Posts Tagged ‘Attaque’

Bénin : nouvelle attaque jihadiste dans le nord

juin 27, 2022

Deux policiers ont été tués dans l’attaque d’un commissariat par des hommes armés.

Un centre de formation spécial a été construit à l’intérieur du parc national de la Pendjari où les rangers s’entrainent. © STEFAN HEUNIS/AFP.

Depuis la fin de 2021, l’armée béninoise est la cible de plusieurs attaques meurtrières dans le nord du pays, où elle est déployée pour contenir les groupes jihadistes présents chez ses voisins nigérien et burkinabé.

Le 26 juin au petit matin, c’est le commissariat de Dassari, situé dans le département de l’Atacora, frontalier du Burkina Faso, qui a été attaqué. Deux policiers ont été tués, un autre est grièvement blessé et « se trouve en soins intensifs », a précisé un officier ajoutant que deux assaillants ont été tués lors d’échanges de tirs.

Déploiement à la frontière

La première attaque meurtrière connue dans le nord du Bénin remonte à décembre 2021, quand deux soldats avaient été tués dans une localité proche de la frontière avec le Burkina Faso, où sévissent des groupes jihadistes. Le gouvernement avait alors annoncé un déploiement militaire pour sécuriser ses frontières.

Fin mai, le pays avait connu près d’une vingtaine d’attaques de groupes armés : c’est la première fois que le gouvernement dressait un bilan global. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont aux prises avec des insurrections jihadistes et les États voisins comme le Bénin, le Ghana, le Togo et la Côte d’Ivoire s’inquiètent de débordements sur leur territoire.

Début mai, huit soldats togolais ont été tués au cours de la première attaque jihadiste officielle au Togo. Elle a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), la principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda.

Par Jeune Afrique avec AFP

Une raffinerie russe dit avoir été attaquée par des drones venant de l’Ukraine

juin 22, 2022
Des pompiers arrosent une usine.

Cette photo diffusée par le service de presse du ministère russe des Services d’urgence montrerait des pompiers en action mercredi sur le site de l’usine de produits pétroliers de Novochakhtinski. Photo : La Presse Canadienne/AP/Service de Presse du Ministère russe des services d’urgence

Une raffinerie de pétrole du sud-ouest de la Russie a été attaquée mercredi par des drones en provenance du territoire ukrainien, provoquant une explosion et un incendie, mais sans faire de victime, affirment ses dirigeants.

L’attaque, non confirmée par Kiev, a touché l’usine de produits pétroliers de Novochakhtinski, dans la région de Rostov. Ses opérations sont maintenant suspendues, affirme le gouverneur, Vassili Goloubev.

Selon l’usine, le premier drone a frappé à 1 h 40 HAE, provoquant une explosion. Une seconde attaque a eu lieu environ 45 minutes plus tard, visant un dépôt de pétrole et causant des dégâts matériels, mais pas d’explosion.

« Deux drones ont attaqué des équipements technologiques de l’usine de produits pétroliers de Novochakhtinski, ce qui a provoqué une explosion suivie d’un incendie. »— Une citation de  Communiqué de l’usine de Novochakhtinski

La direction de l’usine n’a pas nommément accusé les forces ukrainiennes, mais a dénoncé des actes terroristes venant de la frontière occidentale, située à environ 10 kilomètres à l’ouest.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dont l’authenticité n’a pu être vérifiée dans l’immédiat, montre un drone survoler une zone industrielle peu avant une explosion accompagnée d’une boule de feu.

Selon le gouverneur Goloubev, l’incendie déclenché par la première attaque a été éteint en fin de matinée, mais la raffinerie demeurera à l’arrêt pour une durée indéterminée, le temps d’évaluer les dégâts.

Des fragments appartenant à deux drones ont été découverts sur le site, a-t-il aussi annoncé dans un message sur Telegram, ce qui signifierait que les appareils se sont écrasés sur le site, volontairement ou non.

Le ministère russe de l’Énergie affirme que l’incendie n’a pas d’impact sur les approvisionnements en produits pétroliers dans le sud du pays.

L’usine de Novochakhtinski, qui peut raffiner 7,5 millions de tonnes de pétrole brut chaque année, se présente sur son site Internet comme le plus grand fournisseur de produits pétroliers du sud de la Russie.

Depuis le début de l’invasion russe, le 24 février, plusieurs attaques de drones ont été signalées dans les régions ouest de la Russie. Moscou les impute à Kiev, qui ne confirme jamais en être l’auteur.

Le mois dernier, le gouverneur de la région de Koursk a affirmé qu’une personne était morte dans une frappe ukrainienne sur un village frontalier.

Et début avril, le gouverneur de la région frontalière de Belgorod a accusé l’Ukraine d’avoir mené une attaque contre un dépôt de carburants avec deux hélicoptères.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Un Casque bleu tué dans une attaque « terroriste » au Mali

juin 1, 2022

Un Casque bleu est mort et trois autres ont été blessés après une attaque qualifiée de « terroriste » dans le nord du Mali.

Un Casque bleu au Mali (iIllustration).
Un Casque bleu au Mali (iIllustration).© AMAURY HAUCHARD / AFP

Le porte-parole de la Minusma, Olivier Salgado, a annoncé sur les réseaux sociaux qu’un Casque bleu est décédé ce mercredi matin dans l’attaque de leur convoi à Kindal, dans le nord du Mali. Trois autres sont blessés, a-t-il précisé. Les Casques bleus atteints font partie du contingent jordanien de la Minusma, a indiqué un responsable sécuritaire sous le couvert de l’anonymat. La Minusma avait évoqué auparavant une attaque « terroriste » sans en préciser les auteurs présumés.

« Leur convoi a essuyé des tirs directs à l’arme légère et RPG (lance-roquettes) pendant environ une heure », avait indiqué Olivier Salgado dans un premier tweet. « Malheureusement, l’un des Casques bleus a succombé à ses blessures suite à l’attaque de ce matin », a-t-il ajouté plus tard.

Avec ses quelque 13 000 soldats, la Minusma, créée en 2013 pour soutenir le processus politique malien, est la mission de maintien de paix de l’ONU ayant subi le plus de pertes humaines. Au total, 172 de ses Casques bleus sont morts dans des attaques, selon la mission.

Une crise politique et sécuritaire

Le Mali, pays pauvre et enclavé au cœur du Sahel, a été le théâtre de deux coups d’État militaires en août 2020 et en mai 2021. La crise politique va de pair avec une grave crise sécuritaire en cours depuis 2012 et le déclenchement d’insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord.

Le pays est désormais dirigé par une junte qui s’est détournée de la France et de ses partenaires, et s’est tournée vers la Russie pour tenter d’endiguer la propagation djihadiste qui a gagné le centre et le Burkina Faso et le Niger voisins. Ces violences ont fait des milliers de morts civils et militaires ainsi que des centaines de milliers de déplacés.

Par Le Point avec AFP

Un mort et trois blessés dans une attaque en Russie depuis l’Ukraine

mai 11, 2022
 Des chars russes.

Des blindés russes à la frontière ukrainienne (archives). Photo : Radio-Canada/Alexey Sergeev

Une personne a été tuée et trois autres blessées dans le sud-ouest de la Russie après des bombardements provenant d’Ukraine, a annoncé mercredi le gouverneur russe de la région touchée.

Pour le moment, une personne a perdu la vie, il est mort dans l’ambulance, et il y a trois blessés, a déclaré le gouverneur de la région de Belgorod, Vyacheslav Gladkov, sur l’application de messagerie Telegram.

Il a précisé que la situation était la plus difficile qu’ait connue sa région depuis que le président russe Vladimir Poutine a envoyé des troupes en Ukraine le 24 février.

M. Gladkov a accusé l’Ukraine d’avoir visé le village de Solokhi, précisant qu’une maison avait été en partie détruite.

Les autorités dans les régions frontalières de l’Ukraine accusent régulièrement les forces de Kiev de lancer des attaques contre la Russie.

En avril, M. Gladkov avait accusé des hélicoptères ukrainiens d’avoir attaqué un dépôt de carburant à Belgorod.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Le Togo subit sa première attaque jihadiste meurtrière

mai 11, 2022

Un détachement militaire situé non loin de la frontière burkinabè a été pris pour cible dans la nuit du 10 au 11 mai. Huit soldats ont été tués, selon le gouvernement.

Des soldats togolais en patrouille dans le village de Namoundjoga, au nord du pays, le 17 février 2020. © PIUS UTOMI EKPEI/AFP.

Sans doute n’était-ce qu’une question de temps, tant les pays de la sous-région sont, un à un, pris pour cible par les groupes terroristes qui sévissent dans celle-ci. Dans la nuit du 10 au 11 mai, aux environs de 3 h du matin, un poste militaire situé dans la localité de Kpékpakandi, non loin de la frontière avec le Burkina Faso, a été attaqué. Pour la première fois, des victimes sont à déplorer dans les rangs de l’armée.

Selon nos informations, les assaillants lourdement armés sont arrivés par dizaines, juchés sur des motos, et ont ouvert le feu sur les militaires togolais. S’est ensuivi un échange de tirs mais, l’effet de surprise jouant en leur faveur, ils sont parvenus à prendre le contrôle du poste. Des images montrant la violence des combats circulent déjà sur les réseaux sociaux, à l’instar de celles où l’on voit un pick-up incendié et un soldat blessé pris en chasse.

Attaque complexe et coordonnée

Dans un communiqué publié ce 11 mai dans l’après-midi, les autorités togolaises ont dénoncé une « attaque lâche et barbare », dans laquelle huit soldats ont été tués et treize autres blessés. Elles ont appelé « la population des localités concernées à une vigilance accrue et à ne pas céder à la panique », tout en les invitant « à collaborer étroitement avec les forces de défense et de sécurité ».

L’assaut n’a pas été revendiqué mais ressemble fort à ceux perpétrés par des groupes jihadistes dans le nord de la Côte d’Ivoire ou du Bénin. Sous le couvert de l’anonymat, l’une de nos sources au sein du pouvoir décrit une attaque « complexe et coordonnée ». Elle en veut pour preuve l’embuscade dans laquelle sont tombés les renforts de l’armée, après avoir été victimes d’un engin explosif improvisé sur la route.

attaque Togo frontière Burkinanuit du 10 au 11 mai 2022© DR attaque Togo frontière Burkina
nuit du 10 au 11 mai 2022
© DR
attaque Togo frontière Burkinanuit du 10 au 11 mai 2022© DR attaque Togo frontière Burkina nuit du 10 au 11 mai 2022 © DR

En novembre, une position de l’armée avait été attaquée dans cette même région, mais les assaillants avaient pu être repoussés sans que des dégâts matériels ou humains ne soient à déplorer.
Le poste militaire attaqué ce 11 mai fait partie du dispositif de l’opération Koundjouaré, censée sécuriser les frontières et prévenir une éventuelle infiltration jihadiste.

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly

Russie : deux enfants meurent dans l’attaque d’une école maternelle

avril 26, 2022

Un homme armé a ouvert le feu dans une école maternelle de la région d’Oulianovsk, tuant deux élèves et leur institutrice. L’assaillant s’est ensuite suicidé.

Deux enfants sont morts dans l'attaque d'une ecole maternelle du centre de la Russie (illustration).
Deux enfants sont morts dans l’attaque d’une école maternelle du centre de la Russie (illustration).© LEYLA VIDAL / BELGA MAG / Belga via AFP

Mardi 26 avril, un homme a ouvert le feu dans une école maternelle de la région d’Oulianovsk, dans le centre de la Russie, faisant plusieurs morts. « Une tragédie a eu lieu dans la maternelle Riabinka de Vechkaïma : deux enfants ainsi qu’une institutrice sont morts et une autre institutrice a été blessée », a écrit le gouverneur de la région, Alexeï Rousskikh, sur son compte Telegram. « Un inconnu armé d’une arme à feu a pénétré dans la maternelle du village Vechkaïma durant l’heure de la sieste et a tué trois personnes, dont deux enfants », selon le ministère régional de l’Éducation, qui précise que « le motif du crime reste encore à établir ».

La déléguée des droits de l’homme auprès du Kremlin, Tatiana Moskalkova, a identifié le tireur comme étant Rouslan Akhtiamov, un homme de 26 ans atteint de troubles mentaux. Les enfants tués sont une fille et un garçon, nés en 2016 et en 2017, a-t-elle ajouté.

Après avoir tué ses victimes, l’homme s’est « tiré (une balle) dans le visage » avec un fusil de chasse qui appartenait à une autre personne, a ajouté Tatiana Moskalkova sur Telegram. Le propriétaire du fusil a peu après été retrouvé mort, selon le vice-gouverneur régional, Alexandre Korobko. L’assassin « n’avait pas de rapport » avec les victimes, selon le délégué local des droits de l’homme, Sergueï Loulkov, cité par l’agence de presse Interfax.

Les fusillades en hausse en Russie

Longtemps très rares, les fusillades mortelles, notamment dans des écoles, ont tendance à devenir plus nombreuses en Russie depuis quelques années, au point que le président Vladimir Poutine s’en alarme, y voyant un phénomène importé des États-Unis et un effet pervers de la mondialisation, ce qui l’a conduit à durcir la législation sur le port des armes.

En septembre 2021, un étudiant de 18 ans avait ouvert le feu avec un fusil de chasse à l’université de Perm, dans l’Oural, faisant six morts et une trentaine de blessés. En mai 2021, un jeune homme de 19 ans avait tiré dans son ancienne école, tuant sept élèves et deux enseignants. La fusillade la plus meurtrière remonte à octobre 2018, quand un lycéen avait tué 19 personnes avant de se donner la mort dans un lycée de Kertch, dans la péninsule annexée de Crimée.

Par Le Point avec AFP

Moscou s’attaque aux infrastructures ferroviaires en Ukraine

avril 25, 2022

Selon l’état-major ukrainien, des bombardements russes ont lieu lundi sur la quasi-totalité de la ligne de front, qui s’étend sur près de 500 kilomètres dans l’est du pays.

Des travailleurs sont visibles entre deux voies sur lesquelles se trouvent des wagons.

Des travailleurs sont visibles entre deux voies ferroviaires, lundi, près d’un site frappé par l’armée russe à proximité de Lviv. Photo: Getty Images/Leon Neal

Plusieurs infrastructures ferroviaires du centre et de l’ouest de l’Ukraine ont été frappées par l’armée russe au cours des dernières heures, faisant au moins 5 morts et 18 blessés, selon un premier bilan fourni par le parquet de la région de Vinnytsia.

Le communiqué du parquet précise que des tirs de roquettes ont visé dans la matinée des infrastructures de transport près des petites villes de Jmerynka et Koziatyn. Le gouverneur de la région de Vinnytsia, Serhi Borzov, avait confirmé les frappes un peu plus tôt.

Vinnytsia est un important nœud ferroviaire, tant à l’intérieur de l’Ukraine que pour les connexions avec l’étranger. La plupart des trains internationaux qui traversent le pays passent par cette région.

Le patron des Chemins de fer ukrainiens, Oleksander Kamychine, avait annoncé sur Telegram en début de journée que cinq gares du centre et de l’ouest de l’Ukraine avaient été frappées par l’armée russe en l’espace d’une heure. Il n’avait pas identifié les villes visées, mais affirmait que les frappes avaient fait des victimes.

Les troupes russes continuent de détruire systématiquement les infrastructures ferroviaires, a dénoncé M. Kamychine, qui a dit y voir un écho du bombardement de la gare de Kramatorsk, qui a fait 57 morts et plus de 100 blessés le 8 avril.

Il n’était pas clair si l’attaque dans la région de Vinnytsia était incluse dans le bilan livré par le patron des Chemins de fer ukrainiens.

Des attaques sur des voies ferroviaires ont aussi été rapportées lundi par les autorités locales à Jytomyr, à l’est de Kiev, ainsi qu’à Rivne et à Lviv, dans l’ouest du pays. Le gouverneur de Lviv a publié une vidéo montrant une colonne de fumée s’élevant d’une gare à Krasne, à environ une heure de Lviv.Un homme portant un dossard orange traverse un pont en transportant une pièce de métal tordue

Un travailleur transporte une pièce de métal tordue provenant d’une roquette russe près d’une voie ferroviaire située dans les environs de Lviv. Photo: Getty Images/Leon Neal

Des bombardements sur toute la ligne de front

Selon l’état-major de l’armée ukrainienne, des bombardements ont eu lieu lundi sur la quasi-totalité de la ligne de front, qui s’étend sur près de 500 kilomètres entre Kharkiv, dans le nord-est, et la région de Donetsk, dans le sud-est, en passant par la région de Louhansk.

L’armée ukrainienne affirme cependant avoir repoussé une série d’attaques russes dans les régions de Donetsk et de Louhansk, notamment à Roubijne, Popasna, Sievierodonetsk, Marïnka et Avdiivka, ainsi qu’une tentative d’avancée vers les villes de Barvinkove et Sloviansk à partir d »Izioum.

L’ensemble de l’Ukraine est resté lundi matin en état d’alerte aux bombardements aériens pendant deux heures, une période inhabituellement longue pendant laquelle la population doit trouver refuge dans des abris.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général de division Igor Konashenkov, rapporte que la raffinerie de Krementchouk, la plus importante d’Ukraine avant la guerre, et d’autres dépôts de carburant ont été détruits avec des armes à longue portée de haute précision.

Selon le gouverneur de la région de Poltava, l’attaque menée à Krementchouk a fait un mort et sept blessés.

Krementchouk, sur les rives du fleuve Dnipro, est un important centre logistique pour les troupes ukrainiennes qui combattent l’invasion russe dans le Donbass.

Au total, les avions de combat russes ont détruit 56 cibles ukrainiennes dans la nuit de dimanche à lundi, a déclaré le général Konashenkov.Une femme sur un balcon d'un immeuble éventré.

À Hostomel, en banlieue de Kiev, une résidente constate les dégâts subis par son immeuble à logements lors d’une attaque russe perpétrée dans les premiers jours du conflit. Photo: Getty Images/John Moore

La résistance ukrainienne pilonnée à Marioupol

Les bombardements ont aussi continué sur Marioupol, port stratégique de la mer d’Azov presque entièrement contrôlé par l’armée russe, où seraient encore coincées quelque 100 000 personnes, selon Kiev. Ils visent surtout l’usine Azovstal, où sont retranchés les derniers combattants ukrainiens, avec, selon eux, des centaines de civils.

La semaine dernière, le président russe Vladimir Poutine avait publiquement ordonné à l’armée russe d’assiéger les combattants ukrainiens retranchés dans le complexe métallurgique, mais sans leur donner l’assaut, afin de préserver la vie de soldats russes.

Les derniers défenseurs de Marioupol ont diffusé ces derniers jours des images de femmes et d’enfants disant vivre depuis des semaines dans des dortoirs de fortune du complexe et ont appelé à un cessez-le-feu avec des garanties pour les faire sortir.

Le ministère russe de la Défense avait annoncé lundi matin que ses forces allaient cesser unilatéralement les hostilités sur Azovstal à partir de 14 h, heure locale (7 h, HNE), retirer les unités à une distance sûre et assurer le départ des civils dans la direction de leur choix.

Mais Kiev a balayé cette annonce. Aucun accord n’a été conclu pour instaurer lundi un couloir humanitaire qui permettrait de les évacuer, a déclaré la vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk. Le couloir annoncé n’offre aucune sécurité, donc il n’y a pas d’évacuation, a-t-elle ajouté.Un garçon, de dos, près d'un véhicule renversé devant un immeuble endommagé.

À Marioupol, un garçon se tient debout près d’un véhicule renversé devant un immeuble dont toutes les fenêtres ont volé en éclats. Photo : Reuters/Alexander Ermochenko

Plus de 20 000 personnes ont déjà trouvé la mort à Marioupol, selon une estimation de son maire, Vadim Boïtchenko. Ces chiffres ne peuvent être vérifiés de source indépendante.

Incendie majeur dans un dépôt pétrolier russe

Pendant ce temps, un incendie majeur s’est déclaré lundi dans un dépôt pétrolier d’une ville russe située à environ 100 kilomètres de la frontière ukrainienne, a déclaré le ministère russe des Urgences. Aucune cause n’a été donnée pour l’incendie.

Le dépôt pétrolier de Bryansk appartient à une filiale de la société russe Transneft, contrôlée par l’État, qui exploite le pipeline Druzhba qui transporte du brut vers l’ouest, vers d’autres pays européens. Il n’était pas clair si le dépôt faisait partie de l’infrastructure du pipeline et si l’incendie pouvait affecter ces livraisons.

La presse russe rapporte qu’une autre installation de stockage de pétrole à Briansk avait également pris feu tôt lundi, et la cause n’était pas immédiatement connue.

Le mois dernier, deux hélicoptères de combat ukrainiens ont touché un réservoir de pétrole dans la région russe de Belgorod, située à la frontière, provoquant un incendie.

Radio-Canada avec les informations de Reuters, La Presse canadienne, New York Times et Agence France-Presse

Mali : trois camps de l’armée attaqués par des terroristes

avril 24, 2022

Les forces armées ont annoncé dimanche la mort de six soldats dans trois attaques simultanées de groupes « terroristes » ayant utilisé des « véhicules bourrés d’explosifs » contre trois camps des Fama dans le centre du pays.

Une colonne de pick-up des Forces armées maliennes (FAMA) qui participent à une opération militaire contre les groupes armés terroristes (GAT). © FREDERIC PETRY/Hans Lucas via AFP

Ces attaques ont fait « six morts » et vingt blessés dans les trois camps visés à Sévaré, Bapho et Niono par des « groupes armés terroristes qui ont utilisé des véhicules kamikazes bourrés d’explosifs », a affirmé l’armée malienne dans un communiqué.

Elles ont été revendiquées par la katiba du Macina du prédicateur peul Amadou Koufa, dans un message audio. « Ce dimanche matin, les moujahidines de la katiba de Macina ont frappé trois camps des Fama », citant Ségou, Bapho et Niono, selon ce message audio en langue bambara. « Nous avons frappé ces camps au même moment avec un intervalle de cinq minutes. [Outre les] morts, on leur a causé des dégâts matériels », ont ajouté les jihadistes.

Ségou, localité dans le centre du Mali, ne fait pas partie des camps ciblés cités par l’armée malienne qui a mentionné Sévaré parmi les camps attaqués, contrairement aux auteurs de la revendication.

Ces assauts ont aussi provoqué d’importants dégâts matériels. Selon des sources militaires, des bâtiments et des véhicules, dans le camp de Sévaré, ont été détruits et calcinés. Des débris jonchaient le sol où étaient visibles des traces de feu, et les vitres d’une église du voisinage ont été soufflées. À Bapho, un hélicoptère a été endommagé.

Des milliers de morts civils et de combattants

Plongé depuis 2012 dans une crise sécuritaire profonde que le déploiement de forces étrangères n’a pas permis de régler, le Mali a connu deux coups d’État militaire depuis août 2020. Parties du nord du pays, les violences jihadistes se sont étendues vers le centre et le sud avant que le conflit ne se complique avec l’apparition de milices communautaires et de bandes criminelles. Ces rivalités ont fait des milliers de morts civils et de combattants, et le centre du Mali est actuellement un des principaux foyers de la crise sahélienne.

La junte, au pouvoir depuis 2020, s’est rapprochée de Moscou en même temps qu’elle se détournait de la France, engagée militairement dans le pays contre les jihadistes depuis 2013. Sur fond de crise diplomatique avec la junte, Paris avait annoncé en février le retrait de ses soldats déployés au Mali, l’opération devant s’achever cet été.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Ukraine: « On ne dort jamais! », confie un opérateur de drone qui a paralysé un convoi russe

avril 10, 2022

Un groupe d’opérateurs de drone de plus d’une trentaine de personnes donne des maux de tête à l’armée russe en utilisant des technologies civiles pour résister à l’envahisseur.

L’unité Aerorozvidka de l’armée ukrainienne donne des maux de tête aux forces russes. Photo : Aerorozvidka

Les images satellites captées par les Américains de centaines de blindés en route vers Kiev à la fin de février ont fait le tour du monde. Après une semaine de guerre, s’emparer de la capitale ukrainienne était encore une priorité pour les Russes.

De nuit, un petit groupe de l’unité Aerorozvidka de l’armée ukrainienne décide alors de s’approcher de la colonne de 60 km en VTT. On a envoyé des drones en reconnaissance pour l’observer, raconte l’opérateur Mykhailo, à qui nous avons parlé par l’application WhatsApp. Nous sommes revenus au cours de la nuit et nous l’avons bombardée. Nous avons aussi fourni les coordonnées précises du convoi à notre artillerie.

Cette image satellite fournie par Maxar Technologies montre un convoi russe près d’Ivankiv, au nord-ouest de Kiev, en Ukraine, le lundi 28 février 2022. Photo : AP

La colonne a alors été brisée et des attaques ont été menées sur les réserves de denrées et de carburant. L’homme, qui refuse de donner son nom de famille de crainte d’être identifié par les Russes, se garde bien de récolter les honneurs de cette opération. Ce n’est pas nous qui avons stoppé le convoi à nous seuls, mais bien le manque de provisions. Mais on leur en a fait baver!

L’unité Aerorozvidka a été créée en 2014 par un groupe de volontaires pour contrer l’invasion russe du Donbass et de la Crimée. Certains sont des étudiants, des informaticiens, on a même un docteur en philosophie et un architecte, dit Mykhailo, entrepreneur en temps de paix.

Ils utilisaient à l’époque des drones commerciaux, les mêmes que les vidéastes amateurs. Aujourd’hui, ils font voler des dizaines d‘engins fabriqués de leurs mains, qu’ils emploient autant pour la surveillance que pour le combat.

Ces drones à huit hélices sont en mesure de larguer des bombes et des grenades sur l’ennemi. En plus du convoi russe, Aerorozvidka revendique des centaines d’attaques contre des cibles russes.

L’unité Aerorozvidka fait voler des dizaines d‘engins fabriqués des mains de ses membres, que ceux-ci emploient autant pour la surveillance que pour le combat. Photo : Aerorozvidka

Guerre informatique

Les opérateurs de drone ont des bottes sur le terrain, mais ils mènent aussi une guerre informatique à l’envahisseur, qui dispose d’importants moyens technologiques. Pour se déployer, ils doivent déjouer les attaques par brouillage des communications (jamming) et d’usurpation d’identité (spoofing) des Russes, qui peuvent notamment localiser les résistants grâce à la signature électronique qu’ils utilisent.

Le fondateur de l’unité Aerorozvidka, l’ex-banquier Volodymyr Kochetkov-Sukach, est mort au combat en 2015. Ç’a toujours été difficile pour nous d’opérer en raison des cyberattaques de la Russie, souligne Mykhailo. C’est d’autant plus risqué qu’on doit entrer profondément sur le territoire où se trouve l’envahisseur pour l’attaquer.

Toutefois, les opérateurs de drone ukrainiens peuvent maintenant compter sur les terminaux du service Internet par satellite Starlink livré par le milliardaire Elon Musk au début de l’invasion russe.

Ce serait très dur de travailler en ce moment sans cette technologie, ajoute Mykhailo. On l’utilise notamment pour connecter différentes unités des forces sur le terrain. Par exemple, les responsables de la reconnaissance peuvent ainsi communiquer avec l’artillerie.

L’unité d’opérateurs de drone Aerorozvidka revendique des centaines d’opérations contre les forces russes. Photo : Aerorozvidka

Les informaticiens d’Aerorozvidka ont aussi créé un système de reconnaissance situationnelle baptisé Delta, qui fonctionne aujourd’hui grâce à Starlink. Il s’agit d’un réseau de capteurs localisés sur les lignes de front qui alimentent une carte numérique pour déterminer les cibles potentielles. Tous les jours, les Russes essaient d’attaquer cette plateforme, souligne l’opérateur de drone.

L’unité manque toujours de matériel militaire et informatique qui lui permettrait d’être plus efficace. Elle compte d’ailleurs sur le sociofinancement pour opérer. Nous avons besoin d’équipement dont l’exportation est restreinte, comme des modems, des matrices numériques ou des caméras thermiques, précise Mykhailo.

Convaincre les éléments les plus conservateurs des forces ukrainiennes d’utiliser des drones civils dans le cadre d’un conflit armé a également été un défi. L’unité a d’ailleurs été démantelée par le ministre de la Défense, en 2019, pour reprendre du service au mois d’octobre dernier.

L’héritage de l’Union soviétique est encore bien présent dans notre armée, déplore Mykhailo. Certains généraux ne comprennent pas notre travail et ce que l’on veut accomplir. Mais, depuis le début de la guerre, la situation s’est beaucoup améliorée.

Unité romantique

Professeur adjoint à l’Université d’Ottawa, Jean-François Ratelle rappelle qu’Aerorozvidka est une goutte d’eau dans l’effort de guerre ukrainien. C’est la pointe de l’iceberg d’une histoire beaucoup plus grande, dit l’expert militaire spécialiste du Caucase. L’armée a équipé toutes ses unités d’artillerie avec des drones, mais il y a toujours une réticence à utiliser des engins commerciaux à outrance.

Il ne remet toutefois pas en question l’apport des opérateurs de drone volontaires. Ça fait partie d’un nouveau répertoire qui s’offre aux résistants, observe-t-il. C’est une manière de faire la guerre de façon asymétrique. Ça démocratise le ciel.

Le portrait romantique des combattants qui commandent des drones civils face aux blindés du Kremlin marque aujourd’hui l’imaginaire occidental. C’est l’image de la personne ordinaire qui utilise une technologie non militaire que l’on peut acheter dans une grande surface pour combattre une des plus importantes armées du monde. Elle représente vraiment la contribution de chaque Ukrainien à la défense de la nation. À long terme, la Russie peut avoir un avantage technologique et numérique, mais à terme, vous ne pouvez pas gagner une guerre contre une population en entier. C’est à ça que renvoie cette unité.

Aerorozvidka se prépare maintenant à l’offensive russe annoncée dans l’est de l’Ukraine. Quant au quotidien des opérateurs de l’unité, à la question de savoir s’ils profitent du jour pour se reposer puisque la plupart des opérations ont lieu de nuit, la réponse de Mykhailo est on ne peut plus claire : On ne dort jamais!

Avec Radio-Canada par Simon Coutu

L’attaque ukrainienne sur le sol russe va peser sur les pourparlers, dit Moscou

avril 1, 2022

Si cette frappe est confirmée, ce serait la première fois que des appareils ukrainiens volent dans l’espace aérien russe pour frapper une cible depuis le début de la guerre. Photo : AP

Le Kremlin a estimé vendredi que l’attaque menée par des hélicoptères ukrainiens en territoire russe contre un dépôt de carburant allait peser sur les pourparlers russo-ukrainiens pour mettre fin à l’offensive en Ukraine.

Il est clair qu’on ne peut pas considérer cela comme quelque chose qui va créer les conditions appropriées pour la poursuite des négociations, a estimé Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, après la destruction à l’aube d’un dépôt dans la région de Belgorod, frontalière de l’Ukraine.

Les autorités ukrainiennes ont dit ne pas pouvoir confirmer ou infirmer être à l’origine de ce bombardement qui a provoqué un gigantesque incendie dans cette ville située à une vingtaine de kilomètres de la frontière, un des principaux centres logistiques de l’armée russe pour ses opérations dans l’est de l’Ukraine.

Interrogé sur les accusations russes, le porte-parole du ministère ukrainien de la Défense, Oleksandr Motouzyanik, s’est montré évasif.

L’Ukraine mène actuellement une opération défensive contre l’agression russe sur le territoire ukrainien, cela ne signifie pas que l’Ukraine est responsable de toutes les catastrophes qui se produisent sur le territoire russe, a-t-il dit.

Des images d’une caméra de vidéosurveillance positionnée à proximité du dépôt de carburant [géré par le géant russe de l’énergie Rosneft] montrent des éclats lumineux qui pourraient provenir de missiles tirés à basse altitude, suivis par des explosions au sol.

Selon un témoin joint sur place au téléphone, des avions russes ont survolé la zone dans les heures qui ont suivi et de violentes explosions ont été entendues en direction de la frontière. Belgorod est située à environ 80 km au nord de Kharkiv, la deuxième plus importante ville d’Ukraine, soumise à d’intenses bombardements depuis des semaines.

Cette frappe, la première du genre si elle était confirmée comme étant l’œuvre de l’armée de l’air ukrainienne, intervient alors que la Russie a affirmé à plusieurs reprises avoir une maîtrise totale des airs en Ukraine.

Le gouverneur de la région de Belgorod, Viatcheslav Gladkov, l’attribue à deux hélicoptères ukrainiens et a ordonné l’évacuation des quartiers avoisinants.

Des pompiers tentent d’éteindre le feu. Photo : AP

Les négociations se poursuivent

Les pourparlers russo-ukrainiens visant à mettre fin au conflit en Ukraine ont repris vendredi par visioconférence, selon le négociateur du Kremlin Vladimir Medinski.

Nous continuons les négociations par visioconférence. Nos positions sur la Crimée et le Donbass n’ont pas changé, a-t-il indiqué sur sa chaîne Telegram, en référence à deux régions ukrainiennes, l’une que la Russie a annexée en 2014 et l’autre qui est partiellement sous contrôle de séparatistes prorusses.

De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a fait état vendredi de progrès dans les pourparlers avec l’Ukraine et annoncé que Moscou préparait sa réponse aux propositions formulées par Kiev [dont la neutralité de l’Ukraine en échange de garanties de sécurité].

Plus tôt dans la matinée, s’exprimant devant la presse, le chef de la diplomatie russe a jugé que les discussions devaient se poursuivre, tout en disant avoir constaté que les Ukrainiens commençaient à se montrer beaucoup plus compréhensifs sur la question de la Crimée.

M. Lavrov a salué vendredi à New Delhi l’approche équilibrée selon lui de l’Inde au sujet de la guerre en Ukraine et se dit ouvert à sa médiation dans la crise.

Radio-Canada avec les informations de AP, AFP et Reuters