne faut pas se poser de questions, il faut juste s’en aller », a conseillé l’organisatrice de la marche, Victoria Patillas Navas, elle-même au pair de 21 ans au Royaume-Uni.

romandie.com avec(©AFP / 08 octobre 2017 19h11)

Mozambique: un maire en croisade contre la corruption tué par balles

octobre 5, 2017
Dans les rues de Nampula, au Mozambique © A Verdade / Flickr / Creative Commons

Connu pour ses prises de position contre la corruption, Mahamudo Amurane, le maire de la troisième ville du Mozambique, Nampula (dans le nord du pays), a été tué par balle mercredi soir à son domicile.

Le maire Mahamudo Amurane a été « assassiné par un homme de grande taille qui a ouvert le feu à trois reprises sur lui lorsqu’il quittait son domicile privé », a indiqué à la presse Saide Ali, un élu du Conseil municipal.

L’annonce de son meurtre a provoqué des manifestations de colère jeudi dans plusieurs quartiers de Nampula. La police a même été contrainte de procéder à des tirs d’avertissement pour ramener le calme.

La guerre à la corruption

Élu en 2013, Mahamudo Amurane avait déclaré la guerre à la corruption, menaçant notamment de dénoncer les pratiques de certains fonctionnaires locaux.

« Il ne fait pas de doute que ça a fait de lui la cible d’attaques, même au sein de son propre parti, le Mouvement démocratique du Mozambique (MDM) », a déclaré jeudi l’ONG Amnesty International, qui a salué la mémoire de l’élu.

Un parti avec lequel Mahamudo Amurane avait coupé les ponts l’an dernier, pour annoncer qu’il briguerait, en tant qu’indépendant, un nouveau mandat à la tête de la municipalité lors des élections locales de 2018.

Un meurtre « lâche et honteux »

Devant la presse, le chef du MDM, Daviz Simango, a dénoncé le meurtre « brutal et sans raison du maire ». « Cet acte lâche et honteux constitue une menace pour la paix », a déploré l’évêque catholique de Nampula, Inacio Suale. L’ambassade des États-Unis à Maputo a pour sa part condamné un « acte détestable » et réclamé une enquête.

Le Mozambique occupe le 142e rang sur 176 dans le classement mondial annuel de perception de la corruption établi par l’ONG Transparency International.

Jeuneafrique.com

Libye: deux dignitaires tribaux assassinés

septembre 30, 2017

Bani Walid en Libye, en 2012. © Gaia Anderson/AP/SIPA

Deux chefs issus du clan Werfallah, qui avait soutenu jusqu’au bout l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi, ont été tués alors qu’ils revenaient d’une mission de réconciliation entre tribus libyennes.

Deux dignitaires d’un des plus importants clans libyens ont été tués le 29 septembre dans le centre du pays, où ils étaient en mission de bons offices.

Le conseil social des tribus des Werfalla a annoncé sur sa page Facebook l’assassinat du cheikh Abdallah Nattat, chef du comité de réconciliation, du cheikh Khamis Isbaga et de leurs deux accompagnateurs.

Les quatre hommes rentraient dans leur ville de Bani Walid après avoir effectué une mission de réconciliation entre des tribus à Mizda quand leur véhicule a été criblé de balles par l’arrière.

Soutien à Mouammar Kadhafi

Le gouvernement libyen d’union nationale (GNA) a dénoncé cet acte, qui n’a pas été immédiatement revendiqué. Le GNA a affirmé avoir demandé au ministère de l’Intérieur afin d’ouvrir une enquête.

De son côté, le Parlement libyen élu, siégeant dans l’est du pays, a décrit l’assassinat des dignitaires tribaux comme «un acte terroriste lâche».

Très important dans l’ouest du pays, les tribus du clan des Werfalla sont basées à Bani Walid, dernière ville à avoir soutenu l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi lors de la révolte armée qui a mis fin au régime en 2011.

Jeuneafrique.com avec AFP

Une opposante syrienne tuées avec sa fille à Istanbul

septembre 22, 2017

Istanbul – Une militante syrienne de l’opposition et sa fille journaliste ont été retrouvées mortes, poignardées à leur domicile à Istanbul, ont rapporté vendredi les médias turcs, les proches des deux victimes dénonçant un « assassinat ».

Les corps sans vie d’Aroubeh Barakat, âgée de 60 ans, et de sa fille Halla Barakat, 22 ans, ont été retrouvés jeudi soir par des policiers qui avaient été alertés par des proches inquiets de ne pas arriver à les joindre, selon les agences de presse Anadolu et Dogan.

Les deux femmes sont mortes après avoir reçu des coups de poignard au cou, a indiqué Dogan, ajoutant que les policiers n’avaient relevé aucun signe d’entrée par effraction dans l’appartement situé à Usküdar, un district situé sur la rive asiatique d’Istanbul.

Les corps des deux femmes ont été retrouvés allongés côte à côte et les enquêteurs n’ont relevé dans l’immédiat aucun signe indiquant que des objets avaient disparu, selon Dogan.

La soeur d’Aroubeh Barakat, Shaza, a confirmé leur mort sur Facebook, déclarant que les deux femmes avaient été « assassinées par les mains de l’injustice et de la tyrannie ».

D’après la même source, Aroubeh Barakat s’était opposée dès les années 1980 au pouvoir syrien, d’abord à Hafez al-Assad, puis à son fils Bachar, qui lui a succédé en 2000.

La famille des deux femmes estime que leur mort pourrait être liée aux activités d’opposition d’Aroubeh Barakat, a indiqué sur Facebook un activiste syrien, Rami Jarrah.

La Coalition nationale de l’opposition syrienne, basée à Istanbul, a rendu hommage aux deux femmes et dénoncé « un assassinat atroce » qu’il a imputé à « la main du terrorisme et de la tyrannie », une allusion au régime d’Assad.

Riyad Hijab, coordinateur du Haut Comité syrien pour les Négociations (HCN), a pour sa part affirmé sur Twitter que « le meurtrier (…) ne parviendra pas à ses fins ». « Nous demandons qu’il soit arrêté et poursuivi en justice ».

La jeune journaliste Halla Barakat travaillait pour le site d’information Orient News, et avait également été employée par la chaîne anglophone de la télévision publique turque (TRT).

Depuis le début du conflit en Syrie, en mars 2011, près de trois millions de Syriens, dont de nombreux opposants au président Bachar al-Assad, ont trouvé refuge en Turquie.

De nombreux opposants et journalistes syriens réfugiés en Turquie ont fait état de menaces de mort à leur encontre.

En 2015, deux journalistes syriens originaires de la ville de Raqa, bastion du groupe Etat islamique dans le nord de la Syrie, avaient été égorgés dans le sud de la Turquie.

Romandie.com avec(©AFP / 22 septembre 2017 15h51)                                            

Mozambique: un albinos assassiné, son cerveau emporté

septembre 16, 2017

Dortoir d’un centre de Kabanga, dans le nord-ouest de la Tanzanie accueillant des enfants albinos, le 27 décembre 2012. © Jacquelyn Martin/AP/SIPA

Un adolescent albinos de 17 ans a été retrouvé mort, affreusement mutilé au Mozambique, ses meurtriers ayant amputé ses bras et ses jambes et emporté son cerveau, a rapporté samedi l’agence de presse mozambicaine AIM.

« Le corps a été retrouvé amputé de certains membres. Les criminels ont emporté les os des bras, des jambes, les cheveux, et ils ont fracassé le crâne pour prendre le cerveau », a affirmé un responsable local cité par l’agence d’information mozambicaine AIM.

Le drame s’est produit mercredi dans le district de Moatize dans la province de Tete (nord-ouest).

La police a confirmé cet assassinat. « Nous avons lancé une opération pour arrêter les responsables de ce crime macabre », a déclaré à l’AFP Lurdes Ferreira, une porte-parole de la police de la province de Tete.

Chaque année, dans toute l’Afrique, des albinos sont pourchassés, tués et amputés de leurs membres qui sont ensuite utilisés pour des rituels censés apporter richesse et chance. Un phénomène qui a pris une ampleur encore plus grande récemment dans le sud et l’est du continent, notamment en Tanzanie, au Malawi et au Mozambique, où les attaques se comptent par dizaines et n’épargnent pas les très jeunes enfants.

Selon l’ONU, plus de cent attaques contre des albinos ont été recensées au Mozambique depuis 2014. L’essentiel des attaques ont lieu dans la moitié nord du pays, dans des régions limitrophes du Malawi et de la Tanzanie.

L’albinisme se traduit par une absence de pigmentation dans la peau, le système pileux et l’iris des yeux.

Jeuneafrique.com avec AFP

Lesotho: le commandant des forces armées abbatu dans son bureau

septembre 6, 2017
Des militaires stationnent devant le quartier général de l’armée à Maseru, lors d’une tentative de coup d’État au Lesotho en août 2014. © AP/SIPA

Le général Khoantle Motsomotso a été abattu mardi dans des circonstances troubles après l’intrusion de deux hauts gradés dans son bureau. Le royaume du Lesotho est régulièrement sujet à des coups d’État de l’armée, très influente dans le pays. La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a annoncé l’envoi d’une mission d’enquête dès ce jeudi 7 septembre.

« Le commandant (des forces armées) a été déclaré mort », a affirmé à l’AFP un responsable militaire sous couvert de l’anonymat. D’après cette source, l’incident s’est produit au moment où deux autres officiers supérieurs, le colonel Tefo Hashatsi et le général Bulane Sechele, « ont tenté de pénétrer dans le bureau du chef d’état-major. ».

« Il y a eu une fusillade entre un de leur complice qui a pris la fuite et les gardes du corps du commandant », indique le responsable militaire, qui précise que les deux hauts gradés ont également été abattus.

Une mission d’enquête de la SADC

La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a condamné ce mercredi cet « assassinat » qu’elle considère comme « un recul dans les efforts actuels pour le retour de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans le royaume du Lesotho ». La SADC a également annoncé le « déploiement immédiat d’une mission d’enquête ministérielle » qui se rendra au Lesotho dès ce jeudi 7 septembre, qu’elle devrait quitter le 10 septembre.

La mission comprendra notamment des représentants de la « troïka », l’organe de sécurité de la SADC, ainsi que des experts en défense et sécurité.  La mission aura pour mandat de mener une « évaluation de la situation sécuritaire » dans le pays et « d’établir les causes profondes de l’assassinat ».

Coups d’État en série

Cet incident intervient trois mois après les élections qui ont porté au pouvoir le Premier ministre Thomas Thabane. Chassé du pays par l’armée en 2014, suite à un coup d’État manqué, il avait été contraint momentanément à l’exil en Afrique du Sud. Il était brièvement revenu dans son pays en 2015 pour des législatives où il avait été battu par son prédécesseur, Pakathila Moisili. Ce n’est qu’en février dernier qu’il s’y est réinstallé.

Le Lesotho a une longue histoire d’instabilité, illustrée par des coups d’État militaires en 1986 et 1991 et des tentatives de coup, comme en 2014.

Jeuneafrique.com avec AFP

Qui était Wayne Lotter, le défenseur des éléphants assassiné en Tanzanie

août 20, 2017

 

Héros de la lutte contre le braconnage en Afrique, il avait mis au point une méthode redoutablement efficace pour démanteler les réseaux de trafiquants.

Le défenseur des éléphants Wayne Lotter a été assassiné dans la nuit de mercredi à jeudi 17 août à Dar-es-Salaam en Tanzanie. PAMS Foundation

Il savait qu’il faisait un métier dangereux, mais rien n’aurait pu l’en dissuader. Wayne Lotter, un Sud-Africain de 51 ans qui a consacré sa vie à lutter contre le braconnage des animaux sauvages en Afrique, est mort assassiné dans la nuit du 16 au 17 août.

Le meurtre a eu lieu dans le quartier huppé de Masaki, à Dar-es-Salaam, la capitale économique de Tanzanie. Wayne Lotter était à bord d’un taxi qui le conduisait de l’aéroport à son hôtel quand sa voiture a été arrêtée par un autre véhicule, peu avant minuit. Un homme en est sorti, a ouvert sa portière et l’a abattu de deux balles. La police, qui a ouvert une enquête, ne peut à ce stade établir de lien entre ce crime et le braconnage. Mais le militant avait reçu de nombreuses menaces de mort.

Wayne Lotter avait cofondé, en 2009, une association de protection de la nature, la Protected Area Management Solutions (PAMS) Foundation, à la pointe de la lutte contre les trafics d’espèces sauvages. Par un savant mélange de renseignement, de travail avec les communautés et de gestion des aires protégées, elle avait conduit à démanteler de vastes réseaux, contribuant à faire arrêter et condamner des centaines de braconniers.

« Il est mort courageusement, en se battant pour la cause qui le passionnait le plus », assure au Monde Krissie Clark, le « cœur brisé ». Celle qui a créé la PAMS Foundation à ses côtés le décrit comme quelqu’un de « passionné, déterminé, visionnaire », « un mentor incroyable, inspirant, qui avait une pensée tout sauf conventionnelle, avec un très grand sens de l’humour ».

Ranger en Afrique du Sud

Peu après l’annonce du décès, les hommages ont afflué au sein de la communauté internationale fédérée autour de la conservation des espèces. « Wayne était un héros pour moi, un héros pour beaucoup, quelqu’un qui a consacré sa vie à la protection de la faune d’Afrique, écrit la célèbre primatologue Jane Goodall,…

Lemonde.fr par Audrey Garric et Emile Costard