Posts Tagged ‘assemblée constituante’

Venezuela: le Vatican estime que l’Assemblée constituante doit être suspendue

août 4, 2017

Rome – Le Saint-Siège a estimé vendredi que l’inauguration de l’Assemblée constituante, prévue le même jour par le président vénézuélien Nicolas Maduro mais vivement contestée par l’opposition, devait être « évitée ou suspendue ».

« Le Saint-Siège demande à tous les acteurs politiques, et en particulier au gouvernement, que soit assuré le plein respect des droits humains et des libertés fondamentales, ainsi que de la Constitution en vigueur », selon le texte publié au Vatican.

Il leur demande également « d’éviter ou suspendre les initiatives en cours comme la nouvelle Assemblée constituante, qui au lieu de favoriser la réconciliation et la paix, fomentent un climat de tension et d’affrontement ».

Le Vatican a aussi lancé « un appel vibrant à toute la société pour que soit évité toute forme de violence, en invitant en particulier les forces de sécurité à s’abstenir de l’usage excessif et disproportionné de la force ».

Il exprime « sa profonde préoccupation face à la radicalisation et l’aggravation de la crise » au Venezuela, marquée par l’augmentation des morts, des blessés et du nombre de détenus. Le pape François suit de près la situation et prie pour le pays, est-il précisé.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro doit inaugurer vendredi une Assemblée constituante qui lui est toute acquise, au milieu de polémiques sur sa légitimité et des contestations de l’opposition, qui a appelé à manifester à Caracas, faisant craindre de nouvelles violences.

L’Assemblée constituante se situe au-dessus de tous les pouvoirs, y compris du chef de l’Etat. Elle aura pour mission de réécrire la Constitution du Venezuela de 1999, promulguée par Hugo Chavez.

Son élection dimanche, entachée par des violences qui ont fait dix morts, a suscité un tollé international. Plus de 120 personnes ont été tuées en quatre mois de manifestations contre le président.

En juin dernier, la diplomatie vaticane avait estimé que le projet d’Assemblée constituante mettait en péril la démocratie dans le pays, dans une lettre à l’Organisation des Etats Américains.

Le pape a manifesté publiquement à plusieurs occasions sa grande préoccupation à propos du Venezuela.

Un dialogue politique entre pouvoir et opposition avait été entamé en octobre 2016 sous l’égide du Vatican et de l’Union des nations sud-américaines (Unasur). Mais la coalition de l’opposition vénézuélienne(MUD) avait gelé ces négociations en décembre, accusant le pouvoir de ne pas appliquer des accords déjà conclus sur un calendrier électoral et sur la libération d’opposants emprisonnés.

Fin avril, le pape avait assuré que le Saint-Siège était disposé à intervenir en tant que « facilitateur » face à la crise que traverse le Venezuela, mais dans « des conditions claires ». L’opposition s’y était refusée.

(©AFP / 04 août 2017 14h26)                                            

Tunisie : un vendeur de cigarettes s’immole en plein centre de Tunis

mars 12, 2013

Des hommes sans emploi à Sidi Bouzid, la ville où Mohamed Bouazizi s'était immolé en 2010. Des hommes sans emploi à Sidi Bouzid, la ville où Mohamed Bouazizi s’était immolé en 2010. © Salah Habibi/AFP

Un homme d’une vingtaine d’années, vendeur de cigarettes à la sauvette, s’est immolé par le feu, mardi 12 mars au matin, sur l’avenue Habib Bourguiba, en plein centre de Tunis. Le jour même de la présentation du gouvernement à l’Assemblée constituante.

Mis à jour à 13h32.

Un vendeur de cigarettes à la sauvette d’une vingtaine d’années s’est immolé par le feu, mardi 12 mars au matin, sur l’avenue Habib Bourguiba en plein centre de Tunis. L’homme a été grièvement brûlé.

D’après une collaboratrice de l’AFP qui a assisté à la scène, des passants se sont précipités sur le jeune homme pour éteindre le feu, mais l’ensemble de sa peau était déjà calcinée. Il était néanmoins conscient lorsque les secours l’ont transféré à l’hôpital, selon la collaboratrice de l’AFP.  Les policiers et pompiers présents ont refusé de donner des informations sur la victime ou sur son état de santé.

« Voilà le chômage »

Avant de s’immoler, le jeune homme a crié : « Voilà la jeunesse qui vend des cigarettes, voilà le chômage. Dieu est le plus grand », selon un témoin.

Le porte-parole de la protection civile tunisienne, Mongi Khadhi, cité par l’agence officielle TAP, a indiqué que la victime s’appelle Adel Khadri. « Son état est critique, il commence à ressentir les douleurs. On va l’anesthésier, seuls ses pieds sont indemnes », a indiqué une source hospitalière à l’AFP, refusant cependant de dévoiler l’identité du jeune homme. Selon cette dernière, la victime a indiqué être malade mais ne pas pouvoir se soigner.

Selon l’agence TAP, qui cite des témoins, le jeune homme était un vendeur ambulant du quartier de Moncef Bey, non loin du centre ville, et aurait été empêché d’exercer son gagne-pain par les policiers. Deux ans après la révolution de janvier 2011 – qui avait été déclenchée le 17 décembre 2010 lorsque le jeune vendeur ambulant Mohamed Bouazizi, s’était immolé à Sidi-Bouzid (centre) – le chômage et la pauvreté continuent de miner la Tunisie.

Le pays est par ailleurs plongé dans une profonde impasse politique qui a été aggravée par l’assassinat de l’opposant Chokri Belaïd, le 6 février, dont la mort a entraîné la chute du gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahdha.

Jeuneafrique.com avec AFP

Libye : le transfert de Seif el-Islam Kaddafi retardé par des questions d’argent

mai 28, 2012

Le représentant de la Libye auprès de la Cour pénale internationale (CPI) a affirmé lundi 28 mai que le transfert à Tripoli de Seif el-Islam était retardé par les ex-rebelles libyens qui le détiennent. Ceux-ci se plaignent de salaires impayés.

« Le manquement du Conseil national de transition (CNT) à sa promesse de payer les salaires des thowars (révolutionnaires) de Zenten pour six mois de travail, pour un montant qui ne dépasse pas 1,7 million de dinars (1,36 million de dollars), a amené les thowars de Zenten à renoncer au transfert de Seif al-Islam vers sa prison à Tripoli », a déclaré, lundi 28 mai, Ahmed Jehani, représentant de la Libye auprès de la Cour pénale internationale.

« Dans un premier temps, le CNT avait dit qu’il était prêt à payer cette somme. Mais quand l’échéance est venue, il a manqué à ses engagements et a dit « il n’est possible de payer que la moitié de la somme » », a-t-il expliqué, ajoutant que le montant demandé ne représentait pas « une contrepartie au transfert de Seif el-Islam ». Ce transfert ne sera, selon lui, vraisemblablement pas effectué avant les élections prévues en juin pour doter le pays d’une Assemblée constituante.

Seif refuse l’assistance d’un avocat

Détenu à Zenten, à 180 km au sud-ouest de Tripoli par des ex-rebelles de la ville qui l’ont arrêté le 19 novembre 2011, le fils de l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kaddafi, continuait à refuser de se doter d’un avocat. « Seif el-Islam demande à être défendu par un avocat devant un tribunal libyen quand il reçoit la visite d’une quelconque partie étrangère, mais quand une partie libyenne le lui demande, il refuse qu’un procès se tienne ou de choisir un avocat… », a ajouté le représentant libyen à la CPI. « La solution n’est pas entre les mains des autorités libyennes mais de l’accusé lui-même qui jusqu’à maintenant refuse de désigner un avocat pour le défendre », a-t-il ajouté.

La CPI, dont Tripoli conteste la compétence dans cette affaire, avait désigné un avocat commis d’office pour représenter le fils Kaddafi devant sa juridiction, mais celui-ci, Me Xavier-Jean Keïta, n’a pas encore rencontré son client.

Jeuneafrique.com avec AFP

Tunisie: le président de l’Assemblée met en garde contre « chaos et rébellion »

mars 30, 2012

Le président de l’Assemblée constituante tunisienne Mustapha  Ben Jaafar a mis en garde vendredi contre « le chaos » et la « rébellion »,  soulignant que des « événements dangereux » s’étaient produits récemment en  Tunisie.

« Notre pays a enregistré dernièrement des phénomènes dangereux comme des  appels à tuer et s’entretuer, des profanations du Coran et de lieux saints,  l’abaissement du drapeau national », a rappelé M.  Ben Jaafar à l’ouverture d’un  débat sur la situation sécuritaire à l’Assemblée constituante, en présence de  trois ministres du gouvernement.

Il a aussi évoqué « l’assassinat d’un prédicateur (à Tunis le 11 mars), des  conflits tribaux (deux morts cette semaine dans la région de Gafsa), des  agressions verbales et physiques sur des journalistes, des artistes et même des  policiers, des cours entravés à l’université et des sit in anarchiques ».

« Ce qui s’est passé menace la cohésion sociale.  La liberté ne veut pas dire  chaos ni rébellion », a-t-il déclaré.

Les incidents liés à la mouvance salafiste radicale se sont multipliés au  cours des derniers mois en Tunisie, où la question identitaire et religieuse a  monopolisé le débat.

S’exprimant brièvement, le ministre de l’Enseignement supérieur Moncef Ben  Salem a « regretté » de « devoir s’expliquer sur un phénomène marginal », le port du  niqab à l’université, alors qu’il « y a plus important à débattre, comme la  construction de la Tunisie ».

La faculté des Lettres de la Manouba près de Tunis a été entravée pendant  plus de trois mois par un groupe d’étudiants et de salafistes réclamant  l’autorisation des filles en niqab (voile islamique intégral) en cours et en  examen, ce que refuse catégoriquement l’administration.  Le corps enseignant a  dénoncé l’inertie de son autorité de tutelle dans cette affaire.

La députée du Parti démocrate progressiste (PDP, opposition) Maya Jribi a  accusé le gouvernement d' »occulter certains phénomènes extrémistes ».

Pour sa part, le président du groupe parlementaire d’Ennahda, le parti  islamiste dominant à l’Assemblée, a estimé qu’il y avait « une grave dérive  sécuritaire » et dénoncé des tentatives pour « détourner les objectifs de la  révolution » tunisienne.

Jeuneafrique.com avec AFP