Posts Tagged ‘Assassinat’

RDC/Procès assassinat du général Delphin Kahimbi : la FBCP se réjouit de la libération des civils accusés

juin 8, 2021

L’ONG de défense des droits de l’homme pense que la justice congolaise a dit le bon droit, dans le cadre de cette affaire.

Le général Delphin Kahimbi /DR

La Fondation Bill-Clinton pour la paix (FBCP) a confirmé l’acquittement et la libération de tous les civils accusés dans l’affaire de l’assassinat de l’ancien  chef de la sécurité militaire de la République démocratique du Congo (RDC), le général Delphin Kahimbi. A en croire cette ONG de défense des droits de l’Homme, le tribunal a relevé le manque de preuves de leur implication à l’assassinat du défunt général. Dans son verdict, le Tribunal de grande instance dit n’avoir retenu aucune charge contre eux.

La FBCP, qui a affirmé avoir suivi le dossier depuis le commencement jusqu’à la fin, a estimé que la justice congolaise a bien fait son travail. « Elle n’a dit que le droit, rien que le droit. Et cela est à encourager », a souligné cette ONG dans un communiqué du 7 juin, après le verdict prononcé par le Tribunal de grande instance de Gombe siégeant à la prison centrale de Makala. Le ministère public, lui, avait requis des peines allant de 15 à 20 ans de prison et à la peine capitale.

Le général Delphin Kahimbi, chef d’état-major adjoint des Fardc chargé de renseignements militaires, est décédé le 28 février 2020 à Kinshasa. Il avait été suspendu deux jours avant sa mort, après avoir été interpellé le 20 février 2020 par la Direction général de migration (DGM), alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour l’Afrique du Sud. Selon des sources, le Conseil national de sécurité reproché à l’ancien chef de la sécurité militaire d’avoir dissimulé des armes et de tentative de déstabilisation du régime, pour avoir « mis l’actuel gouvernement sous surveillance ».

Il est rappelé qu’après sa mort mystérieuse, le 28 février 2021, sa famille réclamait que soit faite la lumière sur ce décès. Et parmi les personnes accusées et arrêtées préventivement, il y a eu la veuve, sa belle-mère ainsi que d’autres proches de sa femme. Après ce verdict, le flou continue à planer sur le décès du général Delphin Kahimbi. Débuté le 3 mai, ce procès se clôture sans que la justice n’ait élucidé les circonstances réelles de cette mort.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Sénégal: Assassinat de Mollet Lotaly, étudiante congolaise inscrite en Master1 à l’ESP de Dakar

mai 20, 2021

Mollet Lotaly, étudiante congolaise inscrite en Master1 à l’ESP de Dakar, a été froidement tuée dans la nuit du 19 mais à Grand Yoff.

Photo de BrazzaNews.

Mollet Lotaly, étudiante congolaise inscrit en Master1 à l’ESP de Dakar, a été froidement tuée dans la nuit du 19 mais à Grand Yoff. Le crime commis devant son immeuble, la jeune dame rentrait de son travail, lorsque ses agresseurs l’ont pris pour cible. Elle a été assenée d’une bouteille en verre au cou, qui a causé une hémorragie.

Baignant dans son sang, elle a agonisé pendant de longues minutes, en attente d’une ambulance pour la secourir. Mollet Lotaly n’a pas survécu à ses blessures, l’ambulance est arrivée trop tard. Une nouvelle accablante pour la communauté des étudiants congolais vivant au Sénégal, pour les proches et la famille de l’étudiante assassinée.

Les étudiants congolais du Sénégal dénoncent l’insécurité dans les quartiers de Dakar. Joint au téléphone ce matin, les responsables de l’association des congolais vivant au Sénégal lancent un appel aux autorités sénégalaises sur les actes criminels que subissent la plupart des étrangers à Dakar, vol par effraction, agressions meurtrière, et d’autres discriminations.

Avec Brazzanews

Pour la liberté d’opinions

mai 14, 2021

Pour ta plume et ta liberté

Tu as été froidement assassiné

Pour ton devoir d’informer

Tu as été une cible à museler

Ô monde des tenants des armes

Quand allez-vous respecter l’âme

De tous ceux qui exercent ce métier

Pour le bonheur de leur communauté

Car depuis l’hémisphère de ma résidence

Où je médite instamment sur cet acte crapuleux

Je condamne l’odieuse oppression contre la presse

Pour rendre les journalistes plus libre et heureux

Bernard NKOUNKOU

RDC/Nord-Kivu: Assassinat d’un journaliste dans l’exercice de son métier

mai 13, 2021

L’ONG de défense et de promotion de la liberté d’information dont le bureau de coordination est basé à Goma appelle la nouvelle autorité provinciale à ne ménager aucun effort pour qu’une enquête minutieuse et urgente soit diligentée.

Dans une correspondance adressée, le 12 mai, au gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, avec copie pour information au vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, l’Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (Olpa) proteste vigoureusement contre l’assassinat de Barthélémy Kubanabandu Changamuka, journaliste à la radio communautaire de Kitchanga (Racoki FM) émettant à Kitchanga dans le territoire de Masisi, province du Nord-Kivu. Cette ONG dit attendre du gouverneur militaire de cette province de diligenter une enquête minutieuse et urgente après cet assassinat. « Point n’est besoin de rappeler que la protection des personnes et de leurs biens est l’apanage de l’Etat dont vous êtes le représentant. Tuer un journaliste de sang-froid constitue un défi contre l’autorité de l’Etat, surtout en cette période où l’état de siège est en vigueur dans la province du Nord-Kivu », a fait savoir l’Olpa dans la lettre signée par son secrétaire exécutif Alain Kabongo.

Le journaliste assassiné

L’organisation, qui condamne avec la dernière énergie cet assassinat, appelle les nouvelles autorités installées dans la province de ne ménager aucun effort pour qu’une enquête minutieuse et urgente soit diligentée pour que les auteurs de cet acte ne jouissent pas de l’impunité.

Ce présentateur de l’émission «Sécurité alimentaire » diffusée sur les antennes de Racoki, a rappelé l’Olpa, a été tué, le 9 mai, à son domicile par des individus armés non autrement identifiés qui l’ont criblé de plusieurs balles. « Ils se sont accaparés de son téléphone portable, avant de disparaître dans la nature. Cet acte ignoble s’est produit peu après le retour de Barthélémy Kubanabandu Changamuka à sa résidence après avoir présenté son émission sur l’obésité alimentaire », a expliqué l’ONG.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Mali : Sidi Brahim Ould Sidati, de la CMA, assassiné à Bamako

avril 13, 2021
Sidi Brahim Ould Sidati, représentant de la Coordination des mouvements de l’Azawad, signant l’accord de paix d’Alger au Mali, le 20 juin 2015.

Le président de la Coordination des mouvements de l’Azawad a été assassiné ce mardi 13 avril par des individus non identifiés.

Sidi Brahim Ould Sidati est mort à l’hôpital Golden Life de Bamako ce 13 avril. Il y avait été transporté en urgence après que des individus non identifiés lui avaient tiré dessus, ont confirmé plusieurs sources à Jeune Afrique.

Le président de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, l’un des groupes signataires de l’accord de paix d’Alger) se trouvait devant sa résidence, où il réparait son générateur électrique, lorsqu’il a subi des tirs entre 6 et 7 heures du matin. Selon Attaye Ag Mohamed, qui est chargé des questions juridiques au sein de la CMA, les deux assaillants se trouvaient à bord d’une voiture quand ils l’ont pris pour cible. Des enquêteurs sont déjà à pied d’œuvre sur les lieux.

Cet assassinat intervient quelques semaines après la reprise, mi-février, des réunions du comité de suivi de l’accord à Kidal. Le gouvernement malien et des groupes signataires de cet accord avaient pu se rencontrer dans cette ville du Nord alors encore contrôlée par les groupes armés malgré le retour sur place, il y a un an, de l’armée constituée.

Selon plusieurs diplomates internationaux à Bamako, cette rencontre de Kidal a symbolisé « le retour d’un climat de confiance » entre acteurs maliens. La présence de membres des groupes armés au sein du gouvernement a également suscité l’espoir de voir se concrétiser des avancées dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation, signé en 2015.

Avec Jeune Afrique par Manon Laplace à Bamako

RDC : ce que l’on sait de l’attaque qui a coûté la vie à l’ambassadeur d’Italie

février 23, 2021
Des soldats de la paix de l’ONU surveillent la zone où le convoi a été attaqué, à Nyiragongo, province du Nord-Kivu, le 22 février 2021.

Luca Attanasio, son garde du corps et son chauffeur ont été attaqués par des hommes armés alors qu’ils faisaient partie d’un convoi du PAM qui faisait route près de Goma, dans le Nord-Kivu.

L’attaque a eu lieu dans la matinée du 22 février, autour de 10 heures, à une dizaine de kilomètres de Goma, dans le territoire de Nyiragongo, dans le Nord-Kivu. Le convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) faisait route vers Rutshuru, sur la route du parc des Virungas, lorsqu’il a été pris d’assaut. Selon le gouverneur de la province, Carly Nzanzu Kasivita, les assaillants étaient au nombre de six.

Selon l’agence onusienne qui a réagi dans un communiqué, « la délégation se rendait de Goma à Rutshuru pour visiter un programme d’alimentation scolaire du PAM lorsque l’incident a eu lieu ». Le convoi a été arrêté au niveau du lieu-dit « Trois antennes », rapporte de son côté le Baromètre sécuritaire du Kivu, projet conjoint de Human Rights Watch et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui observe l’activité des nombreux groupes armés dans l’est du pays.

Assaillants inconnus

Le déroulé des évènements reste flou, mais il semble que la Jeep dans laquelle se trouvait l’ambassadeur d’Italie a d’abord été arrêtée par des tirs de sommation avant d’être attaquée. Les assaillants auraient alors tenté de kidnapper les membres du convoi.

Alerté, un contingent de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), qui patrouillait près du lieu de l’attaque avec une unité des Forces armées de la RDC (Fardc), est alors intervenu. Des tirs ont été échangés et le garde du corps du diplomate, Vittorio Iacovacci, ainsi que le chauffeur congolais du véhicule du PAM, Mustapha Milambo, ont péri sur place. Gravement touché à l’abdomen et transféré vers un hôpital, Luca Attanasio a perdu la vie quelques instants plus tard.

LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE EST EN DEUIL POUR CES SERVITEURS DE L’ÉTAT QUI ONT PERDU LEUR VIE DANS L’EXERCICE DE LEURS FONCTIONS

Plusieurs questions subsistent. Selon le PAM, l’attaque s’est produite sur une route sur laquelle le convoi été autorisé à circuler sans escorte. « Les services de sécurité et les autorités provinciales n’ont pu ni assurer des mesures de sécurisation particulière du convoi, ni leur venir en aide faute d’informations sur leur présence dans cette partie du pays », a néanmoins affirmé en fin de journée le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité dans un communiqué.

L’identité des assaillants n’est pas encore connue, mais une source sécuritaire contactée par Jeune Afrique évoque la responsabilité de « certains éléments des FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda] ». La zone dans laquelle l’attaque a eu lieu est toutefois le repère de plusieurs autres groupes armés, y compris des milices Nyatura et des membres de l’ex-M23.

Le dernier rapport du Baromètre sécuritaire du Kivu évoque la présence de 122 groupes armés distincts dans l’est de la RDC (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Tanganyika). Ce chiffre est en baisse par rapport à la dernière recension, qui se focalisait uniquement sur le Kivu. Pourtant, le nombre de civils tués dans cette région en proie à l’insécurité depuis plus de vingt-cinq ans est en nette augmentation depuis la fin de 2019.

« Attaque lâche »

Arrivé en RDC en tant que chargé d’affaires à l’ambassade d’Italie, Luca Attanasio, 43 ans, était en poste depuis octobre 2019.

Sa mort, ainsi que celles de son garde du corps et de son chauffeur, ont provoqué une vague de réactions tant en RDC qu’en Europe. Le président italien, Sergio Mattarella, a dénoncé une « attaque lâche ». « La République italienne est en deuil pour ces serviteurs de l’État qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leurs fonctions », a-t-il ajouté.

Les autorités congolaises ont, quant à elles, réagi par la voix de la ministre des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, qui a promis que la RDC « mettrait tout en œuvre pour découvrir qui est à la base de cet ignoble meurtre ». Accompagnée du secrétaire général aux Affaires étrangères, Dominique Kilufya, la cheffe de la diplomatie congolaise a rendu visite à l’épouse et aux enfants de l’ambassadeur.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras et Stanis Bujakera Tshiamala

Meurtre de l’ambassadeur de l’Italie en RDC : le Mouvement des Indignés relève l’urgence de la mise en place d’une force neutre

février 22, 2021

Pour ce mouvement citoyen, c’est la présence des armées étrangères et des mouvements rebelles dans cette partie du pays qui y intensifie les tueries, qui vont jusqu’à atteindre les diplomates en visite régulière dans le coin.

Photo: l’ambassadeur Lucca Attanasio/Adiac.

S’appuyant sur le meurtre de l’ambassadeur de l’Italie en République démocratique du Congo (RDC), Luca Attanasio, dans le Nord-Kivu, le Mouvement des indignés de la situation sécuritaire en RDC (Miss-RDC) appelle à la mise en place urgente d’une force neutre dans cette partie du pays.

Ce mouvement dit, par ailleurs, regretter que rien ne soit fait pour mettre fin à l’insécurité dans la région. Le Miss-RDC, qui dénonce l’insécurité et les tueries des populations civiles dans cette partie du pays, rappelle-t-on, mène des plaidoyers qui appellent notamment le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, à réaliser ses promesses de campagne dont l’installation de son Etat-major dans l’est du pays, afin de mettre fin à cette situation chaotique qui dure depuis plus de deux décennies. Ce mouvement citoyen et d’autres  organisations demandent le départ de la mission onusienne, la Monusco, qu’ils accusent de complicité ou de passivité dans la situation d’insécurité dans cette partie de la RDC.

Dans ses plaidoyers, le Miss-RDC recommande également la purge au sein de l’armée afin d’y extirper les officiers affairistes et tous ceux qui sont impliqués dans la situation d’insécurité dans l’est du pays.

Le mouvement s’attend donc à ce que le meurtre de l’ambassadeur d’Italie en RDC conduise les autorités congolaises et la communauté internationale à prendre une fois pour toute, une décision en vue d’enrayer l’insécurité dans cette partie du pays. « Cela doit être la goutte d’eau qui déborde le vase », indique un autre activiste de mouvement citoyen.

Dans une courte vidéo, la ministre congolaise en charge des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, qui s’est rendue à la résidence de l’ambassadeur Lucca Attanasio pour réconforter sa famille, a fait une promesse ferme du gouvernement congolais de tout mettre en œuvre pour découvrir les auteurs de ce meurtre. « C’est avec peine et beaucoup de tristesse que nous venons d’apprendre le décès du jeune ambassadeur Italien ici chez nous en RDC dans un convoi du PAM. Je promets au gouvernement italien que le gouvernement de mon pays mettra tout en œuvre pour découvrir qui est à la base de cet ignoble meurtre », a-t-elle déclaré.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC – Annie Chebeya : « Le vrai responsable de la mort de mon mari, c’est Joseph Kabila »

février 10, 2021
Enterrement de Floribert Chebeya, activiste des droits de l’homme, chef du groupe « La Voix des sans Voix », au Stade Kintambo.

Annie Chebeya, la veuve de l’activiste Floribert Chebeya assassiné avec son chauffeur Fidèle Bazana en juin 2010, accuse l’ancien président Joseph Kabila d’être derrière le meurtre de son mari et réclame justice.

Le dossier Chebeya pourrait-il être réouvert ? Pour la première fois, deux policiers affirment avoir participé à l’exécution du président de l’ONG La voix des sans-voix et de son chauffeur, Fidèle Bazana, le 1er juin 2010. Plus de dix ans après les faits, ils ont décidé de donner leur version et contacté plusieurs médias.

Hergile Ilunga et Alain Longwa disent avoir fait partie de la cellule mise sur pied par de hauts gradés de la police congolaise pour tuer Floribert Chebeya. À les en croire, l’ordre est venu de John Numbi lui-même, qui était à l’époque l’inspecteur général de la police. Ilunga et Longwa disent avoir ensuite été exfiltrés de Kinshasa et réaffectés dans le Katanga, où ils sont demeurés sous surveillance avant de parvenir à prendre la fuite.

Ces nouveaux éléments vont-ils permettre de rouvrir l’enquête ? Les deux policiers se disent aujourd’hui prêts à témoigner si leur sécurité est assurée. Pour Annie Chebeya, le veuve de l’activiste qui espère la vérité sera enfin faite sur les circonstances du décès de son mari et de Fidèle Bazana, cela constitue indéniablement une source d’espoir.

Jeune Afrique : Que vous inspirent ces nouveaux témoignages ?

Annie Chebeya : Je ressens de la tristesse, mais aussi de la joie parce que je prie depuis longtemps pour que la vérité éclate. Ces témoignages sont-ils authentiques ? J’ai tendance à penser que oui, parce que jusqu’à présent, personne n’avait livré autant de détails sur ce qui s’est passé ce jour-là.

Presque onze années se sont écoulées depuis la mort de votre mari et de son chauffeur. Pourquoi, selon vous, Hergile Ilunga et Alain Longwa ont-ils décidé de rompre le silence ?

Parce que le sang de Floribert continue à réclamer justice. Deux jours avant sa mort, le dimanche 30 mai, il m’avait dit : ‘Annie, si on me tue pour le pays, mon sang va continuer à crier, et que ça ne sera pas comme Mzee Kabila, qui a été assassiné mais dont le sang ne crie pas vengeance’.

CE QUE VEUT MA FAMILLE, C’EST QUE CES GENS SOIENT SANCTIONNÉS. »

Que faisiez-vous le jour de l’assassinat de votre mari ?

J’étais avec lui. Il m’avait dit qu’il comptait se rendre dans les locaux de l’inspection générale de la police. Je lui ai souhaité une bonne discussion [avec John Numbi, avec lequel il avait rendez-vous] et c’est tout. Je suis sortie et, quand je suis rentrée à la maison, il n’était pas là. Je l’ai appelé, mais cela sonnait dans le vide et je ne parvenais pas non plus à joindre Fidèle, son chauffeur. Par la suite, j’ai reçu des SMS peu clairs. C’est à ce moment-là que j’ai prévenu mon grand frère ainsi que les collègues de Floribert. Le jour suivant, je me suis rendue à l’inspection générale de la police. J’ai rencontré François Ngoy Mulongoy, l’inspecteur adjoint de la police nationale [accusé d’avoir effacé les enregistrements vidéo qui prouvaient que Chebeya était bien dans les locaux de la police le jour dit, il a été acquitté en première instance], ainsi que d’autres personnes, et tous m’ont dit qu’ils ne savaient rien.

Avez-vous été surprise que Hergile Ilunga et Alain Longwa désignent John Numbi ?

Le vrai responsable selon moi, c’est l’ancien président Joseph Kabila. Floribert était une menace pour lui parce qu’il dénonçait ce qu’il faisait avec John Numbi. Floribert était en contact avec Aimée Kabila [qui se présentait comme une fille de Laurent-Désiré Kabila]. Il savait des choses. Et puis le fait que tous ces gens ont été maintenus en poste, c’était une manière de les récompenser. Ce que veut ma famille, c’est que ces gens soient sanctionnés.

CE N’ÉTAIT PAS UN PROCÈS, MAIS UNE MASCARADE DONT MES ENFANTS ET MOI NE TENONS AUCUN COMPTE. »

Un premier procès avait eu lieu dès 2011. Justice n’avait pas été faite, selon vous ?

Ce n’était pas un procès, mais une mascarade dont mes enfants et moi ne tenons aucun compte. Nous attendons maintenant que le vrai procès commence et qu’il soit exemplaire.

Christian Ngoy Kenga Kenga, un officier de police condamné lors du procès mais en fuite depuis neuf ans, a été arrêté en septembre dernier ; John Numbi a été démis de ses fonctions… Qu’attendez-vous d’autre ?

Nous attendons que John Numbi soit arrêté et jugé. Nous demandons également au président Tshisekedi de retirer à cet homme qui a du sang sur les mains tous les honneurs qu’il a reçus quand Joseph Kabila était au pouvoir. John Numbi doit savoir que le sang de Floribert le poursuivra jusqu’à sa mort.

Comptez-vous entrer en contact avec Hergile Ilunga et Alain Longwa ?

Jamais je ne les rencontrerai, ma famille non plus. Qu’ils répondent plutôt aux questions de la justice. Nous, nous vivons toujours dans la douleur. Nous continuons à pleurer nos morts. Nous n’avons pas fait notre deuil.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

Une dissidente pakistanaise morte au Canada est enterrée chez elle

janvier 25, 2021

QUETTA, Italie — Une dissidente et militante pakistanaise des droits de la personne morte en exil au Canada le mois dernier a été enterrée chez elle, dans le sud-ouest du Baloutchistan, sous haute sécurité, ont indiqué des militants lundi.

© Fournis par La Presse Canadienne

Seule la famille immédiate de Karima Baloch a pu assister à ses funérailles dimanche, dans le village de Tump.

Les partisans de la femme de 37 ans affirment que les forces pakistanaises avaient bouclé le village pour les empêcher de prendre part à la cérémonie. Ses restes étaient arrivés au Pakistan depuis le Canada plus tôt pendant la journée.

Le corps de Mme Baloch avait été retrouvé au centre-ville de Toronto le 22 décembre, près des rives du lac Ontario, quelques heures après qu’elle eût été portée disparue. Il s’agissait d’un endroit qu’elle connaissait bien et qu’elle appréciait. La police ne considère pas qu’il s’agisse d’une mort suspecte, même si ses partisans prétendent qu’elle a été assassinée.

Mme Baloch dénonçait fréquemment et fortement les agences secrètes pakistanaises qui kidnapperaient des militants au Baloutchistan et ailleurs. Elle avait obtenu l’asile au Canada en 2016. Sa mort a éveillé les soupçons des militants des droits de la personne, qui ont condamné lundi la décision des autorités d’organiser ses funérailles en secret.

«Il est dégoûtant de voir comment le corps de Karima Baloch a été traité», a dit le parlementaire Mohsin Dawar, qui lui aussi compte parmi les détracteurs des agences pakistanaises.

«On comprend facilement comment ça va accentuer les divisions et alimenter le séparatisme, a-t-il dit sur Twitter. Est-ce que c’est ça la stratégie pour gérer l’insurrection baloutche, de saupoudrer du sel sur les blessures baloutches?»

Le gouvernement n’a pas immédiatement commenté, mais une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux montre des soldats qui refoulent plusieurs personnes qui disent vouloir rendre un dernier hommage à Mme Baloch.

Irrité par la situation, un groupe nationaliste baloutche — le Comité de solidarité baloutche — a lancé un appel à une grève générale à travers le Baloutchistan lundi. Le groupe a affirmé par voie de communiqué que des soldats pakistanais se sont emparés du cercueil de Mme Baloch dès son arrivée du Canada et qu’ils ont empêché ses partisans d’organiser ses funérailles à Karachi, transférant plutôt sa dépouille vers son village natal.

Plus tard dimanche, des centaines de militants baloutches se sont rassemblés à Karachi pour dénoncer la décision du gouvernement de ne pas permettre la tenue de ses funérailles dans la ville.

Ils ont scandé des slogans antigouvernementaux et demandé justice pour Mme Baloch, qui était selon eux «une voix du peuple baloutche» qui a été «réduite au silence». Les militants maintiennent qu’elle n’est pas morte de causes naturelles, mais ils n’ont fourni aucune preuve à l’effet contraire.

Le Baloutchistan est le théâtre depuis plusieurs années d’une insurrection de faible intensité par de petits groupes séparatistes et nationalistes qui se disent victimes de discrimination et réclament un partage plus équitable des ressources et de la richesse de leur province.

Certains groupes militants attaquent parfois des soldats au Baloutchistan, ce qui mène à des rafles de la part des forces de sécurité. Les militants des droits de la personne dénoncent fréquemment des détentions illégales. Ceux qui sont arrêtés sont souvent emprisonnés sans jamais comparaître devant un tribunal.

– Par Abdul Sattar, The Associated Press avec La Presse Canadienne

Ethiopie: Un humanitaire tué dans la région du Tigré, annonce une ONG néerlandaise

décembre 31, 2020

ETHIOPIE: UN HUMANITAIRE TUÉ DANS LA RÉGION DU TIGRÉ, ANNONCE UNE ONG NÉERLANDAISE

© Reuters/BAZ RATNER

NAIROBI (Reuters) – L’association caritative néerlandaise ZOA a annoncé la mort d’un de ses employés dans la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie, où les forces du Front de Libération du peuple du Tigré (TPLF)combattent le gouvernement fédéral d’Addis-Abeba depuis le 4 novembre.

L’humanitaire de 52 ans a été tué dans le camp de réfugiés de Hitsats, a annoncé mercredi l’association qui n’a pas donné son nom ni de détails sur les circonstances de son décès.

Redwan Hussein, porte-parole du groupe de travail d’urgence sur le Tigré, n’a pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires de Reuters.

Quatre travailleurs humanitaires éthiopiens employés par deux organisations étrangères distinctes ont été tués à Hitsats en novembre, près de la frontière avec l’Érythrée.

Avec Reuters par (Bureau de Nairobi, version française Kate Entringer)