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Ces Africains qui resteront dans l’histoire des Jeux olympiques

septembre 3, 2021
L’athlète éthiopien Abebe Bikila dépasse le Marocain Abdeslam Radi aux JO de Rome en 1960

Des plus beaux exploits aux chutes mémorables en passant par un 100 m interminable, Jeune Afrique revient sur les grands moments de l’histoire africaine des JO.

Dans Les histoires insolites des Jeux olympiques de l’Antiquité aux Jeux de Rio 2016, paru en 2020 aux Éditions Amphora, Luciano Wernicke raconte plus de 400 histoires olympiques. On se souvient notamment de celle de l’athlète noir américain Cornelius Johnson, champion du saut en hauteur (2,03m), qu’Hitler refusa de saluer aux Jeux de Berlin en 1936 et à celle du boxeur Mohammed Ali, victime de racisme même après avoir gagné une médaille d’or lors des Jeux de Rome en 1960. Mais nombre d’athlètes africains ont aussi été les héros de grands moments des Olympiades. Histoires marquantes, tragiques, hilarantes ou ridicules, bruit de couloirs ou indiscrétions jamais révélées… En voici une sélectio

Guinée équatoriale : Eric Moussambani, un nageur hors du temps

Surnommé ironiquement « l’anguille » par ses collègues, le nageur équato-guinéen Eric Moussambani est devenu célèbre en réalisant le 100m nage libre le plus lent de l’histoire olympique (une minute et 52 secondes), finissant bon dernier, aux JO de Sidney, en 2000. D’autres nageurs ont même hésité à plonger pour le secourir. Le sportif n’a pas eu l’occasion de retenter sa chance quatre ans plus tard, puisqu’il a commis une erreur d’accréditation. « Je ne sais pas quoi faire. Je suis très déçu et j’envisage de prendre ma retraite » avait-il alors déclaré.

Éthiopie : la revanche de Miruts Yifter

Toujours à Munich, en 1972, les JO de Miruts Yifter commence de manière malheureuse… dans les toilettes. Quatre jours après avoir obtenu le bronze au 10 000m, l’Éthiopien est frappé d’une diarrhée carabinée lors des éliminatoires du 5 000m. « Le sportif de 28 ans passa la moitié de la journée dans ses WC, et l’autre dans son lit, épuisé », confie Luciano Wernicke.

Il ne put pas prendre sa revanche lors de l’édition suivante, à Montréal, puisque nombre de pays africains, dont l’Éthiopie, avaient refusé de participer aux Jeux pour lutter contre l’apartheid en Afrique du Sud. Mais aux Jeux de Moscou, en 1980, il décrochera deux fois l’or, au 5 000m et au 10 000m.À LIRE Cameroun, RDC, Congo, Érythrée : ces réfugiés qui ont participé aux JO de Tokyo

Abebe Bikila, champion aux pieds nus

Aux Jeux olympiques (JO) de Rome en 1960, le marathonien éthiopien Abebe Bikila qui remplace un coureur blessé, ne trouve pas chaussure à son pied, littéralement. La marque Adidas, qui fournit des baskets aux athlètes n’ayant pas l’équipement nécessaire, lui a procuré une paire qui lui cause des ampoules. Lui dont les « voutes plantaires étaient habituées à sillonner les routes africaines rugueuses et arides » prend donc la décision de courir les 42 195 m sans chaussures. Non seulement il remporte l’épreuve, devant le Marocain Abdeslam Radi, mais il établit également un nouveau record.

Alors que l’Éthiopie avait gagné son indépendance face à l’occupant italien à la fin de la Seconde Guerre mondiale, « les maîtres des lieux eurent leur “revanche”, raconte Luciano Wernicke. Pendant la remise des prix, les musiciens de l’orchestre officiel, qui ne connaissaient pas l’hymne éthiopien, jouèrent celui de l’Italie ». Mais en 1964, lorsque Abebe Bikila inscrit un nouveau record – cette fois-ci avec des chaussures – aux Jeux de Tokyo, c’est bien l’hymne de son pays qui retentit.

LE MÉDECIN LE PRÉVIENT QU’IL RISQUE LA MORT. MAIS L’ATHLÈTE RETOURNE SUR LA PISTE

Etenesh Dirola, jusqu’au bout

Si nombre d’athlètes ont couru pieds nus aux Jeux olympiques, cela n’a pas toujours été volontaire. Lors de l’édition de 2016 à Rio, Etenesh Dirola est en tête de sa série du 3 000m steeple quand une altercation éclate entre les coureuses. L’Éthopienne perd une chaussure dans la cohue, ce qui la pénalise pour le reste de la course. Elle franchira ainsi la ligne d’arrivée bien après la Bahreïnienne, la Kenyane et l’Américaine… mais recevra quand même l’ovation du public.

« Les histoires insolites des Jeux Olympiques d’été – De l’Antiquité aux Jeux de Rio » de Luciano Wernicke (éditions Amphora)

Mali : le combat manqué de Moussa Sangare

À Moscou, le boxeur malien Moussa Sangare, seul représentant de son pays dans cette discipline, est victime de deux coups du sort. Arrivé en retard à la pesée, il est d’abord disqualifié. Mais son pays fait appel de cette décision, et il est finalement acté que ce contretemps n’était pas de son fait. Mais sur le ring, Sangare s’effondre face au Zambien Lucky Mutale. « S’il avait su qu’il subirait une défaite aussi cuisante, il se serait abstenu de faire appel de sa disqualification et ne serait même pas monté dans l’avion pour Moscou ! », commente Luciano Wernicke.

Kenya : l’increvable Kipchoge Kieno

Aux Jeux de Mexico, en 1968, le Kenyan Kipchoge Kieno dit « Kip », dut abandonner le 10 000m à cause d’une « infection inattendue de la vésicule biliaire qui, moins d’un kilomètre avant l’arrivée, commença à lui provoquer une douleur aiguë insupportable à l’estomac ». Le médecin lui conseille alors vivement d’abandonner et de se retirer, le prévenant qu’il risque la mort s’il retourne sur la piste. Mais l’athlète se présente tout de même au 5000 m et remporte la médaille d’argent, malgré la douleur.À LIRE Jeux olympiques : Clarisse Agbegnenou, descendante de roi togolais et « bulldozer des tapis »

Et ses malheurs ne s’arrêtent pas là : alors qu’il se rend à la finale du 1 500m, il se retrouve bloqué dans les bouchons sur le trajet et décide de courir les 3km qui le séparent du stade. Il arrive à destination à quelques secondes du top départ et son acharnement est récompensé par la médaille d’or et un nouveau record. Quatre ans plus tard, à Munich, il devra se contenter de l’argent au 1 500m, mais décrochera une nouvelle fois l’or au 3 000m steeple.

L’ÉQUIPE FÉMININE N’A ENCORE JAMAIS JOUÉ HORS DE SES FRONTIÈRES. MAIS ELLE REMPORTE LE TOURNOI

Zimbabwe : l’exploit des hockeyeuses

En plein boycott occidental des JO de Moscou, les Russes sont contraints, pour éviter l’annulation du tournoi de hockey sur gazon, d’inviter l’Autriche, la Pologne, la Tchécoslovaquie et le Zimbabwe à participer. À la surprise générale, l’équipe féminine zimbabwéenne, qui n’a alors jamais joué hors de ses frontières et n’est pas encore membre de la fédération, remporte le tournoi. Les joueuses offrent ainsi une première médaille à leur pays, qui avait été exclu des Jeux de Munich et de Montréal en raison du soutien de son gouvernement à la politique de l’apartheid. En revanche, les hommes finiront bons derniers du tournoi.

Afrique du Sud : Zola Budd-Pieterse, tombeuse de Nike

Lors des Jeux de Los Angeles, en 1984, la coureuse de fond américaine Mary Decker, favorite de la discipline et égérie de la marque Nike, s’élance sur la piste pour la finale du 3 000m. À mi-parcours, alors qu’elle est en tête, sa rivale sud-africaine Zola Budd-Pieterse, qui représente la Grande Bretagne – son pays étant exclu de la compétition – prend l’avantage. Decker tente de la doubler par le couloir intérieur mais trébuche sur les pieds – nus – de Budd, se foulant la cheville. Alors que l’Américaine pleure à chaudes larmes sur la piste, la Sud-Africaine finit sa course sous les huées du public et arrive septième. « Budd n’a commis aucune action antiréglementaire, Decker est victime d’elle-même », tranchera néanmoins John Holt, le secrétaire de la fédération sportive internationale.

Après l’incident, la cote de popularité de Nike n’est plus au beau fixe. « Ce fut un véritable paradoxe que la plus grande star de la marque de chaussures échoue en se tordant la cheville suite à un accrochage avec une Africaine qui, comme Abebe Bikila à Rome, courait pieds nus », souligne Luciano Wernicke.

Josia Thugwane, de rescapé à médaillé

« Ce pygmée de presque 1,58m dut franchir de gigantesques obstacles pour assouvir sa passion de la course », souligne Luciano Wernicke, narrant l’incroyable trajectoire du fondeur sud-africain Josia Thugwane. Originaire d’une région rurale marquée par la misère et les inégalités, celui-ci a tout de même réussi à monter les échelons du marathon, jusqu’à être sélectionné pour les JO d’Atlanta, en 1996. Cinq mois avant la compétition, il est victime d’une tentative de vol de voiture et de kidnapping alors qu’il est sur l’autoroute. Il résiste et saute de la voiture en marche, ce qui lui vaut une balle dans le menton et une chute brutale sur le béton.

Après une hospitalisation de plusieurs semaines, Thugwane se présente au départ du marathon olympique, qu’il remporte avec trois secondes d’avance sur le deuxième. « Trois secondes pendant lesquelles il mesura sa force de caractère et son courage », commente Wernicke.

Avec Jeune Afrique par Hanna Pasquier

Les athlètes masculins procurent trois autres médailles au Canada en athlétisme

août 6, 2021

TOKYO — Par une soirée où le sprinteur étoile Andre De Grasse a accepté le témoin, en route vers le titre d’athlète masculin canadien totalisant le plus grand nombre de médailles olympiques, Mohammed Ahmed a puisé dans ses ressources pour offrir au Canada un premier podium à l’épreuve masculine du 5000 mètres.

© Fournis par La Presse Canadienne

Quarante-huit heures après avoir mérité l’or au 200 mètres, De Grasse a amorcé le dernier segment en cinquième place mais a néanmoins propulsé le Canada jusqu’à la troisième marche du podium au relais masculin 4 x 100 mètres, vendredi aux Jeux de Tokyo.

Le quatuor composé d’Aaron Brown, de Jerome Blake, Brendon Rodney et de De Grasse a uni ses efforts pour réaliser un chrono de 37,70, à exactement deux dixièmes de seconde des Italiens, médaillés d’or. Ce temps est le meilleur de la saison pour le Canada.

De Grasse a doublé le représentant de la Chine lors du segment final pour offrir au Canada la médaille de bronze de l’épreuve à des deuxièmes Jeux consécutifs.

En six finales en athlétisme réparties sur deux olympiades, l’Ontarien de 26 ans n’est jamais passé à côté d’un podium.

«C’est toujours une merveilleuse sensation. C’est extraordinaire de gagner ma sixième médaille. Je suis vraiment très heureux», a réagi De Grasse.

«Bien sûr, j’essaie seulement d’être meilleur chaque fois. J’ai hâte à Paris dans (trois) ans et je vais essayer de répéter.»

Questionné sur ce que pouvaient représenter toutes les récompenses qu’a reçues De Grasse pour ses coéquipiers, Brown s’est présenté au micro et a résumé le tout à l’aide d’un acronyme : «GOAT (Greatest of All Time – Plus grand de tous les temps).

«C’est simple et clair. Il mérite toutes ces fleurs. Il se présente à chaque championnat (…) Andre De Grasse va se présenter et obtenir des médailles. Alors, je vais tout simplement le mettre en valeur, il est mon homme.»

Le couronnement

Un peu plus tôt en soirée, Ahmed est passé en deuxième vitesse dans le dernier tour pour décrocher la médaille d’argent au 5000 mètres.

Se qualifier pour les Jeux olympiques est déjà une réussite en soi, mais remporter une médaille – ou, dans le cas des olympiens suivants, plusieurs – est un exploit dont très peu d’athlètes peuvent se targuer.

Installé en cinquième position avec quelques centaines de mètres à parcourir, Ahmed a profité d’une brèche à l’intérieur de la piste pour dépasser l’Ougandais Jacob Kiplimo, le Kenyan Nicholas Kipkorir Kimeli et l’Américain Paul Chelimo.

Ahmed a parcouru la distance en 12:58,61 et il n’a été devancé que par le détenteur du record du monde, l’Ougandais Joshua Cheptegei (12:58,15).

«Chaque déception, chaque course qui n’a pas répondu à mes attentes m’a amené ici», a déclaré Ahmed.

«La surprise dans mon visage vient de tout ce que j’ai vécu pendant 16 années incroyables. J’ai 30 ans. Je ne sais pas combien d’opportunités il me reste. D’y arriver est incroyable. Et j’étais passé si près en 2016 (à Rio, il s’est classé quatrième). Là-bas, je pleurais des larmes d’agonie et de défaite.»

Ahmed a amorcé les Jeux de Tokyo en terminant sixième au 10 000 mètres. Il avait pris les devants avec moins de deux tours à faire, mais il a manqué d’énergie lors des 300 derniers mètres.

En début de journée, Evan Dunfee a effectué une poussée dans les derniers mètres de l’épreuve du 50 km marche pour remporter la médaille de bronze.

Le Britanno-Colombien de 30 ans a accédé au podium lors d’une journée chaude et humide. Il faisait en effet 25 degrés Celsius avec un taux d’humidité de 70 pour cent au départ de la course, au petit matin. Puis, lorsque Dunfee a croisé le fil d’arrivée, la température ressentie s’élevait à 32 degrés.

Le Polonais Dawid Tomala a triomphé en trois heures 50 minutes et huit secondes (3:50:08) devant l’Allemand Jonathan Hilbert (3:50:44).

Dunfee a dépassé l’Espagnol Marc Tur lors du dernier tour pour se tailler une place sur le podium. Le Canadien a levé ses bras dans les airs en arrivant au fil d’arrivée en 3h50:59.

«Je n’ai pas besoin de la médaille pour me prouver ce que je suis capable de faire, a mentionné Dunfee. Je suis fier de ce que j’ai accompli aujourd’hui. C’est un moment auquel je rêve depuis 21 ans.

«Je ne pourrais pas être plus heureux.»

Mathieu Bilodeau, de Québec, s’est classé 45e.

Par ailleurs, la Canadienne Gabriela Debues-Stafford a terminé au cinquième rang lors de la finale du 1500 mètres, en 3:58,93.

À mi-course, Debues-Stafford occupait la troisième position mais n’a pas été en mesure de maintenir le rythme.

Avec La Presse Canadienne

Dopage et corruption dans l’athlétisme : Lamine Diack jugé à Paris

janvier 13, 2020

Lamine Diack (Senegal), ancien athlete de haut niveau (saut en longueur), il est devenu president de la Federation internationale d'athetisme (IAAF) en 1999, puis mis en examen en 2015 pour corruption passive et blanchiment aggrave. Il lui est interdit de quitter le territoire français jusqu'a son proces, qui devrait s'ouvrir en 2019. A Paris, le 24.06.2019. Vincent Fournier/JA

Lamine Diack (Senegal), ancien athlète de haut niveau (saut en longueur), il est devenu président de la Fédération internationale d’athetisme (IAAF) en 1999, puis mis en examen en 2015 pour corruption passive et blanchiment aggrave. Il lui est interdit de quitter le territoire français jusqu’à son procès, qui devrait s’ouvrir en 2019. A Paris, le 24.06.2019. Vincent Fournier/JA © Vincent Fournier/JA

 

L’ancien patron de la fédération internationale d’athlétisme doit s’expliquer devant les juges à Paris alors qu’il fait face à des accusations de corruption. Depuis son arrestation en France en novembre 2015, les affaires se sont multipliées et emmèneront le tribunal jusqu’en Russie.

Le scandale avait porté un rude coup à l’image de l’athlétisme en 2015: l’ancien patron de la fédération internationale (IAAF), Lamine Diack, est attendu lundi au tribunal de Paris pour être jugé avec son fils et quatre acteurs présumés d’un système de corruption voué à protéger des athlètes russes dopés.

A 86 ans, le Sénégalais, qui a régné de 1999 à 2015 sur l’IAAF, a rendez-vous avec les juges de la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, à 13h30, pour répondre des délits de corruption active et passive, abus de confiance et blanchiment en bande organisée. Il risque jusqu’à dix ans de prison et une lourde amende.

L’affaire avait précipité la chute de ce cacique du sport mondial aux mille vies, ancien athlète et joueur de football avant d’entrer en politique (maire de Dakar 1978-1980, parlementaire de 1978 à 1993) puis de devenir le premier dirigeant non-européen de l’IAAF.

Affaires multiples

Depuis son arrestation à Paris en novembre 2015, les affaires se sont multipliées: la Russie a été accusée de dopage institutionnel et Lamine Diack est aussi mis en examen pour corruption, soupçonné d’avoir monnayé son influence dans les processus d’attribution des Jeux olympiques de Rio-2016 et Tokyo-2020 et des Mondiaux d’athlétisme 2015 à Pékin, ainsi que pour Doha, qui a obtenu les Mondiaux-2019 après un échec pour 2017. Des soupçons qu’il réfute.

À son procès, il est attendu avec l’un de ses anciens conseillers, l’avocat Habib Cissé, et l’ancien responsable du service antidopage de l’IAAF, Gabriel Dollé, jugés pour corruption passive.

Si Lamine Diack a interdiction de quitter le pays, la justice française n’a jamais pu approcher l’un des acteurs clé de l’affaire, son fils Papa Massata Diack, l’ancien puissant conseiller marketing de l’IAAF, réfugié à Dakar. Probablement absent, « PMD » entend néanmoins se défendre via ses avocats pendant les six demi-journées d’audience, étalées sur deux semaines.

Devraient aussi manquer à l’appel l’ancien patron de la fédération russe d’athlétisme, Valentin Balakhnitchev, et l’ancien entraîneur national des courses de fond, Alexeï Melnikov, soupçonnés d’avoir soutiré des sommes à sept athlètes en échange de leur protection contre des sanctions, pour un total évalué à 3,45 millions d’euros.

Voyages à Moscou

Début des années 2010: l’arrivée du passeport biologique, qui permet de déceler des variations sanguines anormales, met la pression sur la Russie. En novembre 2011, l’IAAF dispose de 23 noms d’athlètes suspects.

Mais Lamine Diack, Habib Cissé et Papa Massata Diack multiplient les voyages à Moscou et les dossiers disciplinaires traînent en longueur, permettant à plusieurs athlètes de participer aux JO de Londres-2012, et pour certains d’être médaillés, comme les marcheurs Sergey Kirdyapkin et Olga Kaniskina ou Yuliya Zaripova (3000 m steeple). Leurs titres seront retirés pour dopage.

Durant l’enquête, Lamine Diack a reconnu que les sanctions ont été échelonnées pour ne pas plomber l’image de la Russie, sur fond de négociations sur les droits télé et le sponsoring de la banque d’Etat VTB pour les Mondiaux de Moscou de 2013.

« Il fallait différer la suspension des athlètes russes pour obtenir le contrat VTB », a-t-il convenu.

Politique

L’ancien maire de Dakar a aussi concédé qu’il avait obtenu 1,5 million d’euros de la Russie pour soutenir l’opposition lors de la campagne électorale de 2012, face au président sortant, Abdoulaye Wade.

Mais pour ses avocats, les athlètes russes ont bien été sanctionnés (la plupart en 2014) et Lamine Diack cherchait avant tout à sauver l’IAAF de la faillite. Ils réfutent tout lien entre le jeu diplomatique de Moscou et les dossiers sportifs.

« Concomitance ne veut pas dire contrepartie », assurent William Bourdon et Simon Ndiaye.

L’enquête a permis de retrouver la trace d’un virement de 300 000 euros, provenant d’un compte singapourien associé à Papa Massata Diack, en faveur de la marathonienne Liliya Shobukhova, en guise de « remboursement » après sa suspension en 2014.

Lamine Diack est aussi jugé pour avoir permis à son fils de s’approprier d’importantes sommes dans les négociations avec les sponsors, en imposant ses sociétés comme intermédiaires, ou via des commissions « exorbitantes ». L’IAAF, rebaptisée World Athletics et présidée par Sebastian Coe, réclame 24,6 millions d’euros sur ce volet, sur un préjudice estimé à 41 millions.

Par Jeune Afrique avec AFP

IAAF/Enquête: Corruption massive présumée dans l’athlétisme

novembre 25, 2016

 

De hauts responsables de la Fédération internationale d’athlétisme auraient soutiré de l’argent à 6 athlètes russes dopés en échange de son silence.

 

L'ancien président de l'IAAF Lamine Diack, poursuivi depuis novembre 2015 pour corruption et blanchiment aggravé, est soupçonné dans cette affaire d'avoir reçu un virement de 1,5 million d'euros de Balakhnichev.

L’ancien président de l’IAAF Lamine Diack, poursuivi depuis novembre 2015 pour corruption et blanchiment aggravé, est soupçonné dans cette affaire d’avoir reçu un virement de 1,5 million d’euros de Balakhnichev. Image: AFP

«La justice française, indique Le Monde vendredi sur son site internet, enquête depuis un an sur des soupçons de corruption dans l’athlétisme mondial (…) le Sénégalais Papa Massata Diack, fils de l’ancien président de la Fédération internationale (Lamine Diack), promettait depuis fin 2011 une protection totale des dopés contre rémunération».

Au moins six athlètes russes, selon Le Monde et la télévision allemande ARD qui se sont alliés pour mener cette enquête commune, ont payé en 2011 entre 300’000 (321’000 euros) et 700’000 euros (750’900 francs) chacun pour ne pas être suspendus et pouvoir s’aligner notamment aux jeux Olympiques de Londres-2012.

Les six athlètes cités sont la marathonienne Liliya Shobukhova, les marcheurs Vladimir Kanaykin, Valery Borchin (or à Pékin-2008), Olga Kaniskina (or à Pékin-2008, argent à Londres-2012), et Sergey Kirdyapkin (or à Londres-2012), et la spécialiste du 3000 mètres steeple Ioulia Zaripova (or à Londres-2012).

Il est à noter que Liliya Shobukova, qui malgré ses paiements s’est retrouvée suspendue par la suite, est à l’origine de la mise au jour du scandale, en demandant le remboursement des sommes versées puisque la protection n’avait pas fonctionné, et en parlant à l’Agence mondiale antidopage (AMA).

La liste des cas d’athlètes russes dopés que l’IAAF aurait pu couvrir, selon la justice, comporte au total 23 noms.

Des passeports anormaux

La Fédération russe, furieuse de ne pas avoir ensuite obtenu l’immunité promise, a menacé de dénoncer publiquement ce pacte en 2014. Le Monde et ARD produisent notamment des courriels de Valentin Balakhnichev, à l’époque président de la Fédération russe d’athlétisme, menaçant l’IAAF de tout révéler: «Permettez-nous de vous rappeler que dès l’origine, le contexte de ces six cas était très éloigné de tout cadre légal et éthique», écrit M. Balakhnichev «En 2011, lorsque nous nous sommes retrouvés face à 19 cas de passeports biologiques anormaux, incluant des champions olympiques et du monde, vous nous avez proposé un marché. Qualifier cela de marché est trop diplomatique. Il s’agissait d’un chantage cynique et cruel».

L’ancien président de l’IAAF Lamine Diack, poursuivi depuis novembre 2015 pour corruption et blanchiment aggravé, est soupçonné dans cette affaire d’avoir reçu un virement de 1,5 M d’euros de Balakhnichev.

«A aucun moment il n’a été question de paiement par des athlètes russes. Jamais je n’aurais demandé de l’argent à un athlète, ou accepté, et c’est la même chose pour Valentin» Balakhnichev, a répondu Lamine Diack, cité par ARD.

 

Lematin.ch avec (afp/nxp)(Créé: 25.11.2016, 13h08)

Scandale de l’athlétisme: 87 000 euros saisis chez le médecin français impliqué

novembre 10, 2015

AFP/ FRANCK FIFE

AFP/ FRANCK FIFE

L’agence mondiale antidopage recommande la suspension à vie de Mariya Savinova et Ekaterina Poistogova dans le cadre de l’affaire de corruption au sein de l’IAAF. Elles avaient été médaillées lors des JO de Londres, sur 800m.

Garbiel Dollé est poursuivi dans le scandale de dopage et de corruption qui secoue le monde de l’athlétisme et a éclaté lundi en ciblant la Russie. Mais, d’autres pays pourraient être concernés.

Les policiers chargés d’enquêter sur l’affaire de corruption et de dopage au sein de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) ont recueilli beaucoup d’éléments sur Gabriel Dollé, le médecin français responsable de la lutte antidopage au sein de l’IAAF jusqu’à la fin de 2014. Selon nos informations, ils auraient saisi 87 000 euros en liquide lors d’une perquisition effectuée début novembre à son domicile, sur la Côte d’Azur.

Au total, Gabriel Dollé aurait perçu au moins 190 000 euros pour fermer les yeux sur certains cas de dopage scientifiquement établis. Le médecin a été mis en examen pour « corruption passive » dans ce dossier géré par trois juges d’instruction parisien, dont Renaud Van Ruymbeke, un grand spécialiste des affaires politico-financières.

Financement d’une campagne électorale

Gabriel Dollé, dont plusieurs personnalités du monde de l’athlétisme soulignent « l’intégrité » dans Le Parisien, semble être un acteur parmi d’autres d’une chaîne de corruption impliquant notamment l’ancien président de l’IAAF, le Sénégalais Lamine Diack, et l’un de ses fils. Une partie de l’argent détourné aurait pu servir au financement de campagnes électorales au Sénégal.

Selon certains éléments recueillis par les enquêteurs, d’autres pays que la Russie (soupçonnée d’avoir voulu protéger ses champions dopés) pourraient être concernés par cette affaire, en particulier l’Inde et la Turquie.

Lexpress.fr