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France-« La police tue » : Mélenchon assume et scandalise ses opposants

juin 7, 2022

Dans deux tweets, samedi et dimanche, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé « une police [qui] tue », Élisabeth Borne dénonce des propos « très choquants ».

La passagere du vehicule est morte apres avoir ete touchee par balle.
La passagère du véhicule est morte après avoir été touchée par balle. © STAFF / AFP

Le contrôle au cours duquel un conducteur a été grièvement blessé et une passagère tuée par des tirs policiers samedi à Paris a viré à la querelle politique lundi entre Jean-Luc Mélenchon, ses adversaires et les syndicats de police, à une semaine du premier tour des législatives. Le chef de file des Insoumis, qui brigue le poste de Premier ministre en cas de victoire de la gauche réunie, n’a pas tardé à s’exprimer après le contrôle opéré dans le 18e arrondissement de la capitale.

Dans deux tweets samedi et dimanche, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé « une police (qui) tue », coupable d’appliquer « la peine de mort pour un refus d’obtempérer » et exerçant « un abus de pouvoir inacceptable ». « Le préfet approuve ? Le ministre félicite ? La honte, c’est quand ? » a-t-il ajouté, s’en prenant aussi au syndicat Alliance qui a pris la défense des fonctionnaires, qualifié de « groupe factieux ». « Les policiers, les gendarmes méritent le respect. Ils font un travail courageux, difficile et risquent leur vie à chaque instant », lui a répondu le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, « les insulter déshonore ceux qui veulent gouverner. Laissons les enquêtes se faire sans les utiliser comme des otages d’une campagne électorale ». Marine Le Pen a de son côté dénoncé les mots « d’une gravité inouïe » de Jean-Luc Mélenchon. Alliance a annoncé un dépôt de plainte « dès demain » (mardi) et le syndicat Synergie accusé le chef des Insoumis de « tapiner un peu plus auprès du caïdat », alors qu’il « ne connaît rien à l’affaire ».

Auprès de France Info, David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), dénonce : « Comme d’habitude, c’est à la fois un manque de pudeur, un manque de respect, y compris pour les victimes. » Il estime que « montrer du doigt un coupable, si toutefois il y a un coupable, c’est suppléer la justice » et « regrette les postures totalement nauséabondes de Jean-Luc Mélenchon ». « Il y a une affaire pénale très grave, poursuit-il. Il y a trois policiers qui jouent leur carrière et leur avenir. Donc la pudeur serait le minimum qu’on pourrait attendre d’un leader politique. »

Mélenchon assume « évidemment », ses opposants s’insurgent

Invité ce mardi matin dans la matinale de France Inter, le chef de file de La France insoumise est revenu sur ses propos qui ont fait polémique. « Évidemment, c’est mon devoir », répond-il quand on lui demande s’il assume ces phrases. « Je dis que ce n’est pas normal qu’on tue quelqu’un parce qu’il refuse d’obtempérer ; il y a la loi, des punitions, des amendes mais pas la peine de mort. » Jean-Luc Mélenchon affirme se placer comme une voix importante de l’opposition, en particulier sur ce sujet. « J’ai monté le ton, et j’ai eu ce que je veux, déclare-t-il. Les gens savent qu’il y a un responsable politique qui n’accepte pas la doctrine d’usage de la force de police en place dans notre pays. Il est nécessaire d’arrêter cette escalade, sinon nous allons être les États-Unis d’Amérique. Je suis pour une police de maintien de la paix – une police de proximité –, beaucoup de police judiciaire pour démanteler les trafics ».

Presque simultanément, Bruno Retailleau (LR), Christian Estrosi (soutien de la majorité), Marine Le Pen (RN) et Xavier Bertrand (LR) se sont tous déclarés scandalisés par la teneur du discours de Jean-Luc Mélenchon. Sur France 2, Bruno Retailleau estime que « les propos de Jean-Luc Mélenchon sont intolérables et montrent qu’il est d’extrême gauche » et qu’il « doit des excuses aux policiers ». Même son de cloche sur RTL chez Xavier Bertrand, qui martèle : « C’est un scandale ce qu’il a dit, faire un fonds de commerce de la critique permanente des policiers, c’est un scandale. Et il voudrait être Premier ministre, mais jamais de la vie ! »

« Je trouve très choquant (sic) la façon qu’a Jean-Luc Mélenchon de s’en prendre systématiquement à la police avec des propos totalement outranciers », a déclaré la Première ministre, Élisabeth Borne, sur France Bleu mardi. « Les policiers exercent une mission difficile au service des Français. » Quelques heures plus tard, Éric Dupond-Moretti a réagi à son tour aux propos polémiques. « Bien sûr que Jean-Luc Mélenchon va trop loin. Il a dérapé et c’est un dérapage contrôlé », a déclaré le garde des Sceaux à l’antenne de BFMTV. « Ceux qui rendent la justice, ce ne sont pas Le Pen ou Mélenchon. Qu’on laisse la justice faire son travail », a-t-il ajouté.

Sur BFMTV, le maire de Nice, Christian Estrosi, se garde de juger l’affaire en cours. « On ne jugera pas ce matin, la justice se fait dans un tribunal, il y a présomption d’innocence », déclare-t-il tout en dénonçant à son tour le comportement de Jean-Luc Mélenchon. « Il faut mettre Jean-Luc Mélenchon hors d’état de nuire. S’attaquer à la police, c’est nuire à la République. » Enfin, l’ex-adversaire à la présidentielle de Jean-Luc Mélenchon Marine Le Pen (RN) s’insurge contre des propos qui, selon elle, sont « une véritable honte ». « Je crois qu’il s’éloigne totalement des valeurs républicaines, ajoute-t-elle, la vérité, c’est qu’il commet une diffamation extrêmement lourde à l’égard de la police. Jean-Luc Mélenchon est toujours du côté des voyous, des criminels, il n’est jamais du côté des forces de l’ordre […] ».

Par Le Point avec AFP

France-Rennes: Un Congolais tue sa femme Congolaise par étranglement et se livre à la police

avril 13, 2022

Une femme de 45 ans a été retrouvé morte ce mardi 12 Avril 2022 dans un appartement du quartier de villejean à Rennes. Un peu plus tôt dans la matinée, son conjoint âgé de 48 ans originaire de la République démocratique du Congo s’est rendu au bureau de la police du quartier, indiquant avoir étranglé sa femme. Le suspect avait déjà été condamné en 2019 pour des faits de violences conjugales.

Alcoolisé, le suspect a été placé en garde à vue en attendant d’être entendu sur les circonstances des faits. Une autopsie de la victime à été ordonnée pour déterminer les causes de la mort de la femme, également de la nationalité congolaise.
Présentes dans l’appartement, les deux filles du couple âgées de 8 et 9 ans, ont été hospitalisées.

Le parquet précise que le couple s’était marié en 2012 en République démocratique du Congo avant de venir s’installer en France.
En 2013 , la victime avait déposé plainte pour violences conjugales mais le dossier avait été classé sans suite.
Deux ans plus tard, un juge des enfants avait été saisi à la suite de violences commises par le mis en cause sur l’un des enfants de la victime.

En 2016, cette dernière avait encore dénoncé des nouveaux faits de violences et une composition pénale avait été ordonnée, « comportant un stage de sensibilisation aux violences conjugales », indique le parquet.
La même année, le suspect avait lui aussi déposé plainte contre sa femme pour des violences mais les procédures avait été classée sans suite.

Trois ans plus tard, il avait été condamnés à un an et demi de prison, dont huit mois assortis d’une saisi avec mise à l’épreuve pendant deux ans, pour des faits de violences par conjoint et avec arme.
Il avait également l’interdiction d’entrer en contact avec la victime.
Suite de cette condamnation, il avait été incarcéré au centre pénitentiaire de Rennes-vezin entre le 16 décembre 2019 et le 8 juillet 2020.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Burkina-Faso- Assassinat de Sankara : l’ex-président Blaise Compaoré condamné à la perpétuité

avril 6, 2022

Le verdict est tombé dans le procès des assassins de l’ancien président burkinabè. L’ex-président Compaoré, absent du procès, a été condamné à la perpétuité. Tout comme Gilbert Diendéré et Hyacinthe Kafando.

Thomas Sankara, en 1986. © Pascal Maitre/JA

Blaise Compaoré, en exil depuis 2014 en Côte d’Ivoire, a été condamné par contumace, le 6 avril, à la prison à perpétuité pour sa participation à l’assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara, tué avec douze de ses compagnons lors d’un coup d’État en 1987. Le tribunal militaire de Ouagadougou a également condamné à la perpétuité le commandant de sa garde Hyacinthe Kafando, en fuite depuis 2016, et le général Gilbert Diendéré, un des chefs de l’armée lors du putsch de 1987.

Dans le détail, Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré et Hyacinthe Kafando ont été reconnus coupables d’« attentat à la sûreté de l’État ». Kafando a en outre été reconnu coupable d’« assassinat », Compaoré et Diendere de « complicité d’assassinat ». Ces deux derniers ont cependant été acquittés des faits de « recel de cadavre », pour cause de prescription. Le tribunal a également maintenu les mandats d’arrêt émis à l’encontre de Compaoré et de Kafando.

Idrissa Sawadogo et Nabonssouindé Ouedraogo, reconnus coupables d’assassinat, ont été condamnés à 20 ans de prison ferme. Yamba Élysée Ilboudo, lui aussi reconnu coupable d’assassinat, a écopé de 11 ans de prison. Jean-Pierre Palm et Tibo Ouedraogo ont été condamnés à 10 ans de prison. Nida Tonde, dit « Mang-Baaba », a été condamné à trois ans de prison.

Cinq ans de prison avec sursis ont été prononcés contre Djakalia Dème et Pascal Sidibi Belemlilga. Bossobè Traoré, qui comparaissait pour complicité d’attentat à la sûreté de l’État et de complicité d’assassinat, a été acquitté.

Les différentes parties ont désormais quinze jours pour faire appel.

Grands absents

L’énoncé du verdict est intervenu au terme d’un long procès démarré en octobre dernier devant le tribunal militaire de Ouagadougou. Le jour de la première audience, le 11 octobre, douze des quatorze accusés étaient présents, dont le général Gilbert Diendéré, 61 ans, un des principaux chefs de l’armée lors du putsch de 1987. Tous doivent répondre des chefs d’inculpation suivants : « complicité d’assassinat », « assassinat », « recel de cadavres » et « attentat à la sûreté de l’État ».

Le principal accusé, l’ancien président Blaise Compaoré, porté au pouvoir par ce putsch et ami proche de Sankara, est absent, ses avocats ayant dénoncé « un simulacre de procès » devant « un tribunal d’exception ». Soupçonné d’être le commanditaire de l’assassinat de Sankara – ce qu’il a toujours nié -, il a été chassé du pouvoir en 2014 par la rue et vit depuis en Côte d’Ivoire. Le parquet militaire a requis 30 ans de prison contre lui.

Trente ans ont également été requis contre l’autre grand absent, l’adjudant-chef Hyacinthe Kafando, ancien commandant de la garde de Compaoré, en fuite depuis 2016 et soupçonné d’avoir mené le commando qui a assassiné Thomas Sankara et ses compagnons.

L’écrasante majorité des accusés présents plaide non coupable, dont le général Diendéré qui risque une peine de 20 ans de prison, durée de celle qu’il purge actuellement pour une tentative de coup d’État en 2015. Les prévenus racontent une tentative d’arrestation de Sankara qui a « mal tourné », à la suite de divergences avec Blaise Compaoré « sur la marche de la révolution« .

Complot international

D’anciens collaborateurs du président tué lèvent le voile sur les relations tendues entre Blaise Compaoré et Thomas Sankara et sur l’existence d’un « complot international » ourdi contre un leader progressiste qui voulait bouleverser l’ordre du monde et éradiquer la pauvreté dans son pays. « Le drame du 15 octobre 1987 est arrivé sous la pression de certains chefs d’État, tels que Félix Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire », témoigne Abdoul Salam Kaboré, ministre des Sports de Sankara.

C’EST LA CRÉATION D’UN PARTI POLITIQUE UNIQUE QUI A MIS LE FEU AUX POUDRES

Entendu en visioconférence depuis la France, ancienne puissance coloniale au Burkina, Moussa Diallo, aide de camp du président assassiné, assure que les événements d’octobre 1987 « ont été prémédités » et que le président Houphouët Boigny, grand ami de la France, était « au centre de ce complot ».

Houphouët Boigny avait dit à Thomas Sankara : « Il faut que vous changiez, si vous ne changez pas, nous allons vous changer », selon Serge Théophile Balima, ancien directeur de la télévision burkinabè.

À LIREQuand Thomas Sankara était surveillé par la CIA

« Blaise Compaoré voulait le pouvoir. C’est la création d’un parti politique unique qui a mis le feu aux poudres » car Compaoré « ne voulait pas de l’unification des organisations du Comité national de la révolution (CNR) », a expliqué aux enquêteurs Valère Somé, politologue burkinabè dont la déposition a été lue au procès. Selon un commandant militaire, Blaise Sanou, « celui qui était accro au pouvoir, c’était Blaise Compaoré ». « C’est également à cause (de cette soif) du pouvoir qu’il a voulu modifier la constitution après 27 ans de règne », ce qui a provoqué sa chute en 2014.

Coup d’État

Le procès a été interrompu à plusieurs reprises à la suite du coup d’État du 24 janvier mené par le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba qui a renversé le président élu Roch Marc Christian Kaboré. L’une de ces interruptions a été motivée par un requête des avocats de la défense auprès du Conseil constitutionnel qui a investi Damiba le 16 février. Ils estiment qu’on ne peut pas condamner des accusés pour « attentat à la sûreté de l’État » alors que le coup d’État est en lui-même une telle atteinte. Une requête rejetée par le Conseil constitutionnel.

Par Jeune Afrique avec AFAvec AFP

Le 4 avril 1968 : le jour où Martin Luther King a été assassiné

avril 4, 2022
Les funérailles de Martin Luther King eurent lieu le 9 avril 1968, à Atlanta. © KEYSTONE Pictures USA/ZUMA/REA

Juste avant le crépuscule, au Lorraine Motel de Memphis, aux États-Unis, Martin Luther King était abattu par un ségrégationniste blanc. Extrait du dossier spécial que JA consacra les jours suivants au Prix Nobel de la paix.

Moïse Martin Luther King est mort heureux : du haut de la montagne où le Seigneur l’avait conduit, il a pu voir la terre promise. Il savait que son peuple y pénétrerait un jour. Il en a fait la confidence aux mille éboueurs en grève de Memphis, dans une ville où, étant passé par hasard, il a décidé de prendre la tête du mouvement de revendication. À ces travailleurs qui réclament la reconnaissance de leur union et 60 cents d’augmentation horaire, il n’a pas eu le temps de dire si cette terre qu’il a vue le premier serait couverte de moissons ou de ruines au moment d’en prendre possession : il a été tué le lendemain.

SA CROIX ? DEUX TRAITS SUR LA MIRE D’UN FUSIL À LUNETTE TÉLESCOPIQUE

Les prophètes meurent dans leur lit. Le Moïse assassiné a été aussitôt transformé par ses fidèles en Christ noir. « Si Jésus revenait sur terre, il faudrait le crucifier bien vite », faisait dire Faulkner à l’un des personnages des Palmiers sauvages. La croix de King : deux traits sur la mire d’un fusil Remington à lunette télescopique braqué dans les lavabos d’un hôtel crasseux par un tueur au sourire idiot. Chaque époque a le Golgotha qu’elle mérite…

Placé sur un chariot de ferme que tiraient deux vieilles mules de Géorgie, le cercueil du pasteur a été suivi dans les rues d’Atlanta par cent mille marcheurs. Bras dessus bras dessous, Noirs et Blancs ont chanté des cantiques.

« La bonté sur le trône du pouvoir »

Rien n’a manqué à cette grande parade des « justes ». Même pas la voix vibrante du disparu qu’un enregistrement a fait résonner sous les voûtes de son église, au cours de l’office. « Dites que Martin Luther King s’est efforcé de faire le don de sa vie… qu’il a essayé de donner de l’amour. Dites que j’ai essayé d’aimer et de servir. »

Amour, don, service de l’humanité, qui oserait, maintenant, faire entendre à nouveau un tel langage ? Le « Christ noir » n’en a, pour sa part, jamais employé d’autre : « La haine ne supprime pas la haine, écrivait-il. Seul l’amour y parviendra. C’est là la beauté de la non-violence : libre d’entraves, elle brise les réactions en chaîne du mal. Elle veut placer la vérité, la bonté et la beauté sur le trône du pouvoir. »

La une de JA n°380, du 15 avril 1968, consacré à l’assassinat de Martin Luther King. © Archives JA
La une de JA n°380, du 15 avril 1968, consacré à l’assassinat de Martin Luther King. © Archives JA

« Non-violence » : « C’est le Christ, disait Luther King, qui a fourni l’esprit et Gandhi la méthode. » Il l’a expérimentée, pour la première fois, il y a treize ans, à Montgomery, en Alabama. Une femme noire a été chassée de la partie d’un autobus réservée aux Blancs : King organise le boycott de la compagnie. Au bord de la faillite après 381 jours, elle doit abattre la cloison séparant les Blancs des Noirs.

C’était en décembre 1965. Dès lors, King a trouvé sa méthode : la désobéissance civile, l’illégalité dans la non-violence, qu’il va prêcher aux quatre coins des États-Unis. Douze fois les prisons d’Alabama et de Géorgie accueilleront l’homme qu’Edgar Hoover, le patron du FBI, appela « le plus grand menteur du monde ». Sa maison est deux fois dynamitée. Il ne se passe pas de jours sans que sa famille reçoive des menaces de mort. Lui accepte, pardonne toujours : « Nous devons développer et entretenir notre aptitude au pardon », dit-il.

Marche des pauvres

D’un Noir qui tient aux États-Unis des propos aussi peu inquiétants, rien vraiment n’empêche de faire un « homme de l’année ». Il l’est en 1963, l’année de la grande marche sur Washington. L’an d’après, il reçoit le prix Nobel de la paix. En août 1965, il est au Capitole lorsque Johnson signe la loi sur les droits civiques arrachée à un Congrès réticent dont six membres seulement ont la peau noire. Cela ne l’empêche pas de continuer sa route du pas tranquille de ceux qui ont trop de siècles de patience derrière eux pour se montrer pressés.

Le pasteur et son président, on ne les verra plus guère ensemble : King s’oppose à la guerre du Vietnam, ce qui apparaît comme une manifestation intolérable de « désobéissance civile ». « Je suis sûr, écrit-il à l’automne 1967, que lorsque nous aurons la volonté de le faire, nous constaterons que notre propre intérêt, en tant qu’individu comme en tant que nation, consiste à partager notre richesse et nos ressources avec les plus humbles des enfants de Dieu… »

Pour le 22 avril, il a préparé une grande « marche des pauvres » sur Washington. Il veut que Johnson accorde 10 milliards de dollars pour amorcer la solution des problèmes les plus urgents des Noirs : enseignement, revenus, logement, loisirs, santé.

Johnson a beau affirmer avec solennité le contraire dans son appel à la nation, c’est ce rêve que 100 000 personnes sont allées porter en terre, mardi dernier, à Atlanta. Il est mort avec celui qui l’avait fait. Il est même mort bien avant, sans que personne ait présentement le souci de trop le souligner, car l’abîme que sa disparition découvre donne le vertige.

Avec Jeune Afrique

L’ancien rugbyman argentin Federico Aramburu tué à Paris

mars 19, 2022

L’ex-international et joueur du Biarritz Olympique, retraité depuis 2012, a été tué par arme à feu près de l’hôtel dans lequel il séjournait à Paris, après une violente altercation avec plusieurs hommes sur le boulevard Saint-Germain.

L’ex-joueur argentin de rugby Federico Martin Aramburu, âgé de 42 ans, a été tué par balle à Paris dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 mars après une altercation dans un bar.

Les faits se sont déroulés vers 6 heures boulevard Saint-Germain dans le VIe arrondissement de la capitale. Selon les informations du journal Sud Ouest, Federico Aramburu et son ami Shaun Hegarty, un autre ancien joueur du Biarritz Olympique (BO), étaient dans un bar situé sur le boulevard lorsqu’une violente altercation a éclaté avec deux voisins de table. « Il y a eu une altercation comme il peut y en avoir en fin de soirée », selon un ancien joueur du BO, présent sur place et qui souhaite rester anonyme.

Aramburu et Hegarty auraient ensuite rejoint leur hôtel non loin « pour demander de la glace », selon Philippe Jouvet, avocat des deux anciens joueurs. Les deux autres protagonistes les auraient rattrapés à bord d’un véhicule conduit par une troisième personne et auraient fait feu sur les deux anciens rugbymen. « Ils sont revenus peu après avec un véhicule et ont tiré des coups de feu », a précisé une source policière. Federico Aramburu a été touché et a succombé sur place à ses blessures, tandis que Shaun Hegargty s’en est sorti indemne.

« Plusieurs impacts » de balles ont été relevés sur place, a ajouté une source proche de l’enquête de flagrance pour assassinat qui a été ouverte et confiée à la brigade criminelle, selon le parquet de Paris. Les suspects étaient toujours recherchés samedi en fin de matinée, selon des sources proches du dossier.

Hommage au stade de France samedi

Le club de rugby du Biarritz Olympique, où Aramburu a joué entre 2004 et 2006 et avec lequel il a remporté deux championnats de France, a réagi dans la matinée, adressant « [s]es plus sincères condoléances à sa famille, ses proches » et « les assure de son total soutien ».

Son ancien club de Perpignan a également fait part sur Twitter de son « immense tristesse à l’annonce du décès [de l’ancien joueur] dans des circonstances tragiques » et a adressé « à sa famille et ses proches ses plus sincères condoléances ».

Un hommage lui sera rendu samedi soir au Stade de France, lors du match France-Angleterre du Tournoi des six nations, a annoncé la Fédération française de rugby.

« C’était quelqu’un de très généreux, à l’image des Argentins », a réagi, de son côté, Julien Peyrelongue, l’un de ses anciens coéquipiers à l’époque du grand Biarritz, auprès de France Bleu Pyrénées-Atlantiques« Il s’est très, très vite intégré au groupe, c’était quelqu’un de très généreux sur le terrain, qui ne lâchait jamais rien, quelqu’un sur qui on pouvait avoir confiance. J’aimais bien utiliser le terme “avec qui on pouvait aller à la guerre” »

Aramburu avait aussi été président des Socios du BO entre 2015 et 2018 et avait siégé à ce titre au conseil d’administration du club basque, qu’il avait décidé de quitter en février 2018. L’ancien joueur avait également disputé deux matchs lors de la Coupe du monde 2007, dont un contre le XV de France, où il marqua le troisième essai argentin. Membre de la génération dorée argentine, il honorera au total 22 sélections pour l’équipe nationale.

Pour la Ligue nationale du rugby (LNR), il « laisse une trace indélébile à Biarritz, Perpignan et Dax, mais aussi avec la sélection Argentine, dont il avait illuminé les terrains de son brio ». Depuis sa retraite sportive, il vivait toujours à Biarritz et travaillait pour une entreprise de tourisme.

Le Monde avec AFP

Une Iranienne de 17 ans assassinée par son mari, nouvelle victime des « crimes d’honneur »

février 10, 2022

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un homme souriant, exposant la tête de sa femme qu’il vient de décapiter. L’assassinat, qui vient allonger la longue liste des « crimes d’honneur » dont sont victimes les femmes en Iran, provoque une vague d’indignation.

Un portrait de Mona Heidari diffusé sur Twitter après son assassinat, le 5 février 2022.
Un portrait de Mona Heidari diffusé sur Twitter après son assassinat, le 5 février 2022. TWITTER

Le jeune homme pose fièrement, sourire aux lèvres, devant la caméra qui le filme déambulant dans une rue d’Ahvaz, dans le sud-ouest de l’Iran. Dans sa main droite, un long couteau qu’il tient nonchalamment. Dans sa main gauche, la tête de sa femme, âgée de 17 ans, qu’il vient de décapiter. L’insoutenable vidéo, publiée sur YouTube et relayée par l’agence de presse Rokna samedi 5 février, met en images l’horreur et la brutalité banalisées d’une violence endémique envers les femmes iraniennes.

L’histoire de Mona (Ghazal) Heidari ressemble à celle de milliers d’autres. Selon le Women Committee NCRI, un comité de défense des femmes iraniennes, elle avait été mariée de force à 12 ans à son cousin, Sajjad Heidari. En Iran, la loi autorise le mariage des filles dès 13 ans, voire plus tôt dans certains cas, si le père en fait la demande. Près de 9 750 filles, âgées de 10 à 14 ans, seraient concernées par des mariages précoces dans le pays, selon L’Orient-Le Jour, qui rappelle que ces unions forcées ont augmenté de 30 % au deuxième trimestre 2021 par rapport à l’année précédente.

Mona Heidari, victime de violences conjugales depuis des années, avait fui en Turquie il y a quelques mois pour échapper à son mari, avant d’en revenir il y a quelques jours. C’est ce voyage, « à l’insu de son mari et sans sa permission », qui aurait provoqué le meurtre, selon le journal Etemad. Les médias iraniens ne délivrent pas tous la même version des raisons qui ont motivé le retour en Iran de la jeune femme, mère d’un enfant de 3 ans. Mais tous s’accordent à dire qu’elle a rejoint la longue liste des victimes de « crime d’honneur ».

« Aucune peur des lois existantes »

Ces meurtres, perpétrés par des hommes sur des femmes de leur famille pour les punir d’avoir « jeté le discrédit » sur leurs proches, sont nombreux en Iran. Les femmes qui en sont victimes ont refusé de se marier de force, ont été victimes de viol, ont divorcé, ont tenté de quitter leur mari ou ont eu des relations avec un autre homme que leur époux.

En 2020, la revue The Lancet notait que 20 % des meurtres et 50 % des meurtres familiaux en Azerbaïdjan oriental, une province du nord de l’Iran, étaient des « crimes d’honneur ». Selon la revue, 8 000 meurtres de cette nature ont été commis en Iran entre 2010 et 2014. Le quotidien iranien Sharq donnait, en 2019, des chiffres oscillant entre 375 et 450 par an.Lire aussi  Article réservé à nos abonnésComment le pouvoir iranien étouffe les cas de violences contre les femmes

La loi iranienne est régulièrement dénoncée comme étant l’institutionnalisation de la misogynie et de la culture patriarcale du pays

« La construction sociale de l’honneur en tant que système de valeurs, norme ou tradition est la principale justification des violences perpétrées contre les femmes », écrit The Lancet. La loi iranienne est, en effet, régulièrement dénoncée comme étant l’institutionnalisation de la misogynie et de la culture patriarcale du pays. « Dans certaines régions du pays où le système patriarcal et tribal règne, des hommes frappent brutalement leurs femmes, filles ou sœurs sans avoir aucune peur des lois existantes », relève Hamchahri, la publication de la mairie de Téhéran, traduite par Courrier international.

En vertu du code pénal islamique, un homme peut, par exemple, tuer son épouse et son amant s’il les surprend « en flagrant délit d’adultère ». Un père, considéré comme « propriétaire » du sang de ses enfants, ne sera pas non plus puni de la peine de mort, comme le prévoit pourtant la loi du Talion, s’il tue l’un de ses enfants.Lire aussi  Article réservé à nos abonnésL’assassinat d’une jeune fille de 14 ans par son père émeut l’Iran

Pour les défenseurs des droits de l’homme et des droits des femmes, ces lois sont à l’origine d’un sentiment d’impunité dont jouissent de nombreux hommes, et le terreau de crimes dont les femmes sont les principales victimes. « Les autorités n’ont pas pris de mesures pour mettre un terme à l’impunité des hommes qui tuent leur femme ou leur fille ni pour faire en sorte qu’ils soient sanctionnés à hauteur de la gravité de leur crime », souligne ainsi Amnesty International dans son dernier rapport.

Vague d’indignation

Le meurtre de Mona Heidari a suscité une vague d’indignation dans le pays, notamment de la part des médias réformateurs et des militants des droits des femmes, relève Courrier international« Il n’y a aucune mesure concrète pour garantir l’application des lois visant à empêcher la violence contre les femmes », a regretté la députée Elham Nadaf, citée par l’agence de presse Ilna.

Le meurtre a aussi relancé les appels à réformer la loi sur la protection des femmes contre la violence conjugale. Le journal Sazandegi a ainsi mis le drame à sa « une », pressant le gouvernement et la justice de « soutenir les femmes et les filles en réformant les lois concernant le mariage des enfants et en pénalisant spécifiquement les crimes commis par des hommes fanatiques ».

Ensieh Khazali, la vice-présidente pour les femmes et les affaires familiales au sein du gouvernement iranien, a aussi appelé à une action parlementaire immédiate pour « combler certaines des lacunes juridiques » et « élever le niveau de conscience de la population ».

L’arrivée au pouvoir, en août 2021, du président ultraconservateur Ebrahim Raïssi, a encore amenuisé l’espoir de voir s’alléger la pression du pouvoir et des religieux sur les femmes de ce pays, l’un des seuls au monde à ne pas avoir signé la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Avec Le Monde

Indignation au Brésil après le meurtre brutal d’un Congolais à Rio de Janeiro

février 4, 2022

Le meurtre à Rio d’un Congolais, roué de coups après avoir réclamé, selon sa famille, le versement du salaire impayé de deux journées de travail, a provoqué une vague d’indignation au Brésil.

Le meurtre d’une rare brutalité d’un jeune homme originaire de la République démocratique du Congo battu à mort sur une plage de Rio de Janeiro a suscité une vive émotion au Brésil, où des célébrités lui ont rendu hommage.

Moïse Kabagambe, 24 ans, a été tué le 24 janvier près d’un kiosque de la plage de Barra da Tijuca où il travaillait. Selon des témoignages de sa famille, il aurait été roué de coups après avoir réclamé le versement du salaire impayé de deux journées de travail.

« Il voulait son argent avant de rentrer chez lui et le gérant du kiosque n’a pas voulu le payer. Ils se sont disputés, le gérant a pris un bâton pour le frapper et Moïse s’est saisi d’une chaise pour se défendre », a raconté à l’AFP son frère, Sammy Kabagambe, 28 ans, qui vit également à Rio.

Selon lui, le gérant a ensuite rameuté d’autres individus qui l’ont frappé durant de nombreuses minutes avec des bâtons et une batte de base-ball. Pour neutraliser Moïse, ses agresseurs ont également attaché ses poignets et ses chevilles à l’aide d’une corde.

Violence insoutenable

Des images d’une violence insoutenable filmées par une caméra de surveillance diffusées mardi 1er février par le journal O Globo montrent le jeune homme à terre, pendant qu’au moins trois hommes s’acharnent sur lui. La fin de la vidéo montre un des agresseurs tentant de le réanimer, en vain, après l’avoir tabassé.

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Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnalités ont condamné ce crime. « J’ai pleuré aujourd’hui en lisant le récit du meurtre de Moïse Mujenyi Kabagambe (…). Le fait que le kiosque se nomme Tropicalia ne fait qu’accentuer ma douleur », a tweeté le chanteur Caetano Veloso, un des chantres du tropicalisme, mouvement culturel qui a révolutionné la musique brésilienne dans les années 1960.

« Ce n’est pas le Rio que j’ai appris à aimer et qui m’a reçu à bras ouverts », a déploré pour sa part Gabigol, attaquant de Flamengo, club de football le plus populaire de la ville.

Selon des médias locaux, trois personnes se trouvent actuellement en détention dont deux se sont présentées d’elles-mêmes à la police et ont avoué avoir participé au meurtre.

Moïse Kabagambe est arrivé au Brésil avec une partie de sa famille en 2011, fuyant le conflit armé qui sévit depuis des décennies en République démocratique du Congo. « Nous avons fui la République démocratique du Congo pour ne pas qu’on nous tue, mais on a tué mon fils ici, comme on tue les gens dans mon pays, (…) comme un animal », a déclaré sa mère, dans un témoignage recueilli par O Globo.

Par France24 avec AFP

France: Marche blanche à Nice en souvenir d’une femme tuée par son ex-conjoint

janvier 9, 2022
Marche blanche a Nice en souvenir d'une femme tuee par son ex-conjoint
Marche blanche à Nice en souvenir d’une femme tuée par son ex-conjoint© AFP/Valery HACHE

Une marche blanche a rassemblé dimanche après-midi à Nice cinq cents personnes, selon la préfecture, venues afficher leur soutien à une mère de famille tuée par son ex-compagnon le 1er janvier, l’un des quatre féminicides depuis le début de l’année en France.

Les personnes présentes à ce rassemblement se sont rendues du domicile de la victime, situé dans un quartier populaire de la ville, jusqu’à la promenade des Anglais en bord de mer où un lâcher de ballons a eu lieu en hommage à Lisa, une mère de famille de quatre enfants, âgée de 45 ans, retrouvée morte étranglée dans le coffre d’une voiture huit jours auparavant.

Au sein du défilé, de nombreuses personnes portaient un T-shirt blanc avec le portrait de la victime, tandis que d’autres tendaient des pancartes « Elle le quitte, il la tue » ou « Aimer = ? tuer », a constaté sur place un photographe de l’AFP.

Une information judiciaire pour assassinat a été ouverte lundi par le parquet de Nice, après la découverte du corps de cette femme que son ex-compagnon a reconnu avoir étranglée, avait indiqué le procureur de la République.

Samedi 8 janvier, un homme a été placé en garde à vue, soupçonné d’avoir tué de plusieurs coups de couteau sa conjointe de 29 ans et leur fille de deux ans à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), portant à quatre le nombre d’homicides par conjoint ou ex-conjoint en France depuis le début 2022.

Le 1er janvier, une femme de 27 ans avait été tuée dans le Maine-et-Loire par son compagnon, tandis qu’une autre, âgée de 56 ans, en Meurthe-et-Moselle, connaissait le même sort dans des circonstances identiques.

Selon le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, 102 femmes ont été tuées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint en 2020. Elles étaient 146 en 2019. Le collectif féministe contre les violences sexistes et sexuelles #NousToutes dénombre 113 féminicides en 2021.

Par Le Point avec AFP

Assassinat de Khashoggi: un membre présumé du commando arrêté à l’aéroport de Roissy

décembre 7, 2021
Assassinat de Khashoggi: un membre presume du commando arrete a l'aeroport de Roissy
Assassinat de Khashoggi: un membre présumé du commando arrêté à l’aéroport de Roissy© AFP/Archives/MOHAMMED AL-SHAIKH

Un membre présumé du commando impliqué dans l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en 2018 à Istanbul a été interpellé mardi matin à l’aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle et placé en rétention judiciaire, a-t-on appris de sources judiciaire et aéroportuaire.

Khalid Alotaibi, 33 ans, a été interpellé par la police aux frontières alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour Riyad, a indiqué une source proche du dossier.

Il a été placé en rétention judiciaire dans le cadre d’un mandat d’arrêt international émis par la Turquie, a précisé une source judiciaire. À l’issue de sa rétention mercredi, il sera présenté au parquet général de la cour d’appel de Paris qui lui notifiera le mandat d’arrêt, a poursuivi cette source.

Jamal Khashoggi, ancien proche du pouvoir saoudien dont il était devenu un féroce détracteur, a été assassiné dans les locaux du consulat de son pays à Istanbul, le 2 octobre 2018, par un commando d’agents venus d’Arabie saoudite. Son corps, démembré, n’a jamais été retrouvé.

Après avoir nié l’assassinat, Riyad avait fini par dire qu’il avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls. À l’issue d’un procès opaque en Arabie saoudite, cinq Saoudiens ont été condamnés à mort et trois à des peines de prison — les peines capitales ont depuis été commuées.

Par Le Point avec AFP

Le Premier ministre irakien échappe à une tentative d’assassinat par drone

novembre 7, 2021

Moustafa al-Kazimi a été victime d’une tentative d’assassinat dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 novembre. Il est indemne.

Moustafa al-Kazimi, ici aux cotes d'Emmanuel Macron, a ete victime d'une tentative d'assassinat dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 novembre. Il est indemne.
Moustafa al-Kazimi, ici aux côtés d’Emmanuel Macron, a été victime d’une tentative d’assassinat dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 novembre. Il est indemne.© Thomas Padilla / MAXPPP / /MAXPPP

Dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 novembre, le Premier ministre irakien a été la cible d’une tentative d’assassinat. Le domicile de Moustafa al-Kazimi a été visé par un drone piégé, qui a explosé devant l’entrée de la maison. Dans la foulée, les États-Unis ont dénoncé un « acte apparent de terrorisme », tandis que le président irakien, Barham Saleh, a fustigé une « tentative de renversement de l’ordre constitutionnel ».

C’est la première fois qu’une telle attaque vise la résidence du Premier ministre, aux affaires depuis mai 2020. La tentative d’assassinat, dont Moustafa al-Kazimi est sorti indemne, intervient par ailleurs alors que des discussions sont en cours pour former une nouvelle coalition parlementaire, dans la foulée des élections législatives du 10 octobre dernier. L’Alliance de la conquête, vitrine politique du Hachd al-Chaabi, une influente coalition d’anciens paramilitaires pro-Iran, a vu son nombre de sièges fondre à l’issue du vote et dénonce une « fraude » électorale. Certains partisans du Hachd accusent M. Kazimi d’être « complice » de cette « escroquerie ». Sur Twitter, Moustafa al-Kazimi a appelé au « calme et à la retenue de la part de tous pour le bien de l’Irak ».

« Agression lâche »

« Ma résidence a été la cible d’une agression lâche. Dieu soit loué, je vais bien, ainsi que ceux qui travaillent avec moi », a-t-il ensuite déclaré dans une courte vidéo où on le voit assis à un bureau. Selon son bureau, cette « tentative d’assassinat ratée » a été perpétrée au moyen d’ « un drone piégé ». Deux sources sécuritaires ont toutefois fait état de « trois drones » lancés depuis un secteur situé à un peu plus d’un kilomètre à vol d’oiseau de la résidence. « Deux drones ont été abattus » par la garde rapprochée de Moustafa al-Kazimi et le troisième a pu faire exploser sa charge. Une autre source sécuritaire a indiqué à l’AFP que deux gardes du corps du Premier ministre avaient été blessés.

La Zone verte dans laquelle se trouve sa résidence est un périmètre ultra-protégé situé au cœur de la capitale irakienne et qui abrite l’ambassade américaine et des bâtiments gouvernementaux. Sur des photos distribuées par les services de M. Kazimi, on pouvait voir des gravats sur le sol et des escaliers extérieurs endommagés.

Joe Biden et Boris Johnson « condamnent fermement » l’attaque 

Le président américain Joe Biden a « condamné fermement » dimanche l’attaque « terroriste ». « Je suis soulagé que le Premier ministre n’ait pas été blessé et salue les capacités de leader dont il a fait preuve en appelant au calme et à la retenue », a déclaré Joe Biden dans un communiqué, réclamant que les responsables de cette attaque soient jugés. « J’ai ordonné à mon équipe de sécurité nationale d’apporter l’assistance nécessaire aux forces de sécurité irakiennes pour enquêter sur cette attaque et identifier les responsables », a ajouté le président démocrate.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a également « fermement condamné l’attaque » dimanche contre son homologue irakien. Dans une conversation téléphonique avec Moustafa al-Kazimi, Boris Johnson a en outre « clairement indiqué que le Royaume-Uni » soutenait ses « efforts pour former un gouvernement à la suite des élections », une démarche « vitale pour la stabilité à long terme de l’Irak », a déclaré dans un communiqué un porte-parole de Downing street.

La mission des Nations unies en Irak a aussi condamné l’attaque dans les « termes les plus forts ». L’influent leader chiite Moqtada Sadr, dont le courant arrive en tête des élections, a évoqué une attaque « contre l’Irak et le peuple irakien ». Les forces de sécurité ont été déployées en nombre dans la Zone verte et à ses abords, selon un journaliste de l’Agence France Presse. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a fermement condamné dimanche « la tentative d’assassinat » du Premier ministre irakien. Il a aussi exhorté les Irakiens à la retenue et ne pas céder à la violence ou à des tentatives de déstabilisation de l’État, d’après un communiqué.

Déroute électorale

Et des heurts ont mis aux prises vendredi plusieurs centaines d’entre eux avec les forces de sécurité près de la Zone verte. Selon une source sécuritaire, un manifestant est mort, tandis qu’une source au sein du Hachd al-Chaabi a évoqué « deux morts ». Vendredi, Qaïs al-Khazali, le chef d’Assaïb Ahl al-Haq, l’un des principaux groupes pro-Iran du Hachd al-Chaabi, avait mis en garde contre « toute tentative d’acteurs liés aux services de renseignement de bombarder la Zone verte et d’accuser ensuite les factions de la résistance », nom que se donnent les pro-Iran, farouchement antiaméricains.

Une partie des Irakiens accusent le Hachd, qui a combattu le groupe djihadiste État islamique et qui est désormais intégré à l’État irakien, d’être le relais de l’Iran dans leur pays. Ils lui attribuent la responsabilité des assassinats et des enlèvements de militants anti-pouvoir qui se sont soulevés en octobre 2019. Malgré sa déroute électorale, cette coalition devrait rester une force politique importante au Parlement, grâce au jeu des alliances et la cooptation des élus indépendants.

Par Le Point avec AFP